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Bazzart - PRD.
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 Further away, farther from home

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MessageSujet: Further away, farther from home   Sam 6 Aoû - 21:12

Further away, farther from home
Дальше от них, дальше от дома


A
rkady pardonnait à l'échoppe sa rusticité. Pour une fois, il pardonnait à ce pays et à cette rue d'être si stupidement simples. Ses doigts manucurées caressèrent avec douceur les fleurs regroupés dans de petits casiers de bois simple, laissées exposées au regard et aux mains des passants. La boutique sentait la poussière et les plantes séchées, des senteurs si familières qu'il aurait pu les nommer une par une. Son regard glissa en direction d'un écheveau de crins de licorne, attiré par un rai de lumière qui changeait la poussière en paillettes d'or. Une seconde simple d'esthétique rurale qu'il savoura comme il se devait avant de passer ses ongles peints en noirs dans ses cheveux blancs.

« Je vais prrrendrrre rrrosée de lune, » indiqua-t-il à l'apothicaire. « Cent-vingt grrammes. Essence de belladone, cinq flacons. Et sachet ailes de fée. Un suffit. »

Dans les rares instants où Arkady ne maniait ni l'offense, ni le mépris, dans les secondes de paix volées au coin de ses journées, la voix du slave devenait presque douce. Presque agréable. Un timbre androgyne et presque languide où l'accentuation sur ses « r » ressemblait à un ronronnement.
Se fournir lui-même avait quelque chose de vulgaire au sens premier du terme. Le petit personnel lui évitait d'habitude de s'abaisser à ce genre de besogne ordinaire. Mais celle-ci s'avouait relativement supportable. Une habitude qu'il avait rapidement pu intégrer dans ses routines qu'il aimait bien réglées. Ça le sortait, l'aérait, et ce bas prosaïsme effaçait un peu la langueur qui commençait à vous saisir quand, au fond, vous n'étiez obligé de rien. Quelques mornilles changèrent de main, et le commerçant se saisit d'un sac de papier avant de réunir tous ses achats. Un sac en papier des plus banals, mais Arkady aimait les faire voler de sa fenêtre au crépuscule. Il les incendiaient dès qu'ils dépassaient le toit. Par jeu, mais aussi pour voir le rougoiement des flammes, contempler les papillons de cendres qui retombaient lentement jusqu'au sol. Pour l'heure, il époussetait machinalement quelques grains de pollen séchés qui s'attardaient sur son manteau en fourrure de léopard. Le vendeur l'avait appelé « mademoiselle » et il n'avait pas eu la hargne de le reprendre. Pas envie de troquer la douce odeur des fleurs séchées contre le venin, pas envie de revenir voir l'apothicaire avec une raideur dans les épaules à chaque fois. Non. Du reste, il était conscient de ne pas être « beau » au sens viril du terme. L'époque aimait le quarantenaire aux tempes grisonnantes mais au menton franc, aux yeux pétillants et aux doigts carrés séchés par la nicotine, là où il se laissait pousser les cheveux et entretenait sa peau avec des crèmes. Il ne pouvait pas en vouloir au monde entier de le confondre, c'était éreintant. Alors il avait cessé de répondre, on le laissait vivre sa vie, et au moins pouvait-il faire deux pas dans la rue sans scandale. Aujourd'hui... aujourd'hui il avait un peu trop forcé la dose. La dernière création d'un de ses tailleurs préféré -trop avant-gardiste pour la Bretagne, bien entendu, il avait toujours considéré ce pays comme un peu arriéré (quoique si on parlait de la Bulgarie...)- un pantalon en cuir de dragon troublait plus que d'ordinaire sur son passage. Il devait admettre que ça lui avait fait bizarre aussi, la première fois. Le cuir embrassait sa peau et lui donnait l'impression d'être nu, à lui qui n'avait jamais connu que les robes de sorcier. Passé les premiers essayages et après s'être regardé sous tous les angles, ça avait fini par lui plaire. Oh s'il avait pu rester à Moskva au lieu d'aller se perdre dans les campagnes du monde. Bref. Le vêtement en lui-même ne faisait ni homme, ni femme, ni même sorcierdans l'esprit de toute personne vivant en marge du monde de la haute-couture. Peu lui importait, à vrai dire, l'opinion de quelques anglais abruti de siècles de consanguinité, isolés qu'ils étaient sur leur stupide île.
La sonnette de l'entrée le laissa parfaitement indifférent. Il n'était pas de ceux qui se retournent, pas de ceux qui sourient ou saluent. Il n'était pas de ceux que ça intéresse. Et pour tout dire, ça n'aurait rien changé. Être narcissique ne rendait pas très physionomiste. Encore moins avec les anglais. Encore moins avec des gens simplement croisés dans la rue.


Dernière édition par Arkady Karkaroff le Lun 8 Aoû - 23:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Lun 8 Aoû - 17:32

Il manque d’inspiration. Sa plume ne glisse pas sur le papier comme quand il se laisse aller à ses élans mystiques, et il ne tente même pas la machine à écrire, dont il adore pourtant le bruit des touches quand il pianote – qui exaspère tous ses collègues, puisqu’il a la fâcheuse tendance à taper une lettre puis à passer à la ligne, juste pour entendre le diiiing mélodieux de la machine. Il est épuisant. Surtout pour des journalistes sérieux. Ils auraient préféré que la rubrique courrier du cœur soit tout simplement supprimée, ça leur aurait évité de devoir côtoyer un Lovegood au quotidien. Il décide de quitter la rédaction après avoir fait sept fois le tour de tous les bureaux à regarder par-dessus l’épaule de tout le monde pour voir si ça lui donne des idées. Pleine rue, temps pas très beau, ses pas le guident jusqu’au chemin de Traverse sans qu’il ne s’en rende compte. Il aime les échoppes modestes qui s’y entassent, leurs devantures colorées, leurs enseignes et les gens qui font leurs emplettes, vrai plaisir pour ses yeux, vraie source d’inspiration. Stitch va souvent dans des endroits sans avoir d’idées derrière la tête. Il aime se promener sans but, au gré de l’inattendu. C’est ainsi qu’il flâne, regard vide en s’arrêtant devant les vitrines, les mains plaquées contre le verre, comme un gamin, pour détailler leur contenu, ne trouve rien qui attire vraiment son attention et poursuit sa route. Du moins, jusqu’à ce qu’une chevelure pâlichonne ne capte tout son intérêt, alors qu’il presse son nez contre la vitre pour mieux voir. Il le reconnait. Cet être absolument énigmatique à qui il a encore plein de questions à poser. Ni une, ni deux, il pénètre dans la boutique, actionnant le carillon de l’entrée, un sourire ayant fleuri sur son visage.

Il a une façon curieuse de s’habiller, ce jeune homme, c’est pour ça que Stitch l’a remarqué, à la base. Pour ça et parce qu’il ne savait pas dire s’il était une fille ou un garçon. Après leur première rencontre, il a décidé que c’était un garçon, même si le principal concerné n’a pas répondu. Parce qu’il trouve que ça le rend encore plus intrigant. Il ne connait pas son nom, peut juste dire d’après son accent qu’il doit venir de l’Est, et Stitch a toujours eu un faible pour les étrangers. Il est de dos, et pourtant il a tout de suite su que c’était lui, au pantalon de cuir et au manteau de fourrure tacheté, peut-être – c’est tellement étrange comme accoutrement, on ne peut pas le rater – ou aux longs cheveux blonds, tirant franchement vers le blanc, qui pendent nonchalamment sur sa tête. Il ne fait pas partie des êtres qu’on oublie, plutôt de ceux qui laissent une trace dans la mémoire, juste par leur excentricité. Et s’il y a quelque chose qu’un Lovegood aime plus que tout, c’est bien l’excentricité. Stitch s’approche doucement en faisant un petit signe de tête au vendeur, comme pour lui intimer de se taire, de garder la surprise, sourire trop grand, yeux trop brillants, et arrivé à la hauteur de son étranger préféré, il lui tapote l’épaule avec une certaine insistance toute démente dans son euphorie. « Bonjouuuuur, vous vous souvenez de moi ? Comment allez-vous ? Vous achetez quoi ici ? Et où achetez-vous vos vêtements ? Je n’ai jamais vu rien de tel dans les rues de Londres, c’est tellement avant-gardiste et vous venez de quel pays ? Vous ne m’avez pas laissé le temps de demander la dernière fois. » Il sautille d’un pied sur l’autre comme un gamin trop excité, noyant son interlocuteur sous un flot de questions qui lui viennent au fur et à mesure qu’il les prononce, l’une après l’autre, sourire inlassable sur les lèvres. Voilà de quoi lui redonner l’inspiration. « En fait, vous n’avez répondu à aucune de mes questions la dernière fois. Je ne sais même pas votre nom. Vous vous appelez comment ? » Il attend. Il attend les réponses, en particulier ce nom qui doit avoir des consonances délicieuses et mystérieuses, et peut-être qu’il baptisera une tasse d’après lui. Evidemment, il a occulté une bonne partie de leur première rencontre, ne se rappelle plus vraiment ça a fini, comment l’étranger lui a échappé, au fond. Ne se dit même pas que peut-être il est très indélicat de poser toutes ces questions. De toute façon, on peut tenter de lui expliquer, ça ne changera rien. Il les posera quand même.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Lun 8 Aoû - 23:05

L
e contact d'une main étrangère suffit à le faire tressaillir. Grand habitué du protocole, de la distance et des froideurs aristocratiques, rien n'avait préparé le slave à la tactilité familière de Stitch. Lui-même touchait à peine le bras de sa mère des moments détresse ou d'empathie intense. Alors qui aurait pu l'interpeller ainsi ? Un vieil ami transporté par d'improbables retrouvailles. Avait-il jamais eu ce type de connaissance ?
Son regard ne rencontra qu'un inconnu, un visage typiquement anglais et une allure dépenaillée. À moitié frisé sans l'être, à moitié présent sans l'être. Les traits ne lui rappelèrent rien, mais les mots le firent à leur place. Lui. Le taré du Chemin de Traverse. Ici ! Encore ! Arkady sourit distraitement. Pas qu'il était heureux de le voir, non, c'était plutôt le contraire. Même qu'il ne pouvait pas se casser comme un prince sans sa commande, que de toute façon il n'allait pas s'enfuir des rues de Londres à chaque fois comme une bête traquée juste parce qu'un désaxé hantait les rues. Et pas de sortilège ici, dans la boutique -les anglais étaient si impressionnables, il ne voudrait pas qu'on l'empêche de revenir. Alors il souriait, non pas à Stitch, mais à la vie qui venait de lui rappeler qu'elle était toujours une salope, bisou, je pense à toi.

« Je me souviens... » daigna-t-il répondre d'un ton polaire qui glisserait sur son interlocuteur comme l'eau sur les plumes d'un cygne.

Ce type le secouait tellement qu'il en faisait des phrases grammaticalement correctes. Il traînait l'apothicaire, non ? Il aurait déjà eu le temps de transplaner trois fois. Lorsque le petit homme lui ramena enfin les ingrédients demandés, l'anglais faisait une pause après une logorrhée impressionnante. Parmi toutes les questions qu'il écoutait à peine, une remarque frappa Arkady en plein cœur, défonçant allègrement son talon d'Achille de narcissique fashion addict. Il pivota sur ses talons et, dos au comptoir, détailla Stitch des pieds à la tête. Le bilan ne semblait pas exactement plus positif mais au moins faisait-il l'effort de regarder cette fois. Il plissa légèrement les yeux, et lâcha avec méfiance.

« ... Rrrussie. »

Deux réponses sur environ dix mille. Le Karkaroff adressa un sobre signe de tête au vendeur et se dirigea à pas lents vers la porte, s'éloignant du commerçant sans pour autant se risquer à l'extérieur.

« Pourrrquoi tu intéressé ? Pourrrquoi tu poses questions et suis gens dans la rrrue ? »

Cette discussion l'épuisait déjà. Tous ces efforts qu'il devait déployer pour simplement parler.

« Quel est ton nom ? »

La question avait l’intonation précise de ces phrases apprises et répétées par cœur, à l'inverse de ses autres phrases chaotiques, transposition immédiate du fil de ses pensées qui ne s'encombrait d'aucune grammaire, d'aucune construction. À vrai dire, Arkady ne savait pas quoi faire de cette conversation, il ne savait pas quoi faire de ce type. Simplement, lui parler maintenant achèterait peut-être sa paix future. Et puis, s'il était capable de faire preuve de bon goût... il était prêt à reconsidérer l'éventualité de sa folie.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Mar 9 Aoû - 14:43

Le cerveau de Stitch est doté de mécanismes de défense très simples qui consistent à ne jamais saisir les émotions négatives des autres. Ainsi, un je te hais n’atteindra pas ses oreilles, un lâche-moi putain lui fera répondre hein ? et ainsi de suite. Il ne s’embarrasse pas de savoir s’il agace les gens ou pas, et il leur tape plus souvent sur les nerfs qu’autre chose, mais ça ne lui effleure même pas l’esprit que son comportement peut ennuyer – l’apanage de la folie. Son cerveau crie JOIE à tout bout de champ, et sa réaction principale reste donc JOIE, quand elle ne se mêle pas d’incompréhension. Stitch ne pleure jamais, ou plutôt il ne pleure plus. Même lorsqu’il se fait agresser, son premier réflexe est de rire, beaucoup trop fort. Ce n’est pas qu’il ne ressent pas de tristesse, ou de peur, c’est juste qu’il bloque mentalement tout ce qui pourrait le rendre morose, ou l’effrayer. Ainsi, il n’entend pas le ton glacial de l’étranger, sourit parce qu’il vient de Russie, le suit jusqu’à la porte en s’arrêtant à ses côtés, cligne des yeux très fort, un peu perdu par rapport à ses questions, et sourit à nouveau lorsqu’il lui demande son nom. Il adore répondre à cette question, et occulte les deux premières comme si elles n’avaient jamais été posées pour décliner simplement son identité : « Stitch Lovegood. » Il a toujours aimé son patronyme, fier de sa famille qui repousse toujours plus loin les limites de l’excentrisme, et puis il le porte bien, en général. Son prénom, c’est une autre histoire, puisque Hyacinth est vite parti aux oubliettes, remplacé par des milliers de sobriquets différents inventés en majorité par sa sœur jusqu’à ce que sa bien-aimée le baptise Stitch en hommage à ses points de suture. Et il ne se présente plus que comme Stitch Lovegood, sans pourtant expliquer pourquoi, parce que sa folie a pris soin d’effacer toute trace de Maebh de sa mémoire. Toute trace qui pourrait le détraquer un peu plus, le faire sombrer plus bas que terre, le mettre en danger, aussi, car c’est peut-être cela le plus grand risque. Qu’il veuille à nouveau se venger, qu’il se jette à la gorge de Grindelwald sans même réfléchir un instant.

Il repense un peu aux autres questions du jeune homme, ne sait pas trop ce qu’il doit dire ou faire, il lui semble que la seule réponse plausible est parce que, sans rien d’autre, parce qu’il est comme ça, et c’est tout. Il n’a jamais vraiment compris pourquoi ça ne se fait pas de suivre les gens dans la rue ou de les interroger sur tout et n’importe quoi, tout ce qu’il sait, c’est qu’il aime faire ça, depuis tout petit. Ce qui a changé, c’est qu’enfant, les adultes le trouvaient mignon. A présent, ils le trouvent plutôt inquiétant et mal éduqué. Mais faut-il avoir une raison pour aller naturellement vers autrui et être sincère ? La raison, c’est qu’il est taré, fragile, démoli, et que la compagnie l’aide à se sentir en vie, peu importe laquelle, même pas besoin d’interaction, au fond. Suffit de voir à quel point ça marche bien avec les tasses. « La Russie… Il doit y faire très froid. C’est vrai qu’il y neige toute l’année ? C’est pour ça que vous portez des manteaux de fourrure ? Ils doivent s’abîmer avec la pluie de l’Angleterre. » Il ne peut dire plus délicatement qu’il ne répondra à rien d’autre. Il ouvre la porte sur la rue, sort, la tenant ouverte pour celui sur qui il a jeté son dévolu quotidien. « Vous devez faire d’autres achats ? Je peux vous accompagner ? » Ce n’est pas une question, en vérité, plus une affirmation. « Vous ne voulez pas me dire votre nom, ça veut dire que vous êtes là incognito ? Vous êtes une célébrité ? » Et son enthousiasme n’a d’égal que le trouble qu’il sème, avec toutes ses questions dont la presque totalité restera sans réponse, sans doute.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Mar 9 Aoû - 16:51

L
'expérience du déplacement était... intéressante. « Ça » le suivait avec une bonne réactivité. L'air dépenaillé et l'air perdu lui donnait quelque chose d'un chiot -quoiqu'Arkady n'était pas de ceux qui s'attendrissent devant autre chose qu'un miroir. Ça contrebalançait son étrangeté d'un petit quelque chose d'inoffensif, de rassurant donc. Arkady haussa un sourcil aristocratique en entendant le nom de la chose. Stitch. Il n'avait aucune idée de ce que ça évoquait. Un nom de chiot. Économie de syllabes, sons tranchés et chuintant, facilement identifiables... Love et good, il remettait par contre. Patronyme anglais, amalgame de mots simples et dénués de grandeur. Un roturier. Il n'en avait pas douté un seul instant, mais la confirmation flattait son ego à moindre coût. Restait à les cerner un peu plus, lui et ses questions insistantes apparemment aléatoires.
Il le laissa ouvrir la porte en bon prince habitué à avoir des laquais, étrécissant à peine le regard sous le mascara et le khöl. « Ça » -Stitch- cherchait à s'incruster un peu plus durablement, et ces questions sur son nom, ses origines... Un espion ? Ça expliquerait le nom. Pour autant qu'il pouvait savoir, cela pouvait être un pseudonyme. Mais un espion de qui ? Le parti de Grindelwald n'avait à sa connaissance aucune opposition sérieuse. Restaient des familles rivales, ou pire sa propre famille. Quoiqu'un Karkaroff n'aurait jamais engagé un type aussi halluciné. Mais le polynectar pouvait faire des merveilles... Suspicieux, il se décida enfin à répondre quelque chose.

« Arrkady Karrkarroff. » Son identité, il ne s'en cachait pas, ne souhaitait pas le faire et ne le pourrait certainement pas si l'envie lui prenait. « Famille sang-purrrs, trrrès connue dans Bulgarrrie. »

Il expliquait en prime, parce qu'il sentait que Stitch était de ceux à qui il fallait expliquer les choses. Il passa la porte de la boutique, revenant dans la petite rue londonienne, un peu bondée, un peu tordue, et jeta un œil sur les boutiques alentour. Les questions faisaient éclore des bulles de nostalgie souterraines. Comment parler de son pays dans cette langue qu'il maîtrisait si mal ? Et quel intérêt. Qu'est-ce qu'un anglais, un insulaire aurait pu y comprendre ? L'immense vide de la Sibérie et les rues encombrées de Moskva, la neige qui tombait à peine mais durait tout l'hiver à cause du froid, la démesure de leurs palais, les journées de train qu'il fallait pour atteindre l'autre côté du pays. Le sentiment d'étroitesse et de dérisoire que l'on ressent partout ailleurs, quand la taille d'un autre pays équivalait à peine à une région du sien.

« Moins neige, beaucoup frroid. Tu interrressé parrr Rrrussie ? »

Plus inquiétant ; Stitch n'avait pas répondu au reste. Un espion aurait menti, et il y avait de meilleures couvertures que l'excentrique semi-dément. Alors... Alors il ne savait pas. Dans le doute, éviter de lui montrer d'autres endroits fréquentés par habitude.

« Non, achats finis. » D'un nouveau coup d'oeil, il détailla Stitch des pieds à la tête. « Tu sûrrr vouloirrr rrrester ? » Foutue langue. « Pas trrravail ? »

Pas certain que la réponse ne prouve grand chose du reste, mais au cas où...
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Lun 15 Aoû - 22:22

Karkaroff. Sa mémoire tique, se heurte à un souvenir, elle connait ce nom, pour l’avoir déjà entendu, mais où, mais quand, ça ne lui revient pas. Une phrase, lâchée par un ami de ses parents, peut-être, il ne se souvient pas très bien duquel, ni vraiment des mots qui constituaient cette phrase. Karkaroff et crainte ? Karkaroff et peur ? Karkaroff et sanguinaire ? Ça pourrait être n’importe quel mot, n’importe quel pronom, verbe, adjectif, n’importe quoi, et ça ne lui revient pas. Alors sa mémoire s’éteint, pour le laisser répéter « Arrkady Karrkarroff », songeur, incapable de prononcer le r roulé correctement, sourcils froncés, fâché contre sa langue de ne pouvoir reproduire ce son si délicat. Sang-pur. Il aimerait voir ce sang, il aimerait voir ce qu’il a de différent. Pourtant, il est à peu près sûr que ce sera impoli de sa part de demander à ce qu’il se coupe une veine pour voir. La question lui brûle quand même les lèvres. Comment le savez-vous ? Mais il se tait, parce que le mot sang-pur éveille d’autres choses en lui, d’autres souvenirs enfouis, plus profonds que le patronyme, ceux-là. Ces histoires de sang. Le sang de Maebh qui s’écoule sur les pavés. Son sang impur, son sang qui mérite la mort. Il n’a jamais compris pourquoi le sang de Maebh la condamnait alors que le sien lui donnait le droit de continuer à vivre. Son sang à lui n’était pas plus pur que celui de Maebh, et il avait une teinte de rouge identique à la sienne. Mais peut-être que les sang-purs ont le sang pailleté, allez savoir. Il sourit à cette pensée, le reste étant vite relayé au monde parallèle qui existe dans son cerveau pour les souvenirs dont il refuse de se souvenir. « Vous avez le sang pailleté ? » Grain de folie qui ressurgit sur sa fossette, beaucoup trop sérieux pour poser une question aussi absurde.

La rue est bruyante, les passants sont nombreux à faire leurs emplettes en cet après-midi radieux et on ne dirait pas qu’un sombre régime politique règne sur l’Angleterre à cet instant précis. Peut-être est-ce lisible sur les expressions des gens, mais Stitch ne les perçoit pas, ces air accablés, cette ride entre les sourcils, ces commissures tombantes. Il voit tout à travers la folie, et à travers la folie, les gens lui semblent heureux, généralement, comme s’il avait collé une gommette souriante sur chaque visage mélancolique, sur chaque faciès bouillonnant intérieurement. « Non, je pense juste que ce doit être très beau comme pays. Mais je suis plus intéressé par les personnes qui y vivent. Comme vous. » Stitch ne saisit même pas que l’étranger veut se débarrasser de lui lorsqu’il lui demande s’il est sûr de vouloir rester. Bien sûr, qu’il veut rester. Déjà la première fois, il voulait rester. Avant qu’il ne disparaisse par transplanage. Stitch l’aurait bien suivi, mais il n’a pas assez d’aptitudes magiques pour poursuivre ceux qui veulent le fuir. Il n’avait absolument pas compris qu’on tentait de le fuir, d’ailleurs. Aussitôt transplané, aussitôt oublié, et il ne s’en est plus inquiété jusqu’à aujourd’hui, maintenant qu’il le revoit, si fascinant, avec ces cheveux et cette peau si clairs, et ces vêtements intrigants qui ne sont certainement pas faits pour passer inaperçus. « Je viens de sortir du travail. J’y vais quand je veux. Là, j’ai du temps. On peut aller prendre le thé. Vous prenez le thé en Russie ? » Il indique de la main un salon de thé non loin de là où ils se trouvent, les yeux remplis de l’espoir d’une discussion future.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Dim 21 Aoû - 0:30

I
l ne se froissa presque pas quand l'anglais tenta de contrefaire son accent. L'absence d’intonation narquoise sans doute, l'occidental essayait sincèrement de prononcer son nom, et il ne pouvait pas lui en tenir rigueur ; l'anglais était si pauvre, dénué des intonations subtiles des langues slaves. La question de Stitch lui fit hausser un sourcil, puis l'autre. S'il avait des paillettes dans les veines, vraiment ? Oh. Oui. Lovegood. Une de ces familles lambda qui comportait quelques moldu à l'arbre généalogique, une question ingénue au goût d'enfance pour ceux qui ne savaient pas. Il se permit un sourire, de cette douce condescendance qui avait donné à quelques générations d'élèves de Durmstrang l'envie pressante de lui en mettre une.

« Bien sûrrrr que non. C'est une question de noblesse. » Mais -ha- qu'est-ce qu'un ressortissant de la classe moyenne pourrait y comprendre ? « Comme les fils de rrroi valent mieux que les paysans, tu saisis ? »

Il y avait presque de la candeur dans son ton d'évidence, dans sa façon de croire en ces doctrines. Le tout enrobé d'orgueil et d'une pointe d'auto-satisfaction. Qu'il était bon après tout de se sentir supérieur, exceptionnel. Et qui l'était autant que lui, si avant-gardiste que sa famille, parmi les meilleures, n'avait pas pu tenir la route. Ha. Encore un peu et il s'offrirait des fleurs tiens.
Stitch avait repris son babillage. Le russe s'était retrouvé à marcher à ses côtés sans trop s'en rendre compte, sans réellement savoir pourquoi non plus. Ça lui était arrivé une fois, en première année. Un garçon tout aussi babillard qu'on se retrouve à suivre comme on tend l'oreille pour profiter du son d'une radio. Le divertissement sans doute.

« Ça l'est, tu devrrrais visiter. Attention steppes et Sibérrie : magie noire. » Il ponctua sa phrase d'un léger sourire, renforcé par l'intérêt que lui portait manifestement le jeune décoiffé. « Quoi tu vouloirrr savoirr surr Rrrusses ? »

La dernière proposition souffla sur les braise d'une paranoïa sur le point de s'éteindre. D'un geste dédaigneux, presque princier, il fit mine de couper la parole de l'anglais -qui en réalité avait terminé sa phrase de longue date et intercalé plusieurs questions depuis.

« Je choisirrr, » annonça-t-il du ton implacable de la diva qui n'hésiterait pas à appeler son agent, et la Reine d'Angleterre s'il fallait en arriver là. Ne pas laisser le petit défectueux l'emmener dans un endroit qui aurait pu être choisi à l'avance. Prudence élémentaire. On apprenait ce genre de chose quand les éventualités d'enlèvement n'étaient pas totalement fantaisistes. Au détail près qu'il ne connaissait absolument pas les bouiboui anglais du Chemin de Traverse. Il devait y avoir des pub, bien sûr, c'était l'Angleterre après tout, mais le confort d'un salon de thé ? Quoique certains de ses salons manquaient cruellement de cachet -oh rien à voir avec les pubs à la réflexion.
La boutique dont il poussa la porte embaumait l'herbe, des senteurs amères différentes de l'herboristerie, matinées de fragrances sucrées, de baies rouges et de cannelle. Les regards se tournaient sur son passage. On regardait son manteau, on regardait ses jambe, on le jugeait à peine entré et ça lui importait moins que son premier poney.

« Deux thés des steppes, » articula-t-il avant de choisir une table près des fenêtres. Il s’asseyait avec soin, soucieux de la façon dont la lumière l'éclairerait, soucieux de la façon dont ses jambes se croisaient sous la table. C'était tout ce qu'il était, maintenant qu'il n'avait plus sa famille. « Thé rrrusse vient de Chine, acheté parr rrroute à trrravers Sibérrie. » Commença-t-il en rejetant ses cheveux en arrière d'un geste précieux. « C'était dix-septième siècle. Thé noirrr trrrès forrt, et trrrès amerr. Parrfumé avec miel, citrrrron et bergamote. Manger avec gâteaux : pyrrrojkis, barrrankis et souchkis. Vrrraie cuisine pas comme ici, » conclut-il avec un petit reniflement dédaigneux.

Ce ne fut que lorsqu'on leur apporta les tasses que l'idée le traversa. Peut-êtreque Stitch aurait voulu un autre thé mais. Ridicule. Il voulait parler de la Russie non ? Et de thé. Et bien c'était le minimum qu'il puisse faire. Le slave lança un regard dédaigneux à la tasse qui aurait plongé toute faïence dans une dépression profonde.

« Bois, » ordonna-t-il plutôt qu'il n'encouragea, « Thé rrrusse façon des steppes : vodka dedans. »
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Lun 22 Aoû - 14:17

Valent mieux. Stitch avait entendu cette expression des centaines de fois au cours de sa petite vie, les Serpentards valent mieux que les Poufsouffles, les Black valent mieux que les Lovegood, un auror vaut mieux qu’un vendeur de sucreries. Azalea vaut mieux que Stitch, elle n’est pas folle, au moins. Pourtant, il n’a jamais vraiment saisi l’importance de cette expression, tout le mépris et toute la condescendance qu’elle contient. Valoir indique la valeur, et la valeur s’exprime en argent, et Stitch n’a jamais vu de marchés sur lesquels on vendait des gens. Il acquiesce donc sans comprendre, ce qu’il fait souvent, au fond, parce que cette discussion ne l’intéresse pas. Parce que ça aurait été plus drôle qu’ils aient le sang pailleté, et qu’il est un peu déçu, à présent. Il lève les yeux sur le Karkaroff, l’air de trouver sa question absurde quand il lui demande ce qu’il veut savoir des Russes. Il secoue doucement la tête. « Pas sur les Russes. Ce que je veux savoir sur vous. » Un sourire illumine ses traits, beaucoup trop candide et innocent, pure insanité. Il n’a pas conscience de l’étrangeté de ses paroles, ni de la paranoïa qu’elles pourraient éveiller, se contentant de dire ce qui lui passe par la tête avec une sincérité déconcertante. Son sourire s’élargit, dévoilant toutes ses dents, quand sa nouvelle lubie accepte de prendre le thé, allant même jusqu’à choisir l’établissement, ce que Stitch prend pour une preuve d’intérêt.

Le salon de thé est un de ses préférés bien qu’il ait effrayé la serveuse par deux fois en se plongeant dans des discussions houleuses avec les tasses qu’on lui avait apportées. Ou peut-être que la troisième fois était pire, quand il avait supplié le patron d’appeler un médicomage, car sa tasse était ébréchée. Il s’était éclipsé avant l’arrivée des aurors avec la tasse blessée, qu’il a depuis baptisée Sonia. Il remarque à peine les regards qui se portent instinctivement sur son compagnon et sa tenue sortant de l’ordinaire, avant de glisser sur lui, interrogateurs. Difficile de faire une paire aussi mal assortie, certes, mais Stitch ne s’en soucie guère, n’objectant aucunement quand Arkady commande à sa place et le suivant tel un petit chien docile jusqu’à une table près des fenêtres. Il se demande un instant comment il a su qu’il adore être près des fenêtres et se dit qu’ils devaient être faits pour se rencontrer un jour. Il écoute attentivement les explications du Russe sur le thé choisi, absorbé par son amusante façon de parler et son accent chantant. Attentivement, jusqu’à ce que les tasses n’arrivent et que ses yeux commencent à briller un peu trop, parce que la serveuse l’a reconnu et qu’elle lui a apporté Odile, Odile qui est une tasse identique à toutes les autres à l’exception d’un petit défaut de fabrication, une petite tache sombre sur le bord qu’il appelle son grain de beauté. Malgré l’ordre donné par l’étranger, il ne peut pas boire immédiatement, son regard se fait affectueux alors qu’il soulève la tasse, ne la lâchant pas des yeux. « Bonjour Odile. » Un temps. « Je vais bien et toi ? » Il hoche la tête, sourire réjoui, murmure : « Tant mieux » avant de boire une gorgée de thé, surpris par le goût peu commun. « Waaah. C’est très bizarre et très bon à la fois. Ça réchauffe. On met de la vodka dans tout en Russie ? » Sa question est sérieuse, sans réaliser le cliché usé jusqu’à la corne et l’indélicatesse de sa demande. D’autant qu’il embraye très vite sur « Vous cuisinez ? Vous avez l’air de vous y connaître en cuisine. Vous êtes un chef étoilé ? Pourquoi êtes-vous à Londres, si ce n’est pas indiscret ? Pour un concours ? » Si ce n’est pas indiscret. Phrase purement rhétorique, qui n’a aucun sens dans son esprit. S’il lui répond que oui, c’est indiscret, il reposera la même question plus tard, peu importe.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Sam 24 Sep - 22:26

S
ur vous ! Arkady se serait probablement pâmé de bonheur s'ils n'avaient pas été dans un lieu public. Quoi de plus plaisant à entendre pour un narcissique ? Sur vous. Cette exclusivité, ce piédestal le séduisait plus sûrement qu'une flatterie plus habile. Sans doute se serait-il davantage méfié si Stitch avait eu l'air un peu plus éveillé socialement qu'une chiot au fond d'un carton sur le trottoir. Pour l'heure, les lèvres du Karkaroff s'arquaient en un petit sourire flatté, réussissant l'exploit de n'avoir pas trop l'air ravi. Après tout -et malgré ce qu'on pouvait penser- il restait humain, et capable d'affection. Tant qu'on l'aimait ou l'adulait en premier, il pouvait s'attacher aux autres.

Malheureusement, Arkady possédait sa loi de Murphy très personnelle. Chaque fois que quelque chose se passait à peu près bien dans sa vie, il fallait un retour de karma. Immédiat si possible, mais retentissant presque à chaque fois. Ce qui n'était qu'un vague soupçon alimenté de médisance se confirma soudainement quand l'anglais s'improvisa une discussion avec ses tasses. Bon. Okay. Il devait l'avouer, pendant une seconde, le russe avait pensé à un petit rite typique, de ces différences culturelles qui ne se commentent pas -même face à un sang-mêlé. Le moment fut bref mais particulièrement ébranlant -surtout pour sa santé mentale en fait. Mais comme son interlocuteur semblait disposé à se recentrer sur le plus intéressant -à savoir lui-même- il pouvait lui faire la grâce de son comportement.

« Prresque, » répondit-il, un peu de sa superbe temporairement oubliée. « Dans café aussi parfois. »

Il retrouvait peu à peu son aplomb, celui d'un prince qui répondait courtoisement aux questions d'un touristes. Un cœur trop bon pour s'offenser des clichés qu'on avait sur son pays. Qu'est-ce qu'un anglais pourrait savoir d'autre ? L'Angleterre, tiers-monde de la culture.

« Je cuisine pas, » ajouta le russe d'un air pincé, offensé qu'on l'associe à une tâche si féminine (lui qui débordait de charme viril). « Je suis maîtrre des potions. Je venais pourrr ingrrédients. »

Il désigna la tasse de Stitch d'un ongle impérieux, et ajouta d'un ton léger.

« Tu dois finirrr tasse vite. Réchauffe mieux. Trrradition en Rrrrussie, pourr hospitalité. »

Il inventait possiblement, mais à ce stade il était à peu près sûr que ''Stitch'' n'en saurait jamais rien. Quelle importance du reste. Ce n'était pas totalement faux que ceux qui n'était pas capable de finir leur verre d'une traite souffraient d'un mépris silencieux et aussi agréable que le vent des steppes. En échange, Arkady se permit un peu de bonne volonté diplomatique. Pas exactement parce que ça l'intéressait, mais parce que c'était raccord dans son rôle de Grand Prince.

« Et toi. Dirrre bonjourrr tasses coutume d'ici ? Je connaissais pas. Trradition sang-mêlé ? »

Et ce n'était même pas agressif. Un peu hautain, bien sûr, mais avec la curiosité détachés d'un colon qui questionnait les indigènes sous-évolués de la région.
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MessageSujet: Re: Further away, farther from home   Dim 6 Nov - 15:22


Stitch n’est pas très sûr d’aimer la vodka dans le thé, mais il trouve ça rigolo. Le goût est un peu trop fort et ça lui râpe la gorge. Stitch préfère la nourriture sucrée, évidemment, les gâteaux pleins de crème et les chocogrenouilles. Il adore les chocogrenouilles. Son activité préférée est de courir après dans son appartement pour les attraper. Il ne mangerait que du sucre s’il pouvait, mais pour ça, il faudrait déjà qu’il se souvienne qu’il doit manger. Ce qui n’est pas le cas, la plupart du temps. Stitch a un besoin assez général qu’on lui rappelle les choses élémentaires de la vie, à savoir manger, payer les factures, aller au travail, tout ça. Heureusement, il a des parents et une sœur pour passer le voir chaque jour, avec des plats préparés et des recommandations bien claires, qu’il ne suit pas toujours, mais c’est quand même un plus quand on a un esprit aussi défectueux que le sien. « Les potions, c’est un peu de la cuisine. Du moins, j’avais cette impression quand j’étais à Poudlard. » Il est pensif, soudain, allant chercher dans ses souvenirs d’école. Il fallait mélanger les ingrédients jusqu’à obtenir quelque chose d’autre, de mieux. Stitch aimait mélanger les ingrédients pour voir la couleur que ça donnait ou pour voir si ça allait exploser. Il n’a jamais excellé en cours de potions, évidemment. Lorsqu’Arkady lui explique qu’il faut boire son breuvage d’une traite, il s’exécute aussitôt, presque trop docilement, et ce n’est qu’en reposant la tasse sur la table qu’il grimace à l’amère brûlure de la vodka contre son œsophage. Il peut la sentir couler jusqu’à son estomac, ce n’est pas une sensation très agréable.

Une fois qu’il ne la sent plus, il secoue la tête, un peu ranimé par la nouvelle question du Russe. Ses yeux s’écarquillent doucement, parce qu’il lui semble parfaitement évident qu’il faille saluer les tasses avant de boire dedans. C’est une règle de politesse universelle. Ou peut-être pas. « Ce n’est pas très gentil de ne pas leur dire bonjour alors qu’elles sont si belles et si aimables, vous ne croyez pas ? » Stitch fronce les sourcils, n’étant plus très sûr que c’était la bonne réponse à donner. Il est à peu près certain que sa sœur lui a expliqué quelque chose à propos des tasses et du fait que les gens ne se sentent pas toujours obligés de les saluer. Il ne s’en souvient absolument pas, au fond, et il se remet à sourire en chatouillant sa tasse, comme s’il ne venait pas de répondre quelque chose de complètement aberrant. C’est alors qu’il relève les yeux sur Arkady, comme illuminé par une nouvelle idée. « Dites, dites » fait-il avec beaucoup trop d’enthousiasme pour avoir l’air normal. Etre normal, c’est surfait dans le monde de Stitch. « Est-ce qu’on peut être amis ? Et après vous me montrerez vos recettes de potions. Est-ce que vous en avez une qui permet de faire pousser les fleurs en hiver ? Ce serait tellemeeent bien, non ? » Et il repart de plus belle dans sa folie.
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