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 Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)

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MessageSujet: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:44

Lachman Esther Judith
When you care about someone, you just do, and nothing changes that.


A little taste of magic on your lips
▲ Nom : Tu le murmures du bout des lèvres, Lachman, comme une malédiction, un fardeau qui pèse sur tes frêles épaules. Avant, ce n'était qu'un nom comme les autres. Tu te souviens de cette époque, quand tu courrais dans les rues de Paris, un sourire plaqué sur tes lèvres et l’insouciance qui habitait ton regard. Mais c'était il y a longtemps, n'est-ce pas? Parce que Lachman  c'était trop juif pour les moldus et que c'est trop moldu pour les sorciers. Ashryver. Tu as porté ce nom pendant quelques années. Parce que la crainte t'a forcée à accepter de renier ta famille, de renier tes croyances. Un nom qui aurait pu t'éviter les misères infligées par le monde sorcier, mais que tu as choisi de ne plus porter, choisissant de devenir une paria.
▲ Prénom : Judith, ça vient de l’hébreu יְהוּדִית qui veut dire « femme de Judée ». Tu l'as appris en faisant des recherches sur tes origines quand tu avais dix ans. Tu n'as appris que quelques mois plus tard que tes parents avaient choisis ce prénom uniquement parce qu'il était un bon compromis pour réunir toutes tes origines en un seul prénom. Mais c'est toujours plus classe de sortir la signification hébraïque à ton sens. Esther, dans l'Ancien Testament, c'était une reine, femme du roi de Perse. Mais tu n'as rien d'une reine toi et de toute façon tu t'en fiches de ton second prénom. Il est juste là sur ton acte de naissance pour faire plaisir à une vieille tante que tu as à peine connue.
▲ Date et lieu de naissance : Souvent tu as entendu ta mère te raconter ce fameux cinq juillet mille-neuf-cent-vingt-six, parce que c'était, d’après elle, le plus beau jour de sa vie et qu'elle ne se fatiguait jamais de le raconter. Mais tu te fiches de savoir qu'il faisait très chaud à Paris ce jour-là, que le médecin avait une haleine fétide et que tu as mis presque douze heures avant d'enfin pousser ton premier cri. Parce que ça, tout le monde s'en fou, ce qu'on demande sur les papiers c'est la date et le lieu.
▲Nature du sang : Sang-de-bourbe, impure, tu as le malheur d'être une né-moldue. Si toi tu ne comprends pas vraiment en quoi ça te rend différente des autres sorciers eux se font un malin plaisir de te la rappeler constamment. Tu leur es inférieure, une moins que rien, un être méprisable qu'on peut malmener juste pour le plaisir.
▲Profession : D'aussi loin que tu puisses t'en souvenir, tu as toujours aimé chanter. Tu te souviens des soirées dans le salon, ton père qui jouait du violon, ta mère au piano et toi au chant. Plus tard, ton petit frère est venu se joindre au tableau avec sa flûte traversière. Que de bons souvenirs, une ambition naissante qu'on a essayé d'écraser. Parce que tes parents voulaient mieux que ça pour toi, parce que tu avais les capacités de faire autre chose. Et l'espace d'un temps, tu as rêvé d'autre chose aussi. Médicomage. Mais dans le monde d'aujourd'hui, qui voudrait d'une sang-de-bourbe pour le soigner ? Alors t'as tout fait pour qu'on t'entende chanter. Tu ne t'arrêtais presque jamais, que cela soit dans le monde moldu ou dans le monde sorcier. Tu voulais devenir chanteuse et tu le deviendrais, coûte que coûte. Et on t'a entendu chanter. Dans le mauvais monde. T'étais une aubaine pour ce cabaret, une chanteuse à la voix angélique qu'on pouvait se permettre de payer des clopinettes. T'aimes chanter, mais les souvenirs merveilleux ont laissé place à un goût amer dans la bouche.
▲Statut matrimonial : Tu as connu l'amour une fois. C'était il y a longtemps, mais tu l'aimais et on t'aimait en retour. En secret. Tu sais qu'il n'aurait pas pu en être autrement. Parce qu'aux yeux du monde votre amour était contre nature. Mais tu l'aimais et elle t'aimait. Tes plus beaux souvenirs sont sans doute ces moments passés avec Mia. Mais c'était il y a longtemps et tu ne l'as plus revue depuis bien des années. Tu sais que c'est ta faute, c'est toi qui as mis un terme à votre histoire, toi qui t'es distancée d'elle chaque jour un peu plus. À cause de lui, mais ça, tu ne le diras pas. Tout comme tu n'avoues jamais qu'il est la raison pour laquelle tu ne crois plus à l'amour, la raison pour laquelle tu ne crois plus mériter être aimée. Célibataire, il ne pourrait pas en être autrement, parce que tu rejettes toute personne essayant de te donner ne serait-ce qu'un peu d'amour. Sauf lui, mais même lui n'est plus là.
▲Ancienne maison (ou école pour les bulgares) : Quand tes camarades de compartiment t'ont présenté les quatre maisons, toi, tu as cru que tu irais chez les Pouffsouffles. Parce que tes parents t'ont toujours appris qu'un travail acharné t'emmènerait partout et puis, à l'époque, tu te pensais loyale. Alors, forcément, quand le Choixpeau a décidé que tu appartenais aux Serpentards tu as d'abord été un peu surprise. Et puis tu as compris. Oui, tu travailles dur, oui tu sais te montrer loyale, mais ces qualités ne sont rien comparé à ta ruse et ton ambition.
▲Patronus : À l'heure actuelle, il t'est bien difficile de créer un patronus. Sans doute que tu le pourrais si ta vie en dépendait, mais autrement plongée dans ta dépression, tu n'arrives pas à te concentrer sur les bons souvenirs, plutôt sur les mauvais. Autrefois, pourtant, tu étais plutôt douée pour créer ton patronus, un magnifique Lynx. Tu n'as d'ailleurs jamais vraiment compris pourquoi il prenait cette forme et tu n'as jamais vraiment cherché à comprendre.
▲Baguette Magique : En bois de Rowan ta baguette mesure douze centimètres et demi et possède en son cœur un ventricule de dragon. Flexible, ce qui la rend parfaite pour la métamorphose.
▲Particularité : Culpabilité du survivant. Si tu ne t'étais pas cachée auprès de la famille de Mason, si tu n'avais pas eu la chance d'appartenir au monde sorcier et d'avoir une échappatoire, tu aurais été avec eux. Ta famille, tes amis, tes voisins. Toutes ses pauvres âmes exterminées simplement à cause de leur religion. Tu aurais dû être un autre nom sur la liste interminable des victimes des camps. Mais tu as survécu et tu t'en sens coupable. Une culpabilité qui t'a poussé dangereusement vers la dépression. Tu ne t'en rends pas compte, parce que tu te sers du sort qu'on réserve aux né-moldu comme moyen d'expier ta faute.
Trilingue. Tu ne t'étales que rarement sur tes origines, c'est pourtant grâce à elles que tu parles trois langues. Le Français, langue maternelle, la première que tu as parlé ayant grandis dans les rues de paris. L'anglais, la langue de ton père, que tu as appris très tôt, ton paternel ayant toujours eu à cœur de vous l'apprendre à toi et ton frère. Ce qui s'avéra bien utile quand tu as dû aller à Poudlard. L’hébreu, héritage d'une culture que tu caches encore parfois, par habitude, parce qu'il n'y a pas encore si longtemps, le cacher s'était survivre.
▲Amortentia : Tu ne sais pas si tu serais encore capable de sentir quoique ça soit de cette vile potion aujourd'hui. Malgré tout, tu te souviens des fragrances qui émanaient d'elle autrefois. Il y avait l'odeur iodée de la mer qui se jette avec force sur les rochers, souvenir de tes vacances en Normandie quand tu avais huit ans. Mélangé à l'odeur du vieux papier peint, cette odeur si particulière qui te rappelle la maison que vous habitiez autrefois avec ta famille. Et puis, il y a la vanille, tu prétends que tu ne sais pas pourquoi, mais tu sais. Tu sais que c'est le parfum qu'elle portait, ce parfum sucré que tu adorais. Mais c'est plus facile de faire comme si tu avais oublié, pas vrai ?
▲Epouvantard :Tu as réussi à te convaincre que ta plus grande peur c'est le vide. Mais ce n'est pas le cas et fond de toi, tu le sais. Être face à un épouvantard correspond à être face à toi même. Toi avec le regard vide, coincé dans un hôpital psychiatrique. Lobotomisée. Tu sais que c'est la matérialisation de ta peur qu'on découvre ton attirance pour les femmes. Parce que c'est le sort qui attend les personnes comme toi.

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Silencio
pour servir ma cause

"Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ?"
Tu es quelqu'un de secret, Judith. Tu n'aimes pas parler de toi, de ton passé. Tu gardes en toi un jardin secret que personne ne semble capable de découvrir. Pourtant, tu n'en n'es pas moins quelqu'un de sociable, capable de te faire rapidement des amis, même si tu leurs cache bien des choses. Même si on te juge bien souvent discrète, tu es impulsive, le genre de personne qui n'aura pas peur de jouer des points, à condition d'avoir des chances de gagner le combat, bien entendu. Pour survivre, tu sais que tu es prête à bien des sacrifices, quand bien même cela ne semble pas être le cas actuellement. Mais ce que tu es surtout, c'est une âme brisée, un cœur éclaté et un être sur qui la solitude commence à peser.

"Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ?"
Tu es passée d'un tyran à un autre. Quand, enfin, le monde moldu semblait plus prompt à t'accepter, c'est le monde sorcier qui a décidé de faire de toi un paria. Comme s'il ne t'étais pas possible d'appartenir aux deux mondes en même temps, comme si on te forçait à choisir entre l'un ou l'autre. Ce qui n'a pas changé depuis que Grindelwald a prit le pouvoir, c'est la peur qui t'habite. Celle qui a élu domicile au fond de ton estomac quand la France a abdiquer devant le tyran allemand. Ce qui a changé, c'est que tu ne te caches pas cette fois. Tu laisses la discrimination te frapper de plein fouet. Tu portes ta rune comme tu aurais dû porter ton étoile. Tu les laisses t'insulter, te rabaisser, t'humilier. Tu les laisses te voler tes rêves de gloire, tes rêves de grandeur.

"Vous voyez un passant dans la rue se faire malmener par deux spaseni, serviteurs de grindelwald, que faites-vous ?"
Tu viens d'un peuple pacifique toi. Regarde où ça l'a mené. Tu viens d'un peuple qui a la fâcheuse manie de tendre l'autre joue. Mais pas toi. Toi, tu es du genre à rendre les coups voire même à frapper en premier. Toi tu ne tends pas l'autre joue, toi tu frappes et tu cherches à comprendre ensuite. Impulsive, tu sais tout de même quand un combat est perdu d'avance, alors tu choisis tes batailles, parce que tu n'aimes pas vraiment perdre et que si tu éprouves parfois un certain plaisir à donner des coups, tu n'aimes pas vraiment en recevoir. C'est pourquoi dans une telle situation, tu ne ferais rien, rien d'autre que de baisser la tête et continuer ton chemin.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
Tu y vois l'impossible, une divine utopie, chimère d'une vie passée, d'une vie depuis longtemps perdue. Tu vois ton père avec son violon et tu peux presque entendre la mélodie qu'il entame. Tu vois ta mère assise à son piano, les doigts dansant sur les touches avec grâce et délicatesse.  Tu vois ton frère avec sa flûte et tu te retiens pour ne pas lui dire de garder la tête droite. Souvenir d'un tableau que tu aimais temps, enjolivé par la présence de deux autres personnes. Mason, adossé au mur, le même regard que lorsqu'il avait douze ans et t'écoutait chanter, la crinière ébouriffée et un sourire sur les lèvres. Et puis il y a Mia avec ses longs cheveux blonds qui tombent sur ses épaules. Mia avec son sourire angélique et son regard envoûtant. Mia qui entremêle ses doigts aux tiens. Vision d'une vie que tu crèves d'envie d'avoir, vision d'une vie que tu n'auras jamais. La mort ayant emporté presque toutes les personnes qui tu aimais le plus au monde, ta connerie ayant repoussé la seule personne qui t'a fait prendre pleinement conscience de se qu'aimer veut dire.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
Tes doigts effleureraient sans aucun doute la pierre de résurrection. Parce que qui ne rêve pas de faire revenir un être cher à la vie. Mais la résurrection relève de pouvoir divin et toi tu n'es pas de ceux qui veulent se prendre pour Yahvé. Sans doute que la cape attirerait ton attention aussi, tu ne comptes plus les fois où tu as rêvé de pouvoir disparaître, d'être invisible aux yeux des gens. Mais c'est bien la baguette qui gagnerait tes faveurs, seulement, tu n'en as pas conscience à l'heure actuelle. Plongée dans une dépression que tu ignores, tu as muselé ta colère et tes envies de grandeur. Mais, un jour, tu ne seras plus rongée par ta culpabilité et ce jour-là tu réclameras ta vengeance. Une vengeance que ni la cape ni la pierre ne pourraient t'apporter.

▲ pseudo ou prénom : B-Twin; Audrey.
▲ âge :  27 ans (et oui j'ai dû compter  )
▲pays :  France 
▲ Connexion  :  Presque quotidienne, en fonction du boulot  .
▲ scénario ou inventé :  Inventé
▲ avatar :  Alycia Debnam-Carey 
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  Au début j'allais dire, grâce à une nana formidable, mais j'ai peur qu'elle prenne le melon après .
▲ quelque chose à rajouter :  Pas pour le moment .
▲ crédits :  Applestorm (avatar); tumblr (gifs)
CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS


Dernière édition par Judith E. Lachman le Sam 16 Juil - 0:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:45

Mudbloods and murmurs
Walk as if you are kissing the Earth with your feet.



1942 – Norwich Tu laisses l'eau brûlante couler le long de ton corps et mordre ta peau. Les yeux fermés, tu tentes de retenir des larmes qui, pourtant, continuent de couler le long de tes joues. Les images défilent sur tes paupières clauses, encore et encore. Ton corps endolori réclame un repos que tu refuses de lui donner. Parce que tu n'arrives plus à dormir, Judith. Alors tu passes une grande partie de tes nuits à fixer la porte d'entrée de ta chambre, craignant d'y voir apparaître le visage de celui qui est passé de meilleur ami à bourreau. Et quand tu t'endors, Judith, les cauchemars te réveillent. Alors tu ne sais plus vraiment si tout ça était une bonne idée. Tu ne sais plus si ta survie vaut bien ces sacrifices. Tu ne sais plus si tu es prête à souffrir, à le laisser te briser, juste pour vivre. Les bras croisés, main sur tes épaules, tu t'offres une étreinte réconfortante qui n'a rien de chaleureux. Tu voudrais que ta mère soit là, qu'elle te serre dans ses bras et qu'elle te murmure que tout ira bien. Tu voudrais que ton père soit là, qu'il fasse passer à Mason l'envie de te toucher contre ton grès. Tu voudrais que David soit là, cherchant par tous les moyens à te faire sourire. Mais ils sont loin, Judith, et cela fait déjà plusieurs jours que tu n'as pas eu de leurs nouvelles. Eux, d'habitude si prompts à t'envoyer des lettres, même pour te parler de tout et de rien. Surtout pour ça. Tu sais qu'ils ne te disent pas tout, tu sais que leur situation est bien pire que la tienne. Tu sais que tu as de la chance et que tu ne devrais pas te plaindre. Les larmes redoublent sur tes joues, quand bien même elles disparaissent avec l'eau. Tu devrais t'estimer heureuse, en sécurité, près de Londres et avec un certificat de baptême qui dort dans un des tiroirs du bureau. Mais tu n'y arrives pas, parce qu'on t'a volé ton innocence contre ton grès. Parce que le coupable s'avère être une des personnes que tu aimes le plus dans ce monde. Parce que tu sais que ça change tout maintenant. Tu enfonces tes ongles dans la peau fragile de tes épaules jusqu'à ce que des gouttelettes de sang se mêlent à l'eau brûlante. Tu avais confiance en lui, Judith. Il était ton ami. Ton meilleur ami. Et, dans ton cœur, tu as envie de croire qu'il l'est toujours. Mais, dans tes cauchemars, il n'est plus rien d'autre qu'un bourreau. Et tu ne veux pas croire que Mason soit la même personne que l'homme qui a osé te faire du mal. Il avait son visage, il avait sa voix, mais ce n'était pas lui, n'est-ce pas ? Bien sûr que si, c'était lui, Judith. Tu peux vivre dans le déni autant de temps que tu le souhaites, mais ça ne changera jamais rien. Et plus tu y penses et plus tes jambes peinent à te porter, alors tu t'assoies maladroitement sur le sol de la douche. Tu ramènes tes jambes tout contre ta poitrine et tu les encercles de tes bras. Tu n'as pas envie de croire que ce soit vrai. Pourtant ça l'est et tu le sais. Et tu sais ce qu'il, tu sais ce qu'il attend de toi. Tu n'en as pas envie, ça non, mais tu n'as pas le choix. Tu n'as pas le choix parce que ton instinct de survie est plus fort que tout. Parce que, égoïstement, tu préfères être là qu'en France. Mais, ça aussi, c'est une vérité que tu voudrais nier, Judith. Tu voudrais affirmer vouloir être à Paris avec ta famille. Mais tu sais que tu ne veux pas d'un destin tragique. Tu sais que leur lettre te suppliant d'accepter la proposition de Mason n'est pas vraiment ce qui t'a poussé à l'accepter. Tu sais que ce n'est que ton égoïsme. Mais tu t'excuseras, Judith, un million de fois, quand la guerre sera finie, quand ta mère sera de nouveau là pour te serrer dans ses bras, quand ton père se fera une joie de frapper Mason et quand David sera là pour te faire sourire de nouveau. Bientôt. C'est ce que tu te répètes, encore et encore. T'accrochant à l'espoir que la guerre sera bientôt finie, que tu pourras bientôt retourner vivre à Paris avec tes parents. Que bientôt tout ça sera terminé, qu'une fois que vous ne vivrez plus sous le même toi, Mason redeviendra celui qu'il était avant. Que tu retrouveras ton meilleur ami, que jamais plus il ne te forcera à être plus que ça. Bientôt.

1943 – Poudlard Tu sais que tu ne devrais pas, mais tu la regardes. Comme chaque fois qu'elle n'a pas conscience de ta présence. Comme une habitude qui te fait plus de bien que de mal. Tu la regardes et ton cœur se serre. Elle te manque. Tu ne l'avoueras jamais à voix haute, mais elle te manque. Tu sais que c'est stupide, parce que tu la vois tous les jours, parce que vous êtes restée amie. Mais ce n'est plus pareil, ce n'est plus comme avant. Et c'est ta faute, tu le sais. C'est ta faute, mais ça ne veut pas dire que c'en est moins difficile. C'est ta faute, mais ça ne veut pas dire que ça ne te tue pas à l'intérieur. Elle te manque, Mia. Parfois, tu te dis que tu n'aurais pas dû mettre un terme à votre histoire. Parfois, tu te berces dans l'illusion que ça aurait pu marcher, que vous auriez pu continuer à vivre votre histoire, cachée. Ça n'aurait pas été parfait, mais tu aurais pu être heureuse. Parce qu'elle avait ce pouvoir de tout rendre plus simple quand elle te prenait dans ses bras. Parce que quand tu te noyais dans ses prunelles, tu arrivais à oublier le monde qui t'entoure, à oublier tout ce qui t'empêche de dormir la nuit. Parce que quand elle t'embrassait tu avais l'impression que rien ne pourrait jamais t'arracher ce bonheur qui prenait place dans ton cœur. Oui, parfois tu regrettes de l'avoir quittée, mais tu te souviens pourquoi et tu sais que tu as pris la bonne décision. Tu sais que c'était la meilleure chose à faire. Mais c'était aussi la plus douloureuse, Judith et, aujourd'hui, elle te manque. Tu as l'impression que même lorsque vous êtes côte à côte, elle est à des années-lumière de toi. Elle te manque et quand Mason t'embrasse c'est à elle que tu penses. Parce ses lèvres à lui ne seront jamais aussi douce que ses lèvres à elle. Elle te manque et tu ne t'autorises pas à en pleurer. Elle te manque et tu n'as personne à qui en parler. Personne pour t'aider à oublier que son absence te brise le cœur. Alors il ne te reste plus que ces instants volés passés à la regarder. Ces moments trop rares où, pendant quelques minutes, l'écho de votre relation passée te prend dans ses bras et apaise ton cœur torturé. Ton cœur manque un battement quand elle lève la tête dans ta direction. Tu devrais baisser le regard, tourner les talons et faire comme si de rien était. Mais tu ne peux pas, Judith, au lieu de ça, tu te perds dans ses prunelles quelques instants. Tu sas que tu ne devrais pas, mais tu ne peux pas t'en empêcher. Parce qu'elle te manque, parce qu'elle n'est qu'à quelques mettre de toi, mais qu'elle te semble si loin. Tu voudrais lui dire combien tu es désolée, lui murmurer au creux de l'oreille que tu as menti, que tu l'aimes toujours. Tu espères que ça ne se lit pas dans ton regard, parce que tu ne veux pas qu'elle le comprenne. Tu ne veux pas qu'elle sache. Alors tu détournes le regard, Judith. C'est douloureux, mais c'est la meilleure chose à faire. Tu détournes le regard et tu commences à marcher. Doucement, quand bien même tes jambes te hurlent de courir. Tu as la gorge sèche et les yeux humides. Tu voudrais te blottir contre elle, mais tu fais tous les efforts possibles pour t'éloigner d'elle. Tu ne sais même pas où tu vas, Judith, tu avances, c'est tout. Sans penser, sans réfléchir.

1945 – Paris Tes mains tremblent et tes jambes peinent à te tenir. Ton cœur bat trop fort dans ta poitrine et ton estomac semble avoir été noué une dizaine de fois. Tu sais qu'ici t'attends sans doute le pire. Mais ton cœur se gorge de l'espoir que, peut-être, ils s'en sont sorti. Parce que tant qu'on ne te dira pas le contraire, tu refuseras de croire qu'ils sont morts et que tu ne les reverras jamais. Malgré tout, tu ne trouves pas la force de t'approcher de la liste. Cette liste remplie du nom de ceux qui sont revenus de l'enfer. Trois ans que tu n'as plus de nouvelles, trois ans passés avec la peur au ventre. Et, aujourd'hui, tu te sens terriblement seule, Judith. Parce qu'il n'y a personne avec toi, personne pour te donner ce courage qui te manque, personne pour te rattraper quand tu t’effondreras devant l'effroyable vérité. Mais tu le savais, c'est pour ça que tu t'es enfilé deux verres de Whisky-pur-feu avant de venir. Du courage liquide pour affronter cette épreuve dans une solitude qui te pèse. Tu observes ceux qui se sont approchés de la liste, ceux qui ont la réponse à leurs questions. Tu vois parfois le soulagement, souvent l'anéantissement. Et cela ne t'aide pas à te décider. Tu ne sais pas si tu es prête à savoir. Tu ne sais pas si tu es prête à quitter ton déni, à accepter que non, tes parents n'ont pas tout simplement refait leur vie ailleurs, loin de la menace, loin de la guerre. Parce que cette idée est sans doute bien plus douce que la vérité. Mais quelqu'un te bouscule, Judith, et c'est ce dont tu avais besoin pour te décider. Tu t'approches de la liste, la peur au ventre. Et tu cherches leurs noms. Tu en reconnais certains. Des voisins, d'anciens camarades de classe, des oncles, des tantes. Tous perdu, assassinés par un fou, un tyran, un monstre. Et puis tu vois son nom. Lachman, David. Les larmes coulent le long de tes joues. Ton petit frère, ton petit ange s'en est sorti. Mais pas ton père. Pas ta mère. Et tu es déchirée entre ta joie de retrouver ton petit frère et la douleur d'avoir perdu tes parents pour toujours. Parce qu'ils ne reviendront pas, Judith, tu le sais maintenant. […] Tu regardes le jeune homme allongé sur le lit, tu sais qu'il s'agit de David, pourtant tu n'arrives pas à le reconnaître. Il a les joues creusées par la faim et la maladie, sous ses yeux des cernes semblent avoir élu domicile depuis longtemps. Ses boucles brunes ont été rasées et ses cheveux semblent refuser de repousser à certains endroits. Tu te mords l'intérieur des joues pour ne pas pleurer. Mais si tu ne reconnais pas ton frère, c'est à cause de l'éclat dans son regard. À lui aussi on lui a arraché son innocence. Ainsi que sa joie de vivre et son si beau sourire. Tu as envie de le prendre dans tes bras, de le serrer tout contre toi, mais tu n'oses pas. Et quand il pose enfin son regard sur toi, c'est comme si on venait de te figer sur place. C'est David, c'est ton petit frère et pourtant, il ressemble à un étranger. « Judith? ». Même sa voix, tu ne la reconnais pas. Elle est brisée, rauque, abîmée. La seule chose que tu arrives à faire, c'est d’acquiescer d'un signe de tête et de faire un pas en sa direction pour te retrouver à côté de son lit. Tu te croyais brisée, Judith, tu pensais avoir souffert, avoir connu l'enfer. Mais dans les yeux de ton frère, tu vois que tu avais tort. Tu vois que ce que tu as subi n'était rien comparé à lui. Et à toutes ces pauvres âmes qui ont péri sous le joug d'un psychopathe. Et tu n'y tiens plus, Judith, tu prends ton petit frère dans tes bras. Maladroitement, d'abord, parce qu'il est surpris et qu'il ne t'aide pas, mais, éventuellement, il passe ses bras autour de ton cou et tu le serres contre toi. « Tu es revenu… Tu es en sécurité maintenant… Je ne laisserais plus personne te faire du mal… Je te le promets. ». Mais à qui fais-tu vraiment cette promesse, Judith ? À lui ou à toi ? Tu ne vois pas dans ses yeux, qu'il ne te croit pas, tu ne vois pas le vide dans ses prunelles, le désespoir et l'horreur. Reflet des images gravées dans ses prunelles ses trois dernières années. Mais toi, tu as besoin d'y croire, Judith, pas vrai ? Tu as besoin de croire que plus jamais tu ne perdras un être cher. Tu en as besoin, pour continuer d'avancer. Mais il ne sait pas qu'un nouveau tyran a décidé que vous n'étiez pas digne de vivre et tu ne sais pas qu'un mal intérieur le ronge.

1945 – Norwich Tu es déchirée, Judith, une fois de plus. Parce qu'il y a une part de toi qui ne peut pas s'empêcher d'être soulagée. Parce que tu n'auras plus à jouer un rôle dont tu ne voulais pas. Parce que tu es enfin libre de son emprise. Parce que tu te dis que, lui aussi, il a sûrement retrouvé une certaine liberté. Que, peut-être, celui que tu as connu il y a bien des années à trouvé le repos de l'âme et est enfin débarrassé des démons que le rongeait. Et puis, il y a cette autre part de toi, celle qui pleure la disparition d'un ami cher. Celle qui se met à suffoquer en réalisant qu'elle a perdu une personne de plus et à qui il ne reste plus que son frère. Un frère brisé, détruit par les horreurs de la guerre. Cette part de toi, elle est prête à supplier tous les dieux juste pour que Mason revienne. Qu'importe si cela veut dire plus de tourment pour toi, qu'importe ce qu'il voudra de toi. Tu veux juste qu'il soit là. Pourtant, tu ne pleures pas, Judith. Parce que tu as déjà tant pleuré. Souvent à cause de lui, d'ailleurs. Malgré tout, tu te tiens là, avec ses parents et quelques membres de sa famille, prête à mettre un cercueil vide en terre. Et ton cœur se serre, ton cœur se brise. Tu t'en relèveras, Judith, tu t'en relèves toujours, mais, à cet instant, tu ne peux pas t'empêcher de penser que l'univers s'acharne sur toi. Et tu aimerais savoir pourquoi, tu aimerais comprendre. Mais tu sais que tu n'auras jamais les réponses. Tu n'écoutes pas le prêtre, parce que de toute façon tu en connais si peu sur les coutumes de cette religion, malgré ton baptême. Tu n'as jamais cherché à en savoir plus que le nécessaire pour survivre. Tu les regardes faire descendre doucement ce réceptacle vide. Tu sais ce que c'est de faire un deuil sans corps. Tu sais combien ça fait mal, combien il est facile de se bercer d'illusions, de se créer une autre réalité dans son esprit. Tu le fais encore parfois pour tes parents. Tu t'imagines qu'ils ont décidé de ne pas rentrer sur Paris. Tu t'imagines qu'ils ont réussi à s'échapper avant la libération, qu'ils ont reconstruit leur vie ailleurs. Pourtant tu sais que ce n'est pas vrai. Tu sais qu'ils n'auraient jamais abandonné David. Mais ce n'est pas grave, ça met du baume à ton cœur. Alors tu te décides à faire pareil pour Mason. Tu t'imagines qu'il a été blessé lors d'une bataille. Tu t'imagines qu'il est alors tombé sous le charme de l'infirmière qui s'est occupée de lui lors de sa convalescence. Tu t'imagines qu'elle a réussi à guérir son âme là ou tu ne semblais que la torturer. Tu t'imagines qu'il est heureux dans ses bras, qu'ils parlent de se marier et de fonder une famille. Mais tu sais que ce ne sont que des chimères, des illusions dans lesquelles tu te berces pour que tout soit plus facile. Reine du déni, c'est ta façon de survivre. Tu sens une main se poser sur ton épaule et tu sors de ta rêverie. Son père te regarde avec les larmes aux yeux, tu ne dis rien, te contente d'un signe de tête. Ils s'en vont, mais toi tu restes. Tu restes parce que tu ne sais pas vraiment si tu veux les rejoindre. Tu ne sais pas si tu veux leur compagnie à cet instant, tu ne sais pas si tu veux les entendre te parler de lui. Alors tu restes là, devant ce trou qu'on vient de recouvrir de terre. « Pourquoi je n’arrive pas à te détester? ». Tu ne reviendras sûrement jamais sur cette tombe, alors tu te dis que c'est le moment où jamais de vider ton sac. « Après tout ce que tu m'as fait ! Après tout ce que j'ai sacrifié pour toi... ». Ta gorge se serre alors que tu ne peux pas t'empêcher de penser à Mia. Tu l'aimais Mia, mais tu l'as quittée à cause de lui. Parce que tu ne voulais pas qu'il l'apprenne, parce que tu avais peur de ce qu'il ferait. « Je devrais me réjouir que tu ne sois plus de ce monde. Je devrais être capable de me dire que c'est pas grave, que je m'en fou, que tu le mérites. ». Les larmes te montent aux yeux et tu n'essaies même pas de les retenir. Tu t'en fiches de pleurer. « Et pourtant je n'y arrive pas. Au lieu de ça, mon cœur se brise une fois de plus ! Au lieu de ça tu continues à me manquer, Mason. Je devrais te détester, mais je continue à t'aimer comme on aime un frère. Et je t'en veux pour ça. ». D'un geste de colère tu essuies les larmes qui coulent le long de tes joues. Tu lui en veux. Tu lui en veux pour ce que tu ressens. Tu lui en veux de t'avoir laissée toute seule lui aussi. Tu lui en veux pour tout ce qu'il t'a fait subir. Tu lui en veux pour un million de choses, Judith, pourtant, tu l'aimes aussi et tu ne sais pas comment tu vas te relever de ça.

1947 – Paris Tu ne reconnais pas les murs qui t'ont vu grandir, Judith. Le papier peint fleuri a disparu, laissant place à des teintes ternes et sans vie. Le piano de ta mère n'est plus là, l’étui à violon de ton père ne repose plus sur le manteau de la cheminée. Les souvenirs se dessinent encore clairement devant tes yeux, mais tu as l'étrange sensation qu'ils ne se sont pas passés dans cette demeure. Et c'est un peu vrai, sans doute, tout est tellement différent. Ton cœur se serre, mais tu ne fais rien voir, Judith. Tu ne pensais jamais revenir ici, tu savais que tu n'étais pas prête à affronter ce que tu y trouverais. Mais il ne t'a pas laissé le choix. « Ils ont vendu notre maison juste quelques heures après notre arrestation, tu le savais ? On était enfermés comme des bêtes et eux ils se faisaient déjà de l'argent sur notre dos. ». Tu sens la fêlure dans la voix de ton frère comme jamais avant. Tu ne l'as plus jamais revu sourire, Judith, tu as essayé pourtant. Tu as tout donné pour tenter d'insuffler de nouveau l'éclat dans ses yeux.  Mais tu as échoué et tu t'en rends compte à cet instant plus que jamais. « Maman n'a pas survécu au voyage. Elle est morte dans le train. Et parfois je me dis qu'elle a eu de la chance. ». Ton sang se glace face aux mots de ton frère. Il a toujours refusé de te parler de ce qu'il a vu, de ce qu'il a vécu. Il a toujours refusé de te dire comment vos parents étaient morts, te laissant t'enfoncer dans ton déni, te laissant imaginer un millier de scénarios qui te permettaient d'avancer. « Papa est mort un an plus tard. La maladie et la faim ont eu raison de lui. ». Tu serres les dents, Judith. Tu as si souvent encouragé ton frère à te parler de tout ça. Tu pensais que ça l'aiderait peut-être, tu n'avais jamais pensé à l'effet que ça te ferait à toi. Les larmes te montent aux yeux et tu étouffes un cri quand ton frère te dévoile l'arme qu'il a dans la main. « David... ». Tu ne sais pas quoi dire, Judith. Tu n'as pas les mots pour aider ton petit frère et ça te terrorise. Tu as déjà tant perdu, tu ne veux pas le perdre lui aussi. Tu sais que c'est égoïste, mais tu ne sais pas si tu pourras survivre à une perte de plus. Alors, quand il pointe l'arme vers toi, tu te sens presque soulagée. Prête à accepter ta mort comme une libération. « Tétais où pendant ce temps là Judith ? Tu faisais quoi pendant qu'on nous traitait comme des bêtes ? Quel festin tu avais pendant qu'on mourrait de faim? ». Tu sens la colère dans ses mots et tu vois la peine dans ses yeux humides. Il a raison, Judith, tu t'es cachée, égoïstement. Tu es restée à l'abri à Poudlard, chez Mason. « Ce n'est pas juste que toi tu t'en sois sortie indemne ! ». Tes larmes coulent lentement le long de tes joues. Tu ne t'en es pas sortie indemne, Judith. Tu sais que tu ne pourras jamais comparer tes tourments au sien. Tu sais qu'il a souffert plus que toi. Tu sais que tu as été chanceuse. Mais tu ne t'en es pas sortie indemne. Tu as tes propres blessures, tes propres démons. Tu voudrais pouvoir le lui dire, pouvoir le lui faire comprendre. Mais les mots refusent de quitter ta gorge. « David… S'il te plaît... ». Tu ne sais pas si tu le supplies de t'épargner ou si tu le supplies de te tuer. « Je suis désolé, Judith. ». Tu plonges ton regard dans le sien et tu y vois toute sa peine, toute sa détresse. Et puis tu le vois retourner l'arme contre lui. Alors le temps semble s'arrêter. Un cri strident arrive jusqu'à tes oreilles et il te faut plusieurs secondes avant de te rendre compte que c'est toi qui viens de le pousser. Tu entends le coup de feu partir avant de pouvoir réagir. Tu sens des bras s'enrouler autour de ta taille alors que tu t'apprêtais à te jeter sur ton frère. Et tu te débats, Judith, tu hurles, tu cris, tu supplies. Tu ne quittes pas le corps de David du regard, comme si ça pouvait le faire revenir, comme si ça pouvait changer quelque chose. Tu lui hurles de se relever, tu frappes les bras qui te maintiennent. Mais Judith, David n'est plus là, lui aussi vient de t'abandonner. Judith, ouvre les yeux, cesse de vivre dans ton déni, tu n'as plus personne, tu es seule. Et c'est en réalisant ça que tu baisses les bras, Judith. Tu abandonnes, tu ne veux plus te battre. Tu hésites à prendre l'arme de David et à la retourner contre toi. Mais on te tient toujours et puis tu n'en aurais pas le courage. Mais tu abandonnes, Judith, épuisée de te battre pour une illusion de bonheur que tu ne connaîtras jamais.

1951 – Londres Tu fixes ton verre de Whisky-pur-feu, le liquide brun te renvoyant une image floue et déformée de ton visage. Tu as des cernes sous les yeux, quand bien même tu as tenté de les cacher avec du fond de teint. Tu laisses échapper un léger soupir avant de prendre une gorgée. Tu as beau avoir l'habitude, le liquide te brûle l’œsophage. Tu sais que tu ne devrais pas boire autant, mais tu ne sais plus vraiment comment te séparer de cette mauvaise habitude. D'abord, c'était pour faire passer le trac. Ensuite, c'était pour oublier le comportement odieux de ton employeur. Après, c'était dans l'espoir d'étouffer tes émotions. Maintenant tu bois parce que tu ne sais plus comment vivre sans. Parce que tu ne sais pas comment faire face aux émotions qui t'assaillent sans les apaiser avec un ou deux verres de vin. Parce que tu ne sais pas garder ton calme face à l'ignoble personnage qui te permet d'avoir un maigre salaire si tu n'as pas d'abord ingurgité une dose suffisante de Whisky-pur-feu. Parce que tu ne peux plus monter sur scène si ton esprit n'est pas un peu embrouillé. Pourtant, c'était tout ce dont tu rêvais, Judith, tu t'en souviens ? Oui, bien sûr que oui, parce que tu n'oublies rien, qu'importe combien tu aimerais que ça soit le cas. Une tape sur ton épaule te rappelles que tu montes sur scène dans quelques minutes. Tu aimerais pouvoir retrouver l'allégresse que tu avais quand tu étais gamine. Mais tu sais que ton innocence s'est envolée depuis longtemps. Arrachée par un monde qui ne voulait pas de toi. Tu remplis ton verre une nouvelle fois. Tu le vides d'une traite et tu as la tête qui commence à tourner. Mais c'est ce que tu cherches, c'est ce que tu veux. Parce que tu ne peux pas monter sur cette scène en totale possession de tes moyens, Judith, tu n'y arrives pas. Tu sais que tu ne seras pas capable de chanter sinon, paralysée par les regards malsains des types qui viennent dans ce cabaret merdique. Ils te font regretter les regards de Mason, ceux-là mêmes que tu as tant redoutés à une époque. Parfois, tu te dis que s'il était encore là, il te sortirait de cette merde. Tu te dis qu'il les empêcherait de poser leurs mains dégueulasses sur toi. Parfois, tu crois que c'est ce que tu désires, que Mason soit là pour te protéger. Et puis tu te souviens du monstre qu'il était devenu, des choses qu'il t'a faite et tu n'es plus sûre. Parce qu'il les chasserait uniquement pour t'avoir rien qu'à lui. Et ce n'est pas ce que tu veux, Judith. Ce que tu veux, c'est retrouver celui qui était devenu ton meilleur ami il y a de cela bien longtemps. Mais tu sais qu'il n'y a plus espoir pour ça, que lui aussi la guerre l'a emporté. Tu vérifies ton maquillage, par habitude plus que par nécessité. Tu ne cherches pas à leur plaire, quand bien tu sais que ton patron aimerait que tu oses montrer un peu plus de chaire. Mais tu t'y refuses, tu ne t'es jamais vraiment senti à l'aise à l'idée de montrer ton corps aux autres de toute façon. Tu fermes les yeux et inspires profondément. Tu avais rêvé d'une autre vie, Judith. Tu avais rêvé de gloire et de reconnaissance. Tu avais rêvé de toucher les étoiles et de faire danser les dieux. Mais on t'a mis des chaînes et on t'a clouée au sol. On a aspiré ta force et on a volé ta dignité. Mais un jour tu te relèveras, Judith, et tu reprendras ce qui te revenait de droit. Un jour tu retrouveras le goût de vivre et tu brandiras le poing. Mais en attendant, tu baisses la tête et tu fais ce qu'il faut pour survivre, sans vraiment t'en rendre compte, en remplissant ta tête d'excuses quant à ta situation. Alors tu ouvres de nouveau les yeux et tu montes sur scène.


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Dernière édition par Judith E. Lachman le Sam 16 Juil - 1:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:48

Alicia, aller salut je meurs d'amour

Bienvenue sur le forum belle demoiselle, hâte d'en savoir plus sur ton personnage
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:51

MIA T'AIME OK
(flemme de changer de compte mais le message est là)
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Melpomène Lestrange
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Parchemins :  3965
Crédits :  Tearsflight (avatar), LAZARE (codage signature), MØRK (gif profil + signa)
 
Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

Priori Incantatem
am i free?: no
Inventaire:
code couleur: #CF8C8C
http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t107-melpomene-child-of-the-night http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t77-melpomene-uprising
MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:51

JUDITH que je vais aimer détester
bienvenue par ici


uprising
You will hear thunder and remember me, And think: she wanted storms. The rim Of the sky will be the colour of hard crimson, And your heart, as it was then, will be on fire.
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:52


Bienvenue à toi, la jolie
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Ven 15 Juil - 21:57

Ivanka: Bordel Kat Je meurs aussi, voilà .
Merci .

Lacrymosa: Forcément, y avait que toi pour avoir un prénom pareil . je tiens à dire que t'es canon aussi sous ce compte .

Melpomène: Je ne vois pas du tout de quoi tu peux bien parler Je suis trop adorable pour qu'on me déteste .
Merci  .

Noctis:
Merci quand même .
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Sam 16 Juil - 1:21


Alors euh déjà whatthefuck c'est quoi cette fiche de malade là? Rarement vu une fiche aussi bien écrite et aussi cohérente J'en reviens pas Tu m'as émoustillée comme tu sais si bien le faire
En tout cas je suis ravie de te revoir parmis nous Tu m'as manqué ma vieille dévergondée Bienvenue chez nous, les fous et VITE QU'ON PUISSE RP

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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Sam 16 Juil - 1:23

Félicitations !
bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs

tes premiers pas parmi nous
je meurs en feels adieu monde cruel NON MAIS SERIEUX WTF Deuxième fois que je la lis et toujours autant parfaite, le pauvre petit coeur que je n'ai pas se brise et j'ai envie de péter la gueule à Nono C'est avec grand plaisir que la nana formidable qui t'a montré le chemin te valide



Tout d'abord félicitations et bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs!

Maintenant que ta fiche est validée, il te reste juste quelques petites étapes avant de pouvoir commencer à RP parmi nous! Tout d'abord, n'oublie pas de vérifier dans le bottin des avatars que ton avatar t'a bien été réservé, ainsi que dans les différents listings, afin de vérifier que tu es correctement recensé. Il est également obligatoire de passer remplir les quelques informations dont nous avons besoin dans ce sujet de recensement. Tu n'auras ensuite plus qu'à créer ta fiche de liens afin de pouvoir commencer à trouver toutes sortes de liens plus farfelus les uns que les autres avec les autres joueurs  

Mais par dessus tout n'oublie pas de t'amuser et de prendre du plaisir à RP. On a hâte de lire toutes vos histoires et on cale d'ors et déjà un bisou sur vos fesses. N'oubliez pas qu'en cas de question/demande ou quoi que ce soit d'autre, tout le staff est à votre disponibilité par MP, chouette, beuglante ou crieur
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Melpomène Lestrange
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Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Sam 16 Juil - 1:26

je viens de lire et je viens juste déclarer mon amour par ici, quelle plume


uprising
You will hear thunder and remember me, And think: she wanted storms. The rim Of the sky will be the colour of hard crimson, And your heart, as it was then, will be on fire.
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   Sam 16 Juil - 1:34

Hann merci toutes les trois vous êtres trop adorable
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MessageSujet: Re: Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)   

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Sing me something beautiful, just make it stop (Judith)
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