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 (Macmillan) ◊ « Les maudits mots d'amour. »

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MessageSujet: (Macmillan) ◊ « Les maudits mots d'amour. »   Mar 2 Aoû - 16:39


Les Maudits Mots d'Amour
Assise à son bureau de bois clair, Cerseï écrit consciencieusement, concentrée sur la rédaction d’un conte sur lequel elle travaille depuis plusieurs semaines déjà. Ayden est assis juste en face et l’observe depuis de longues minutes, sans voir le temps passer, fasciné par ce qu’il semble se passer dans l’esprit créatif de sa mère. Elle n’avait pas la même expression que son père, quand il était plongé dans ses recherches, ses yeux clairs traduisaient un autre éclat. Le rêve et la science dans un mariage d’idéal. Le frottement de la plume sur le papier créer une mélodie douce qui plaît beaucoup au garçon dont les jambes sont encore trop courtes pour toucher le sol, une fois assis là, les bras croisés sur le bois. « Maman.. pourquoi du noir.. ? » Elle relève le nez du parchemin raturé par endroits, d’abord sans comprendre. De quoi parle-t-il ? Et la mèche glisse de son oreille jusque devant ses yeux, défaite de son blanc caractéristique, comme si elle avait été plongée dans l’encrier. Elle la sent s’insinuer, la douleur. Ca commence toujours par la lune au creux de son poignet, qui crispe les muscles dans une lutte latente. Ca commence toujours par une sensation de chaleur sur sa peau, au coeur de l’épiderme. Pas maintenant. Non, pas maintenant. Pas alors que l’enfant est dans la pièce, pas alors qu’il pourrait être témoin, elle avait toujours fait en sorte de lui épargner cela, terrifiée à l’idée de lui faire du mal. Et la terreur empire son état. « Ayden, va voir ton père. » Il ne réagit pas. C’est un garçon obéissant mais il ne comprend pas, il a l’impression d’avoir fâché maman, il n’aime pas quand on le réprimande et qu’il ignore pourquoi. Il déteste ne pas avoir les réponses, il déteste quand quelque chose lui échappe. « Tout de suite. » L’ordre a claqué, si tranchant que le petit a détalé comme un lapin, faisant craquer le parquet du bureau sous ses pas empressés.

…✁…

La porte s’ouvre à la volée. Il sait qu’il n’a pas le droit de faire ça, qu’il ne doit pas ouvrir si Gideon ne lui en a pas donné l’autorisation mais son coeur s’affole, il cogne fort pour la toute première fois de sa courte vie. Le garçon dont les cheveux ont pris la teinte bleutée de la terreur s’étale sur le sol, se rattrapant de justesse de ses deux mains. Il y a des larmes sur ses joues, de frustration ou d’angoisse, lui-même ne saurait le dire. Est-ce que maman lui en veut ? Quand il relève ses billes bleues vers celles de son père, Ayden ne réclame qu’une chose : des bras réconfortants, qu’on lui explique, qu’on lui dise ce qu’il a fait de mal. Il lui a peut-être demandé ce qu’il se passait mais l’enfant a été incapable de répondre, incapable d’articuler quoique ce soit, secoué de sanglots.

…✁…

La baguette tourne d’un geste souple et précis, insonorisant la pièce pour que rien ne s’en échappe. La porte claque, ferme le sortilège avant que l’objet taillé dans un cerisier aux charmantes teintes roses n’échoue sur le sol, non loin du fauteuil qui, déjà, se renverse. Elle recule maladroitement, priant pour garder pieds, pour ne pas laisser à la folie son esprit. Protéger Ayden de ses réactions pour le moins imprévisibles et dangereuses était sa priorité, parce qu’il était la prunelle de ses yeux, parce qu’elle n’avait rien de plus précieux en ce bas monde. La paume se plaque contre sa bouche pour taire la douleur, pour que rien ne s’échappe d’entre ses lèvres. Bruit de verre brisé qui résonne. Lorsque Cerseï active ce sortilège, ce qu’il se passe dans son bureau, les sons du moins, est automatiquement transféré dans le bureau de Gideon, énième précaution pour qu’il puisse lui venir en aide, pour apaiser ses craintes aussi. Mais là, elle ne peut pas se permettre la moindre expression de souffrance parce qu’elle imagine très bien qu’Ayden se trouve avec lui, qu’il a trouvé refuge auprès de son père, alors même le verre de la vitrine fiché dans son bras ne lui arrache pas le moindre son : elle a le souffle coupé, le corps désormais replié dans le coin de la pièce.

« Ayden.. » a-t-elle soufflé, quand elle a senti un contact étranger sur sa peau. Les yeux fermés, déjà épuisée par une crise douloureuse qui ne fait que commencer, elle ne demande que cela : que quelqu’un veille sur leur fils. Elle s’en fiche d’avoir mal, elle s’en fiche de ne pas être apaisée, elle refuse que l’enfant soit témoin d’une telle scène. Il est loin, n’est-ce pas ? Il faut qu’on lui dise qu’il est loin, que la peur se calme, se taise.  © 2981 12289 0
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