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 First things first ... all the words inside my head - Violin

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MessageSujet: First things first ... all the words inside my head - Violin   Sam 13 Mai - 18:57


First things first
Viona & Merlin


Cela faisait bien trop longtemps qu’il ne l’avait pas vue. Et même si ses motivations officielles étaient qu’il fallait absolument qu’il sache où en était sa sœur avec l’immondice qui lui servait de fiancé (ou peut-être même de mari, Merlin seul savait), il avait simplement besoin de la voir. Il n’avait pas pu la voir depuis qu’il s’était déclaré Mangemort et qu’il avait du fuir, qu’il vivait maintenant caché. De temps en temps, ils échangeaient des missives, mais avec le nombre de précautions nécessaires, elles étaient rares et peu éloquentes. Il fallait qu’il la voie, qu’il lui parle. Simplement. Il s’était préparé soigneusement. Le risque était important, pour quelques minutes, quelques heures s’il était suffisamment chanceux ou en tous cas préparé. Car Viona Rosier était, bien malgré elle, sous les feux de la rampe pour pas mal d’organisations, à cause de ses liens avec plusieurs personnes recherchées, dont lui-même. Dont son jumeau. Et dont Isidore, évidemment. Cela ne devait pas être facile pour elle. Même s’il devait faire profil bas, Merlin ne s’était pas senti aussi libre depuis des années. Il n’avait plus à faire semblant, il n’avait plus à jouer à des jeux dangereux pour rester en vie. Il avait tout autant à perdre, voire sans doute plus, maintenant que son allégeance était gravée dans sa chair à tout jamais. Il y avait trop en jeu, pour d’autres évidemment, mais pour lui, surtout. Pour le nom de Nott, qui disparaitrait pour toujours s’il était pris et tué. Il ne pouvait pas se le permettre. Pour eux, principalement.

Alors il avait pris tout son temps. Il s’était joint aux nombreuses filatures qui suivaient la jeune femme, passant entre les mailles de leurs filets en les observant. Il avait pu noter les fréquences des surveillances de Spanesi, avait aperçu une ou deux ombres beaucoup plus discrètes, sans doute faisant partie de l’un ou l’autre des deux mouvements dissidents. Cela n’allait pas être simple. Et pourtant … pourtant ce soir-là, alors qu’elle remontait les rues de Londres pour regagner son domicile, Merlin savait que ce serait le moment où jamais. Le Spanesi en charge de la surveiller avait été appelé ailleurs, ils avaient du se dire qu’un soir de relâche ne serait pas si mauvais. Et il ne lui avait semblé ne percevoir aucune autre présence que la sienne. Il avait attendu, tapi dans l’ombre, le col de son manteau noir relevé sur son visage. La Pleine Lune était pour le lendemain, comme il le nota non sans amertume. Rien à craindre cependant cette nuit-là. Il s’enfermerait soigneusement plus tard. Mais il y avait une luminosité peu appréciable pour ce genre de missions personnelles un peu suicidaires dans laquelle il venait de se lancer. Il lui faudrait agir rapidement. Sortant finalement de l’encadrement de porte dans laquelle il s’était momentanément posé, il décida qu’il était temps d’agir. Il connaissait maintenant le quartier comme sa poche et savait comment la devancer. Tournant au coin d’une ruelle sombre, il réfléchit rapidement. Il savait quoi faire. Il fallait juste qu’il soit redoutablement efficace.

Prenant une profonde inspiration, il ferma les yeux, s’arrêtant au croisement de la rue qu’il venait de quitter. Il avait écouté le rythme de ses pas. Elle ne l’avait normalement pas perçu donc n’avait aucune raison d’accélérer. Et si ses calculs étaient exacts, elle passerait devant lui dans trois … deux … un … Il jaillit de l’obscurité, juste dans son dos. Sa main gauche se plaqua sur la bouche de Viona, pour l’empêcher de hurler, pendant que l’autre la ceinturait et l’attirait contre lui. Un premier contact un peu violent, depuis ces longs mois sans la voir. Elle avait maigri, comme le nota son cerveau machinalement. S’insultant mentalement, il fit machine arrière en l’entraînant avec lui. Elle se débattit mais ne tenta pas de lui mordre les doigts, ce qui fut un soulagement. Il aurait pu commencer par un Silencio, mais il aurait perdu un temps précieux et elle aurait pu s’enfuir. Son épaule heurta le coin du mur délimitant l’entrée de l’arrière-cour d’une taverne, fermée pour l’heure alors qu’il tentait de contenir ses ruades. Il ne se risquait pas à parler, pas alors qu’ils étaient encore potentiellement exposés, qu’il risquait tant … Et finalement, ils y furent. L’endroit était répugnant et une odeur nauséabonde se dégageait des ordures qui étaient entassées dans un coin de l’arrière-cour. Soulagé, Merlin relâcha son emprise … une fraction de seconde de trop. Il se prit un coup et jura à mi-voix, protestant : Viona ! En voilà des manières ! Un demi-sourire aux lèvres. Un masque ? Pas vraiment. Il était vraiment, entièrement et profondément heureux de la voir. Même s’il risquait de pâtir de son « initiative créative » dans très peu de temps.

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MessageSujet: Re: First things first ... all the words inside my head - Violin   Dim 14 Mai - 0:56



FIRST THINGS FIRST... ALL THE WORLDS INSIDE MY HEAD


Merlin & Viona

Avril 1952

Jetant un coup d’œil derrière elle tout en remontant le col de sa cape contre son cou nu, elle sent un frisson courir le long de son échine pour venir se nicher derrière sa nuque, aussi glaçant que le vent du soir. Comme si un regard perçant l’observait alors qu’elle était seule dans la ruelle. Ce n’était pas la première fois qu’elle se sentait épiée dès qu’elle mettait un pied en-dehors de chez elle ou de l’échoppe. Elle en avait même pris l’habitude, au point où cela était devenu trop. Trop fréquent, trop persistant, développant un excès de paranoïa la faisant sursauter pour le moindre brisement du vent dans les feuilles des arbres, le moindre miaulement invisible, le moindre silence inquiétant. Une angoisse qui l’accompagnait jusqu’à chez elle, dans cette maison devenue trop vide et silencieuse avec le départ de bon nombre de ses occupants. Ce n’était ni sa mère malade au fond de son lit, ni l’elfe de maison qui indiquait une quelconque âme qui vive, laissant le silence pesant et le trouble s’immiscer dans son subconscient. Elle avait été soulagée de constater que quelques personnes déambulaient dans la rue principale, ne la laissant alors plus seule, l’illusion paranoïaque s’effaçant.

Plus encore lorsque ses pas la rapprochèrent de son quartier. Resserrant sa cape, elle se surprenait même à imaginer le bon bol de soupe chaude laissée à son intention sur la table de la cuisine, changeant ses idées tourmentées par le quotidien harassant depuis l’automne dernier… pensée bien heureuse qui s’évapora aussi rapidement que neige au soleil alors qu’une main s’abat violemment sur sa bouche tandis qu’une autre la tient prisonnière d’un corps en mouvement. Inspirant par réflexe et peur, elle tente tant bien que mal de hurler, le moineau, tout en se débattant vivement de cette intrusion musclée. Les larmes lui viennent, creusant quelques sillons sur ses joues alors que la poigne se resserre et qu’on ne l’entraîne à l’écart, loin du lieu de passage. L’étreinte est trop forte, trop puissante et elle désespère au fur et à mesure où elle s’enfonce à sa suite dans les ténèbres des ruelles plus minces et obscures, toutes sortes d’intentions malhonnêtes à son encontre lui venant en tête dans un mouvement de panique complet. Pour Isidore. Pour Gareth. Pour sa famille. Pour la Lux. Pour Merlin, même. Pour elle. Pour sa survie ou encore sa virginité. Si elle peut donner sa vie pour les personnes qu’elle protège jusque-là, cela ne l’empêche pas d’avoir peur du trépas. Alors, elle redouble d'efforts, tentant même d'enfoncer ses ongles dans la chair de son assaillant sans succès. Personne ne vient. Personne n'a rien vu. Elle est seule avec son agresseur au fond d'une ruelle malfamée. Ses coups sont vains car la poigne se resserre toujours plus et elle commence à étouffer à force de vouloir hurler contre la paume offensive alors que son cœur s'emballe de panique. Elle est tétanisée, ne tenant plus qu'à la force de l'adrénaline pour sa survie. Consciente qu'elle est trop faible pour pouvoir rivaliser et faire quoique se soit. Ce qui ne l'empêche pas d'essayer, en crise du désespoir. Elle ne veut pas finir au fond d'une ruelle sale, parmi les décombres et les décharges.


La poigne de son assaillant finit par se desserrer, laissant son emportement lui enfoncer son coude dans le thorax, lui permettant alors de se dégager. Sa raison lui dit en même temps de courir, de s’enfuir le plus vite et le plus loin possible, emportée par l’adrénaline, même si elle sait par avance qu’elle n’a qu’une faible chance de s’en réchapper. « Viona ! En voilà des manières ! » Au son de la voix, elle s’arrête avant même d’avoir commencé à courir, le cœur en émoi. Une voix qu’elle n’avait pas entendue depuis des semaines, voire des mois. Déconcertée, elle glisse lentement son regard derrière elle, confirmant l’espoir fou que la parole avait fait naître en elle.
« Merlin N.. ?! » Hébétée, elle écarquilla de surprise ses paupières humides en reconnaissant les traits fins et les bouclettes du sorcier. Il était là, devant elle. Identique à ses souvenirs, même dans le sourire à demi-masqué. « Par Mer.. » elle se stoppe net face à l’homonyme commun, vilaine habitude de jurer de Gareth qu’elle avait prise, mordant ses lèvres tout en serrant les poings, fulminant intérieurement. « comment… » Ses mots s’étranglent dans sa gorge alors qu’elle peine encore à reprendre son souffle, la terreur de l’instant ne la quittant pas, sa poitrine se soulevant par intermédiaire irrégulier. Chaque nouvelle bouffée d’air lui brûle la gorge tellement elle s’est évertuée à vouloir hurler pour enrayer les pas de son agresseur. Pour survivre. Depuis des semaines. Depuis que les spanesis l’avaient placé dans une salle vide pour interrogatoire « musclé », elle ne dormait que par intermittence lorsque l’épuisement la cueillait, les nerfs à vif, tandis que l’angoisse guidait ses gestes diurnes, ancrés dans un quotidien emplis de silence, de sursaut, de questionnement. Et il venait de lui faire l’affront du supplice de trop, lui laissant croire que sa paranoïa n’en était pas une. Lui faisant finalement croire que sa dernière heure résonnait.

Glissant une main sur son visage, elle la laissa continuer dans sa chevelure puis sa nuque en cherchant son oxygène. «  Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! » Elle fulminait intérieurement, tremblante de frayeur et de soulagement, au point où elle alla décharger son angoisse de ses petits poings sur sa large épaule gauche. Assaillant de plusieurs coups le sorcier sans que la douleur ne soit véritablement un problème. «  Ce n'était.. pas.. drôle ! » Explosant en se retenant de pleurer alors que ses yeux étaient plus qu’humides, vestige d’un assaut orchestré. Évacuant finalement cette tension accumulée qui lui collait à la peau comme une anguille à travers les trois coups donnés. Un coup pour une parole donnée. Chronométrée. Puissante et allégeant le tourment. Elle s’emporte rarement, la sorcière, n’appréciant pas de perdre le contrôle en laissant place à cette torpeur plus sombre qui réside en chaque être humain. Lui faisant peur par son caractère incontrôlable et irrationnel. La pseudo-attaque avait surement été de trop pour ses nerfs qui flanchaient, jour après jour.

Elle tente de se calmer en arrêtant le quatrième coup avant qu’il ne touche le sorcier, serrant le poing en retenant un sanglot, bloquant sa respiration par la même occasion. Ses paupières se referment violemment dans un espoir de reprendre de la contenance, de reprendre le contrôle de soi. Il y avait plus important que sa peur. « Tu ne devrais pas être ici. » Sa voix se brise alors qu’elle relève timidement son regard vers le mangemort, s’attendant à voir un nouveau problème poindre le bout de son nez et l'ayant amené à prendre des risques pour la retrouver. C’était dangereux et il le savait. Si bien qu'elle avait fini par espacer les missives à cet étrange Mr Pinkman souffrant d'une soit-disant hystérie et collectionnant les minéraux. Pour finalement arrêter la correspondance après avoir retrouvé les plumes du volatile émissaire roussies. Il ne devrait pas être là, prenant des risques pour venir la voir, la mettant au supplice de craindre pour sa sûreté à cause d'elle bien qu'au fond, une part d'elle était contente et soulagée de pouvoir revoir son visage, son sourire. Mais pourquoi tant de risques… Et c’était bien cette réponse qu’elle attendait, le cœur en émoi.


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MessageSujet: Re: First things first ... all the words inside my head - Violin   Dim 14 Mai - 19:06


First things first
Viona & Merlin


C’était bon de la voir. Merlin n’avait pas soupçonné une seconde le point auquel il en avait besoin. Ses yeux glissèrent sur la silhouette de la jeune femme. Non, je vous vois venir, bande de pervers. Il voulait s’assurer qu’elle allait bien, qu’elle n’était pas blessée. Et à part la légère minceur un peu plus accentuée que la dernière fois qu’il l’avait vue, ou que le souvenir qu’il en avait gardé, tout du moins, rien ne semblait clocher. Machinalement, il se massa le sternum, où une douleur lancinante commencer à monter. Elle avait appris à se défendre, par contre, ce qui était à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une bonne parce que, si elle se faisait réellement agresser, comme il venait de le simuler, elle aurait une chance de s’en sortir. Une mauvaise, car cela signifiait sans doute qu’elle en avait eu besoin à un moment. Sa main libre se serra en un poing qui n’avait rien de calme. S’il apprenait que qui que ce soit avait levé la main sur elle … Oui, il était protecteur. Il n’y pouvait rien, il la connaissait depuis toujours. Il y avait des réflexes qu’on ne perdait pas. Il pouvait les atténuer, quand il était loin. Mais la voir, après tous ces mois, réveillait en lui des sentiments enfouis. Il avait oublié à quel point elle était jolie, également. Si délicate, si fragile et …

Et il capta les larmes qui brouillaient sans doute la vue de la jeune fille et s’insulta mentalement. Merlin N.. ?! Il perdit rapidement son sourire, alerté par l’humidité de ses yeux. Par Mer.. Oui, c’est moi, Il n’avait pu s’en empêcher, ses lèvres se retroussant dans un rictus comique, comme pour tenter s’excuser silencieusement de ce qu’il venait de lui faire vivre. Comme si elle allait se mettre à rire. comment… Il aurait pu tenter un autre trait d’esprit mais était trop occupé à surveiller ses traits, ses mains crispées, sa poitrine qui se soulevait à intervalles irréguliers. Il avait vraiment mal joué mais, qu’aurait-il pu faire d’autre ? Son plan lui paraissait le meilleur mais là, devant une Viona complètement terrifiée et hors d’elle, une vague de remords balaya ses certitudes. Il avait été stupide et … Il n’eut même pas le temps de lui présenter ses plus plates excuses qu’elle était déjà sur lui. Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! Il allait lui proposer la liste alphabétique ou chronologique, à sa convenance, quand le premier coup l’atteignit. Il tressaillit, pris par surprise. Et elle ne tapait pas doucement non plus, malgré leur différence de stature plutôt évidente. Ce n'était.. pas.. drôle ! Il encaissa sans broncher, après tout, il l’avait bien cherché. Mais les coups s’arrêtèrent plutôt vite et il resta silencieux deux secondes. Quoi qu’il dise, il fallait qu’il choisisse ses prochains mots avec soin. Il s’était déjà disputé avec cette jeune femme, et cela pouvait aller très vite dans l’escalade. Et il n’avait malheureusement pas énormément de temps.

C’était une torture de la voir comme ça. Quand elle recula, il se massa machinalement l’épaule, sans flancher alors qu’elle lui assenait un coup involontaire, verbal, peut-être encore plus douloureux que le reste : Tu ne devrais pas être ici. Ses yeux rencontrèrent les siens, et sa réponse fut automatique : C’est tout ce que tu trouves à me dire ? Le nom n’était pas énervé juste … légèrement triste, peut-être. Il leva les deux mains en signe de reddition et d’excuse, sans doute, reculant d’un pas. A quel accueil s’attendait-il, en même temps ? Je ne suis pas là pour t’enlever, si c’est également une des questions que tu te poses. Légèrement amer, cette fois, il détourna le regard vers le mur. Ce n’était pas vraiment comme ça qu’il avait imaginé ces retrouvailles. Il avait d’ailleurs évité soigneusement d’en peindre les détails hypothétiques dans son esprit, se concentrant que les informations qu’il désirait. La réalité n’était pas aussi simple et ne semblait pas vouloir se plier à sa volonté. Celle que les choses soient simples, claires, directes. Il se passa une main fatiguée dans les cheveux, avant de se tourner vers elle de nouveau. Elle ne s’était toujours pas remise du choc, et il soupira. Je suis désolé de t’avoir fait peur. Ce qui était sans doute un doux euphémisme, pour tout dire. Mais je ne pouvais décemment pas simplement me présenter à la porte de ton domicile, à ta boutique ou juste t’aborder dans la rue. Au moins, de cette manière, même si quelqu’un les avait vus, ils auraient pu penser à l’œuvre d’un Spanesi. Ou même d’un Mangemort, ce qui était d’ailleurs le cas. Mais elle ne serait pas mise en cause et à priori, une personne seule s’occuperait de ses affaires plutôt que de venir fouiner dans des ruelles sombres. On n’était bien évidemment pas à l’abri de quelqu’un souhaitant jouer les héros, mais les probabilités que cela arrive étaient faibles.

Il marqua une pause. Il aurait été plus simple de juste partir maintenant en lui présentant ses excuses pour l’avoir dérangée. Ou faire face au mur pour lui demander ce qu’il voulait savoir. Ou encore avoir préparé un parchemin avec une liste de questions, pour qu’elle n’ait plus qu’à répondre. Aucune de ces solutions n’était évidemment envisageable. D’abord parce qu’elle le tuerait sans doute pour n’importe laquelle de ces idées. Il se rendait compte qu’il ne pourrait pas rester factuel, comme il l’aurait désiré. Aller droit au but, sans fioritures et repartir. Pas après l’avoir vue dans cet état. Pas après l’avoir vue tout court. Il fallait que je vous voie … Mrs Maddock, choisit-il finalement de répondre. Il n’avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs semaines, sa dernière lettre n’ayant jamais eu de réponse. Je me suis inquiété, quand je n’ai pas vu le hibou revenir. Ce n’était que la vérité. Même s’il s’était dit qu’elle avait sans doute ses raisons, qu’elle était surveillée et bien d’autres choses encore. Je voulais de tes nouvelles. Et … de celles des autres. D’Isidore, bien sûr. Mais il n’était pas prêt à prononcer son prénom. A lui demander si elle … avait déjà commis l’irréparable. Si elle était arrivée à en savoir plus sur le Spanesi. Et de Gareth, aussi. Même si leurs routes avaient bifurqué, il voulait savoir qu’il allait bien. En espérant ne jamais le croiser sur un champ de bataille.


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MessageSujet: Re: First things first ... all the words inside my head - Violin   Ven 26 Mai - 10:18



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Merlin & Viona

Avril 1952
La peur avait pris vie sous ses gestes et ses paroles, déployant les mots plus rapidement que ses pensées. Déchainement inhabituel qu’il encaisse sans sourciller, déchargeant l’inquiétude et soulageant l’esprit. Ses pupilles remontent jusqu’à croiser les siennes, d’une tonalité plus claire dans laquelle elle se plonge, le cœur battant. D’angoisse et d’une impression de déjà-vécu qu’elle avait mise de côté depuis bien longtemps. Malgré l’effroi et la paranoïa, la torpeur et l’agitation, elle sentait son corps s’apaisait contrairement à son esprit qui s’emballait, s’enlisant dans les fils de ses émois, la perdant dans l’incompréhension du moment sans qu’elle ne sourcille. Tentant de profiter, de s’ancrer dans un moment trop court semblable à l’idylle d’une brise après la tempête. « C’est tout ce que tu trouves à me dire ? » Mais là où les mots de la sorcière étaient perçus avec rudesse, ceux du sorcier heurtèrent avec force la jeune femme, prenant de front le retour de flamme, l’affliction perçue fêlant son palpitant, la blessant plus encore que sa paranoïa. Par automatisme, ses sourcils se contractent sous l’étonnement alors qu’un faible « non » confus s’entremêle dans sa réplique et retentit faiblement sur ses lèvres, peinée de la tournure des évènements, de l’affliction visible dans sa posture. L’angoisse prise pour affliction. Elle aurait voulu intervenir. Contredire. Affirmer. Mais le sorcier s’éloigne déjà, levant ses mains dans une rédemption qui ne devrait pas être la sienne, affligeant encore plus son palpitant. «  Je ne suis pas là pour t’enlever, si c’est également une des questions que tu te poses. » L’air lui manque, l’étouffant alors que ses épaules s’affaissent dans un soupir défait et perturbé. Mal comprise, elle bredouille, le moineau, intervenant sur le coup de l’émotion et n’arrivant pas à réfléchir concrètement à des mots correspondant à la portée de ses états d’âme, de ses sentiments. « non.. bien sûr que non. » Indécise tirade, la première négation est faible, prononcée dans un souffle alors qu’elle laisse un temps court avant de la reprendre sans savoir comment se tirer de ce mauvais départ, ses doigts se tordant les uns avec les autres, symbole d’anxiété. Les yeux baissés, de peur de voir la réelle affliction, fuyant pour mieux trouver une solution. Elle n’avait osé imaginer ses retrouvailles avec l’aîné Nott, de peur de vivre mentalement une énième confrontation rocambolesque dont ils avaient eu le don par le passé, bloqués par leurs convictions, leurs secrets, leurs espoirs… certaine de ne pas vouloir revivre le passé. Pourtant, c’était bien ce qui semblait se dérouler sous ses yeux, son être absorbant les sentiments contraires l’habitant tandis qu’ils restaient bloqués derrière cette couche de respectueuse distance. «  Je suis désolé de t’avoir fait peur.  Mais je ne pouvais décemment pas simplement me présenter à la porte de ton domicile, à ta boutique ou juste t’aborder dans la rue » Ses paupières se ferment quand le souffle la perd. La situation n’était pas envisageable et aurait paru plus idiote qu’idyllique. Trop dangereuse. Un soupir s’échappe de ses lèvres, faisant redescendre sa poitrine avec lassitude comme si le poids des arguments s’abattait sur ses épaules. La galvanisation des spasenis ou encore du patriarche d’attraper un rebelle en fuite et de l’exposer pour les maux de tous, servant d’exemple dans une exécution illustratrice, se dessinait derrière ses pupilles qui se remettaient de la surprise. A défaut de l’affliction. Sa tête fourmille de conséquences en chaîne, effarant ses sens jusqu’au couperet final qui ravit momentanément les couleurs de ses joues, un léger tournis l’emportant. L’émotion, la fatigue et le surmenage se font sentir alors que son imagination lui joue des tours, l’entraînant sur les abords sombres de la déraisonnable paranoïa. « En effet, cela aurait été.. suicidaire.»

Au final, la solution adoptée était des plus réfléchies bien que ses pulsions cardiaques avaient du mal à se remettre des sensations. Fragile créature qui n’avait connu de l’adrénaline que les lignes contaient dans n’importe quel roman, n’ayant finalement vécu que l’extase de l’effarement devant l’explosion d’un chaudron ou le mécontentement d’un client aigri. Rien ne l’avait préparé à cela. Encore moins à sa rencontre avec Merlin Nott, quelques années plus tôt. Celui qui aurait dû rester une connaissance lointaine avait finalement pris plus de place dans son existence, son subconscient sans réellement revendiquer de place, laissant un doute incertain planer et tendre leurs relations, leurs gestes et pensées pris entre deux feux contraires. Une situation ne permettant pas d’apposer les choix pourtant clairs et concis d’un palpitant bâillonné par un quotidien emplis d’incertitude. La conscience peu tranquille, le moindre bruit –même imaginaire – lui fait tourner légèrement la tête vers le débouchement de la ruelle, s’attendant avec effarement à voir une ombre passer, soulagée de n’être finalement que paranoïaque. «   Il fallait que je vous voie … Mrs Maddock » L’allusion la fait sourire. Petit jeu innocent d’un échange épistolaire naissant par l’étouffante inquiétude de l’esprit alors que l’avis de recherche du mangemort croupissait toujours au fond de sa poche, chiffonné et oublié comme elle aurait aimé que la situation actuelle ne le soit. « Je me suis inquiété, quand je n’ai pas vu le hibou revenir. » Il semble sincère. Une sincérité qui la touche, la peinant d’avoir dû lui infliger cela pour la bonne cause. Pour leur survie. « J’en suis navrée mr Pickman. Ce n’était pas l’intention première. » Elle replace une mèche volage derrière son oreille par automatisme tout en adressant un sourire désolé au mangemort. « La chouette servant à notre correspondance a subitement montré des signes de blessures. » explique-t-elle lentement, comme si elle avait peur que sa voix ne porte trop, attirant une attention fugace d’un passant hasardeux. En même temps, qui voudrait venir dans ces ruelles. « De calcination au bout des ailes, plus exactement. » La présumée marque déposée des bulgares. Ce qui l’avait effrayé au retour du volatile courageux qui n’avait pas pu quitter le nid durant deux semaines, choqué et apeuré. « Peut-être s’est-elle trop approchée d’une cheminée… » s’aventure-t-elle à hypothétiser mais en tournant son regard vers lui, il était évidemment qu’aucun d’eux ne donnerait foi à cette idée.

Pourtant, quitte à avoir cette opportunité, un sentiment au fond d’elle était heureux de voir ses traits en-dehors d’une affiche visant à discréditer le sorcier. Une affiche dépeignant des actes d’association et de participation malfaitrice qu’elle ne comprenait toujours pas mais avait décidé de passer outre, l’espace d’un instant. « Tout le monde va bien, dans la mesure du possible avec les circonstances actuelles. » A vrai dire, elle ne peut guère en dire plus. De par les allégeances devenues ennemies mais surtout et avant tout parce qu’au final, elle en sait trop peu. Gareth est en constant mouvement et ils ne se voient plus qu’au QG, chacun refusant de savoir exactement où il trouve refuge bien que le cœur angoissé de sa sœur a déjà trop fouiné dans ce sens. Quant à Isidore… Le souffle de Viona se bloque à la pensée de la jeune femme. Les relations entre le frère et la sœur ont toujours été conflictuelles depuis quelques années. Depuis la tragédie. S’éloignant toujours plus dans une incompréhension totale de l’autre et surtout un refus de le faire. Tragédie grecque se dessinant sous leurs yeux et qui se terminera surement dans le sang si jamais il avait vent des dernières nouvelles. Retrouvant la jeune femme et terminant l’acte final dans une mare de sang. « Elle va bien. Elle a toujours eu un bon instinct de survie.» insiste-t-elle sans oser prononcer le prénom de la jeune femme, sachant le sujet tabou bien qu’inévitable. Osant encore moins évoquer ses liens avec son futur époux pas si oublié que cela. Souriant pour rassurer le frère inquiet et obstiné. Souriant pour ne pas avoir à mentir et conserver un tiers-temps paisible. « Et toi ? Est-ce que.. tu es en sécurité ? Est-ce que tu as besoin de quelque chose ?» Elle s’enquière, le moineau, de son état, de sa survie sans oser aller trop loin dans les questions, ne voulant paraître invasive mais trop habituée à venir secourir le nécessiteux dans le besoin. Habituée à voir les mines fatiguées et amincies de Gareth et Isidore, les reconnaissant sous les paupières et au creux de la mâchoire du sorcier alors qu’elle s’enhardit quelques instants pour pouvoir mieux le regarder, se sentant toujours gauche de leur début d’entretien mais remarquant les marques des épreuves assombrissant ses traits. Crispant un battement de cœur puis deux d’imaginer la vie hasardeuse et déséquilibrée d’un homme en fuite. Ne pouvant rien faire pour allécher leur fardeau, hormis conserver cette attitude maternelle qu’elle avait toujours eu… quitte à répandre l’huile sur le feu.

« Je suis vraiment désolée de t’avoir inquiété, Merlin. » Lâchant la comédie sans crier gare, le cœur en émoi et la peur irradiant ses veines alors que chaque souffle de brise ne met ses sens en alerte, comme s’attendant à voir surgir n’importe quelle âme. « Mais, tu n’aurais pas dû venir jusqu’ici. C’est trop dangereux pour toi d’être là. » Son corps se penche vers la ruelle, comme pour s’assurer que même un fantôme ou une souris ne seraient pas cachés dans le coin, craignant pour la sécurité du fugitif. « Que feras-tu si tu tombes sur un spaseni ? ou qu’un sorcier ne te reconnaisse ? Ta photo est pratiquement sur tous les murs de la ville. » Ses mots se font plus bas alors qu’elle se rapproche de lui, comme une conspiratrice mais si ses yeux brillent, ce n’est plus à cause des larmes d’effroi mais du sentiment d’angoisse jaillissant du cœur. Devenir fugitif était un lourd fardeau, être condamné à être en perpétuel déplacement et laissant finalement proches et passé devenir des vestiges d’une vie qui n’était plus. « Les gens ont peur et faims, ils n’hésiteront pas à te dénoncer pour toucher la récompense. A dénoncer n’importe qui pour n’importe quoi. J’ai peur pour toi. » Temps incertain. Lendemain incertain. Combinés ensembles et accentués par l’angoisse latente, Viona parle en apposant moins de barrière, transcendant les cases si judicieusement apposées au fil des années, rendant l’aveu plus direct que d’ordinaire. « On ne doit plus se voir en ville. Tu ne dois plus venir en ville, je te rejoindrai s’il le faut mais promet-moi de ne plus revenir en ville. » Ailleurs. Loin des ruelles nauséabondes et des briques infestées de mille paires d’yeux microscopiques. De l’avidité et la paranoïa du plus grand monde, là où l’avarice avait déjà fait tant de mal et de dégâts. Loin de cette vie de folie qui les entraînait tous dans une course folle dont l’issue était incertaine mais où chaque obstacle leur prenait gros. A chaque fois. S’inquiétant finalement pour un proche à chaque minute du jour comme de la nuit, elle préférait prendre le risque de se perdre en pleine campagne, loin de ses repères, plutôt que d’apprendre l’arrestation ou la mort de l’un d’eux sur les pages animées du quotidien qu’elle redoutait chaque matin. Têtue dans son désir de protéger ses proches, elle avait demandé la même chose aux deux autres rouquins… sans succès. Saloprie de fugitifs !

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