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 (nour) hear me roar

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MessageSujet: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 19:25

Nour Aziza Shafiq
Louder than a Lion


A little taste of magic on your lips
▲ Nom : Shafiq. Et les murmures accompagnent chacun de ses pas, alors qu'on susurre le nom maudit, craint, pointé du doigt. Un clan forgé dans la souffrance et la solitude, trop longtemps mis de côté par la communauté sorcière. On dit qu'ils portent malheur, les orientaux, et qu'ils traînent la mort dans leur sillage. On dit aussi qu'ils sont d'une loyauté sans faille envers celui qui a su redorer leur sombre blason, et leur place privilégiée parmi les partisans de Grindelwald leur permet de briller de nouveau. Alors, elle en profite, mais elle reste méfiante, Nour. Si on les courtise désormais, elle se souvient encore qu'il y a quelques années, nul ne les aurait approché. Et elle ne pardonne pas. Rancunière. Avery lui vient de sa mère, mais elle n'hérite de cette lignée que ses prunelles azur, anglaises.

▲ Prénom : À la naissance de sa dernière née, Abel n'a pas hésité un seul instant avant de griffoner le prénom sur son acte de naissance. Nour. Lumière, en arabe. Une manière de faire honneur à ses origines et aux cheveux de jais qu'arborait déjà le nourrisson déchaîné. Puis vient Aziza. L'aimée, la chérie, la désirée. Et nul ne doute qu'elle l'a été, l'enfant, avant que les drames, les années et les doutes ne séparent le père et la fille.

▲ Date et lieu de naissance : La dernière née d'Abel a vu le jour dans les cris, la sueur et le sang, au terme d'une chaude nuit d'été et d'un accouchement difficile, étouffant. Oiseau de mauvaise augure dès ses premiers instants. Le 31 juillet 1927 trône sur son acte de naissance, accompagné d'un lieu qui n'a rien de bien surprenant. Manoir Shafiq, quelque part au milieu de la campagne anglaise.

▲Nature du sang : Pur, mais qu'importe, cela n'a pas empêché la grande majorité de la communauté sorcière de les fuir comme la peste au fil des décennies. Pourtant, elle en est fière, du liquide carmin qui coule dans ses veines Nour. Elle sait qu'il est le fruit du mélange des peuples, des ethnies et des cultures, et elle se plait à rappeler que cela ne menace en rien son absolue pureté.

▲Profession : Langue-de-Plomb. Employée au sein du Ministère de la Magie anglais, comme tous les Shafiq. Une position qui a le mérite de satisfaire à la fois son père et sa propre curiosité, dévorante et avide de réponses que la médicomagie n'a jamais su lui donner. Car elle veut tout savoir, Nour. De la magie et de ses mystères, des maléfices les plus sombres, des prophéties les plus terrifiantes. Et surtout, de cette foutue malédiction qui lui colle à la peau, qui a emporté sa mère et bien d'autres avant elle.

▲Statut matrimonial : Célibataire. Persuadée d'être condamnée à ne pas aimer, sous peine de voir l'être chéri s'effondrer à ses pieds. Maudite. Alors, elle prétend qu'elle n'a besoin de personne, Nour, et elle refuse catégoriquement qu'on lui présente un quelconque prétendant. Elle joue sur les rumeurs qui courent, et sur une malédiction qu'elle croit réelle, pour faire fuir les propositions qu'elle juge trop sérieuses et susceptibles de lui voler sa précieuse liberté. Et ça marche. Pour l'instant. Elle préfère s'abandonner à des étreintes éphémères, l'orientale, collectionner les amants, et laisser de trop nombreuses mains effleurer sa peau de bronze. Car, elle a beau prétendre le contraire, elle a besoin d'être aimée, désirée, chérie l'espace d'une nuit. Viscéralement. Elle s'en contente, faute de mieux, et fuit encore et toujours l'engagement par crainte d'être rattrapée par la cruauté du destin.

▲Ancienne maison (ou école pour les bulgares) : Chapeauflou. Sa répartition lui a semblé interminable, et pour cause, il a fallu pas moins de six minutes au choixpeau pour se décider à l'envoyer à Serpentard. La maison des rouge et or aurait aussi bien pu lui convenir, si le courage n'avait pas manqué à la gamine qu'elle était. Elle n'a toutefois passé que cinq ans au sein de l'école de magie anglaise. Exilée, envoyée par son père chez sa tante en Bulgarie à l'âge de seize ans, elle a terminé sa scolarité à Durmstrang. Loin des siens et de ses « mauvaises fréquentations ».

▲Patronus : Ses souvenirs de pur bonheur lui semblent rares, et il lui faut plonger dans les méandres de sa mémoire pour en extirper quelques uns. Le sourire éclatant et l'odeur fruitée de la peau de sa mère lui permettent de faire surgir un majestueux Guépard, svelte félin d'afrique connu pour sa souplesse et sa rapidité.

▲Baguette Magique : Sa précieuse baguette est en bois d'aupébine, et elle mesure 26,1 centimètres exactement. Aussi capricieuse que sa maîtresse, elle contient en son coeur une plume de phénix, et semble assez souple.

▲Particularité : Maudite, qu'ils murmurent lorsqu'elle passe devant eux. Il ne s'agit peut-être que d'une rumeur, et d'un malheureux concours de circonstances, mais les faits sont bien la. Tous ceux qui s'aventurent à fréquenter le clan Shafiq et qui se lient à eux d'une manière ou d'une autre finissent par succomber. Macabre malédiction qui voit s'effondrer époux, amants et amis et qui creuse un peu plus le gouffre qui sépare les orientaux du reste du monde magique. Certains n'y croient pas, mais Nour, elle, ne sous-estime pas la noirceur de la magie et ses mystères. D'abord, ce fut leur mère, emportée par une maladie incurable que la médicomagie impuissante ne sut pas soigner. Puis, la fiancée de son frère, son aimée. Pour finir par le promis de sa soeur, anéanti. À qui le tour ?

▲Amortentia : Elle n'en a senti qu'une seule fois, adolescente, lors d'un cours de potions qu'elle ne risque pas d'oublier. Sans surprise, pour elle, le philtre d'amour dégage de puissantes senteurs venues d'orient. D'abord vient l'acidité du Citron, son fruit préféré, lumineux et acide, mais aussi très doux lorsqu'on sait le cuisiner. Puis, un mélange d'épices vient chatouiller ses narines, et lui rappelle les nombreux plats dont raffole son père. Enfin se présente une attirante odeur d'encens et de substances suaves dont la fumée réchauffe les coeurs et les âmes.

▲Epouvantard : Elle-même, livide, agenouillée et entourée de nombreux cadavres aux visages familiers. Ses amis, ses amours, ses amants. Tous ceux qui ne partagent pas son sang et qui ont eu le malheur de s'approcher un peu trop d'elle, de se lier à elle et à son sang damné. Tous ceux qu'elle a tué, elle, coupable d'avoir aimé et donné à des âmes extérieures à son clan. Et une inscription en lettres carmin, gravée sur son front sanguinolent. Meurtrière.


Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Morsmordre,
pour servir ma cause


capricieuse, arrogante, exigeante, déterminée, superstitieuse, rancunière, provocatrice, lunatique, indépendante, libérée, impulsive, fougueuse, rusée, secrète, orgueilleuse, narcissique, impétueuse, impertinente, têtue, colérique, séductrice, curieuse, possessive, indécise, lâche, incroyablement jalouse, ingrate, mesquine, entière, excessive, attachante, obsessionnelle, anxieuse, susceptible.

"Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ?"

Petite dernière du patriarche Shafiq, gamine capricieuse, tempétueuse, trop longtemps habituée à obtenir ce qu'elle désire d'une manière ou d'une autre. Princesse d'orient, demoiselle au teint halé et aux longs cheveux d'ébène, pourtant dotée de deux orbes azur, unique héritage laissé par une mère partie trop tôt. Enfant sauvage ayant eu la malchance de passer après deux aînés brillants dotés de toutes les qualités appréciées par leur père. La sagesse, la patience, la discipline. Tant de choses que Nour ne possède pas, tant elle brille généralement par son impertinence et ce tempérament arrogant que les années n'ont jamais su dompter. Alors, elle se distingue autrement, la benjamine, et elle fait de l'excès et de la fougue ses maîtres mots, dans l'espoir d'obtenir un jour l'attention et l'admiration d'un père qui l'aime sans l'estimer.

Si un élément devait la caractériser, nul ne doute qu'il s'agirait du feu, de sa majesté et de sa dangereuse tendance à tout ravager sur son passage. Car, elle est toujours trop, Nour. Trop impulsive, trop bornée, trop curieuse. Jalouse à l'extrême, susceptible, rancunière au point d'en frôler le ridicule. Elle ne sait pas faire les choses à moitié, et ignore jusqu'au sens du mot demi-mesure. Aussi, elle est avide de tout, mais surtout d'admiration. Elle veut qu'on la remarque, qu'on l'adule, qu'on l'idolâtre. Être le centre du monde, de son monde, au lieu d'être systématiquement celle qu'on ne prend jamais au sérieux. Au sein de sa fratrie, elle prend une place monstre, accapare les attentions et les regards, en réclame toujours plus. Certains disent qu'elle compense l'absence d'une mère partie trop tôt. D'autres prétendent que c'est la solitude dans laquelle a trop longtemps été plongé son clan qui la ronge, la hante et alimente tous ses cauchemars. La peur d'être seule, abandonnée, oubliée. Entourée par les cadavres de ceux qu'elle s'est aventurée à aimer.

Elle veut tout, Nour, mais elle veut aussi et surtout montrer qu'elle est différente. Pur esprit de contradiction, âme rebelle alimentée par une tante qui s'est convertie en la mère qu'elle a perdu. Lorsqu'Abel dit oui, elle hurle non, et lorsqu'il prône le blanc, elle épouse le noir. Alors, elle se veut indépendante, Nour, et elle n'aspire qu'à se défaire du carcan dans lequel sa famille et son statut de femme tentent de l'enfermer. Au fil du temps, son orgueil blessé s'est peu à peu mué en une véritable obsession. C'est aussi ce qui l'a séduit chez Jedusor à l'époque où, adolescente, elle faisait partie de ceux qui gravitaient autour de lui comme une horde de papillons autour d'une puissante lumière. Un leader jeune, charismatique, visionnaire. Un leader qui voit plus loin que Grindelwald, qui saura couronner les sang-purs et reconnaître la valeur de ses partisans les plus fidèles, qu'ils soient homme ou femme. Une autre alternative que celle qui semble tant ravir ce père qu'elle ne comprend pas. Et peu importe s'il faut se battre, ou s'il faut tuer. Elle s'en sent capable, Nour. Du moins, elle s'en croit capable.

"Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ?"

De l'ombre à la lumière, et de la honte à la gloire. Pour le clan Shafiq, l'arrivée du mage bulgare au pouvoir a a absolument tout changé. Car, opportunistes, les serpents venus d'orient ont brillé par leur réactivité et leur vivacité. Ayant été les premiers à soutenir officiellement Grindelwald après sa conquête de l'Angleterre, ils ont été copieusement récompensés et font aujourd'hui partie de ses plus loyaux serviteurs. La grandeur retrouvée, l'honneur sauvé. Elle le voit bien dans les yeux de son père, Nour, que tout a changé. Ils marchent désormais la tête haute, douce vengeance sur leurs ennemis d'antan, bien obligés de se courber aux pieds de ceux qu'ils décriaient sans vergogne. Et elle en profite, Nour, effrontément. Elle se pavane, elle jubile, bien décidée à faire payer ceux qui se moquaient ouvertement d'elle à l'époque où elle faisait ses premiers pas à poudlard. Le félin retombe sur ses pattes et crache sur l'ennemi, frôlant les limites tout en se pliant officiellement aux directives dictées par le patriarche Shafiq. Pourtant, elle n'est pas satisfaite, Nour, elle n'en a jamais assez. Elle simule la loyauté pour survivre, mais elle sait pertinemment que son allégeance est tout autre depuis bien longtemps. Car, avant même l'arrivée du mage bulgare au pouvoir, elle avait déjà désigné son héros. Jedusor et son charisme, son intelligence, et cette ambition démesurée qui, elle en est convaincue, saura l'emmener bien plus loin que le régime adulé par son père. Elle a beau déjà se trouver du bon côté, Nour, et quasiment tout avoir, elle en veut plus. Toujours plus.

"Vous voyez un passant dans la rue se faire malmener par deux spaseni, serviteurs de grindelwald, que faites-vous ?"

Probablement rien. Les pieds et poings liés par la loyauté infaillible que doit le clan Shafiq à Grindelwald, et l'esprit ailleurs, peu concerné par ce qui arrive aux autres, aux anonymes, à ceux qui ne lui sont pas chers d'une manière ou d'une autre. Elle est égoïste, Nour, et elle n'a ni la force ni l'envie d'ouvrir les yeux sur la cruauté évidente du régime ayant couronné les siens. Elle a beau vouloir la chute du mage bulgare et l'ascension de Jedusor, elle sait pertinemment qu'elle n'aurait aucun intérêt à s'interposer. Car, elle n'est pas folle, l'orientale. Ses idées sont certes différentes de celles des siens, mais elle ne veut en aucun cas les détruire. Elle s'érige en guide, l'orgueilleuse, et prétend assurer l'avenir du clan lorsque son propre héros anéantira le leur. Dans son esprit, le plan est d'une logique infaillible. Sauver sa famille tout en gagnant enfin la reconnaissance qu'elle a toujours pensé mériter. Leur prouver qu'elle avait raison sur toute la ligne, et que seul Voldemort saura leur offrir un véritable avenir.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »

Le reflet de l'âme et des désirs les plus enfouis qu'un sorcier peut dissimuler. Si elle venait un jour à se contempler dans le précieux miroir, Nour y verrait probablement sa propre image. Droite, fière, les traits lisses et peu ternis par l'âge, elle se tient aux côtés de Jedusor et des autres. Leurs sourires victorieux ne laissent aucun doute sur l'auréole de gloire qui les entoure. Ils ont vaincu. En arrière plan se dressent plusieurs silhouettes irrémédiablement familières, et elle se plonge dans la contemplation de leurs regards charbonneux. Les Shafiq. Aucun ne manque à l'appel, et elle esquisse un léger sourire devant les visages qui se succèdent devant elle. Abel, Elkacem, Amara. À ses côtés, prêts à la suivre, à la fois admirés par leurs pairs et admiratifs de ce qu'elle est devenue. Faire leur fierté, assurer la prospérité d'un clan libéré de toute malédiction. Dans un coin se profile une ombre frêle, plus petite que les autres, mais pas moins importante. Un enfant. Aucune trace du père, pourtant. Peut-être se trouve-t-il parmi la foule, au milieu de tous ces visages connus ou fantasmés. Elle n'en sait rien, Nour, et elle ne cherche pas à comprendre. L'avenir est incertain, et les reflets de son miroir changeants.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »

Dilemme. La vérité, c'est que face à un tel choix, elle hésiterait longtemps, réellement. L'invisibilité ne l'intéresse point, car elle ne s'est jamais battue que pour briller. La baguette de sureau l'attire irrémédiablement. Gloire, pouvoir, puissance. L'irrésistible tentation, l'irrationnelle, l'égoïsme qui prend définitivement le dessus. Si seulement la pierre de résurrection n'entrait pas en jeu. L'unique moyen de retrouver sa mère, et tous ceux qui sont partis avant elle. L'assurance de ne pas se retrouver seule devant un tas de cadavres, macabres victimes de la malédiction qui entoure son clan. Si elle avait à faire un tel choix, elle choisirait probablement la pierre, Nour, et laisserait la baguette à un autre. Car elle beau rêver de son propre couronnement, elle ne voit pas l'intérêt d'être reine si cela signifie être seule. Elle prétend le contraire, l'orientale, mais elle a besoin des siens, qu'on l'aime, qu'on l'entoure. Le joyau ne brille pas s'il n'a pas de lumière pour l'éclairer.


▲ pseudo ou prénom : Julie  
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Dernière édition par Nour Shafiq le Dim 14 Aoû - 11:53, édité 32 fois
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 19:26

standing in the hall of fame
and the world's gonna know your name, cause you burn with the brightest flame



Octobre 1936, Manoir Shafiq. 09 Y.O.

La longue chevelure d’ébène de l’enfant se déploie dans les airs, alors que ses talons martèlent le sol de pierre du manoir familial. Lancée à toute vitesse, la benjamine Shafiq court à perdre haleine, tout en ponctuant son sprint de bruyants éclats de rire. Sa petite main serre fermement l’étroit objet de bois chapardé à sa victime préférée. Une énième gouvernante choisie par son père, et destinée à discipliner la capricieuse petite dernière en l’absence des aînés déjà envolés pour l’école de magie. Une remplaçante, une mère de substitution, puisque l’état de santé de l’épouse d’Abel ne lui permet plus de veiller sur le véritable ouragan qu’est la benjamine de la fratrie. « Mademoiselle Shafiq, revenez ! » beugle la voix furieuse dans son dos, arrachant à la fautive un sourire moqueur. Sa colère l’amuse prodigieusement, et elle ne se prive pas de le montrer, de l’attiser et de la provoquer un peu plus chaque jour. Jusqu’à ce qu’elle craque, enfin. Jusqu’à ce qu’elle claque la porte du manoir et qu’elle abandonne cette maison qui n’est pas la sienne. Nour reste persuadée qu’ils n’ont pas besoin d’elle, de toute manière. Son père lui a bien trop souvent répété que l’hostilité de la communauté sorcière à leur égard prouvait qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Le clan Shafiq, uni, soudé. Et personne d’autre pour s’immiscer dans leurs rangs, ni pour prétendre leur donner des ordres. Elle est têtue, la benjamine, et surtout dotée d’une fierté capricieuse, presque incontrôlée. Elle n’obéira à personne d’autres qu’aux siens, et encore, son indiscipline légendaire rappelle perpétuellement que c’est déjà bien loin d’être le cas.

Ses pas précipités finissent par la mener vers un couloir qu’elle ne connaît que trop bien, et elle contemple un instant la large porte de bois qui s’étire devant elle. Entrer, ou faire demi-tour. La voix teintée d’une autorité affectueuse d’Abel résonne soudainement à ses oreilles. « Ne dérange pas ta mère, Nour. Elle a besoin de repos ».  La gamine n’hésite pas plus de deux secondes avant d’ignorer comme à son habitude les consignes dictées par le patriarche. Personne ne l’empêchera de voir sa mère, non, jamais. Elle se fiche qu’elle soit malade, Nour, et elle emmerde la condescendance insupportable de tous les médicomages qui se succèdent chaque jour à son chevet. Elle est trop petite pour comprendre, qu’ils disent. Elle traîne dans leurs pattes, elle agace et elle dérange avec ses questions bien plus pertinentes qu’il n’y paraît. Il faut lui épargner tout cela, et lui éviter d’assister à la longue agonie qui risque un peu plus chaque jour de venir à bout du peu d’énergie qu’il reste à l’épouse Shafiq. Mais ils ont tort, et elle se fiche de leurs avis. C’est d’un pas décidé que le boulet de canon pénètre dans la chambre, oubliant presque instantanément la gouvernante toujours à ses trousses. « Maman ». Sa voix n’est qu’un léger murmure, et elle s’approche doucement du lit dans lequel Emilia semble dormir. L’atmosphère tamisée de l’endroit accentue son éternelle tranquillité désormais troublée par l’irruption de la petite fille. Lorsqu’Emilia ouvre finalement les yeux, l’enfant est déjà assise en tailleur auprès d’elle. Elle ne dit rien, Nour, mais elle remarque tout. Des cernes qui noircissent le visage pâle de l’anglaise à sa peau moite, laissée par la sueur de la fièvre qui trouble impitoyablement ses jours et ses nuits. Sa mère ne va pas bien, et elle le sait. Pourtant, l’intéressée tente de faire bonne figure, et elle couve sa dernière née d’un regard tendre. « Tu vas devoir rendre cette baguette à son propriétaire, Nour ». Son ton doux parvient à arracher à l’enfant un air coupable. L’épouse Shafiq connaît sa fille par cœur, et elle s’attend déjà à une réaction aussi tempétueuse que capricieuse. « Mais papa veut pas m’en acheter une », rétorque aussitôt l’enfant en esquissant une moue boudeuse. Elle se garde bien d’avouer que son larcin cache des desseins moins innocents, mais au fond, elle sait qu’Emilia n’est pas dupe. Avec le temps, la mère est devenue experte pour démêler le vrai du faux, et pour percer à jour les nombreux mensonges qui s’échappent de la bouche de sa benjamine. « Il dit que je suis trop petite ». Et il a très certainement raison, car à neuf ans, la gamine inconsciente serait bien incapable de faire bon usage d'un objet aussi précieux. « Tu auras la tienne très bientôt, mon cœur ». Ces mots poussent Nour à froncer les sourcils, et elle hausse nonchalamment les épaules devant un argument qui ne parvient pas à anéantir son caprice. Son entrée à l'école de magie devra encore attendre deux ans, deux longues années pendant lesquelles elle sera encore seule au manoir, alors que ses aînés s'amusent ailleurs. Frustration d'être perpétuellement la dernière, celle qu'on surprotège et qu'on sous-estime. « Sois patiente ». Un mot qui va complètement à l'opposé de la nature de l'enfant qui se tient devant elle. Impatiente. Impertinente. Impétueuse. Elle promet de faire des efforts, Nour, pour faire plaisir à sa mère, mais elle sait qu'elle n'en fera de toute manière jamais assez. Le patriarche n'a d'estime que pour Elkacem, l'aîné, le fils parfait, laissant de côté ses deux filles. Alors, elle pense avoir trouvé la solution, Nour. Être perpétuellement dans l'excès afin d'être remarquée. Collectionner les coups d'éclats pour qu'Abel lui accorde enfin quelques minutes d'attention, même s'il les utilise pour la sermonner. Emilia est bien l'unique personne qui parvient encore à la tenir tranquille, et l'enfant sait que ses jours sont comptés. C'est ce qu'on murmure entre les murs du manoir, ce qu'elle entend lorsque ses oreilles traînent au détour d'un couloir. Le mal s'insinue lentement dans les veines de l'épouse Shafiq, et il menace de tout emporter sur son passage.


✦✦✦✦✦


Novembre 1937, Manoir Shafiq. 10 Y.O.

Les mines sont graves, et les visages fermés, parfois baignés de larmes salées. La lueur de quelques bougies éclaire à peine la chambre dans laquelle repose le corps sans vie de la défunte, plongeant l'endroit dans une atmosphère lugubre. Elle est partie, Emilia. Envolée après une agonie si longue qu'elle en était devenue interminable. Emportée par une énième fièvre fulgurante, si violente qu'elle en frôlait parfois la folie. Vidée de son âme qu'on savait pourtant pure, aimante et dévouée au bonheur et au bien-être des siens. Les meilleurs partent toujours les premiers, qu'ils disent. Un proverbe qui laisse un goût particulièrement amer dans la bouche de ceux qui pleurent la disparue. Cet adage, ils ne le connaissent que trop bien, puisqu'il affecte leur existence depuis des siècles. Il leur suffit d'aimer pour voir l'être chéri succomber, fatalement, systématiquement. L'épouse Shafiq n'est qu'une victime parmi tant d'autres de l'immonde malédiction qui semble planer sur leur clan. Alors, ils se résignent tous à faire du deuil une véritable routine, et ils s'éloignent, s'isolent du reste du monde. La méfiance et l'hostilité de la communauté sorcière à leur égard facilite grandement cette tâche. « C'est nous contre le reste du monde » lui avait souvent répété son père alors qu'elle essuyait les larmes laissées par les remarques acerbes proférées par les gamins de son âge. Le décès brutal de sa mère ne fait que confirmer leurs dires, et il la convainc peu à peu qu'ils avaient tous raison de la fuir comme la peste. Et les quelques mots soufflés par sa conscience la hantent encore et encore, alors qu'elle vacille devant le corps de la défunte. Tu portes malheur, Nour. Ton sang a beau être pur, il est noir, poison, porteur de deuil et de désespoir. Tout est de votre faute. Tout est de ta faute. Culpabilité, celle qui nait alors qu'elle réalise doucement que sa mère n'aurait peut-être pas connu le même destin si elle n'avait pas mis au monde des enfants au sang maudit. Solitude, celle qui s'insinue lorsqu'elle aperçoit tous les autres enfants s'éloigner d'elle, la fuir comme la peste, sur ordre de leurs incultes parents. Tristesse, celle d'avoir perdu un être aimé, tendre et profondément bon. Maman ne reviendra plus, répète lentement la petite voix dans son esprit. Elle est partie. Elle ne souffrira plus. Lorsque soudainement, une paume brûlante s'empare de sa petite main, l'enfant sort de sa léthargie. Levant les yeux vers Amara, elle contemple silencieusement son visage rougi par le drame qui les frappe. Elle a pleuré, sa soeur, mais elle tente tout de même de le cacher. Sa présence a le don de la rassurer, car elle lui rappelle que malgré tout, elle n'est pas seule. « Viens, Nounour » elle murmure doucement à l'intention de la benjamine, dont les prunelles claires s'emplissent d'une certaine surprise. « On va prendre l'air ». Sortir. Fuir cette ambiance pesante, étouffante, et l'odeur macabre de la mort qui s'imprègne dans leurs vêtements sombres. Il ne faut que quelques secondes à l'enfant pour acquiescer et se laisser guider par la silhouette protectrice de l'adolescente. Elle a besoin d'air, Nour. Respirer, pour oublier que sa mère n'aura plus jamais le droit de le faire.


Janvier 1943, Hogwarts. 15 Y.O.

Les murmures accompagnent chacun de ses pas tandis qu'elle lève le menton, faisant mine d'ignorer les regards qui accrochent et qui blessent. Elle prétend qu'ils ne lui font plus aucun mal, Nour, et qu'elle n'a cure de tous ceux qui continuent à salir son nom, encore et encore, alors que les cadavres s'amassent dans leur jardin. Mensonge, lui souffle à l'oreille le diable perché sur son épaule, bien désireux de titiller de nouveau l'orgueil écorché, rouvrant à vif une plaie qui ne saurait guérir. Elle a mal, l'adolescente, et elle brûle d'un feu destructeur qui réclame avec avidité que justice soit faite. Que les siècles de mépris vécus par sa famille soient enfin vengés, et que tous se prosternent à leurs pieds en demandant leur pardon. Il ne s'agit que d'un fantasme, que d'un rêve éveillé qu'elle ressasse à chaque fois que jaillissent les insultes, mais elle y croit, Nour. Parce qu'elle croit en ce garçon qui la fascine depuis sa toute première année, ce garçon autour duquel elle gravite irrémédiablement, captivée par l'aura qu'il dégage. Charisme. Détermination. Intelligence. Et surtout, persuasion d'être supérieur, et bien décidé à le prouver à la face du monde. Un être doté d'une véritable ambition, enfin, quelqu'un qui soit capable de donner à une gamine meurtrie par le deuil et le mépris des autres l'envie de se battre. Car il se fiche bien des rumeurs qui courent au sujet des Shafiq, Tom, et de la prétendue malédiction qui décime leur rang. Il ne craint pas le danger et encore moins la mort, et c'est bien cela qui achève de séduire un peu plus chaque jour la benjamine d'Abel. Être membre du cercle restreint formé par le sorcier au sein de la maison des serpents insuffle en elle une énergie folle, et lui donne la sensation d'acquérir une véritable valeur. Elle n'attendra pas patiemment que la communauté sorcière se décide à respecter un jour son clan, Nour, elle n'attendra plus. Elle obtiendra ce qu'elle mérite à la sueur de son front, en trouvant ses propres alliés et surtout, son propre héros. Adolescente bourrée de convictions et de rêves probablement irréalistes, persuadée d'avoir choisi le bon camp, d'avoir raison, toujours.

« Écartez-vous les gars, y a la faucheuse ! ». Le ton railleur lui semble étrangement familier, et il a le don de la sortir brutalement de ses rêves de grandeur. Elle ne s'est même pas retournée que ses prunelles lancent déjà des éclairs brûlants à l'intention d'un jeune homme qu'elle ne connait que trop bien. Son abruti de cousin à l'égo surdimensionné la nargue déjà de son sourire goguenard, accompagné de la bande de garçons - ou plutôt de toutous - qui suivent le moindre de ses pas. Tous arborent l'arrogance stupide de la maison des lions, et la jeune femme pose un regard dédaigneux sur leur ridicule accoutrement rouge et or. Lorsqu'elle les croise, elle se demande encore ce qui a bien pu passer par la tête du choixpeau pour qu'il hésite ne serait-ce qu'une seconde à la mettre dans le même panier que ces crétins sans cervelle. Elle ne s'est jamais bien entendue avec son cousin, Nour. Deux caractères explosifs, deux orgueils imposants qui n'ont probablement jamais été destinés à s'accorder. En plus d'être personnelle, la querelle prend également une allure familiale. Même près de cinq ans après la mort d'Emilia Shafiq, nul n'oublie qu'elle était née Avery, et certainement pas ces derniers qui n'ont pas hésité à leur tourner le dos et à devenir leurs principaux détracteurs. Traîtres infâmes crachant sur ceux qui leur sont encore liés par le sang, et qu'ils jugent responsables de la mort de celle qui faisait partie des leurs. Alors, lorsque le jeune homme ouvre de nouveau la bouche, Nour s'attend déjà à sortir de ses gonds. Le félin aux aguets, prêt à bondir sur sa proie à la moindre provocation. « Alors, Shafiq, ça fait quoi d’avoir le sang tellement pourri que ta mère en a crevé ?  ». Les ricanements du groupe achèvent de piquer au vif l'adolescente si susceptible qu'elle en devient facile à provoquer. Son cousin connait le moindre de ses points faibles, et il s'en sert impitoyablement. La colère tord les traits de Nour alors qu'elle s'approche dangereusement du jeune homme. Ses doits se resserrent avec habilité sur sa baguette, et elle le toise d'un air de défi. Son visage hurle sa haine, mais ses prunelles la trahissent malgré elle. Blessée, vexée, touchée. On a eu beau lui répéter que l'ignorance reste la plus cruelle des réponses, elle n'en est pas capable, l'orientale. Elle réagit, encore, toujours, excessivement. Et elle pointe sa baguette sur le jeune homme, au risque d'enfreindre une bonne partie des règles du château. « Fais pas le malin, Avery » elle lâche en le fusillant du regard, sans baisser sa garde une seule seconde. Face à elle, l'effronté dégaine également sa baguette sans cesser d'afficher le sourire goguenard qui le caractérise. Crétin de lion. « Si j’ai tué ma mère, tu seras le prochain sur ma liste ». Son ton se veut tranchant, et elle s'approche encore, lentement, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. La remarque arrache un autre sourire en coin au garçon, alors que ses amis s'esclaffent bêtement. Qu'ils s'amusent, tiens. Qu'ils rigolent tant qu'ils le peuvent encore, et qu'ils l'attaquent lorsqu'elle est seule, vulnérable. Elle retient tout, Nour, faisant de la rancune son maître mot. « Oh, et tu diras à tous tes petits copains sang-de-bourbe de surveiller leurs arrières » elle susurre, tentant vainement de reprendre son calme. La foule qui les entoure est bien la seule chose capable de la retenir de le provoquer en duel une bonne fois pour toutes. Ça, et la perspective de s'attirer encore une fois les foudres de son père, lassé des écarts de comportements de sa petite dernière.  « Tu connais les rumeurs... Un monstre se balade dans le coin, et t’inquiète pas qu’ils seront ses premières victimes ». Elle enrage et jubile à la fois, l'orientale, et elle crache son venin acerbe à la figure de cet être indigne de partager son sang. Et les paroles sages de sa mère résonnent encore dans son esprit alors qu'elle toise avec haine ce cousin qui s'érige en ennemi. Sois patiente, Nour. Ta vengeance viendra.


✦✦✦✦✦


Août 1943, Manoir Shafiq. 16 Y.O.

« Fais tes valises, ma fille ». Le ton ferme d'Abel fait frémir l'adolescente, et elle lève ses prunelles emplies d'incompréhension sur la silhouette imposante de son paternel. Ses paroles lui semblent complètement irréelles, tant elle ne comprend pas encore leur sens et leurs futures conséquences. Faire ses valises. Elle n'ose pas encore se l'avouer, Nour, mais elle réalise doucement que l'une de ses pires craintes se profile devant elle. « Tu pars pour la Bulgarie demain ». Non. Impossible. L'orientale ouvre la bouche pour protester, alors que ses orbes claires se teintent de larmes salées. La sentence est tombée, et la menace proférée quelques mois auparavant prend de nouveau tout son sens. Indisciplinée. Mauvaises fréquentations. Notes insuffisantes. Il l'avait bien avertie, Abel, qu'elle n'était pas à la hauteur de ses exigences. Elle ne savait, mais elle n'a jamais pris ses rappels à l'ordre au sérieux. Parce qu'elle est habituée à tout avoir, Nour, et à ce qu'il finisse par céder à ses caprices et à ses plaintes. Cette fois-ci, pourtant, son regard dur ne trompe pas. Le patriarche ne reculera pas, il ne reculera plus, et les larmes de sa benjamine ne pourront rien y changer. « Mais t'es complètement malade » elle beugle, finissant par réagir alors que son esprit refuse viscéralement d'accepter ce qu'elle vient d'entendre. Il ne peut pas, il n'a pas le droit de la forcer à partir et à aller vivre ailleurs. De la séparer brutalement de cet environnement qu'elle connait, celui de Poudlard, et de ce groupe au sein duquel elle a trouvé sa place. « Tante Evodie prendra soin de toi, et tu feras ta rentrée à Durmstrang en Septembre ». Durmstrang. Elle s'étrangle à l'annonce du nom de la lointaine école bulgare, et elle secoue la tête, furieuse. Il est hors de question qu'il l'arrache à son école, à ses amis, à sa vie.  « J'ose espérer que les bulgares sauront t'apprendre ce qu'est la discipline ». Il nage en plein rêve, songe l'adolescente en se mordant la lèvre de rage. « Tu peux dire et faire tout ce que tu veux » elle finit par siffler en le toisant d'un air de défi. « Je n'irai pas ». Oh, si, elle ira. Parce que l'époque fait que le père a entière autorité sur sa fille, et parce que personne ne viendra la défendre et lui éviter d'être expédiée à l'autre bout du continent. Mais aussi parce que son frère et sa soeur ne pourront rien y faire, car lorsqu'ils apprendront la nouvelle, il sera trop tard pour faire demi-tour. Il a déjà tout prévu, Abel, jusqu'à la réaction démesurée de sa petite dernière. Elle a trop longtemps franchi les limites, Nour, et il se rend compte aujourd'hui que ces longues années d'impunité ont bien assez duré. Impuissante, l'adolescente oscille entre une rage folle et une tristesse intense. Excessive, encore, alors qu'elle songe à ce qu'elle perd. Une vie au sein d'un pays et d'une école qu'elle connait, qu'elle aime, et qui est peu à peu devenue sa véritable maison. Un groupe d'amis soudés autour d'un jeune homme charismatique, les seuls ayant su gagner sa loyauté. Et le regard, le visage et les mains baladeuses de ce garçon qu'elle apprécie peut-être un peu trop, sans qu'elle n'ait jamais eu le temps de le lui avouer. Elle perd tout, Nour, et elle prononce presque instantanément une rupture qu'elle veut définitive avec son père. Elle ne lui parlera plus. Elle ne lui écrira plus. Et surtout, elle lui fera comprendre tôt ou tard que sa décision ne parviendra pas à changer ce qu'elle est et ce en quoi elle croit.


Janvier 1951, Londres. 23 Y.O.

La soirée bat son plein, alors qu'elle promène ses prunelles azur sur les tapisseries luxueuses ornant les hauts murs de la salle de bal. L'endroit respire le faste et la richesse, à tel point qu'il en devient écoeurant pour n'importe quel individu n'appartenant pas à ce monde. La haute société et son hypocrisie cupide, rassemblée afin de célébrer les deux ans de l'arrivée au pouvoir d'un mage bulgare que tous prétendent soutenir en masquant souvent leurs véritables desseins. Ce soir, l'élite de la communauté sorcière s'est parée de ses plus beaux bijoux, et elle arbore encore une fois des masques qui ne sont pas encore destinés à tomber. Car la soirée n'est qu'une mascarade, qu'une immense pièce de théâtre destinée à convaincre le monde entier d'une seule et même chose : Grindelwald règne en maître sur l'Angleterre sorcière, et nul ne songerait à contester son inestimable autorité. Alors, au milieu de cette valse de costumes aux couleurs chatoyantes, les Shafiq se tiennent la tête haute, conscients de leur statut et des regards admiratifs qui se posent sur leurs silhouettes exotiques. Ils se savent encore et toujours parmi les favoris du maître, et ils jubilent de voir leur loyauté récompensée, enfin, après tant d'années passées dans l'ombre. Debout, la benjamine du clan lève le menton, affichant avec arrogance un sourire satisfait. À son cou pend un diamant précieux, alors que sur ses épaules se déroule le tissu majestueux d'une robe bleu nuit découvrant entièrement son dos gracile. Les longues manches serrées du vêtement caressent délicatement la marque sombre qui orne son avant bras, discrète, cachée. Cette victoire n'est pas la sienne, puisqu'elle a depuis longtemps couronné un autre roi, mais qu'importe. Cela ne l'empêche pas de jouir de l'attention qu'on leur porte, et de la position durement acquise par sa famille au fil du temps. Plantée aux côtés de son père, son regard balaie une nouvelle fois la foule lorsqu'Abel se penche vers elle. « Le fils Levski va t'inviter à danser » il commence en désignant discrètement un jeune homme auquel elle n'a très certainement jamais adressé la parole. Encore l'une des nombreuses manigances de son père, qui se félicite déjà d'avoir su convaincre le géniteur de l'intéressé que son ouragan de fille était à la hauteur de son précieux rejeton. « Souviens toi de ce que je t'ai dit, Nour ». Il n'a pas encore prononcé un seul mot qu'elle sait déjà ce qui va sortir de la bouche d'Abel, tant il lui semble avoir vécu la scène plusieurs fois dans sa courte vie. « C'est un bon parti ». Oh, très certainement, comme tous les autres qu'il a tenté de lui présenter aux différents bals ayant ponctué l'année. « Tâche de me faire honneur, pour une fois ». Elle ne cache pas son exaspération, Nour, et elle lève effrontément les yeux au ciel en lâchant un soupir sonore. Le patriarche n'a même pas le temps de la reprendre que l'intéressé s'approche déjà, détaillant la silhouette longiligne de l'orientale sans même chercher à avoir l'air discret. « Vous êtes magnifique, mademoiselle ». La jeune femme se retient difficilement de hausser les sourcils, et elle lutte intérieurement pour ne pas ignorer royalement la main qu'il lui tend. Fais un effort, Nour. Pour les apparences. Pour qu'il te laisse un peu tranquille, et qu'il ne se doute de rien. Le regard d'Abel Shafiq la transperce alors qu'elle se décide enfin à accepter l'invitation. Elle n'aime pas spécialement danser, l'orientale, surtout lorsque cela implique une discussion avec un homme dont elle ne veut pas. Elle se décide à jouer le jeu, pourtant, consciente d'être étroitement surveillée par les prunelles inquisitrices de son paternel. Faute de parvenir à convaincre le patriarche de la laisser tranquille avec ses histoires de fiançailles, c'est le promis qu'elle s'efforce de manipuler, et elle met aussitôt en marche un petit manège qu'elle répète déjà depuis longtemps. Lorsque les mains du jeune homme s'emparent de ses hanches, elle se laisse entraîner par le rythme de la musique et les mouvements de son partenaire. Dans l'allégresse, les corps se rapprochent, et elle joue de ses charmes pour s'approcher encore du visage de son cavalier. Alors que le bulgare semble surpris par son apparente audace, elle en profite pour susurrer quelques mots à son oreille. Sa maîtrise de la langue est approximative, vague héritage de deux ans passés à étudier à Durmstrang. «  Ma mère est morte. Ma tante est morte. La fiancée de mon frère est morte. Le fiancé de ma sœur est mort ». Son ton se veut lent, faussement sensuel, alors qu'elle marque chaque phrase d'une pause. « Ne soyez pas idiot, monsieur, et faites le calcul ». Ses lèves carmin s'étirent en un sourire victorieux, alors que le jeune homme se fige, décontenancé. « Croyez moi, vous n'avez aucune envie de me faire la cour ». Elle sait qu'elle vise juste, Nour, car les bulgares n'ignorent rien de la malédiction qui plane sur le clan des orientaux. Bien entendu, la plupart ne croient pas à ces rumeurs longuement désavouées par Grindelwald à l'époque où il tenait à grassement récompenser les anglais pour leur loyauté. Pourtant, le doute s'insinue lentement dans leur esprit au rythme des paroles doucereuses de la benjamine, et pour l'instant, cela suffit à les maintenir à distance. Pour l'instant. L'arrêt soudain de la musique marque la fin de la danse, et il donne à Nour l'occasion rêvée pour s'éclipser. L'orientale disparait alors dans la foule, se frayant un chemin entre les couples afin d'échapper au regard et à l'emprise paternelle. Puis, ses prunelles azurées d'attardent sur un visage, et elle ralentit. Il la fixe de ses yeux brûlants, Cain, déshabillant du regard cette silhouette que ses mains ont tant de fois effleurées. Détournant le regard, l'orientale s'efforce de l'ignorer, mais elle sait d'ores et déjà que son combat sera vain. Il ne manque pas grand chose au volcan du clan Shafiq pour s'embraser, encore, et elle ne doute pas que le Prewett se fera un malin plaisir de souffler sur les braises.


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Dernière édition par Nour Shafiq le Dim 14 Aoû - 19:15, édité 21 fois
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 19:33

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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 19:37

:high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5: :high5:

Ouai je t'ai pas reconnue au début, n'empêche que je suis ultra happy que tu sois là .
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 19:58

MA SOEUUUUUUUUR !!!!!!!!!!!!

un océan de smiley :
 
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 20:25

Bienvenuuuuuuuuue
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 20:50

Bienvenue à la maison Nour excellent choix
Bon courage pour la rédaction de ta fiche
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 21:37

Coucou par ici vous
Il me faudra un lien avec cette charmante demoiselle
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 22:49

Ce pseudo heart et cet avatar heart
Bienvenue
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Melpomène Lestrange
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Parchemins :  3965
Crédits :  Tearsflight (avatar), LAZARE (codage signature), MØRK (gif profil + signa)
 
Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

Priori Incantatem
am i free?: no
Inventaire:
code couleur: #CF8C8C
http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t107-melpomene-child-of-the-night http://www.mudbloodsandmurmurs.com/t77-melpomene-uprising
MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Jeu 28 Juil - 23:22

Ca fait très plaisir de te voir par ici, je suis super contente que tu aies cédé



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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Ven 29 Juil - 0:17

tous ces smileys et cette profusion d'amour, je suis conquise

merci à tous pour ce super accueil

et oui ken il nous faudra un lien, évidemment
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Ven 29 Juil - 11:01

toi + moi =

je te kiffe je suis trop heureuse que tu soit là
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Ven 29 Juil - 11:51

Encore joyeux anniversaire chaton Je ne suis qu'amour et joie depuis que tu as cédé à la tentation

J'ai trop hâte de voir ce que tu nous prépares et je plante ma tente ici pour dévorer ta fiche une fois qu'elle sera terminée
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Ven 29 Juil - 13:00

Cette déferlante de smileys. J'aime déjà le début de ta fiche, pis joyeux anniversaire, pis courage avec ton grand frère. Bienvenuuuue et fighting pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Ven 29 Juil - 14:42

 avec vous tous la

(Lacry) t'es encore et toujours bonne en blonde, tu le sais merci beaucoup, du love sur toi - réserve moi de jolis petits liens

(Ivanka) j'ai failli bouder tellement t'as mis du temps à me souhaiter la bienvenue jotem, merci pour l'accueil et l'aide pour l'avatar, et pour tout en fait

(Stitch) ton pseudo merci pour l'anniversaire et l'accueil et tout et tout, effectivement je vais en avoir besoin de courage, il est pas facile Kacem
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Sam 30 Juil - 12:45

La belle soeur !!
Enfin, futur belle-soeur

Bienvenue à toi, bonne chance pour la suite de ta fiche :)
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Lun 1 Aoû - 11:12

la belle-soeur plus jeune que la soeur, mais tout va bien
il a de bons goûts kakacem

merci
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Melpomène Lestrange
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Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Dim 14 Aoû - 20:54

Félicitations !
bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs

tes premiers pas parmi nous
Cette fiche
sérieusement c'est un plaisir à lire comme d'hab du coup j'en profite pour te dire que j'exige un lien - pas le choix madame - et qu'il a intérêt à envoyer du pâté parce que je veux trop RP avec la jolie Nour
bienvenue parmi nous



Tout d'abord félicitations et bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs!

Maintenant que ta fiche est validée, il te reste juste quelques petites étapes avant de pouvoir commencer à RP parmi nous! Tout d'abord, n'oublie pas de vérifier dans le bottin des avatars que ton avatar t'a bien été réservé, ainsi que dans les différents listings, afin de vérifier que tu es correctement recensé. Il est également obligatoire de passer remplir les quelques informations dont nous avons besoin dans ce sujet de recensement. Tu n'auras ensuite plus qu'à créer ta fiche de liens afin de pouvoir commencer à trouver toutes sortes de liens plus farfelus les uns que les autres avec les autres joueurs

Mais par dessus tout n'oublie pas de t'amuser et de prendre du plaisir à RP. On a hâte de lire toutes vos histoires et on cale d'ors et déjà un bisou sur vos fesses. N'oubliez pas qu'en cas de question/demande ou quoi que ce soit d'autre, tout le staff est à votre disponibilité par MP, chouette, beuglante ou crieur
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Dim 14 Aoû - 23:43

Ah mais oui il nous faut un lien, c'est genre obligatoire Ce sera tout ce que tu voudras, j'ai bien bien envie de RP avec Melpopo aussi - non non j'ai pas stalké ta fiche et tes sujets, jamais
Merci beaucoup pour les compliments et la validation
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    Lun 15 Aoû - 5:06

Les Shafiq validés en même temps; maisquellefamillede BGs
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MessageSujet: Re: (nour) hear me roar    

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(nour) hear me roar
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