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 (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do

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Ezra Shafiq
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Crédits :  faust (avatar)
 
Âge :  vingt-sept ans
Sang :  sang maudit, sang pur, la malédiction s'accroche à tes veines
Allégeance :  neutre, la politique n'est que vaste fumerie à tes yeux
Profession :  langue-de-plomb spécialisé dans la mort, tu es de ces explorateurs, de ces conteurs que les voyages amènent si loin, tellement loin de l'angleterre
Ancienne école :  les serpentards de vert et d'argent t'ont accueillis entre leur bras.

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MessageSujet: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Mer 19 Juil - 2:38


(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
When you had not touched me yet. Oh, take me back to the night we met. I had all and then most of you some and now none of you.

(PREVIOUSLY.) Il y a comme un gouffre dans le creux du coeur, au réveil. Il y a comme un goût de cendre sur la langue, signant un manque, un vide tout contre la poitrine. Les yeux clairs tentent de s'habituer à la lumière, explosant contre le verre, mordant doucement, longuement la peau. Tu grondes, tournant afin de te réfugier dans l'oreiller, il te semblait pourtant avoir fermé ses maudits rideaux comme tous les autres soirs. Sous les draps, tu remues, soudainement dérangé, agacé par ta nudité ; Pourquoi ne portes-tu pas non plus un pyjama ? Pourquoi as-tu une sensation de bile au bord des lèvres ?

Un dégoût, une nausée te menacent à chaque pas, comme si on t'avait noué l'estomac. Un peu maussade, tu te glisses dans l'antichambre, en ayant renfilé, regagné le pyjama de satin. Le tissu est souple à la manière de ces rivières à l'eau vive et claire, pas comme ton esprit. Tu trouves Saskia allongé sur le dos, exposant son ventre, tout à des rêves que tu n'imagines même pas frôler. Elle t'arrache un sourire, un rire avant un froncement de sourcil lorsque tes orteils cognent la tranche d'un épais volume de magie noire, cognant un paquet au papier jauni, inscrit d'un nom si longtemps aimé, tellement adoré. Comme si dans un battement fuyant d'aile, Delilah s'enfuyait déjà. Comme si là, dans le thorax, tout s'étrangle, tout s'égare, s'aggrave. Dans un mouvement lent, la main glisse, remet de l'ordre entre les précieux ouvrage exposés, chargé dans les rayonnages. Et puis, il reste ce ballet de paquets suicidés sur le sol, il y a ce tremblement dans les membres à chaque frôlement. Méthodiquement, tu comptes les présents jamais offerts, que tu ne lui offriras jamais ( pourquoi cet élan dans le crâne, ce bourdonnement sous la cervelle ? ). Tu retrouves la courbe du flacon d'huile destiné à soulagé les articulations trouvé parmi un peuple amérindien, tu évalues la tranche d'un lourd ouvrage sur les magies anciennes, et puis le bruit familier des bijoux arraché au quatre coin du monde. Il y a une tendresse un peu vieilli, un peu trop pétri dans l'esquisse de chaque paquet. Et le poux s'accélère, mécanique incendiaire, suicidaire comme si quelque chose cloche, ricoche. Comme si tu avais oublié.

« Horus ? L'elfe apparaît dans un crac, faisant sursauter le chaton, qui déjà se jette sur ses jambes. Tu as déplacé un paquet ? », lâches-tu, faussement tranquille, docile, en replaçant les objets dans le giron de la bibliothèque. « Horus n'a rien touché, jeune maître Ezra ! S'exclame l'animal aux yeux globuleux, vitreux. Comme le maître a dit : Horus fait le ménage et remet tout à sa place. », ajoute-t-il, obéissant, pressant. « D'accord. J'ai dû mal compter. Tu peux disposer. » Il hoche la tête et redisparait dans un autre crac, laissant le chaton miauler dans le vide, à la recherche de son éternel ami. Alors tu comptes et re-comptes, un pressentiment te piquant les reins : Il manque quelque chose.

(05 JUILLET 1952.) « Saskia ? Soupires-tu alors que tu vois l'animal capricieux, orageux, essayer de se glisser sous un meuble où elle a l'habitude de faire la sieste. Que fais-tu encore ? », souris-tu, balayant d'un revers de main l'épais volume de voyance, te mettant à quatre pattes pour essayer de capturer le chaton joueur, charmeur. Tes doigts rencontrent la rudesse du bois, extirpant une canne pour marcher, reposer les jambes douloureuses entre deux danses.

Les cils battent, ne comprenant pas pourquoi ça, ça se trouve . Entre tes mains glissent l'objet qui la soulage, lui faisant oublier les ravages de l'accident sur sa peau tendre. Le dégoût remonte, mais semble atténué, flouté alors que le palpitant se serre en spasme violent, agonisant sous la peau, te faisant te gratter là où la rune brûle, crame. Là où depuis quelques jours, tu fais tout comme un automate, une machine bien huilée. Tu te réveilles de nuit sans rêves, te hissant pour te crasher à ton bureau du ministère, tu te nourris à peine, cherchant ce qui ne va pas, sans jamais mettre la main dessus, le doigt en plein dedans. Il y a comme quelque chose d'effacé, de diluer dans l'encre de ta mémoire. Et tu t'entêtes à essayer de te rappeler, à t'assommer à te souvenir, à le revivre. L'idée te titille de forcer, de pousser les portes de la voyance avant de décider que ça n'en vaut pas la peine, que le paquet absent a sans doute roulé sous un meuble, que tu chercheras plus tard. « Il faudra penser à demander à Delilah, tu ne penses pas Saskia ? Miaou ! », approuve le main coon en montrant son ventre pour des caresses tendres, fuyantes. Il faudra penser à lui demander ce qu'elle foutait là.

(10 JUILLET 1952.) Les coupes de champagne tintent, les rires fleurissent au creux des lèvres. C'est encore une de ses soirées mondaines bien comme il faut avec tout ce qu'il faut de la bonne société sorcière.  Mila Yaxley a toujours eu le secret des réceptions réussies, noyant ses convives de merveilles pendant qu'Elias s'adonne aux affaires familiale, aux alliances fructueuses et aux marchés sous le tablier. Tu en as longtemps fait parti de ce monde très Yaxley, y trouvant une seconde famille après que maman soit partie. C'est à ses soirées que tu peux ( pouvais) continuer à la regarder, la voir évoluer. Elle a toujours une cour de prétendants à ses pieds, se disputant des danses, des faveurs, des premiers rendez-vous en espérant être l'unique second. Il y a (avait) toujours de la jalousie aux fonds des tripes, des angoisses en bouquet qu'elle trouve mieux, qu'elle s'en aille avec un autre. Mais pas ce soir-là, pas cette fois.

« Delilah n'est pas là, Madame Yaxley ? », demandes-tu, quémandes-tu, tentant de paraître désintéressé en embrassant le dos de la main de la mère de la femme aimée, de l'être sans cesse observée. « La pauvre enfant est alitée. », glisse la blonde, sincèrement inquiète, le masque d'élégance se craquelant sous l'ivoire de la peau. « Depuis longtemps ? Depuis 10 jours. » Le sang ne fait qu'un tour, creusant des angoisses, des voix qui se lèvent, se soulèvent ; Ta faute, ta faute, ta faute, hurlent-elles, crient-elles dans la cervelle. « Que disent les médicomages ? Soupires-tu, en te penchant vers elle, en glissant les mots à son oreille. Tu cherches les confidences, l'assurance que bientôt tout ira mieux. Et si cette fois tu l'as vraiment tué ? Et si cette fois c'est vraiment fini ? Ils sont confiants. » murmure la mère à l'enfant fragile, aux peurs toujours à porté de coeur.

Dans vos yeux, il y a la peur de la perdre, d'un monde sans elle. Dans vos yeux, il y a des aveux d'amour, des tendresses à demi-mots avoués. Et c'est jeté à la gueule comme au coeur : « Voulez-vous que je lui transmets quelque chose de votre part ? Juste ( Je t'aime, crache les poumons au bord de l'explosion, brisé devant tant d’oppression, de questions ) que je lui souhaite un prompt rétablissement. », calcules-tu dans un sourire gêné, dans une expression embarrassé. La différence entre vous ? Toi, tu dois te contenter d'être un secret au creux de l'oreiller qu'on a si vite oublié, si facilement abandonné.

(13 Juillet 1952.) Dans le bas ventre, il y a l'impression que tu vas le regretter, que tu n'as rien à faire là. Les oubliators croulent sous les documents, tachés de mauvais café et de travail avorté. Les temps de guerre sont souvent l'enfer pour eux. Tu les vois toujours fatigués, exténués, mâchant un donut tendrement, amoureusement à la recherche d'un peu d'énergie. « Shafiq ? Claque un homme aux cheveux poivre et sel, au regard gris sali. Tu comptes entrer ou continuer à nous gêner ? », demande-t-il un brin de mépris, impoli au possible. Un froncement de sourcil, un claquement de langue, tu tournes la clenche, un mouchoir tout autour de la poignet. Tu es certain qu'ils la lavent jamais. «  Tu vois quand tu veux. », ironise-t-il, te faisant lentement, doucement grincer des dents. « Tu viens pourquoi ? J'ai un problème. Les langues-de-pu – commence l'un avant de se ressaisir sous l'éclat reptilien, assassin  de tes yeux clairs, se renfrognant sur son siège. Plomb ont toujours un problème. Mais c'est pas forcément le notre. La bourse de gallions est jeté sur la table, se renversant dans un tintement brutal de pièce d'or. J'ai un problème de mémoire. Avides, leurs yeux se perdent déjà sur l'éclat dorée. Et je suis prêt à payer le prix à celui qui m'aidera. », finis-tu, en touchant une autre bourse attaché, rivé à la ceinture.  Il y a des bruits estomaqués, ils s'observent tous, s'évaluent tous ; Qui va se sacrifier ? Qui va tout emporter ? Pas ton problème, il y a juste ce mal de crâne qui t'étrangle le coeur, qui te coupe l'appétit, charriant le coeur au fond de l'estomac de tout ce qui ne va pas, de tout ce qui ne va jamais bien. Il y a comme un gouffre là où le palpitant s'emballait, s'éparpillait. Il y a comme quelque chose dont tu dois absolument te souvenir pour pouvoir vivre.

« J'espère que c'est pas pour r'trouver tes clés, Shafiq, claque l'homme en s'installant en face de toi. Ça m'aurait coûté moins cher. », glisses-tu, susurres-tu alors que ses grosses paluches s'abattent sur ton visage, que la baguette est enfoncé dans le crâne. Un gémissement douloureux s'extirpe, les yeux deviennent vitreux sous la gueule amusé du chef de bureau. Il a jamais dit qu'il irait en douceur.

(06 HEURES PLUS TARD.) « La maîtresse ne veut voir personne. » se tortille l'elfe de maison, en se hésitant, tanguant sur ses deux jambes. « Je m'en tape, grinces-tu, grondes-tu, la tête de plus en plus douloureuse, le coeur nauséeux. Mais Hooky a des ordres. », geint l'animal de compagnie, la domestique à la taie d'oreiller émiettée, tellement abîmée qu'elle ne couvre plus vraiment la peau rosée. Par Merlin, c'est un g'os trou noir, a craché le barbu, aux dents déchaussés, au regard d'acier, comme choqué qu'on puisse laisser quelqu'un dans cet état là. La personne qu'à fait ça, hein, elle a bien salopé son taff. Tu te masses les trempes, passablement agacé, désagréablement frustré d'encore une fois te faire avoir par la Yaxley. « Hooky ne peut pas laisser entrer monsieur Ezra ! », alors que les doigts se referment sur la clenche, sans doute, prêts à arracher cette putain de porte si il le faut. Elle a rien remplacé, que dalle, niet. a-t-il ricané sous tes yeux emplis de détresses. Elle n'a laissé que du vide, un vide stupide qui s'étend à perte de vue, à perte de coeur. « Hooky va ailleurs, s'il te plaît », souffles-tu, excédé, sans doute prêt à la tuer, alors que les sentiments refont surface, jaillissent dans un ballet d'horreur, de douleur. Il y a eu un hoquet quand il a défait le voile, il y a eu un vomissement dans la poubelle, des peurs revenues, des voix plus fortes, plus puissantes. Et le crâne prêt à exploser, à se répandre sur les murs.

« Hooky obéit à maîtresse Delilah ! Et la voix aiguë te fait encore plus mal, agitant des remous dans le ventre, ton coeur qui bout. Va te faire foutre, stupide créature. », craches-tu, froid, poussant la bestiole hors de ton passage, la laissant se cogner plus loin, sans un regard, sans un égard, t'engouffrant déjà dans l'ouverture. La baguette est aussitôt sortie, la porte bloquée, l'accès banni à l'elfe. Tu ne veux pas être dérangé, pas alors que tu vas la buter.

Elle semble si choquée,  si abîmée de te voir. Et toi, tu es juste furax. La colère bat la mesure dans sa démesure, cacophonie assourdissante du sang giclant dans les veines, bouffant tout sur son passage, creusant d'innombrables ravages. La canne est jetée sur le coté dans un geste brusque, dans une fausse attention de lui rendre. C'est la seule excuse que tu as trouvé pour entrer, t'immiscer dans la maison des Yaxley. Et en deux pas, tu es près d'elle. En deux pas, la main s'abat sur sa joue pale. La gifle est brûlante de haine, brûlante de tout ce qui ne dit pas, ne se fait pas. La froideur de tes yeux fixent les siens trop bleus, soudainement peureux. Un picotement dans le coeur soudainement devenu fragile, indocile, cherchant à combler le gouffre de son odeur, de ta rancœur, cherchant vainement une ancre à abattre dans les flots de ta folie. « C'est ton nouveau truc de casser les autres, Yaxley ?, accuses-tu, amer, naguère brûlant de reproches, maintenant glacé jusqu'à l'ongle, maintenant fatigué par les remous de ton être. Parce que, dans ça, tu réussis très bien. » Peut-elle sentir l'absence qu'elle a laissé ? Les questions tournent en suspend, se perdent en horreur, te rendant complètement cinglé.

Et tu en es là, complètement disloqué, abîmé. Patchwork sans queue ni tête de sentiments, de souvenirs, tu ne retrouves rien à sa place et tu te noies dans tes psychoses, dans tes nécroses, sachant parfaitement que c'est elle la responsable. « Depuis quand tu te permets de décider pour moi ? », siffles-tu, la poussant brutalement, la tête recommençant à bourdonner, à taper jusqu'à à être assommé de filtre de paix pour t'anesthésier. « Depuis quand tu te permets de jouer avec moi ? Tu crois que je suis quoi ? Le coeur se serre, mécanique infernale pompant le sang à une vitesse folle, tu frôles la tachycardie à chaque souffle, tu souffres, tourmenté de colère. Une expérience pour tes conneries ? Tu pousses encore, tentant de résister à l'idée de la bousiller aussi. Tu as, au moins, conscience que tu as failli me rendre complètement fou ? Mais c'est peut-être ce que tu veux ? En floutant tout, en arrachant des morceaux, en ne laissant que des lambeaux, elle espère peut-être te faire partir définitivement, vraiment. Tu veux tellement te venger que tu as besoin de me casser ? » Et la voix vacille, dérape, sous un chagrin sourd, lourd qui étrangle tout sur son passage.

Elle peut te haïr, d'accord.
Elle peut t'insulter, d'accord.
Mais elle n'a pas le droit de tout retirer, de tout effacer. Oh, ça, non, jamais. « Rends-moi ce que tu m'as volé », craques-tu, les yeux furieux, en te penchant vers elle, en agrippant les bordures de son chemisier comme pour l'étrangler comme elle t'a étranglé, comme elle t'a tout volé. « Tout de suite. »
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Delilah Yaxley
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Âge :  vingt-quatre ans
Sang :  sang pur. parfait mélange entre modernité et traditions, la preuve que l'ouverture n'est pas synonyme de déperdition.
Allégeance :  informatrice mangemorte, par intérêt, aveugle encore aux conséquences de ce choix
Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

Priori Incantatem
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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Jeu 27 Juil - 0:31


(ezilah) what the hell i'm supposed to do
Le silence n'est pas d'or, il est mortel. C'est une fosse qui se remplit de fantômes.


IL Y A UNE FIEVRE ENTRE SES DOIGTS TREMBLANTS, il y a un feu au creux de sa paume, et soudain, le livre est repoussé au loin par la magie sauvage qui devait le ramener. Delilah peut presque senti le frisson de dégoût sur le bois magique. Et dans ses oreilles, résonnent encore les mots gênés de l'apprenti baguettiste. « On dirait qu'elle vous déteste mais c'est étrange qu'elle vous en veuille autant - vous dites que vous n'avez rien fait de particulier ? » Honteuse, la rousse n'a pas osé dire ce qu'elle avait fait (tu les as tué), ni qu'elle aussi, elle se détestait (tu nous as assassinées). « La jeune maîtresse ne doit pas forcer, les médicomages ont dit ! Les médicomages ont dit pas de magie ! » réprimande l'elfe inquiet qui est resté à son chevet ces derniers jours, s'occupant d'elle depuis qu'elle est tombée malade, la magie déraillant et s'éraillant dans tous les sens. Grippe magique pour cause de surmenage, ont-ils dit après un examen rapide, prescrivant des potions contre les fièvres, les migraines, et tout le reste. Ca, et beaucoup de repos - c'est la seule chose à faire en attendant que la magie de votre fille se régénère toute seule. « La jeune maîtresse va guérir vite, elle ne doit pas être triste pour le bal, il y en aura d'autre ! » promet l'elfe en bordant les couvertures autour du corps tremblant.

Et la petite créature ne se doute pas qu'au fond, Delilah est tout de même contente de ne pas aller à ce bal, même si elle fait faux bond à Neith. Elle ignore encore comment affronter Ezra et ce qu'elle a fait.




DELILAH N'A PAS BESOIN D'ENTENDRE LES CRIS DE L'ELFE POUR SAVOIR QU'IL EST LA. Il est comme un élémentaire de feu, un golem portant son terrible courroux en étendard pour le précéder. Elle est même étonnée que David, depuis l'atelier du manoir, ne se soit pas précipité tant la colère d'Ezra flambe, irradie et l'abrutit. Derrière la porte, silencieuse comme jamais, elle s'est figée, la brosse encore dans les cheveux. Dans sa poitrine, le coeur bat violemment contre les côtes et l'instinct hurle qu'elle devrait partir, qu'une désartibulation vaut mieux que la confrontation à venir. « Hooky ne peut pas laisser entrer monsieur Ezra !Hooky va ailleurs, s'il te plaît. » Un instant, pendant un infime moment de naïveté, elle croit qu'Ezra va s'en aller - elle prie pour qu'il fasse demi-tour et parte loin d'eux. Un autre frisson, puis un gémissement trop tard ravalé fuit entre ses lèvres pâles quand la brosse glisse entre ses doigts, s'échoue durement sur le pied nu et c'est sans doute pour ça que l'elfe à l'ouïe trop fine s'exclame, protectrice zêlée : « Hooky obéit à maîtresse Delilah ! » Et Hooky ignore qu'elle fout le feu aux poudres, la dernière flambée avant l'explosion ingéniérée, sans le savoir, par sa maîtresse. « Va te faire foutre, stupide créature. »

Ezra n'a pas mis un pied dans la chambre que sa baguette a déjà craché la magie entre ses doigts, bloquant la porte, la faisant blêmir brutalement. Un instant, la pensée qu'il pourrait bien la tuer s'attarde, la jette sur ses pieds fragiles et attire son regard terrorisé vers la cheminée qui crâme d'un feu d'enfer. Frêle silhouette dans la soie tendre des vêtements de nuit, elle se demande si elle peut encore s'échapper, si elle saurait se jeter dans l'âtre sans qu'il ne l'attrape. Un sursaut s'échappe quand il jette la canne, un couinement dérape quand il avale l'espace entre eux, quand ses émotions en éruption dévalent sur l'empathie - puis un glapissement de terreur, les deux mains venant couvrir la joue endolorie, le myocarde cherchant à s'échapper sur le parquet précieux. « C'est ton nouveau truc de casser les autres, Yaxley ? » Les mots ponctués de points d'interrogations se bousculent sur sa langue, mais les lèvres restent scellées, tremblantes, sous le regard froid qu'il pose sur elle. « Parce que, dans ça, tu réussis très bien. » l'assomme-t-il d'une voix froide. Les Erinyes perchées sur son épaule pour lui donner ses armes, Ezra gratte sur les plaies qu'il connait bien, taille là où sont toutes ses faiblesses et ses hontes. « Depuis quand tu te permets de décider pour moi ? » Bousculé, le corps retombe sur le tabouret qui branle. Mais ce n'est pas ce qui bouleverse, pas vraiment. Le regard bleu, accroché à lui, est ourlé de peur, la pupille se nimbe d'un cercle bleu de douleur. Dans le coeur d'Ezra, c'est l'hécatombe par immolation, c'est la déchéance, la perte, la chute à l'infini. Elle a l'impression que le château de cartes s'est effondré comme la dernière fois - est-ce qu'elle a encore échoué ? est-ce qu'elle s'est à nouveau plantée ? « Depuis quand tu te permets de jouer avec moi ? Tu crois que je suis quoi ? » (est-ce qu'un jour, elle fera une chose, rien qu'une, comme il faut ?) « Une expérience pour tes conneries ? » Il aurait raison, il aurait le droit de la démolir - se dit-elle, gavée de sa fureur et de son horreur. « Je suis d- » -ésolée. « Tu as, au moins, conscience que tu as failli me rendre complètement fou ? » Mille terreurs tourbillonnent dans l'oeil bleu lorsque la terrible réalité s'y imprime, et les excuses piétinent sa langue, crèvent sur ses lèvres entrouvertes en o d'horreur, enrobées de promesses de bien faire et de serments d'y avoir cru. Elle jure qu'elle n'a pensé qu'à son bien à lui, qu'elle n'a songé qu'à lui, et lui seul, prête à périr dans le noir, à se laisser dépérir de froid. « Mais c'est peut-être ce que tu veux ?N-Tu veux tellement te venger que tu as besoin de me casser ?Ce n'est pas ce que je voulais ! » Elle jure, elle promet : elle croyait être la seule à crever pendant que lui aurait vécu, paisible, délesté de ce eux qui lui pèse. « Ce n'est pas ce que je voulais ! » répète-t-elle, et le souffle est court, comme si elle respirait pour la première fois depuis son arrivée. Comme si elle s'étouffait avec les explications, les excuses, les promesses qui, elle le sait bien, ne servent à rien, ne réparent rien.

Mais c'est tout ce qu'elle a.
« Rends-moi ce que tu m'as volé. »
C'est la seule chose qu'elle peut donner.
« Tout de suite. »

Ses doigts s'enroulent autour des poignets d'Ezra, tirent en vain pour l'éloigner, se défaire de lui. « J-je ne peux pas, balbutie-t-elle, le corps crispé comme si elle s'attendait à être frappée de nouveau : ça-ça n'est p-plus là. » Delilah n'a pas gardé le souvenir d'Ezra, elle l'a jeté dans les limbes, annihilé de son sort. Fébriles, les doigts s'accrochent à la baguette qui, dans un sursaut de dégoût, libère une magie brûlante et revancharde là où elle déversait une magie chaude et réconfortante. « Tu peux me taper encore, si tu veux, le regard cille. Un peu peureux, il trahit la peur de la douleur derrière les propos aventureux : mais je ne te donnerai pas ça. » Il n'a pas besoin de savoir qu'elle l'aime. Pas si ça le fait tellement souffrir, pas quand ça trace des failles chez lui. « T-tu n'en as pas besoin, tu n'aurais pas dû t'en rendre compte, mais comme toujours, elle a mal calculé et elle s'est trompée — et ça fait mal maintenant mais c'est mieux comme ça. » C'est mieux pour lui. Petit à petit, elle va s'éloigner, s'effacer de sa vie - et un jour, elle aura disparu sans un bruit, elle sera partie en catimini. « Et si tu insistes, alors je l'effacerai aussi ici. » Alors, la baguette pointée sur sa propre tête, elle est prête à décocher le sort - même avec une baguette qui la hait, même avec une magie qui défaille. Les flots agités se couvrent d'un orage déterminé, car elle a beau craindre sa réaction, elle ne craint pas d'éparpiller sa mémoire comme un puzzle défait. Il semble le comprendre, lui aussi, car l'instant d'après, les mains quittent le col.

« Non. »

Avant qu'elle ait le temps de réagir, il lui arrache la baguette des doigts, ou peut-être que c'est la baguette qui quitte d'elle-même son étreinte, trop heureuse de sentir à nouveau cette magie. Dans un geste désespéré pour la récupérer (pour ne pas perdre), elle se jette en avant, les renverse tous les deux, lui sous elle, envoie rouler leurs baguettes sous une commode. Et elle veut bondir près du meuble pour y récupérer sa baguette, pour s'éloigner de lui, mettre son passé hors de portée du don dont elle connait bien les mécaniques. « Delilah ! » Sous le poing de David, prévenu par Hooky, la porte tremble brusquement sur ses gonds alors que l'appelée se fige soudainement. « Delilah ! Est-ce que ça va ? » L'inquiétude de son frère est palpable, de l'autre côté, alors qu'impatient comme toujours, il menace d'exploser la porte, promettant vengeance à Ezra s'il touche à sa benjamine. « Réponds, bordel ! » Et tout pourrait se terminer là, il suffirait d'appeler à l'aide, de réclamer la force de David là où la sienne ne suffit pas, n'a jamais suffit. Dans sa poitrine, le coeur voudrait sortir d'ici, tout l'instinct de survie hurle de l'écouter, usant de toutes les sonnettes d'alarme qu'il a. « C-ça va » promet-elle, pourtant, d'une voix un peu chevrotante mais qui ne souffre pas la contradiction. Par réflexe, sa main réduit Ezra au silence, la paume pressée sur ses lèvres. « Ezra ne m'a rien fait, les mots viennent quand elle sent David hésiter à forcer l'entrée, il a besoin de vérifier : si jamais il t'a fait du mal, je jure que je letu te fatigues pour rien, David. Il est parti juste avant que tu arrives.Ouvre-moi, Delilah.Je vais bien, j'allais me coucher. » Elle n'a jamais raconté les douleurs au coeur, les amours déçus ni à Diantha, ni à David. Même Neith n'en connait que certaines lignes, guidée par le pacte qui les lie. Elle n'a jamais rien dit, jamais voulu abîmer sa réputation ; maintenant comme avant, elle est la première à le défendre, à l'excuser, à l'expliquer. (Après tout, c'est sa faute d'être trop amoureuse de lui et pas assez bien pour lui) « Il t'a encore fait pleurer ? » Brutalement, les oreilles rougissent sans qu'elle ne puisse se contrôler. « IL NE ME FAIT PAS PLEURER, se sent-elle, obligée de contester, la voix trop aiguë : ARRETE DE DIRE N'IMPORTE QUOI !D'accord, d'accord. Je retourne dans l'atelier » Et comment ce sale fouineur sait-il quand elle pleure ? Elle s'est toujours cachée dans son dressing avant de laisser les larmes s'effondrer. « Je retourne dans l'atelier, appelle-moi si jamais... »
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Ezra Shafiq
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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Jeu 27 Juil - 3:25


(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
When you had not touched me yet. Oh, take me back to the night we met. I had all and then most of you some and now none of you.

L'envie de meurtre t'étrangle le coeur, t'empêchant de raisonner, de la regarder. Et sous ta colère s'envole sa maladie, s'envole la compassion pour ses jambes fragiles. Monstre d'égoïsme, tu veux taper, frapper, la blesser comme elle t'a blessé au point de te briser. Les yeux se colorent de haine, d'enfers passionnels, irrationnels. Elle ne comprendra jamais, elle ne saura jamais ce qui reste coffré, bien enfermé au creux de l'armure. Elle ne doit surtout pas voir les fissures, gratter sous les dorures, là où saignent encore tes blessures. Et la putain de haine sert d'entourloupe, de cache-misère pour ne pas remarquer, esquisser les peurs, les douleurs. Et la putain de haine te donne le courage de tous les lâches dans ce mouvement fuyant, violent. Et elle tremble, l'innocente, en se tenant la joue, en te fixant, perdue, abattue.

« Je suis d- » , tente-t-elle de sa voix maladroite, de cette peur qui dévore les coeurs, toute recroquevillée sur son petit tabourets, dans un ballet de soie et de satin. Et tu devrais te rétracter, regretter. Les pas devraient esquisser la retraite, la fin. Tu es en train de lui faire mal et ses excuses - tout le temps, en permanence, omniprésent - t'agacent, te donnent envie de l'immoler, l'incendier sur place.  « Tu as, au moins, conscience que tu as failli me rendre complètement fou ? » Parce qu'elle et toi, vous savez, vous connaissez si bien votre fin. La folie vous guette, vous entraîne dans ses valses morbides, aux accents de temps si limité, tellement compté. Et elle te l'a pris ce temps, elle te l'a volé dans ses grands yeux clairs emplis de larmes, de drames. Soudain, elle réalise. Soudain, elle réalise l'ampleur de sa bêtise, de son caprice.  « Mais c'est peut-être ce que tu veux ? — N- — Tu veux tellement te venger que tu as besoin de me casser ? — Ce n'est pas ce que je voulais ! » , elle hurle, le coeur ganté de tes mots injustes, de ta langue acide, pénible. Pourtant, nulle pitié n'étreint tes yeux, tu restes froid. Mécanique vengeresse, inébranlable, tu assènes, règnes sans partage, te foutant de la blesser, de la tuer. Puisque, toi, tu vas crever si elle ne te répare pas maintenant.

« Ce n'est pas ce que je voulais ! »  , elle est à bout de souffle, la rouquine. Et toi, tu n'en as que faire. Toi, tu as besoin de redevenir pleinement toi. Ses excuses, ses regrets, ce qu'elle voulait n'en font pas partis, n'en n'ont jamais faits partis. Et tu balayes tout en l'attrapant par le col, et en la secouant, parce que toi, tu te brises encore, morceaux par morceaux, lambeaux par lambeaux. « Rends-moi ce que tu m'as volé. » assènes-tu, l'assommes-tu, les lippes ourlés d'outrage, de ravages si elle ne s'exécute pas. « Tout de suite. »

« J-je ne peux pas, les doigts pâles se sont enroulés à tes poignets, tentant péniblement, vainement de défaire les serres du rapace. Et il y a comme de la folie dans les yeux, il y a comme un refus sur la langue.  ça-ça n'est p-plus là. » Le corps se tend, menaçant de s'abattre dans une autre claque, dans une autre baffe. A la dérive, ta raison semble s'être fait la malle, trois pas plus loin, terrorisée par les crocs des rages intestines, divines. Et elle le répète, tirant sur ta retenue qui va rompre, qui va exploser entre ses doigts, lâchant les fauves, les monstres aux âmes depuis longtemps perdues. Elle tire la baguette jumelle, faisant gémir, frémir la tienne. Elle va t'attaquer, tenter de s'esquiver et tu resserres les doigts, les mains, la pinçant presque, là où tu as baisé son cou pour la vénérer, l'aimer jusqu'à t'en damner. Même si ce n'est pas bien. Même si vous n'aurez jamais de lendemains. « Tu peux me taper encore, si tu veux,  murmure-t-elle, en faisant celle qui n'a pas peur, qui n'a pas de bleus au cœur.  mais je ne te donnerai pas ça» risque-t-elle, ose-t-elle, faisant sauter la première corde, laissant siffler la première violence en la relâchant, en te préparant à devoir l’abîmer ou à te jeter par la cheminée pour prouver encore une fois combien elle est l'être aimé. « T-tu n'en as pas besoin, tu n'aurais pas dû t'en rendre compte, souffle-t-elle, tellement certaine, cherchant à être sereine dans ses choix alors qu'elle ne te laisse aucun choix. Et tu la détestes de croire que tu n'en as pas besoin, que tu es mieux sans elle. Elle ne sait pas à quel point tu es malade d'amour, ivre de ne pas pouvoir la toucher, danser avec elle encore une fois, détruit de savoir qu'elle sourit, rit à d'autres. et ça fait mal maintenant mais c'est mieux comme ça. »  « Ta gueule. », les mots sortent, décrochés comme une autre baffe entre les dents serrés, les airs de chien rageurs, voleurs.   « Et si tu insistes, alors je l'effacerai aussi ici. » Et le sang ne fait qu'un tour. Tu refuses de perdre, de la perdre. Parce que c'est sûrement ça, le pire. Tu la sens s'évader entre les nuages, partir loin, très loin comme si tout était fini, comme si elle, elle n'avait plus besoin de toi. Comme si déjà, elle t'effaçait, t'oubliait en levant sa baguette, en la braquant sur sa tête. Un « Non » brise le silence, détruisant la moindre chance de s'échapper, de s'évader, de t'oublier. Tu l'arraches de ses mains, griffant sa peau de porcelaine, la panique encore logée dans la rétine.

Et la main se tend, hors de portée de Yaxley, pour ne pas qu'elle puisse récupérer son bien. Pour ne surtout pas qu'elle te chasse de sa mémoire. Et elle bondit, se jetant en avant, te renversant sur le parquet ( et tu as encore ce stupide réflexe de menotter sa taille de ton bras pour la sauver, la protéger. Tu ne veux pas vraiment la blesser, l'esquinter. ) Les baguettes se dérobent, roulant collées-serrées sous un meuble. Déjà, elle veut les rejoindre alors tu serres, la plaquant à toi. Tu ne perdras pas, elle ne vaincra pas à ces jeux-là. « Delilah ! »  , crache la voix masculine, toquant brutalement, horriblement contre le bois qui gémit, frémit. Soudainement devenus statues de pierre, vous vous regardez, figés, paralysés. Tu pâlis, blêmis, si il te trouve, il va te tuer.  « Delilah ! Est-ce que ça va ? » Les muscles se défroissent, entamant une tentative d'évasion aussitôt avortés par le poids de la belle sur toi, contre toi. « Réponds, bordel !»  Les yeux plongés dans les siens, elle aurait toutes les raisons de te dénoncer, de te balancer. Tu es, après tout, le seul à être venu l'agresser, la ravager. Tu es le seul qui mérite les foudres du frère pour l'avoir encore touchée ( aimée) (désirée). « C-ça va » , choisit-elle d'une voix hésitante, tremblante, plaquant sa main sur ta bouche alors que tout bas, tu esquissais déjà un « Yax- ». « Ezra ne m'a rien fait, promet-elle, jure-t-elle, l'horrible menteuse dans un froncement de tes sourcils. Il y a un jugement au fin fond des pupilles, là où mord l'injustice de la capricieuse, de la flambeuse.  si jamais il t'a fait du mal, je jure que je le — tu te fatigues pour rien, David. Il est parti juste avant que tu arrives. — Ouvre-moi, Delilah. — Je vais bien, j'allais me coucher. » Ose-t-elle, achève-t-elle pour rassurer le grand frère inquiet. Et tu ne peux pas en vouloir à David, lui, il sait, lui, il connaît ; « Tu vas la tuer, tuer, tuer. », hérisse La Voix. Et David, en retour, te butera. Le pire, c'est que ce sera mérité, que tu accepteras ton sort. Tu subiras le courroux du Yaxley sans broncher, sans esquisser un geste. « Il t'a encore fait pleurer ? »  Et les sourcils se froncent encore plus, la tête se redresse pour la fixer. Elle rosit, rougit, avant d'hurler à t'en casser les oreilles : « IL NE ME FAIT PAS PLEURER,  ARRETE DE DIRE N'IMPORTE QUOI ! — D'accord, d'accord. Je retourne dans l'atelier »  , recule l’aîné. Tu le vois presque lever les mains au ciel, faire un pas en arrière et susurrer pourtant une dernière fois : « Je retourne dans l'atelier, appelle-moi si jamais... » Elle en a besoin, tu reviens la faire pleurer, lui arracher à mains nues le coeur. Et déjà il s'éloigne, déjà tu la repousses, loin de toi, loin de la commande. Tu te jettes dessus, attrapant les baguettes s'abreuvant l'une de l'autre, se rassurant tout doucement, tendrement. Elles font l'amour quand vous faites la guerre.

« Approche et je les brise. », claques-tu, menaces-tu, les doigts d'un bord à l'autre, prêts à les tordre pour les faire craquer, pour les briser. Le calme cache les tempêtes, les orages à même le coeur, des centaines de question sur le bord de la langue. Et elle sait que tu en es capable de faire mal, de casser tout ce qu'il reste de bien avec vous. « Alors, comme ça, tu pleures pour moi ? », lâches-tu, laisses-tu errer comme pour un instant volé de paix.  Dans un autre temps, une autre époque, il y aurait pu avoir de l'amusement, un peu de tendresse dans les yeux. Là, c'est froid, c'est cynique, c'est un peu de poison jeté à son visage comme si tu en avais rien à foutre. Parce que tu es juste obsédé par ce trou dans ta tête, dans ton coeur. Parce que tu vas rien lui lâcher, rien céder.  « Tu pleurais après m'avoir volé mon souvenir ? S'arque la langue, l'accusant encore, la condamnant plus fort de tous ses tords. Tu pleurais après m'avoir cassé ? La bouche se déforme, devenant grimace tenace, horriblement cruel. Au cas où tu ne le saurais pas, Yaxley, le nom de famille est devenu insulte comme lorsque tu le jette au visage de David. Il n'a pas la tendresse que tu y mets pour Dia, il n'a pas sa chaleur. Tu. Ne. Choisis. Pas. Pour. Moi. Martèles-tu, histoire que pour une fois, cette unique fois, ça monte jusqu'à ce qui lui sert de cervelle. Tu ne choisis pour personne parce que tu sais pas ce que je veux, ce que les autres veulent. » Ta baguette crache des gerbes rouges, lâchant des cendres colérique sur le parquet. « Et surtout, surtout, surtout, je n'ai pas besoin que quelqu'un comme toi croit savoir ce dont j'ai besoin ou pas. » Tu n'as pas besoin qu'elle te protège, c'est ton rôle ça. Tu n'as pas besoin d'elle, tu as juste besoin que cette stupide idiote continue à vivre. Tu n'as pas besoin de ces tours de passe-passe, de sa magie hésitante. « Maintenant, tu as le choix : soit, tu me montres ton souvenir parce que tu as été trop stupide pour ne pas garder le mien – elle n'a jamais été fichu de prendre soin de ton coeur ; Est-ce que c'est vraiment étonnant qu'elle piétine aussi ta mémoire ? Est-ce que ce n'était pas évident qu'elle enverrait tout aux chiottes comme une enfant égoïste lassée du même jouet ? Soit, c'est moi qui vais le chercher. » Et dans les orbes émeraudes, il y a toutes les menaces, toutes les crasses que tu es prêt à lui faire subir, vivre. Toi aussi, tu es un putain d'enfant égoïste. Toi aussi, on ne te dit pas non. Les manières d'enfant princier s'égare toujours entre tes doigts, prêt à casser, piétiner, jeter. Comme elle t'a piétiné, jeté, brisé.
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Delilah Yaxley
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Allégeance :  informatrice mangemorte, par intérêt, aveugle encore aux conséquences de ce choix
Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Dim 30 Juil - 21:45


(ezilah) what the hell i'm supposed to do
Le silence n'est pas d'or, il est mortel. C'est une fosse qui se remplit de fantômes.


UNE PALEUR BRUTALE S'INSTALLE, SYNONYME DE TERREUR. La défaite se lit partout sur les traits, du creux de la bouche suppliante au fond des yeux du bleu des larmes. A chaque bout des baguettes jointes, il y a ces mains terribles - et Delilah n'a jamais jamais eu aussi peur d'elles de sa vie. « Approche, promet-il, affreusement serein et elle tremble aux mots qu'elle devine déjà : et je les briseS'il-s'il te plaît, les mots dérapent, trébuchent sous le désespoir qui alourdit leurs syllabes : je t'en supplie, ne fais pas ça. » Mains levées, le corps tout entier se relève, un peu pataud, pour mieux battre en retraite d'un pas en arrière. « Pas ça. » Sa vieille compagne de magie peut bien la détester, Delilah a toujours l'espoir d'une réconciliation qui traîne dans le coeur. C'est comme avec Ezra. Nec possum tecum vivere, nec sine te. Ce n'est pas parce qu'elle ne peut pas vivre avec que vivre sans lui est chose possible. « Ezra. » Il y a tout le désespoir du monde dans le prénom murmuré, mais déjà il attaque, matraque ses rancoeurs contre le coeur souffreteux d'émotions assassines. Là où vivait la colère et le tonnerre, il y a la moquerie et l'acide. « Alors, comme ça, tu pleures pour moi ? » La remarque la prend au dépourvu, les grands yeux cillent, vacillent sous la surprise. Elle n'aurait jamais cru qu'il oserait. La rougeur dans son cou flirte entre la brûlure de l'embarras et la chaleur de la colère, elle penche de l'un à l'autre sans oser basculer.

« Tu pleurais après m'avoir volé mon souvenir ? » Puis le cynisme le cède à l'injuste reproche habillant l'accusation d'insensibilité, de cruauté froide. « Tu pleurais après m'avoir cassé ? » Elle pleure toujours, sans cesse, à cause de lui, à cause de sa présence douloureuse, de son absence agonisante. Entre les soies précieuses et les fourrures veloutées, les pleurs salent les joues et les plaies - et c'est injuste, ça l'est tellement de l'accuser de ne pas souffrir de ce choix. Parce que pendant que monsieur s'agaçait sur les sutures maladroites de sa mémoire, pendant qu'il grattait la croûte fragile des plaies qu'elle avait cherché à refermer, c'est elle (elle, elle et uniquement elle) qui revoyait tout du premier baiser à la dernière étreinte, du premier mot tendre à l'horrible, terrible supplique échappée à leur dernière rencontre. (Je te promets, Delilah … Je ne t'aimerai plus demain) Et c'était une agonie de tous les jours. (Et sa baguette la déteste maintenant, leur relation à jamais scarifiée du sacrifice qu'elle a forcé sur sa compagne) « Au cas où tu ne le saurais pas, Yaxley : Tu. Ne. Choisis. Pas. Pour. Moi. » Alors c'est injuste. « Tu ne choisis pour personne parce que tu sais pas ce que je veux, ce que les autres veulent. » Et les étincelles carmin foutent finalement le feu à son coeur, au sentiment outré d'injustice, et ça dévore tout. « Et surtout, surtout, surtout, je n'ai pas besoin que quelqu'un comme toi (faible) (inutile)  (stupide) (fade) (cassée) besoin ou pas. » Et dans les cendres soufflées par le battement furieux du sang dans ses oreilles, il ne reste que la colère qui mord violemment dans le myocarde. « Maintenant, tu as le choix : soit tu me montres ton souvenir parce que tu as été trop stupide pour ne pas garder le mien, soit c'est moi qui vais le chercher. » Ni l'un, ni l'autre. Le choix se matérialise dans la parabole d'un chausson de soie et de cuir, dans sa chute qui l'atteint au visage, l'inattention de quelques secondes qui laisse le temps d'une retraite vers le dressing et d'un claquement de sa porte magiquement protégée (on est socialite ou on ne l'est pas).

Appuyé contre le bois, le corps glisse jusqu'au sol, les jambes tremblantes de l'effort imposé et de l'adrénaline cramée. « Tu le voulais ! » crie-t-elle à travers le bois. Il l'a dit ! Il voulait l'oublier et ne plus l'aimer. C'est pour lui qu'elle l'a fait, qu'elle a pleuré. C'est à cause de lui pour lui qu'elle crève de froid, qu'elle se perd dans le noir. « Alors va-t-en ! » Ca ne sonne plus comme une demande, ni comme un appel à la raison. L'ordre givre la voix enrouée par la précipitation. « Pars d'ici et abandonne. »

Abandonne la partie.
Abandonne les souvenirs.
Abandonne-moi.
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Ezra Shafiq
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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Lun 31 Juil - 0:44


(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
When you had not touched me yet. Oh, take me back to the night we met. I had all and then most of you some and now none of you.

«  S'il-s'il te plaît , laisse-t-elle échapper dans un ballet de cheveux écarlates, de larmes à même le regard. La soierie, dont elle est drapée, s'étire en même temps que les mouvements suspendent les muscles, font tanguer le corps mince. Souvent, les larmes tombent sur son visage en sillons de tristesse, de détresse. Souvent, elle finit dans cet état là à cause de toi. David a, au fond, raison c'est toujours toi qui l'a fait pleuré, c'est toujours toi qui l'aime mal. Je t'en supplie, ne fais pas ça. »  Elle bat en retraite, sonnant la fin de la guerre, fermant l'enfer d'un pas en arrière. Elle arrête, promis de ses mains levés, de sa pâleur extrême, suprême. « Pas ça. » , murmure-t-elle, égare-t-elle, suppliant pour la baguette, pour vous. Et les doigts sentent trembloter la magie entre les bois jumeaux, sentent esquisser un mouvement de désespoir alors que la pression se resserre. Ne nous tue pas, hurle ses yeux top bleu, tremblent ses lèvres. Tu nous as déjà tué, veux-tu lui cracher au visage, signant les derniers ravages. « Ezra. »  , appelle-t-elle, supplie-t-elle à ton coeur mille fois trop cruel, tombant encore pour elle. « Alors, comme ça, tu pleures pour moi ? » , alors tu attaques, tu désarmes, laissant la moquerie flirter, coucher avec l'ironie. Et elle semble choquée, désarçonnée comme blessée dans une de ces horribles guerre de touché-coulé où vous espérez vous noyer, vous tuer. Où tu espères ne plus l'aimer, où tu désespères de constater, de réaliser qu'il n'y a qu'elle, qu'il n'y aura jamais qu'elle. Et peut-être, est-ce là la plus terrible malédiction que tu apportes, transportes.

Et pour résister, et pour ne pas trop céder, tu la noies de reproches, de regrets véloces. Tu es sans pitié parce qu'ainsi elle apprendra à ne plus  espérer, à ne rien convoiter. Tu te tisses dans la glace, dans les crasses, faisant de toi le parfait connard sans âme. Parce que c'est à ce jeu là auquel tu joues le mieux, auquel tu es le plus doué. C'est pour faire saigner, pour la blesser, que c'est facile, instinctif.   Et peut-être que tu te contentes de jeter à la gueule des autres ce que tu te dis tous les jours, chaque secondes, chaque minutes. Et sans doute que tu vas finir par en crever.

« Elle n'attendra pas toujours, murmure-t-elle, sans cesse. Elle ne t'attendra pas toute sa vie. » Et chaque disputes émaillent tes certitudes, grignotent la gratitude que tu lui dois. Chaque coup te fait reculer, tanguer, hésiter à vraiment renoncer. Parce que tout prend du temps. Tes recherches s'éternisent, s'avachissent sur les étagères de ta bibliothèque, jonchent des nuits sans sommeil. Et il n'y a que des impasses, que des traces effacées, des solutions déjà essayées. Et tu sais, tu sais tellement bien qu'il faudra lui rendre sa liberté, cesser de la chasser. Tu sais qu'il faudra se faire oublier, s'effacer. Tu ne comptes pas abandonner tes recherches, après tout, si toi, tu ne peux pas être heureux, ta sœur a encore une chance. Toi, tu te contenteras de cette solitude dans laquelle on t'enferme déjà, n'imaginant pas que Delilah se dessine derrière toi, dans le creux de tes bras, abandonné dans le secret des draps. Toi, tu peux contenter d'aimer de loin.

« Elle ne t'aimera pas pour toujours », et c'est faux de dire que ça te va vraiment, c'est faux de se dire que tu es bien comme ça. Mais as-tu vraiment le choix, le droit de vouloir encore un peu, de l'aimer encore un peu ?

Et le chausson de cuir et de soie rencontre ton visage, frappe la mâchoire, te faisant reculer, tanguer, lâcher les baguettes à même le parquet. Tu la vois filer, la porte claquer alors que la douleur pulse sous la peau, là où le cuir et la soie a rencontré son ennemi. Et il y a un instant de choc, sous la fuyante souffrance. Les baguettes d'érable entrelacées attrapent tes yeux, te fais réaliser ce que tu as fait, ce que tu lui as fait. « Tu le voulais ! » , hurle-t-elle à travers la porte bien fermée, bien dressée entre vous. Et tu es restée à genoux, les doigts glissant, caressant les malheureuses, les peureuses d'être encore séparées, d'être encore abandonnées de l'une et de l'autre. Pourquoi est-ce si simples pour elles et jamais pour vous ? Tu voulais quoi ? Tu voulais qu'elle te déteste, qu'elle en finisse avec ça, tout ça. Toi, t'es pas bon pour elle.

« Alors va-t-en ! »  , ordonne-t-elle, gémit-elle, parce que tu l'as trop blessé, tu l'as trop fait saigner. Et il est temps de s'arrêter. Alors pourquoi tu veux pas ? Pourquoi tu murmures son prénom tout bas ? « Pars d'ici et abandonne. » , s'enroule sa voix, et tu te souviens que déjà, petite fille, elle pleurait derrière cette grande porte. C'était la barrière entre elle et le monde extérieur. Au-delà, rien ne peut la toucher, la blesser. « Delilah, sors d'ici. », soupires-tu, te relevant doucement, les deux baguettes encore liées. Parce que tu ne peux pas abandonner, tu ne peux pas encore renoncer. Parce que tu sais que si tu pars maintenant, tout est fini, mort sur le parquet. « Je ne vais pas te laisser là. », glisses-tu la voix rauque, les mots qui manquent. Les mains se posent sur la porte de bois, ta bouche laisse s'échapper : « Je ne vais pas t'abandonner. ». Jamais.

Tu fronces les sourcils, tentant de détacher les baguettes, sans y parvenir. Tant pis, tu t'en contenteras. Tu espères juste qu'elle n'a pas eu l'idée (saugrenue) (gênante) de mettre les protections de la Vallée des Rois sur son foutu dressing. Tu inspires profondément, violemment, laissant la magie glisser, s'aventurer hors de tes doigts, s'échapper sur ta langue. Le premier sort frappe le bois, analyse doucement, traçant la magie apposée, pressée, détaillant les lignes à détacher, à délacer du bout des yeux. Le second fait céder, flancher le mécanisme, la porte grince doucement, lentement, rencontrant le dos de Delilah. Lentement, tu glisses tes doigts doucement, prudemment dans entrebâillement de la porte, effleurant son bras  : « Je te jure que je ne vais pas les casser. Alors tu veux bien me laisser entrer ? Un reniflement et tu remballes tes doigts, ayant peur qu'elle les pince pour ne pas te laisser gagner, l'approcher. S'ilteplait. » Et elle ouvre un peu, pas suffisamment pour que vous voyez, mais pas assez pour te laisser entrer : « Qu'est-ce que tu veux ? », renifle-t-elle, et tu ré-aventures tes doigts doucement pour la toucher. « Je veux juste parler. Et … Il y a une hésitation, une lèvre mordue, une gêne diffuse, les joues se teintant de rouge écarlate. Jeveuxm'excuser. » Te faire pardonner de l'avoir blessée, de l'avoir fait tant souffrir parce que vos guerres sont toujours ainsi. Les trêves succèdent aux batailles, aux entailles parce que tu as toujours la crainte de mal faire, de vraiment lui dire adieu. La colère est retombée en cendres, balayée par tes regrets, ta dureté. « Alors pardon. », le murmure s'envole, s'étiole dans un filet de voix, tout bas dans les lueurs du soir de la chambre.

Tu es désolé d'être toujours le même, d'être toujours trop cruel, de dire des mots qui vont la faire pleurer, s'effondrer. Tu es désolé d'être jamais meilleur, de t'étaler en imperfections égoïstes, en amours ébréchés. Et tu viens doucement encercler son poignet, la baguette s'agitant déjà, soufflant le terrible mot. Les voix se font plus fortes, plus vives parce que tu as besoin de savoir, besoin de voir. Les yeux se révulsent, le coeur ralenti, les voix rient, se moquent. Le pouvoir est lâché, débridé, les chaînes se défaisant. Et elle te souffle : « Tout ses efforts pour rien. ». Les doigts s'enferment plus fort, le souffle s'essouffle. « Tu veux voir ? Alors regarde. ». Forcée d'obéir, tu sens la puissance affluer, tout ravager. La magie noire trace son chemin, violant les portes du passé, remontant le fil gourmand de la magie. Et en un instant, tu es Delilah, dans cette chambre. Tu es elle qui te voit l'insulter, lui balancer tout ses reproches. Tu es elle qui souffle ce malheureux « Je t'aime », qui te demande si tu l'aimes aussi. Et tu te vois blêmir, pâlir, l’œil révulsé. Le coeur brisé, tu murmures les mots terribles. Le coeur cloué, tu la vois se précipiter vers toi, s'excuser, pleurer. Et essayer de tout effacer pour te soigner, pour promettre « Je t'aime. Un geste tendre, les lèvres qui se posent sur les tiennes. Je ne t'oublierai jam- » et les doigts lâchent, relâchant, glissant au travers de la porte. Les voix se brisent, la vision retombe, les frissons s'égare ainsi qu'une nausée au creux de la langue. Ça te donne envie de dégueuler à chaque putain de fois. Et tu sais que tu ne devrais pas forcer, que tu ne devrais pas essayer mais tu veux juste un peu contrôler, maîtriser. Tu veux juste être un peu plus puissant, un peu plus attirant. Tu en as eu assez de souffrir sur les dents de ton don, le coeur déchiqueté par l'enfer.

Les gouttes de sueur tombent sur le parquet, tu peines à reprendre ta respiration, à ne pas sentir ta tête tourner, vaciller. Alors lentement, tu t'allonges sur le sol, une trempe contre le parquet froid, l’œil dans le sien. « C'était juste ça ? », un faible sourire naît, les yeux papillonnent. « Tu ne devrais pas me croire quand je suis comme ça. ». Comme si tu étais capable de ne plus l'aimer, de l'abandonner. Tu tends de nouveau les doigts, hyper sensible, les muscles craquant, effleurant les siens. « M-Mais si c'est ce que tu veux vraiment, je vais juste attendre que nos baguettes arrêtent leurs bêtises et je vais partir. » Pour combien de temps ? Pour des jours, des mois, des années ? « C'est ce que tu veux ? Les doigts caressent leur partenaire et une confession un peu sonnée, un peu stone :Je ne veux pas moi », demandes-tu en travers de tes cils noirs, de tes cheveux en pétard, susurrant en silence ; Ce sera pour l'éternité.
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Delilah Yaxley
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Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Lun 28 Aoû - 1:06


(ezilah) what the hell i'm supposed to do
Le silence n'est pas d'or, il est mortel. C'est une fosse qui se remplit de fantômes.


EZRA TRICHE ENCORE, IL TRICHE TOUJOURS. D'un sourire quand il lui chavirait le coeur au dîner, tous les deux au bout de la table des Serpentards. D'un mot gentil quand il éloignait les démons intérieurs. D'un objet offert quand il revenait de l'étranger. D'un baiser volé, d'une étreinte désespérée pour effacer les mots durs, les regards froids, le mépris qui gratte le coeur, la colère qui perce le coeur. Il triche en lui volant son coeur, l'emportant toujours avec lui au loin sans jamais vouloir le lui rendre.

« Je ne vais pas te laisser là. Je ne vais pas t'abandonner. »

Et c'est injuste, vraiment, ces frissons qui glissent, filent sur la peau de porcelaine, puis chutent droit dans le coeur, quand les doigts effleurent son bras. C'est aussi de la triche, quand il dit vouloir s'excuser, parler, juste discuter ; quand il se mord les lèvres, semblant tellement adorablement vulnérable que ça fait monter un goût de culpabilité dans sa gorge. Il sait, elle en est persuadée, il sait très bien comment la bouger, comment la faire aller à droite ou à gauche, comment la faire plonger, cette poupée au coeur trop malléable. « Alors pardon.... d'accord. » laisse-t-elle échapper du bout des lèvres parce qu'elle finit toujours par pardonner et excuser, trop attendrie par les regrets qu'elle sent sur son coeur, trop amoureuse, trop nostalgique de cette douceur qu'elle ressent à son contact. Mais, comme toujours, comme tout le temps : Ezra triche tellement. « Ezra ! s'exclame-t-elle, s'inquiète-t-elle quand elle comprend, trop tard (toujours trop tard) ce qui se joue, ce qu'il trame : Arrête ça ! » Il ne peut pas, elle ne veut pas. Et tirant sur le bras, elle essaie d'échapper à son emprise, se moquant bien des onglets qui griffent le poignet fragile dans leur impitoyable étreinte. « S'il te plaît, arrête ... » Delilah ne voit rien, n'entend rien - et pourtant, elle revit tout, portée par le fil des émotions qui, peau contre peau, cognent à nouveau le coeur, réouvrent les blessures fraîches. C'est comme un coup de poing en plein ventre, un poignard en plein coeur. Ca lui coupe le souffle dans un râle de douleur qui se multiplie au souvenir mal enterré. Ca tire les larmes du passé sur le bord des yeux écarquillés, les accrochant sur l'ourlet de ses cils. « Je ne veux pas, Ezra. » Elle aurait voulu ne jamais jamais revivre ça - elle souhaite simplement s'arracher le coeur, le jeter au loin pour le voir pleurer sa moitié égarée. Mais lui, il piétine tout, se moquant bien de ses efforts et de ses sacrifices, le prince égoïste.

« Tu as tout cassé ! » Trop aiguë, l'accusation vacille entre blessure et colère lorsque tout s'apaise, tout sauf ce profond, détestable sentiment de trahison et d'injustice, le coeur encore à vif des émotions déterrées. « Tu ne devais pas voir ça » grince-t-elle sur les accents d'une toux sèche. Et les mots tombent, sans considération pour la faiblesse qui allonge Ezra sur le sol, pour le tremblement de la poitrine secoué d'une respiration compliquée. Au bout de cette main qu'elle lui arrache, il y a l'envie qui court de claquer la porte, de s'enfermer et de ne jamais ressortir - de prendre des mesures drastiques puisqu'il fait l'enfant qui n'écoute rien. « C'était juste ça ? Le sourire l'estomaque, elle a l'outrage prêt à bondir, à rugir au bord des lèvres : Tu ne devrais pas me croire quand je suis comme ça.Je ne te crois plus maintenant ! » Et Delilah sait qu'elle sonne un peu comme une enfant contrariée, une princesse vexée. Elle sait qu'elle l'a dit cent fois, l'a juré mille fois - et ne s'y est jamais tenue mais Merlin, Morgane et Salazar, elle promet que cette fois, c'est la vérité, écartant sa main lorsqu'elle voit approcher ses doigts. (Comme toutes les fois avant, et toutes les fois après) « M-Mais si c'est ce que tu veux vraiment, je vais juste attendre que nos baguettes arrêtent leurs bêtises et je vais partir. » Il suffit de dire oui. Trois lettres, une syllable - un mot sur le bout de la langue pour tout signer, tout arrêter. « C'est ce que tu veux ? » Non, ce n'est pas ça qu'elle veut. Mais c'est ce qu'il faut faire, pas vrai ? Même si ça fait mal. Le résultat est le même, pas vrai ? Elle comptait bien sortir de sa vie après tout. (Elle espérait juste pouvoir le regarder encore un peu, même si c'était de loin, avant de s'effacer totalement) « Je ne veux pas moi. »

« Non, elle cède dans un souffle. La tête aussi trace le mot, envoyant valser les mèches rousses qui voilent la tristesse au fond des yeux : je ne veux pas non plus. » Mais Delilah ne quitte pas le dressing, elle ne sort pas de sa cachette. Elle ne quitte que son champ de vision, dénouant les regards à regret et derrière la porte, sa respiration tremble sous la terreur - sûrement que ça lui fait un peu peur. (Sans doute qu'elle se condamne en faisant ce choix) « Non, elle répète, le dos appuyé contre la porte, refusant de le regarder, de voir ce que ça lui fait : c'est moi qui dois partir. »


    I'll never set you free

    Sometimes I ignore you, so I feel in control. 'Cause really, I adore you, and I can't leave you alone. Fed up with the fantasies that cover what is wrong. Come on, baby, let's just get drunk, forget we don't get on. (...) Yeah, I wait for you to open up, to give yourself to me. But nothing's ever gonna give, I'll never set you free.
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Ezra Shafiq
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Âge :  vingt-sept ans
Sang :  sang maudit, sang pur, la malédiction s'accroche à tes veines
Allégeance :  neutre, la politique n'est que vaste fumerie à tes yeux
Profession :  langue-de-plomb spécialisé dans la mort, tu es de ces explorateurs, de ces conteurs que les voyages amènent si loin, tellement loin de l'angleterre
Ancienne école :  les serpentards de vert et d'argent t'ont accueillis entre leur bras.

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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Mar 29 Aoû - 1:18


(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
When you had not touched me yet. Oh, take me back to the night we met. I had all and then most of you some and now none of you.

Égoïste, tu sais que tu t'y prends mal, qu'au final, tu lui fais toujours du mal. Tu comprends vraiment plus comment agir sans couturer les tragédies dans le patchwork de vos drames, de ses larmes. C'est un peu facile de dire ça, de penser ça, mais tu l'aimes mal. Tu sais qu'il vaudrait mieux s'éloigner. Tu sais qu'il vaudrait mieux la laisser partir, lui offrir une chance de bonheur loin de toi, de tes bras, de tes draps. Tu sais, putain, tu sais tellement bien.

Pourtant, tu peux pas.
Parce que, sans elle, tu vas mourir, dépérir. Même si c'est d'un peu loin, même si tu ne la vois pas tous les jours, tu as besoin d'elle comme on a besoin de respirer ou bien de manger. Et peut-être que c'est un peu cruel, un peu débile de ne pas vouloir la partager, ni la laisser s'en aller, t'abandonner mais tu ne peux qu’espérer, supplier de trouver vite un remède, vite une solution. Parce qu'il y a beau avoir Neith, il y a beau avoir ses bras toujours accrochés à toi, toujours sa voix dans un coin de ton esprit, elle n'est pas et ne sera jamais Delilah. Si Neith est le point de repère, le phare dans une nuit éternelle, Delilah est la passion, la déraison titubant sous les vagues d'amour qui menacent de te voir sombrer, t'effondrer. Sans doute, même que tu finiras par t'y noyer, par totalement vaciller. Sans doute que cette fois, tu l'aimeras pour la vie, tu briseras tous les interdits.

« Ezra ! Hurle-t-elle, lâche-t-elle, s'oubliant, se froissant dans l'oubli alors que tu plonges dans le flot du passé, que tu tires les ficelles pour délivrer la vérité.  Arrête ça ! » Tu n'es pas empathe, pas comme elle. Tu ne sens pas vibrer les émotions, les esquisser, les retracer mais son timbre est léché d'angoisse et de crasse de terreur. Et tu serres un peu plus son poignet, tentant vainement de la rassurer, de lui susurrer que tout va bien. Tu as l'habitude, non ? Le passé est toujours accusateur, le passé est toujours grippé de ce goût ferreux, orageux sur le bord de ta langue, il roule en mer de sang, couturé par les drames, la crasse des maladies, de ce que tu ne peux pas arrêter, de ce qui est déjà décidé. « S'il te plaît, arrête ...  , demande-t-elle, un peu suppliante, un peu pleureuse, déjà. Pourtant, tu ne veux pas la laisser s'échapper, tu ne veux pas la laisser oublier. Parce que tu sais, qu'elle va t'oublier si tout s’achève ici. La voix s'emmêle, capharnaüm épouvantable, fragilisant tes défenses, les assassinant sans un regret et le souffle décline :  Non. » . Il est un peu faible alors que la réalité te déchire, que La Voix expose les faiblesses, crucifie le coeur. Et la seule idée fixe est que si tu ne sais pas, si tu t'en vas comme ça : elle va t'oublier.  « Je ne veux pas, Ezra. » , souffle-t-elle, les yeux écarquillés, gagnés par les larmes, saignés de ses armes brisées, abandonnées à même le parquet. Et tu n'entends pas, tu n'entends plus, dévoré par la vision, croqué par tes propres démons.

« Tu as tout cassé ! » , caresse la voix tendre et fluette, alors que tu regagnes la réalité, que tu t'effondres sur le sol. Tu sais bien que tu ne fais que la tuer progressivement, que tu la brises silencieusement, alors que les larmes se bordent à ses cils. « Tu ne devais pas voir ça » , tu sais ce qu'elle a abandonné ce jour-là, tu sais ce qu'elle a égaré. Tu l'as senti sa douleur, tu les as senti ses pleurs rouler sur ses joues. Et tu sais comme tu es responsable de sa toux, de ses frayeurs, de sa douleur aussi. Tu sais que c'est toi qui l'a rendu malade. Tu les rends toujours malade, les femmes que tu aimes, que tu chéris, même en silence, même sans rien dire. Elle arrache ses doigts aux tiens, juge et bourreau, refusant de t'offrir encore l'avantage. Au fond, Delilah apprend, ne fait pas deux fois la même erreur, elle sait que tu es un voleur, que tu es un tricheur. Elle sait que le menteur ne se repent jamais, ô grand jamais. «  Je ne te crois plus maintenant ! »  , sonne-t-elle en princesse trop précieuse, donne-t-elle en amante boudeuse. Elle assassine de sa langue, avortant les espoirs qui naissent mal habiles, un peu débiles par delà le sourire. Parce que tu es un peu rassuré que ce ne soit que ça. Parce qu'il y a une part de toi qui a cru lui avoir vraiment, vraiment fait du mal. Tu sais que la malédiction finira par te la voler, te l'arracher. Tu sais que tu finiras par regretter. « M-Mais si c'est ce que tu veux vraiment, je vais juste attendre que nos baguettes arrêtent leurs bêtises et je vais partir. » Tu sais que tu ne vas jamais, jamais te le pardonner. « C'est ce que tu veux ? » Tu sais que tu ne devrais pas le souffler, le laisser glisser à ses oreilles, balayant ton coeur et toutes tes erreurs. « Je ne veux pas moi. » Ta seule faute est après tout l'amour.

« Non,  et dans les yeux verts, le soulagement grignote la pupille, te faisant légèrement te redresser, l'observer. Tu esquisses déjà le geste pour tendre un peu plus le bras, l'attraper doucement contre toi et ouvrir cette putain de porte qui vous empêche de vous regarder, de vous aimer. Le ventre est d'ailleurs un peu noué.  Je ne veux pas non plus. »  et elle achève de te faire gagner de l'espoir, d'avoir assez d'amour pour elle, de s'en foutre de cette malédiction à la con. Peut-être qu'au fond, c'est ça qu'il faut faire : l'aimer sans un regret. Il y a l'illusion de pouvoir en profiter, de la voir sourire un peu comme avant, lorsque tu dansais avec elle. Il y a l'illusion du temps à rattraper, de son ventre rond, du premier enfant, du mariage et des rires en pagailles. Il y a, soudainement, le besoin de profiter du temps offert, de ne pas se soucier de demain. Demain, c'est demain, non ? C'est encore un peu loin. Mais elle ne sort pas, elle ne s'échappe pas et tu croasses : «  Delilah ? Non, murmure-t-elle, répète-t-elle, alimentant les visions d'avenir à même la rétine. C'est moi qui dois partir. » et il y a quelque chose qui crise, qui se brise. Et la moquerie est ténue, vicieuse. Tu entends son rire, tu sens la peur vriller l'avenir, écrasant ton coeur. Et ta main s'écrase contre la porte, la bouche vient glisser : « Deli – Comme un glapissement d'animal blessé, comme une frayeur toxique sur le bout de la langue. Je t'en prie … Ne fais pas ça. »

Ne me laisse pas, semble risquer le cœur.
Ne m'oublie pas, supplie-t-il, quémande-t-il.
Parce que tout ce que tu fais, tu le fais pour elle.
Parce qu'il n'y a plus rien sans elle. Parce que ça ne sert plus à rien d'exister, de respirer si elle n'est plus là. Parce que, dans l'oeil vert, tout est lucide et tu vois bien ce que veut dire une vie où son sourire n'est plus là, où tu n'entendras plus son rire.

Spoiler:
 

« Reste là, je t'en supplie. », aboies-tu soudainement, brutalement, trouvant de la force dans l'adrénaline. « Ne pars pas. », ajoutes-tu, te gardes-tu, quelque chose d'horrible dans le fond des yeux, quelque chose que seul toi peut voir. Et tu disparais brutalement dans la chambre de Diantha, tirant brutalement maladroitement sur la pensine. Tu menaces de la faire tomber une ou deux fois. Tu menaces aussi de tomber sur David, ce qui est pire. Brutalement, tu la ramènes dans l'enceinte de la chambre, refermant la porte derrière toi. Les filaments argentés sortent de ta tête, soulageant un peu le poids dans ton estomac, soulageant un peu la peine. Un à un les souvenirs s'échappent, dérapent. Les visions te délestent de leur horreur, de leur douleur qui frappe ton coeur.

Tanguant, tu ouvres doucement, prudemment la porte : « J-Je dois juste te montrer pourquoi t-tu ne peux pas. » Pourquoi elle ne peut pas tout à fait t'abandonner, te délaisser sur le bas côté. Pourquoi tu as encore besoin d'elle, encore besoin de vous. Et au-delà des maladresses, des défauts trop prononcé, peut-être qu'elle le sent, qu'elle le ressent au milieu des larmes, des drames. Tu la serres fort contre toi, en l'emmenant vers la pensine. Une larme vient brouiller le fil de l'eau, provoquant une succession de ronds à sa surface. Et tu ne sais pas très bien si c'est elle ou toi. Tu ne sais plus trop, en te collant dans son dos. Effondrés à même le sol, elle est entre tes jambes, le dos appuyé sur ta poitrine, les baisers sont semés dans ses cheveux roux, dans sa nuque et tu supplies doucement, tendrement : « Ne pars pas. Ne me laisse pas. ». Comme si dans cette pensine résidait le début et la fin de toi, de vous. Comme si cette fois, tu devais prendre le risque de t'exposer, de t'imposer. Comme si, au fond, tout cela suffisait. Comme si tes regrets étaient assez.

Et Delilah a encore un peu confiance, elle plonge le nez dans l'eau, brouillant son calme. Les yeux grands ouverts, tu la regardes tout regarder, tout fixer, retenant juste ses cheveux dans une queue de cheval fermé sur ton poing pour ne pas la mouiller, pour ne pas qu'elle tombe un peu plus malade. Et tu continues à semer les baisers comme pour te faire pardonner, en priant pour qu'elle ne t'abandonne pas. En suppliant pour qu'elle t'aime encore un peu après tout ça.

Elle ne tarde pourtant pas à émerger, en toussant et tu souffles en la tournant vers toi, en trempant ton écharpe pour l'essuyer, pour qu'elle te fixe. « Tu ne peux pas partir, parce que sans elle, tu ne peux pas vivre, tu ne peux plus vivre. Tu ne peux pas. » Parce que si elle meurt, toi aussi, tu meurs. « T-Tu comprends ? , souffles-tu, les yeux encore chargés de larmes. Je n'ai pas encore trouver de remède. Un baiser s'échappe, dérape. Il faut juste … me laisser du temps. Il faut juste que tu m'aimes encore un peu. Et il y a comme quelque chose de désespéré dans tes yeux. Je t'aime, je veux ... t'aimer toute ma vie. A-Alors, ne me quitte pas. »
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Delilah Yaxley
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Sang :  sang pur. parfait mélange entre modernité et traditions, la preuve que l'ouverture n'est pas synonyme de déperdition.
Allégeance :  informatrice mangemorte, par intérêt, aveugle encore aux conséquences de ce choix
Profession :  experte en artefacts magiques. sachante enfermée dans son laboratoire, jamais un pied sur le terrain.
Ancienne école :  slytherin. ambition dévorante d'atteindre le sommet, de tutoyer les cimes qui voient évoluer le reste de sa fratrie. comme un besoin de s'élever, de se prouver.

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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Mar 12 Sep - 18:17


(ezilah) what the hell i'm supposed to do
Le silence n'est pas d'or, il est mortel. C'est une fosse qui se remplit de fantômes.


CA LA CREVE, RIEN QUE D'Y PENSER. Elle ne veut pas les abandonner, elle ne veut pas l'abandonner. Dans sa poitrine, le souffle se brise en sanglots, le coeur se noie dans des flots d'une mer salée de leurs désespoirs. Ca la crève, et elle savait déjà que ça la crèverait. Elle le savait déjà. C'est un peu d'elle qu'elle a tué en piétinant ses souvenirs, c'est un peu d'elle qu'elle a étouffé en diluant son image dans l'esprit d'Ezra. Elle le savait déjà, tout ça. Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il faudrait partir maintenant, s'en aller tout de suite. Elle a juste espéré avoir un peu, rien qu'un peu plus de temps, une dernière inspiration avant la noyade, un brin de soleil avant la tempête. Comme un condamné, elle a espéré se faire à l'idée d'être un peu morte, un peu plus brisée. Avoir un peu moins peur. Et Ezra a tout cassé. « Deli » Le corps se recroqueville plus encore contre la porte, la chair veut lui faire barrière - ne pas le laisser entrer, ni dans le dressing, ni dans le myocarde palpitant, agonisant. Elle ne doit pas. « Je t'en prie … Ne fais pas ça.Tu ne devais pas t'en rendre compte » confie-t-elle, mordant fortement la lèvre, perçant la peau fragile. Dans sa voix, il y a comme une accusation de n'avoir, une fois encore, qu'à sa tête. Parce qu'Ezra Shafiq, depuis tout petit, n'aime pas les plans des autres - jusque dans leurs jeux où il disputait avec Diantha, avec David. Mais est-ce que, pour une fois, juste cette fois, il n'aurait pas pu se laisser porter ? Est-ce qu'il ne pouvait pas juste lui faire un peu confiance ? « Ca ne devait pas être comme ça pour toi. » Pour lui, ça aurait été indolore, comme un rêve qui s'efface, s'essouffle aux premiers rayons du soleil. Ils n'auraient pas été obligés d'être deux à agoniser, il aurait pu simplement l'oublier, la laisser s'en aller comme il l'avait demandé. Delilah serait partie, elle promet, elle l'aurait fait après un dernier regard, une dernière inspiration avant la chute. « Mais tu as tout cassé. »

« Reste là, je t'en supplie. » Les tonalités graves prennent un ton d'ordre - et Delilah comprend mal, elle s'imagine qu'encore, Ezra agit en prince égoïste, en seigneur dictant les lois et les destins, certain d'être celui qui décide. « Ne pars pas. » Les pas s'éloignent, l'orage avec - sans doute qu'il pense vraiment qu'elle va obéir parce que c'est ce que font les autres face à lui, parce qu'elle n'est que la petite Yaxley, la docile, fragile Yaxley. Vaguement, une petite voix susurre à son oreille que, sûrement, il a une idée derrière la tête pour la garder ici, conserver le petit oiseau dans sa cage dorée. Elle y réfléchira plus tard, claque l'émotionnel en berne - demain quand elle demandera à Hooky de préparer ses malles, demain quand elle annoncera la nouvelle à ses parents, si elle en a le courage, si elle ne fuit pas simplement par la petite porte, trop honteuse de les decevoir à nouveau. Maintenant, ce soir, elle veut juste faire son deuil, enfermée dans l'armoire, bien à l'abri des regards déçus et des ouïes trop fines de sa famille.

La surprise la pousse plus profondément contre le fond de l'armoire quand les émotions d'Ezra s'agitent de nouveau de l'autre côté de la porte. Quelques pas, un objet posé puis plus un bruit ne froisse le silence de la chambre, aucun son ne se glisse à son oreille sinon ses propres sanglots, séchés dans le tissu d'une robe ou d'un jupon. Mais contre le coeur, il y a une cacophonie émotionnelle qui ne trompe pas, ne leurre pas la biche hors de son abri où il l'accule, en ouvrant le pan du large meuble. Et le corps se tasse plus au fond, les muscles se tendent sur les os fragiles. « Qu'est-ce que tu fais ? » Une panique vibre sur la lippe tremblante, trahit le sentiment d'agression qui la prend à la gorge, lui noue les tripes. Toujours ça a été à l'abri contre le monde entier ici, offrant quiétude et solitude dans une vie sans cesse envahie d'un brouhaha émotionnel. Toujours ils l'ont laissée tranquille, ici, dans le théâtre de ses larmes depuis l'enfance, quand bien même ils savaient, se doutaient, l'imaginaient. Jamais personne n'est venu la débusquer jusqu'ici, brisant le dernier cocon de soie, abattant la dernière forteresse de papier. « J-Je dois juste te montrer pourquoi t-tu ne peux pas » demande-t-il, supplie-t-il, le désespoir tendant ses mains vers elle pour la sortir du placard. Entre ses bras, elle devient un petit animal roux aux pas vacillants, au coeur tremblant, incertain de son sort, qu'Ezra ramène dans la chambre. Assise contre lui, aucun mot n'ose s'échapper, tracer les milliers de questions qui se bousculent pourtant sur la langue en voyant la pensine de Diantha et les souvenirs qui y flottent. Que veut-il ? Elle ne comprend rien au magma d'émotions qui s'agitent en lui, brûlent contre sa peau, dévorant les propres émotions de son coeur, les recrachant laquées d'une terreur terrible. « Ne pars pas. Ne me laisse pas.Je dois regarder ? » La question est timide, portée par le fil d'un murmure, encouragée par la douceur des lèvres qui se perdent dans ses cheveux, contre la peau trop chaude de sa nuque.

La chute est terrible. Il y a quelque chose d'étrange à se voir morte, endormie pour l'éternité, dans cette robe qu'elle aime tellement (qu'elle brûlera en revenant). Il y a un bouleversement pire encore à le voir le regard fermé, hanté ; à savoir que derrière le vert digne se cachent les douleurs. A les voir fleurir, s'épanouir sur le cadavre de son coeur. A tendre la main vers lui, à vouloir le consoler sans pouvoir jamais le toucher, l'atteindre. Et son coeur se serre à l'idée que c'est la même chose que là-bas, là où les souvenirs tissent les visions.

La remontée est brutale quand elle veut échapper à la vision d'un Ezra devenu fou, revenant dans les bras, les agrippant de ses doigts angoissés, apeurés. Le souffle est bousculé, les yeux sont bouleversés, les larmes ravagent les joues pâles. « Tu ne peux pas partir, tu ne peux pas. T-Tu comprends ? » Elle n'est pas certaine de bien comprendre ce qu'il souffle. Dans ses oreilles, vibrent encore les hurlements terrifiants. Elle l'entend encore crever, dévoré par la folie, même en se réfugiant dans ses bras, même en se cachant contre lui. « Je n'ai pas encore trouvé de remède. » Elle imagine tous les remèdes - est-ce qu'il a vu autre chose sur la raison de sa mort ? est-ce qu'il parle d'un remède à son chagrin ? Elle imagine des remèdes à tout (et inconsciemment, ses doigts tirent le tissu de la robe de chambre sur les jambes, cachant les stigmates) sauf à la malédiction des Shafiq. « Il faut juste … me laisser du temps. Il faut juste que tu m'aimes encore un peu. Je t'aime, je veux ... t'aimer toute ma vie. A-Alors, ne me quitte pas.C'était une vision ? » La voix porte tous les accents de l'angoisse. Est-ce que c'est le futur qu'elle a vu ? Le souvenir d'un futur prêt à frapper à leur porte, à les abattre ? « C'est ce qui va t'arriver ? C'est pour ça que tu ne dois plus m'aimer ? Pour ne pas devenir fou ? Pourquoi tu ne m'as pas dit ? » Est-ce qu'il la croit égoïste à ce point ? Le passé l'a tissée égocentrique adolescente, capricieuse jeune femme alors qu'il cherchait à la repousser - mais c'était parce qu'elle ne savait pas, c'était parce qu'elle ne comprenait pas. « Je ne suis pas intelligente, le murmure est un peu triste, résigné : elle n'est pas Diantha qui comprend tout sans effort, elle n'est pas David qui saisit tout avec facilité : il faut m'expliquer les choses. Je t'aurais aidé à m'oublier ... je peux t'aider encore » - à m'oublier à nouveau - tu n'auras pas besoin de remède. » Peu importe elle, si ça le préserve, n'est-ce pas ? Le coeur entier se révolte, convulse d'une nausée, animal primaire seulement préoccupé par sa survie immédiate. Pourtant elle continue : « mais, moi, je t'aime - je t'aime depuis si longtemps, l'aveu est cédé dans un souffle à peine échappé entre les lèvres et les doigts serrent sur le tissu précieux de la robe de chambre, esquissant l'éternelle honte de ne pas être assez forte, d'être trop fragile : je ne sais pas comment ne pas t'aimer. » Comme un drogué en manque, ça la rend malade de ne pas pouvoir discuter avec lui, de ne pas pouvoir rire avec lui, échanger avec lui - ça la rend malade de voir d'autres personnes pouvoir lui parler sans que des insultes soient échangées, sans que ce soit une succession de mots durs et d'insultes. « Alors si je t'aide, sa voix se charge de notes d'espoir, poussées par le coeur qui bat plus fort, trop fort sans doute et l'émail d'une dent s'agite sur la lèvre hésitante : laisse-moi rester, laisse-moi t'aimer, même de loin. » Delilah ne demande que ça, de pouvoir l'aimer de dizaines, de centaines petites affections sans se tailler le myocarde sur le tranchant de leurs injures. « On peut juste être amis et ce sera comme un amour à sens unique, d'accord ? Je ne te demanderais pas plus, je te promets, je ne prendrais pas beaucoup de place dans ta vie. »


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Ezra Shafiq
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MessageSujet: Re: (ezilah#2) what the hell i'm supposed to do   Mar 19 Sep - 21:40


(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
When you had not touched me yet. Oh, take me back to the night we met. I had all and then most of you some and now none of you.

« Qu'est-ce que tu fais ? ». Hécatombe de sentiments, le vibrato de sa voix creuse la tombe de tes ressentiments, étouffant les rancœurs qui te bouffe le coeur. Les accents de panique se gravent dans le bleu de ses pupilles, agrandissant le trou béant dans ta poitrine. Elle a raison, au fond, tu casses toujours tout. Enfant déjà, tu avais cette boulimie d'amour aux saveurs de vanille, de myrtille. Enfant déjà, tu ne supportais pas de perdre. La mort d'une mère, la disparition du père n'ont faits que creuser des gouffres de peur d'être laissé seul, de savoir que l'amour se perd en un claquement de doigt. Et ce sont ces angoisses qui nouent tes doigts à elle, qui ne cessent de la soutenir, en espérant la retenir. Overdose de douceur, tu ne veux pas l'abandonner, tu ne veux rien oublier de sa fragilité, de ses yeux embrumés de larmes, de drames. Tu veux tout effacer, soigner, l'aimer bien pour une fois, pour cette unique fois. Et vous vous effondrez, bordés l'un contre l'autre, serrés l'un à l'autre.

La fuite de ta bouche te pousse à semer une nuée de baisers, affichant ta tendresse, ta délicatesse. Parce que là, tout bas, dans la chaleur de ses cheveux, dans sa peau frémissante et trop blanche, elle est bien là, au creux de tes bras. Elle est encore un peu là, un peu à toi. Même si elle hésite un peu, même si elle tremble un peu. D'un oui sur ses hésitations, tu ratures la moindre indécision, question. Ce n'est qu'un murmure enrouée, une voix bloquée. Et pourtant, elle obéit sans rien demander, sans rien objecter. Comme si elle sentait que l'argent dansant contre le verre est un peu de toi mis à nu. Comme si elle sentait que la vérité était là, dénudée, offerte à ses grands yeux clairs.

Et tu sais qu'après tout ça, elle ne t'aimera plus vraiment, plus tellement. Tu sais qu'elle te pleura comme tu ne cesses de la pleurer, comme elle ne cesse de te hanter. Ses doigts pâles s'enroulent, s'agrippent brutalement  tes bras comme si elle craignait de te voir t'envoler, disparaître. Les cheveux tremper, elle tente de se cacher, d'échapper à la terrible vision, au destin qui se tisse, s'épaissit. Tu tentes de le contrer, de ne pas le regarder. Il arrive parfois que ce ne soit pas scellé. «  C'était une vision ? » , glisse-t-elle dans un frisson d'angoisse crasse. Et tu hésites, tanguant entre les réponses. Rien n'est jamais défini tant que le point final n'est pas posé, tant que ce n'est pas passé. Des milliers de possibilités, de probabilités s'emmêlent.  « C'est ce qui va t'arriver ? C'est pour ça que tu ne dois plus m'aimer ? Pour ne pas devenir fou ? Pourquoi tu ne m'as pas dit ? » Le flot de ses questions arrive en vagues assassines, divines, t'écrasant du houle de leur poids. Tu glisses tes lèvres dans ses cheveux tentant de l'apaiser, de la calmer.  « Je ne suis pas intelligente,  un regret s'effiloche sur le fil de sa voix. Elle s'est toujours déconsidérée, vue plus bête qu'elle ne l'était. Combien de fois l'as-tu vu pleurer parce que Diantha et David faisaient mieux à son âge ? Combien de fois l'as-tu vu souffrir de penser qu'elle n'était rien, en bas de cette fratrie de génie ? Si Dia avait les mots, elle lui dirait combien elle envie, admire sa sociabilité, son aisance à se faire aimer. Delilah n'a jamais été l'aventureuse, mais elle est celle qui détient tous les coeurs, qui accapare toute la chaleur, les ardeurs. Et toi, pauvre fou, tu ne fais que la suivre, la poursuivre, espérant t'y brûler encore un peu les ailes, avoir un tout peu d'elle.  Il faut m'expliquer les choses. Je t'aurais aidé à m'oublier ... Je peux t'aider encore. Le non est énergique, totalement grippé d'une peur vorace, qui te bouffe la pupille.  Tu n'auras pas besoin de remède. »  « Je ne veux pas. » d'une vie sans toi.

« Mais, moi, je t'aime - je t'aime depuis si longtemps, cède-t-elle, avoue-t-elle. Et toi aussi, il y a longtemps que tu l'aimes depuis ce stupide bal – où tu aurais dû lui voler ce baiser. Depuis cette jalousie piquée au coeur à chaque fois qu'elle te laissait manger seul – tu aurais dû la retenir, lui dire de rester, de ne pas y aller, de ne pas les regarder. Depuis tant de temps que tu sais qu'elle sera la seule à porter la bague de Maman.  Je ne sais pas comment ne pas t'aimer. » , enfonce-t-elle en froissant la robe de chambre, en tentant de cacher les stigmates brûlants de son accident.  « Alors si je t'aide,  laisse-moi rester, laisse-moi t'aimer, même de loin. » , elle n'en a pas besoin de tout ça. Tu ne la laisseras pas rester loin de toute façon, tu as trop peur qu'un autre lui dérobe son coeur. « On peut juste être amis et ce sera comme un amour à sens unique, d'accord ? Je ne te demanderais pas plus, je te promets, je ne prendrais pas beaucoup de place dans ta vie. » « On ne peut pas. », oui, ça aurait été plus simple, ça ferait peut-être moins mal. Mais il y a aussi la vérité, cette petite voix qui ne cesse de le suggérer. L'amitié a depuis longtemps foutu le camp, s'est cassé aux quatre vents. « On ne peut pas, répètes-tu, un peu amer, un peu le coeur au bord des lèvres. Parce que tu es égoïste, parce que tu ne peux pas la laisser s'en aller. Et tu la retournes face à toi, pour plonger tes yeux dans les siens, voir ses larmes couler, s'évader. N'essaie pas. Les mots sont difficiles. De ne pas m'aimer. Tu glisses tes doigts tout contre sa joue, ta voix se perdant un peu. N'essaie pas, parce que tous les deux, on est nuls à ce jeu là. »

Et c'est la vérité. Toi, tu sais pas jouer, tu sais pas te montrer indifférent, jamais totalement avec elle. Jamais vraiment pour un de ses sourires, de ses rires. Et peut-être que c'est un peu de désespoir qui t'englue les ailes de t'accrocher, de laisser les doigts couler, glisser sur sa peau fraîche. Parce que toi, tu ne fais que trembler pour elle, la respirer à chaque bouffée d'air frais. « Ne m'aide pas. Je ne veux pas d'amour à sens unique. La voix est calme, lente, pesante. Cette fois, tu avoues tout, tu lui dis tout. Peut-être avec maladresse. Sûrement avec moins de délicatesse que tu espères. Aime-moi. » Les mèches rousses roulent en gerbe de feu entre tes phalanges, tissant un chant où tu vas tout perdre, où tu acceptes de tout perdre. Même elle.

Les deux visages sont à quelques centimètres de distance, les souffles se mêlent, s’accélèrent.  Les fronts se rencontrent, et les coeurs accélèrent, s'enterrent. Tu veux bien la folie si c'est pour une minute contre elle, à elle. Tu veux bien tout abandonner si elle t'aime encore un peu. Le vert plonge dans le bleu, s'y noie sans hésiter, aveuglé par une confiance inébranlable, irrévocable. S'exprimer est toujours un peu brouillon, un peu fouillis. Tu n'es pas elle, oiseau social charmant d'un battement de cil. « C'est une possibilité. L'avenir n'est jamais tout à fait défini tant qu'il n'est pas passé. Un chuchotement contre ses lèvres rosées, un peu craquelées par les pleurs, par trop de peurs. L'encre n'est pas encore séchée, vos destinées pas tout à faits tracées. Et il y a encore un peu d'espoirs : le remède trouvé, un mariage et des millions de rires qui fleurissent sur les murs d'une maison. Et puis parfois une gamine blonde aux yeux trop clairs se précipite vers toi, t'appelle papa. Le bonheur succède aux malheurs, fils d'espoirs au milieu du dépotoir de votre histoire, au milieu des coups bas, et des cessez-le-feu. Je ne veux plus t'oublier, je ne peux pas … être moi sans toi. Je ne peux pas, il y a comme des millions de peurs dans les yeux verts, filant comme des météores prêts à tout dévaster, à tout ravager. Tu es là, ta grande main recouvre la sienne, la plaquant contre ta poitrine, là où tout s'emballe, là où tout explose. Et ici, ses doigts glissent contre ta trempe. Elle est tout simplement partout. Crasse, elle s'est faufilée sur chaque instants de ta vie, refusant de laisser à une autre sa place. Et tu ne lui en veux pas tellement, pas vraiment. J'ai juste besoin de temps pour trouver un remède à la malédiction. Au fond, tu trembles toujours un peu en laissant ce mot s'évader, te gagner. Il est un peu comme un tabou, une terrible fatalité sur laquelle tant des tiens se sont fracassés. Je veux que tu sois en sécurité. Elle n'a pas à finir comme ta mère, malade désespérée clouée à ce grand lit pour ce corps trop mince. Je ne veux pas que tu meurs à cause de moi. L'aveu est tendre, cristallisant toutes tes erreurs, toutes tes frayeurs parce que si tu l'aimes un peu trop, elle va se casser, elle va se briser. Alors, je t'en prie, je t'en supplie, le râle est court entre tes lèvres, charriant tes vieux démons et ton amour trop grand, le laissant la percuter de plein fouet, réaliser que tout ce que tu fais, tu le fais pour elle, attends-moi. » Un baiser à la commissure de ses lèvres, un sourire un peu fragile sous-entendant timidement : Aime-moi de près
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(ezilah#2) what the hell i'm supposed to do
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