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 (ezilah) it won't kill ya

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Delilah Yaxley
Morsmordre
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Morsmordre
Parchemins :  40
Crédits :  sovereign (avatar, code sign & img sign), mork (gif)
 
Âge :  vingt-quatre ans
Sang :  sang pur. parfait mélange entre modernité et traditions, la preuve que l'ouverture n'est pas synonyme de déperdition.
Allégeance :  informatrice mangemorte, par intérêt, aveugle encore aux conséquences de ce choix
Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

Priori Incantatem
am i free?: yes
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MessageSujet: (ezilah) it won't kill ya   Sam 15 Juil - 20:31


(ezilah) it won't kill ya
Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worst kind of suffering.


L'AIR A TOUJOURS EU QUELQUE CHOSE DE LOURD CHEZ LES SHAFIQ. C'est comme une sensation un peu poisseuse, un peu collante de maladie. Delilah ne se souvient pas, ne se rappelle pas d'un moment où il n'y a pas eu cette espère d'amertume collée aux murs, accrochée aux meubles. Malgré les sourires, les douceurs et les jeux qui peuplement les souvenirs, elle a toujours, toujours cette nausée en fond de gorge, ce léger mal de coeur. « La jeune maîtresse n'est pas encore arrivée, elle a eu une urgence à Sainte Mangouste, elle demande que miss Delilah veuille bien attendre son retour si elle veut bien. » C'est sans doute pour cette raison que mord la contrariété quand elle apprend que Neith est retenue à son travail et que leur soirée entre filles est retardée. « Merci. » sourit-elle néanmoins en entrant dans le manoir, petite fille sage et mesurée, toujours polie, toujours polissée. « Miss Delilah n'a pas besoin de remercier Horus, miss Delilah peut monter dans la chambre de la jeune maîtresse si elle le désire, a dit la jeune maîtresse. » La capeline d'été est confiée avec un remerciement, puis la main tendue à l'elfe qui, bien au fait de sa faiblesse, s'empresse de les transplaner dans la chambre de Neith. « Horus va apporter du thé aussi, et des sorbets, pour faire patienter miss Delilah. » La créature l'abandonne dans l'antichambre familière, colorée d'exotisme et de magie, se dépêchant de rapporter les gourmandises promises.

Les minutes s'écoulent au fil des bouchées gourmandes et des gorgées brûlantes. Sur le côté, un grimoire d'animagie est feuilleté, vaguement lu pour occuper le temps. Dans le manoir, elle semble être la seule personne à évoluer, à respirer - bien évidemment, le fantôme de Raina Shafiq erre encore dans les émotions qui persistent, les tableaux, la décoration. De temps en temps, Horus s'affaire à ses taches, passe la voir pour s'assurer qu'elle est bien installée, demander si elle veut encore du thé, ou du sorbet peut-être ? Les restes de celui-ci, au litchi, ont fondu en liquide crème au fond de la coupe quand il vient, la mine contrite. « La jeune maîtresse est vraiment désolée, elle conseille à Miss Delilah de ne pas l'attendre car l'urgence va la retenir à Sainte Mangouste pour la nuit, finalement. » Oh ... elle aurait voulu voir Neith, et rire, et tout oublier. Une moue contrariée s'empare des traits jusqu'à ce qu'elle voie l'elfe prendre son expression comme un signe de mécontentement. « Merci Horus, offre-t-elle en tirant doucement sur la taie de la créature pour l'éloigner d'une lampe : tu n'as pas besoin de te punir, je dirais à Neith que tu t'es bien occupé de moi pendant son absence.Merci, miss Delilah ! Horus semble aux anges et Delilah ne peut s'empêcher de sourire devant la joie ingénue du serviteur : Horus va raccompagner miss Delilah, puis tout ranger.Ce n'est pas la peine, je vais descendre toute seule, ramène-moi juste ma cape. » A son grand soulagement, un sourire et quelques mots supplémentaires pour encourager l'elfe à obéir, à l'abandonner pour s'occuper du dîner. Les jambes sont engourdies, endormies par l'inactivité ; et elle rougit à la simple idée qu'un autre elfe qu'Hooky assiste au spectacle pitoyable qu'elle offre, sorcière éclopée, maladroite sur ses deux pieds. Car il lui faut un moment pour se lever, faire quelques pas incertains, sortir de la chambre.

Dans le couloir, elle s'arrête devant la porte d'Ezra, face à celle de Neith. Elle se persuade que ce n'est que pour mieux tenir la canne qu'elle ne quitte plus alors qu'elle inspire, respire les émotions diffuses, le souvenir d'une affection fraternelle offerte à Neith le matin, la tendresse retournée quand elle lui souhaite la bonne nuit. Doucement, timidement, la main se presse sur le bois de la porte, cherche à toucher un peu des émotions chaudes du sorcier, de l'être aimé. Il lui manque tellement, songe-t-elle, le coeur serré de tristesse et de manque. Elle voudrait frapper à la porte, se faire inviter, écouter ses histoires d'ailleurs pendant des heures. Elle voudrait que tout soit comme avant. Alors, ils n'étaient qu'amis, et c'était toujours mieux que ce rien qui se fait un festin de son coeur.

C'est le bruit d'une cascade des livres et de boîtes qui lui fait pousser la porte, transgresser les frontières qu'il poser. « Ezra ? » Le nom est soufflé, timide, hésitant. Elle sait qu'il va gronder et tempêter si elle entre. Elle n'est plus la bienvenue ici, elle fait tache, la brisée dans son univers de gens parfaits. « Tout va bien ? » Un miaulement pitoyable lui fait baisser les yeux sur un chaton, boule de douceur qui vient ronronner contre ses chevilles. Il a un chat maintenant ? Les poils blancs sont un peu partout, sur le canapé, sur le tapis et même sur la chaise de bureau - et Delilah rit doucement en imaginant la mine contrariée que doit faire le sorcier tous les soirs en rentrant du travail. « C'est tout de même Neith la plus douce, prévient-elle, accroupie, en perdant ses doigts sur le crâne minuscule de l'animal : Et la plus habile. » Ezra a toujours tout rangé, classé de A à Z, d'important à inutile. Et il ne faut pas être Serdaigle pôur deviner la maladresse du chaton dans les grimoires écrasés et les boîtes suicidées sur le plancher.

Et peut-être que c'était la bonne excuse pour s'attarder, toucher de nouveau de quotidien qui fait sa vie sans elle. Peut-être que c'est, un peu comme elle voudrait s'en persuader, simplement parce qu'elle est une gentille fille. Quoi qu'il en soit, Delilah ne voulait pas fouiller ou être indiscrète quand, en ramassant grimoires & boîtes, son regard clair tombe sur une chose qui la perturne profondément. Lilah, a-t-il inscrit de son écriture sur un paquet. Elle se demande ce que ça fait ici, ce que c'est. Doucement, elle remue la boîte, s'arrête immédiatement quand elle entend un bruit à l'intérieur. Un instant, elle songe à aller le réclamer à Ezra, cette chose qui lui est destinée. Un cadeau n'est pas fait pour rester emballé après tout. Puis elle le pose dans un coin, se dit qu'elle y réfléchira quand elle aura rangé le reste. Mais elle tombe sur une seconde boîte, plus longue et large mais moins profonde. Puis une troisième et arrivée à la cinquième, elle est perdue. Perdue et assassinée de curiosité. Qu'est-ce que c'est ?. Elle essaie de ranger les grimoires, les coffrets qui ne sont pas à son nom mais toujours ses yeux s'égarent vers la pile qui grandit, alimente sa confusion. Bientôt, elle a rangé tout le reste en une pile désordonnée sur le bureau, et elle fixe à nouveau le tas de ... cadeaux ?

Depuis combien de temps ? Du papier jauni emballe certains d'entre eux et l'odeur de poussière témoigne des mois passés ici à attendre. Que renferment-ils ? Les doigts s'attardent sur un ruban, attrapant un bout, tirant légèrement. Est-ce que ce sont des présents comme autrefois ? Des sorbets d'Italie, un peigne de Chine, une larme de perle des îles et tout ces petits trésors qu'elle garde précieusement sous son lit.

Est-ce que, peut-être, il tient encore à elle ?

Un coup un peu plus franc défait le noeud, déballe le papier coloré qui habille un petit éléphant. L'objet enchanté la fait sourire, rire même, quand la trompe se déplie, que l'animal en ivoire s'anime et s'étire, content de quitter l'espace étroit du paquet. Les émotions ont tiédi, fadi avec les mois, les années peut-être. Delilah les sent prêtes à s'évanouir totalement sous sa paume, contre son coeur - et pourtant, c'est toujours mieux que rien, c'est toujours mieux que maintenant. Alors quand elle entend des bruits de pas dans le couloir, elle se dépêche de sortir de l'antichambre, l'objet pressé contre son coeur. « Ezra ? s'étonne-t-elle, les yeux écarquillés, de le trouver derrière la porte brutalement ouverte et rapidement, elle s'explique, les joues rouges, un peu coupable, un peu gênée : Je suis désolée, j'ai entendu du bruit dans ta chambre et je suis entrée, ton chat avait fait tomber des grimoires. »


Dernière édition par Delilah Yaxley le Mar 18 Juil - 23:43, édité 1 fois
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Ezra Shafiq
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Âge :  vingt-sept ans
Sang :  sang maudit, sang pur, la malédiction s'accroche à tes veines
Allégeance :  neutre, la politique n'est que vaste fumerie à tes yeux
Profession :  langue-de-plomb spécialisé dans la mort, tu es de ces explorateurs, de ces conteurs que les voyages amènent si loin, tellement loin de l'angleterre
Ancienne école :  les serpentards de vert et d'argent t'ont accueillis entre leur bras.

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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Dim 16 Juil - 1:36


(ezilah) it won't kill ya
Sometimes when I think of her name, when it's only a game. And I need you. Listen to the words that you say. It's getting harder to stay When I see you.

La fatigue se lie aux muscles des bras, rendant la position de combat difficilement tenable. Les gouttes de sueur roulent dans le dos, épousant lentement la chute de reins. Diantha sourit, certaine de remporter encore une fois la partie. « Je te l'avais dit Sha', cancanne-t-elle la blonde cruelle, tellement sereine dans ses victoires, tellement sûre de ses gloires. Rien ne résiste à Diantha. Tout paraît si facile quand on la regarde que ça pourrait en devenir rageant. C'est moi qui gagne à chaque fois. Blablabla. », souffles-tu, en roulant des yeux, te moquant, tournant en dérision l'assurance, la confiance de la Yaxley. « Je danse pourtant mieux que toi, Yax'. Et pourtant je ne danse pas très bien. Sauf avec Delilah. », taquine-t-elle, sous un rougissement fugace alors que tu brises la position, choqué, déçu qu'elle tire sur tes faiblesses. « Expelliarmus, crache-t-elle, te coupant le souffle alors que tu te vois propulsé contre le mur. Diantha ! Je croyais qu'on ne trichait pas. Je croyais que tous les coups sont permis, ourle la blonde, en papillonnant des yeux faussement innocente. Et puis si j'avais voulu apprendre, tu sais très bien que je serais meilleure. » Parce qu'il est bien connu que rien ne lui résiste. Qu'à chaque nouveau sort, elle réplique plus fort.   « Je ne joue plus avec toi, je n'aime pas les tricheuses. », claques-tu, en te redressant en toussant, menaçant, les yeux rendus charbonneux de colère. « Pff et c'est moi la Poufsouffle. », crie-t-elle alors que tu ramasses déjà tes affaire, refusant de jouer plus avec elle aux duels, à la guerre. Tu l'entends juste piailler, t'imiter dans ton dos et te souffler un baiser canaille alors que tu t'éloignes. Diantha a toujours été très Diantha, utilisant tous les moyens pour gagner quitte à te vexer.

Un claquement de langue alors que tu disparais dans la cheminée, propulsé déjà dans le salon familiale. Tout est calme dans la maison. Père est à une autre de ses réunions des SAA ( Sorciers Alcoolique Anonymes ). Il fêtera dans deux ans ses dix ans de sobriété. Neith est sûrement encore au travail, en train de rattraper des stupides maladies magiques, rafistoler des corps. L'univers aseptisé, complètement hors du temps, de Saint-Mangouste t'a toujours profondément dégoûté, agacé. Puisqu'il y a toi, petit garçon, attendant de voir Neith pour la première fois. Et puis il y a toi, un peu moins petit garçon, attendant les verdicts des examens, tenant la main à une femme de plus en plus affaibli, dont les sourires se réduisent, se  rétrécissent. Tout ça par ta faute.

Les épaules se raidissent un peu, le dos se tend comme si soudainement une à une, les douleurs t'alourdissent, te punissent. Et peut-être que tu as l'impression de chanceler en abandonnant sur le parquet le sac de sport. Et peut-être que tu te traînes comme une âme en peine jusqu'à la douche, délaissant sur le rebord de l'évier les vêtements trempés de sueur. L'eau chaude jaillit, assouplit la peau, te lavant de tes remords, de tes regrets qui ne s'éloignent jamais vraiment, jamais totalement. Monstres dans les ombres, ils te guettent pour mieux te dévorer, te déchiqueter. Tu le sais, elle attend La Voix. Elle n'attend qu'un faux pas, un trop de travers sur le bord du ravin. La mousse, le citron embaume bientôt la pièce comme pour faire te faire oublier qui tu es, qui tu ne seras jamais. Tes cheveux détrempés, bien soigné dans le miroir ne trompent personnes. Quand ils sécheront, les épis reviendront, les regrets avec eux. La serviette est doucement, soigneusement enroulé autour de ta taille, laissant les gouttes se suicider dans la matière moelleuse.

« Horus ? Claques-tu, réclames-tu alors que l'elfe apparaît dans un crac, à la sortie de la salle de bain. Veux-tu bien préparer la pâté de Saskia pour après le repas , s'il te plaît ? Oui maître ! », répond joyeusement  l'elfe, avide des moindres ordres à exécuter, de toutes les exigences à combler. « Elle a été sage ? Demandes-tu doucement, tendrement comme une douce confidence à ton elfe. Il se tortille les oreilles, hésitant, tremblant. Horus a évité qu'elle casse les vases avec sa magie. Elle s'est aussi faufilée partout, il couine comme horrifié par les poils blanc du chaton sur tous les meubles. Horus a dû lui courir après et l'enfermer dans la chambre du jeune maître. Elle a beaucoup pleuré et gratté. Tu as bien fait », le rassures-tu pour l'empêcher de se punir, l'empêcher de se reprocher d'avoir échoué à surveiller l'animal farceur et frondeur.

« Je vais me reposer, ne me dérange pas, s'il te plaît. » L'elfe hoche la tête et disparaît pour préparer le repas alors que tes pas t'emportent vers tes appartements. Les doigts ont à peine le temps de frôler la clenche que déjà la porte s'ouvre sur une chevelure de yeux, des yeux bleus. Merlin, tu remercies tes réflexes pour le pas de côté que tu as fait, t'évitant de prendre de plein fouet le bois lourd. « Delilah, tu t'es trompée de porte, je crois. », lâches-tu, détaches-tu, ironises-tu. Excédée, tu sens que tu vas hurler, craquer alors qu'elle sort de ta chambre, un objet collé contre sa poitrine. Ezra ? Souffle-t-elle, comme surprise dans son forfait raté, gâché, soudainement les yeux bleu grands écarquillés sur toi. Elle semble si surprise de te voir croiser les bras, attendre. En chair et en os, en effet.  Je suis désolée, j'ai entendu du bruit dans ta chambre et je suis entrée, ton chat avait fait tomber des grimoires. » Le dit chat qui vient se frotter aux jambes de la rousse aux joues tendrement rosées, réclamant des caresses, de la tendresse. Un soupir s'extirpe de tes lèvres et tu regardes derrière elle, une étagère mal rangée, désordonnée, sans doute une brillante idée de la Yaxley. « Et ça te donne le droit d'entrer ? Cales-tu, en faisant un pas en avant, la forçant à reculer dans la chambre. Ça te donne le droit de me voler ? » Sur la voix calme, il y a des accents profonds de colère, des braises sur la langue, des coups cachés à chaque mots. Parce que Delilah Yaxley est une voleuse. De  celles qui vous prennent le coeur pour ne jamais le rendre, te le rendre. De celles qui ne comprennent pas que chaque sourire, chaque rire est un battement loupé, des regrets noués au fond  de la gorge. « Tu te prends pour qui ? » , fais-tu plus dur, plus menaçant, plus intransigeant, détestant qu'on se glisse, s'immisce dans ton univers, troublant le calme de ta vie que tu tentes de garder si rangé, tellement ordonné. « Tu crois que parce que tu es amie avec Neith, tu peux faire ce que tu veux dans m – Et les yeux se rivent sur le blanc de l'ivoire qui transparaît entre ses doigts pâles. Très vite, les yeux tombent sur le paquet défait sur un coin du bureau, les présents soigneusement exposés sur le bois clair du bureau, habituellement si bien rangés. Tu as fouillé ? » demandes-tu d'une voix blanche, comme tétanisé qu'elle ait découvert un de tes secrets, comme glacé jusqu'à l'ongle qu'elle ait compris combien tu mens, combien tu l'aimes, combien tu as besoin d'aller plus vite dans tes recherches .

Les yeux se détournent, plein de gêne, plein de cette haine envers toi-même. Tu as peur, tellement peur, qu'elle voit l'amour fissuré, mal rafistolé entre les éclats de regrets, le patchwork de dégoût, de colère amère. Tu as peur qu'elle ne soit plus si aveugle, qu'elle trouve les bons mots pour effacer les décisions, la raison. Tu ne peux pas céder, si ? Tu ne peux même plus reculer, t'évader d'entre ses yeux. Tu tends juste la main vers elle : « Il faut que tu me le rends, Lilah. ». Entre les lèvres, il y a tellement d'amour contrarié, résolument abandonné. Il y a tellement d'elle ancré à même la chair,  au creux de l'enfer dans lequel tu t'es enfermé, abandonné.
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Delilah Yaxley
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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Dim 16 Juil - 14:44


(ezilah) it won't kill ya
Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worst kind of suffering.


SANS DOUTE QU'ELLE DEVRAIT CESSER D'ESPERER. Chaque rencontre est un coup au coeur, une overdose de ressentiments. Quand il la voit, il y a tellement, tellement de dégoût pour ses jambes (pour elle toute entière). Tellement inutile, tellement gâchée. Dans le coeur, il n'y a plus que de la colère à la place de la tendresse, l'amitié chaude et douce a flétri en charbon de mépris. « Delilah, tu t'es trompée de porte, je crois. » Du jour de l'accident, elle n'est plus que cette chose brisée qu'il a laissée à la porte, qu'il ne veut plus laisser entrer. Est-ce qu'elle est tellement, tellement répugnante qu'il ne veut plus la regarder qu'avec dédain ? Est-ce qu'elle est devenue tellement indigne de sa présence ? Les questions lui brûlent les lèvres, mordent la langue depuis tant d'années - et elle les ravale toujours, les interrogations acides, les incertitudes amères, craintive d'entendre la vérité de sa bouche.

Les mots d'excuse et les explications s'échappent, piteux ; les doigts se serrent plus fort sur l'éléphant d'ivoire, pressé contre son coeur comme un talisman contre la colère du Shafiq. « Et ça te donne le droit d'entrer ?Jesuisdésolée,jevaispartir,excuse-moi » marmonne-t-elle, rouge de honte, et elle cherche à s'échapper, à fuir le brasero émotionnel qui lui crame le coeur. Mais il s'avance, lui coupe toute échappatoire alors qu'elle recule dans l'antichambre, retourne sur la scène de crime. « Ça te donne le droit de me voler ?Ca » -portait mon nom ! veut-elle se défendre, indignée. Le bât blesse à cet endroit, l'accusation lui rappelle les potions analgésiques de sa grand-mère qu'elle buvait en cachette, la nuit. L'addiction voleuse était une faiblesse honteuse, plus honteuse encore que la rééducation qui traînait en longueur, que la douleur qui pulsait dans ses jambes. Elle témoignait d'un esprit fragile, d'un caractère faible - tout ce que les Yaxley ne sont pas supposés être, n'est-ce pas ? Tout ce que le reste de sa famille n'est pas.

Mais Ezra ne lui laisse pas le temps de se défendre, de plaider sa cause - il est dévoré de colère, d'agacements et d'irritations qui explosent en gerbes contre l'empathie, la font reculer inconsciemment pour ne pas risquer l'embrasement. « Tu te prends pour qui ? Tu crois que parce que tu es amie avec Neith, tu peux faire ce que tu veux dans m –Tu as fouillé ? » Sans comprendre, son regard suit celui du sorcier, tombe sur le paquet éventré à côté de la pile de cadeaux intacts à son nom. Elle aurait voulu tout déballer, tout découvrir pour s'émerveiller, frôler les objets exotiques et embrasser les émotions contre son coeur. Et elle sait qu'elle n'en aurait jamais eu assez pour être satisfaite, repue (des émotions d'Ezra). « Je n'ai pas fouillé ! s'exclame-t-elle, le regard blessé autant qu'indigné : C'était tombé, ton chat avait tout fait tomber et j'ai simplement voulu ramasser pour aider ... et j'ai vu mon nom dessus. » C'est bien que c'était pour elle, n'est-ce pas ? se dit la princesse capricieuse, une moue au coin des lèvres boudeuses. Et puisqu'il ne veut rien lui donner, il faut bien qu'elle prenne elle-même pour ne pas crever seule dans le noir. « Il faut que tu me le rendes, Lilah.Hors de question ! » L'oeil bleu semble sombrer dans une étrange panique, l'iris bouffé par la pupille noire. Le désir de garder le petit éléphant, au moins ça, juste ça, la tire sur le côté, hors de portée du bras qu'il tend vers elle. Sur tout le visage pâle, se lit la crainte qu'il le récupère de force, qu'il la laisse (encore) (à nouveau) avec un peu moins de lui à chérir. « Tu avais mis mon nom dessus, je le garde maintenant, proteste-t-elle comme une enfant trop gâtée, certaine de son bon droit : je l'aime. » J'aime tout de toi. Les doigts se crispent un peu plus sur l'ivoire. Après une hésitation, elle esquisse un mouvement vers lui, tentant de le contourner pour sortir, fuir (décider pour lui). Mais d'un pas, il est de nouveau entre elle et la sortie, coupant toute échappatoire. « Si tu as peur que je me fasse de fausses idées, alors je te promets que j'ai bien compris. Laisse-moi le garder, s'il te plaît. » Laisse-moi t'aimer.


Dernière édition par Delilah Yaxley le Mar 18 Juil - 23:43, édité 1 fois
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Ezra Shafiq
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Âge :  vingt-sept ans
Sang :  sang maudit, sang pur, la malédiction s'accroche à tes veines
Allégeance :  neutre, la politique n'est que vaste fumerie à tes yeux
Profession :  langue-de-plomb spécialisé dans la mort, tu es de ces explorateurs, de ces conteurs que les voyages amènent si loin, tellement loin de l'angleterre
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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Dim 16 Juil - 16:36


(ezilah) it won't kill ya
Sometimes when I think of her name, when it's only a game. And I need you. Listen to the words that you say. It's getting harder to stay When I see you.

Les cheveux roux roulent en cascade de passion, de déraison. Et il y a toujours la condamnation de ses yeux bleus, merveilleux si souvent sali de larmes, de drames par ta faute, tes actes. Tu hais lui faire mal, tu hais la repousser, l'éloigner, mais c'est là le seul moyen de la protéger, de l'aimer. Parce que quand on aime, on laisse les amours s'en aller, nous délaisser si ça permet un peu de les garder, de les préserver. Et, bien sûre, que tu détestes te sacrifier, bien sûre,  qu'il y a la peur de la voir s'enticher d'autres bras, d'autres draps, mais il n'y a que ce choix là, n'est-ce pas ? Il ne reste que ça. Il ne peut y avoir que ça. Même lorsqu'elle se confond en excuses, les joues rouges, le regard baissé, tu te dois de rester inébranlable, inatteignable. Tu te dois de rester droit, froid, à des années lumières de ces envies de l'embrasser, de la terrasser sur ce canapé. « Ça te donne le droit de me voler ? — Ca » , commence-t-elle pour finalement reculer, se taire, les yeux soudainement tellement amers. Un regret te pique le coeur de l'avoir touché, blessé. Un regret fugace qui déjà trépasse sur les vagues de colère, sur les dents d'une mer d'accusations.  

Elle ne doit plus s'aventurer ici, entrer ici, déposer des éclats de magie pétillant sur le divan, sur les étagères. Son odeur fleuri t'envahit déjà, réminiscence de longues nuits passées entre ses bras, au creux de ses draps. Les gouffres doivent se creuser, vous distancer. Les coeurs doivent cesser de s'élancer l'un vers l'autre, terriblement inconscients, fou d'amour pour l'un et l'autre. Il faut apprendre (réapprendre) à vivre sans elle, à rester loin d'elle.

Même si ça fait mal.
Même si tu dois en crever.
Même si elle arrêtera de t'aimer.

Selon le père, tout est une question d'habitude, de temps. Peu à peu les souvenirs s'atténueront, l'amour perdra de ses saveurs, de sa grandeur. Tu oublieras le corps si souvent explosé entre le satin du lit à baldaquin, les gémissements qui te font murmurer son prénom, lui susurrer encore et encore. Comme si il n'y avait qu'elle. Comme si demain encore, il n'y aurait qu'elle. « Je n'ai pas fouillé ! Crie-t-elle, outrée d'être accusée, complètement condamnée par les yeux verts dans la pénombre de la chambre. Je ne te crois pas, lui rétorques-tu, brusque, complètement injuste. Habitué aux tricheries, tu sais qu'elle fait tout pour se rapprocher, s'imposer, refusant de s'éteindre totalement, refusant de laisser les braises refroidir puis mourir. (Combien de baisers volés ? De regards appuyés ? D'amour dans un frôlement de ses doigts?)  C'était tombé, ton chat avait tout fait tomber et j'ai simplement voulu ramasser pour aider ... et j'ai vu mon nom dessus. »  Encore une fois, les bras se croise, le regard la toise, mauvais qu'elle ait osé fouiller. Pourtant, tu connais bien la malice du chaton maladroit, peu adroit. Tu sais ses jeux de pattes qui font tout s'effondrer dans ton univers soigneusement calculé, millimétré. Tu sais qu'à l'encre, familièrement, doucement, tu traces les courbes de son prénom pour ne pas oublier, jeter les paquets. Tu t'es toujours dit qu'une fois la malédiction loin derrière, tu lui donnerais, tu rattraperais le temps perdu. Tu t'es toujours dit plus tard jusqu'à ce qu'il soit trop tard. « Et donc ton nom sur un de mes paquets fait que soudainement tout t'appartient ? », la langue claque, le regard mord sa peau laiteuse, tu restes fermement décidé à ce qu'elle cesse ses conneries et te rendent l'objet qu'elle tient fermement entre ses doigts. «  Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ce n'est pas une excuse au vol, Yaxley. », ironises-tu, mauvais, méchant, menaçant. Les lèvres restent pourtant boudeuses, orageuses, refusant de céder, d'avouer le forfait.

Et ça t'agace toute cette assurance, toute cette certitude que tous ses présents sont à elle. Tu ne veux pas lui donner, tu ne veux rien lui donner pour ne pas alimenter des espoirs déraisonnables. « Hors de question ! » , claque-t-elle à la demande pourtant douce et polie, pourtant logique. Tu ne veux pas que quelque chose s'embrase entre vous, rallume des feux de passion, des envies inavouables. Et il y a comme une vague de panique dans son coeur alors qu'elle s'accroche plus fort à l'éléphant en ivoire, alors qu'elle refuse de te rendre le cadeau volé. « Tu avais mis mon nom dessus, je le garde maintenant, s’insurge-t-elle, brandit-elle comme une muraille face à tes grandes mains qui veulent déjà arracher la petite créature précieuse à ses doigts maladroits. Je l'aime. » souffle-t-elle, te foutant un coup de pied au coeur, te coupant violemment le souffle. « Delilah, j'ai dit rends-le moi. », plisses-tu des yeux d'une voix rauque, refusant d'avouer que toi aussi tu aimes ce si délicat pachyderme blanc, acheté sur un marché sorcier dans la ville de Calcutta. Dans l'animal, tu retrouves la douceur de l'incendiaire, ses sourires tendres, ses rires chaleureux qui te réchauffe le coeur mais aussi sa force, sa grandeur. Delilah, malgré sa faiblesse, n'a-t-elle pas relevé tous les défis, abattu tous les interdits ? Maladroit, tu voyais les deux côtés de ce bout de femme dans ce souvenir précieux, gardé à l'abri de tes regrets. Il t'arrive parfois d'y échouer un regard, de sentir le coeur se serrer, la gorge se nouer. Tu aurais peut-être dû tout jeter, tout oublier. Tu devrais peut-être cesser de penser à elle, pour elle à ce qui lui arracherait un sourire, un rire, un peu d'amour. Ouai, tu devrais faire ça. Mais tu en es incapable, hein ?

Elle tente de te contourner, de s'échapper avec le petit animal entre ses doigts fins et féminins, refusant de lâcher un bout de toi, d'elle. Un couinement en constatant que tu ne te laisseras ni user, ni abuser : « Si tu as peur que je me fasse de fausses idées, alors je te promets que j'ai bien compris. Laisse-moi le garder, s'il te plaît. » « Je ne peux pas te laisser le garder. », ricoches-tu du tac au tac, lui arrachant la moindre possibilité gagner, cette fois-ci. Tu ne peux plus céder, la laisser gagner du terrain, capturant ton coeur. Une inspiration, une expiration, un pas pour se rapprocher pour la condamner, « Tu n'es plus une enfant, Yaxley alors arrête de faire des caprices. Ce n'est qu'une babiole stupide. », lâches-tu alors que tu l'as choisi avec tant de délicatesse, de tendresse mêlé à tellement d'amour. Tu en passes du temps à flâner sur les marchés, dans les quartiers pour trouver le bon présent, pour arracher un sourire, un plaisir. Le poignet est brutalement emprisonné, tiré vers toi. Le contact est électrique, entraînant presque une mort subite alors que les pupilles se croisent, s'entrecroisent : « Rends le moi, par Merlin. Ce n'est pas à toi, je ne te l'ai jamais offert. ». Blessant, tu tentes de lui imposer tes décisions, tes limites aussi alors qu'HEARTLESS t'agresse déjà, rongeant le cœur de brûlures. Il y a une grimace alors que tu forces plus fort, exerçant une pression pour la faire lâcher, renoncer. Un couinement d'animal blessé passe ses lèvres, lui faisant soudainement ouvrir les doigts. Le pachyderme dans son vol suicidaire sur le tapi ouvre sa trompe, roule sur le tapi moelleux entre les pattes du chaton. « Je ne te l'offrirai jamais. », glisses-tu, monstre de froideur, d'horreur en relâchant son poignet alors que tu viens arracher le cadeau aux mandibules du terrible chat joueur.

Aussitôt, tu t'es détournée d'elle, refermant l'animal dans le paquet éventré. Les yeux tristes remarquent sans difficulté que l'objet n'a pas envie de s'enfermer dans l'étroitesse du papier, dans une éternité d'obscurité. « Qu'est-ce qui t'a pris ? », laisses-tu s'évader entre tes lèvres en glissant un doigt distrait sur l'ivoire un peu abîmé par la chute. Pourquoi tu reviens toujours voler mon coeur ? menace de se glisser, de s'évader parce que c'est toujours un peu l'effet que ça te fait. « Neith, Dia et David t'offrent suffisamment de cadeaux, reproches-tu, glisses-tu, un peu amer de  réaliser que tout a changé, que plus jamais, tu ne pourras lui donner les présents. Il y a comme du dégoût d'être si différent, si condamné. Tu n'as pas besoin de ça pour être heureuse », lâches-tu, certain, serein, n'ayant même pas conscience de joyeusement la piétiner, l'assassiner. Égoïste, tu es trop occupé à compter tes propres plaies, combien tu as perdu alors que la rune a chauffé, t'a immolé dans un brasier d'avertissement. Égoïste, tu n'imagines pas combien elle t'a pleuré, combien tu l'as blessé. Et sur ta langue, il y a comme un sous-entendu à peine battu entre tes yeux clairs : Tu n'as pas besoin de moi.
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Delilah Yaxley
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Sang :  sang pur. parfait mélange entre modernité et traditions, la preuve que l'ouverture n'est pas synonyme de déperdition.
Allégeance :  informatrice mangemorte, par intérêt, aveugle encore aux conséquences de ce choix
Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Lun 17 Juil - 0:56


(ezilah) it won't kill ya
Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worst kind of suffering.


JE NE PEUX PAS TE LAISSER LE GARDER.De quoi as-tu peur ? J'ai dit que j'avais compris ! » Delilah n'est pas à ce point stupide, elle sait parfaitement qu'il ne veut plus d'elle, qu'elle n'est rien d'autre qu'un déchet qu'il cherche à évacuer de sa vie et de la perfection millimétrée qui y règne en maîtresse absolue. Un Ezra Shafiq, ça s'égare parfois dans une étreinte mais ça ne s'entiche jamais de la Yaxley ratée, ça épouse des Diantha Yaxley, des sorcières accomplies et fortes. Delilah sait parfaitement tout ça, elle veut simplement un peu de lui, même si ce n'est que de loin. Elle veut simplement ne pas être seule dans le noir, ne pas crever dans le froid qu'il laisse dans ses draps au matin. Est-ce que c'est trop demander de vouloir l'aimer ? « Tu n'es plus une enfant, Yaxley alors arrête de faire des caprices.Ce ne sont pas des caprices ! » Par Merlin, elle l'aime. Pourquoi ne veut-il pas comprendre ? Pourquoi balaie-t-il toujours son affection d'un revers négligeant de la main ? « Ce n'est qu'une babiole stupide. » Ca ne l'est pas, les yeux roulent en mer colère, en océan mécontent. L'ivoire porte encore l'attention du sculpteur patient entre les gravures enchantées, il y a encore un peu de douceur, de tendresse qu'elle devine à Ezra, qui réveille les doutes cruels, attise les espoirs agonisants.

Le geste brutal est inattendu, le corps se recule trop lentement et le poignet blanc est capturé, ramené en avant, et elle manque de chuter contre lui, fragile sur ses jambes chancelantes. L'empathie, insatiable gloutonne, dévore tout ce qui est à portée de sa gueule, de son coeur. Entre colère et douleur, peine et rancoeur, elle ne sait pas bien ce qui tire les larmes au coin des yeux bleus, ce qui taille au couteau une grimace jumelle à la sienne. « Rends-le moi, par Merlin. Ce n'est pas à toi, je ne te l'ai jamais offert. » Dans sa poitrine, le souffle est bousculé, le coeur est chamboulé et elle voudrait se retirer, se protéger. La canne vient s'effondrer, manquant d'assomer le chaton trop curieux ; et faiblement, elle tire sur son bras, cherche à se dégager. Impitoyable, pourtant, il ne la laisse pas partir avant qu'elle n'abandonne la bataille, qu'elle signe la reddition, lâchant la petite sculpture sur le tapis. Il ne la laisse pas partir avant de lui avoir asséné un dernier coup au coeur alors qu'elle se recroqueville, cherche son souffle. « Je ne te l'offrirai jamais. » Un Ezra Shafiq, ça ne s'attarde pas pour une fille ratée, brisée, amochée.

Le coeur en vrac, la respiration saccadée, elle essaie de rassembler les morceaux d'elle qui menacent de se détacher, de se suicider sur les émotions, les sensations qu'il lui a involontairement transmises. Et elle ne le voit pas ranger le précieux éléphant, pas plus qu'elle ne remarque le regard triste, le geste tendre sur l'ivoire. « Qu'est-ce qui t'a pris ? » Aucun mot ne s'échappe, le revers d'une main tremblante vient gommer les larmes au coin des yeux, ne pas lui laisser toute la victoire. « Neith, Dia et David t'offrent suffisamment de cadeaux. Tu n'as pas besoin de ça pour être heureuse. » Il y a comme des restes des colères d'Ezra qui s'attardent contre son coeur quand chancelante, saoulée d'émotions, elle chaloupe jusqu'à lui. La gifle part, la main d'ordinaire si douce s'écrase durement sur la joue rêche - vaine tentative de lui infliger autant de douleur. « Qu'en sais-tu ? Qu'est-ce que tu sais de moi maintenant ? » éclate-t-elle, la colère au coin de la bouche rouge, au creux des intonations vibrantes. Et l'émail blanc d'une dent mord la lèvre rouge, durement, avant qu'elle ne croise les bras contre sa poitrine. « Ce n'est pas une question de cadeaux. » C'est tellement plus que ça, tellement tellement plus. C'est le manque de lui qui la crève, ce sont ses émotions qui lui poignardent le coeur, c'est l'incompréhension, les espoirs déçus, l'amour piétiné qui ne veut pas s'en aller. « Ce qui m'a pris ? Je t'aime, c'est ce qui m'a pris - et je n'ai pas de petits trucs pour tricher, moi. » Empathe, elle ne peut que tout ressentir et tout vivre, esclave des émotions portées par sa magie. « C'est ce que c'était, pas vrai ? et un doigt tremblant se tend, accuse la rune qui rougeoit encore sur le torse : c'est elle, n'est-ce pas ? » Sa voix vibre de cette sempiternelle jalousie, cette impossible envie contre Diantha. Contre son talent, contre son intelligence. Contre sa relation avec Ezra quand elle-même en est privée, sevrée. « Diantha et toi ne me laisserez rien, n'est-ce pas ? Pas même ta colère. »


Dernière édition par Delilah Yaxley le Mar 18 Juil - 23:44, édité 1 fois
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Ezra Shafiq
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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Lun 17 Juil - 12:18


(ezilah) it won't kill ya
Sometimes when I think of her name, when it's only a game. And I need you. Listen to the words that you say. It's getting harder to stay When I see you.

« De quoi as-tu peur ? J'ai dit que j'avais compris ! » Non, au contraire, elle n'a rien compris, rien appris. Elle ne sait pas les arabesques de l'amour qui s'épinglent à ton coeur. Elle ne connaît pas tout ce que tu dois contrôler, effacer pour la protéger. Elle ne peut pas vraiment savoir ce qui te frôle dans un ballet de souffrance, d'indifférence. « Tu ne comprends rien à rien. », réponds-tu simplement, brutalement, balayant d'un revers de main ses émois, ses tentatives vaines. Parce qu'il y a la peur de la perdre. Parce qu'il y a l'horreur d'être encore une fois responsable. Parce qu'il y aura toujours les remords qui mordent, dévorent de moqueries, de rires. «  Ce ne sont pas des caprices ! »  , se défende-t-elle, accrochée à la babiole de malheur, accrochée à un souvenir que tu veux d'avance réduire en bouilli. Tout ça, c'était que des conneries, t'entêtes-tu à penser, à cracher dans le creux du ventre en espérant toujours que ça finisse par atteindre le coeur. Le connard reste pourtant sourd, tout bercé qu'il est d'une maladie d'amour, fiévreux de passion qui jamais, jamais, jamais ne s'endorme.

Inlassablement, tu es prince cruel, commandant une violence qui lui arrache des larmes. Elle est tellement fragile sur ses deux jambes, tellement chancelante contre toi. Tu te dégoûte d'en arriver là, d'être le coupable de ses peines. Sous la dureté des mots, la canne lui échappe, faisant fuir le chaton sous un meuble. Tu te hais de l'assommer de toute cette colère, traînant en enfers amers, en cruauté affirmés. Et puis elle lâche l'éléphant d'ivoire, dans un regard ancré, chassé, hanté de désespoirs. Et tu as besoin d'être menaçant. Entre elle et toi, il n'y a plus rien.

( Rien qui ne soit pas de l'amour. )
( Rien qui ne te coupe pas le souffle en plein vol. )
( Rien que tu ne veux pas protéger, aimer, adorer. )

Déjà, tu t'es détaché. Déjà, tes pas t'ont portés vers le bureau de bois noir, refermant l'éléphant dans le papier. De dos, tu caresses doucement l'ivoire, la tendresse s'égarant dans la tristesse, chassant les rixes et les idées fixes du coeur. Et peut-être que tu ne devrais pas laisser ses mots se tortiller loin de ta gorge, peut-être que tu ne devrais pas t'effondrer parce qu'au fond, elle est en train de te tuer à toujours revenir te provoquer, te titiller, t'aimer. « Qu'est-ce qui t'a pris ? » , glisses-tu, craquelles-tu, comme un SOS balancé à la mer, comme un appel de détresse noué de stress et de tendresse. Comme si ça pouvait changer quelque chose. Tu ne sais pas que du dos de la main, elle chasse ses larmes, repoussant vainement les drames qui vous marquent. « Neith, Dia et David t'offrent suffisamment de cadeaux. Tu n'as pas besoin de ça pour être heureuse. » , murmures-tu, tellement serein qu'elle n'a pas besoin de toi, que ce n'est que des cadeaux pour rien. Tu voudrais ajouter, souffler qu'elle n'a pas vraiment besoin de tes bras pour être désirée. N'est-elle pas en permanence entourée de cette cours dorée, papillonnante ? N'est-elle pas en permanence épiée, appréciée, adorée sans que toi, tu ne puisses rien en dire, sans que toi, tu ne puisses la ravir à ces jolis coeurs ?  Sur ta rétine, tu la vois encore danser, s'évader de bras en bras.

C'est peut-être un peu pour ça que tu es surpris, cueilli par la gifle en te retournant. « Deli – murmures-tu sous le choc alors que la peau rougit là où la main s'est abattue, a vaincue. Qu'en sais-tu ? Qu'est-ce que tu sais de moi maintenant ? C'est vrai ça. Il y a six ans, tu l'as abandonné les jambes brisés, réduisant son être en miette. Il y a six ans, tu t'es volontairement effacé, retiré de sa vie sans un regard, sans un dernier égard. Depuis, la souffrance, l'indifférence a tout abîmé, tout gâché. Elle a les yeux rougis d'avoir pleuré, la gueule crachant la colère, la haine que tu as mérité, que tu dois encaisser. L'émail mord la lèvres, la faisant presque saigner, te faisant tanguer, vaciller. La poitrine est enserrée entre ses bras, remontant en même temps que le souffle saccadé, durement malmené. Ce n'est pas une question de cadeaux. Souffle-t-elle, te surprend-t-elle. Alors c'est quoi ? Fais-tu, plus doucement, plus tendrement, soudainement radoucie par ses blessures, par  l'usure de vos batailles.  Ce qui m'a pris ? Je t'aime, c'est ce qui m'a pris - et je n'ai pas de petits trucs pour tricher, moi.  C'est ce que c'était, pas vrai ? De son doigt, elle accuse la rune encore rouge de sa magie, encore chaude, brûlante comme pour tenter de maîtriser ce qui n'est pas contrôlable.  Son beau visage se déforme, balayé par la tristesse, la colère, haïssant la magie de Diantha qui trouve son point d'ancrage en toi, à chaque muscle jouant sur la peau. C'est elle, n'est-ce pas ? Et tu ne sais pas trop bien si elle te reproche la rune ou bien la main qui l'a exécuté sans trembler, ni vaciller pour tenter de te soulager. Diantha et toi ne me laisserez rien, n'est-ce pas ? Pas même ta colère. » Et les yeux s'écarquillent en réalisant, en comprenant les blessures d'enfant, la jalousie toujours brandi à bout de bras, de coeur. Comme si Dia était responsable de tes choix, de tes désespoirs. Comme si Dia avait le droit aux gouffres de ton être, aux précipices amoureux. Et il y a un rire qui trébuche sur la langue, il y a un sourire arraché ; Comme si Dia et toi étiez amants. Quel étrange idée, quel stupide idée. « Tu prêtes trop d'importance à ta sœur. »

Dia s'égare en tendres amitiés, en querelles d'enfants. Dia est une part de toi, mais elle n'est rien par rapport à Delilah. « C'est à ta sœur que tu ne laisseras rien. », souffles-tu en approchant doucement, tendrement, noyé dans le bleu de ses yeux. C'est à elle qu'elle enlèvera son stupide meilleur ami. Peut-être même qu'elle l'a déjà fait. La peau de lait glisse entre tes doigts dans une caresse, avec une infinie délicatesse. La douceur amoureuse glisse, s'immisce sur le fil de la culpabilité, des regrets susurrés par cette même Voix, des espoirs gâchés. Dia n'a jamais eu les secrets pour tout déverrouiller, pour tout dérober entre les murailles bien dressées. Et peut-être qu'elle ne comprend pas bien, qu'elle ne sait pas très bien combien tu as besoin de la rousse pour respirer, pour exister, acceptant de la quitter pour continuer à l'aimer même d'un peu trop loin, même si les douleurs creusent des gouffres dans le ventre. « Tout ce que Diantha a fait, c'est essayer de m'aider. », sous-entendant que tu ressens tout trop fort, sous-entendant que tu as besoin de l'incendiaire un peu plus fort. Au final, tu te retrouves avec un prototype un peu foiré, ébréché à même le coeur, tenant de réguler tout ce qui menace ton semblant de stabilité. Puisque la folie attend sagement, prête à t'enserrer, à t'enlacer. Puisque fou, tu  ne pourras plus rien protéger, plus rien aimer. « Je ne triche pas, Delilah. », soupires-tu entre tes lèvres, confessant à demi-mot que tu l'aimes. « J'essaie juste de te protéger. » Tu ne supporteras pas de la tuer, elle. Tu ne supporteras pas de la perdre. Il y a un sourire doux, un aveu maladroit que sans doute, tu ne le fais pas très bien, en glissant ta main dans sa nuque, entre ses cheveux, comblant la distance, avalant la moindre chance qu'elle a de s'évader ; « Et tu me fais toujours échouer. ».

Et puis, le baiser comme un coup de tonnerre.
Et puis, l'amour comme un raz-de-marée.  

« Ça va mieux ? », murmures-tu, soupires-tu, le souffle agonisant alors que tu te détaches, la pupille rendue sombre de désir, de plaisir de la retrouver, d'enfin être près d'elle. La main s'échappe, s'évade, s'efface alors que tu prends un peu de distance, les yeux dans les siens. Tu essaies de ne pas céder, de ne pas trop vaciller, même si il y a le besoin de la rassurer. Silencieusement, il y a les mots soupirés, jetés : Tu comprends mieux ? Je t'aime tellement que ça va te tuer.
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Delilah Yaxley
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Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Lun 17 Juil - 19:35


(ezilah) it won't kill ya
Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worst kind of suffering.


NE PENSE-T-IL PAS QU'ELLE A TENTE ? Ne croit-il pas qu'elle en a assez du froid, du noir et du désespoir ? Et elle voudrait tant le laisser tranquille, leur offrir la paix et le silence - mais à chaque fois qu'elle pense réussir, à chaque fois, il y a un geste, il y a un mot, un grain de sable dans la nouvelle mécanique de son coeur. A chaque fois, il y a un baiser tendre, il y a son corps chaud ou un cadeau. Et à chaque fois, c'est la même ritournelle, c'est la même histoire d'un coeur qui s'effondre à nouveau, qui se grippe d'amour.

A chaque fois, elle retombe un peu plus amoureuse. Irrémédiablement, définitivement.
C'est toujours plus dur de se relever, de se raisonner, de se sevrer.
C'est toujours plus douloureux de voir Dia (et les autres) (mais surtout elle) l'approcher, le toucher.

Comme elle les hait ces runes sur sa peau, les témoins de leur affection, d'une proximité qui lui est refusée. Et il rit, il sourit quand elle parle de Dia. Ca lui transperce le coeur cet amusement cruel. Pour elle, il n'a plus souri, ni ri depuis des années qui s'étirent en éternités. Mais pour sa soeur, c'est une autre histoire. C'est même une évidence, n'est-ce pas ? semble dire le rire. Y a-t-il seulement eu quelque chose pour elle, un jour ? semble tracer le sourire. Et le bras se tend à nouveau, arme une nouvelle gifle que d'une main sûre, il stoppe dans son élan. « Tu prêtes trop d'importance à ta sœur.Je te déteste, claque-t-elle d'une langue mécontente, méchante. Elle le déteste de l'aimer si fort, elle le déteste de faire comme tous les autres, de préférer Dia : Je vous déteste tous les deux ! » Et les yeux s'emplissent de l'eau bleue des chagrins amoureux. « C'est à ta sœur que tu ne laisseras rien. » La seconde main retombe contre sa cuisse, désarmée. « Qu'es- » La question s'avorte au contact électrique des doigts caressants sur la peau de son bras. L'expression est troublée, le palpitant s'excite, pauvre idiot qui n'apprend rien. Et elle est incapable de s'arracher à lui, de quitter le vert si triste de son regard. Arrête, arrête, tu te trompes encore. Mais il tombe quand même, funanbule imbécile, drogué indocile, sur la passion amoureuse. C'est de Diantha qu'il parle, pas de toi, pas de nous ! Mais il s'en moque, le coeur - il est prêt à tout recommencer, à se condamner, encore, pour un peu de chaleur, un peu de temps au creux de ses bras. Et Delilah voudrait rester en colère, elle voudrait ne pas se noyer à nouveau. Désespérémment, elle s'accroche aux ressentiments, aux larmes coulées pour lui, par lui. Mais tout échappe à ses doigts, tout s'échappe sous la caresse d'Ezra. Un frisson s'égare à fleur de peau jusqu'à se perdre au creux du ventre. Et le coeur bat plus fort, le réclame douloureusement, corps et âme. « Tout ce que Diantha a fait, c'est essayer de m'aider. » Et le petit reniflement se veut méprisant, il n'est que triste, intimement convaincu que sa soeur aide Ezra à l'éloigner, à la chasser de cette vie à deux où ils seraient heureux loin d'elle. C'est Diantha qu'il aime parce que tout le monde aime Diantha plutôt que Delilah et tout le monde a raison de le faire, Diantha a plus de raisons d'être aimée, adorée que sa petite soeur n'en aura jamais. Et pourtant, lui, elle ne veut pas le céder, elle ne veut pas admettre la défaite. Lui, elle ne veut pas le donner, quand bien même il n'a jamais été à elle. Parce que lui, elle l'aime si fort qu'elle en crèvera s'il n'est plus là. « Je ne triche pas, Delilah. J'essaie juste de te protéger. »

« Et tu me fais toujours échouer.Qu'es- » La question s'écrase entre leurs bouches, se noie dans le soupir qu'elle laisse échapper, révéler. J'ai tellement besoin de toi, prient les mains qui s'aggripent dans le dos d'Ezra, demandent les lèvres qui se pressent contre lui. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, les aveux sont mélangés, inextricablement emmêlés et le myocarde s'agite, tachycarde en overdose de tout leur amour inexprimé, malmené. Sur la peau tannée par le soleil de milliers d'aventures, les doigts s'animent, tracent leurs suppliques en caresses, en carte des amours.

« Ça va mieux ? ». Dans ses bras, elle chancèle un peu, maladroite oiselle. Le « oui » est un peu sonné, il s'échoue sur le tapis, libéré sans même avoir compris la question, les mots qu'il a dits. En vérité, Delilah ne sait pas, elle n'est pas sereine. L'étreinte se défait, et elle est un peu plus perdue, l'iris le fixant sans comprendre comme un enfant qu'on abandonne de nouveaux aux cauchemars tapis dans la nuit. Timidement, la main se tend, frôle les doigts d'Ezra sans oser les saisir. Elle n'est pas certaine d'avoir vraiment le droit, elle le voit déjà éloigner la main comme il l'a si souvent fait, dégoûté par son contact. « Je croyais, commence-t-elle, perdue, sans savoir par où commencer et ses grands yeux bleus le fixent, tourbillon d'incertitudes ; ils clignent, une fois, deux fois, persuadés que le rêve va se briser : Je ne comprends pas ... tu aimes (Dia) et tu ne ... (veux plus de moi dans ta vie) alors ... (est-ce que c'est une fois encore juste du désir en passant ?) ou ... (pas ?) Ne joue pas avec moi, s'il te plaît ... » Sur les lèvres rouges de leur baiser, la demande est fragile, presque une supplique. Delilah a le coeur au bord du vide, prêt à se suicider contre lui à nouveau - mais au bout des cils clairs, s'agite la peur de l'après, du moment où il faudra se (re)lever seule, avancer seule (encore). La gorge est nouée d'amour craintif, la langue sèche quand elle ose enfin prononcer les mots qui la hantent depuis des années : « ... est-ce que tu m'aimes ? » ou est-ce que tu me détestes ?  


Dernière édition par Delilah Yaxley le Mar 18 Juil - 23:44, édité 1 fois
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Ezra Shafiq
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Ancienne école :  les serpentards de vert et d'argent t'ont accueillis entre leur bras.

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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Mar 18 Juil - 14:35


(ezilah) it won't kill ya
Sometimes when I think of her name, when it's only a game. And I need you. Listen to the words that you say. It's getting harder to stay When I see you.

Le rire n'est, pourtant, pas moquerie, duperie. Il ne fait que se glisser, s'immiscer tendrement, innocemment. Puisque pour toi, c'est ridicule d'envier Diantha. Puisque pour toi, tu n'as jamais ressenti ça pour l’aînée des Yaxley. L'amitié vous a toujours cramé les doigts, dévoré le coeur, installant des chamailleries, des rires d'enfant, des batailles pour rien, des  nuits à bavarder de toutes les aventures que vous avez à vivre, à revivre. Et puis il y a aussi la fascination pour les magies anciennes, les secrets antiques des grimoires que vous parcourez toujours un peu fébrilement, toujours l'excitation au fond des tripes. Mais elle ne sera jamais Delilah.

La rousse déclenche en un battement de cils des incendies brutales, infernales au creux de l'âme. D'un sourire doux, la chaleur paresse le long du coeur, étranglant toutes les peurs. D'un éclat de rire, elle s'éparpille un peu partout sur ta peau, en overdose d'amour. Tu ne sais plus trop bien de quand cela date, de quand elle est passée de « petite sœur de Diantha » à « âme soeur ». Peut-être ça s'est installé doucement, tendrement, à tout petits pas dans le noir. Peut-être que c'est arrivé comme un coup de poignard dans l'âme, dans un râle agonisant. Tu t'es pris au jeu des repas partagés à Poudlard, des rires partagés, de ses multiples ennuis aux conquêtes innocentes. Et puis, soudainement, la chute amoureuse, les pincements au coeur en la voyant sourire à d'autre, rire à des mots pas lancés par toi. Et puis, la peur.

La main est stoppée en plein vol, l'empêchant d'assassiner une nouvelle fois ta peau basanée. « Je te déteste , souffle-t-elle, égare-t-elle comme une enfant mal lunée, égarée. Et les yeux s'étonnent dans un battement de cils, tu ne comprends pas.  Je vous déteste tous les deux ! » , les larmes bordent ses yeux, s'évadent le long de la joue pâle. « Pourquoi ça ? », glisses-tu, susurres-tu, tentant d'apprendre ses douleurs, de les écraser, balayer comme si de rien n'était. Parce que tu ne peux pas imaginer la jalousie de la benjamine envers son aînée. Tu ne peux pas savoir comme l'envie la dévore d'être à sa place, d'être elle. Toi, tu es pourtant tellement sûr, tellement certain qu'elle est l'unique, la fin. Et tu lui jettes au visage comme une bombe en plein coeur :  « C'est à ta sœur que tu ne laisseras rien. »

La vérité s'égare entre tes lèvres, sur le seuil de vos rêves perdus, abattus. Tel un météore, la Yaxley s'est écrasée sur toi, explosant barrières, regrets, mâchonnant des défenses en lambeaux. Peu à peu, elle est devenue indispensable, ses absences ancrant les douleurs, les horreurs. Tu as compris que sans elle, tu ne pouvais pas vraiment respirer, exister. Sans elle, tout est vain, sans lendemain. Sans elle, il y n'y a plus rien. « Qu'es- »  , les questions s'avortent entre ses lippes lorsque tu la frôles, la caressant doucement, tendrement, faisant courir de l'électricité contre sa peau de porcelaine. Il y a toujours eu la peur de l’abîmer, de l'esquinter la poupée rouquine que tous trouvent sublimes. Il y a toujours eu de l'appréhension à la toucher,  à s'y brûler l'être. N'a-t-elle pas le don de te faire perdre toute raison ? Tu ne devrais pas parler de tout ça, oser y poser des mots maladroits, peu adroits. Tu ne devrais même pas essayer, tu n'es pas très doué avec les maux sentimentales, avec les terreurs animales. Alors c'est peut-être pour ça que tu outrepasses toutes tes limites, c'est peut-être pour ça que tu l'embrasses.

Parfois les gestes valent mille fois mieux que des paroles que tu ne maîtrises pas.  La guerre de quelques mots acides, c'est facile. Les courbes du combat sont toujours les mêmes, les coups au coeur sont toujours des traces de canifs à même la poitrine. Tu sais (te) détester. Tu sais (te) haïr. Tu ne sais pas comment dire je t'aime, tu ne sais pas comment lui montrer tout ce qu'elle est. Tout ce qu'elle a toujours été. Alors les langues se rejoignent, les bouches se convoitent. Devant l'urgence, tu t'abandonnes, tu l'abandonnes sur les récifs de ta passion. Vous vous accrochez, vous vous libérez, certains d'y rester, certains d'en crever.

L'un contre l'autre, l'un à l'autre, vous ne voulez pas vous quitter, renoncer en vous enlaçant, en vous rejoignant. Et l'amour est terrible sur vos langues dansantes, fuyantes. Et l'amour est suicidaire. Il se crash entre vos lippes, vos hanches collés, vos espoirs damnés. Et c'est con ce besoin d'elle, c'est horrible ce manque d'elle en se détachant, en faisant quelques pas pour reculer, pour vous condamner au froid mordant des absences qui disent pour toujours, à jamais.

Certains diraient, riraient que c'est ta malédiction, votre poison.

Elle chancelle sous un « oui », et tu n'es pas vraiment certain qu'entre ses yeux fiévreux, vitreux ce soit bien la vérité. Elle semble sur le point de se briser, de se blesser. Les doigts se tendent pour te retenir, tranquille, frôlant ta peau alors que tu te figes, respirant toujours maladroitement à chaque mouvement, à chaque caresse. Tu ne sais pas trop bien pourquoi tu fais ça, pourquoi tu la retiens cette main voleuse, orageuse. En silence, dans ses yeux, tu lis le besoin d'être rassurée, d'être aimée.  Et il y a quelque chose entre vos engueulades, vos retrouvailles qui te pousse à faire cet effort, à lui souffler dans un ballet de tendresse, le coeur en vrac, las de l'absence du sien, fatigué de battre dans le vide. Toi et elle, c'est presque ça, c'est à deux doigts des aveux. « Je croyais, elle se stoppe comme bloqué, stoppé en plein vol, foudroyé par des incertitudes qui la clouent au sol.  Je ne comprends pas ... tu aimes  Elle hésite, souffle, et tu ne ... La tête se penche, chaton curieux qui ne comprend pas où elle veut en venir, où est votre avenir. Alors ...  Ou … Ne joue pas avec moi, s'il te plaît. » Tu écarquilles les yeux sous les mots, devinant l'accusation, toutes les questions à tes pieds. Tu n'as jamais joué, tu ne sais pas jouer. Tu n'es pas un animal mondain, la coupe au bout des doigts, prêt à manipuler, assassiner des vies. Tu n'es pas créature sociale qui a soif de lui dévorer le coeur, de le déchiqueter de tes dents. Doucement, les doigts remontent, caressant la pâleur de la peau, la tendresse de l'amoureuse. « Je ne ve - ux pas jouer. Tu ne sais même pas comment on fait, quel sorte d'excitation on y trouve. ... Est-ce que tu m'aimes ? » , murmure-t-elle tout bas, sans un bruit dans la pénombre de l'antichambre. Et c'est comme si elle avait hurlé, c'est comme si d'un cri, on t'avait bouffé, broyé, abandonné sur le bas-côté. Et sous ses yeux, tu blêmis, tu te figes, comme si soudainement sa peau était bain d'acide sur l'épiderme, comme si brutalement, tu réalisais tout ce qui se jouait, se déjouait.

Le contact est abandonné, la voix nouée. Tu t'es toujours promis qu'elle ne devait rien savoir, rien entrevoir entre les portes bien fermées de ton être. Et tu n'oses plus la toucher, tu as si peur de voir tes mains trembler, ton masque craquer. « J-Je », tentes-tu péniblement, malgré les intonations rauques, les mots te manquent comme elle te manque. Et La Voix susurre : « Tu vas la tuer si tu lui dis. Tu ne veux pas la tuer, n'est-ce pas ?  » Parce que tu veux bien une vie loin d'elle, si la clarté de son sourire t'illumine encore, si elle continue à rire. Mais pas une vie sans elle, jamais une vie sans elle. « On dirait pourtant que tu creuses sa tombe comme tu as creusé celle de ta mère. » et il y a toujours l'angoisse que les jambes cèdent en même temps que le reste, que Delilah ne soit plus qu'une poupée brisée sur le parquet. Elle t'a montré, n'est-ce pas ? Elle t'a fait regarder comme tu as failli la tuer. Il (Tu) la revoit(s) allongée dans une flaque de sang, la magie noir vibrant sur sa peau, grignotant goulûment son corps. Une larme roule sur sa joue, il (tu) hurle(s) son prénom. Elle s'excuse, elle va mourir, mourir, mourir.

Et c'est de ta faute.
C'est toujours de ta faute.

Et il y a la peur qui te fait reculer, cogner le bureau de bois ancien, faisant se renverser le plumier, les parchemins. La panique se lit partout ; Tu vas la tuer si tu restes trop près. Tu vas l'intoxiquer de ta magie, de cette malédiction crasse qui se glisse partout, sans aucun tabou. «  T-Tu », arrives-tu à souffler, à braver alors que le cœur dérape, s'évade en tachycardie.  Et elle monte comme un monstre gourmand, ayant soif de prendre ta place. Et la mer de voix s'abat, murmures sous le crâne. Tu t'effondres, vacillant dans un spasme, dans une crise. Et elles hurlent, elles ont sa voix, celle de Dia, de David, de Neith, de Maman. Elles roulent en tourments brûlants, en d'horribles prédictions, visions : Tu vas la tuer. Et tu t'excuses, tu demandes pardon ( pour tout ce que tu as fait ) ( pour tout ce que tu n'as pas fait ), à même le parquet, ta nudité soudainement exposé, explosé à même le bois noir. Et tu grattes, dérapes, suppliant, quémandant la pitié. Tu promets d'une voix enroué à ces multitudes d'êtres dans ta tête qui se livrent la guerre, qui chutent en enfer dans le coeur : « J-Je promets, siffle le souffle entre tes dents, dans un autre spasme.[color=FireBrick Je serai meilleur demain. Je te promets, Delilah …[/color] Une hésitation, un grincement de dent entre la douleur et la peur, je ne t'aimerai plus demain. » Et les yeux roulent, inconscients. « J-Je te promets, je te protégerai (de moi).  » Le dernier soubresaut et puis le silence alors qu'une larme fuit.
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Delilah Yaxley
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Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

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MessageSujet: Re: (ezilah) it won't kill ya   Mar 18 Juil - 23:41


(ezilah) it won't kill ya
Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worst kind of suffering.


EN OVERDOSE D'AMOUR, IL S'ECRASE CONTRE ELLE, ou peut-être que c'est elle qui s'explose contre lui ; tout est emmêlé, inextricablement mélangé. Sur l'empathie en trait d'union, elle est Ezra et Delilah, Delilah et Ezra sans séparation, sans frontière pour faire barrière entre eux. Avides, les langues épellent l'amour, les lèvres se heurtent avec passion. La raison est morte, étouffée entre leurs corps pressés, sacrifiée par les cœurs tyrans.

« Oui » souffle-t-elle, un peu déchue, un peu perdue. Sur sa peau, elle a encore des émotions d'amour et de désir qui crépitent, portent ses couleurs à elle, ses teintes à lui et lui donnent le tournis. Incertaine, elle lève les yeux sur lui, tout l'être vacille, l'âme a encore un peu le vertige. Oui n'est pourtant pas un mensonge, pas vraiment, puisqu'elle n'a besoin que de ses bras pour mieux respirer, pour s'apaiser - et peut-être, un peu, s'aimer. Mais déjà, à nouveau, il s'éloigne d'eux et elle tend le bras, elle frôle les doigts pour le sentir encore un peu et les yeux s'écarquillent en mares aquatiques, les joues fleurissent de rouge quand leurs doigts s'entremêlent et que les paumes s'épousent. Sur sa langue, les phrases tombent en cendres, les mots démolis par la peur, la crainte que ce soit un autre jeu, une autre erreur. Est-ce qu'elle a encore tout mélangé ? « Ne joue pas avec moi, s'il te plaît. » Finis les jeux de fierté, les pêchés d'orgueil. Il ne reste qu'une petite fille au cœur lourd, un peu maladroit, une enfant qui ne comprend pas. Est-ce qu'il l'aime un peu finalement ? L'espoir n'ose pas poser ses bagages, il craint l'orage qu'il a (trop) souvent subi. Il a peur des mots durs, des regards froids qui tombent droit sur le cœur et ébrèchent le myocarde.

« Est-ce que tu m'aimes ? »
La silhouette semble se tasser, écrasée par la certitude qu'il va se moquer, rire de son éternelle naïveté (mais avec lui, Delilah ne peut que croire, espérer et prier). J'avais mieux à faire. Elle a déjà si souvent pleuré, le cœur perclus d'hématomes invisibles. Ce n'était que baiser en passant, ça. Elle a si souvent promis de ne plus chuter pour toujours, toujours tomber pour lui, contre lui. Et, un jour, c'est certain, la mécanique va se briser, la poupée ne saura plus se relever - pourtant, il lui semble impossible de renoncer, de ne pas espérer. Les enfants, ça n'éteint jamais la veilleuse, ça ne souffle jamais la dernière bougie. Il faut un adulte pour ça, et elle n'est pas tellement, pas vraiment finie, Delilah.

Le contact se rompt et un frisson lui griffe la peau, lui mord le cœur comme l'hiver dévore les corps. L'orage est imminent mais il n'est pourtant pas celui qu'elle attend. « J-Je » La peur craquelle tout, la panique érode les âmes et elle le voit fuir, s'effondrer sous son regard surpris. « Ezra, je- » commence-t-elle et les pas la portent vers lui, les doigts se tendent vers lui avant de reculer comme brûlés. Sur son cœur, il y a des milliers de terreurs qui se lancent à l'assaut, cherchent à tout dévorer comme un feu de forêt. « T-Tu » grince-t-il, et elle voudrait tout rembobiner, ne jamais avoir posé cette question si ça le met dans cet état. Est-ce que c'est elle qui le démolit tant, le jetant à terre ? « Je suis désolée, Ezra, s'exclame-t-elle, la voix trop aiguë, le coeur brûlé par les émotions délétères : excuse-moi.J-Je promets. Je serai meilleur demain. Je te promets, Delilah …Tu n'as pas besoin, souffle-t-elle, les cils ourlés de larmes, en le pressant contre elle, refusant de le laisser seul malgré la douleur d'un coeur qui agonise, d'une âme qui pleure : Ca va aller.Je ne t'aimerai plus demain. » Les yeux s'agrandissent sous la surprise, l'étrange promesse, laissant couler les pleurs sur les jours pâles en sillons de rimel noir. « J-Je te promets, je te protégerai. »

Je te protégerai. C'est, au final, le seul bon choix. C'est la seule décision possible.
L'évidence la frappe avec force au creux du ventre, la prend à la gorge sans pitié alors qu'elle l'installe dans le lit, remonte les couvertures sur lui. Si elle lui fait si mal, sans doute doit-elle disparaître de sa vie, ne jamais reparaître sous ses yeux. Et tant pis si le froid la crève de solitude puisqu'il est tout ce qui compte.

« Je t'aime », souffle-t-elle au creux de l'oreille, la main dégageant tendrement les mèches brunes, les lèvres venant l'embrasser encore une fois, juste une dernière fois. « Je ne t'oublierai jamais », promet-elle au creux du cou avant que Nim ne vienne grignoter les contours de leurs souvenirs communs, diluer les traits de leur relation et entre ses doigts, l'érable tremble, mécontent, menaçant. Il hurle, s'insurge, refusant de briser totalement le lien, de perdre définitivement sa jumelle. Mais l'obliviate est cruel, abîmant, rongeant la mémoire en même temps que le lien entre Delilah et la baguette. Dans l'antichambre, un dernier cri désespéré, un dernier pleur étranglé quand ses doigts fouillent, retournent les paquets, quand la magie dérape, s'échappe contre le bureau. Dans un bruit sourd, les cadeaux et les grimoires sont à nouveau vomis sur le sol, renversés dans un désastre de larmes, ne laissant que le petit éléphant entre ses doigts désespérés.

Et elle part sans se retourner, craignant de vouloir tout annuler (voulant égoïstement exister à ses yeux).
Et elle part sans un bruit, assourdie par les orages et les ravages de son cœur (qui pleure l'amour perdu, geint de tomber dans l'oubli).
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(ezilah) it won't kill ya
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