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 we gotta break down the doors (w/ spleen)

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MessageSujet: we gotta break down the doors (w/ spleen)   Dim 31 Juil - 1:49

Il y avait de la sueur sur les paumes d'Hermès. C'était une occurrence rare, quelque chose d'étrange en soi : Hermès n'était pas de ceux qui angoissent, pas de ceux qui stressent, pas de ceux qui se font du souci, tout était trop calculé, tiré au cordeau, millimétré pour qu'il se fasse réellement du souci, tout était un peu trop encadré pour qu'il ait réellement jamais l'occasion de s'inquiéter. Enfin ça, c'était en principe et les principes étant ce qu'ils étaient, la réalité se peignait généralement sous des traits bien différent. La réalité, ce jour-là, était qu'il avait été envoyé pour couvrir les arrières de Spleen dans un bar mal famé. La réalité, ce jour-là, était qu'il était dans la pénombre, accoudé au bar dans une salle qui puait le renfermé, qu'il était presque sûr que quelque chose allait mal tourner. Ce n'était pas une intuition comme celles qu'on avait en cours de divination, pas une intuition comme celle qu'il avait parfois, mais une intuition quand même, une qui lui tiraillait l'arrière du crâne, une qu'il avait travaillé, avec des années de pratique du métier d'auror, une qui lui disait que quelque chose allait réellement et définitivement et horriblement mal tourner. Ça n'avait pas loupé, forcément. Au moins, il n'avait pas été surpris lorsque les choses avait effectivement dérapé.

Les choses s'étaient déroulées comme suit : Spleen était entrée dans la salle où il était déjà installé, elle était eh bien… Comme d'habitude et il avait senti le barman se tendre. C'était trois fois rien, en réalité, vraiment, vraiment pas grand-chose, un mouvement de l'épaule, un raidissement léger du dos alors qu'il ramenait ses doigts, comme un poing. Quelque chose clochait. Quelque chose clochait et Spleen parlait à quelqu'un dans son dos, il la reconnaissait, c'était certain, au ton de sa voix, à ses intonations, et c'était simple de reconnaître quelqu'un lorsque l'on savait ce qu'on cherchait, simple, simple, simple et il n'avait pas tourné la tête, parce que ça aurait été les griller, et il avait attendu, attendu de voir, attendu de comprendre, attendu de savoir ce qui avait déclenché la méfiance, par où elle était venue, par qui elle allait frapper. Il se demandait si Spleen l'avait sentie aussi, la tension subtile qui avait envahi l'atmosphère, le tapement régulier des ongles du barman contre le zinc, l'altération des respirations dans l'air chargé de fumée. Si sa mauvaise foi n'avait pas tant parlé, il aurait parié que oui. Mais voilà, il s'agissait de Spleen et Hermès était biaisé, parce qu'il la trouvait insupportable, parce qu'il la jugeait moins efficace, parce qu'elle était une femme et que malgré tous les exemples qu'il avait reçu il peinait encore à ne pas penser qu'elles étaient moins fortes, moins déterminées, moins fiables, moins rusées.

C'était un tort, évidemment, c'était pour cela pertinemment que certaines de ses collaborations finissaient mal, pour cela que depuis qu'il avait été chargé d'aider Spleen à extorquer des réponses aux gens tout s'était passé de façon chaotique. Pour cela, sans doute, qu'un sort avait été lancé. Oh ce n'était pas un sort mortel, pas même un sort handicapant, mais c'était un sort tout de même, un sort qui mutait le bruit, un sort qui permettait la discrétion et Hermès avait vu trop de scène de crime pour ne pas savoir où tout cela allait mener. Et, impossible mais vrai, Hermès ne haïssait pas Spleen au point de vouloir rentrer avec son cadavre sur les bras et dans la bouche la piètre excuse de ne pas avoir réagi assez vite. Il réagissait assez vite. C'était dans son sang, ça remontait aux premiers jours de son entraînement, il était léger, à l’affût, vif, et il savait faire confiance à son instinct, savait lâcher prise, arrêter de réfléchir avant de prendre une décision. De fait, il n'avait pas vraiment réfléchi. Il avait lancé un sort de protection, s'était rué vers Spleen, s'était tiré en courant avec elle en profitant de la panique, du vent qui avait soufflé sur tous les alcooliques, du mouvement de foule qui avait caché, une seconde à peine, leur fuite.

« On était attendu au tournant. » avait-il grogné, à l'attention de sa comparse, plus pour lui signifier qu'il avait été repéré aussi que pour la dédouaner de la course-poursuite dans laquelle il se retrouvait à présent. « On ne peut pas transplaner, le bruit les alerterait, est-ce que tu connais le coin ? »

Et il haletait un peu, parce qu'il était endurant, oui, mais que courir, et parler, et réfléchir, était un exercice autrement plus délicat. Surtout quand on ne passait pas sa vie dans le coin louche dans lequel on fuyait.
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MessageSujet: Re: we gotta break down the doors (w/ spleen)   Jeu 4 Aoû - 17:40

We gotta break down the doors
Mia & Hermès
Don't stand in my way. I can fight and kill as well as i laugh

En quelques secondes tout a basculé. Tout avait pourtant commencé comme l’une des missions habituelles. Mia devait entrer à l’intérieur du bar, utiliser ses charmes de demi-vélanes sur le pauvre imbécile qui était visé et après avoir tiré hors de lui toutes les informations possibles, partir avec Hermès. Une promenade de santé pour celle dont le métier consiste à utiliser sa jolie figure pour soutirer toujours plus d’argent à des ivrognes pompeux et prétentieux. Elle sait sourire, la haine cachée derrière ses dents. Elle sait se dévoiler tout en retenant l’envie d’étrangler ceux qui ne voient en elle qu’un corps et non plus une personne. Par conséquent tout aurait du bien se passer. Son travail habituel. Sauf que cette fois elle le fait pour aider la cause, pour donner aux mangemorts ce dont ils ont besoin pour bouter Grindelwald hors d’Angleterre.

C’est encore se vendre, mais cette fois pour un plus grand idéal.


Pourtant elle a tout de suite vu que quelque chose n’allait pas. Hermès également sans doute mais ils ne se sont rien dit. Ils n’ont jamais été très bons pour communiquer. Lui la méprisant et elle le haïssant pour ledit mépris. Une mauvaise équipe. Mais ils n’ont pas le choix. Il leur faut faire contre mauvaise fortune bon cœur. Et d’habitude ils y arrivent. Chacun possédant leurs forces, leurs faiblesses. Se complétant sans trop le savoir. Mais ce soir leur arrogance à eu raison d’eux. Ils ne sont rien dits, sentant pourtant tous deux le malaise. Mia a continué son petit numéro comme si de rien n’était, malgré tout. Et maintenant ils sont tout deux en train de courir. Visiblement il s’agissait d’un piège. Qui avait pu les prévenir ? Pourquoi ? Ce sont des questions qui restent dans les airs, et dont les réponses restent à découvrir.

Ils doivent fuir. Courir. C’est hermès qui permet à Mia d’éviter le sort et pour un peu elle le remercierait presque. Mais heureusement elle n’a pas le temps de le faire. Ils se retrouvent donc au milieu de ruelles sales dans les bas-quartiers. Sans beaucoup d’options s’offrant à eux bien au contraire. Un halètement s’échappe de la gorge de Mia. Elle est habituée aux endroits faussement luxueux qui sentent le sexe et l’alcool. Certainement pas à courir au milieu de ruelles pour tenter de sauver sa vie. Elle n’est pas faible Mia, mais elle fait plus souvent profil bas qu’elle ne se bat en duel. Une lueur de panique elle répond à Hermès « Je sais. De toute évidence quelqu’un les avaient prévenus de notre arrivée » Ce qui ne peut que vouloir dire d’avantage de problème.

La blonde scanne l’endroit du regard. Les bas-quartiers elle connait. Elle y vit. Elle hoche la tête précipitamment. « Assez pour nous trouver un endroit ou être tranquilles. Suis-moi » l’ordre est donné d’un ton sec. Mais elle n’a pas le temps pour adoucir ses mots. Et il n’a pas le temps d’en prendre offense. Pas s’il veut s’en sortir vivant du moins. Elle tourne à droite ses chaussures claquant sur les pavés abîmés. Puis à droite. A gauche une nouvelle fois. En quelques secondes ils parcourent plusieurs rues avant qu’elle ne s’arrête ouvrant la porte d’un magasin abandonné depuis quelques mois. Un endroit ou se pratique des échanges plus ou moins louches. Heureusement personne ne s’y trouve à cette heure-ci. Un soupir soulagé lui échappe. « Voila. On devrait être tranquilles pendant quelques temps ici. « Elle ne lui laisse pas le temps de se reposer ou même de souffler. Peur, colère et panique se lient en elle. « Qu’est-ce que c’était que ce cirque ?! Comment pouvaient-ils être au courant ?!! »
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MessageSujet: Re: we gotta break down the doors (w/ spleen)   Dim 4 Sep - 19:12

Hermès n'aimait pas les imprévus. C'était un fait, quelque chose de gravé dans le marbre. Hermès aimait la routine, les plans bien huilés, les déroulements sans accrocs. Il planifiait tout, sans se lasser, parce que c'était la seule chose qui lui donnait de la sécurité, parce que c'était plus simple, moins douloureux, de savoir à quoi s'attendre, de pouvoir se préparer. La préparation. C'était le grand mot de Néron, ça, la grande rengaine de son père. « Fils » appelait-il, comme s'il n'avait pas de nom, comme s'il n'avait pas gagné le droit d'être un individu, d'être indépendant, d'exister hors de leur lien de filiation. « Fils. » répétait-il et Hermès voulait hurler et tempêter, et lui dire qu'il était un homme avant d'être un fils, qu'il était un individu avant d'être une quantité négligeable. « Fils » lâchait-il et tous les muscles d'Hermès se tendaient sans qu'il ne puisse le contrôler, réaction pavlovienne, le dos droit et le regard devant lui, parodie du sang-pur digne qu'il était avant d'être quoi que ce soit d'autre. « C'est d'être préparé qui t'assurera d'avoir la main. Ne l'oublie pas. » Il n'avait pas oublié. Il s'efforçait de ne rien oublier, de garder trace, d'appliquer. Il avait passé tellement d'année à oublier qui il était qu'il était incapable de se boucher les oreilles ou de détourner les yeux. Il était préparé. Il était obligé.

Peut-être avait-il sous-estimé cela cette fois-là ou peut-être y avait-il des imprévus que même la sacro-sainte préparation de Néron Travers ne pouvait envisager. Peut-être était-ce sa faute ou peut-être n'aurait-il pas pu l'éviter. Peut-être que ça n'avait pas d'importance, dans le fond, parce que Spleen avait réagi, vite, et qu'il avait suivi ses ordres sans se poser de question, braqué par le ton mais pas assez pour mettre en péril son instinct de survie, braqué par l'inversement de la balance de pouvoir, le net épanchement qui faisait de Spleen la force directrice, qui mettait toutes les cartes dans sa main. Il n'aimait pas cela mais il n'aimait pas Spleen non plus et sans doute cela jouait-il, parce qu'elle était une femme et qu'il peinait à s'échapper du carcan de son éducation lorsque cela la concernait. Sans hésiter, il s'était jeté à sa suite dans le magasin, tout de même. Misogyne, sans doute, fou, sans doute pas, et il avait inspiré, laissant son torse se gonfler d'une inspiration qu'il méritait, parce qu'il était endurant, c'était certain, endurant et habitué, mais que ça ne rendait pas l'adrénaline moins dévorante lorsqu'elle frappait, mais qu'il n'en ressortait pas indemne, c'était évident.

Il n'avait pas ouvert la bouche qu'elle criait déjà ; il ne paniquait plus depuis de longues minutes déjà.

« Paix. » avait-il lancé comme si c'était un sortilège, avec un aplomb qui lui ressemblait déjà plus que l'être essoufflé qu'il était quelques secondes auparavant. Paix, lui disait-il, pour qu'elle baisse la voix, pour qu'elle n'alerte pas leurs poursuivants. Paix, intimait-il, comme un enfant qui hurlerait pouce parce qu'il fallait qu'il réfléchisse, parce qu'il fallait qu'il pense, et qu'il ne pouvait pas si elle s'énervait, qu'il serait beaucoup plus lent si elle paniquait. « Tu as l'air de sous-entendre que je pourrais être au courant de quelque chose. » C'était un coup bas, il le savait, parce qu'il était probable que Spleen ait juste mal formulé le fond de sa pensée, probable que ce soit la panique qui ait parlé, probable qu'il attaque gratuitement avant d'être agressé. « Je ne sais pas ce qui s'est passé. » avait-il éclairci entre ses dents serrées alors qu'il faisait tourner sa baguette entre ses doigts, un geste que son père aurait détesté, pour occuper ses mains et se concentrer, se focaliser sur quelque chose. « Mais il faut qu'on trouve, et vite. Je ne sais pas si on nous attendait nous ou si on attendait quelqu'un mais si nous étions la cible alors peut-être qu'une partie des identités des Mangemorts a fuité. »

Il n'était pas blême, il n'était pas tremblant, il parlait d'une voix mesurée, de sa voix professionnelle, de celle qu'il adoptait pour les témoins paniqués et pour les suspects pour qui il jouait les bons aurors. Il était dans son milieu dans le fond, même si la position était moins confortable, dans son milieu, c'était certain, même s'il n'avait que d'autres choix de s'en sortir cette fois-là parce que personne n'assurait ses arrières, parce que personne ne lui sauverait la peau. Il avait dardé ses yeux sur Spleen, une seconde, s'était penché vers elle :

« Tu connaissais les mecs dans ce bar ? Des rumeurs, des choses comme ça, n'importe quoi ? » Il s'était passé une main dans les cheveux, nerveux. « Il y a peut-être une taupe, parmi nous. »

Il n'était pas préparé à cela ; il détestait cela.
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MessageSujet: Re: we gotta break down the doors (w/ spleen)   Dim 11 Sep - 14:45

We gotta break down the doors
Mia & Hermès
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Son cœur bat furieusement contre ses côtes au point que Spleen en ressent de la douleur. C’est sans doute le plus près qu’elle est passée de la mort … ou d’un sort pire encore. Et elle n’a pas l’habitude de cela, elle. Ce n’est pas son rôle à elle de se battre. Pas vraiment. Elle est parfaitement consciente que les mangemorts, comme tous les autres, exploitent son statut de demi-vélane pour obtenir ce qu’ils veulent, ce qui les arrangent. Simplement pour cette cause-ci elle est prête à se laisser utiliser. Parce qu’elle est persuadée qu’il s’agit là de la meilleure chose à faire. Elle veut libérer l’Angleterre. Elle veut se libérer elle-même. Et la blonde est persuadé que le seul groupe capable de faire une telle chose est celui des mangemorts. Cela fait des années que Lux existe mais leurs batailles sont chaotiques. De maigres actions qui ne résolvent jamais rien.

Elle veut plus. Elle veut mieux.

Alors elle utilise ses talents naturels de vélane pour la cause, même si cela heurte ses sentiments. Après tout sa nature ne la définit pas. Du moins Spleen ne le pense pas. Mais le monde entier lui rappelle bien que ce n’est pas le cas. Elle est pour eux ce à quoi elle ressemble. Et elle à parfois dû l’accepter. C’est pour cela que malgré ses bravades elle ne s’est jamais retrouvée dans une telle situation. S’en sortant toujours grâce à un sourire, son charme de vélane poussé au maximum. Des promesses et des caresses. Dégradant toujours mais la mettant en sécurité. Ce soir c’était différent. Elle est consciente qu’elle aurait tout à fait pu mourir et la peur met du temps à la quitter. Son esprit est empli d’un millier de questions différentes mais contrôlé par une seule. « Comment ont-ils pu savoir ? »

Et ce n’est pas les paroles d’Hermès qui la rassurent bien au contraire, elles ne font que l’énerver. « Je ne suis pas stupide contrairement à ce que tu semble penser, je sais bien que tu n’as rien à voir dans cette histoire. Ou alors cela ferait de toi un idiot » la colère remplace la peur comme une solide couverture. La colère est rassurante. Familière. Réconfortante. « Mais peu importe qui ou comment quelqu’un savait. Qu’on serait là. Et ce qu’on essaierait de faire. Voila le vrai problème » Plus que les petites piques que son égo blessé lui envoie parce qu’il a été incapable de prévoir le problème comme un véritable superviseur aurait dû le faire. Elle ne prononce pas ses mots à haute voix bien sûr mais ils peuvent être vus dans son regard accusateur.

Elle secoue la tête vivement. « Je ne pense pas que ce soit nos identités qui aient fuités. Je pense simplement qu’on les avait prévenus de notre arrivée. » Un reniflement amusé lui échappe. « Et même s’ils connaissaient nos identités je suppose qu’il s’agirait plus d’un soucis pour toi que pour moi. Après tout je ne suis personne. Et personne ne connait jusqu’à mon véritable prénom … mais toi en revanche. » Aucun des quelques amis qui restent à Spleen ne diraient quoi que ce soit. Mais un Travers est une figure connue. Et pour lui c’est une autre histoire elle suppose. La blonde de nouveau ses boucles en signe de négation. « Non. Aucun d’eux. En tout cas si je les aient déjà vus à l’opiumerie je ne m’en rappelle pas. » Pas qu’il soit simple de se souvenir de visages dans un lieu enfumé, aux lumières tamisées. « Et je n’ai pas eu le temps d’entendre quoi que ce soit. Ils ont agit trop vite. » Une pause. Un petit rire de nouveau. « Peut-être ? Ce n’est pas un peut-être. C’est sûr. Sinon ils n’auraient jamais pu savoir que nous allions venir »
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MessageSujet: Re: we gotta break down the doors (w/ spleen)   Sam 5 Nov - 13:54

Elle était affûtée comme une lame de couteau, Spleen, et il avait mis beaucoup trop de temps à s'en rendre compte. Elle était tranchante et dangereuse et, les yeux rivés aux siens, il l'écoutait parler avec une attention rare. Ce n'était pas qu’il la pensait stupide, le reste du temps, mais il avait toujours été percé de toute part par une éducation qui lui avait enseigné que les femmes lui étaient inférieures, trop douces et moins efficaces, et il peinait à s’en débarrasser même aujourd’hui. Il savait que c’était stupide, pourtant, parce qu’il avait des exemples, des exemples évidents et marquants, parce qu’il y avait Agrippine, qui était la personne la plus forte qu’il connaisse, parce qu’elle était tout feu, tout flamme et qu’il savait qu’elle avait incendie dans le corps, parce qu’il y avait Melpomène, qu’il ne supportait pas, mais qui était dure, et qui avançait, avançait, avançait sans jamais reculer, parce qu’il n’y avait pas un mur qui pouvait la stopper, parce qu’il y avait Spleen elle-même et cette façon d’exister sans s’excuser d’être, la détermination sur le visage, et la façon dont elle le regardait, tout en piques et en mépris. Il s’en moquait, pas parce qu’elle ne comptait pas mais parce que c’était mérité, d’une façon qu’il ne pouvait pas expliquer ; œil pour œil, dents pour dents, quelque chose comme ça. Elle s’était braquée, fatalement, parce qu’elle se braquait, qu’il se braquait, que c’était habituel mais qu’il n’avait pas le temps pour ça, pas tout de suite. Il avait levé les mains, en signe d’apaisement, la réflexion marquée sur les traits.

« Je ne pense pas que tu sois stupide. » Il avait incliné la tête sur le côté. « Je pense que tu te méfies de moi et que tu n’as pas un bon à-priori et ce n’est pas un reproche, c’est un sentiment légitime. » Il s’était appuie contre le mur et c’était passé une main dans les cheveux, avant de reprendre la parole : « De deux choses l’une : soit c’était nous en tant que mangemorts qui étions visés, soit c’était moi en tant qu’auror, parce que trempe dans des affaires qui handicapent certains trafics annexes. C’est pour ça que qui et comment est important. J’ai des ennemis de tous les côtés et je suis le seul à avoir la tête sur le billot, aujourd’hui, et tant mieux, c’est moi qui n’ai pas fait assez attention. » C’était la réalité, plus facile à avaler depuis qu’il avait décidé de traiter l’incident comme une erreur de jugement, un accident de travail, et il s’était redressé, pour faire quelques pas, réactiver son cerveau, se remettre à réfléchir. Il y avait quelque chose qui lui échappait, quelque chose qui lui filait entre les doigts et qui le titillait. Mal à l’aise, il s’était frotté les mains l’une contre l’autre, l’oreille tendue pour saisir des bruits à l’extérieur. « S’il y a une taupe, il faut qu’on réduise la liste avant de repartir. On ne peut pas y retourner et se jeter dans la gueule du loup. Tu sais qui était au courant de notre présence à cet endroit ? »

Il ne lui demandait pas si elle en avait parlé à qui que ce soit, parce que ça aurait été insultant et qu’il savait qu’elle était beaucoup mieux préparer que cela. Il lui demandait, en revanche, si elle avait souvenir d’autres présences lorsqu’on leur avait assigné leur tâche, si elle avait souvenir de visages ou de noms. Lui-même avait la vague impression qu’une nouvelle recrue s’était tenue pas loin mais l’admission lui brûlait les lèvres, parce que l’enfant était si jeune et que lâcher son nom était mettre un point final à sa vie. On ne tolérait pas les traîtres, chez les Mangemorts, on ne les laissait pas s’échapper, on ne les laissait pas prendre la poudre d’escampette et son estomac s’était tordu en un mouvement inconfortable.

« Il faut qu’on collabore, Spleen. » avait-il soupiré. « Vraiment. »

Et il avait l’air moins héritier qu’Hermès, pour une fois, devant elle, plus auror et moins sang-pur, plus déterminé que prétentieux. Il espérait, confusément, qu’elle accepte la main tendue. Il n’irait nulle part en se tirant dessus l’un et l’autre.
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