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Intrigue n°4
Venez vous faire entendre au Ministère, au Chemin de Traverse ou à Poudlard.

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 (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.

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MessageSujet: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 19:25

Adrastea Greyback
I wanna taste the way that you bleed


A little taste of magic on your lips
▲ Nom : Patronyme aux sonorités autrefois meurtrières, l'effroi dans la pupille, le tremblement de la lippe enfantine. Elle ne le tient pas du père dont elle n'a que faire, mais de la mère, ombre dans laquelle elle s'est perdue de trop nombreuses fois. Greyback, murmure nocturne, la honte au beau milieu de l'horreur, la violence qu'on ne retient pas, Greyback et l'hurlement canin, dents acérées et draps carmins. C'était un nom un peu trop grand pour elle, qui ne s'y retrouvait pas, un nom un peu lourd à porter, mais elle ne le disait pas. C'était avant, quoiqu'il en soit, avant le massacre des siens et le goût de vengeance sur le bout de la langue. Greyback, elle le porte fièrement maintenant, dos un peu cabossé, épaules tendues à force de tirer.
▲ Prénom : Souffle léger contre la nuque, quand on l'appelle, Adrastea, la douceur mutine de la nymphe qu'elle n'a jamais vraiment su incarner.
▲ Date et lieu de naissance : Une nuit chaude enfouie au creux d'un été orageux, tellement chaude qu'elle aurait pu s'étouffer. Du temps, qu'elle a mis, à pousser le premier cri, l'air qui déchire les poumons et qui la propulse violemment dans le monde des vivants. Depuis ce trois juillet de 1927, elle n'a de cesse de basculer entre les deux, les pupilles élargies par la fascination de ce qu'elle ne parvient pas à saisir.
▲Nature du sang : Sale. D'un rouge écarlate, comme celui de tous les autres, pourtant, elle a vérifié. Souillé quand même, dans son essence, mélanges hasardeux sans doute davantage voués au plaisir de la chaire qu'au maintien d'une lignée quelconque. Honte, qu'on lui enfonce dans le crâne inlassablement. Peut-être que ça aurait fonctionné, peut-être que ça a fonctionné, elle ne sait plus vraiment. Monstres. Gueule béante, plus que le sang, c'est le monstre qu'on chasse et qu'on abhorre. Elle l'a chassé avec eux, elle aussi, celui qui hurle à l'intérieur, elle l'a chassé jusqu'à l'épuisement. Elle comprend, d'une certaine façon, elle conçoit mais n'accepte pas. Plus maintenant. Impure, qu'ils continuent donc à s'époumoner, elle les fera taire, un à un.
▲Profession : De cet esprit en ébullition qui l'handicape parfois tellement, de ces analyses épuisantes, de sa fascination pour la mort, elle pensait tirer un avenir tout tracé : la médicomagie, se fondre toute entière dans la recherche d'un moyen de réparer ce qui ne pouvait pas encore l'être. Désillusion, à sa sortie de Poudlard, quand elle s'est heurtée aux hommes et aux limites de son ascension, imposées par des idiots qui n'avaient même pas la moitié de son talent. Se battre ou tourner les talons, elle tanguait encore, sans trop savoir que faire, jusqu'à ce que la décision se prenne d'elle-même. Son cousin, encore une fois à ses côtés, silhouette inaltérable et rassurante, les rêves qui se font à deux, et une carrière droit devant : détective privée. Le goût pour les énigmes satisfait, les pions qu'ils placent ensemble, l'élite qu'ils analysent et utilisent pour se couvrir. Si proches des meurtriers, Adra, qu'elle pourrait se brûler.
▲Statut matrimonial : Sans avenir, à l'image de sa mère, elle ne s'embarrasse pas de liens qui risqueraient de l'entraver, dit-elle, la tête droite et l’œil assuré. Pourtant, elle se souvient, de ces soirées passées à Poudlard, ses camarades de chambrée parlant d'amourettes qui se transformaient en amoures désillusionnées, de l'envie qui l'étreignait, allongée sous ses draps froids. Elle ne comprenait pas. De leurs éclats de rire, joues rosissantes, aux torrents de larmes qu'elles déversaient, elle ne comprenait pas. Elle essayait, bien sûr, s'inventait des béguins aussi inutiles que futiles, s'y liait avec ce qu'elle pensait être de la passion, juste pour toucher du bout des doigts les sentiments qui, quoiqu'elle fasse, ne l'animaient pas. À force, elle se dit qu'elle est cassée. Quelque chose qui manque, à l'intérieur, quand elle les accueille chez elle et souhaite les voir dégager, maintenant, s'il te plait aussitôt après. Un lien qui n'a pas été établi, quand elle entend les fiançailles et les bébés, toutes ces choses qu'elle n'arrive pas à agripper. Peut-être qu'elle voudrait bien, elle aussi. Sûrement. Mais elle n'y arrive pas, elle est cassée, et toujours, toujours, elle ne comprend pas.
▲Ancienne maison : Soif de connaissances que rien ne semblait pouvoir étancher, les yeux bien ouverts sur un monde qu'elle ne parvenait pas à délimiter. Une louve chez les aigles, curiosités macabres, fascinations assumées pour tout ce qu'on ne daignait pas lui expliquer.
▲Patronus : Les rires d'enfant caressent la surface, le visage d'Adonis fendu d'un grand sourire, la sensation humide de l'herbe fraichement coupée sous ses pieds ; elle tend sa baguette et se laisse submerger par les souvenirs d'un automne depuis longtemps oublié. Paresseusement, presque comme s'il ne voulait pas se montrer, un corbeau se dessine dans les fils argentés, volant près de son épaule.
▲Baguette Magique : Taillée dans du bois d'aubépine, pour sa nature conflictuelle et remplie de contradictions, recelant en son sein un ventricule de dragon, elle mesure vingt-neuf centimètres et est de nature capricieuse.
▲Particularité : Enchaînée à la lune, à ses caprices et ses airs de grande dame. Des nuits, des semaines, des mois et des années, passées à observer l'astre qui faisait naître en elle autant de répulsion que d'attirance, comprendre son fonctionnement, remonter la chaîne pour en défaire ses liens. Libre, enfin. Objectif d'une vie, jamais assouvi, trop tard maintenant : elle redresse les prunelles et les plantent bien droit dans celle qui l'a toujours défiée. Serviteuse rebelle devenue avide, tête jetée en arrière, meute qui l'entoure et la protège. Elle était jeune, Adra, quand sa mère l'a propulsée au rang de bête, empressement un peu claudiquant, le frère aîné trahi et elle, elle était à préserver, à sauver. Elle a réécrit la fable, souvent, c'était sur elle que l'oncle se déchaînait, c'était ses cicatrices à elle, et non celles de Daegan. C'était une malédiction évitée, les portes grandes ouvertes pour s'en aller. Mensonges qu'elle a arrêté de se raconter, depuis le temps, louve et pas à demi, dans les tripes qui hurlent le besoin de sang.
▲Amortentia : Parchemin. Les livres, quels qu'ils soient, neufs ou vieux, un peu jaunis par le temps, les bords écornés pour conserver ses passages préférés. Bougies vanillées, la lueur tremblotante sur sa table de nuit, dissipant l'obscurité totale, qui la terrifiait, les premiers mois. Chocolat. Gourmandise enfantine, les rires et friandises, flottant autour d'elle, les enveloppant de son odeur sucrée.
▲Epouvantard : Silhouette incertaine, noire comme l'ébène, aux contours flous et grotesques. Disproportionnés, distordus, squelette immense et presque ridicule, son humanité envolée, perdue entre les transformations les doutes la conscience et la vengeance. Se perdre pour ne plus jamais se retrouver, retourner sur terre dans un corps qui n'est pas le sien, dénué de toute réflexion. Monstre, au bout du compte, pas à cause des crocs acérés, mais pour cette bête informe qui rugit à l'intérieur depuis qu'elle est née.

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Morsmordre
pour servir ma cause

"Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ?"
Quelque chose qui cloche.
C'est là, enfoui à l'intérieur, c'est latent, comme un rhumatisme dont elle n'arriverait pas à se défaire. Elle s'est inventée, Adrastea, plein de fois, sans jamais parvenir à dessiner ses propres contours, trop flous, trop tranchants parfois. Elle s'est inventée pour éloigner le malaise constant, faute de tempo, quelque chose de tordu, de cassé, peut-être qui n'a jamais été là. Puits de noirceur, la bête, qu'elle s'écrie, mais c'est elle, c'est là, ça l'a toujours été. Elle n'en veut pas, s'accrochant de toutes ses forces aux conventions aux traditions à toutes ces conneries qui l'étouffent et l’écœurent.
Elle veut bien faire, mais ça sonne faux, ses rires qui ont un temps de retard, ses commentaires toujours déplacés, elle n'a jamais su y faire, toutes ces émotions, elle ne sait pas par quel bout les prendre, et parfois, elles disparaissent soudainement. Tempête sur le point de frapper ou rayon de soleil apaisé, montagnes russes épuisantes, le manège lui donne la nausée. Voix dans son crâne, la sienne, entêtante, qui ne cesse jamais de parler, les nuits passées à se retourner, lui suppliant de se taire, putain, tais-toi.
Il y a sa douceur naturelle et ses éclats orageux, torrents de larmes qu'elle ne parvient pas à contenir, à fleur de peau. Elle bouffe la vie et s'étouffe dessus, misérablement. Émerveillement enfantin, touchant, inquiétant, elle s'attache aux mécanismes et s'ouvrirait le ventre pour mieux comprendre comment fonctionnent ses propres tripes. Il y a sa diction soignée et son impatience bouillonnante, volcan prêt à déborder, sa curiosité maladive et la brusque perte de sens, elle flotte au-dessus d'elle-même et le monde lui semble absurde, tout à coup. Quelqu'un a gommé toutes les couleurs, elle ne comprend plus comment les bâtiments tiennent debout, elle ne sait plus pourquoi elle rit, ça la frappe, gifle qui la laisse à bout de souffle. Elle est là sans l'être, et elle voit le monde comme à travers un voile, minutes transformées en heures, elle se dit que plus jamais elle ne touchera terre ; puis, l'atterrissage, brutal et déstabilisant.
Trop de variables, ça la fatigue, tout analyser, en permanence, elle en a déjà oublié de respirer. Tête trop fournie pour un corps trop fragile, elle tangue et plie, se redresse douloureusement. Elle invente d'autres existences, ment comme elle respire, fantasmes inassouvis et histoires à dormir debout, expérience sociale grandeur nature. Plein de questions, tout le temps, la phase du pourquoi qui ne s'est jamais tarie, agaçante, parfois agacée.
Il y a la fragilité dans ses prunelles ambrées, il y a la brutalité bestiale, surprenante et terrifiante. L'envie qui ronge et enlaidit, de toutes ces choses qu'elle ne sait pas n'est pas ne sera jamais. Étriquée, ses possibilités limitées, elle voudrait tout vivre et tout essayer, elle voudrait voler l'existence des autres, juste pour tester. Un autre point de vue, les multiplier pour éviter l'échec, qui l'étreint la nuit tombée et refuse de la relâcher. De ces ambitions jamais réalisées, mégalomanie à peine assumée, il y a la rancune qui rôde et qui est prête à attaquer.
Ne jamais rien oublier, esprit compartimenté classé un peu désordonné, elle se souvient de chaque visage et de chaque phrase, du moins c'est ce qu'elle se plait à penser. Elle se rêve invincible et infinie, comme l'univers lui-même, arrogance en contreplaqué.
Terriblement maladroite, quand elle doit interagir avec autrui, jamais les bons mots jamais le bon timing. Attachante dans ses erreurs, qu'on lui accorde quand elle n'en veut pas chez les autres. Tolérance à son minimum, elle observe les failles des étrangers qui l'entourent et s'en insurge, trop de fautes et de faux pas, lève la tête et tiens toi droit. Elle saisit ce qu'on veut lui dire à contre pieds, comprend mal ou pas du tout, et elle essaie, pourtant, elle essaie vraiment. Admire un peu ceux qui restent à ses côtés, malgré tout, sa meute à elle, ne pourrait pas leur promettre l'amour éternel. Tendre la main et aider son prochain, doctrine bien assimilée, le bien et le mal, leçon apprise par cœur, et dans sa tête, la conscience qui peine à continuer à fonctionner. Elle se voit plus généreuse qu'elle ne l'est vraiment, dans son indifférence et son égoïsme primaire, elle avant tout, les siens ensuite, et enfin, peut-être, sûrement pas, tous les autres.
Elle commence toujours plein de choses, Adra, mais n'achève jamais rien, surtout pas elle-même. Éternels travaux, elle s'est tellement cherchée dans les détails qu'elle s'est probablement perdue en chemin.

(douce, brillante, anxieuse, sarcastique, peu loquace, socially awkward, lunatique, instable, peu fiable, menteuse, arrogante, puérile, curieuse, travailleuse acharnée, émotive, manque terriblement d'empathie, insolente, passionnée, spontanée, violente, sans aucun tact, provocante, joueuse, scientifique, souffre de déréalisation/dépersonnalisation, rancunière, volatile, bizarre)

"Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ?"
Fascination un peu absurde pour la mort, ses mécanismes si ridicules, la rapidité avec laquelle un être pensant pouvait devenir une enveloppe vide, membres raidis et baignant dans ses propres fluides ; fascination qu'elle a laissée grandir, Adra, les yeux toujours bien ouverts, cherchant avec avidité le secret de cette fraction de seconde, cet instant suspendu dans le temps où l'étincelle quittait les prunelles de ses hôtes.
Et il y a quoi, après ?
Question entêtante qu'elle a posée une fois, deux fois, cent fois autour d'elle. Sans réponse. Corps cassé abandonné oublié, retourne à la poussière, tu n'as jamais vraiment été. Elle ne comprenait pas vraiment, invincible et intouchable, plus rapide que la faucille. Jusqu'à ce qu'ils tombent, eux. Qu'elle les aime ou non n'avait pas vraiment d'importance, au fond, elle l'a réalisé au moment où c'est arrivé. Ils faisaient partie d'elle. Ils étaient elle. Greyback, étendus à terre. L'horreur dans la maison, la mort qui frappe trop proche, un pas de travers et sans doute qu'elle n'aurait pas pu esquiver, elle non plus. Alors elle s'est mise à avoir peur de ce qui la fascinait tant, coups d’œil jetés à gauche et à droite, frissons le long de la colonne vertébrale. Le pas plus du tout en cadence, trop vite ou pas assez, les mains un peu nerveuses dans leur manière de d’agripper la baguette qui devient indispensable.
Pas franchement loyale, Adra, plus par devoir que réelle conviction, forcée à suivre la meute sans le vouloir, forcée d'assumer cette bête dont elle ne voulait pas, monstre à ses heures perdues, comme un hobby un peu honteux. Pas loyale mais devenue protectrice, prête à montrer les crocs à son tour, elle s'enrôle auprès de ce Jedusor dont elle ne sait qu'une seule chose, vraiment : il veut renverser celui qui a tout détruit sur son passage. Sans raison ni réflexion, si loin de ce qu'elle est tout au fond, il y a les Greyback qu'elle défend corps et âme, jusqu'à ce que, elle aussi, elle redevienne poussière.
Et, en guise de réconfort, elle se dit, elle se répète religieusement qu'au moins, elle saura enfin.

"Vous voyez un passant dans la rue se faire malmener par deux spaseni, serviteurs de grindelwald, que faites-vous ?"
Un pas sur le côté, la tête qui se penche légèrement, vers la gauche, toujours vers la gauche. Ses paupières battent rapidement sur ses yeux ambrés, et elle reste là, à observer. Dans une autre vie, peut-être aurait-elle tendu la main, fait quelque chose, appelé à l'aide. C'est ce qu'elle se répétera pour éloigner la conscience volatile, du moins. Dans une autre vie, Adrastea Greyback aurait pu être beaucoup de choses.
Compatissante, le cœur sur la main plutôt que disséqué, la générosité au bout de la baguette. Elle se rêve beaucoup, Adra, sans jamais parvenir à s'interpréter avec justesse. Dans la retenue, elle sonne faux. Dans les sourires dociles, elle paraît calculatrice. Tout au fond de l'intérêt porté au passant, il y a l'avidité. Le sang qui devrait couler, les hématomes - peut-être pas, ils ne sont que des sorciers. Mais les cris qui résonnent, les différentes nuances, les seuils de douleur, ça, elle peut analyser. Et elle ne s'en prive pas, les quelques secondes pendant lesquelles elle ose rester immobile, se croyant sans doute invisible, elle imprime la scène dans son esprit.
Elle niera plus tard, l'égoïsme l'impassibilité l'indifférence la non-assistance à personne en danger, elle réécrira l'histoire. Se demandera vaguement s'il s'en est sorti, l'oubliera en entendant un bruit.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
Image floue, à peine dessinée, elle doit plisser les yeux pour la distinguer. Adra ne se connait pas, se représente comme un éternel tableau inachevé, désirs instables et troubles, changeant d'instants en instants. La lune pleine, au-dessus de sa tête, ses lèvres rouges tirées en un sourire confiant. Les chaînes enfin arrachées, la liberté, sa liberté, celle qu'elle réclame à corps et à cri depuis si longtemps. Mais déjà, le rêve s'estompe et c'est la forêt qu'elle contemple, la silhouette de bête de son cousin à ses côtés, et la vitesse vertigineuse, les bois sans fin, l'adrénaline qui étreint son cœur, elle peut presque le sentir. Si brève qu'elle pense l'avoir imaginée, cette autre forme de liberté, aussi tentante que terrifiante. Des livres, des tonnes de livres, et son corps qui se modifie de secondes en secondes, à son bon vouloir. La bête à l'intérieur devient extérieure puis s'estompe à nouveau, la lune devenue sa servante et le secret de ses caprices percé à tout jamais. Le contrôle parfait, dans la connaissance absolue, la malédiction se meut finalement en don terrible, le pouvoir au creux des mains. L'harmonie.
Sans doute que c'est ça, oui, si elle pouvait comprendre, si elle pouvait savoir. Louve transcendée, le regard intelligent, ses souvenirs préservés, le soleil accroché bien en haut et sa forme animale, la lune timide et ses longues jambes qui traversent la rue. Sans dessus dessous, sauf pour elle.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
Toutes, l'instinct premier, arracher chacune des reliques aux mains de ceux qui voudraient les lui voler. Avidité curieuse, et son esprit se recentre rapidement sur ce qui importe vraiment. La baguette de Sureau, tentatrice divine, la puissance au bout des doigts, invincible une nouvelle fois, comme les Greyback auraient dû le rester.
La cape d'invisibilité, se soustraire aux regards et au danger, disparaître pour mieux attaquer.
Et la Pierre de Résurrection, caillou moqueur, ramenant les défunts qu'elle ne souhaite pas voir. Pas vraiment. Suffisamment, pourtant. Elle la choisirait sans aucune hésitation. Les morts debout, prêts à lui livrer les secrets qu'elle ignore encore, un caillou à observer, à reproduire, à améliorer.

▲ pseudo ou prénom :  spf
▲ âge :  23 soon
▲ pays :  Belgique
▲ Connexion  :  En dents de scie, selon les périodes, mais toujours là    
▲ scénario ou inventé :  Lien familial de Hesychia Greyback
▲ avatar :  Taylor LaShae (normalement je me suis décidée) (je crois) (à voir Arrow)
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  Petit rappel de son existence sur Skype
▲ quelque chose à rajouter :  
▲ crédits :  schizophrenic (avatar) & tumblr (gifs)
CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS


Dernière édition par Adrastea Greyback le Ven 12 Aoû - 18:08, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 19:25

Find me where the wild things are
i'm gonna make you suffer this hell you put me in


they say they can smell your intentions. Quelque chose est arrivé. Ambiance glaciale, qui la fait frissonner, pourtant bien protégée au sein la forteresse qu’elle a construite. Couvertures et oreillers érigés en tour imprenable, bouquins poussiéreux venant renforcer la construction, un temps, avant d’être arrachés à l’édifice pour finir entre ses doigts fins. À la lueur de sa bougie parfum vanille, elle oublie le monde alentour et se plonge dans des récits dont elle voudrait ne plus jamais s’extirper. Des éclats de voix viennent néanmoins l’en arracher, et elle se fige, les yeux grands ouverts. À l’affut. Main qui se resserre sur l’encyclopédie, arme de fortune, au cas où, tandis qu’une porte claque, un peu plus loin. De ces scénarios qu’elle s’invente en permanence, héroïne intrépide, quand tout son corps se crispe et hurle, de ces histoires où elle s’érige en reine, quand elle n’ose même pas glisser un orteil à l’extérieur des draps. Il lui faut quelques temps, peut-être même une éternité, avant de bondir hors du lit, le livre serré contre la poitrine, dressée sur la pointe des pieds. À sa peur, elle oppose la curiosité, éternelle lauréate des affrontements parfois sanguins qui se déroulent au creux de ses pensées. Doucement, elle avance vers la porte de sa chambre. Tout aussi précautionneusement, elle – la porte grince. L’enfant grimace, sans doute déjà persuadée d’être en pleine mission de sauvetage, les confins de la réalité repoussés pour s’adapter à sa trop grande imagination. À l’extérieur de son antre, les sons sont plus clairs, mais pas assez pour qu’elle en saisisse les nuances et les implications. D’une main, elle éloigne les longues mèches brunes qui lui cachent les oreilles, considérant qu’elles nuisaient à son ouïe, et tente de se concentrer sur les intonations soignées de sa mère.
Daegan, et elle entend distinctivement le prénom de son frère aîné, petite pièce du puzzle qu’elle essaie de reconstituer. Déjà, ses sourcils se haussent et sa bouche se tord en une moue contrariée. Il s’agit toujours de Daegan, à ses yeux de gamine revêche, et jamais d’elle. Peut-être qu’elle espère un peu qu’il se soit attiré des ennuis, tandis qu’elle pivote pour aller le retrouver. Probable qu’elle le souhaite plus qu’un peu, même. Relations contrariées et envie qu’elle peine à ignorer, connexion si forte entre la mère et le frère, elle se faufile et tente d’exister, sans doute qu’elle y arrive et sûrement qu’Hesychia ne fait pas de différence, pas vraiment. Suffisamment pourtant pour qu’elle s’imagine déplacée, pièce rapportée légèrement écornée. Elle a toujours un peu de mal à se situer, Adra, prend trop de place ou pas assez, jalouse les liens qu’elle n’arrive pas à forger.
« Nous avons des intrus, monsieur. » Sourire de travers, comme toujours, qu’elle a. La porte grande ouverte derrière elle, elle soigne son entrée et ses mots, son bouquin brandi comme une arme. Moins anxieuse, déjà, davantage joueuse que traumatisée, elle tente d’entraîner son frère dans une de ses histoires méticuleusement travaillées. Un regard vide lui répond, manque d’intérêt évident qui la fait froncer des sourcils. Il ne veut jamais jouer. Adonis, lui, n’aurait pas hésité. Moue bougonne, un instant, et puis l’aura lugubre qui l’enveloppe et la fait frissonner. Son bras retombe comme un soufflé, et ses pupilles sombres fouillent les lieux pour tenter de découvrir la dernière pièce du puzzle. S'arrêtent finalement sur ce qu'elle avait d'abord manqué, le bandage et la mine douloureuse.
« Tu es blessé. » Elle énonce le fait avec intérêt, les syllabes bien détachées, trottine et tend sa main pour effleurer le bandage qui orne son bras. « T’inquiètes pas. » Elle ne s’inquiète pas. Pour le moment, ça s'agite sous la carapace, sous la curiosité mordante et les questions déplacées, est-ce que tu as mal je peux appuyer tu vas avoir une cicatrice je peux voir, Dae, est-ce que tu as mal ?

(...)

i was born by the devil, i was left here to die. Corps malmené, elle ne devrait pas s’en souvenir, qu’on lui a dit, mais elle est certaine de s’être entendue hurler. Membres difformes, dans les cauchemars qui ont suivi, ou peut-être étaient-ce des souvenirs, le vrai et le faux, complications. La forteresse est tombée, et elle, emmenée, souillée. Transformée. L’ennemi qu’elle n’aurait pas pu imaginer. Les bois, la nuit et le froid. La lune au-dessus de sa tête. Elle ne rêve pas, elle n’a pas rêvé.
Elle ne sait plus, c’est compliqué. Le regard de Daegan, un peu envieux, un peu meurtri. Et son envie à elle de se jeter sur lui. Sa faute. Peut-être pas. Neuf ans, le blâme tombe vite, ses jambes plient rapidement, et sans doute qu’elle n’en était pas digne. C’est ce qu’on dira.
Monstre. Ça aussi, elle l’entendra, sa propre voix qui hurle, qui ricoche contre les parois de son crâne.
Les yeux s’ouvrent, étendue bleutée, pas un seul nuage à l’horizon, goût de sang sur le bout de la langue. Refermer et oublier. Présence à ses côtés, censée rassurer mais lui donnant envie de pleurer. La mère se croyant salvatrice mais qui finalement la condamne.
C’était la première fois, et avant ça, elle croyait vraiment y échapper, naïveté puérile à côté du cousin surexcité. Leur nom, leur don, leur malédiction.
Son nom, sa malédiction, son foutu fardeau.

(...)


if only my head would let me free, then would you take a chance on me? Ils lui en avaient parlé, jusqu’à ce qu’elle devienne fatigante, ils lui avaient expliqué les lumières éclatantes le plafond magique et les escaliers traîtres. Avec force de détails, devant ses supplications et ses questions incessantes. Plusieurs fois. Jusqu’à ce qu’elle puisse fermer les yeux et imaginer à son tour. Plantés. Mauvais conteurs, traîtres incompétents, les mots flottent un instant à la surface tandis qu’elle avance dans l’allée. Elle se plaindrait plus tard, bien sûr, l’obsession de la précision, les attentes qu’elle avait, pour bien se préparer. Résultat, elle est paumée. Ses grands yeux scrutent la salle énorme, tentant de repérer un des deux visages familiers qu’elle pourrait y croiser. Rouge et vert, elle se répète, consciencieuse, rouge ou vert.
Elle ne les voit pas. Elle se sent un peu abandonnée, engloutie par le château et la foule éparse, l’excitation des autres qui la bouscule et le flux d’informations, trop rapide pour tout noter. Boule au ventre et légère nausée, de ces émotions qu’elle a du mal à canaliser, le stress rend ses paumes moites et elle voudrait s’arrêter pour respirer, elle a peur d’oublier. Rien ne s’arrête, cependant, et elle rejoint l’estrade, là où elle va être jugée. Ils ne lui ont pas dit ça comme ça, bien sûr, quand elle les a interrogés, tour à tour puisqu’ils ne semblaient pas particulièrement intéressés par l’idée de s’associer pour l’informer. Ils n’étaient jamais vraiment ensemble, et, paradoxalement, encore moins depuis que le cousin était venu habiter chez eux.
N’empêche qu’il s’agit bien d’un jugement. Sur sa tête, qu’il est, maintenant, l’horrible accessoire parlant. Gryffondor, supplie-t-elle déjà, mélodie entêtante. Courageuse, pourtant, elle ne l’est pas. Pas vraiment. L’impulsivité soigneusement maîtrisée par les données qu’elle récite, les facteurs de risque, la probabilité ; la bravoure tempérée par la raison et les questions. Alors chez les rouges, sûrement pas, elle le sait mais s’entête et demande une nouvelle fois. Le rire de son juge résonne à l’intérieur, vague moqueuse qui l’agace et le temps semble s’étirer tandis qu’il lui explique qu’elle n’y serait pas à sa place. Serpentard, pile ou face, la seconde chance. Refusée. Il s’attarde un peu plus, hésite, elle pousse et lutte. Puis le verdict tombe, finalement, elle sera chez les bleu et argent. La déception manque de la faire vaciller alors qu’elle se redresse et se dirige vers la table qui lui est destinée.
« Greyback, hein ? » Gamine aux dents de travers, l’air sérieux, les sourcils froncés et le regard posé sur elle comme si elle était une énigme à décrypter. Elle était passée un peu avant elle sous l’objet corrompu (sinon il l’aurait envoyée là où elle le voulait, aux côtés d’Adonis ou de Daegan). Ça avait duré une fraction de secondes à peine, ses fesses avaient frôlé le tabouret avant de bondir vers les drapeaux des aigles, un large sourire aux lèvres. Elle, au moins, semblait satisfaite du résultat. « Adrastea. » Mécanique, la façon qu’elle a de clarifier, comme si ça avait une importance capitale. Sans doute est-ce le cas, pour elle. « Tu ne ressembles pas à… » Pause. Derrière ses lunettes énormes, l’enfant la dévisage, la jauge. « Tu sais quoi » finit-elle par murmurer, les yeux écarquillés. Peut-être qu’il y a une étincelle de peur, quelque part, tout au fond de la pupille, bien planquée mais quand même décelable. Ça devrait l’amuser, ça la blesse. « J’ai été adoptée. » Le mensonge franchit ses lèvres sans qu’elle n’ait eu le temps de le retenir, comme souvent, la vérité oubliée quelque part, Adra et ses milles et une histoires.
« Oh. » Elle hoche la tête, comme si ça expliquait tout, et le silence s’installe, s’étire jusqu’à devenir insupportable. « C’est pas vrai, c’était pour rire. » La louve se fend d’un sourire aussi forcé que maladroit, et cette fois-ci, c’est l’autre qui se fige un peu. Elle range automatiquement ses dents, l’arme létale qu’elle exhibait tranquillement. Mauvaise pioche, qu’elle se dit, ne pas sourire à ce point. Noté. « Oh. » Elle ne hoche pas la tête, cette fois, et se plonge dans l’observation de son jus de citrouille, sans doute pour clore une conversation qu’elle regrette d’avoir initiée. Signaux que l’enfant ne saisit pas tout à fait.
« Et toi, t’as été adoptée ? » L’inconnue semble carrément offusquée, maintenant, et ses yeux bleus, élargis par le port de ses binocles, s’agrandissent encore un peu. À ce rythme-là, ils vont finir par lui sortir de la tête, et elle glousse un peu à l'idée. Effet immédiat : après un dernier coup d’œil, l'autre se détourne ostensiblement d'elle, apparemment décidée à s'intéresser à un autre arrivant.
Pourtant, elle a bien fait gaffe à ne pas montrer ses dents.  

(...)

you're lovin' on the freakshow sitting next to you Il y a quelque chose de cassé dans ses sourires, parfois. La lune était pleine, hier, et aujourd’hui, elle n’arrive plus à toucher terre.  Peggy, parce que c’est comme ça qu’elle la surnomme, la traîne hors du lit et l’assomme de listes de choses à faire.
Elle l’entend sans l’entendre. Se voit s’habiller sans comprendre. Ça a commencé quelques mois plus tôt, ce n’était pas insidieux ou croissant. Une seconde ça n’existait pas, l’autre c’était là. Absurde. En oublier tous les sentiments, tous ses raisonnements, le sens même du monde qui tourne – est-ce qu’il tourne ? Toujours beaucoup de questions, jamais pourtant cette impression de vivre un mensonge. Dans un mensonge. D’être un mensonge. « On va être en retard, Adra. » Elle déteste être en retard. Elle déteste beaucoup de choses, Peggy. La mécanique fait qu’elle hoche la tête et se laisse entraîner. Tout va beaucoup trop vite et elle a un peu peur de perdre pied.
Il y a quelque chose qui lui échappe, ça doit être ça. Elle se réfugie à l’intérieur de son crâne et en explore les moindres recoins. Marche sans doute un peu trop lentement, voudrait fermer les yeux pour s’éloigner de cette impression d’étrangeté. L’autre la traîne et la tire, s’agace. « Je sais pas ce que tu as aujourd’hui, mais t’es franchement agaçante. » Elle parle parle parle ça n’a plus de fin, et Adra sent son corps se crisper peu à peu, chaque pied qu’elle pose demande un effort plus conséquent. La nuit a dû être longue, elle ne sait pas, elle ne s’en souvient pas. Sa cheville gauche est bizarre. Boursouflée ou simplement douloureuse, elle n’a pas encore décidé. « … Ou alors t’es encore partie dans une de tes analyses ridicules. C’est quoi, cette fois ? » Peggy conclut, ses mains s’agitant dans tous les sens, et elle se dit que c’est elle qui a l’air ridicule. Peggy accélère. Peggy parle. Peggy maudit le devoir de potions. Peggy est à bout de souffle comme à chaque fois qu’elle s’énerve. Peggy Peggy Peggy. « Peggy. » Le nom perd de son sens tandis qu’il roule sur sa langue, sa bouche s’est activée alors qu’elle pensait encore être encore en train de penser. Son amie s’arrête et la regarde, attendant une suite qui ne vient pas tout de suite. « Tais-toi. » Sonorités agressives, qu’elle maîtrise mal, elle est énervée et ne s’en était pas aperçue avant de parler. Derrière l'ordre, il y a le sinon qui rôde, menace à peine voilée dont elle ne se rend pas spécialement compte.
C’est la lune qui fait ça, c’est la fatigue accumulée. La mâchoire de Peggy tombe et elle se fait la réflexion qu’elle pourrait si facilement tomber à ses pieds pour de bon, un coup de dent et ; elle n’est pas habituée à la voir s’énerver, c’est brusque et ça sort de nulle part, la louve pense avoir apprécié.
C’est la lune qui fait ça, c’est la fatigue accumulée, la confusion le monde étranger, c'est la lune la lune la lune.

(...)

and i hope for a trace that would lead me back home from this place. Elle ne veut pas. Hors de question. Calme mesuré, comme toujours, celui de sa mère, qui se heurte aux émotions qu’Adra n'a jamais appris à supprimer. La colère qui enfle sous la surface, qui bouillonne et menace de déborder ; ne déborde pas pourtant, hiérarchie bien intégrée. C’est sa mère et on ne s’élève pas contre elle, pas totalement, les épaules qui rentrent légèrement, lueur furieuse qu’elle enfouit rapidement. Bien sûr, Hesychia savait. Chercher son père pour mieux s’éloigner, achever de briser les liens qu’elles avaient réussi à former, tant bien que mal.
Son père, la porte de secours. La meute laissée derrière, louve solitaire. Anormale, chez les Greyback, leur fierté confrontée à sa honte dévorante. Monstres, elle leur a déjà hurlé une fois, deux fois, cent fois. À l’intérieur, en tout cas, trop consciente des risques pour ouvrir la bouche et vraiment franchir le pas. Le Choixpeau n’avait pas tort, ce jour-là : le courage, elle ne connait pas. Moyens détournés, stratégies ridicules et plans sur la comète pour parvenir à ses fins. Elle le trouverait seule. Sans elle en tout cas. Passer par son frère aîné est une tentative risquée, sa fichue loyauté à la mère, il pourrait tout détruire. Elle a promis d’abandonner les recherches, pour ne pas envenimer la situation. Bien sûr, elle ment. Probable qu’Hesychia s’en doute, la gamine n’a jamais été un exemple d’honnêteté. Elle ment et s’infiltre dans les failles, chemins détournés, serpent plus que louve, si éloignée de sa nature profonde, encore une fois. Ce don, elle ne le mérite pas. Elle le lit dans les yeux de celle qui l’a enchaînée à chaque fois qu’elle la voit, s’enorgueillit parfois. D’autres jours, elle titube, incapable de se décider, d'un point à l'autre, de la bête avide à l'humaine un peu lassée. Étouffe sous le poids des traditions familiales, n’arrive pas à saisir celles qui régissent le monde. Équilibre incertain, elle se fait funambule mais trébuche au moindre obstacle.
Souffle chaud sur ses mains glacées, nuit d’hiver où, pour une fois, la lune ne la nargue pas : planquée derrière les nuages, elle attend son heure pour frapper. Pour le moment, c’est sa main serrée dans un poing qui vient frapper contre la porte de Daegan. Il l’aidera. Sûrement. Probablement pas. Elle voudrait en être sûre, mais ne le connait pas, l'inconnu de l'autre côté du couloir, assis à une autre table, ses rires qu'elle entendait sans en être la cause. Trop tard, maintenant, pour réparer les dégâts. Mais peut-être, peut-être qu'il l'écoutera.

(...)

it is not death that a man should fear, but he should fear never beginning to live. Morts. Le sang au fond de la gorge, le sien, le leur. Monstres. Ils le chantent tous en chœur, maintenant, ronde enthousiaste à quelques pas de leurs corps. Morts. Effacés, disparus comme s’ils n’avaient jamais vraiment été. Elle a eu du mal à s’y faire, du mal à accepter, le mot répété de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’il en perde toute essence, jusqu’à être anesthésiée. Ils sont rassemblés autour de leur tombe, et elle aurait sans doute voulu les voir une dernière fois, de cette curiosité qui ne l’a jamais quittée, observer leur expression, les grandes lucarnes vides de toute émotion. Confronter la mort pour de bon. On lui a dit non, ou elle n’a pas demandé, elle ne sait plus vraiment. Cela n’a plus d’importance, de toute façon : ils sont morts et ceux qui restent sont menacés.
Dans la main qu’elle tend, dans les doigts qu’elle lie à ceux d’Adonis, elle se fait Greyback, tête droite et regard perçant. Crocs acérés prêts à déchirer. Dans la révélation de sa propre mortalité, elle se fait survivante rebelle, révoltée et prête à tout décimer sur son passage. Dans la mort des siens, elle est née, enfin, la bête qu’elle s’entêtait à enterrer.
La meute attaquée, la meute à venger. Pour une fois, son esprit est clair, loin de tous ces doutes qu’elle a ressassé toutes ces années. Clairvoyance bienheureuse, lucidité macabre. Qu’ils essaient donc de l’arrêter.

(...)

man is not what he thinks he is, he is what he hides. La lune est belle, ce soir, petit croissant qu’on aimerait croquer à pleines dents, suspendue au beau milieu d’un ciel sans étoile. Pas exactement le milieu, bien sûr, il faudrait pour ça que le ciel ait une fin. Et ce n’est pas le cas. Non, ce n’est pas le cas. La plume tapote contre le bureau, impatiente.
Qu’est-ce qu’elle attend ?
Écrits fragmentés, terreur sur le papier. Tâches d’encre à gueules béantes, distordues, sourires moqueurs, la paume qui vient frotter, poncer, arracher. Le parchemin se plisse, se tord, finalement se déchire. Écrits oubliés, ses émotions effacées après avoir été programmées analysées scannées.
Ça n’a pas beaucoup de sens, ça devrait en avoir. Elle réfléchit et raisonne. Sonne, résonne, comme les hurlements. Ce ne sont pas les siens, c’est déjà ça. Plusieurs secondes, avant d’en être persuadée. Pas certaine d’arriver à crier. Détours et raccourcis, cul-de-sac au fond de sa tête. Pensait avoir noté le chemin. Peut-être pas.
Nouveau venu, les portes s’ouvrent et elle sursaute, ses yeux s’arrondissent légèrement et jaugent l’intrus. Le client. Ça s’appelle un client. Est-ce qu’elle s’est endormie là ? Elle ne sait pas. Numéroter les dossiers, un deux trois et ça ne s’arrête pas là. Les chiffres dansent sous son crâne.
Leucocyte, c’est le mot qu’elle cherchait. Elle doit en manquer. « Excusez-moi… » Une voix s’élève et la fait sursauter une seconde fois. Elle l’avait presque oublié.
Ses nuits sont courtes et saturées de rêves qu’elle oublie dès son lever, ses yeux de plus en plus marqués par des cernes qu’elle ne cherche plus à cacher. Ca plait aux clients, elle bosse tellement. La pile de dossiers, pourtant, ne semble jamais totalement s’envoler. Toujours une autre affaire. Ça ne l’ennuie pas, Adra, elle a toujours aimé travailler. Comprendre, relier les points, élucider. O’Darcy, tout au-dessus de la pile, sang-mêlé voulant à tout prix vérifier ses liens de parenté. Un peu plus de pureté, s’il vous plait. Un peu plus de considération, putain, c’est ce que son visage aux traits grossiers hurlait pendant tout l’entretien. Elle aurait bien voulu lui dire qu’ils risquaient surtout de pouvoir trouver beaucoup plus de moldus que prévu, mais Adonis l’a fait taire avant qu’elle ne puisse partager son opinion.
Elle y a pensé, quelques temps, à profiter de son nouveau statut pour creuser, elle aussi, trouver ce nom qu’elle avait, des années plus tôt, tant désiré. Sans intérêt, finalement, qu’elle a décidé. Le père qu’elle n’aura jamais, elle l’a enterré. La porte de secours refermée en pleine gueule, dans le sang et la souffrance. Libération improvisée, la bête fatiguée de se cacher. Pas le choix, toutefois, et si O’Darcy savait, s’ils savaient – « Excusez-moi. » L’intonation a des contours un peu forcés, maintenant, les bords un peu coupants. Cette fois-ci, elle ne sursaute pas. Elle sait très bien qu’il est là.
Elle s’en fout, c’est tout. Lentement, elle redresse la tête, plante son regard droit devant. Ses lèvres s’étirent, et ça semble durer une éternité, avant qu’elle ouvre la bouche. Bien choisir tes mots, c’est ce que son cousin lui répète, depuis qu’ils ont commencé à travailler ensemble. Il lui répète si souvent qu’elle a de plus en plus de mal à feindre le simple oubli, à chaque fois qu’elle met les pieds dans le plat. « Je peux vous aider ? » Un nom de plus à inscrire sur la paperasse, et il souhaitera parler à son supérieur, reléguée au simple secrétariat ; elle ravalera l’acidité des paroles juste avant de lui proposer d’aller se noyer quelque part et Adonis arrivera pile au bon moment. Le sourire juste, les phrases bien construites, la chaleur qu'elle ne possède pas ; toutes ces choses qui le mettent en première ligne pour s'occuper des gens, créatures étranges qu'elle n'a jamais réussi à vraiment comprendre. « Ils sont différents de nous, Adra. » Il n'est pas encore là, elle l'entend déjà. Des années, qu'il lui explique, décortique, leur statut d'élu, leur privilège, la noirceur humaine. Elle ne l'avait pas cru. Colère contre colère, ils ont avancé tant bien que mal, ennemis différents, mélodie dissonante, mais la même rage, peut-être le même désespoir. Elle ne l'avait pas cru, lui riant au nez, c'était eux les déviants.
Ils sont différents de nous, Adra. L'homme trépigne et réclame, comme elle l'avait prédit, son responsable.
Elle le croit, maintenant.

(...)

luck is a very thin wire between survival and disaster, and not many people can keep their balance on it. S'intégrer, se fondre dans le décor, le but d'une vie, échec sur échec, elle remonte en selle et réessaie, tant bien que mal. Ce qui n'était qu'un simple caprice, échapper à ses chaînes, devient nécessité, instinct de survie. Et si elle échoue encore une fois, ce sera son corps sans vie qu'on retrouvera. Monstre parmi les Hommes, elle redevient gamine au milieu des bêtes, assoiffées de sang, prêtes à lui arracher la tête.
Le monde qu’elle connaissait, croyait connaître, a basculé depuis des années. Infinités de gris qui lui échappent, tendent à se fondre dans un noir et blanc en totale opposition. Le refuge de la famille, qu’elle croyait piège mortel, les convictions arrachées, une à une, et l’équilibre qui tangue de plus en plus. L’ennemi à l’intérieur n’est plus, et il ne reste que ceux qui l’encerclent, les yeux braqués sur elle. Assez discrète, assez différente des siens pour passer inaperçue, pour l’instant, elle disparaît dans la foule et s'accroche avec force au sourire apaisé de la mère supérieure. Étincelle de fierté, quelque part, quand elle se rend compte qu’elle suit enfin ses pas, l’ombre qui se fait moins menaçante et l’alliance fragile mais nécessaire. La révolte a un nom, à présent, gamin qui avait foulé les couloirs de Poudlard en même temps qu’elle, un anonyme, à ses yeux, un sauveur, pour d’autres. Jedusor, devenu meneur, et elle se fait simple suiveuse, défendant une idéologie dont elle ne connait finalement que peu : Grindewald, à terre et suppliant.
Ça lui suffit, pour le moment, et elle en oublie de poser les bonnes questions, Adra, elle en oublie même les pourquoi.



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Dernière édition par Adrastea Greyback le Lun 22 Aoû - 18:25, édité 44 fois
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 21:24

oooooh, mon enfant ! on part une journée et on rentre pour découvrir qu'on a une fille, la belle surprise
Sois la bienvenue parmi nous! Si tu as des questions ou n'importe quoi d'autre sur les Greyback ou Hesy en particulier, surtout n'hesite pas à me mpotter !
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 21:31

Ohh, cette demoiselle est trop mignonne. Bienvenue et courage pour ta fiche.
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Melpomène Lestrange
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Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 21:36

Excellent choix de famille
comme je l'avais dit dans la partie invités si tu as la moindre question, n'hésite pas
Bienvenue par ici heart


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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mar 9 Aoû - 21:54

Bienvenue à la maison
Bon courage pour ta fiche, très bon choix de famille
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mer 10 Aoû - 9:12

SOEURETTE !!
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mer 10 Aoû - 9:26

bienvenue par ici courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mer 10 Aoû - 11:17

Bienvenue parmi nous
Bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Mer 10 Aoû - 11:35

Je ne connaissais absolument pas Taylor, mais ce qu'elle est canon
Bienvenue sur le forum et bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Jeu 11 Aoû - 23:01

Bonjour madame, bienvenue
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Dim 14 Aoû - 13:55

Je connaissais absolument pas cette madame mais j'adore j'ai hâte de voir ce que tu prépares du coup

Bienvenue sur le forum et courage pour ta fiche
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Melpomène Lestrange
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Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Jeu 18 Aoû - 13:02

Coucou

As-tu besoin d'une semaine de délai pour terminer ta fiche? Si oui n'hésite pas à nous le dire


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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Ven 19 Aoû - 16:11

Melpomène Black a écrit:
Coucou

As-tu besoin d'une semaine de délai pour terminer ta fiche? Si oui n'hésite pas à nous le dire

Je pense bien, oui.
J'ai un peu traîné (et je n'ai pas d'excuse Arrow), je devrais avoir fini demain ceci dit, mais au cas où. heart
Merci beaucoup & désolée du temps pris
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Melpomène Lestrange
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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Ven 19 Aoû - 16:18

Il n'y a vraiment aucun soucis, prends ton temps


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MessageSujet: Re: (Adra) ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.   Lun 22 Aoû - 19:24

Félicitations !
bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs

tes premiers pas parmi nous
ta fiche est super joliment écrite belle louve et j'adore que le perso d'adra soit aussi torturé sadique bref je te valide avec grand plaisir !


Tout d'abord félicitations et bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs!

Maintenant que ta fiche est validée, il te reste juste quelques petites étapes avant de pouvoir commencer à RP parmi nous! Tout d'abord, n'oublie pas de vérifier dans le bottin des avatars que ton avatar t'a bien été réservé, ainsi que dans les différents listings, afin de vérifier que tu es correctement recensé. Il est également obligatoire de passer remplir les quelques informations dont nous avons besoin dans ce sujet de recensement. Tu n'auras ensuite plus qu'à créer ta fiche de liens afin de pouvoir commencer à trouver toutes sortes de liens plus farfelus les uns que les autres avec les autres joueurs

Mais par dessus tout n'oublie pas de t'amuser et de prendre du plaisir à RP. On a hâte de lire toutes vos histoires et on cale d'ors et déjà un bisou sur vos fesses. N'oubliez pas qu'en cas de question/demande ou quoi que ce soit d'autre, tout le staff est à votre disponibilité par MP, chouette, beuglante ou crieur
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