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Intrigue n°4
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 ezra ⊹ i'll be good

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Ezra Shafiq
Silencio
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Silencio
Parchemins :  31
Crédits :  sassenack (avatar)
 
Âge :  vingt-sept ans
Sang :  sang maudit, sang pur
Allégeance :  neutre, la politique n'est que vaste fumerie à tes yeux
Profession :  langue-de-plomb spécialisé dans la mort
Ancienne école :  poudlard, serpentard
MessageSujet: ezra ⊹ i'll be good   Sam 24 Juin - 23:54

Ezra Iskandar Shafiq
I imagine one of the reasons people cling to their hates so stubbornly is because they sense, once hate is gone, they will be forced to deal with pain.
▲ Nom :  Sur les lippes dansent l'orient, l'Egypte, les dunes de sable dans un ballet d'exotisme, de délices. Le SHAFIQ n'a jamais été esquissé qu'avec horreur, peur dans le fond des yeux. Tous savent, connaissent, comprennent ce qui se cache derrière ton visage en pointe, tes yeux polaires. Ils s'écartent, entre dégoût et mépris. Ils vous détestent par cette malédiction qui a déjà tant sévi, tellement pris aux autres, aux tiens, à toi. Et tu les détestes tout autant de vous détester, de ne pas vous aider. Toi aussi, tu as pleuré une mère volée par la magie noir qui vous a trahi, maudit. Toi aussi, tu as tiré un trait sur amour, amitié, complicité. Mais non, tu ne renonceras pas à défaire cette foutue malédiction à la con.
▲ Prénom :  Ta mère avait un amour tout particulier pour le prénom EZRA. Sa voix chasse encore les mauvais rêves, charriant toute une histoire, une mémoire qui te tue encore. Hébraïque, Ezra est celui qui restaure la communauté juive après l'exile de Babylone. Il est celui qui redonne l'espoir à un peuple de vivre là où il aurait toujours dû vivre. Les attentes sont toutes aussi grandes te concernant, toutes aussi pesantes de par ton père et toi-même. Tu es celui qui doit restaurer nom, gloire, prestige, respect. Ainsi, depuis la naissance, te voilà chargé du fardeau des espérances, des impatiences de tes parents. ISKANDAR est un dérivé d'Alexandre, trimballant avec lui des espoirs de conquêtes, d'ambitions aussi affolantes que démesurées. Et c'est toi qui doit prouver que tu es le digne héritier des promesses qu'ont fait les voyants à ta naissance, c'est à toi que revient ses envies de revenir en pleine lumière.
▲ Date et lieu de naissance :  Un sourire s'arrache toujours aux lèvres de ton père, en repensant à ce QUATORZE FÉVRIER à SAINT-MANGOUSTE. La joie perle encore un peu, malgré la mélancolie, la nostalgie, le souvenir d'une femme aimée mais si vite arrachée. Il aurait encore voulu la retenir encore un peu. Il aurait voulu qu'elle vous voit grandir, sourire, rire.
▲Nature du sang : Sang malade, sang répugnant, on redoute cette pureté jetée au visage comme une honte. On redoute ce SANG PUR qui coule dans les veines Shafiq. Les murmures courent qu'on ne vous file que les cassés, les rebuts de ces si sacrés familles pour ne pas trop risquer des pertes douloureuses, affreuses. Il y a bien longtemps que les tiens ont acceptés, détournant les yeux sur les médisances, les méchancetés balancées ici et là. Il y a  bien longtemps que vous y êtes indifférent, redoutant d'aimer quiconque de peur de le perdre, de s'y brûler encore une fois les ailes. Il y a bien longtemps que ce sang maudit te débecte, t'agresse.
▲Profession : La passion pour la mort a toujours été là, virant carrément à l’obsession. Elle t'a nourri depuis que tu es en âge de comprendre, d'apprendre que vous avez été maudits jusqu'à la fin des temps, depuis que tu as perdu ta mère, depuis que tu as failli faire tuer la seule personne jamais aimée. Tu veux la vaincre, tu veux l'étreindre pour ne plus jamais en avoir peur, ne plus jamais l'avoir en horreur. Ainsi, une fois tes A.S.P.I.C..S en poche, tu as naturellement choisi la voie des LANGUE-DE-PLOMB, te spécialisant dans tout ce qui touche de près ou de loin à la mort. De voyages en traque d'une nouvelle relique, ta magie est devenue précise, incisive allant plus loin dans les secrets jamais dévoilés. Ils se murmurent même que pour pousser ton don, prévoir le plus funeste, tu pousses doucement, lourdement les portes du royaume de la magie noir, des secrets ancestrales de l'Egypte ancienne. Mais ce ne sont que des murmures, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais ni confirmer, ni infirmer te taillant une réputation de prince des glaces ( ou des garces comme diraient les mauvaises langues), d'explorateur habile, de célibataire aussi endurci que jamais intéressé.
▲Statut matrimonial : Soudainement devenu, il y a six ans, un excellent parti sur le marché des purs à marier, caser et ranger, tu t'es retrouvé soudainement courtisé timidement, prudemment. CÉLIBATAIRE ENDURCI, tu as pourtant vite fait fuir toute cette attention de deux/trois répliques acides et de promesses de devenir ermite. Tu ne comprends vraiment pas pourquoi personne n'a apprécié et pourquoi tu t'es attiré le regard assassin de ton père. Depuis, ils se racontent que tu n'es charmé que par les secrets magiques et les mystères d'une relique. En réalité, il suffit d'observer pour comprendre que tu es déjà EPRIS, séduis, conquis. Les yeux suivent le même buste, surveille la même chevelure, chavire lorsqu'elle manque de se tuer (par ta faute, parce que tu l'aimes trop ) (tu sais que tu dois arrêter, te contrôler, résister ). Alors souvent, d'une traite, la coupe de champagne est descendue, abattue, et tu promets que plus jamais on ne t'y reprendra, tu ne capituleras. Plus jamais, tu ne l'aimeras.
▲Ancienne maison (ou école pour les bulgares) : Les vipères se dressent encore, tout crocs dehors, prêtes à mordre, prêtes à  fendre l'air. Longtemps détesté, peu respecté, tu as eu du mal à trouver tes couleurs au sein des SERPENTARDS. Il y a eu les moqueries, les brimades parce que tu étais différent, toi, le gosse maudit au sang trop pur, trop dur. Il t'a fallu forcer l'admiration, la crainte, le respect pour avoir la paix du haut de ton trône de prince des glaces, de prince des garces.
▲Patronus : Le reptile jaillit en fils d'argent, la gueule grande ouverte, prête à se refermer sur ses proies. Il y a eu des cris, de l'effroi dans les yeux, lorsque tes lèvres l'ont délivrées, lorsque le souvenir du premier sourire de Neith l'a formé. Ils ont tous pris le CROCODILE pour la symbolique caché d'agressivité, de violence sous le calme olympien, la froideur givrée, le cœur glacée. Tu l'as, toi aussi, pris pour tout ça. Dégoûté, agacé par ce patronus d'une violence rare, il a fallu une expédition en Égypte, sur les traces d'un artefact pour le ministère, et de la menace de détraqueurs pour te réconcilier avec l'animal totem. Les sorciers du Caire t'ont alors expliqués ce qu'eux y voyaient, ce qu'eux comprenaient réellement du reptile. Protecteur du savoir, de tous les savoirs, l'âge immense de la bestiole lui donne les clés d'une connaissance redoutable qu'il a fait la promesse de protéger coûte que coûte. Comme toi, tu as fait la promesse de protéger ta famille, ta sœur (et elle) ( surtout elle, même si il ne le veut pas, même si il ne le comprend pas ). Sous l'eau, l'animal attend, patient, tandis que toi, tu déchaînes ta force, ton temps à la recherche d'un remède à la malédiction. Peu importe le temps que cela prend, peu importe les années perdues, tu refuses d'échouer, de renoncer. Depuis ? Le CROCODILE est un précieux ami, un allié de toujours qui jamais ne vacille, ni ne tremble.
▲Baguette Magique : Le bois, jumeau de celui de Delilah Yaxley, résonne d'aventures, d'explorations, de frissons. L'ÉRABLE brille littéralement après chaque périple vécu, d'une magie éclatante, brûlante, heureuse de chaque changement de décors. Galvanisé par tes ambitions dévorantes, elle n'en est que plus puissante avec la PLUME D'OISEAU-TONNERRE logée en son sein. Elle n'en est que d'avantage faite pour toi avec son caractère bien trempée, sa difficulté à se faire manipuler par un autre que toi. Chargée d'un poids sentimental, c'est un peu de ta mère qui se trouve entre tes doigts, dans son sein. C'est un peu d'elle et  toutes ses aventures qui te donnent ce pouvoir, cette puissance. Rigide, les TRENTE-QUATRE CENTIMÈTRE sont réfractaires au changement, à l'ouverture d'esprit, témoignant d'un caractère trempé et assuré. Elle aurait pu être parfaite, sans cesser aimée, si le bois jumeau ne s'accrochait pas à celui de Delilah. Si ta baguette ne refusait pas de se décoller de l'autre, l'emplissant de magie aventurière, guerrière, de récits d'aventures, de quêtes périlleuses. Ta baguette permet à la sienne de survivre, comme son existence, sa présence t'est vitale.
▲Particularité : Le Troisième Œil est un cadeau aussi empoisonné qu'envié. L'avenir n'a que peu de secrets pour La Voix dans ta tête, elle susurre au creux du coeur les futurs espoirs et désespoirs qui vont accompagner telle ou telle existence. Elle raconte les fins prochaines et les lendemains vains. Elle te dit comme ta mère a souffert au contact du fauteuil où elle aimait s'asseoir, où elle aimait vous raconter des histoires. Elle raconte la souffrance, les espérances, la déchéance. Et toi, tu ne peux qu'écouter la VOYANCE. Tu ne peux qu'entendre rugir la haine de ton sang, la malédiction qui t'a frappé, damné doublement. Inlassablement, tu te hais, te détestes, regrettes et pourtant, tu ne peux t'empêcher d'en user et abuser. Les artefacts magiques livrent leur secret sous La Voix, les visions permettent de lever telle ou telle malédiction. Pion utile, on loue ta maîtrise, ta force, ta puissance sans voir les craquelures sous les dorures. Les faiblesses s'égarent, s'éparpillent, creusant la détresse, le stresse. Et la folie approche, t'écorche.
▲Amortentia :  Le MIEL D'ARGAN te rappelle ta mère et sa lourde chevelure ébène, sa douceur tendre alors qu'elle te lavait les cheveux avec son shampooing parce qu'elle sentait bon, parce qu'elle était belle. Parce que la malédiction l'a fané, l'a tué. Et puis le CHOCOLAT qui sent bon les années d'enfance, d'innocence. Les rires se mêlent encore à chaque anniversaire, à la joie banale et tendre. Parfois, ça te manque. Toute en discrétion, en déraison, la ROSE vient se mêler au cocktail de souvenirs. C'est l'odeur si caractéristique qui accompagne chacun de ses pas, de ses sourires, de son rire. C'est son odeur à lui. Il existe aussi la fragrance du SABLE CHAUD sous tes pas, alors que tu marches vers une pyramide à explorer, visiter, une de tes premières aventures, n'est-ce pas ?
▲Epouvantard : Certains disent que c'est stupide, débile. Certains disent que, depuis le temps, tu aurais dû oublier, ne plus y penser. Et pourtant, la même vieille peur t'éteint, t'étreint le cœur.   LA CRAINTE DE LA MALADIE te blesse, te caresse à chaque fois, à chaque pas. Tu as peur qu'ils meurent tous comme elle est morte. C'est une image qui ne cesse de te hanter, de t'achever. Et inlassablement, lorsque l'épouvantard se forme, il crache Delilah, Neith, ton père, ta mère, affaiblis, prêt à pousser leur dernier soupir, crachant du sang. Et tu ne peux rien faire pour empêcher ça. Tu ne peux pas oublier ce souvenir. Tout est de ta faute, après tout, n'est-ce pas ?

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Silencio
pour servir ma cause

« Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ? »
LE CŒUR GLACÉ, LES YEUX GIVRÉS ⊹  Imprenable, implacable, tu es taillé de givre, de froid, balayant d'un calme olympien le gamin toujours heureux, joyeux. Les années, les pertes, les horreurs t'ont fait prince des glaces que jamais rien n'émeut, que jamais rien ne touche. Après tout, ne refuses-tu pas de vaciller, de trembler devant eux, ces monstres prêts à te déchirer, à te dévorer ? Ne refuses-tu pas de leur donner ce qu'ils veulent tous ? Une proie facile à tuer, à enfermer. Tu as bien appris ; Aucun faux pas n'est toléré, accepté. Aucune erreur ne te sera pardonné. Alors, tu as laissé l'empathie, la compassion à Neith pour épouser ton rôle de statue de glace et de crasse. Rien ne doit t'atteindre. LE VERNI DE LA POLITESSE SOUS LES INSULTES ⊹  Intouchable, ils sont nombreux à tenter, à essayer de te faire craquer. Très peu à y arriver. Il y a toujours, sous tes sourires, les mots acides, les insultes finement déguisés, détachés pour qu'on ne puisse rien te reprocher, rien relever. Tu as presque l'air plaisant, une coupe de champagne à la main, une menace au bord des lèvres que seul ton interlocuteur peut comprendre, apprendre. Il est bon d'avouer que tu présentes bien mais que tu restes diablement détestable, peu approchable et surtout pas mariable. LE CONTACT BANNI ⊹  Difficile à approcher, à frôler, tu es devenu un défi à relever pour celles qui veulent une danse, un regard. L'indifférence qui t'est propre est une chose connue, reconnue. Ton refus de te laisser toucher est moins évident. Tu en as, pourtant, vexé lorsque d'un pas, tu as reculé, imposant de la distance entre un inconnu et toi. Tu en as pourtant rejeté d'un geste sec, d'un mot acide pour te délivrer de bras trop envahissant, de corps trop collant. Peu ont compris que la seule raison de ce refus, c'est la peur de voir, d'entendre cette Voix te délivrer passé et avenir sur ceux qui t'approchent. Peu ont compris que ceux qui pouvaient t'approcher sont ceux qui te sont chers, intimes, totalement vitales. Les autres doivent se contenter de te regarder de loin, évoluer loin de ton monde imprenable, intouchable. LA GLOIRE A TES GENOUX OU RIEN DU TOUT ⊹  Tu es comme tous les tiens. Tu refuses l'oubli, l'ennui auquel la bonne société vous a condamné, damné d'un revers de main. L'ambition d'être reconnu, indispensable est là, greffé au creux du cœur. Personne ne vous oubliera, tout le monde vous enviera. Et le jour, où chacun d'entre les tiens seront suppliés pour un regard, un égard, vous clamerez vengeance envers ceux qui vous ont si injustement abandonné, délaissé lorsque la malédiction vous a frappé. Il n'est plus question d'abandon, de rejets, de pleurs éclaboussant le parquet. C'est fini, tout ça. Vous ne retournerez plus jamais à l'ombre après avoir touché le soleil. Attention, pourtant, il ne faudrait pas s'y brûler les ailes. TOUJOURS EN VOYAGE, MONSIEUR SHAFIQ ? TOUJOURS ⊹  Les mondanités ne sont pas vraiment ton fort, pas tellement ton domaine d'expertise. Tu laisses cette tâche à ton père et ta sœur, acceptant la réputation d'explorateur qu'on t'a taillé, qu'on t'envie. Elles sont pourtant nombreuses les merveilles que tu ramènes de tes voyages, les récits que tu accordes aux soirées qui t’accueillent. Un frisson d'excitation captive toujours un peu l'assistance à chaque fois que la langue se  délie, à chaque fois que tu revis la visite d'une pyramide, les délices d'une jungle en Amazonie, la peur au creux des catacombes de Paris. Tu charmes d'un émoi plus discret, plus tendre. Tu intéresses par ta peau un peu plus basané à chaque excursion. Tu n'es pas tellement, pas vraiment fait pour les salons, mais plus pour les secrets encore à découvrir, encore à séduire. Et tu te sens tellement, tellement, tellement bien loin de cette civilisation rendue cinglée, complètement tarée. Tu te sens enfin à ta place.  LES RUNES GRAVÉES A MÊME LA PEAU ⊹  Le style est un peu négligé, la chemise jamais tout à fait fermée, laissant entrevoir les esquisses des runes à même la peau. La première est logée  au creux du cou, arabesque d'un essai tremblant des mains de 'Leen. Elle avait peur de louper la définitive, celle qui reste pour la vie. Tu en ris maintenant, elle aussi. Elle est censé apaiser les peurs, diluer la crainte. Située stratégiquement, elle canalise, agit comme une barrière avant qu'elle monte au cerveau. Bien sûre, tout n'est pas retenu, abattu. Vous la nommez sobrement FEARLESS. La seconde est un cadeau pour tes ASPICS, son doux nom est LUCK comme pour t'apporter la chance dont les tiens ont toujours manqués. Tu n'y crois pas vraiment, pas tellement mais elle y tenait avant votre première quête ensemble. Et puis, la dernière trouve sa  place contre le coeur, signant d'un sombre HEARTLESS, le besoin de ne plus se laisser atteindre, toucher par ce qui fait mal, ce qui fait toujours mal. Bien sûre, elle n'a pas eu l'effet escompté. Elle ne t'a privé de coeur, ni d'émotion, elle te colle juste une décharge électrique à chaque émotion négative, quand tu menaces de perdre le contrôle. Souvent, elles intriguent, bien plus qu'elles ne dégoûtent.  Souvent, on te demande si on peut toucher, sentir la magie vibrer sous la peau. Tu refuses toujours, invoquant une sensibilité accrue là où sont posés les runes. On murmure plutôt que c'est l'âme sœur qui les trace d'une main experte et ferme qui t'est sensible. Tu en souris, en ris.  FRAGILITÉ TOURMENTÉE, CULPABILITÉ BANALISÉE    ⊹ Sous l'apparente puissance, la force, il se glisse les failles d'un cœur lézardé par le poids d'une terrible, invincible culpabilité.Tu n'arrives pas à te pardonner la mort de ta mère, tu n'arrives pas à accepter l'accident de Eitan. Tu es responsable de tout ça, tu le sais. En silence, pourtant, tes hurlements n'atteignent personne, ne ricochent jamais contre les âmes. Et tu en es là, brisé, déjà achevé, grattant ta propre douleur. Exténué, tes nuits se raccourcissent au fil des regrets, de ce que tu as fait ou ce que tu n'as pas fait. (Tu as tué Maman, tu as détruit Papa, tu as fait pleuré Neith, tu as brisé les rêves de Delilah. ) Et tu n'arriveras jamais, jamais, jamais à te pardonner. Et tu vas, sans doute, en crever de toute cette culpabilité, de cette Voix qui susurre la vérité. LA COLÈRE AU CREUX DES DOIGTS    ⊹ La haine est une éternelle ritournelle. Monstre d'indifférence et d'impuissance, elle ne cesse de t'écorcher l'être, alimentant des violences endormies sous les poings serrés. Tu grognes dans ta barbe les envies de meurtre qui mastiquent, bousillent les yeux. Tu égares les mots acides à défaut de cogner, d'esquinter de briser tout ceux qui dansent avec elle, à tout ceux qui lui sourient, à elle qui en rit. Parfois, pourtant, il y a des pertes de contrôle. Parfois, la magie fuit colérique, haineuse, brisant des meubles, explosant un verre entre tes doigts. C'est là le vice des trop puissants, des cœurs frustrés. Et plus d'une fois, tu as craqué, brisant des objets précieux, cognant des murs, t'épuisant à travers le sport. Tu as juste peur d'un jour aller trop loin, de laisser le monstre sortir, de te laisser vaincre par cette folie amère. Et La Voix ne fait que l'alimenter de ses moqueries, de sa fourberie. La Voix ne fait que dire la vérité bien cachée derrière le masque parfait, derrière les poings ensanglantés.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
Tu te tiens droit, fier, le regard fixe. Face au miroir, l'esquisse dessine lentement les sourires, les rires. Ton père appuie une main douce sur ton épaule, ta sœur a trouvé un peu de bonheur. Les larmes ont désertés ses yeux. Ensemble, vous l'avez vaincue, abattue. Elle n'est plus qu'un lointain souvenir, une vieille moquerie alors qu'on vous admire, qu'on se déchire pour vos faveurs. Vous avez le monde à vos pieds, les regrets ont été balayés, complètement damnés. Une silhouette féminine vient doucement vous rejoindre, attrapant tes doigts discrètement, lentement. Delilah est tellement belle, Delilah est tellement amoureuse de toi. Il t'a pardonné, il a attendu. Et tu te rêves encore GLORIEUX, LA MALÉDICTION DÉFAITE. Et tu rêves tellement.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
Ton cœur tangue toujours entre la pierre et la baguette. L'une te permettrait de revoir ta mère une dernière fois, une unique fois, de t'excuser pour l'avoir trop aimée, de l'implorer de te pardonner pour l'avoir tué, abandonné. Et pourtant, tu choisirais de t'emparer de LA BAGUETTE DE SUREAU. Parce que ta mère ne te pardonnera pas, parce que tu ne peux pas la ramener à la vie, alors, tu choisis ton avenir, votre avenir à tous. On loue déjà ta puissance, tes exploits, en véritable bête de combat, en chien soldat fidèle. Certains penseraient que c'est inutile, certains penseraient que ce serait ridicule. Tu dis que c'est le choix de la raison, le pouvoir de t'octroyer un avenir meilleur, d'enfin vaincre cette putain de malédiction qui hante ton sang.
« Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ? »
Il y a, bien entendu, les souvenirs de déchéance greffés au coeur. Aucun autre enfant que ceux des Yaxley ne voulait jouer avec Neith et toi. A chaque fois que vous vous approchiez, vous étiez aussitôt rejetés, laissés sur le carreau. Maudits, vous baissiez les yeux, vous vous serriez l'un contre l'autre comme si cela aurait pu vous épargner les mots moqueurs, les violences d'enfant qui jamais ne guérissent vraiment. A vos larmes, père murmurait qu'il fallait s'y habituer, s'en contenter. Vous étiez condamner à ce traitement, aux bancs de la société, à être les éternels derniers. A  la mort de ta mère, tu les as haïs, rêvant de leur arracher leur langue et leur colère. Ils vous ont accusé de l'avoir tué avec votre amour dégueulasse, crasse. Et la colère, l'envie de vengeance, de reconnaissance n'a pas cessé d'enfler, de gratter durant toute ta scolarité où tu dégoutais, dérangeais, gênais. Les dents serrés, le coeur bloqué, tu as promis, juré ; UN JOUR VOUS SEREZ LES PREMIERS. Et Grindelwald vous a offert cette opportunité sur un plateau doré. Ton oncle,  Abel, s'est jeté dessus, affamé de gloire, de lumière, prêt à tout pour y rester. Et il le prouve bien avec la mort de Grindelwald et ces élections. IL FERA TOUT POUR CONSERVER LES SOMMETS QUE VOUS AVEZ SI DIFFICILEMENT GAGNÉS. Et tu serais fou de ne pas être reconnaissant, de ne pas user et abuser des privilèges que vous vous êtes octroyés. Et tu serais cinglé de refuser la lumière. Pourtant, Neith et toi, AVEZ FAIT UN AUTRE CHOIX. Désintéressé par les jeux politiques, tu es trop souvent en voyage pour accepter de prendre allégeance. Tu es trop souvent occupé à tester, expérimenter pour vous défaire des maux qui t'habitent pour laisser ton don influencer le jeu politique. Ensemble, toi et ta petite sœur, VOUS AVEZ FAIT LE CHOIX DE LA NEUTRALITÉ.

« Étiez-vous présent lors des événements de Loutry St Chaspoule ? Si oui, quelle a été votre réaction ? Si non, que pensez-vous de cet attentat ? »
La guerre n'est pas ton problème, bien au contraire. En tant que neutre, tu n'accordes pas tellement d'importances au jeu de pouvoir et aux factions qui s'entaillent. En réalité, tout ce qui t'importe et t'apporte est de rester au sommet tout comme chacun d'entre vous. Sans cesse occupé, sur les traces d'un artefact, souvent en voyage, tu accordes un œil distrait sur les camps qui s’entre-déchirent, décidant de l'avenir du pays. Sauf quand ça concerne ceux que tu aimes.

Neith et Delilah ont été en première ligne des événements de Loutry St Chaspoule. Neith a été blessée, Delilah engagée dans une spirale infernale. Très vite prévenu, tu as aussitôt débarquer à Saint Mangouste, paniqué, voyant déjà les personnes aimées complètement brisées, attendant sur leur lit de mort. Colérique, absolument détestable, tu as passé à ta sœur un savon aussi mémorable qu'imbuvable, créant une dispute dont les murs se souviennent encore. Tu lui avais juste demandé d’être prudente, de ne pas provoquer la malchance. Tu lui as aussi toujours demandé de veiller sur Delilah, puisque toi, tu ne peux pas le faire. Puisque toi, tout t'est dorénavant interdit. Et encore une fois tout échoue.

Ces événements, tu les détestes tellement. Tu crains tellement de voir ton monde voler en éclats, tes proches arrachés à tes bras. Tu crains tellement, tellement, tellement d'être le seul à survivre à toutes ses horreurs.

▲ pseudo ou prénom : hey   on m'appelle lionheart ou lucie  
▲ âge :  j'ai 22 ans tout rond et je me sens vieille  
▲pays :  je viens de france, de lorraine en particulier donc si vous aimez la quiche, vous m'aimerez d'office  
▲ Connexion  : je suis en générale connectée un peu tous les jours parce que je suis un peu accro mais je ne rp pas tous les jours, ça dépend vraiment de mon temps  
▲ scénario ou inventé :  inventé  
▲ avatar :  matthew daddario
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  je l'ai conu grâce à delilah et ensemble on a embarqué neith avec nous  
▲ quelque chose à rajouter :  bon c'est pas encore trop, trop rempli, désolée, je suis un poil  crevée mais je voulais aps poster un machin vide  
▲ crédits : shiya


Dernière édition par Ezra Shafiq le Mar 11 Juil - 15:54, édité 21 fois
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Ezra Shafiq
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MessageSujet: Re: ezra ⊹ i'll be good   Dim 25 Juin - 0:03

Mudbloods and murmurs
citation de votre choix citation de votre choix citation de votre choix



Hold your breath, don't let go
(1925-1935):
 

NOVEMBRE 1927 ⊹ « Le gâteau au chocolat, tu en mangeras ce soir. », chuchote à ton oreille une voix rieuse, mielleuse que tu identifies comme celle de Melchior. Il parle toujours de délices sucrées, de promesses gourmandes. Et inlassablement ses prédictions se réalisent. Tu ris, applaudis, enfant joyeux, gazouillant du soir au matin pour un oui ou un non. « Et puis Maman te fera bientôt des bisous. Regarde, elle arrive. » Les yeux clairs se tournent aussitôt vers la porte de la salle de jeu qui s'ouvre doucement, tendrement. « 'Man ! », elle a une main posée sur son ventre, un sourire sur les lèvres. « Mon chéri. », soupire-t-elle doucement en te laissant courir vers elle. « Tu vas bien mon bébé ? », glisse-t-elle en te recouvrant le visage de baisers sous tes rires attendris. « Vui. », les yeux brillent de cet amour tendre, poupin, serein. «  Veux 'Ateau Socolat. 'Chior a dit que z'aurai. » Un rire s'échappe de ses lèvres alors qu'elle s’assoit sur un fauteuil. « En voilà, un petit garçon tout exigeant. Que vais-je faire de lui ? » Tu te glisses jusqu'à elle et hurle « Des bisous ! Pa'ce que z'ai été zentil. » Un autre rire en faisant mine de réfléchir alors qu'elle attaque déjà avec des baisers  tes joues potelées. « Tu sais mon chéri, j'ai une bonne nouvelle », souffle-t-elle en caressant son ventre. « Tu avais remarqué le ventre ? Z'ai cru que tu avais manzé tout mon gâteau au socolat. » Un autre rire. « Non j'ai ta sœur dans le ventre. Ooooh, ça se cache là les petites sœurs ? Oui, c'est bien au chaud, protégée par le ventre. Ze peux toucher ? » Doucement, elle guide tes doigts sur la petite bosse. Les voix s'éveillent, s'émerveillent. Les amis imaginaires te disent combien tu l'aimeras, combien tu la protégeras. Et tu les écoutes te glisser à l'oreille un nom. « Neith. Mes amis disent qu'il faut l’appeler Neith. » Sous les yeux surpris, elle acquiesce, souriante et bienveillante, ayant déjà compris à quel point tu serais spécial.

26 FÉVRIER 1928 ⊹ « Attends ici, Ezra, d'accord ? » Les yeux bleus du père et du fils s'accrochent, s'accordent. Timidement, lentement, tu hoches la tête. Si tu es sage, maman reviendra avec ta petite sœur. Ce sont ses mots depuis que le ventre a gonflé, enflé, depuis que la petite sœur te donne des coups de pieds quand tu veux lui parler. Tu l'as souvent grondé cette bébé-sœur qui faisait grimacer maman, qui l'a fait se tordre de douleur il y a trois jours. Papa est parti très vite avec maman, la tante est venue te garder. Tu as un peu boudé, tu aimes pas rester seul. Tu es grand maintenant, nan ? C'est ce qu'elle dit souvent, en passant ses doigts dans tes cheveux noirs, en te soufflant des histoires.

Petit garçon, tu te dresses dans le couloir blanc, trépignant sur tes deux jambes, impatient, pesant. Papa est un peu inquiet depuis que Maman est partie chercher ta sœur. Il paraît qu'elle est un peu timide, qu'elle a eu du mal à sortir mais qu'enfin, elle est là. Elle sera toujours là, maintenant. Et que tu dois toujours la protéger, l'aimer, l'adorer parce que tu es devenu grand et qu'elle, elle est petite.

« Ezra ? Tes yeux se redressent, clignant doucement pour offrir un sourire à un père fatigué, inquiet. Viens, s'il te plait. » La voix est calme, chaleureuse alors que tes pas te mènent dans la petite chambre rose 23  de la maternité sorcière. La femme t'observe, te fixe, un sourire aimant sur les lèvres, gonflant ta poitrine d'une chaleur irréelle. « Maman ! », t'exclames-tu, avales-tu, soulagé, bannissant les peurs alimentées par ta tante. Les cheveux sur le coté, elle tient tout contre elle un petit paquet emmailloté dans du rose. Et tu la trouves tellement belle, sereine sur ce lit. « Ezra, mon chéri, tu vas bien ? De la tête tu fais un grand oui, t'approchant du lit. Vraiment ? Papa t'a fait à manger ? Il y a un grondement, là où papa est resté. Raina, arrête de me taquiner. » Il se plaint doucement, piteusement, gourmandant à peine ta mère. Un sourire s'élargit, creusant des fossettes sur le visage métissé, et pourtant exténuée. « Tu as raison, Elijah. Les yeux se reportent sur toi. Tu veux la voir ? Oui ! Elle est où ? » Doucement le petit paquet est décollé de la poitrine, t'offrant la vue sur un petit visage ébène aux lèvres fines et aux yeux bordés de cils long et noirs. « Wow ! Souffles-tu, surpris qu'elle soit si petite, tellement fragile. Les yeux s'ouvrent doucement, pupille chocolat contre bleu céruléen. Un sourire se dessine sur la petite bouche, un bras cherche déjà à aller vers toi. Elle te connaît déjà ? Gaaaah ! Ça veut dire quoi Gaaaah, Papa ? Bonjour, je suppose ? » Il n'en a foutrement aucune idée mais il paraît qu'à cet âge, tout ce que dit Papa est vrai. « Alors bonjour Neith. Moi, c'est E'ra, je suis ton grand frère et – tu te penches doucement, tendrement comme pour lui confier un secret – je t'aime déjà. »

MARS 1929 ⊹  « Maman ? », les yeux bruns-chocolat se redressent doucement sur toi, dans un sourire aimant. Le sari est descendu sur ses épaules, offrant la vue de   sa nuque si souvent penché vers la table, inspectant quelque chose qui semble toujours différent, fascinant. Des minutes s'écoulent toujours lorsque tu l'observes, délaissant le jouet sur le bord du tapi aux milles couleurs, odeurs. « Tu fais quoi ? », oses-tu, enfin. Tu as toujours été intimidé à l'idée de la déranger, de la gêner. Elle semble toujours un peu ailleurs lorsque les pots plein de liquide l'entourent, lorsque des livres lourds et dorés entourent son visage, lorsqu'elle se penche avec un scalpel vers un autre monde. Parfois un pli concentré barre son front, d'autre fois, c'est un sourire victorieux et il arrive aussi qu'un soupir de déception la ravage. Lorsque cela arrive, tu viens toujours avec Neith l'entourer, réclamer de la tendresse. Ne vous a-t-elle pas appris qu'il fallait aimer pour apaiser, pour ne jamais vraiment échouer ? « Tu veux voir ? Elle a une expression mutine sur le bout des lèvres, un éclat de malice au fin fond des yeux. N'aie pas peur, ça ne mord plus, mon chéri. Promis ? » , demandes-tu dans une moue boudeuse. C'est méchant ce qui mord, non ? C'est ce que tu en as déduis quand les crocs du chien des voisins s'est enfoncé dans ta petite main. Tu voulais juste le caresser. Les larmes ont roulées, torrent acide sur tes joues rebondies, trou noir logé dans le myocarde. Elle a eu tant de mal à te consoler, à te rassurer. Un sourire, un rire et elle te tend le doigt pour prêter tous les serments d'enfants : « Promis sur la magie, Ezra. Je ne mens pas, tu te souviens ? »

Les Mamans, ça ne ment jamais.
Tout comme les Papas.

Tu saisis le doigt, acceptant la promesse alors qu'elle te ramène sur ses genoux. Tout petit garçon, tu te cales tout contre sa poitrine, sentant le miel d'argan a plein poumons. Sous tes yeux s'étalent un poisson aux couleurs arc-en-ciel, à l'oeil torve et à l'expression maussade. « Wow, souffles-tu en admirant la parure d'écaille aux couleurs chatoyantes, enivrantes. C'est joli, c'est quoi ? », demandes-tu en avançant tes petits doigts. Le corps est froid comme quand  Hor' sort les glaces du congélateur en été pour t'en donner. « Devanagari. C'est un poisson indien. Indien ? D'où Maman est née. Oh. » Ce pays dont elle te montre les photos avec tendresse, délicatesse. Elle a promis d'un jour t'emmener à Gaga, la grand-mère à la langue étrangère que tu entends par cheminée. « Devanagira ? Hésites-tu alors qu'elle pose son menton dans ta chevelure. Gari, Ezra. C'est gentil ? Très. Ils sont devenus très rares tellement ils sont gentils parce qu'ils ne se méfient de rien. Et les gens malintentionnés les volent et les envoient au Nirvana. Rares ? Elle hésite, tangue, en cherchant ses mots. C'est comme nous. On est rare. Un froncement de sourcils. En voie de disparition ? C'est Papa qui dit ça et c'est pour ça que le chien a mordu. » Et qu'ils ont rigolé, en disant que c'était bien fait, qu'ils ne voulaient pas jouer avec Maléfiq. « C'est presque ça. Elle sent toujours un peu ta souffrance à chaque fois que tes yeux percutent la cicatrice en demi-lune. He bha moi, je protégerai Devinagari, Maman ! Parce que c'est pas parce qu'on est gentils qu'on doit disparaître , nah ! » Tes petits bras se croisent sur ta poitrine sous son sourire, son rire. « Comme tu protégeras Neith ? Et Papa aussi ! Et Maman. Et Hor', même si il veut plus donner de la glace. » Une expression boudeuse accompagne toujours le refus du caprice pour un délice. « Et puis on ira voir Gaga chez Maman, hein ? Promis sur la magie, mon trésor. », murmure-t-elle, en posant un doux baiser dans tes mèches noires.

La porte d'entrée claque, les souliers sont jetés. « Raina, Ezra, Neith, c'est moi. Je suis rentré. Paaaaapa ! » Tu sautes des genoux de ta mère, courant vers ton père, te précipitant dans ses bras pour lui raconter tes aventures du jour. Il rit, sourit, écoute attentivement, ne voyant pas sa femme se tordre, se plier, s'appuyer contre le meuble. Le mouchoir contre ses lèvres étouffent péniblement la toux, le sang tâche déjà le tissu blanc.

Vous n'irez pas voir Devanagari, ni Gaga.

JUIN 1950 ⊹ Le Gange roule en écumes tranquilles contre les marches de pierre, épousant doucement, lentement Varanasi. L'odeur du fleuve te pique le nez, alors que tes orteils sentent l'eau affluer et te quitter. Tu t'es toujours un peu senti d'ici, comme si sur les bords de la ville millénaire tu avais laissé un morceau de toi. Comme si Maman guidait encore tes pas. Il y a pourtant la crainte  de ne pas être bien accepté, suffisamment aimé. Tu es un peu venu sur un coup de tête sur les traces de ta mère. Tu es un peu venu sans prévenir ni guérir. Est-ce qu'elle aussi , elle voudra bien de toi ? Tu es tellement habitué à être rejeté, détesté, que tu viens même à en douter de toi, de ce que Gaga pensera.

Papa a cessé de donner des nouvelles, d'envoyer les photos de vous, d'écrire de longues lettres, de parler à la cheminée. Papa s'est laissé glisser dans la dépression, dans la déraison, oubliant le monde qui l'entoure. Doucement, lentement, les liens se sont distendus, ont disparus. Les yeux perdus sur le fil de l'eau, tu n'arrives pourtant pas à en vouloir au paternel de ne pas avoir su entretenir des bribes de mémoire qui font tellement, tellement, tellement mal.

« Ezra ? », lâche une voix tremblante, féminine sur une barque, accostant aux marches de la ville au bord du Gange. Les yeux percutent des pupilles fauves, la peau basané fripée, le sari couleur pourpre. Sur la main, tu détailles le tatouage en henné fleurissant sur la peau ridée. Elle semble sur le point de pleurer, malgré la sérénité de son visage. Elle est si petite face à toi, si fragile face à tes grands bras. Et c'est sans doute toi le plus impressionné. D'un mouvement élégant, dans l'aube naissante, la baguette de la plus vieille lance un sort. « Tu me comprends ? Glisse-t-elle d'un pas, avançant ses mains dans un bruit lourd de bijoux. Oui, murmures-tu, en offrant timidement ton visage. Tu ressembles tellement à ton père. On me le dit souvent. », choisis-tu de souffler, jamais insulté par la constatation. « Il est venu jusqu'ici ? Un hochement de tête. Lorsque Raina t'avait dans le ventre. » Un froncement, un froissement de sourcil. « Elle te manque, Gaga ? » Dans le silence de la ville indienne, vous vous toisez, vous comprenez. « Tous les jours, enfant. » Et dans les yeux chocolat, il y a l'éclat des désespoirs d'une mère qui a tout perdu, qui n'a jamais tout à fait survécu. D'habitude ce sont les parents qui partent en premier, pas les enfants.

« A moi aussi », murmures-tu, confesses-tu.

SEPTEMBRE 1929 ⊹ Les ombres s'étirent au même rythme que les voix s’amplifient. La cacophonie te fait mal à la tête, les voix hurlent quelque chose qui ne te parvient pas, qui ne t'atteint pas. « Arrêtez de faire mal. », souffles-tu, en te tenant la tête dans ton grand lit. Les mèches brunes s'égarent entre tes doigts en gerbes ténébreuses, orageuses. « S'il vous plaît », les yeux s'embrument de larmes, roulent sur tes joues. Parce que tu sens, dans ton petit coeur, l'acide des horreurs, des funestes douleurs, comme si elles se disputaient entre elles pour t'annoncer la mauvaise nouvelle, comme si elles luttaient entre elles. A tes oreilles, tu entends quelque chose comme « mort », « ne pas lui dire », « trop petit », « la vérité ». A tes oreilles, tu entends la souffrance qui s'étend sous ton crane.

Les voix accélèrent, ricochent contre la tête, mourantes, agonisantes. « Melchior ? », murmures-tu, quémandes-tu tout doucement parce que d'entre toutes, c'est la voix qui t'effraye le moins. Les brocolis, à ton âge, sont peut-être le pire qu'il t'ait annoncé. Il y a toujours ses conseils pour ne pas manger trop vite le curry pour ne pas se brûler la langue, pour en garder un peu près du coeur. Mais Melchior se tait comme si il était poussé en retrait, effacé. Tu glapis, cherchant dans le grand lit en soufflant un « Shaé » apeuré. Shaé a toujours été la mélodie des sentiments, des pressentiments sur les personnes qui t'entourent. Combien de fois a-t-elle annoncé les bras réconfortants, rassurants de ta mère ? Combien de fois a-t-elle soufflé que Dia viendrait jouer avec toi ? Mais, le silence s'étend. « Ivar ? », réclames-tu lentement, doucement. De tes trois amis, elle est celle la plus discrète mais aussi la plus traître, annonçant les rhumes, les blessures, les horreurs qui émaillent ton coeur. Elle est toujours un peu triste lorsqu'elle vient alors souvent tu lui proposes de jouer avec toi. Vous jouez aux explorateurs, aux grandeurs futures qui vous attendent, vous entendent. Tu as promis de ne jamais l'abandonner, de ne jamais l'oublier. « Ezra. » Un froncement de sourcil, les yeux sont surpris mais les bruits ont cessés. Les voix sont redevenues une rivière tranquille, paisible. « T'es qui toi ? », croasses-tu d'une voix abîmé, étonnée, suspicieuse. « La Voix. »

Il y a comme un rire doux, derrière la mauvaise impression. « Dégage, tu es pas mon amie, toi ! », les joues se gonflent, le visage se cache sous l'oreiller, refusant de voir, d'entendre les piaillements de cette ennemie qui déjà creuse son nid dans ton lit. « Je vais pourtant le devenir, glisse-t-elle, sûre d'elle, toute en confiance et en domination. Je veux pas ! Pars ! Je veux Melchior, Shaé et Ivar ! Eux ils sont gentils. Ils sont faibles. Comme toi. crisse-t-elle, détachée, pleine de vérité . C'est faux ! Maman dit que je suis grand et fort. Un rire moqueur. Tellement grand et fort que tu vas la tuer. Menteuse ! Je tuerai jamais ma Maman ! Ta Maman va mourir parce que tu n'es pas assez fort. Elle va crever longuement, doucement. Tu vas la voir maigrir, s'affaiblir, se détruire secondes après secondes parce que tu l'aimes. Parce que tout ceux que tu aimes vont mourir. Pourquoi tu es méchante comme ça avec moi ? Pourquoi tu dis tout ça ? Les larmes ricochent, en hoquets de surprises, en hoquet de douleurs alors qu'elle te montre la longue déchéance, les mouchoirs trempés de sang, l'agonie nuit après nuit. Tu crois que toi, tu es pas méchant de l'aimer avec ton sang dégueulasse. Tu crois que, toi, tu es pas méchant de priver Neith de sa maman. La Voix détruit alors que tu te recroquevilles dans ton petit lit. Tu devrais avoir honte. » Et tu sais, qu'au fond, c'est vrai, même lorsque tu sautes sur tes deux pieds. Tu sais qu'elle ne dit que la vérité : Tu vas la tuer.

« Maman ! Maman ! » hurles-tu, en te précipitant dans le salon. La femme redresse les yeux vers toi, alors que Neith s'accroche à son sein, buvant allégrement le lait maternel. « Maman ! La Voix a-a dit que j'allais te tuer. » Tu secoues la tête, tes petits poings tentant de chasser tes larmes, tes drames. «  Je ne veux pas te tuer. » Et dans les yeux de Raina, il y a déjà la certitude que son destin est tout tracé, que dorénavant, le temps lui est compté, volé.

Mais elle ne peut pas te dire la vérité, n'est-ce pas ?
Elle ne peut pas dire qu'elle va mourir.

MAI 1932 ⊹ « Le jeune maître ne doit pas entrer dans la chambre de la maîtresse. », te gourmande l'elfe de maison en refermant sa main sur ta petite menotte. « Mais j'ai promis de faire un bisou à Maman. », souffles-tu, en gonflant les joues, atrocement vexé. Enfant, tu ne comprends pas vraiment pourquoi Maman est enfermée au milieu des encens, les rideaux bien tirés, le souffle brisé. Autour de toi, on parle du peu de temps qu'il lui reste, de cette horrible tristesse que tu n'es pas sûr de bien comprendre, apprendre. « Hor', tu as pas le droit de m'empêcher de faire des bisous à Maman ! », craches-tu, hurles-tu, enfant blessé de se voir arracher une personne aimée. « Mais Horus doit obéir », ronchonnes l'elfe en se tordant les oreilles, en ne sachant que faire. « Eh bien Hor' doit m'obéir. », assènes-tu à la pauvre créature. « Mais la maîtresse est si fatiguée, si exténuée. Hor a pro – Horus laisse-le entrer. » souffle une voix chevrotante, traînante dans une quinte de toux.

« Tu vois, j'avais raison. » lui lâches-tu, tout à fait injuste, en tirant la langue à l'elfe de maison, déconfit. « Mais le maître … », tu claques la porte au nez et à la barbe de la créature magique, suicidant ses mots contre le bois lourd, sautant déjà dans le lit. « Hey mon chéri, glisse-t-elle un sourire un peu triste au bord des lèvres. Elle est tellement mince dans le grand lit où vous aviez l'habitude de jouer toi et Neith lorsque la maladie n'était pas suffisamment avancée, pas tellement déclarée. Tu viens te hisser tout contre elle, posant un baiser sur sa peau froide. Bonjour Maman. » Maman a promis, n'est-ce pas ? La Voix est une menteuse. La Voix ne va pas tuer Maman. Tu en vas pas tuer Maman. « Ca va bien ? Tu veux de l'eau ? Tu veux bien m'apporter un verre mon chéri, j'ai la gorge un peu sèche. ». De tes mains douces d'enfant, tu attrapes le verre en plastique plein d'eau, la faisant boire doucement, tendrement. Il faut juste attendre. Maman finira par aller mieux, ce sont les mots de Papa. « Merci. », soupire-t-elle, en reposant la tête sur l'oreiller, ses cheveux ébènes formant une couronne triste sur sa tête. Tu reviens doucement poser ta tête contre son ventre, alors qu'elle perd ses doigts dans tes mèches.

« Ezra, mon chéri, ça va être difficile quand je serai partie ... » Le menton se pose sur son ventre, les yeux l'interrogent sans intégrer l'information. « Papa va être triste, Neith est trop petite. Il faudra que tu prennes soin de tout le monde, d'accord ? »  Sa main descend sur ta joue, tremblante, vacillante. « Maman, tu pars combien de temps ? ». Les yeux bruns s'embrument de larmes, de tellement de drames. « Pour un très long moment, mon chéri. C'est pour ça que tu dois bien prendre soin de Papa et Neith, d'accord ? Wui, promis sur la magie Maman. Je serai toujours là pour les protéger et beaucoup les aimer jusqu'à ce que tu reviennes. Elle ne reviendra pas. » s'élève une voix au milieu des murmures, griffant la dorure. « Et puis tu ne mens pas, hein ? Tu reviendras, tu as promis. » Les promesses c'est tout le temps pour toujours.

Peut-être que c'est laid, peut-être que tu ne devrais pas y croire mais Raina passe ses doigts dans tes cheveux. Elle sent les potions, les traitements et les suppliques. « Elle sent la mort. » , éclate La Voix dans un coin de ta tête. « Elle n'en a plus pour très longtemps. Peut-être que demain tu n'auras plus de Maman » Plus jamais de Maman pour faire mousser tes cheveux, te sourire, vous faire rire. Plus jamais de Maman pour vous aimer, vous rassurer. « C'est toi qui l'a tué. » Les yeux se ferment alors que les doigts glissent, s'immiscent contre toi, chaleureux et doucereux. « Neith n'aura plus de Maman à cause de toi. » Toi, tu n'y crois pas, Maman a dit que ce n'était pas vrai. Maman ne ment jamais. « Je te promets sur la magie, Ezra, j'irai bientôt mieux. » Dans ses yeux, il y a pourtant des espoirs déçus, des horreurs déchues. Et la voix qui hurle sous la caboche qu'elle ment encore et encore.

FEVRIER 1933 ⊹ « Joyeux anniversaire, petit Ezra. Ze suis pas petit Dia. », râles-tu, en gonflant vivement les joues, outré que la plus grande d'entre tous ses enfants jouent encore de son âge pour oser s'imposer. « Et puis auzourd'hui, tu dois suivre mes ordres, nah ! Parce que c'est nos n'anniversaires à Neith et moi. » Neith hoche vivement la tête, les yeux posés sur toi. « Je suis la plus grande et moi je suis déjà à Poudlard donc c'est à moi de décider. » fanfaronne-t-elle, en montrant les couleurs de sa maison parce qu'elle, elle vit de vraies aventures qui ne sont plus limitées aux grilles du grand jardin. Elle apprend la vraie magie. « Tu vas juste mourir en première. », accroche les yeux de David, dans une moue pas du tout compatissante. « Et puis même je t'ai entendu dire à tes nouvelles amies que tu voulais plus jouer avec nous parce qu'on est des bébés. On est pas des bébés ! » Couine Neith outrée, accrochée à ton dos, explosant de mille outrages. Elle déteste quand on lui dit qu'elle est trop bébé, trop petite pour comprendre, qu'elle doit d'abord grandir. « C'est vrai, Dia ? » Elle a vraiment dit ça ? « En même temps c'est moi qui ait une baguette et pas vous. », ronronne la vantarde piétinant les coeurs d'enfant. «  Si c'est comme ça, moi, ze veux plus zouer avec toi ! Les joues se dégonflent, tu redresses ta sœur dans ton dos, lançant un regard piquant, glaçant à la plus grande. Ze vais zouer qu'avec David, Neith et 'Lilah. Mais moi, je veux pas jouer avec des bébés filles, proteste le deuxième garçon du groupe. Injuste, tu le scrutes et lâche en le poussant. Reste avec Dia, alors, ze zouerai qu'avec Neith et 'Lilah. Elles sont mieux que vous deux réunies » Tu attrapes la main de la dernière, entre tes doigts, l'entrainant déjà loin des deux Yaxley. Sur ton dos, Neith rit et souffle : «  On va viziter l'Ezypte, 'Ra ! Za va être bien. »

Un rire résonne et tu observes Delilah avec ses long cheveux blonds tenus en tresse qui regarde en arrière.  « Tu veux pas zouer avec nous, toi aussi ? » Une moue boudeuse, orageuse alors que tu scrutes la plus petite. « Elle veut monter sur ton dos aussi !Ze peux lui laisser ma place », souffle Neith en riant. « On abandonne Dia et David ? » , s'inquiète Lilah. « C'est eux qui veulent pas zouer avec nous. », ronchonnes-tu. « Sinon on peut zouer au boule de neize. » argue ta sœur comme pour réconcilier les deux camps, comme pour soigner les mots blessants d'enfant. Neith oublie de préciser qu'elle est tout aussi capable de viser Dia avec un air innocent, tout à fait charmant dans le but de ne pas se faire accuser de l'avoir fait exprès. Tu souris, les yeux brillant de malice, de délice enfantin, serein. « Et on attaque Dia et David ? », glisses-tu, en faisant descendre la brune de ton dos. « Oui ! », acclame Neith en applaudissant de ses mains gantés. « M-Mais ils vont vouloir me donner à une autre famille si on fait ça, couine Lilah, les yeux grands écarquillés, follement effrayés.  Tu attrapes ses mains dans les tiennes, en répétant les mots de ta mère. Ze te promets sur la magie, ça n'arrivera pas. » Et dans tes yeux, dans ton coeur, il y a des millions de certitudes qui se fracassent contre la peau, l'empathie dévoreuse, l'enveloppant d'une confiance inébranlable, intouchable. Et puis, il y a aussi la chaleur tendre de l'amitié qui vient tuer les derniers doutes, les derniers remords. Tu ne mens jamais quand tu promets, n'est-ce pas ?

« D'accord », te fait Delilah avec un petit sourire timide, fragile. « Si tu veux, ze te protège en te mettant sur mon dos, comme ça tu pourras lancer plus de boules de neize et si tu as peur tu peux te cacher. » Elle hoche la tête en rougissant, alors que tu te baisses pour déjà la porter. Neith, de son côté, a déjà ramassé entre ses mains son arme de bataille et braille : « A L'ATTAQUE ! ». Aussitôt, les deux Yaxley se retrouvent sous le feu du froid. Surprise, Dia se mange une boule de neige dans le cou, son frère en reçoit une dans les cheveux, faisant chuter son bonnet. Très vite, pourtant, ils s'organisent pour prouver qu'ils sont les meilleurs. Delilah et toi, vous chutez quelque fois, sous les éclats de rire de Neith, oubliant que c'est votre premier anniversaire sans Maman, oubliant la tristesse dans laquelle vous évoluez dorénavant.

Mais tu as promis ; Tu les protégeras.
Quoiqu'il t'en coûte. Quoiqu'il advienne.




Away, get away, you're such a freak, it's what people say to me
(1936-1943):
 

01 SEPTEMBRE 1936 ⊹ Dia regarde de la table des Poufsouffles. La nervosité te titille le coeur, accrochant ses dents à ton ventre pour mieux le déchiqueter d'angoisse. Les ongles s'enfoncent dans la paume, laissant d'avance des traces violacées, des traces abîmées. Peut-être que c'était une mauvaise idée. Peut-être que tu devrais rentrer. Les mains s'enfoncent dans l'uniforme sorcier, grattent le tissu épais. Tu veux plus y aller, tu veux plus faire comme les Yaxley. Tu as déjà entendu les murmures, les horreurs dans le creux des coeurs.

Personne, personne, jamais personne, ne va être ton ami.
Lentement, les noms pleuvent,  les applaudissements retentissent. La jeunesse qui s'étire en ces lieux semble exaltée, tellement insouciante malgré les uniformes tirés à quatre épingles. Tu aimerais tellement être aussi peu soucieux qu'eux de leurs yeux. « Shafiq, Ezra. », claque la voix d'un professeur. Une inspiration. Une expiration. Tu avales les marches quatre à quatre, le regard sur tes pieds, tes souliers parfaitement nettoyés. La Grande Salle s'est tut, ne laissant qu'un brouhaha de murmures, de rumeurs. Tu peux presque deviner ce qui se lit sur les lèvres des gosses purs : Shafiq, comme tous ces maudits? , Ceux qui tuent leur mère, Pourvus qu'il ne soit pas des nôtres. Tu t'affales sur le tabouret, laissant le choixpeau t'avaler la moitié du visage, te donnant des airs de pirate sorcier. « Mmmmh, un autre Shafiq. », résonne la voix de l'objet magique millénaire, faisant écho à ton cousin. « Que de colère dans ce jeune coeur. », caresse-t-il en frôlant tes émois d'enfant, les larmes qui ont tant de fois déchirés ton visage de frustration, de rage et de désespoirs. « Lui aussi, il sait que tu l'as tué. », en profite La Voix, fléau dans ton cerveau qui ne s'arrête jamais vraiment, ni totalement. « Tu ne veux plus jamais être rejeté, abandonné. Tu ne veux plus jamais être à la place qui est la tienne. Tu as soif de t'élever, de vous faire rentrer dans la lumière. » Tu ne veux pas que Neith souffre comme tu as souffert. Tu es las de devoir tout perdre à chaque fois, tu es las de devoir baisser les yeux. « Gryffondor pourrait t'aller parce que tu es prêt à foncer, à écraser ceux sur ton chemin. Mais. Je veux être Serpentard », assènes-tu, préférant les vipères au cœur de pierre comme ton père au lion doré et impulsif. « Je veux. » Le choixpeau bouge sur ta tête, fouille et farfouille, tangue. « Vœu exaucé. SERPENTARD ! » Et le temps se suspend à la table des vipères, le temps semble dérangeant. Ils n'applaudissent pas quand tu les rejoins.

L'oeil noir, ils ont déjà  condamnés.

DÉCEMBRE 1936 ⊹ « Monsieur Ezra, Horus est là ! », sautille dans la foule la petite créature pour se faire remarquer pour ne surtout pas te louper. Dans un froissement de coeur, un battement douloureux, tu réalises que la maison – ta maison, t'a tellement manqué. Un sourire s'étire, faisant craquer le masque d'enfant solitaire alors que tu agites ta main gantée pour rassurer Hor'. Peut-être que tu n'aurais pas dû t'arrêter, pas dû relever les yeux. Tu ne les aurais sans doute pas entendu. « Huh, un elfe de maison, ricane une fillette dans ton dos. Une voix masculine lui répond : Ça se trouve, il a aussi tué son père avec son sang maudit. », persifle la haine, durcit le cœur, te cloue d'horreur. Les yeux s'agrandissent, s'écarquillent, d'habitude, tu fais semblant de ne pas les entendre. D'habitude, tu ne prends pas garde aux moqueries, aux rires, aux brimades discrètes mais crescendo, les violences deviennent plus physiques, plus difficiles à encaisser. Les bleus marquent ta peau, fleurissent en overdose de souffrance. Ils te détestent, tu as bien compris. Ce qui te permet de survivre ? Les points que tu ramènes, mais qui agace, déplace le problème aux autres maisons. Tu traces dans la foule, bousculant des personnes, tu espères qu'ils n'ont pas vus tes yeux s'emplirent de larmes sous les rires sardoniques. « Horus est cont – On rentre, je déteste Londres. », claques-tu d'une voix dure, attrapant la main de l'elfe pour disparaître aussi vite que possible de ce quai de malheur, loin des mesquineries des adolescents qui se croient tout puissant.

L'elfe hoche la tête, te menant vers un passage en retrait où vous disparaissez dans un « plop » tellement caractéristique. Bientôt la maison apparaît, elle est sur son lit de neige et sent bon Noël en famille. « Je suis content de te voir aussi, Hor', capitules-tu, un peu plus détendu loin des affres d'une mer prêt à te déchiqueter, à te réduire en purée. L'elfe de maison qui vous a élevé baisse le nez, se triture les oreilles, absolument ravi. Le maître a manqué à la petite maîtresse. Je sais, un sourire sur ses deux petits mots arrachés au vol qui veulent dire bien plus qu'ils ne sous-entendent. Neith t'écrit de longues lettres peuplé de dessins ( pas toujours réussis ) et tu lui réponds toujours de la même manière, recopiant des pages et des pages de manuel sur l'animagie, sa toute nouvelle passion. Et Papa ? Le maître est toujours triste. » Horus baisse encore plus le nez. Ton père n'a jamais pu oublier, il s'y est même enfoncé. Le cœur brisé, ses souvenirs continuent de le hanter, de le tuer à petit feu.  Il a toujours été un éternel absent, un fantôme dans ta vie même si bienveillant et tendre. Mais tu lui en veux tellement, tellement, tellement de l'avoir abandonné, de vous avoir abandonné pour les affres de l'alcool, pour son travail. Est-ce qu'il vous aime rien qu'un peu ? Est-ce qu'il vous a un jour aimé ? « Il a toutes les raisons de ne pas t'aimer », glisse les accents de ton éternelle ennemie. Elle a raison, après tout, tu as tué l'amour d'une vie. Comment pourrait-il te pardonner ça ?

« Aaaaaah c'est froid ! », couines-tu en sentant la neige dans ton cou. Un rire résonne, Neith apparaît dans l'étendue du domaine, souriante, canaille, une autre boule de neige à la main. « NEITH ! Tu vas me le payer. », claques-tu en ramassant déjà de la neige, en bombardant ta sœur. « Mais Monsieur Ezra, mademoiselle Neith, le maître vous attend ! Horus va se faire gron - » Et l'elfe reçoit une boule de neige en pleine tête qui le fait couiner, valser et s'étendre dans le froid. « Hor', ça va ? Quémande doucement ta petite sœur. Je suis désolé, ça venait de moi. Horus a froid. », couine la pauvre créature que vous relevez et séchez de vos gants mouillés. Tendrement, l'elfe est couvert de baisers par vos deux bouches, faisant chouiner Horus : « Les jeunes maîtres sont trop gentils avec Horus. Horus ne mérite pas ça. Mais si, Hor' ! On t'aime. », confesses-tu doucement, tendrement. Il a plus été là que votre père, il est un peu votre père. « On rentre, d'accord ? Ça ferait plaisir à Hor'. », murmure l'elfe, en attrapant vos deux mains, et vous rentrez en bavardant.

« Je croyais t'avoir dit : Pas de retard. », claque la voix paternelle pour l'elfe qui déjà se recroqueville. La lourde porte claque, coupant le froid. C'est là qu'il remarque les vêtements dégoulinants de neige, les traces blanches dans les cheveux. « Toi, je paris que c'est encore de ta faute. », les yeux verts fusillent Neith, l'abreuvant de haine et de tous ses regrets. « C'est toujours de ta faute. » Il y a des accents de rancoeur, des antiques douleurs dans la voix rauque. Le verre à la main, il vide le contenu, la baguette tremblante entre ses doigts. « Tu vas me le payer. », souffle-t-il comme si il voyait quelqu'un d'autre à la place de Neith, quelqu'un qu'il hait dorénavant. « Désolé », couine la fillette. « C'est la faute d'Horus », glapit l'elfe tentant de protéger ton petit bout de sœur. Mais il est tard, le sort quitte la bois magique, la percutant pour la repousser contre le mur dans un cri. « Papa ! Papa ! Cries-tu. Arrête ça ! On ne faisait que s'amuser, ce n'est rien de grave ! Mais déjà un autre sort quitte la baguette, la faisant hurler, souffrir. Les larmes trébuchent déjà sur ses joues rondes. Maître, punissez Horus. Pas la jeune maîtresse, pitié. Tu n'es pas elle ! Tu ne seras jamais elle ! » Alors soudainement, tu te jettes devant Neith, ouvrant grand les bras devant elle pour la protéger. « Arrête ! Elle n'a rien fait de mal ! Pourquoi tu lui fais mal ? Pourquoi tu es méchant ? », assènes-tu, ne comprenant pas cette folie, cette violence envers son propre sang. « Maman n'aurait pas voulu ça, souffles-tu, les yeux dans les siens, si semblables, si indissociables. Maman aurait voulu que tu la protèges. Elle a tué ta mère, Ezra. Elle n'a tué personne ! ». Tu es le seul à avoir provoqué la fin de ta mère. Tu es le seul à avoir su sans rien pouvoir arrêter. Tout ce qu'il reste maintenant c'est vous trois, c'est toutes ses promesses. « Tu n'es plus mon père ! », hurles-tu, les yeux embrumés de larmes, si salis par les drames. « Je te déteste. Va-t-en. », il y a comme un mouvement de recul venant d'Elijah, comme une douleur crève-cœur, comme si il réalisait ce qu'il avait fait. « J-Je. Va-t-en ! Tu lui as fait mal ! », claques-tu, en entendant ta sœur gémir dans ton dos, pleurer, ne pas comprendre. « Je suis désolé, Ezra. », murmure-t-il, en reculant, en abandonnant, se retirant dans son bureau pour boire, pour essayer d'oublier.

« Neith ? Ça va ? Pourquoi Papa m'aime pas, Ezra ? Soupire la brune plus secouée, choquée que blessée. Tu vérifies quand même sous le regard paniqué de l'elfe. Il t'aime, Neith. Il est juste … perdu. », essaies-tu faiblement, prudemment. « J'ai tout fait comme il faut, je te jure. I know, sis' », poses-tu dans un baiser sur son front, tentant vainement de calmer son corps secoué de sanglots. « Je te protégerai toujours, tu sais ? Tu promets sur la magie ? Promis sur la magie. » Les doigts se lient parce que depuis que Maman est partie pour longtemps ( foutue menteuse), c'est un peu juste elle et toi.

> OCTOBRE 1940 ⊹ Elle a fait pleurer Neith, tu le sais. Tu l'as vu, le nez dans le cou de Delilah, pleurant à chaudes larmes, les oreilles dépourvues des boucles d'oreille précieuses de ta mère. Elle n'a pas pu t'expliquer, elle n'a pas pu parler, la voix noyée de sanglots, perdu dans l'horreur. Impatient, c'est finalement Delilah qui t'a raconté toute l'histoire, comment cette cinquième année s'en était prise à ta petite sœur. Jalouse des boucles d'or et de perles qu'elle aime si souvent porter, la cinquième année a volé, se vantant d'avoir dérobé l'objet sous le nez de la plus jeune. Ton sang n'a fait qu'un tour. Le pas est pressé, lourd, prêt à réclamer vengeance. La Voix a, pour une fois, obéi, te disant la vérité sur ce qui s'est passé, esquissant le visage de la chapardeuse.

« Hey bitch, claques-tu, vulgaire à souhait, en voyant l'objet du forfait aux oreilles de la blonde. Oh un Shafiq, encore. Tu viens finir comme ta sœur ? Ta gueule. », craques-tu, abattant ton poing sur la mâchoire de l'affreuse garce. Très vite, l'ossature craque sous ta force, faisant couiner le laideron qui déjà s'effondre. « Je déteste les putes dans ton genre qui s'en prennent à plus faible que soit. » Les yeux sont glacés, totalement dépourvus d'humanité, comme si tu étais prêt à la buter. « J-Je. Ta gueule, j'ai dit. », assènes-tu, sévère et incendiaire, en collant un coup de pied dans le ventre de la blonde, en la voyant se recroqueviller, le souffle coupé. « Dis que tu es désolée, Hormby. Q-Quoi ? », crachote-t-elle sur le pavé, alors qu'une foule commence à se former autour de vous. « Dis que tu es désolée d'avoir volé ce qui n'est pas à toi. D'accord, Ez- Nouveau coup dans le ventre. C'est Shafiq pour toi. » Pour le monde entier, les yeux verts ont quelque chose de cruel comme si tu prenais goût à ce nouveau pouvoir. Tu t'es toujours laissé faire, tu t'es toujours laissé guider. Qu'importe si ça te faisait trembler de ne pas vraiment, réellement contrôler ton destin. « J-Je suis désolée d'avoir volé. Qui ? Ta sœur. Que lui as-tu pris ? » Il y a un déglutissement, un aveu qu'elle sait être sa fin. Les bras croisés, tu te suspend au-dessus de la foule qui murmure, susurre, se demandant ce qu'il va arriver, se passer. Il y a quelque chose qui les grise, quelque chose qui hurle encore dans leur voix.

Du pain et des jeux, n'a-t-on pas un jour dit ? Ils te débectent, tu les détestes d'avoir une allégeance qui va toujours vers le gagnant du jeu, jamais vers les plus malheureux, orageux. « Les boucles d'oreille. Je n'ai pas bien entendu. LES BOUCLES D'OREILLE. » hure-t-elle à plein poumons, les larmes aux yeux, la peur au ventre. « C'est j-juste qu'elles étaient si jolies et qu'elles me faisaient tellement envie. Je n'ai rien de si beau, moi. », claque-t-elle, croyant réveiller un ange de pitié en toi, croyant que tu vas pardonner. « Et ça te donne le droit de voler ? N-Non, je voulais juste les emprunter. C'est pour ça que tu t'es vantée devant tout le monde de les avoir pris à Neith. » Elle blêmit, rougit,s'empourprant de colère. « Les Shafiq ne méritent pas d'aussi belles choses ! Vous ne devriez même pas exis – Et le coup part, lui brisant le nez, elle gémit, hurle, la respiration encore plus sifflante. Ferme-la ! Tu crois pouvoir faire la maligne ? Tu crois pouvoir nous faire disparaître ? Tu es rien Hormby, même pas une mouche sur le dos de ma main. Si je veux, je t'écrase. Et tu sais quoi ? Personne ne te pleurera. » Les yeux froids, tu te contentes pourtant de te baisser, arrachant le bijoux précieux aux oreilles immonde de la sang-mêlée. Dans un tintement, les bijoux jumeaux tombent dans un mouchoir frappé de tes initiales. « Mais je vais me contenter de te voir crever grâce à la malédiction. Tu m-mens, il faut que vous aimiez pour qu'elle agisse, tourne-t-elle de l'oeil. Un rire cruel. Tous les objets que les personnes qu'on a aimé sont maudits. Mon père a offert ses boucles d'oreille à ma mère pour leur fiançailles. Et mon père a tellement aimé ma mère qu'elle en est morte. » Un sourire se tend derrière le mensonge, laissant la gamine hoqueter, se vider de ses couleurs. « Shafiq ! Hormby ! Vous n'avez pas honte ? C'est de ma faute, professeur. Au moins, vous êtes conscient de vos actes, monsieur. 50 points en moins pour Serpentard et 4h de retenue pendant 4 samedis. Bien madame. », l'observes-tu d'un œil froid, ayant déjà planqué le mouchoir dans ta poche. Neith les retrouvera sur son lit avec un « Ne les perds plus – Ezra. » le soir même pendant que tu purgeras ta peine.

Après tout, tu as promis sur la magie.




I'll never get to heaven, 'cause I don't know how
(1944-1952):
 

JUILLET 1944 ⊹ Le froid d'une bourrasque d'été vient balayer les parchemins dispersés sur le bureau, faisant papillonner, se retourner l'attrape-rêve. « Vraiment ? Tu ne voulais pas passer par la porte, Sha' ? », ricoche la voix de la brune, mi-amusée, mi-agacée. Tes yeux viennent percuter ceux de Diantha, à al recherche de l'hostilité, de la colère qu'elle devrait manifester. Elle devrait te détester, t'ordonner de décamper. Tout comme David. La Yaxley se contente de croiser les bras sur sa poitrine, un sourire mutin sur le bord des lèvres, comme si rien n'était à pardonner. « Je … Tu ouvres la bouche, gêné d'être pris la main dans le sac, les yeux déjà fuyant, le coeur au bord du vide. N-Neith a oublié quelque chose. Un instant, une hésitation. Le mensonge se tisse, presque plausible, presque innocent. Oui, c'est ça, son sac à main. Oh ? » Elle penche la tête, à la manière de ses chats curieux, vaniteux, les yeux brun-chocolat plissés par avance. « Il ne me semble pourtant pas avoir vu ta sœur avec un sac à main. Tu as sans doute mal regardé. Dans ce cas, je vais aller le cher – Non, tes doigts se sont déjà tendus, attrapant son poignet, l'empêchant de traverser la porte pour aller rejoindre la chambre de la malade, de l'accidentée. J-Je tiens à y aller. Jedoisyaller. », ronchonnes-tu, dans ta barbe, comme un enfant pris au tournant. « Tu en as mis du temps à venir, Ezra. », les yeux se baissent alors que tes doigts défont leur étreinte. Elle vient doucement perdre ses doigts dans tes cheveux. « Elle ne fait que te demander, tu sais ? », un grondement, des yeux un peu surpris, vaincus, déçus. « E-Elle ne devrait pas. » Un murmure sobre s'échappe, dérape. Dans la lumière, tu as les yeux un peu rouge, les cheveux un peu en bataille, les mains un peu abîmées, coupées. ( As-tu pleuré ? Combien d'objets se sont brisés à fleur de peau ? ) « Ce n'est pas toi qui décide, Sha'. » Oh Merlin, pourtant, tu aimerais choisir une unique fois. Tu aimerais la choisir elle sans que tout se brise, se détruise. Tu aimerais un peu d'amour, juste un peu. «  C'est de ma faute », craques-tu, te brises-tu, en mille morceaux d'âme jonchant le parquet, signant le poids d'une terrible, d'une horrible culpabilité qui t'accable depuis tant d'années. «  Elle devrait me détester. C'est presque un reproche, lorsque tes yeux percutent ceux de Diantha ; Tu devrais me détester. » Un rire explose entre ses lèvres. « Et louper le privilège de sauver ton joli cul suicidaire, Sha' ? Très mal me connaître. » La clenche tourne entre ses doigts ; «  Ne fais pas l'enfant, ce n'est de la faute à personne, Ezra. Si ce n'est la sienne. La pénombre du couloir t'ouvre ses portes. Elle te le dira elle-même. Tu n'as rien à te faire pardonner.  »

05 MINUTES PLU TARD ⊹ Stupide, stupide, stupide. L'insulte ne cesse de tourner dans tête, à se répandre en ballet de haine envers toi-même. Débile amoureux, trop vaniteux, tu n'aurais jamais dû y croire. « Tu le savais, », s'agite-t-elle, contre la caboche, écorchant la poitrine, les veines, transperçant le thorax d'un inéluctable, imbuvable sentiment d'horreur, de rancœur. « Tu savais que tu serais mauvais pour elle. Tu savais que tu allais, elle aussi, la blesser. La monotonie de La Voix, accompagne tes mouvements tremblants, vacillants. Géant au pied d'argile, tu as du mal à te dépêtrer de ta cape d'été. Elle retombe mollement, cruellement contre le fauteuil ramené près du lit. « Estimes-toi heureux de ne pas l'avoir tué. Mais, qui sait ? Susurre-t-elle, cruelle. Bientôt. » Il y a une profonde inspiration, la nausée qui inlassablement te prend au ventre à chaque fois que tu t'imposes cette nouvelle résolution, cette terrible décision. « Tu ne peux pas l'arrêter, Ezra. » Une moquerie au coin de l'oreille, dans un petit endroit de ta cervelle. Comme si toi, tu pouvais sauver quelqu'un. Comme si toi, tu pouvais La faire mentir, se trahir. Tu le sais, pourtant ; Elle ne dit toujours que la vérité. Elle ne te fait voir que la vérité qu'elle soit clé du passé ou d'avenir. « Ta gueule », siffles-tu, entre tes dents.

Mais La Voix ne sait pas se taire. Au contraire, elle rit de tes détresses, de tes malheurs, alors que tu t’assois. La main vient doucement, tendrement, attraper la sienne – si petite, tellement fragile dans ce grand lit. « Hey toi, un murmure dans la pénombre douce. Elle sent les médicaments, les traitements et les rêves brisés, abandonnés entre les espaces sur les lattes du parquet de l'atelier. Ce n'est que  moi, glisses-tu d'une voix un peu étouffé, abîmé. La culpabilité vient doucement, tendrement enlacer ton ventre, répandre une horrible odeur de souffre étouffante, brûlante. Tu es responsable de tout ça. Ez-ra ? » Un croassement de surprise, un hoquet où elle papillonne de ses yeux fiévreux. Elle cherche déjà à bouger, se rapprocher. « Delilah, tu vas te faire mal. Ezra, c'est vraiment toi ? » Doucement, ton pouce vient caresser sa peau, décrivant des cercles de feux lents, rassurants. « Oui, je promets sur la magie. », capitules-tu, toi, le voleur de sœur, d'espoirs, de chances. Toi qui lui a pris tant sans rien offrir en retour, sans rien pouvoir offrir. Ton père t'a annoncé que si jamais elle remarchait, cela tiendrait déjà du miracle. Plus le temps passe, plus la guérison semble prendre des proportions dantesques. Et tu te sens tellement, tellement, tellement, responsable, coupable. Un soupire s'accroche aux lèvres de la belle, s'extirpe dans une expression apaisée : «  Je suis contente. J'avais peur que tu ne veuilles plus de moi. Comme Dia, Papa, Maman, David. » Il y a un raidissement dans les muscles, un trou dans le coeur d'où fuite les pleurs, les pertes. « Oh Lilah, je serai fou de ne plus vouloir de toi. Tu es … » Les mots pour la décrire dansent sur les lèvres, refusant pourtant de les franchir. Elle est pourtant, tellement belle dans ses deux yeux en amandes explosant dans une chaleur tendre, lente, d'une ambition affolante. Elle n'imagine pas sa force, sa puissance que tu pourrais mille fois tracer, esquisser, conter. Elle n'imagine pas depuis combien d'années, tu attendais ce baiser. « Je suis tellement, tellement, tellement désolé, tu sais. » Il y a comme une faille dans la voix où se sont engouffrés tant et tant de sanglots, de maux. Il y a tant d'incompréhension, de questions qui accompagnent les décisions sans cesse forcées, tout le temps prises à contre coeur. Les lèvres viennent frôler le dos de sa main, s'égarer contre les doigts. « Tout cela ne serait jamais arrivé si je ne t'avais pas embrassé. » Elle rirait encore sans toi. Elle sourirait encore sans toi. Elle serait libre et heureuse, sans ce poids sur la poitrine. « Tu mérites tellement mieux. » Elle mérite quelqu'un qui n'est pas maudit, qui n'est pas déjà détruit. Elle mérite des centaines de promesses d'amour banal où elle pourra rire avec un mari pendant longtemps, jusqu'à ce que la vie s'envole de sa belle mort. Elle mérite tout le bonheur que tu ne pourras jamais lui donner. « Je ne veux pas que tu sois comme ma mère. » L'enfance n'est jamais très loin, trop loin. Elle se dresse en avertissement, en cauchemars. Et la hantise te crève le cœur à chaque pas, à chaque regard que tu portes sur elle. « Je ne veux pas que tu meurs pour moi a-alors … On va devoir arrêter. » Arrêter de se fréquenter, d'être amis, de s'aimer. Tout arrêter. Pour pouvoir un peu la sauver, la protéger. « Je sais que tu ne vas pas comprendre, que tu vas souffrir. » Toi aussi, tu vas avoir mal, tu vas encore pleurer, regretter. Toi aussi, tu l'abandonnes. « Mais je promets je (t'aime, veux-tu hurler, crier sans pour autant oser) vais tout faire pour te protéger. » Même si pour ça, tu dois la garder éloignée. Même si tu dois vous briser. « Adieu Delilah », murmures-tu sobrement, tristement en déliant vos deux mains. Et dans ses grands yeux sombres, il y a comme de la peur, de l'horreur : « Ezra, chuchote—elle. Reste. Un gémissement. S'il te plait. » Un sanglot explose déjà dans l'obscurité de la chambre, te donnant envie de reculer, de t'excuser, de la supplier de te pardonner.  



Dernière édition par Ezra Shafiq le Jeu 13 Juil - 13:51, édité 28 fois
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