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 Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)

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MessageSujet: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Lun 25 Juil - 1:00


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C’est d’abord cette odeur familière qui me parvient depuis les limbes d’un sommeil sans rêve. Cette odeur rassurante, envoûtante sur laquelle je ne peux pas mettre de nom. Pas encore. Parce que le sommeil embrume encore mon esprit. Mais peu à peu, je laisse la réalité reprendre ses droits et m’éloigner des méandres de mes rêves. Dans ces volutes irréelles, je m’égare, je me perds. Je me noie dans un oubli salvateur. Pourtant, je sais que je suis dans mon lit, celui où les clients s’enchainent, se déchainent à mes dépens. Je suis leur dose d’oubli, et ils sont mon cauchemar. Enfin pour la plupart, parce qu’il y a des exceptions. Des éclairs dans ma nuit. Une odeur douce sur ma peau. Et lorsque j’ouvre enfin les yeux, je me souviens. Hier soir, William est venu, comme une ombre, discrète et sublime. Hypnotisante et volubile. Il a effleuré ma peau et le goût de ses lèvres m’a dérobé à ma solitude. Lentement, il m’a éloigné de ce vague à l’âme qui menace toujours de m’engloutir. Et pour la première fois, il s’est abandonné dans mes bras, emporté par un sommeil attendrissant que je n’ai pas osé troublé. Aucun autre client n’avait eu le droit de s’endormir à mes côtés de cette façon, du moins pas sans avoir payé. Mais avec lui, c’est presque naturel, parce que j'aime le sentir contre moi, encore endormi, et me réveiller, bercé par le rythme régulier de sa respiration. Mais je sais que je ne devrais pas ressentir ce genre de choses. Ne pas s’attacher est la première règle des prostitués. Parce que ça ne nous mène à rien. Pour eux, nous ne sommes que des objets. Ils nous paient, nous consomment et il n’y a rien de plus. Jamais. Pourtant, instinctivement, je viens coller mon flan contre son dos, caressant les courbes de son corps, alors que mes yeux ne sont pas totalement ouverts.

« William… ? » Ma voix n’est qu’un murmure. Je cherche simplement à savoir s’il dort encore. Est-ce que je devrais le réveiller ? A vrai dire, je ne sais pas ce que je suis censé faire. S’il est encore un client ou juste un amant qui se réveille dans mon lit, encore engourdi par nos ébats. Alors, je reste allongé contre son dos afin d’effleurer sa peau de mes lèvres. Étrangement, je retrouve cette tendresse que je n’offre qu’à de rares privilégiés. Parce qu’il m’est difficile de construire une intimité avec qui que ce soit, depuis que je ne suis plus qu’un monstre dans un univers qui refuse d’accepter mes différences. Mais aussi parce que j’ai peur de m’attacher à nouveau, et d’être trahi. Les gens ne sont jamais ce qu’ils semblent être. Et jusqu'à ce que William ne bouge dans son sommeil, je n’avais jamais imaginé à quel point cet adage pouvait être aussi vrai… Alors que j’aperçois enfin son visage, aux traits étrangers, je me lève d’un bon. « Qui es-tu ?! Sors de mon lit ! » Son visage – et même son corps – a changé durant la nuit. Ce n’est plus cette personne qui vient régulièrement se payer quelques heures de plaisir entre mes bras. Ses traits sont différents et pourtant ses expressions sont étrangement semblables… Ce qui m’oblige à penser qu’il a usé d’une potion – un polinectare sans aucun doute – pour dissimuler son vrai visage. Mais pourquoi ? « Tu m’as menti depuis le début ? Qui es-tu réellement, William ? Et pourquoi as-tu pris le visage de quelqu’un d’autre ? Tu cherches à me piéger ? » Et au moment où cette idée me traverse l’esprit, mes vieux démons refont surface. Tous ces mensonges qui ont déjà effleuré mes oreilles, tout ce poison qui s'est insinué dans mon esprit par le passé, dans le seul but de tuer ma mère. Comment ai-je pu être assez stupide pour laisser un homme me manipuler à nouveau ? J’ai toujours su que les hommes étaient ma faiblesse. Et lorsqu’ils parviennent à me séduire, à chaque fois, mon monde s’écroule dans une marée de larmes. Cette fois, je ne laisserai personne détruire ma vie.

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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Mar 2 Aoû - 16:49

Il y avait quelque chose de lourd au fond de la gorge d'Hermès, lorsqu'il était sorti du travail ce soir-là. Il y avait quelque chose d'affreux et de terrible, de pesant, d'étouffant. Ca s'était attaché à ses pas un peu plus tôt dans la journée, alors qu'il perdait ses doigts dans les pages d'un rapport qui narrait encore les exploits de Saint Grindelwald, les traques et les exécutions, les vies gâchées qui auraient pu être mieux exploitées, mieux utilisées, les rebellions et les attentats, les « accidents » inexpliquées et l'indifférence des forces de l'ordre, son indifférence à lui. Hermès n'était pas un idéaliste, Hermès n'était pas un rêveur, Hermès se moquait des morts, des dictatures, des injustices, mais le gâchis, cette sensation de travail mal fait, de travail mal abouti, lui retournait le ventre, lui tordait l'estomac, parce qu'il y avait d'autres moyens d'asseoir sa domination, des moyens plus subtils, des moyens plus efficaces, parce qu'il pensait à Jedusor qui tissait sa toile et qui souriait, qui mentait et qui manipulait, parce qu'il lui trouvait des étoffes de réel leader, le charisme au bout des cils, le bon mot au bord des lèvres, parce qu'il savait que Grindelwald ne savait pas mais qu'il ne ferait jamais le poids. Voldemort n'était pas un saint, loin de là, et les doigts d'Hermès avait effleuré mécaniquement le tatouage qui pulsait tout doucement sur son avant-bras malgré le bandage qu'il avait enroulé autour pour le dissimuler sous sa chemise blanche. Voldemort n'était pas un saint mais il n'en était pas un non plus malgré sa conscience qui hurlait, malgré les tremblements qui secouaient parfois ses mains lorsqu'il tentait de s'endormir, malgré la colère qui lui rongeait l'estomac à l'idée de s'être fait avoir, de n'être qu'un pion de plus sur un échiquier dont l'ampleur dépassait même son imagination. Il avait un goût d'amertume, lorsqu'il avait quitté le travail ce soir-là, parti trop tôt, éclipsé, des prétextes plein les lèvres alors qu'il saluait Diane et le patron, alors qu'il se laissait glisser dans les rues de Londres comme on s'introduirait dans une mécanique bien huilée.

Il savait où il allait. Il savait aussi que c'était stupide parce que la bouteille qui cliquetait dans son sac contenait une version beaucoup trop volatile du Polynectar, parce qu'il ne savait pas combien de temps elle tiendrait, mais certainement pas assez, parce que les ingrédients n'étaient pas d'assez bonne qualité, parce qu'il n'était pas assez concentré lorsqu'il avait mis en bouteille la potion, parce que plein d'éléments étaient entrés en jeu et qu'il n'avait pas été assez attentif. Il savait qu'il prenait un risque, ce soir-là, alors qu'il avalait sa potion enfermé dans les toilettes d'un bar trop bondé pour qu'on le remarque et qu'il ressortait, visage différent, sourire différent, attitude différente, pour prendre la route de l'Opiumerie, parce que c'était toujours là-bas que ses pas le portait quand tout était trop, parce que c'était toujours là-bas qu'il se dirigeait quand tout était trop difficile à supporter. Il y allait, au début, pour trouver du plaisir dans des bras inconnus et puis il y avait eu Soyan, et ce n'avait plus été un inconnu, ça avait été lui et toujours lui, son sourire et ses yeux et ses doigts et sa bouche, et leurs corps qui s'emmêlaient, qui se reconnaissaient. Il le payait, toujours, évidemment, parce que Soyan faisait son travail, parce qu'il était un client, parce qu'il aurait été terriblement impoli de sa part de songer qu'il méritait un autre traitement, mais la vérité était qu'il traitait Soyan comme il aurait traité un amant, parce que ses gestes étaient trop doux, parce que ses mains étaient trop précautionneuses, parce qu'il était un jour venu juste pour passer quelques heures dans ses bras, parce qu'il lui soufflait des choses qu'il n'avouerait à personne d'autre. Il l'avait embrassé, lorsqu'il l'avait retrouvé, avait appuyé sa bouche contre la sienne et c'était un bonjour, un je suis revenu, un tu m'as manqué, alors qu'ils chancelaient vers les alcôves, les mains sur la peau de l'autre, et l'écho des corps avides qui se frôlaient.

C'était une mauvaise idée, il aurait dû le savoir dès que la première goutte était tombée sur sa langue. C'était une mauvaise idée parce que les bras de Soyan étaient trop accueillant, parce qu'il aimait son odeur comme on aime celle présente sur l'oreiller d'à côté, parce qu'il se perdait entre ses cuisses, parce qu'il oubliait tout sens commun. C'était une mauvaise idée parce qu'il s'était endormi, c'était une mauvaise idée parce que Soyan l'avait laissé. C'était une mauvaise idée parce que la potion avait cessé de faire effet. Hermès se moquait de blesser les gens. Hermès riait à l'idée d'égratigner des sentiments. Hermès roulait des yeux à l'idée que d'autres puissent être important. Hermès ne plaisantait pourtant pas du tout, ce matin-là, assis sur le sol, projeté hors du lit par un mouvement de panique, et les yeux de Soyan bien trop grands, et la trahison dans sa voix et les larmes dans sa gorge. Soyan n'était pas un jeu, pas un jouet, pas un manipulé, Soyan était un havre de paix et une fraction de seconde où il pouvait oublier, être paradoxalement lui-même sous un masque qui n'était pas lui. Soyan était important, important, important, et il le regardait maintenant comme s'il était un monstre, comme s'il était écœurant, dégoûtant et horrible. Les yeux plein de sommeil et la gorgée nouée, Hermès avait tenté de parler, sans succès, avait tenté de se redresser, sans y arriver, avait passé ses mains tremblantes dans ses cheveux pour tenter de retrouver une contenance, tenter de se faire à l'idée. Il était dévoilé, exposé, fragile, même, et tout son corps se révoltait.

« Soyan. » avait-il appelé, et il y avait un fond de désespoir dans sa voix alors qu'il restait au sol, à ses pieds, à ses genoux, pathétique. « Je suis désolé. » Ça, au moins, c'était la vérité, la vérité crue et nue, parce qu'il était désolé, parce que Soyan n'aurait jamais dû l'apprendre, parce que s'il avait fallu qu'il sache, il n'aurait jamais dû l'apprendre comme ça, parce qu'il était un étranger à présent dans un corps qui connaissait pourtant trop celui de Soyan, parce qu'il était incapable de détacher ses yeux de lui alors qu'il aurait dû fuir, battre en retraite, effacer les souvenirs du jeune homme et ne plus jamais revenir. « Je ne peux pas te donner mon nom. » avait-il murmuré, tout bas. « Je n'aurais pas dû te mentir. Je pensais pas. Revoir plusieurs fois la même personne mais tu es toi et je. »

Je, quoi ? s'était-il demandé, la bouche sèche et les yeux subitement dans le vague. J'étais incapable de ne pas me perdre à nouveau dans tes bras ? Je ne pouvais pas penser à quelqu'un d'autre que toi ? J'avais envie d'entendre une nouvelle fois ta voix ? Trop d'excuses absurdes, de justifications qui n'en était pas, et il se haïssait pour ça, pour l'éloquence qui aurait dû être sienne et qui ne venait pas :

« Je cherchais à me protéger moi et je n'ai pas pensé à toi. »

Et c'était horrible comme admission, odieux comme aveux et, les jambes tremblantes de nervosité, il s'était redressé, chancelant, à la recherche de ses vêtements, un remerciement silencieux jeté à l'adresse du bandage qu'il utilisait toujours pour masquer son avant-bras.
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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Mar 9 Aoû - 2:30


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Cette douleur qui me serre le cœur, je voudrais pouvoir l’ignorer, l’annihiler jusqu’à en oublier son nom. William. Un mensonge de plus parce qu’il est évident à présent que ce n’est pas son nom, qu’il m’a menti, qu’il m’a utilisé comme tous les autres. Et je déteste l’idée d’être un objet entre ses mains. Parce que j’ai aimé les sentir effleurer ma peau plus qu’aucunes autres. Et alors qu’il se décompose, ses mains tremblantes perdues dans ses cheveux, il a l’air soudain si vulnérable, si fragile. Est-ce encore un mensonge voué à m’attendrir, à détruire cette ultime protection qui se dresse entre nous ? « Soyan. » Il y a quelque chose de douloureux dans sa voix, de désespéré aussi. Pourtant, je sais que je ne dois pas céder. Parce qu’il m’a trahi et que tout ceci n’est sûrement encore qu’une mascarade, une manipulation de plus. Qu’importe qu’il soit à mes pieds, faible et instable. Cela ne change absolument rien. « Je suis désolé. » J’aimerais y croire. Parce qu’il paraît si sincère, parce que ce serait le mensonge de trop. Mais surtout parce que je ne parviens pas à le haïr et parce que cet étau qui serre ma poitrine va finir par m’étouffer. Mais je ne peux pas y croire. Il aurait pu me dire la vérité et il a pris la décision de me mentir. Même quand les rendez-vous se sont fait plus réguliers, passionnés, il a continué à dissimuler sa véritable identité. Comme si ça n’avait aucune importance. Comme si je n’avais aucune importance. « Je ne peux pas te donner mon nom. » Un murmure qui ne fait qu’attiser le brasier de ma colère. Et alors que je ne pense qu’à fuir, crier, ne plus jamais accepter sa présence dans ma chambre, dans mon lit, dans mes bras… Je me retrouve pétrifié. Incapable de bouger ou même de parler, je prends conscience que quoi que je fasse, je ne pourrais pas l’effacer aussi facilement. « Je n'aurais pas dû te mentir. Je pensais pas. Revoir plusieurs fois la même personne mais tu es toi et je. » Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce qu’il a continué à venir me voir si c’était pour s’enfermer dans un mensonge, jouer un rôle jusqu’à ce que la vérité éclate et ne détruise tout sur son passage ? Apparemment me payer pour disposer de mon corps n’est plus suffisant pour satisfaire le plaisir de mes clients et leur besoin de manipulation.

« Je cherchais à me protéger moi et je n'ai pas pensé à toi. » Cruelle honnêteté qui me ronge l’âme et me laisse devant cette vérité que je n’aurais jamais dû oublier. Mes riches clients ne pensent qu’à eux et jamais – même lorsqu’ils semblent le laisser croire – ils ne se soucient de ce que je pourrais ressentir. Sinon, ils seraient honnêtes, et ne viendraient plus profiter de moi de cette façon, contre quelques pièces. Peut-être que leur sourire leur donne bonne conscience. Mais leur cruauté prend seulement un visage différent. « C’est sûr que si tu avais pensé à moi, ne serait-ce qu’une seconde, tu aurais été voir quelqu’un d’autre. Tu ne serais pas entré dans ce jeu malsain, en me faisant croire que tu étais différent, que je pouvais éventuellement te faire confiance. Parce que j’ai cru l’espace d’un instant… » Qu’est-ce que j’avais cru exactement ? Que peut-être il venait me voir parce qu’il ressentait quelque chose pour moi ? Qu’il n’était plus seulement un client mais un amant ordinaire, qui payait pour ne pas éveiller les soupçons. Soudain, j’ai honte. Parce qu’une telle pensée est ridicule et qu’une fois encore, je me suis laissé amadouer par des caresses et des sourires plus tendres, des regards bienveillants et des mots sirupeux. Ma propre naïveté devient un fardeau, une entrave, un piège dans lequel il est facile de m’enfermer. « J’ai cru que peut-être tu te souciais vraiment de moi. Que tu ne me voyais pas seulement comme un jouet sexuel. Mais je me suis trompé, comme toujours. » Mon ton est résigné, blessé, drapé dans un voile d’amertume. Je ne peux même plus le regarder. Je voudrais qu’il parte, qu’il ne puisse pas assister à ma détresse alors que les larmes viennent s’écraser furieusement sous mes paupières closes. « Ne reviens plus. » C’est douloureux. Comme une lame dans ma poitrine. Et pourtant, je sais que je n’ai pas le choix. Parce qu’il est devenu un étranger, et que William est mort. Il n’a même jamais existé. Ce n’était qu’une chimère en laquelle j’avais voulu croire. Tellement fort. « J’aurais encore préféré que tu te montres aussi violent que les autres, que tu ne m’amadoues pas de cette façon pour mieux me mentir. Parce que la douleur physique, j’aurais pu la supporter. » Et comme pour me donner une contenance, je ramasse ses affaires afin de les envoyer valser jusqu’à lui, ne me souciant guère de savoir où chaque vêtement va atterrir. Je veux juste qu’il parte avant que les larmes ne me submergent, avant que la douleur et la colère ne puissent plus être contenues.  

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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Ven 19 Aoû - 16:17

Il y avait cavalcade dans le cerveau d'Hermès, une chevauchée terrible et meurtrière au creux de son cerveau alors que tout se pétait la gueule, alors qu'il regardait Soyan se replier et s'emplir de colère, alors qu'il recevait le châtiment qu'il méritait. Hermès s'était imaginé la scène, plusieurs fois, s'était imaginé avouer à Soyan, s'était imaginé lui dire, lui avouer qu'il avait des sentiments, qu'il les avait attrapé sans trop savoir ce qu'il devait en faire à présent, parce qu'il savait que Soyan allait le détester, qu'il avait craint, dès le début, que Soyan ne le déteste s'il le voyait pour ce qu'il était. Hermès s'était imaginé la scène, plusieurs fois, et ça ne s'était jamais bien fini, et Soyan pleurait, hurlait, tempêtait, le haïssait, il s'était imaginé la scène, encore et encore, on rembobinait, laissait défiler, on mettait sur pause, on accélérait, et la fin était toujours la même, fatalité horrible, et la fin était toujours brutale et définitive, et la fin était toujours sa faute, et la fin le prenait toujours de court. Il s'était imaginé la scène, plusieurs fois, mais jamais il n'avait eu aussi mal, mais jamais il n'aurait pu imaginer les inflexions terribles dans la voix de Soyan, mais jamais il n'aurait pu deviner la dureté et la douleur et le pieu qui s'enfonçait millimètre par millimètre dans son ventre. Il ne pouvait pas prévoir la peine, il ne pouvait pas prévoir l'impression de se faire autopsier conscient, la lame dans sa peau, les pans qui se déchirent, étirent, la cage thoracique explosée comme un fruit trop mûr. Il ne pouvait pas prévoir la peine que provoquait l'attachement, ne pouvait pas calculer, contrôler la boule qui venait d'obstruer sa gorge alors que ses vêtements lui volaient à la figure alors qu'il inspirait, tremblant et immobile, les doigts resserrés sur le tissu de ses vêtements et la mâchoire serrée.

« Je ne reviendrais plus. » avait-il soufflé en se redressant, et c'était les mots les plus durs qu'il ait jamais eu à prononcer, les mots les plus tristes, les mots qui lui donnaient le plus envie d'hurler. « Je te promets. » Et il y avait la douleur dans sa voix alors qu'il lui jurait, qu'il respecterait son vœu, qu'il obtempérerait, qu'il ne lutterait pas, n'essayerait pas de le faire revenir sur ses choix, de se faire pardonner, parce qu'il se savait impardonnable et condamné, parce qu'il était conscient de l'avoir blessé comme tous les autres avant lui, d'avoir profité de son affection sans lui offrir une honnêteté sans faille en retour. Les doigts tremblants, le visage fermé, il avait reboutonné sa chemise, les doigts tremblants, les paupières closes, il avait remis son pantalon, ses chaussures, sa veste, s'était assuré de ne rien laisser derrière, de ne rien abandonner qui puisse faire penser à Soyan qu'il essayait de rester quand il lui intimait de partir. « Je sais que tu ne pourras jamais me pardonner. » avait-il soufflé, une fois rhabillé. « Je sais et je ne te demanderais pas, et je ne reviendrais pas. J'ai voulu me protéger et c'était un tort mais avec le temps et l'affection, je savais aussi que s'ils te découvraient et que, pire, s'ils découvraient que tu connaissais mon visage, des mesures seraient prises. Je ne voulais pas risquer ça. » Il avait fouillé dans ses poches, avait dissimulé les tremblements qui se faisaient de plus en plus fort au fond de ses poches, avait extrait une carte, avec juste une adresse, trois fois rien, l'avait posée sur une table, loin du lit, loin de Soyan, avec le tas de  pièces qu'il lui devait, pour ne pas s'introduire dans son espace. « Si tu as un souci, n'importe lequel, envoie un courrier ici. »

C'était froid, trop froid, mais il ne savait plus contrôler sa voix ou ses mains, oscillait bêtement entre l'honnêteté qui le rongeait et la peur qui le paralysait. Il ne voulait pas partir, c'était évident, il ne voulait pas battre en retraite, ça se voyait, mais il y était contraint et ne savait pas quoi faire de cela, ne savait pas quoi faire de la douleur qui courrait le long de son corps et envoyait des arcs électriques au sein de ses nerfs, ne savait pas quoi faire de l'instinct qui crevait d'envie d'aller prendre Soyan dans ses bras et de tout lui dire, tout lui expliquer, de lui dire que ce n'était pas facile pour lui et qu'il avait des choix, des choix qu'il détestait, des choix qu'il haïssait, des choix sur lesquels il ne pouvait pas revenir.

« J'aurais aimé que tu l'apprennes autrement. » avait-il murmuré, comme adieu, avant de fouiller dans ses poches à la recherche d'un nouveau flacon de potion, dos à Soyan, dos à la pièce, comme déjà ailleurs, déjà parti, déjà loin, parce qu'il ne pouvait pas rester, parce que Soyan ne l'aimerait plus jamais, parce qu'il n'était plus qu'une ombre, qu'un pantin, qu'un mensonge, qu'il avait merdé, foiré, tout envoyé valser. « Prends soin de toi. » avait-il lâché, avant de vider la potion. Fais attention à toi, s'il te plaît, avait-il pensé, avait-il rattrapé avant de souffler les mots de trop.
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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Lun 29 Aoû - 0:47


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« Je ne reviendrais plus. » Parce que pour lui, c’est aussi simple que ça. Alors que je peine à rester debout tant la douleur me transperce. Comme une plaie béante au milieu de ma poitrine, qui s’élargie à chaque mot prononcé, me laissant faible et meurtri. Et j’ai honte de souffrir autant, de réaliser à quel point je l’aime, cet homme factice que je ne connais pas. Cet homme qui n’existe que dans les rêves qu’il a créé pour moi. Une illusion cruelle qui me fait si mal à présent. « Je te promets. » La douleur qui résonne dans sa voix est-elle un mensonge elle aussi ? J’aimerais qu’il en souffre aussi, qu’il se soit pris au jeu, qu’il n’ait pas toujours menti. Mais je ne me berce d’illusion. Parce qu’il se rhabille peu à peu sous ses yeux et que je réalise que c’est la dernière fois que je le vois. Que toute cette histoire va disparaître comme si elle n’avait pas existé. Parce que lui, il n’existe pas. Il n’existe que dans mon esprit et il va me manquer. Alors que je devrais le haïr – et peut-être qu’au fond, c’est le cas. « Je sais que tu ne pourras jamais me pardonner. » Probablement pas, non. Comment le pourrais-je, alors qu’il refuse de s’expliquer, de me dire enfin la vérité. Au fond, il ne me fait toujours pas confiance… S’il avait été sincère ne serait-ce qu’une fois, il me dirait la vérité, en gage de sincérité et je sais que s’il l’avait fait, même trop tard, je lui aurais pardonné. Je me serais montré faible. « Je sais et je ne te demanderais pas, et je ne reviendrais pas. J'ai voulu me protéger et c'était un tort mais avec le temps et l'affection, je savais aussi que s'ils te découvraient et que, pire, s'ils découvraient que tu connaissais mon visage, des mesures seraient prises. Je ne voulais pas risquer ça. » Sale lâche ! Qu’est-ce que j’espérais au fond ? Qu’il se batte pour moi, pour me garder ? C’est ridicule… Je le sais à présent. Et c’est encore plus dur à accepter. Peu importe qu’il essaie de me faire croire qu’il voulait me protéger moi aussi, je sais que c’est faux. Parce que je garde précieusement l’identité de mes clients et que personne n’a jamais su qui exactement venait me voir. Et comme pour maintenir son illusion, s’enfermer dans son mensonge, il dépose une carte sur ma table avec les pièces qu’il me doit. Une carte de visite qui ne contient qu’une adresse. Rien de plus, évidemment. « Si tu as un souci, n'importe lequel, envoie un courrier ici. » Jamais. Je préférerais mourir que d’avoir à l’appeler au secours. De toute façon, je ne lui fais pas confiance, je ne pense pas qu’il viendra pour m’aider. Alors je détourne le regard, contrarié par cette mascarade.

« J'aurais aimé que tu l'apprennes autrement. » Et moi donc. Pourtant son murmure, au lieu d’attiser ma colère, me rend étrangement triste. Parce que j’aurais aimé que tout soit différent. Qu’il soit honnête, qu’il tienne à moi réellement, au point de tout m’avouer dès le début. J’aurais joué le jeu, je l’aurais appelé William pour le protéger, j’aurais aimé ses deux visages, ses deux corps. Je n’aurais pas détesté le voir me tourner le dos pour avaler sa maudite potion. « Prends soin de toi. » Et sur ces mots, il avale le polynectare et j’ai envie de le frapper, de l’insulter. Parce que je ne compte pas assez. Je ne suis jamais suffisant. Parce que je ne suis qu’un jouet et je me déteste de l’avoir oublié. Je le déteste de m’avoir aidé à l’oublier. « Comme si ça pouvait t’inquiéter. Que je prenne soin de moi ou non, qu’est-ce que ça change ? Quand le jouet sera cassé, tes compères iront en chercher un autre. Comme tu vas le faire à présent. » Mon ton est amer, glacial. Il est plein de douleur, de ressentiments. Il crie cette vérité qu’il veut taire, oublier. Mais je l’empêcherais d’oublier le mal qu’il m’a fait. Parce que je sais qu’il va recommencer avec un autre, comme ils le font tous. Et je veux le lui faire payer. Parce que je crève de jalousie et de colère. Parce que j’ai le cœur qui se serre, qui m’étouffe. « Moi aussi j’aurais aimé l’apprendre autrement. J’aurais aimé que tu te battes pour moi, que tu tiennes vraiment à moi. »  Parce que je ne suis qu’un gamin stupide, un naïf qui laisse son cœur se faire piéger, piétiner. A croire qu’après j’en redemande puisque je continue à les laisser m’atteindre, alors qu’ils me paient. C’est ridicule, risible. Et ça me brûle de l’intérieur, ça laisse un trou béant dans ma poitrine. C’est douloureux et je pourrais hurler, mais à la place, c’est une larme solitaire qui coule sur ma joue. « J’aurais aimé que ce ne soit pas un putain de mensonge. » Un de plus dans cette vie que je déteste un peu plus chaque jour, regrettant le monde solitaire dans lequel j’ai grandi. « J’aurais aimé que tu existes vraiment. » Humilié, blessé, je détourne le regard. Parce que ça devient insupportable de le regarder sans le reconnaître, de ressentir toutes ces émotions contradictoires sans réellement le connaître. « Mais ce n’est pas le cas et je ne pourrais pas te pardonner. Parce que même maintenant tu continues à mentir, à feindre un intérêt pour ma sécurité. Mais tu mens encore. Toujours. Tu ne sais faire que ça. » Et je ne sais même plus pourquoi je m’en offusque. Je ne devrais même plus être étonné. Rien de ce que mes riches clients peuvent dire ou faire ne devrait m’atteindre. Parce qu’ils vivent dans un autre monde, une bulle qui finira toujours par m’exploser au visage. Par m’exploser le cœur.

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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Dim 4 Sep - 21:37

Soyan, Soyan, Soyan, Soyan, le prénom qui se répétait, tourbillonnait et la nausée qui entravait sa gorge, parce qu'il ne valait pas mieux que les autres, que c'était cruellement vrai, mais qu'il n'avait pas joué, pas menti, pas sur ça, pas sur ça. Il avait menti sur son nom, sur sa voix, sur son visage, il avait menti sur beaucoup de choses, peut-être, mais il n'avait jamais menti lorsque ses mains s'étaient posées sur sa peau, n'avait jamais trahi lorsqu'il avait chuté, beaucoup trop lentement, comme en suspension dans l'air, la bouche pressée contre la sienne et les doigts écartés comme pour toucher plus de sa peau. Il l'avait simplement voulu, au début, juste pour du sexe, juste parce qu'il avait besoin, juste parce que c'était plus simple, moins dangereux, moins terrible. Il l'avait simplement voulu, au début, mais pas avec les accents sales que Soyan y mettait, pas avec le stupre, pas avec la luxure, il l'avait voulu comme on voulait un être humain, comme on voulait un peu de chaleur, comme on voulait un corps contre le sien et des lèvres contre sa peau. Il ne voulait pas nier, pourtant. Il ne pouvait pas nier, ne pouvait pas refuser ce que Soyan ressentait parce que c'était lui qui était la victime, parce qu'il ne pouvait pas lui dicter quoi ressentir, parce que ses intentions n'avaient aucune importance, au bout du compte, que le résultat était tout ce qui importait. Et le résultat était là. Soyan était écorché, blessé et il était détesté, haït, parce que c'était ce qu'il méritait. Parce que c'était ce qu'il avait provoqué. Les mains tremblantes, il avait laissé tomber le flacon au sol.

C'était stupide, en réalité, cette pluie de verre brisé, la façon dont il cherchait les yeux de Soyan, malgré tout, le visage blême et les yeux bien trop grand, la gorge sèche comme le Sahara et les yeux trop brillants, humides comme la mer, profonds comme la fosse des Mariannes, alors qu'il essayait de lui dire quelque chose, qu'il essayait de lui expliquer, ou juste de lui dire, qu'il ne voulait pas qu'il se brise, qu'il voulait l'emmener loin, qu'il voulait le cacher dans ses couvertures et l'enrouler dedans et le laisser dormir jusqu'à ce qu'il soit réparé. Il aurait voulu enrouler ses bras autour de lui et claquer toute sa fortune, acheter son cœur et son âme pour mieux tout lui rendre, pour tout lui restituer. Il aurait voulu pouvoir, l'arracher à sa vie, prendre soin de lui, être autre chose que le fils aîné d'une famille qui avançait à grands pas vers sa perte, être autre chose que la douleur qu'il lui causait, être autre chose qu'un couteau planté dans ses chairs. Il ne pouvait pas lui dire ça. Il ne pouvait pas faire ça, prendre des engagements, le cacher dans son appartement et le mettre en danger, il ne pouvait pas le jeter dans les pattes de Néron et faire comme si c'était une bonne idée, être malade, dément, et ne pas prendre ses responsabilités.

« Je m'appelle Hermès Travers. » avait-il soufflé, tout bas, la mâchoire crispée par la terreur alors qu'il lui livrait la dernière pièce du puzzle, comme on déterre un secret bien trop lourd. « Mon père est dément, mon sang est pur, s'ils te découvraient, ils te tueraient. » Il y a un poids dans ses mots, quelque chose de terrible, quelque chose de près du gouffre, quelque chose de déchiré. « Je n'ai pas feint ce que je ressentais pour toi. Mais je ne peux pas me battre pour toi si ma simple existence est un danger pour toi. Je ne peux pas être une grenade dégoupillée dans ta vie. »

Et il était trop pragmatique, beaucoup trop, et il avait essuyé d'un geste vif ses yeux, son visage retransformé, son visage qui n'était plus le sien mais qui n'était plus celui d'un autre non plus, et il avait essuyé ses yeux et son visage, avait tenté d'apaiser le nœud qui entravait sa poitrine, qui paralysait ses jambes. Il fallait qu'il s'en aille. Il fallait qu'il parte vite et loin, qu'il disparaisse, qu'il se fonde dans le décor, il fallait qu'il détale et qu'il ne revienne jamais, il fallait qu'il l'abandonne et qu'il ne se retourne plus jamais, Orphée et Eurydice, revisités.

« Tu n'es pas remplaçable, Soyan. » avait-il simplement dit, la voix trop basse et le cœur trop lourd, parce que c'était quelque chose qu'on disait trop peu, quelque chose qu'on articulait trop peu, quelque chose qu'il aurait aimé entendre, qu'il aurait aimé savoir, qu'il aurait aimé prononcé plus souvent. « Je t'ai menti. » Il fallait l'admettre, le cracher, le dire, il fallait l'avouer. « Mais pas sur tout. »

Loin de là, parce qu'il avait été bien trop ouvert, bien trop à nu, bien trop vulnérable, parce qu'il lui avait soufflé des choses qu'il n'avait admis à personne, parce qu'il le connaissait bien mieux que ce qu'il pensait. Rageusement, il avait baissé la main, s'était glissé une main dans les cheveux, l'avait regardé, une dernière fois, parce qu'il lui brisait le cœur et qu'il ne pouvait pas le supporter.

« Écris à cette adresse si tu as besoin de quoi que ce soit. » avait-il insisté, une dernière fois, avant de transplaner.

Il avait des larmes plein les joues, lorsqu'il avait disparu, des larmes plein l'âme lorsqu'il avait atterri, tas pitoyable sur son lit. Mécaniquement, il avait attrapé la bouteille qui était posée à côté de la table de nuit, avait fait sauter le goulot, avait bu à longs traits.

Il ne voulait plus y penser.
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MessageSujet: Re: Such a beautiful lie to believe in ☆ (Hermoyan)   Lun 12 Sep - 19:50


Such a beautiful lie to believe in


Dans un fracas de verre brisé, le flacon explose sur le sol en un millier de morceaux. Et c’est mon cœur qui explose avec lui. Alors je ne peux pas m’empêche de fixer les dégâts, presque choqué de pouvoir admirer ma propre douleur éparpillée sur le plancher. Mais ce n’est pas mon cœur qu’il a lâché. Même si je l’ai cru à cause de tous ses mensonges. Même si j’ai immédiatement pensé qu’il avait fait tout ça pour me briser, comme tous les autres. Parce que je ne parviens plus à accorder ma confiance. Parce qu’à mes yeux, les hommes que j’aime finiront tous par me détruire. Mais il a un secret, un seul qui peut me faire changer d’avis à son sujet. Et ce secret, il l’a soufflé du bout des lèvres, effrayé à l’idée de ce qui pourrait lui arriver si je venais à le trahir. « Je m'appelle Hermès Travers. » Soudain mon cœur rate un battement. Parce que l’émotion est trop forte. Parce qu’il existe à nouveau, à travers sa véritable identité et c’est comme si j’apprenais à le découvrir pour de vrai cette fois. Et à l’aimer pour ce qu’il est vraiment. Mais surtout, c’est son nom de famille qui m’arrache un frisson d’effroi. C’est un Travers, et ça, ça change tout. Je voudrais pouvoir hurler. Mais je reste muet. Pétrifié. Et je ne parviens pas à lui dire la vérité. Mon terrible secret. Le véritable nom que je n’ai jamais pu porter. Parce que je suis un bâtard, à moitié Travers, à moitié vélane.
Hermès. Le frère d’Agrippine dont elle m’a tant parlé. Ce cousin que je n’ai jamais connu et que j’ai appris à aimer sous un autre visage, sous un autre nom, entre mes draps, entre ses bras. Un inceste involontaire, insensé. Un interdit qui me tétanise et me laisse sans voix. « Mon père est dément, mon sang est pur, s'ils te découvraient, ils te tueraient. » Sans aucun doute, oui. Mais pas seulement parce que j’ai partagé son lit. S’ils me découvraient, moi le bâtard honteux, le demi-monstre qui partage leur sang, ils me tueraient. Notre liaison ne ferait sans doute qu’attiser un feu déjà brûlant. « Je n'ai pas feint ce que je ressentais pour toi. Mais je ne peux pas me battre pour toi si ma simple existence est un danger pour toi. Je ne peux pas être une grenade dégoupillée dans ta vie. » Et alors il va simplement disparaître de ma vie, pour me protéger ? Ce n’est pas ce que je veux. Je lui ai dit de partir sous le coup de la colère, parce qu’il refusait de me dévoiler sa véritable identité. Mais il a fini par tout me révéler et à présent, il veut disparaître malgré tout. S’il croit pouvoir m’écarter si facilement – quelle que soit la raison – il se trompe. Et ce n’est pas la tristesse qu’il tente vainement de chasser de ses yeux qui va m’inciter à le laisser m’abandonner de cette façon, bien au contraire.

« Tu n'es pas remplaçable, Soyan. »
Alors reste. Crois en moi, en ma capacité à garder tes secrets. Laisse-moi murmurer ton véritable prénom dans tes nuits solitaires. Et je te prouverai que tu n’es pas remplaçable non plus. « Je t'ai menti. » C’est un fait indéniable à présent. Un fait devenu pardonnable, même s’il l’ignore encore. « Mais pas sur tout. » Un jour, peut-être qu’il me dira quelles étaient les vérités au milieu des mensonges. S’il renonce à me fuir, à sortir de ma vie. Parce que ce n’est plus ce que je veux. J’ai besoin de lui, plus qu’il ne peut l’imaginer. Parce que je ne suis jamais parvenu à le lui dire. Et alors qu’il me regarde une dernière fois, c’est comme un étau qui se referme sur ma poitrine… Je ne peux plus respirer. J’aimerais pouvoir le retenir, mais j’ai tellement de choses à lui dire, je ne sais pas par où commencer. « Écris à cette adresse si tu as besoin de quoi que ce soit. » Et sur ces mots, il disparaît. Pour de bon. Alors, je sais ce qu’il me reste à faire. Je lui écrirai. Même si ce doit être le dernier contact qu’il daigne m’accorder, je tenterai ma chance, parce que je refuse de le perdre, alors qu’il m’a enfin laissé une chance de le connaître vraiment. Et tandis que je pars récupérer la petite carte qui me permettra de lui écrire, je sens les larmes inonder mes yeux. Comme si toute la douleur de ces derniers instants me submergeait subitement, menaçant de m’engloutir tout entier.
Hermès, tu ignores encore tout de ce qui nous unit réellement.

- END -

CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS
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