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 (EIJISON) seeing through blind eyes.

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MessageSujet: (EIJISON) seeing through blind eyes.   Lun 15 Aoû - 19:02

Too many wounds we can't heal
we realize we were seeing through blind eyes
Eija & Jamie
Now it's all gone, how do we move on ? What a disaster, with nothing after, swept off our feet with nothing underneath. It's been so long since this made sense 'cause now it's ending senseless. It's been so long since it was alright. And now our dreams ain't so sweet, we only talk when we're fighting. We were doomed from the beginning, we don't get our happy ending.


Quelques jours. Quelques jours seulement s'étaient écoulés, et j'avais l'impression que c'était une éternité entière. Et je finissais par regretter amèrement la crasse d’Azkaban. Bien plus plaisante que les paroles acerbes, les gestes véhéments de la société bienpensante magique londonienne. Je les méprisais, presque autant qu’ils pouvaient le faire. Le dégoût était ce qui était le plus peint sur mon visage depuis ma sortie, ou plutôt mon entrée dans une nouvelle prison. J’ignorais tout du système de lié, et pourtant, j’en étais devenu un, multipliant les erreurs, multipliant les sanctions. J’étais devenu comme eux, ces sales voleurs de magie. Ces sales sangs-de-bourbe, comme ma mère. Je les détestais, tous, autant qu’ils étaient. Ils ne valaient pas mieux que la véracrasse la plus abjecte du monde magique. Des parasites, tous. Ils ne toléraient pas les différents dans leur propre monde, pourquoi devrions-nous les tolérer à notre tour ? Ils ne se toléraient pas même entre eux et ils osaient espérer une clémence ? Je partageais leur marque, à tort, mais je ne l’acceptais pas pour autant. J’avais perdu, tout. Pour quelques idéaux foireux et un héritage familial maudit. Tous avaient péri dans des guerres moldues, alors qu’ils avaient survécu aux affrontements magiques. Ce monde était maudit et jamais, ô grand jamais, je n’y remettrais ne serait-ce que l’ombre de ma baguette. J’oubliais tout souvenir qui pourrait radoucir mes opinions trop arrêtées, abruptes, presque caricaturales. J’oubliais Poudlard, j’oubliais les rires envolés, les regards volés, j’oubliais. Je ne voulais plus me souvenir, car se souvenir revenait à souffrir. Et j’étais las de ces souffrances inutiles. Alors je demeurais silencieux, me contentant de certains spectacles que la nature pouvait donner, encore, sans le reprendre dans le sang. L’appréhension avait mué en un sentiment plus amer, qui rongeait presque. Les années passées à Azkaban commençaient à laisser leurs marques, au-delà des sévices physiques. La mémoire de la peau, elle, commençait à s’activer. Malmenée, arrachée, tombée. Le court répit que la demeure Prewett m’offrait était déstabilisant. Le rythme quotidien faisait désormais partie du passé. Je goûtais à une nouvelle liberté, à une nouvelle vie, et j’avais encore du mal à l’embraser. Les grands espaces m’angoissaient. Les endroits à la fréquentation moyenne m’oppressaient. Mais entre la pièce rouge et l’agitation, la vie extérieure, je prenais ce qui faisait le moins peur. Parfois, je ne savais plus très bien ce que je préférais, entre l’art familial ou le regard condescendant des sorciers. L’art était souvent bien moins douloureux dans la durée.

Les mains dans les poches, j’ignore la pluie sauvage qui s’abat, sans distinction sur les passants. J’ignore la crasse qu’elle emporte, qui omet avec désinvolture son origine de rang ou de sang. J’admire sa puissance et crains sa colère. Ces païens d’Irlandais. Pour le moment, j’apprécie sa douceur sur mes muscles endoloris et sa fraîcheur sur mes balafres boursoufflées. Le souvenir cuisant de la rune sur ma peau s’évapore quelques instants, le temps d’un averse. Alors que les néophytes et les craintifs cherchent à éviter ses affres, la maline, elle, l’indomptable, s’amuse et les gratifie de gouttes supplémentaires, insolente. Les rues se vident, peu à peu alors que quelques éclats de voix viennent troubler cette mélodie enchanteresse, presque divine. Encore un malheureux. Qu’il se débrouille. Qu’il fasse comme ses semblables, et qu’il apprenne à recevoir sans se plaindre. Je continue mon aventure, ignorant, luttant contre mes instincts intérieurs. Et, lorsque mes yeux se posent sur les trois troubles paix, je serre mes poings difformes, amer de constater que deux sorciers s’en prennent à un gamin. Un enfant, dans l’indifférence totale, dans la médisance absolue et la condescendance suprême. Je m’approche et hésite. Cette hésitation fait office de torture, morale cette fois. J’ai cette envie, indicible, de continuer à avancer, de me ficher de son destin. Et pourtant, j’ai cet irrépressible instinct de l’aider. Ce n’est qu’un enfant, qui n’a sans doute rien fait pour mériter une telle sanction. Une réprimande suffirait, pas des menaces avec baguette et insultes. Je déglutis, feignant d’être essoufflé. Je dissimule du mieux possible la marque de ma condition, à même la peau.  Le dégoût se peint sur le visage des deux Spaseni, ainsi que sur la petite assemblée attroupée autour de la scène morbide et malheureuse, ils ont un geste de recul avant de pointer leur baguette en ma direction. Brièvement, j’observe. Nul ne porte de rune. D’un revers de main, il me porte un coup au visage, alors que je tombe au sol. J’oublie les insultes, bien trop concentré sur l’image d’un souvenir figé. « Comment oses-tu ?! Va voir ailleurs ! » Je crache du liquide vermeille, qui se mêle à la pluie devenue crasseuse en embrassant le sol. Je me relève promptement, feignant légèrement la douleur. « Des hommes, là-bas. Ils se battent en insultant le Chef des Nations. » L’homme, dans un zèle qu’il adore, me bouscule à nouveau, portant un coup de genou dans mon estomac. Je tombe, à nouveau au sol et indique la direction. A nouveau troublé, je fixe la silhouette, familière. Elle ne peut pas être ici. Je fronce les sourcils, me faisant alors à l’idée que mes yeux soient abusés par un tour de magie enfantin. Si c’était elle, elle me reconnaîtrait. Si c’était elle, elle porterait la rune. Si c’était elle, elle aurait du fuir, loin de toute cette folie. Ils partent en courant, comme si leur vie en dépendait. Probablement, après tout. J’observe l’enfant et m’approche de lui brusquement. Ma démarche est maladroite, la troupe semble se dissiper. Je replace ses vêtements. « Pars. Vite, avant qu’ils reviennent. » Terrifié par le visage qu’il voit, il s’enfuit alors que je me perds dans une rue adjacente, laissant ainsi en apparence, la rue vide. Me pensant seul, je me permets de repasser la tête dans la rue, je me tiens droit et joue avec les flaques. J’omets ce que nul ne saurait omettre en temps troubles. J’omets ce que nul soldat ne devrait oublier ; toujours regarder derrière soi. 
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MessageSujet: Re: (EIJISON) seeing through blind eyes.   Sam 1 Oct - 20:12

Capsize Le clapotis régulier des gouttes sur les pavés londoniens donne un rythme étrange à l’errance quotidienne. Elle compte les secondes la séparant d’un refuge à un autre, compte les silhouettes floues se pressant sous le déluge, un soupir entre les dents à chaque rencontre trop proche. Il lui tarde de reprendre le chemin des pays scandinaves, de ne plus traîner ses vêpres dans les rues londoniennes. Deux jours seulement qu’elle a rejoint la capitale britannique et déjà elle sent la lassitude l’emporter. Le bruit, la pluie, les gens. Tout l’agace. Tout la ramène à une époque qu’elle aimerait oublier. Qu’elle aimerait être incapable d’aimer autant, malgré elle. Eija aime bien la pluie, Eija aime bien le froid mais elle n’a jamais eu d’affection pour le désagréable crachin anglais, plus par esprit de contradiction que par réelle conviction.
Resserrant la prise autour des paquets contre sa poitrine, la Finlandaise s’engouffre rapidement entre deux ruelles, pressant le pas pour échapper autant aux regards qu’aux intempéries. Ses doigts serrent brièvement l’emplacement laissé vide par la rune oubliée, dessein un peu volontaire qui ne lui serait certainement pas pardonné si elle venait à croiser le regard d’un Spaseni. Elle n’oublie jamais vraiment le sang qui la rend impure et exceptionnelle à la fois, douleur pour amertume, stigmates sur cicatrices. On ne lui a pas laissé le loisir de s’effacer, s’intégrer sans bruit et sans vagues.
Les yeux baissés pour ne pas attirer l’attention, l’ancienne rouge et or se heurte à la foule amassée pour mieux admirer le lynchage, les insultes et les hurlements qui s’écrasent sur les tympans, la furie qu’elle voulait ignorer qui soudain l’arrache au silence qu’elle s’était créé. La bulle éclate et elle lève un regard morne sur la scène de désolation. Un gosse. Du public pour mieux alimenter la fureur des Spaseni. Et son cœur à elle qui se serre légèrement, battement perdu et silencieux qui lui rappelle qu’elle est de la même engeance, qu’elle n’a plus qu’à raser les murs pour éviter qu’ils ne la force à plier l’échine elle aussi.
Elle n’interviendra pas, il n’a qu’à choisir son avenir comme elle l’a fait, se lier pour mieux vivre. Accepter pour mieux exister. L’abnégation a été douloureuse mais elle l’est toujours moins que la cuisante humiliation que vivent ses semblables à chaque coin de rue. Jamais Eija ne voudrait s’y soumettre, elle préfère choisir elle-même mettre un genou à terre que d’y être forcé. Logique viciée dont elle se persuade depuis les premières années de servitude. Le mal par le mal.
Elle s’apprête à tourner les talons mais le mouvement de recul de la foule attire son attention. De nouveau, la Finlandaise lève le regard et balaie la foule, ses prunelles accrochent un homme difforme sans doute venu en renfort. Une vermine rampante de plus noyée dans un espoir stérile, des insectes se débattant dans la fange. Elle est au-dessus, bien au-dessus. Loin. « Comment oses-tu ?! Va voir ailleurs ! » Elle serre les dents face aux coups qui s’abattent sur le corps déjà marqué. Le dégoût qui froisse ses traits n’a rien de feint. Elle les déteste tous, Spaseni, semblables, courageux et lâches. Les vivants et les morts. Elle les maudit jusqu’à la dernière engeance. « Des hommes, là-bas. Ils se battent en insultant le Chef des Nations. » que croasse le difforme, du sang au lèvres, avant que d’autres coups ne viennent s’abattre et que les spasenis ne détalent dans la direction désignée, non sans jeter un regard consciencieux aux curieux présents. Sans doute pour se souvenir d’eux. Ils n’oublient jamais, les Spasenis. Ils n’oublient jamais et Eija le sait. Absorbée par la scène, elle a laissé son attention dévier et sa main est descendue le long de ses hanches, dévoilant la poitrine exempte de rune. La réalité la frappe comme un uppercut bien placé. Elle manque d’air, jette des regards paniqués autour d’elle pour s’assurer que personne ne l’observe et commence à tourner les talons.
La foule se disperse et à travers les paroles excitées du public encore en ébullition, elle entend l’homme s’adresser au gosse. « Pars. Vite, avant qu’ils reviennent. »
Non non non. Certainement pas. Si les Spaseni se rendaient compte de la supercherie, ils reviendraient et ce serait terminé pour elle, pour sa vie tranquille, son existence sur le fil. « Tch. » Le râle désapprobateur chuinte entre ses lèvres, elle hésite quelques secondes avant de fondre sur l’inconnu visiblement fier de son acte héroïque. L’attaque frontale aurait été idiote, il a à peine cillé sous les coups des Spaseni. Tout ceux marqués par la rune ont la peau dure. C’est ainsi.
La Finlandaise glisse en silence sa baguette le long des reins de l’homme et le pousse vers une ruelle adjacente ; lui claquant la joue pour l’enjoindre à regarder devant lui les mots qu’elle inscrit à sa vue. – Vous voulez tous nous faire tuer c’est ça ? Aider un né-moldu en faisant une diversion aussi pathétique, c’est débile. – Elle claque de la langue, tape du pied. – Imbécile. S’ils s’en rendent compte, ils vont venir nous faire la peau. – Abruti. Elle ne connaît que peu d’insultes portant atteinte à l’intelligence de son interlocuteur, au final. Eija regrette un peu de ne pas avoir profité de Poudlard pour mieux apprendre les jurons anglais. Quelques secondes, seulement, elle baisse les yeux, baisse sa garde.
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