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 people are strange when you're a stranger.

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MessageSujet: people are strange when you're a stranger.   Lun 25 Juil - 12:57

people are strange when you're a stranger.
avec Elkacem Shafiq



Il inspire l'air bulgare au matin qui, pour lui, se soulève. Le ciel étire les nuances de rose, de violet et de bleu. Les vallées repoussent le moment d'accoucher du soleil. Immobile, planté dans la roche et les herbes courageuses, Deukalíôn est juché à l'à-pic d'une crête bercée de pénombre et, un long moment, il ne fait rien. L'horizon ondule. Le temps soupire. A quelques mètres en contrebas, Piotr joue de l'équilibre, un funambule sur la sierra découpée à la hache. Un insolent sourire griffe sa bouche et, quelques fois, il darde sur son frère un regard de défi. Ce dernier l'ignore superbement. La fraicheur du matin le saisit, elle s'insinue partout dans les revers et dans les plis. Ce n'est qu'humide, comme détrempé, qu'il craque dans le silence et reparait à bas de la bâtisse que les monts et les creux abritent des vents et des yeux du lointain.

« Entre. » Les doigts délicats à la tranche du battant, elle cède l'embrasure et Deukalíôn s'engouffre. Il frissonne. C'est peut-être sa promenade dans le levant ou le climat anglais qui lui entre, insidieux, sous la peau et le rend malade de son propre pays. C'est peut-être, aussi, son hôtesse. « Pourquoi n'es-tu pas venu immédiatement ? » La voix, caressante, s'efforce de le gronder. Il entend néanmoins qu'elle s'amuse de l'état pitoyable, et de sa tenue et de sa carcasse. Deukalíôn bascule le regard, et un fin rictus orne, en effet, sa bouche. « Il était tôt, dit-il. » Un mouvement général balaie cette anecdote, et il quitte son manteau. Un elfe replet s'en empare aussitôt et il s'évanouit sans autre politesse qu'un basculement du crâne parfaitement obséquieux. « Et je n'ai pas souvent l'occasion d'errer en Bulgarie. » Elle opère un sourire ravi, comme si le compliment n'appartenait qu'à elle. A son teint d'ambre, pourtant, on sait que les siens ne sont pas nés de ce côté de la Méditerranée. Evodie Shafiq le sait bien, mais elle s'en fiche. Plaire à Deukalíôn Hristow est un jeu très ancien, voilà tout. « Mon domaine te plait ? elle minaude. » « Il m'a toujours plu, il répond, le charme de travers. »

Ils se sont installés dans un petit salon du rez-de-chaussée. La demeure sue le calme – c'est une petite maisonnée, renforcée par l'heure primitive. Les petites mains crochues des elfes ne sont pas encore secondées par le personnel sorcier, mêlé. Ce qui viendra, longtemps après que Deukalíôn aura déserté le royaume d'Evodie Shafiq. « Mon neveu, explique-t-elle en renversant du thé dans les tasses accolées, est un garçon remarquable – l'homme qu'il te faut, je t'assure. » Elle pose doucement la théière. « J'en ferais une fierté déplacée s'il était mon propre fils. » Pour une raison que Deukalíôn ne s'explique pas, il se méfie de cette certitude. Sa méfiance naturelle. L'habitude d'être trahi. Il n'a cependant que confiance à l'égard d'Evodie. Au point de remettre banalement son sort entre les mains d'un homme qu'il ne connait pas, un parfait étranger ? Certes jamais. « Tu sais les risques que je prends, maugrée l'héritier Hristow. » La réticence marquée à la commissure de ses lèvres, elle consent. « Je sais aussi que tu as besoin d'alliés. » Si la courtoisie ne le lui interdisait pas, il grognerait pour ne pas devoir l'admettre. Il braque des billes tacites vers elle, et elle paraît s'en satisfaire, aussi savamment qu'un chat qui se délecte du sale petit rongeur qu'il vient de ferrer. « Aie confiance en moi, porte-t-elle les embruns de la tasse à son nez. Je m'occupe d'avoir confiance en lui. » Quelque part, dans ces prunelles sombres et lumineuses, Evodie sourit. Elle se distrait du jeu éternel, d'une nouvelle partie.

« Maîtresse, piaille l'elfe ventripotent. » Hôtesse et invité rivent le regard sur le petit intrus. « Votre neveu, Maîtresse, il s'efface de la porte. » Un homme remplit l'espace qu'il laisse. Cet homme, en s'avançant, condamne inexorablement Deukalíôn à lui faire confiance.
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MessageSujet: Re: people are strange when you're a stranger.   Mer 27 Juil - 19:04

HRISTOW
Deukalíôn

SHAFIQ
Elkacem

interview
Un hibou. Une lettre. Sa tante le contacte, le message reste mystérieux. Evodie souhaiterait une entrevue avec son neveu, afin qu'il rencontre un homme pour une affaire importante. Que lui veut-elle et pourquoi rencontrer un inconnu ? Elkacem ne le sait, mais elle précise en fin de page que c'est important. Il ne faut traîner pour la rencontre, mais cela doit se faire en Bulgarie. Elle possède un petit domaine là-bas, une petite maisonnée perdue au beau milieu d'une vaste étendue végétale qui lui appartient également. Elle l'a acquise il y a plus de dix ans, afin d'amener la plus jeune des filles d'Abel là-bas. Une fin d'études à Dumstrang, une obligation faite par celle qui a épousé la solitude par envie, par liberté.

Un sortilège. Une façon rapide de se déplacer d'un pays à un autre en moins d'une minute. Le transplaner. Un déplacement quasi instantané d'un lieu à un autre qu'utilise Elkacem naturellement, maintenant. Les débuts furent difficiles, mais à présent ce sortilège fait partie des plus fréquent de l'ancien auror. Arriver dans le hall d'entrée, là où se trouve quelques elfes de maisons qui semblent occupés. Un sourire aux lèvres, il aperçoit celui avec lequel il jouait adolescent. Famille ouverte, il ne leur a jamais été interdit ce genre de fréquentations, tant qu'elles n'étaient pas quotidiennes. L'un d'eux lui demande de le suivre, sa tante et l'inconnu boivent le thé dans un petit salon au rez-de-chaussée.

L'elfe l'annonce, avant de disparaître tandis qu'Elkacem se joint à ce duo. L'homme ne lui paraît pas inconnu.
    _ « Ma tante, je suis heureux de vous revoir ! » dit-il, l'embrassant tendrement sur la joue. Nos coutumes ne sont pas similaires à celles d'Angleterre, mais nous ne souhaitons pas les voir toutes disparaître.
    _ « Elkacem, mon neveu. As-tu fais bon voyage ? » répondit-elle, avec courtoisie tout en se levant de son siège sans pour autant devoir se déplacer. « Joins-toi à nous ! » continua Evodie, qui dans un geste lent désigna les sièges autour de la table, avant de reprendre place et de laisser s'écouler le thé dans la tasse prévue pour ce dernier.

Un léger silence, durant lequel l'héritier des Shafiq s'installa, faisant un signe de tête à l'inconnu afin de le saluer. Il épia de façon indiscrète cet homme qu'il ne connaissait pas, sans pour autant pouvoir affirmer qu'il ne l'avait jamais vu. Les réceptions données par sa tante, il était souvent présent mais aucune présentation n'avait été faites de façon officielle.
    _ « Mon neveu, je souhaiterai te présenter un ami de longue date. » Détournant son regard du Shafiq, elle regarda un instant le caucasien. « Un sang pur comme nous, un Hristow » Revenant sur celui avec qui elle partage le même sang, le même nom. « Il aurait besoin de toi, de pouvoir te faire confiance comme je le fais ! » un ton dominant fut employé, gardant tout de même une certaine douceur. Elle se leva, posa la main sur l'épaule d'Elkacem, elle termina avant de quitter la pièce. « Montres-lui que j'ai eu raison de te contacter... »

Toisant l'homme du regard une nouvelle fois, les paroles de sa tante résonnèrent dans son esprit. Que pouvait-il bien apporter à quelqu'un qu'il ne connaissait pas réellement, qu'il avait simplement vu à quelques réceptions tout au long de sa vie, sans même penser qu'il était l'ancien chef de la milice de Grindelwald. L'information ne percuta pas. Impassible devant l'inconnu, il s'enfonça dans le fauteuil, laissant ses bras épouser la forme des accoudoirs tandis que ses jambes se croisèrent. A son aise, le Shafiq.
    _ « Qui êtes-vous, monsieur Hristow ? » Un court silence, moment dramatique de l'instant. Suspens. « Ma tante semble vous faire toute confiance... Son jugement est bon. » D'une certaine façon, il lui laisse entendre qu'il est prêt, à son tour, à lui faire confiance. Evodie le fait, pourquoi pas lui ? «  Quelle est donc le sujet de cette entrevue ? En quoi puis-je vous être utile ? » Froideur de la voix. Sa tante souhaite qu'il aide cet homme, il n'a pas de raison de décevoir la famille.

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MessageSujet: Re: people are strange when you're a stranger.   Mar 2 Aoû - 12:29

Elkacem Shafiq est aussi bel homme que le décrivait sa tante. A la lumière de son entrée, en chair et en os plutôt qu'en portrait enjolivé par piété familiale, Deukalíôn se souvient du jeune homme. Ils ne se sont pas connus, ou alors d'une poignée de mains. C'est à l'avantage du fugitif, qui ne tient pas à décliner les détails de son identité avant de s'être assuré lui-même de fiabilité de l'auror (un britannique, du reste, et tout ce qui est étranger est traître, voudrait un dicton propre à la maison Hristow). « Joins-toi à nous, l'accueille Evodie, flanquée de Deukalíôn qui s'est levé de son siège pour toute courtoisie. » Avant d'être introduit avec son rang, il doit la déférence que tout inconnu doit à un hériter de sang-pur. Il est, de plus, dans la demeure d'un parent. Sans ajouter au décorum et sans avoir prononcé un mot, il se rassoit, de concert avec les autres. Au thé servi, il ne jette qu'un coup d'oeil distrait. Son attention est, elle, plus appuyée que ce que lui rend Elkacem Shafiq. Néanmoins, ils s'observent et se jaugent, comme deux partis qu'un lien ténu relie. Et c'est un rôle qui semble pleinement convenir à Eve, dont le ton commande aux deux de collaborer, pareils à des enfants. Qui voudrait lui désobéir ? Pas son neveu, espère Deukalíôn qui la voit déserter le salon avec de la malice fichée dans les prunelles. Si, physiquement, elle s'en va, il ne doute pas qu'elle laisse ses oreilles, ou celles de ses serviteurs, pour épier l'entrevue. Aussi, et avant qu'elle ne leur ait fait toute une solitude, ils ont échangé un rictus entendu.

Le regard des deux hommes tombe l'un dans l'autre. Forcés de se rencontrer sans détour à présent, ils s'affrontement en silence. Si Elkacem Shafiq s'autorise une décontraction manifeste, Deukalíôn ne partage pas sa récréation. L'instant est autrement plus crucial pour lui et il n'a plus l'âge que connait l'insouciance. Pour ne pas avouer toute la précarité de sa situation, il se fabrique seulement un masque impavide et égal, un air infranchissable. « Votre tante, dit-il, me fait l'honneur d'une très ancienne amitié, en effet. » La cuillère est plongée dans le thé et, bien qu'aucun sucre ne s'y noie, l'index et le pouce brassent doucement le liquide. « Elle a su se souvenir des services que nos familles se sont mutuellement rendus, et me pardonner quelques défauts. Dont mon inconstance de ces dernières années. » Le russe effleure l'anse de la tasse. Il temporise. Le métèque semble si bien disposé à son égard que c'en aiguise sa méfiance compulsive. Six ans de fuite dans le fond des bottes, Deukalíôn doute de faire si bon accueil à qui que ce soit, même sur ordre paternel. Sa loyauté à l'égard d'Evodie est probablement véritable ; ce n'est pas le genre de femme qu'on trompe sans qu'elle le sache et l'autorise. Mais, pour l'instant, ça ne suffit pas à trancher le sentiment du russe pour l'anglo-égyptien. « Pour vous répondre, déclare-t-il avec l'allure totalement fausse d'abandonner, je ne suis plus qu'un souvenir. Et c'est le fâcheux de ma situation. » Loin de la Bulgarie, Elkacem Shafiq n'a eu aucune chance d'entendre parler de son histoire, et encore moins de son trépas. Du reste, Deukalíôn a fait jurer sa maîtresse de ne rien dire. C'était, à peu près, les termes de leur accord. Quel délai faudrait-il au chef des aurors pour avertir Gellert Grindelwald ? L'exilé ne doute pas un instant de la promptitude de la bureaucratie lorsqu'elle est à son désavantage. « En revanche, vous connaissez peut-être mon frère. Roman ? » Deukalíôn s'offre le temps de considérer la situation sous l'oeil de son cadet. Avec le temps que Roman passe à défendre le pouvoir, et le chef des Nations, il est probable qu'il apprécie le rapprochement futur des maisons Shafiq et Hristow par l'entremise d'Elkacem. Ça le laisse également ajuster son angle d'attaque. « Il est judicieusement placé, lui aussi. Mais guère à la sécurité intérieure britannique. » Quel autre objet pourrait avoir cette entrevue discrète, même confidentielle ? Quels autres talents un étranger pourrait solliciter auprès de lui ? Deukalíôn laisse mariner l'idée. Puis : « Bien sûr, toute collaboration interrogerait votre loyauté au pouvoir. »
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