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 Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »

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MessageSujet: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:14

Cerseï (Draganov) Macmillan
« Fear of a name increases fear of the thing itself. »


A little taste of magic on your lips
▲ Nom : Draganov(a) ✗ nom de naissance renié jusqu’au plus profond de son âme, petite fille trop indépendante, à l’esprit trop revêche qui, brisée, ne désire plus que vengeance. Si Draganov se réfère au dragon, nul doute que le souffle de celui-ci brûlera un jour les souffrances passées. Macmillan ✗ épouse dévouée d’un mari qui lui a sauvé la vie, à qui elle doit tout. Ce nom lui colle à la peau, elle en savoure les valeurs et les transmet à son fils, s’évertuant à lui épargner l’enfant qui fût la sienne.
▲ Prénom :  Cerseï ✗ dérivé de Circé, la célèbre sorcière experte en poisons, fille d’Helios, déesse à part entière. Cerseï, dont le tréma trop masculin s’est effacé au fil des années, comme ultime outrage à ses origines et la froideur de son passé. Ceres Dragan ✗ Nom de plume aujourd’hui abandonné qui fut utilisé pour dissimuler l’origine même des écrits apparus sous ce nom. Si le succès de cet homme dont personne n’avait jamais vu le visage fut fulgurant, il n’en fut rien à côté de ce que devinrent les ventes une fois le nom véritable dévoilé : ça n’était pas un homme mais bien une femme. Le sexe faible pouvait donc avoir du talent, incroyable dans cette société machiste.
▲ Date et lieu de naissance : 24 décembre / 24 ans ✗ Elle est un cadeau de noël froid qui a empoisonné les années suivantes, venue au monde dans la belle ville de Sofia, en Bulgarie.
▲Nature du sang : Pur ✗ dépourvu de souillures, immaculé, fier sang écarlate qui coule si aisément entre les membres de cette lignée aux moeurs pour le moins particulières. Fratricides et tragédies grecques.
▲Profession : Ecrivain ✗  Une femme ne travaille pas, c’est bien connu, pourtant Cersei fait preuve d’une indépendance sociale frôlant l’indécence. Si elle gère habilement la communication et les évènements au profit d’une association pour la sauvegarde du patrimoine magique et historique sorcier, il semble qu’elle possède avant tout le profil d’une femme d’affaires qui ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs. Distinction, élégance, piques acerbes et esprit vif, elle s’est aussi hissée dans les conversation mondaines, auteure controversée d’ouvrages d’abord publiés sous un nom de plume masculin. Madame couche sur le papier des contes, satires et essais dans la veine du célèbre Edgar Allan Poe et autres Baudelaire.
▲Statut matrimonial : Mariée ✗ Digne mariage de choix et d’affection ravissant sous le nez d’un père indigne la victoire d’une véritable alliance. Draganov n’est plus un nom auquel elle s’identifie.
▲Ancienne maison (ou école pour les bulgares) : Durmstrang
▲Patronus : Renard polaire ✗ Fin filet de lumière qui glisse hors de la baguette et offre l’image d’un splendide renard polaire, symbole d’une fourberie dormante sous un visage d’ange, reflet d’une ruse et d’un esprit prompt aux stratagèmes. Une femme qui ose et qui s’amuse des préjugés ne peut avoir comme patronus qu’une créature associée à l’ambivalence. Pour les scandinave, il s’associe à Loki, en Europe il est la malice, et partout il inspire la méfiance.
▲Baguette Magique : Bois de Cerisier, Épine de monstre du Fleuve Blanc, 26,6 cm ✗ C'est une baguette au caractère bien trempé, difficile à maîtriser et qui ne se laisse manier que par sa propriétaire. Elle a le grand défaut de produire des sortilèges puissants, souvent trop, qui ont des effets démesurés si les émotions ne sont pas muselées. Et quand bien même, si elle rate, elle rate magistralement, dans le cas contraire elle réussirait presque trop bien. Aussi extrême que sa charmante sorcière.
▲Particularité : Métamorphomagie ✗ & Stigmates magiques ✗ Trois endroits de son corps sont marqués par la magie, signes de tortures passées qui ont mis à mal l'enveloppe charnelle encore trop jeune, tracés noirs et esthétiques à l'oeil qui sont une source de souffrance chronique pour celle qui n'a jamais pu s'en défaire. Elle doit à son père ces dessins sombres, qu'elle dissimule parfois avec des sortilèges, à l'intérieur du poignet, dans le creux des reins et sur l'omoplate.
▲Amortentia : Parchemin, citron & whisky ✗ Les vieux parchemins, amour de toujours, mêlés de cette odeur de citron dont elle ne se souvient plus l'origine, et cette odeur de whisky qui a baigné sa première rencontre avec celui qui est devenu époux.
▲Epouvantard : Ayden ✗ Recroquevillé et suppliant que cessent les tortures, le corps marqué par les mêmes stigmates que la jeune femme. C’est le cycle répétitif de la maltraitance qui forge l’épouvantard de Cersei, comme si le fait que son fils possède du sang Draganov le condamnait à une forme de tristesse et de malheur, une drôle de malédiction.

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Silencio,
pour servir ma cause

"Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ?"
Cersei ne vous dirait rien d’elle-même, parce qu’elle a toujours eu tendance à se sous-estimer, tout en désirant profondément faire valoir le peu de talents qu’elle estimait avoir. C’est une jeune femme qu’on pourrait décrire comme multiple, autant dans le positif que dans le négatif. Elle peut être la personne la plus douce et généreuse qui soit mais trahie, elle sera un fléau dont vous préfèreriez ne jamais avoir croisé la route. Parce qu’elle est née dans une lignée qui forge les déchirures, elle a du mal à accorder sa confiance et son amour, en revanche lorsqu’elle aime, c’est de façon inconditionnelle. Le pardon lui reste pourtant difficile si la plaie est trop grande. Erudite dans l’âme, elle aime étudier, engranger des connaissances mais pas toujours les appliquer. Ca ne veut pas dire qu’elle n’est pas douée pour cela, simplement que son arme la plus aiguisée demeure sa plume. Capable du pire, elle n’apprécie pas d’avoir du sang sur les mains pour la simple et bonne raison qu’elle se sait susceptible d’aimer cela, de part son passé et la magie noire ancrée à même son corps. Elle a les excès les plus violents par phases de crises durant lesquelles rien ne semble pouvoir l’arrêter en dehors de son mari, Gideon. Par chance, elle sent ces états venir et demeure cloitrée dans la demeure familiale lorsque l’esprit se veut plus perméable aux souvenirs douloureux et autres stigmates de maltraitance. Elle s’en veut toujours beaucoup par la suite. Perfectionniste et ordonnée, il n’y a que son bureau qui prend des allures de guerre ouverte, parce qu’une auteur a besoin d’avoir toujours de quoi créer sous la main. Parfois sévère, voire inflexible, elle est dotée de l’incroyable aptitude à l’insolence, face à n’importe qui. Quand vous avez envoyé Timoteï Draganov sur les roses, vous pouvez le faire avec tout le monde. Foncièrement indéfinissable, elle est finalement aussi changeante que la rivière, dont le cours peut être malmené par les vents avec violence mais qui finit toujours par revenir vers son lit.

"Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ?"
« En quoi ? Je dirais qu’avant, je n’avais pas de domestiques. Et j’aurais eu moins de chance de tomber sur des Draganov quand les alliances internationales n’existaient pas. Je crois sincèrement que notre sang pur doit être préservé, dans le cas contraire je ne me battrais pas pour préserver notre patrimoine et ce qui nous rend unique, toutefois il me paraît évident que les excès ne sont pas la solution idéale à la préservation de la magie. On peut se leurrer tant qu’on veut, sans le mélange de sang, nous allons nous éteindre. Combien de cracmols nés dans les lignées pures, mh ? En vérité, je suis peut-être plus intéressée par la condition féminine qui stagne sous le joug de la suprématie masculine mais je ne cautionne pas qu’on fasse de certaines personnes de pseudo-esclaves qu’on peut maltraiter à tout va. Certains traitent mieux leur hibou ! Sans doute les vices de mon père m’ont-ils appris la compassion. Il vous dirait que c’est ce qui me rend faible, je préfère rétorquer que son aveuglement le tuera. Ca n’est pas une supposition, prenez cela comme une prédiction. Et aux despotes, bien des pays ont coupé la tête, il ne faudrait pas que le gouvernement en place aille trop loin. Tolérante ? Pas vraiment. Disons pragmatique. Et changeante. »

"Vous voyez un passant dans la rue se faire malmener par deux spaseni, serviteurs de grindelwald, que faites-vous ?"
« Je les distrais. Qu’y’a-t-il d’autre à faire ? Je ne tolère pas la maltraitance, ou peut-être que je la fuis par peur d’en aimer les sombres contours. Je sais parfaitement qu’il y a de la noirceur quelque part en moi, ancrée profondément, et j’ai pu constater que les connaissances sur des sujets qui en feraient trembler plus d’un n’avaient sur moi comme effet qu’une drôle de fascination.. si je laisse un tel acte se produire sous mes yeux sans réagir, pourrais-je prétendre enseigner des valeurs à mon fils ? D’aucun diraient qu’une femme n’a pas son mot voix au chapitre et qu’une gamine d’à peine vingt-quatre années ne connait rien de la vie. Soit. Je préfère être blessée pour une cause juste plutôt qu’avoir des remords. L’impureté ne doit pas servir de mobile à toutes les dérives. En plus, les femmes adorent avoir des banalités à se mettre sous la dent, il suffit de peu pour focaliser leur attention sur ce qu’il se passe en arrière plan. Si je me sers de mon nom ? Oh voyons, non ! C’est un hasard si je me trouvais là et que, malheureusement, la petite scène a attiré les offusquées de service. Qui oserait, de toute manière, contester l’autorité des puissants ? Le monde est ainsi fait, il faut être fourbe pour y survivre. »

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
« J’ai déjà tout ce dont on peut rêver. J’ai un mari protecteur et aimant, ce dont bien peu de femmes de sang-pur peuvent se vanter, et un fils formidable en bonne santé. J’ai assez d’argent pour vivre confortablement, plus encore, je fais un métier que j’aime et j’ai une vie sociale, que demander d’autre ? La disgrâce de celui qui se fait appeler ‹ père › encore aujourd’hui malgré la tyrannie qu’il impose encore à mes soeurs, malgré la violence dont il a fait preuve avec moi. Je voudrais le voir seul, défait de son rang, de sa fortune, de ses privilèges. Seul à contempler le néant, à vivre la douleur qu’il inflige aux autres. Je voudrais qu’il vive vieux et qu’il perde tout pour nous venger toutes. »

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
« La cape d’invisibilité, que j’offrirais à mon fils pour le protéger. Je n’en ai pas personnellement besoin, la mort a frôlé ma vie de nombreuse fois, le monde a été violent bien avant l’heure et je dois bien me résoudre à accepter ce que je suis, une métamorphomage qui n’a aucun intérêt à se servir d’autre chose que du cadeau de la nature pour survivre. Si mon fils est doté de la même faculté, il est toutefois trop jeune et dans une société où le vent tourne si vite, j’aurais aimé lui confier quelque chose qui le préserve sans en faire une proie pour les vautours avides de pouvoir. Je n’aime pas qu’on le regarde comme un simple potentiel de magie, de fourberie. Il est un Macmillan, c’est suffisant, c’est un poids assez lourd. Il est pur, il aura plus d’obligations que de libertés, une cape d’invisibilité lui aurait offert cette opportunité inestimable : la liberté. »

▲ pseudo ou prénom :  WICKED WITCH. / Sissi Arrow  ▲ âge :  23 ans.  ▲pays :  France.
▲ Connexion  :  H24    
▲ scénario ou inventé :  Inventé de famille prédéfinie.
▲ avatar :  Emilia Clarke.
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  Y a une Larme qui m'a attrapée et y a une Maminès qui m'a corrompue.
▲ quelque chose à rajouter :     
▲ crédits :  avatar songbird, gifs tumblr.
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Dernière édition par Cerseï Macmillan le Dim 17 Juil - 14:26, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:15

Mudbloods and murmurs
Partie une.




ACTE I. « Toutes les histoires commencent pareil, rien de nouveau sous la lune. Pour qu’une étoile s’éteigne, il faut qu’une autre s’allume. »
- Ouverture, Roméo&Juliette.

Une fille. C’est inutile, une fille. Ca n’est qu’un vulgaire pion sur l’échiquier du pouvoir. Il n’y a que le sang qui compte. Il n’y a que le sang qui éveille au fond des pupilles de cette lignée un tant soit peu d’intérêt. Il n’y a pas d’amour, seulement l’ambition et la survie, cette haine qui ronge, dévore et tue. Poupées de perfection, les filles ne sont qu’une chair à vendre, couveuses charmantes qui ne crachent aucun venin, n’est-ce pas ? Cerseï devait être de ces créatures fragiles dont on attend obéissance et soumission. Elle devait plier sous la volonté d’un tyran de père. Ca ne fut jamais le cas. Le blanc de ses cheveux se révélait déjà entorse aux habitudes, son caractère revêche ne fut que la goutte d’eau pour faire déborder le vase de la violence. Petite voleuse de savoirs. Elle avait l’esprit ouvert au monde, la soif de connaissances sans les limites d’une société patriarcale et réductrice. A six ans, elle se faisait taper sur les doigts après avoir subtilisé dans la bibliothèque un quelconque ouvrage qu’une enfant, qui plus est du sexe faible, ne devait pas avoir entre les mains. Machisme assumé. Discipline de fer infructueuse. Cerseï ne consentait pas aux excès de ses parents, elle s’opposait déjà trop tôt à ne pas exister - rabaissée, elle ne baissait le nez que pour mieux le relever. De ses soeurs, elle était peut-être celle dont on désirait le moins la présence. A l’arrivée de la benjamine, elle a montré un instinct protecteur d’autant plus dérangeant qu’il accentuait la révolte, le désir de briser les chaînes - et les coups remplacèrent les cris de colère. Les larmes de la gamine ne brisaient pas le carcan silencieux d’une demeure froide. L’affection se mérite, Cerseï n’en était plus digne chaque fois que les paroles virevoltaient d’insolence. Je ne serai jamais votre chose.

Eliminer les gêneurs est une tradition, éliminer un enfant n’est pas possible, pas sans questionnements, pas lorsque la pureté de l’hémoglobine exige tradition et ruse. Alors on ne tue pas, on brise. Il n’y a rien que les noires arcanes de la magie ne sachent briser, détruire, formater. On retire l’âme et la volonté à la petite chose trop proche de devenir une femme. Elle avait treize ans lorsque sa peau fut marquée du premier symptôme, dessin sombre sur l’épiderme de lait, esquisse sur le cou gracile. Les plumes du cygne blanc se teintent de noir. Et tandis que le père se persuade de la nécessité de ses sortilèges, qu’il prend malgré lui plaisir à la souffrance de ce qui menace l’intégrité de son autorité, la jeune sorcière goûte pour la première fois à une puissance qui ronge la raison sur son passage. Elle veut savoir, elle veut apprendre.

L’AÎNEE - « Cerseï.. »
LA REBELLE - « Non. Je n’ai pas besoin d’aide, je vais bien. »

Des mensonges débités avec assurance, droit dans les yeux, sans ciller, alors que saigne le coeur blessé par l’homme qui aurait dû vouloir la protéger, vouloir son bonheur. Au corps replié sur lui-même dans le silence d’une chambre, à l’enveloppe charnelle qui absorbe des forces qui le dépassent, l’esprit ne survit pas. Contrainte, elle se tait. Rien ne sort d’entre les murs de cette famille bouffée par les complots internes. Ils ne connaissent pas l’amour. C’est un concept dont Cerseï ne connaît rien. Une valeur défaite de son sens au profit de l’ambition, au profit d’une autorité déviante. Et si elle devait s’y brûler les ailes, tant pis, Cerseï refusait de s’y soumettre à jamais. Il paierait un jour le prix de sa violence.

…✁…

Le rouge de la colère sur la longue chevelure. Le rouge de la rancoeur, qui un jour deviendrait également le signe de la passion. A ce stade, ça n’était jamais que le témoin de ses émotions, de cette haine qui pulsait déjà dans ses veines. On aurait pu croire que la métamorphomagie aurait été source de fierté, talent rare et parfois convoité, parfaite monnaie d’échange pour marier une fille un peu trop encombrante, toutefois dés son plus jeune âge, Cerseï a montré un caractère indomptable. Le blanc qu’elle arborait à la naissance n’était qu’une toile vierge où se déposaient les couleurs de son coeur révolté. Rouge du sang qu’elle aurait aimé faire couler la première fois où il a levé la main sur elle. Pouvait-elle mentir ? Pas si jeune. Elle n’avait pas de professeur dédié à cette maîtrise, elle n’était que l’esclave de cette étrange magie qui la rendait d’autant plus différente - trop remarquable selon son père, surtout sur la fourberie de ce regard plein de défis. Ne pouvait-elle donc pas être une gamine bien docile comme on les aime ? Merlin savait combien le père détestait qu’on lui tienne tête, qu’on remette en question sa légendaire autorité. Tyran avait-elle osé souffler, une fois, et le bleu s’était mis à parer l’enveloppe charnelle, de la racine des cheveux sur la peau blessée par la violence de celui qui osait encore se réclamer comme leur géniteur à tous. Elle a compris ce jour-là l’utilité de son don, elle a compris qu’en le disciplinant, elle serait plus forte, elle pourrait cacher au monde les actes de ce monstre et, peut-être, les retourner contre lui. Pour protéger ses soeurs, elle aurait donné n’importe quoi, elle aurait donné sa vie, et pour les bêtises de sa cadette, elle a un jour subit les représailles, sous une apparence qui n’était pas la sienne. Elle a maîtrisé, cette fois, elle a contrôlé pour le bien de sa cadette, elle a tenu bon en puisant dans tout ce qu’elle avait d’amour et d’affection, pour mieux s’effondrer quelques heures plus tard. Métamorphomage, était-ce une bénédiction ou une malédiction ? Dans les extrêmes limites, la jeune Cerseï avait su prendre en main ses facultés, elle avait fait de la magie son alliée mais au-delà, pour son propre bien, elle s’était toujours révélée incapable d’entrevoir pleinement les multiples facettes.

Blanc, comme la pureté. Blanc, qu’elle finit par assumer, en dépit des conseils de celle qu’elle devait nommer « mère », parfois à contrecoeur face à l’indifférence qu’elle démontrait. En se jurant de ne plus plier, de ne plus être le jouet de la fortune, Cerseï avait gagné en assurance, capable de sourire en toutes circonstances, lentement devenue maîtresse dans l’art d’imiter une expression en public tandis que son âme ressentait tout autre chose. Certes, le stratagème avait ses failles et ne durait encore que peu de temps mais quand le myocarde chavirait, elle glissait dans la foule, volait le visage d’une autre pour échapper aux regards et déverser sa peine à l’abri des mondanités, des rumeurs, des scandales. Elle aurait des regrets. Elle aurait toute sa vie l’impression de ne pas contrôler, de n’être que le réceptacle vide d’un pouvoir qui pourrait être tellement plus entre les doigts d’une autre mais elle était née ainsi, le destin avait voulu faire de cette fillette malmenée une palette de teintes aussi complexes que son caractère lui-même. Elle ne pouvait refuser le cadeau de la nature, celui-là même qui ferait tourner la chance en sa faveur, des années plus tard, en croisant le regard bleu d’un homme plein de charme, fasciné par les mystères. N’était-elle pas, dans ses paradoxes, un doux mystère ? Qu’elle soit blonde, brune, rousse ou qu’elle prenne l’éclat pur de sa réalité, elle n’en restait pas moins une rose à cueillir, blanche comme la neige, des épines arrachant les perles sanguines aux malheureux arrogants.

ACTE II. « On est ce qu’on est, Tu dis merci et c’est tout. Il faut s’incliner sans s’indigner jusqu’au bout, soit tu nais rois soit tu n’es rien. » - La gloire à mes genoux, Le Rouge&Le Noir.

Ne me fais pas honte, a-t-il répété une dernière fois avant d’entrer dans la somptueuse demeure où se déroulait la réception. Elle avait seize ans, une cascade de cheveux blancs tombant sur ses épaules et des yeux d’un bleu intense. Elle attirait les regards, tant ôtcurieux tantôt réprobateurs, parfois désireux, toujours est-il qu’elle était mal à l’aise. Les mondanités ne lui plaisaient guère, trop de pression, les reproches incessants de son père. Elle ne se sentait pas dans son univers, elle que le contact révulsait, elle dont le coeur saignait encore des derniers tours infligés par son père. La marque noire rappelant une lune au creux de son poignet a été dissimulée par un charme, cachant aux yeux des curieux les stigmates d’une famille si peu unie - jouer un rôle, un cinéma, ne pas pleurer, sourire et plaire, c’était là ce qu’il attendait d’elle. Simulacres de discussions avant qu’elle ne se dérobe, ne croise le chemin de cet homme. Iris si clairs, charisme indéniable, à l’écart de la foule. Est-ce que c’est elle qu’il fixait ainsi ? Quelques pas hésitants, elle s’approche - ils étaient là pour forger une alliance, pour son frère, elle ne peut pas.. pourtant..

LA REBELLE - « Vous êtes bien seul, monsieur. »
LE MYSTERE - « Et vous ne devriez sans doute pas être vue en ma compagnie, miss. »

Il l’a observée un moment avant de répondre. Brune. Face à lui elle est brune, elle paraît sans doute avoir deux ou trois années de plus, assez pour être supposée majeure. Elle est une illusion, un mensonge. Elle est toujours un mensonge et, étrangement, elle se détend avec cet inconnu, ils parlent, ils échangent sur tout, sur rien, sur ce qui fait tourner le monde ; elle n’est jamais tant elle-même que derrière le masque de cette femme qui n’est pas vraiment elle. Il y a ce léger accent, encore, en note de fond, gommé au maximum dans un apprentissage intensif - si elle était douée pour apprendre, qu’elle apprenne des choses utiles pour faire un bon mariage ; avec un anglais, loin d’eux, loin des Draganov. Leur culture lui plaît tant, leur façon de vivre, leur pays est sublime, elle n’a cependant pas le droit de visiter, de s’évader, oiseau en cage dorée, dit-on. Ils se reverront deux fois avant son départ, ils discuteront dans d’autres soirées, sans connaître l’identité de l’autre. Une jolie aventure intellectuelle, arrachée au temps et aux convenances ; puis plus rien.

…✁…

ACTE III. « Mes erreurs, mes douleurs, mes pudeurs, mes regrets, Mais pourquoi faire ? Tu t'en moques, tu révoques tout en bloc, tu balaies tout d'un revers. » - J’accuse mon père, Mozart l’Opéra Rock.

LA REBELLE - « Tu en verses trois gouttes par jour. Ce sera long, mais personne ne pourra t’accuser. Et si tel est le cas, prétends que le potionniste du coin t’assurait .. que sais-je.. une potion de fertilité ? »

Elle est revenue. Elle a poursuivi ses études et elle a recroisé la route de l’homme mystérieux dont elle avait, bien malgré elle, rêvé durant une bonne partie de ses cours. Marié. Plus vieux qu’elle. Il a semblé surpris de la découvrir sous son apparence naturelle, encore plus d’apprendre son âge, et les liens se sont tissés, lentement. A chaque vacances, puis ensuite. Il a commencé à entrevoir les contours de son passé quand le sortilège couvrant les marques laissées par son père s’est désactivé, ils se sont ouverts l’un à l’autre, il lui a enseigné des pratiques dont elle ignorait l’existence.. jusqu’à ce que l’épouse de Gideon ne commette l’irréparable. L’élève est devenue complice du premier méfait partagé. Un enfant était mort par la faute d’une femme, ainsi cette femme devait-elle payer le prix de son forfait de la plus atroce des manières.

LA REBELLE - « Je.. Je peux pas, j’ai jamais.. »

L’épouse est morte trois mois plus tard, elle a décliné, malade, évitant ainsi à son mari tout soupçon. Elle est morte et le baiser a signé la fin, la page qui se tourne. Le baiser échangé, sans un mot de plus, accrochant les souffles. Cerseï a appris à accepter sa présence, elle connaît ses gestes, ce qu’il dégage mais jamais encore elle n’avait pensé l’intéresser. Alors dans l’obscurité de ce salon, lorsqu’il capture la bouche timide, elle se laisse entraîner, à la fois terrifiée et tentée. Il a parcouru sa peau, il a tracé les contours de la marque sur son omoplate, il a embrassé celle dormant au creux de son poignet, il a souri en glissant la langue sur celle se dessinant au creux de ses reins. Stigmates sublimés dans une passion dont elle ne comprenait rien mais qui grisait déjà ses sens jusqu’à l’extase - indécence.

A l’aube elle se rhabille, la cascade de cheveux blancs dissimulant sa peur. Il ne doit pas voir ses craintes, il ne doit pas voir sa faiblesse. Elle n’est plus l’enfant partie des froides contrées bulgares, elle n’est plus la petite fille terrifiée de décevoir, encore, les siens. Elle rejette les restrictions, elle envoie valser ses propres limites et malgré cela, malgré le savoir qu’elle tente de cumuler pour survivre, elle n’ose toujours pas lever sa baguette pour assurer sa survie. Elle n’a pas soufflé le ‘merci’ qui lui brûlait les lèvres, elle est partie sans se retourner, préparant déjà une tactique complexe pour prétendre avoir passé la nuit dans la demeure familiale.

…✁…

Elle est repliée sur elle-même, les bras tentant de protéger la frêle enveloppe charnelle contre la réalité. Elle ne pouvait plus faire bonne figure. Dix-huit ans à peine et incapable de se tenir droite devant la société bienpensante. La magie noire que la discipline lui a infligé commence à montrer ses acides conséquences. Elle étouffe de cette peur panique qui l’envahit quand les traces sur son corps se révèlent douloureuses, elle tait sa souffrance en se mordant la langue jusqu’à se faire saigner. Pourquoi elle ? Pourquoi n’a-t-elle donc pas été une fille bien obéissante ? La pièce vide est reculée dans la bâtisse, lui laisse une paix relative dans l’enfer qui la dévore. Les sentiments extrêmes se mêlent au fer rouge de ses souvenirs. Elle croit devenir folle, elle ne supporte pas de perdre le contrôle sur cette force qu’elle veut se construire. Inutile, faible, à peine agréable à regarder ; les reproches se répètent et s’étoffent.

Elle s’est réveillée deux heures plus tard, Gideon près d’elle, dénudée, la douleur éteinte. La jeune femme se fait véritable arc en ciel, la maîtrise perdue sur sa faculté particulière. Il a vu la métamorphomagie interférer avec ce qu’il sait désormais être des cicatrices enchantées de la pire des manières, et sans doute bien malgré la volonté du géniteur qui en est la cause. Elle a l’obscurité dans la peau, elle a la mémoire de son enfance gravée là, réveillée par intermittences. C’est comme une maladie, comme un poison qui coule dans ses veines et la rend plus vulnérable et qui pourtant ne la tuera pas.

LE PERE - « Où étais-tu passée ? »
LA REBELLE - « Me repoudrer le nez. Il y a de nombreux héritiers à marier, ici, et comme vous savez si bien me le dire, je ne saurais en attraper aucun si je n’y mets pas quelques artifices. »

Insolente. Elle se le permet parce qu’entourée, la baguette ne se lèvera pas, la violence n’interviendra pas et le sourire qu’elle offre est presque arrogant. Elle le sait impuissant face à une telle résistance. Gideon, sans doute malgré lui, lui offre de l’assurance, lui ouvre un avenir auquel elle ne pensait pas pouvoir prétendre. Il lui reste encore beaucoup à apprendre mais bientôt, elle sera en mesure de riposter - définitivement.


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Dernière édition par Cerseï Macmillan le Sam 16 Juil - 1:11, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:15

Mudbloods and murmurs
Partie Deux




ACTE IV. « Je peux tout faire Même des erreurs. Tu peux tout prendre Mais pas mon coeur. Je peux tout faire Même des erreurs. Tout peut s’apprendre Ca m'fait pas peur » - Tout sera stratagème, Cléopâtre, la dernière reine d'Egypte.

Blanc sur blanc. La longue chevelure se refuse au mensonge, les iris teintés de rose contemplent les invités, détaillent avec une once de mépris celui qui ose encore se faire appeler son père. Le sourire en coin se fait mutin quand elle glisse entre ses lèvres un morceau de gâteau. Elle est libérée de la tyrannie familiale, elle en est certaine - quoiqu’elle se fourvoie sans doute. Une femme a des devoirs lui avait murmuré sa mère, être dépourvu de tout instinct tendre ou protecteur. Ca ne lui fait pas peur. Une fois la réception terminée, elle ne serait plus des leurs, elle rejoindrait la demeure de Gideon et dirait adieux à son existence de regrets, de douleur et de peur. Il n’y aurait plus personne pour la corriger, pour tenter de la discipliner. L’alliance à son doigt témoigne qu’elle est parvenue plus jeune qu’ils ne l’auraient cru à une part d’accomplissement - le mariage n’est-il pas le but ultime pour la pureté du sang ? Etait-ce un mariage d’amour ? Elle ne l’aurait pas affirmé, elle ignorait ce qu’était réellement l’amour et, à bien y réfléchir, elle ne voulait pas offrir ce coeur si souvent trahi et rejeté. Elle serait fidèle, elle resterait à ses côtés, elle assurerait avec toute l’affection possible son rôle mais elle ne voulait pas tomber éperdument amoureuse. Elle avait été la complice du meurtre de son épouse, elle savait de quoi Gideon était capable. Il était toutefois le plus apte à faire d’elle la femme qu’elle avait toujours voulu être, il lui avait permis d’appliquer toutes les connaissances théoriques qu’elle avait engrangé, il lui avait donné des armes, de quoi se défendre, assurer son évolution au sein de ce monde trop instable. Il était terminé, le temps de l’enfance, de cette gamine qui tremblait devant l’autorité d’un homme.

…✁…

« Qu’est-ce que tu lis ? » Elle a levé le nez du bureau de Gideon. Prise sur le fait. Les papiers étalés, maculés d’encre, ne sont cependant pas les siens, elle n’a pas cherché à fouiller dans ses affaires ni à se mêler de ce qui ne la regardait pas - elle avait simplement eu besoin d’un support pour écrire, et en l’absence de son mari, elle a pensé que ce qu’il ignorait ne pouvait lui faire de mal. Rentré plus tôt, tant pis. « Je.. vais ranger, le canapé du salon n’était pas confortable et notre plume à papote refuse d’écrire.. » « Ne prends pas cette peine, reste autant que tu veux. Mais ne touche pas à mes affaires. » Elle hoche la tête. Il est patient et tolérant. Il est mesuré, elle ne l’a encore jamais vu s’énerver après elle mais le mariage est récent, il doit bien sentir qu’elle a du mal à s’adapter à ce manoir qui respire encore les goûts de la précédente présence féminine. Jusque dans leur chambre. Elle n’en dit rien, elle ne veut ni le vexer ni contrarier son deuil. Le fantôme cependant semble demeurer, existence dérangeante dans la tapisserie ou la vaisselle. Après deux heures d’écriture, Cersei a entrepris de ranger, laissant volontairement le conte terminé sur le côté du bureau, puis elle est venue le rejoindre, une moue coupable sur les lèvres. « Tu m’en veux..? » Le regard mauve croise le regard bleu. « D'occuper tes journées en mon absence ? Ce serait insensé. » Quelques pas jusqu’à lui, elle marque une hésitation puis glisse un genou sur le canapé, rapidement suivi du second tandis qu’elle repousse les pans de la robe fluide. Tendre baiser volé. C’est peut-être la première fois qu’elle se fait entreprenante, la bouche parcourant le cou, les dents taquinant l’oreille. Besoin de contact, besoin d’affection. Il peut tout prendre mais pas son coeur, n’est-ce pas ?

ACTE V. « Toi mon enfant, mon trésor, endormi dans les cieux, vois-tu mon coeur noir de remords ? j’aurais dû t’aimer mieux. » Je vous rends mon âme, 1789, Les amants de la Bastille.

« Cersei, tu as encore des devoirs envers ta famille. » La main enserre le bras avec force, teintant la chevelure brune de mèches bleues - la peur. « Je ne vous dois rien. Ma famille se trouve en bas et si mon époux vous tolère, c’est par simple courtoisie. Il me suffira d’un mot pour.. » La phrase restera en suspend. Il l’a relâchée trop brutalement, il n’a pas évalué la proximité des marches. Le corps féminin a heurté le sol, s’est rattrapé à la rampe pour amortir la chute, un bras tentant de protéger son ventre. Silhouette fine et à demie-consciente qui termine sa course au rez-de-chaussée. Timoteï est toujours en haut, il n’a pas bougé, aucun d’eux ne saura jamais si c’est par satisfaction ou surprise. Sonnée, Cersei met plusieurs minutes à comprendre ce qu’il vient de se passer. Seulement quelques bleus, plus de peurs que de mal, la tête n’a pas cogné le carrelage, elle a eu des réflexes de survie, signe qu’elle est habituée à échapper à la mort. D’habitude, c’est contre la baguette qu’elle résiste, pas contre la gravité. Les Draganov sont froidement congédiés, écartés de l’intimité du couple, tant pis pour le dîner, tant pis pour la rationalité, la soirée ou le gaspillage. Ils vont aller à Ste Mangouste. Elle lui demande simplement quelques minutes pour se rafraîchir. Il ne peut pas lui refuser cela, quitte à ce qu’il l’accompagne. Une douche, puis évaluer les dégâts.

Il a tourné le dos, pas longtemps, juste pour attraper une tenue décente, pour lui venir en aide. Il a retrouvé la salle de bains, le sol maculé de sang, Cersei repliée près de la baignoire, en larmes. « Je suis désolée.. excuse-moi.. je.. » Le souffle est rapide, difficile, la métamorphomagie s’affole de toutes ces teintes de détresse, elle culpabilise déjà. Elle n’avait compris que deux semaines plus tôt son état, elle avait voulu s’en assurer avant d’annoncer à Gideon l’heureux évènement. Tout était gâché, tout était perdu. Elle venait de perdre leur enfant parce qu’elle s’était opposée à son père, parce qu’elle s’était montrée arrogante.

…✁…

Les couleurs se sont effacées, ne laissant que ce blanc perpétuel. Elle a perdu l’éclat vivant de ses prunelles devenues grises, la pâleur de sa peau lui donne des airs de fantôme, elle a perdu le goût d’exister, chaque seconde de cette punition que lui semble être l’existence. Gideon lui a fait installer un bureau, il a modifié l’environnement, espérant peut-être que cela suffise à la distraire - sans succès. Elle a encore des larmes à pleurer, pourtant elle a pleuré des océans, elle a laisser la peine l’envahir, puis la haine la faire dériver. Les marques magiques gravées sur l’épiderme se sont accentuées. Elle a goûté à des sentiments extrêmes dont elle ignorait la profondeur réelle, et lentement l’innocence est morte.

Le ton est monté. Il n’en pouvait plus de la voir dépérir, de vivre aux côtés de cette étrangère qui ne se battait plus. Paradoxalement, elle n’a jamais été si productive, elle a cumulé les pages, les contes noirs, les essais. Elle a noyé sa souffrance dans ces histoires, la plume encore maculée de la tragédie. C’est la première fois qu’ils sont en désaccord, il a voulu la faire réagir, la ramener du côté des vivants quand elle dérivait auprès de leur enfant, celui qui ne vint jamais au monde. « Tu sais ce que je veux vraiment ?! Je veux qu’il perde tout ce qu’il a. Je veux lui arracher sa fierté, je veux le voir supplier notre pardon. Je veux qu’il ne soit plus cet être infecte qui peut détruire ses filles sans une once de remords. Je.. je veux qu’il vive longtemps pour contempler l’échec ! » Le déchaînement de colère a duré plusieurs heures. La porcelaine n’a pas survécu, pas plus que la robe qu’elle portait, la main coupée par les débris, le coeur en miette qui recrache toutes ces émotions trop présentes. Elle se sent mal. Elle a même tenté de se faire du mal. Une crise stoppée par l’épuisement, par la magie brûlant sur sa peau. Perdition de l’âme. Et malgré la violence, il est resté là, il a veillé sur elle, il l’a empêchée d’aller trop loin, il a accueilli la femme éplorée entre ses bras, il a caressé les cheveux, passé une crème apaisante sur ces tatouages douloureux. « Je t’aime.. » juste un souffle, juste un murmure, puis le silence endormi.

…✁…

« Je veux un enfant. » Elle est apparue en bas des escaliers, drapée d’une robe de nuit blanche, quasi transparente, sur une lingerie claire. Le fantôme reprend vie. Le blanc n’est plus fade et si les prunelles ne sont pas encore aussi lumineuses qu’autrefois, Cersei ne fait plus figure de morte-vivante. Elle s’installe près de Gideon, les doigts fins attrapant le verre de whisky, faisant pencher le liquide ambré pour qu’elle y trempe les lèvres, indocile. Trois mois qu’il ne peut plus la toucher, trois mois qu’ils ont perdu leurs espoirs.. et d’un sourire, elle les fait renaître, elle souffle sur les cendres de leurs regrets. « .. S’il te plaît, Gideon. » Les corps s’effleurent, l’alcool est écarté, les caresses s’échangent. Et la douceur qui leur était coutumière est remplacée par un désir brûlant, un besoin urgent d’exister. Ils ne prennent pas la peine de réfléchir, elle ne se préoccupe plus ni du lieu ni de l’heure, elle veut simplement l’aimer, elle veut seulement se sentir un peu aimée - elle veut qu’il apaise ses remords, qu’il lui rappelle ce qu’exister veut dire. Les dix-huit années précédentes furent un enfer, elle décide ce jour-là de reprendre son destin en main : elle ne veut plus jamais être la victime.

ACTE VI. « Maudits soient les lois, le sort, je ne m’y soumets pas, ne me demandez plus de marcher droit. J'éprouverai vos torts, j'adore le chemin que je vois. » - La gloire à mes genoux, Le Rouge&Le Noir.

Cersei avait vécu trop vite. Elle avait découvert le rejet trop jeune, la douleur aussi, la cruauté et l’indifférence à l’âge où d’autres ne connaissent que le jeu. Les Draganov n’étaient pas réputés pour leur amour, ils étaient des comploteurs, des fratricides, elle et ses soeurs avaient grandi dans leur condition de pions à placer sur un échiquier de pouvoir. Trop revêche, Cersei avait parfois pris pour les autres, se dénonçant à leur place pour des bêtises qu’elle n’avait pas commises. Elle avait vécu trop vite, elle allait mourir trop jeune. Epuisée, fragilisée, elle a eu le temps de mettre leur fils au monde, de donner un héritier à son mari avant de sombrer dans l’inconscience. Les médicomages ont tenté de purifier le corps de la jeune femme d’à peine dix-neuf ans, ils ont tenté d’effacer les marques magiques, sans succès, c’est à peine s’ils ont apaisé les battements fous de ce coeur dans l’urgence. Ils étaient pessimistes. La métamorphomagie était en train d’user les forces de la sorcière. Au moins avait-il son fils, lui avait-on fait remarquer. Un spécialiste plus sage a cependant soufflé, contre l’avis de ses collègues. « Votre épouse baisse les bras, monsieur. Il vous faut raviver sa joie de vivre. »

…✁…

« Alors comme ça, c’en est fini de Ceres Dragan ? » Elle sourit. C’en est fini. Elle a vingt ans et elle a décidé qu’elle ne se cacherait plus sous l’identité d’un homme pour satisfaire l’idéologie des puissants. Les ventes explosent le jour où la jeune femme dévoile son vrai visage aux journaux. Quelqu’un a tenté de voler son oeuvre, un artiste raté a profité de l’identité mystère de Ceres - dont le charmant minois était inconnu de tous, déclaré comme choix par lettre à la presse - pour s’approprier sa plume. Gideon savait, dés le premier instant où l’imposteur est apparu, que son épouse n’y tiendrait pas, que leur couple tranquille et bien propret ne le resterait pas. Il est devenu nécessaire d’assumer, ils ont offert à leur entourage le reflet d’un couple parfait, épanoui, moderne et à la fois traditionnel. Elle ne faisait pas d’ombre aux ambitions de Gideon, il soutenait le talent de Cersei, l’équilibre parfait. Et pour équilibrer un peu plus, elle s’est lancée un nouveau défis : le patrimoine. A l’heure où le monde commence à se déchirer pour des modes de pensée, Cersei choisit de protéger l’Histoire, elle opte pour une vie associative qu’on qualifierait presque de bourgeoise - aristocratique de part son sang. Les soirées organisées par un groupe d’homme et de femmes férus de savoirs finissent même par avoir du succès, parce qu’elles permettent de respirer dans des temps sombres. Un jour peut-être écrira-t-elle des essais plus engagés, un jour peut-être se positionnera-t-elle, mais pour l’heure elle préfère se concentrer sur sa famille et ses projets. La douce gamine effrayée n’avait plus voix au chapitre, elle ne refaisait surface que dans l’intimité, quand les démons revenaient la hanter.

…✁…

Charme juvénile sur les traits concentrés. On ne lui donnait pas d’âge, peut-être figée dans la ligne du temps par une quelconque chance ; on ne lui aurait pas demandé de justifier des printemps écoulés, quoiqu’il en soit, tandis qu’elle prenait soin de poser les noms des invités sur la longue table élégamment décorée. La robe noire trace les lignes fines de l’enveloppe charnelle, suivant les mouvements habiles de la sorcière, sous le regard observateur de l’homme appuyé dans l’encadrement de la porte - elle ne l’a toujours pas remarqué. Il pourrait être là depuis des heures ou à peine quelques secondes qu’elle n’aurait pas levé le nez, s’évertuant à faire de cette réception un évènement parfait. Ce devait être parfait, ce devait être loin des tumultes et des larmes du passé. La coutume voulait qu’on ne rende effective la présence d’un enfant qu’une fois sûrs de ses aptitudes magiques, souvent assez tard mais ils n’ont pas besoin d’attendre, il a hérité des capacités métamorphomagiques. La peur ronge déjà le coeur de la jeune mère craignant chaque seconde que la vie lui arrache le précieux petit être, elle a retardé l’instant d’en faire un objet de curiosité, elle n’a pas fait du garçon un bébé de mondanités. Cerseï était une véritable vipère prête à arracher l’épiderme de quiconque lèverait la main sur son fils toutefois elle n’était qu’une punaise comparée à ce que serait son époux s’il arrivait malheur à Ayden, alors ils pouvaient l’initier à leur univers, à ce qu’être un sang-pur signifiait. Il avait deux ans, à ce moment là. Au fond des prunelles de son père dormait parfois la crainte d’une erreur qui se répète, il veille, il s’assure que celui-ci ne lui échappe pas, ne meure pas.

« Madame Macmillan, toujours aussi charmante. » « Et vous toujours aussi hypocrite, ma chère. Un verre ? » Et avec le temps, Cersei s’était révélée plus mordante, sûre d’elle, de ses capacités. Assez solide pour supporter les regards de sa famille ou les ragots indélicats. Douée pour manier les mots et mentir, elle formait un duo impitoyable avec Gideon, elle croquait la vie à pleine dents, assumait sans mal tout ce qu’elle pouvait écrire. La censure ne l’effrayait pas, parce que ses essais subtils défendaient toujours les deux points de vue, parce que le plus abrupte était toujours glissés dans ses contes, leçons de morale tantôt positives tantôt terriblement noires. Les excès faisaient pourtant toujours partie d’elle, la façade craquelée par instants ne rendait ses vengeances que plus impitoyables, ses poisons plus virulents, et elle gardait la pire des revanches pour son père, pour le jour où ses soeurs seraient prêtes. Ses malheurs passés lui avaient donné la volonté de devenir plus qu’une sorcière de salon, mais bien une savante de son temps, ce à quoi elle s’évertuait plus jeune en lisant tout ce qu’elle pouvait sans jamais oser l’avouer. S’écraser n’était plus envisageable. Si une véritable guerre éclatait, elle serait prête. Les Macmillan étaient des érudits, c’est ce qu’elle deviendrait, elle se fondrait dans leur mode de vie, dans leur idéal de culture, elle défendrait ces siècles de connaissances jalousement gardés comme s’ils étaient son propre héritage, parce que c’était celui de son fils.



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Dernière édition par Cerseï Macmillan le Sam 16 Juil - 1:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:19

Heureusement que je savais que tu nous préparais un roman sinon j'aurais pris peur avec les messages réservés

Bienvenue chaton, trop contente de te retrouver par ici Hâte de dévorer ta fiche que je sais déjà que je vais aimer
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:23

je t'aime toi
pis on va avoir un lien de malade
j'ai hâte de lire ta fiche (même si elle est longue)
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:24

Citation :
▲ Où avez-vous connu le forum ? : Y a une Larme qui m'a attrapée et y a une Maminès qui m'a corrompue.


Bienvenue par ici ma belle, bon courage pour ta fiche
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Melpomène Lestrange
live like legends
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live like legends
Parchemins :  3965
Crédits :  Tearsflight (avatar), LAZARE (codage signature), MØRK (gif profil + signa)
 
Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

Priori Incantatem
am i free?: no
Inventaire:
code couleur: #CF8C8C
http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t107-melpomene-child-of-the-night http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t77-melpomene-uprising
MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:25

Bienvenue par ici


uprising
You will hear thunder and remember me, And think: she wanted storms. The rim Of the sky will be the colour of hard crimson, And your heart, as it was then, will be on fire.
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Ven 15 Juil - 22:28

les longues fiches aka la vie What a Face
Bienvenue et bonne chance pour ta fiche What a Face
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Sam 16 Juil - 1:37

Merci Vous êtes adorables
Mais je pense qu'en voyant la tartine, vous allez moins êtres sûres de votre coup Arrow
Enjoy la torture
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Sam 16 Juil - 11:08

Félicitations !
bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs

tes premiers pas parmi nous
Cette fiche et ce personnage Comme dit sur la CB, ta plume est toujours envoutante et ce fût un plaisir de te lire   J'ai particulièrement aimé la profession de la demoiselle et le fait qu'elle se fasse passer pour un homme pour arriver à ses fins (et puis son caractère de fou, ok c'est bon je suis conquise )


Tout d'abord félicitations et bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs!

Maintenant que ta fiche est validée, il te reste juste quelques petites étapes avant de pouvoir commencer à RP parmi nous! Tout d'abord, n'oublie pas de vérifier dans le bottin des avatars que ton avatar t'a bien été réservé, ainsi que dans les différents listings, afin de vérifier que tu es correctement recensé. Il est également obligatoire de passer remplir les quelques informations dont nous avons besoin dans ce sujet de recensement. Tu n'auras ensuite plus qu'à créer ta fiche de liens afin de pouvoir commencer à trouver toutes sortes de liens plus farfelus les uns que les autres avec les autres joueurs  

Mais par dessus tout n'oublie pas de t'amuser et de prendre du plaisir à RP. On a hâte de lire toutes vos histoires et on cale d'ors et déjà un bisou sur vos fesses. N'oubliez pas qu'en cas de question/demande ou quoi que ce soit d'autre, tout le staff est à votre disponibilité par MP, chouette, beuglante ou crieur
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   Sam 16 Juil - 14:57

Wesh c'est quoi ce bordel j'ai même pas le temps de souhaiter la bienvenue que t'as déjà fini ta fiche Bienvenue du coup Ta plume est magnifique Et t'es bonne
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MessageSujet: Re: Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »   

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Cerseï ≤ « A song of light & darkness. »
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