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 Despair or folly ? [Soyan]

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MessageSujet: Despair or folly ? [Soyan]   Jeu 18 Aoû - 12:09

Despair or folly ?
Mia & Soyan
it is not despair for despair is only for those who see the end beyond all doubts

Un autre jour sans saveur. Sans lumière. Mais dans le monde de Mia, ou plutôt celui de Spleen désormais tout n’est que poussière. Tout est gris. Les gens. Les murs. Le reflet dans son miroir. Le monde est sans saveur et sans vie. Du moins pour Spleen. L’opiumerie est pleine de décadence et de violence cachée. La civilisation s’écroule. Des ombres dansent au milieu du sang et de la peur, silhouettes orgiaques crachant du poison sur ceux qui essayent de survivre. Sur ceux qui n’ont pas eu la chance de mourir. Un peu comme elle. Spleen bouge. Spleen respire et chaque inspiration se fraie un chemin difficile dans sa gorge. Chaque seconde semble s’écouler d’une blessure au rasoir. Une souffrance franche. Infinie. Et qui devient finalement comme une vieille amie

Un rappel doux amer de ce que l’on à perdu … de ce que l’on aura plus jamais.


Alors Spleen parle. Spleen vit. Mais Spleen n’existe plus. Elle n’est plus qu’un reflet dans un miroir. Une ombre au crépuscule. L’éclat d’une marionnette de papier que l’on s’apprête à froisser. Spleen est sur le point de se briser et pourtant elle refuse obstinément de l’être. Et l’avenir semble s’être transformé en une voie sans issue. Pourtant elle sait que dans son malheur elle à de la chance. Tant ont perdus bien plus qu’elle. N’ont plus rien. Elle s’accroche bec et ongles pour ne pas tomber plus bas. Pour ne pas tout perdre. Mais il suffirait d’une erreur. D’une minuscule erreur pour qu’elle finisse au fond du caniveau. Une salissure de plus dans les rues sinistres de Londres. Personne ne le remarquerait. Personne n’y prêterait attention. L’indifférence est devenue le nouveau moyen de survie de nos jours. Alors les gens cultivent ce talent avec attention. Détournent leurs yeux avec un mélange de honte et de délectation. Parce qu’en ignorant ceux qui sont tombés ils s’accordent quelques jours de plus.

Quelques jours de plus avant que le glas ne vienne sonner pour eux.

Il y a de l’inquiétude sur le visage de Spleen. Ce soir elle était censée voir Soyan. Mais pas de signe de lui. Aucun. Et c’est dangereux. Très dangereux. Cela veut dire danger. Cela veut dire qu’il ne va pas bien. Et cela lui fait déjà mal à la blonde. Cela fait mal de le voir souffrir sans pouvoir empêcher cela. Mal de croiser son regard et de se sentir coupable pour quelque chose dont elle n’est pas responsable. Et cela la met encore plus en colère contre les pourritures qui viennent profiter de la déchéance des êtres comme eux. Elle veut leur souffrance. Elle veut entendre leur cri. Vengeance. Vengeance pour le désespoir qu’ils causent et les blessures qu’ils infligent. Celles qui ne disparaitront jamais vraiment. Mais ils sont tous deux similaires. Les deux faces d’une même pièce. Créatures mal aimées qui n’ont plus d’autres choix que ceux qu’on leur à imposé. Alors elle va chez lui sans attendre. Prête à enfoncer la porte.


Mais une fois à l’intérieur elle se fige. Parce qu’il y a Soyan. Soyan assis avec des marques bleues et violettes qui marquent toute sa peau d’albâtre. Des griffures qui dessinent des symboles sans queue ni tête. La violence est incrustée sur tout son corps mais les motifs qu’elle forme son presque esthétiques ainsi apposés sur l’épiderme du jeune homme. C’est presque hypnotisant. De la beauté dans l’horreur. Elle ne dit pas un mot. Ne fait pas à Soyan l’offense de lui adresser un regard de pitié ou de pousser un hurlement devant des marques qu’elle à déjà vu si souvent. Au lieu elle s’assoit à côté d’elle. Sort une potion de son sac. « Bois ça » La voix est lisse. Douce sans être emplie de cette détestable compassion. Doucement elle sort un baume qu’elle commence à lentement étaler sur le bras de Soyan Il fera disparaitre les marques plus vite. Elle élève la voix. « Qui c’est cette fois ? Un autre abruti ? »

Le salaud que Spleen ne connait pas mais qui fait toujours du mal à la rousse. Le monstre dont elle efface soigneusement toute trace. Elle ne sait pas son nom mais elle déteste sans savoir. « Quel dommage de ne pas pouvoir le tuer. » Sa voix est posée. Autant que si elle parlait d’un thé. Il mérite bien de mourir. Mais ni Soyan ni Spleen ne peuvent faire une chose pareille. Les ombres n’ont pas ni armes ni pouvoir. Alors elle se contente de se tourner d’agiter doucement sa baguette, de conjurer deux verres et de faire apparaitre une bouteille de whisky en provenance directe de chez elle. Elle saisit deux verres et les pose entre elle et Soyan. « Tiens c’est pour toi. T’a l’air d’avoir bien besoin d’un petit verre. » Seul commentaire sur son état. Elle ne sait pas si le jeune homme veut en parler. Alors Spleen n’aborde pas le sujet. Elle se contente de retenir son souffle et d’attendre. Tout simplement.
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MessageSujet: Re: Despair or folly ? [Soyan]   Jeu 1 Sep - 3:41


Despair or folly ?


Encore cette douleur familière, insupportable. Ce même sentiment de mériter ce qui m’arrive sans vraiment savoir pourquoi. Simplement parce que les coups ont laissé des marques sur ma peau. Une douleur physique qui pourra disparaître, alors que le souvenir lui, restera impérissable. Assis en plein milieu de mon salon, je contemple les griffures et les bleus qui marbrent ma peau, me remémorant l’horreur de ce rendez-vous. Certains clients sont pires que les autres. Extrêmes dans leur violence, dans leurs insultes. Et la plupart ne supportent pas que j’ose leur répondre, leur tenir tête. Pourtant, peu importe la punition, rien de ce qu’ils pourront me faire ne m’empêchera de m’exprimer, parce que c’est la seule liberté qu’il me reste. Encore dans un état second depuis que je suis rentré chez moi, je ferme les yeux un instant. Immobile, comme figé dans le temps, je ne peux plus bouger. Et lorsque je regarde à nouveau autour de moi, elle est là. Spleen m’observe depuis l’entrée. Je sais qu’elle ne me juge pas, qu’elle connaît ses marques sur ma peau. Elles lui sont presque familières avec le temps, réapparaissant dès qu’un client trop impulsif décide de s’offrir mon corps pour quelques heures. Sans un mot, elle vient s’asseoir à mes côtés, comme un rituel bien rodé. Silencieusement, je la remercie de ne pas m’imposer un regard plein de pitié. Elle sait que je ne pourrais pas le supporter. Et après avoir fouillé dans son sac, elle me tend une potion. « Bois ça » Son ton est naturel, familier, il n’a pas changé face à cette douloureuse situation. Peut-être que je l’ai un peu trop habituée à panser mes plaies. Au point que ses réactions et même ses gestes en deviennent instinctifs. Même lorsqu’elle sort un baume pour faire disparaître plus rapidement les marques sur mes bras, pendant que je bois la potion qu'elle m'a donné. « Qui c’est cette fois ? Un autre abruti ? »  Elle sait bien que je ne peux pas lui donner son nom. Jamais je ne mentionne l’identité de mes clients à qui que ce soit. Voyez ça comme une sorte de secret professionnel. En effet, si je divulguais ce genre d’information, plus personne ne voudrait se payer mes services, et je n’aurais plus un sous pour vivre. Alors même lorsque je rapporte des informations pour le lux, je ne mentionne jamais la façon dont je me les suis procuré et si l’un des intéressés est bien l’un de mes clients ou non. « Quel dommage de ne pas pouvoir le tuer. » Bien sûr, je suis d’accord et je ne serais pas malheureux de le voir croupir en enfer une bonne fois pour toute. Mais j’ai conscience de ne pas pouvoir réaliser ce souhait. Tout d’abord, parce que nous serions punis très sévèrement pour ce meurtre, bien plus que n’importe quel autre sorcier, mais aussi parce que même si je n’ose pas l’avouer, j’ai besoin de cet argent.

D’un mouvement de baguette, elle fait apparaître deux verres et une bouteille de whisky pur feu, avant de poser les deux verres entre nous. « Tiens c’est pour toi. T’a l’air d’avoir bien besoin d’un petit verre. » C’est sûr qu’un petit remontant ne me ferait pas de mal. Bien sûr, rien ne m’aide jamais à oublier leurs mains sales sur moi, ni la douleur de leurs gestes, de leurs mots. Mais l’alcool est sûrement la seule chose susceptible de me détendre là tout de suite. « Merci. Je crois que j’en ai besoin en effet… »  Alors que je m’empare du verre, je le vide d’une traite, afin de sentir le liquide me brûler la gorge avec délice avant d’enflammer mon estomac. Sans attendre, je me sers à nouveau, comme pour laisser l’alcool m’engloutir. Parce que sans ça, je n’aurais pas la force d’en parler sans perdre pieds, sans laisser la rage m’envahir. « C’est un abruti habituel qui s’en est encore pris à moi… Je le soupçonne de venir pour ça, de me choisir moi parce que j’encaisse pas sans broncher et que ça légitimise ses coups. » Du moins, dans son esprit tordu. Parce que je ne sombre pas assez pour croire que je mérite cette violence, cette haine. Contrairement à eux, je sais que je suis un homme, malgré mon statut d’hybride. Et si me voir comme un monstre inhumain les aide à se sentir mieux, je continuerai à leur rappeler que jamais, je ne me sentirai inférieur. Et leurs coups ne font que m’encourager à me défendre. « J’aimerais pouvoir les tuer des fois. Pas tous mes clients, bien sûr. Certains sont devenus bien trop importants pour moi… » Sans le dire, je pense à Stitch et à William, bien évidemment. A la douceur de leurs gestes, à la tendresse de leurs mots. Parfois leurs étreintes viennent à me manquer et je me réveille la nuit, la peur au ventre, à l’idée qu’ils ne reviennent jamais me voir. Terrifié à l’idée qu’ils réalisent que je ne suis qu’un prostitué qui n’a rien à leur offrir. « Mais ceux qui passent leur colère sur moi, qui me rappellent sans cesses que je ne suis qu’une pute… Ceux-là, parfois, j’aimerais pouvoir les tuer. Mais c’est impossible. » Cette haine viscérale pour ces hommes répugnants, je sais que nous la partageons depuis le début. Unis dans l’amertume, la douleur, la résignation. Alors, lorsque je me tourne vers elle, cherchant son regard, je sais qu’elle partage ma colère mais aussi cette tristesse sourde que je tente de dissimuler derrière un mur de ressentiments.

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MessageSujet: Re: Despair or folly ? [Soyan]   Dim 11 Sep - 14:47

Despair or folly ?
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Elle à envie de serrer Soyan dans ses bras, Spleen. De lui murmurer des mots doux sans aucun sens et de le bercer. De lui dire que tout ira bien. Qu’elle le protégera. Qu’un jour ceux de leur race seront de nouveau intégrés à la société magique. Que le plus sombre est aujourd’hui et que tout ne peut que s’améliorer. Elle crève d’envie de lui susurrer ces paroles de réconfort, Spleen. Mais elle ne peut pas. Car ce serait un mensonge. Elle le sait. Et lui aussi. Rien n’ira bien. Elle ne peut rien faire pour le protéger, pas alors que la blonde peut à peine se protéger elle-même. Et l’avenir s’annonce plus sombre et chaotique que jamais. Les troubles qui agitent la société viennent à peine de commencer à s’élever. Il y aura une guerre, de cela elle est certaine, Spleen.

Et qui peut dire s’ils seront encore en vie après celle-ci ?

Elle ne peut en jurer Spleen. Plus rien n’est certain. Et elle sait désormais que les choses peuvent toujours être pires. La vie est un précipice sans fond. Du moins pour eux désormais. Alors tout ce qu’elle peut faire c’est enserrer les mains de son ami des siennes, attentive à n’effleurer aucun bleu ni coupure. C’est le seul geste qu’elle peut faire sans se mettre à hurler face à l’injustice du monde qui les entoure. Mais ce n’est pas le moment de se mettre en colère. Il n’a pas besoin de cela Soyan, de d’avantage de violence. Non c’est le moment de lui apporter tout le réconfort dont elle est capable. De partager sa douleur. De parler. Pour que pendant un bref instant tous deux se sentent moins seuls. Moins vulnérables. C’est bien maigre, mais c’est le mieux qu’elle puisse faire. De pitoyables efforts pour calmer une douleur qui ne doit pas avoir de fin.

Sans mot dire elle se sert également un verre, Spleen. Laisse l’alcool brûler doucement sa gorge et lui apporter un peu de ce calme dont elle manque tellement. Spleen hausse les épaules face aux paroles de Soyan et recommence à fouiller dans son sac. « Je crois que je dois avoir quelque chose pour la douleur là-dedans, mais s’il n’y a rien au moins l’alcool t’engourdira un peu » Piètre aide que celle-ci mais l’alcool coûte bien moins cher que les potions de soins. Un soupir lui échappe. « Il y a en aura toujours des comme ça. Qui aiment faire du mal. Pour qui on est que des objets. Des choses. Et les choses n’ont pas leur mot à dire … alors pourquoi ne pas les frapper ? "

Le ton est amer. Plein de fiel et de ressentiment. Elle dit on mais elle est pourtant conscience de la différence qui existe entre elle et Soyan. Elle est strip-teaseuse. Il est prostitué. Elle se déshabille de ses vêtements et de sa dignité pour un peu d’argent. A lui son corps ne lui appartient plus si on le paie pour ce faire. « Je sais que tu ne me diras pas son nom. Mais si un jour je le vois je le tue. C’est tout » Et la noirceur qui rôde derrière ses yeux indique qu’elle pense chaque mots qu’elle vient de prononcer. Elle hausse les épaules, soudain. « Je ne sais pas comment tu fait. » Une pause. « Je déteste tous ceux qui viennent me voir. Ce sont tous les mêmes. Ils voient un corps. Pas une personne. On est remplaçables par n’importe qui. N’importe quoi » Sans valeur. S’ils mourraient personne ne s’en inquiéterait. C’est la vérité la plus pure. Peu importe combien elle fait mal. C’est pour cela que la haine est marquée sur son visage alors qu’elle serre Soyan dans ses bras. « C’est impossible pour le moment … mais un jour viendra ou ce ne sera plus le cas. Et ce jour là ils auront exactement ce qu’ils méritent. »

Elle y veillera.
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MessageSujet: Re: Despair or folly ? [Soyan]   Mer 21 Sep - 2:09


Despair or folly ?


La douleur me tiraille, assourdie par  la brûlure de l’alcool, alors que ma vision se trouble. Spleen est toujours là, à mes côtés, comme une compagne d’infortune. Et tandis que je l’observe, fouillant frénétiquement dans son sac, je souris bêtement, heureux qu’elle soit là malgré la piètre compagnie que je dois lui apporter. Pourtant, elle revient toujours, pour apaiser mes bleus et mes tourmentes, pour écouter mes peurs et comprendre ce que je ne dis pas. « Je crois que je dois avoir quelque chose pour la douleur là-dedans, mais s’il n’y a rien au moins l’alcool t’engourdira un peu » Touché qu’elle tente de trouver une autre alternative pour soulager ma douleur, j’aimerais lui dire que l’alcool me convient amplement. Même s’il ne fait pas disparaître la douleur physiquement, il l’éloigne un instant de mes pensées et surtout il engourdit les blessures psychiques et celles-ci restent les plus douloureuses. . « Il y a en aura toujours des comme ça. Qui aiment faire du mal. Pour qui on est que des objets. Des choses. Et les choses n’ont pas leur mot à dire … alors pourquoi ne pas les frapper ? » Elle a raison, bien sûr et sans même répondre, je me contente de hocher la tête. Nous ne sommes que des choses, je le sais bien. Même si ça me révolte et que je n’hésite pas à manifester mon mécontentement. Et c’est pour cette raison d’ailleurs que bien souvent, je finis par être puni, châtié pour avoir osé leur répondre et dire tout haut ce que nous cœurs hurlent en silence dès qu’ils osent nous touchers comme de simples objets. « Je sais que tu ne me diras pas son nom. Mais si un jour je le vois je le tue. C’est tout » Un sourire effleure mes lèvres. Je sais qu’elle le pense et à ce titre, je suis attendri par ses paroles. Mais si je continue à lui cacher l’identité de mes bourreaux, ce n’est pas seulement parce que le secret fait parti de mes devoirs, de ma pérennité dans ce métier, mais aussi parce que je refuse de la voir un jour venger mon honneur et y laisser bien plus que des plumes. A mes yeux, il est bien plus important de la protéger elle, plutôt que moi. Spleen, c’est une étoile qui illumine l’Opiumerie. Elle rend ce lieu de débauche bien plus scintillant et elle allège les heures de dur labeur, parce que je sais que quelque part, entre ces murs gris, elle est là, elle m’attend pour m’apporter le réconfort dont j’ai besoin. Elle me sourit, me prend dans ses bras et je ne suis plus seulement une chose, je respire à nouveau, j’existe lorsqu’elle prononce enfin mon prénom. Elle me ramène à la vie lorsque je m’éteins, lorsque j’abandonne. Elle me rappelle d’un regard que je m’interdis de baisser les bras, que je choisis de vivre quoi qu’il arrive.

« Je ne sais pas comment tu fait. » Surpris, je la dévisage. Parce qu’elle sait que je n’ai pas le choix, que je ne supporte pas de n’être qu’un objet de luxure à peine humain. Mais je n’ai pas eu le choix. Pour les hommes bien souvent le strip-tease ne suffit pas. Peu de clients assument l’idée de se mêler à une foule pour regarder un homme se dévêtir. Parce que la majorité des clients sont des hommes et que l’idée même qu’ils puissent regarder un autre homme avec désir est taboue, proscrite. Et ce vice, ils préfèrent le vivre en privé, dissimulé derrière les murs d’une chambre. « Je déteste tous ceux qui viennent me voir. Ce sont tous les mêmes. Ils voient un corps. Pas une personne. On est remplaçables par n’importe qui. N’importe quoi » Et je partage férocement cette haine, ce dégoût. Bien qu’il y ait des clients différents dont je me suis épris, bien malgré moi. Plus humain, plus doux, ils me courtisent comme si j’étais un homme comme les autres, comme s’ils ne venaient pas monnayer mon corps. Mais ces derniers sont si rares… De belles exceptions. Deux en particuliers, dont j’ose à peine prononcer le nom. Alors je me tais, et j’approuve, ne pensant qu’aux monstres qui usent de nous comme on profite d’un jouet avant de le jeter pour en utiliser un autre, moins abîmé. Et tandis que les bras de Spleen viennent entourer mon corps de cette tendre chaleur, je ferme les yeux. Cette affection, je la chérie, je m’en imprègne pour oublier tout le reste. « C’est impossible pour le moment … mais un jour viendra ou ce ne sera plus le cas. Et ce jour là ils auront exactement ce qu’ils méritent. » Ce jour-là, celui où je pourrais enfin prendre ma revanche, j’en rêve depuis des années. Un rêve qui me permet de tenir le coup quand le désespoir m’envahit. Je ne peux tout simplement pas croire que ça puisse être une simple chimère, une utopie. Je ne veux pas.

« Un jour, Grindelwald chutera de son piédestal. Il entraînera avec lui les injustices qu’il a instaurées. Il crèvera comme tous les autres… Ils crèveront tous, parce qu’une guerre gronde et un jour, elle leur explosera à la figure. » Cette perspective m’enchante, m’enivre et je souris, satisfait de mes pensées morbides. La haine me rend mauvais, elle me rend violent. Et depuis la mort de ma mère, je ne rêve plus que vengeance quelle que soit sa forme. « Je ne supporte pas de devoir me vendre de cette façon, d’être perçu comme un objet. Et quand je me regarde dans le miroir, je me dégoûte… » Un aveu que je garde d’ordinaire pour moi. Parce que je ne veux pas attirer la pitié, la compassion et les larmes de mes proches. Mais je sais qu’avec Spleen, c’est différent. Parce qu’elle peut comprendre, même si elle n’est pas allée jusqu’à vendre son corps, elle n’en demeure pas moins un objet de luxure, souillé par des regards qui sont humiliants pour elle. Elle connaît cette douleur, elle la partage et au fond, je préférerais qu’elle ne comprenne pas, qu’elle soit préservée de toute ça. Doucement, ma main vient effleurer sa joue. « Je sais que si on venait à disparaître, nos clients ne seraient pas inquiétés, mais nous ne sommes pas seuls pour autant. Si personne n’osait rien dire, moi je te vengerais ! Et je ne serais pas le seul à chérir ton souvenir. Le monde n’est pas rempli que de monstres. »  Mais ils sont plus nombreux, plus influents, et ils nous enferment dans des cages, ils nous oppriment et c’est pour ça que j’ai rejoint le Lux. J’aimerais retrouver le monde que j’ai connu autrefois, quand Dumbledore nous permettait de vivre en paix. Une douce utopie, sans doute. Mais la chute de Grindelwald suffirait déjà à satisfaire mes ambitions de vengeance. Ce qui viendrait ensuite, je n’ose l’imaginer. Serait-ce pire ou meilleur ? Tout dépendra de celui ou celle qui parviendra à le détrôner, à sortir du chaos pour prendre sa place. Dans tous les cas, rien ne pourrait être pire que de ne pas se battre et d’attendre passivement des jours meilleurs.

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MessageSujet: Re: Despair or folly ? [Soyan]   Dim 2 Oct - 17:07

Despair or folly ?
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Douleur et tendresse dans les yeux de Spleen. Mais les deux sont supplantés par la lassitude. Elle est si jeune pourtant, mais elle semble soudain avoir cent ans. Elle a trop vu. Trop souffert. Trop haï. Ceux qui se battent sans cesse contre les autres ou contre eux-mêmes, ceux pour qui la douleur est une vieille amie. Ceux qui prient chaque jour pour des morts et une douleur spécifique. Ceux n’auront jamais leur âge véritable. Leurs âmes sont bien trop abîmées. Fêlées. Cassées. Parce qu’ils ont bien trop sur leurs épaules d’une part. Trop de douleur. Trop de larmes. Trop de personnes perdues et jamais retrouvées. Mais surtout ils mènent une guerre. Et pour gagner un combat il faut se salir les mains. Aucun soldat ne peut dire en son âme et conscience qu’il n’a jamais rien fait de mal. Que prendre des vies n’est pas dur. Que cela ne fait pas mal.

Et des soldats c’est ce qu’ils sont. C’est ce qu’est Spleen.

Elle n’a pas le choix. Vraiment pas. Le jour où elle s’arrêtera de se battre elle en mourra. La blonde le sait parfaitement. Parce qu’elle sera définitivement brisée, au point de n’être qu’une poupée de chiffon qu’ils pourront manipuler comme bon leur semble. Mais ce jour n’est pas encore arrivé. Elle s’accroche de toute ses forces Spleen, même si ses ongles se brisent et ses mains saignent contre ces murs de tyrannie elle s’accroche. C’est tout ce qu’elle sait faire désormais. Une routine. Tenir. Encore et encore. C’est sa première pensée le matin. La dernière le soir. La sorcière est consciente qu’il ne s’agit pas d’une véritable vie. Pas vraiment. C’est à peine de la survie. Mais pour le moment c’est le mieux qu’elle peut avoir. Soyan aussi. Tous ceux de leur espèce n’ont pas le droit à la vie. Ils ont le droit à ce qu’ils ont. Cette pathétique excuse d’existence. Cette révolte silencieuse qu’ils ne peuvent exprimer.

Une lancinante ritournelle qui résonne dans le vide. Composée d’appels à l’aide que personne n’écoutera jamais. Elle se tourne vers Soyan. Il a mal. Elle a mal. Le miroir l’un de l’autre. Et elle l’enlace doucement. Comme elle le ferait pour un membre de sa famille. Car c’est ce qu’il est. Un des rares. Quelqu’un avec qui partager sa souffrance. Quelqu’un qui comprends. Un sourire cruel passe soudain sur le visage de Spleen déformant ses traits doux. « Et bientôt. Ils ne peuvent pas l’empêcher. Pas plus qu’on ne peut empêcher la marée. Il y aura toujours des gens pour se battre. Et un jour ils gagneront. Un jour. » Un éclair de mélancolie. « J’espère juste être là pour le voir » Encore vivante et pas un autre dommage collatéral dont le nom s’effacera au cours de l’histoire. Des fantômes sans visages que l’on appelle victime sans savoir le nom d’aucun d’entre eux.

Doucement elle love son visage dans la main de Soyan. Attentive à ne pas lui faire de mal. Et Il y a soudain tellement de douceur dans ses yeux bleus que c’est à couper le souffle. Un contraste d’autant plus saisissant quand on le compare à la haine qui l’habitait encore quelques secondes auparavant. « Tu ne devrais pas. Tu ne fais que survivre. Comme nous tous. Tu n’as pas le choix et tu n’y es pour rien. Tu n’y seras jamais pour rien. C’est de leur faute à eux » elle pourrait aussi bien cracher les mots. « Ne les laisse pas t’atteindre. Pense juste au jour où ils paieront et où l’on sera libres » Elle veut mettre de la lumière dans ses yeux ou il n’y a que de l’obscurité. Elle hausse doucement les épaules. « J’espère que ce jour ne viendra pas. Je ne veux pas mourir à cause d’eux. Et je ne veux pas que tu meurs non plus. » Une pause « Et bien sûr que je ne t’oublierais pas mais personne ne leur dirait rien. » De nouveau la lassitude. Sa tête qui repose en arrière. « Parce que c’est ainsi » De la détermination ensuite. Comme un éclair fugace avant de s’évanouir. « Mais je changerais ça. Même si je dois en crever. Je les abattrais moi-même. »

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