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 ✘ And they lived happily ever after ✦ de Navars

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MessageSujet: ✘ And they lived happily ever after ✦ de Navars   Jeu 18 Aoû - 15:39

And they lived happily ever after
Assoupie entre les tissus rêches de son lit, un souffle court resta coincé au creux de sa gorge alors qu’un sursaut s’empara de son corps. Le coeur haletant, elle resta les yeux grands ouverts, fixant le plafond. L’angoisse de son rêve ne parvenait pas à s’estomper. Encore une fois, elle s’était retrouvée dans cette situation étrange. Prisonnière des limbes. L’Etoile avait beau vivre cette sensation assez régulièrement, elle ne parvenait pas à s’y accoutumer. Alors qu’elle s’allongeait, elle sombrait dans un état de semi-conscience. Le corps immobile, raide, le cerveau, lui, était bien là. Elle entendait tous les bruits autour d’elle mais elle ne pouvait plus rien faire. La première fois, elle s’était cru morte, sa conscience enfermée dans son corps. Elle avait voulu crier, bouger les bras. Rien. Sentiment d’étouffer. En cet instant, elle ne pouvait même plus supporter l’obscurité. Ces méandres sombres lui donnaient l’impression qu’elle allait être aspirée dans les ténèbres. Terreur nocturne qui la suivait depuis son enfance. Ses mains glissèrent sur les lourdes couvertures de laine qui lui tenaient chaud et les repoussa au pied du lit. Le peu qu’elle avait dormi avait complètement éloigné Morphée et ses bras envoutant d’elle. Des pensées sombres envahirent son esprit telle une fumée sinueuse s’installant dans tout son être. Dans quelques heures, elle allait Le rencontrer.

Les doigts fins d’Alcyone ouvrirent un coffret. Elle s’arrêta un instant de bouger et observa l’écrin de velours sombre. Jamais elle n’avait pris la peine de l’ouvrir. Elle connaissait son existence, sa présence dans l’un de ses tiroirs. Oublié dans les confins de ses souvenirs. Posé sur la surface rugueuse faite de bois de sa table, la jeune femme s’adossa contre sa chaise engageant un duel silencieux entre l’objet et les méandres de ses pensées. Se saisissant la petite boite, la jeune femme la fit tourner à plusieurs reprises entre ses doigts. Un grincement se faufila, tranchant le silence environnant alors qu’elle ouvrait enfin le dernier rempart avec cette bague. Cette bague de fiançailles qui lui était destinée depuis plusieurs semaines à présent. Difficile de reconnaitre la dure réalité des faits. Objet de malheur la raccrochant sans pitié à son destin de femme. Un soupir se coinça dans sa gorge alors que ses prunelles se perdaient sur la pierre sombre. Le bijou était d’une grande beauté. Diamant noir orné d’éclats blancs entrelacés autour d’un solitaire. D’un geste de sec, elle referma l’écrin et le jeta à travers la pièce. Elle détestait cette bague. Elle haïssait son patrimoine. Elle arborait soudainement les branches des de Navars qui se balançaient avec mépris parmi les brides de son destin.  Elle rejeta sa chaise en arrière. Elle était sur le point de suffoquer. Pourquoi cette famille était-elle si disloquée ? Pourquoi soudainement il fallait qu’on renoue le fil usé d’une alliance inexistante ? Avec cette branche de sauvage ? Même son frère n’avait pas cillé face à sa colère. Petite étoile à briller aux yeux de tous n’avait finalement pas obtenu gain de cause cette fois-ci. « Tu viendras Alcyone. Tu n’as pas le choix. Et tu oublieras pas de porter ta bague de fiançailles. C’est déjà une honte que… » Le reste des propos de son géniteur resta sans oreille attentive. Debout au milieu de son salon, Alcyone sentait la Terre tourner sous ses pieds. Bien trop vite. Bien trop fort. Du coin de l’oeil elle vit le bijou la narguer alors que la boite s’était ouverte tandis qu’elle avait heurté brusquement le parquet.

Ses doigts glissèrent dans sa longue chevelure blonde. Ses paupières battirent un instant au rythme de son souffle. Comme pour se trouver un tempo. Cette journée allait être catastrophique. Une journée aux traditions anciennes. Des Sang-Mêlés, oui. Mais toute une génération. Française et Bulgare. Sa mère lui avait fait parvenir une robe. Une robe… D’un pas las, Alcyone se dirigea vers la salle de bain tentant de noyer ses rancoeurs sous l’eau brulante avant d’enfiler le tissu fluide d’une couleur écrue. De petites manches couvraient ses épaules tandis que le tissu enlaçait sa fine taille pour mieux s’évaporer ensuite jusqu’à ses genoux. La Sorcière se saisit de sa baguette et releva ses cheveux en un chignon dont quelques mèches s’échappaient. Une légère touche de maquillage plus tard, Alcyone récupéra la bague qu’elle enfila avec une pointe d’amertume. Il lui sembla d’une décharge parcouru son échine à son contact. Croisant son reflet dans une vitre, Alcyone se trouva un air d’offrande jetée au premier Dieu Païen du coin. Sa silhouette disparue au même instant où elle ferma les yeux pour transplaner.

La foule est grouillante. Les doigts d’Alcyone rencontrent le bois rugueux de la surface plane de la table à plusieurs reprises. Un. Deux. Trois. Quatre. Un. Deux… Un cliquetis rythmé qui lui vaut une oeillade sombre de son paternel. En un mouvement lent, elle se redresse et observe cette réunion familiale qui s’offre à ses yeux. Frères, soeurs. Cousins. Oncles, tantes… Des visages encore des visages. Il y en a avec un air familier. D’autres bien connus. Quant à certains… Aussi claires qu’elles soient, ses prunelles lancent une oeillade assassine à son frère. Du bout de l’ongle, elle dessine l’arrondi de sa coupe de champagne qui se dresse devant elle. Relève une goutte de condensation. Aujourd’hui elle n’y est pas. Pas envie de sourire, de boire un verre. De rester assise à manger. Cela n’a jamais été son truc. Elle cherche. Un vieux. Surement dégarni. Décrépi et bedonnant. Une grimace alors que son regard achève sa route sur cette image peu flatteuse près du buffet. «  Bordel, c’est écoeurant… » La phrase a filé entre ses lippes, peut-être un peu plus fort qu’elle ne l’aurait pensé. Alors qu’elle cherche à s’échapper, elle rencontre une autre silhouette à ses côtés. L’inverse du tableau qui vient de se dresser devant elle. Stature haute, les traits éthérés. Ce genre de type à peine dans la quarantaine. Ce genre de type où on se dit, pour un vieux, je le veux bien sous mes draps. Un sourire étire les lèvres d’Alcyone. Se donner contenance. Elle tend sa coupe entre eux, sans fuir ses prunelles acérées et sombres. «  Au de Navars. » Est-ce de l’ironie qui teinte ses propos ou une réelle fierté ? Le verre percute en douceur ses lèvres pour laisser le liquide doré venir caresser sa langue. A l’intérieur elle bouillonne. Potiche écervelée dont on se soucie guère. Objet de réconciliation qu’on a oublié au milieu du salon.
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MessageSujet: Re: ✘ And they lived happily ever after ✦ de Navars   Ven 19 Aoû - 0:12

And they lived happily ever after
La tranquillité. De toutes les choses auxquelles l'homme pouvait aspirer, la tranquillité faisait partie des plus difficiles à obtenir. Il n'existait que fort peu d'endroit où l'être pouvait exister pour lui-même et par lui-même sans que quiconque ne vienne remettre en cause son existence propre. Tout cela était, pour la plupart des Hommes, et plus encore des sorciers, une notion difficile à comprendre ou ne serait-ce qu'à appréhender. Tous avaient quelques obligations liées à leur rang, leur nom, leur sang, ou bien même par la qualité de leur sorcellerie. Tous ignoraient, tous autant qu'ils puissent être, ce que cela pouvait être que d’échapper un instant, peut être trop fugace, à cet amoncellement de responsabilités. Sûrement était-ce pour cela qu'ils arrivaient encore à sourire en ayant l'air d'y croire durant ces longues soirées mondaines. Lui, il ne le pouvait pas. Il était, bien sûr, de ceux là – les biens nés et autres notables – mais il avait assurément trop longtemps échappé à ce monde pour ne pas s'en défier et, plus encore, s'en méfié.

Il était ainsi harassé de cette vie qui était désormais la sienne. Il n'aurait en rien remercié le destin de lui avoir offert cette curieuse fatalité qui se voulait, pourtant, bonne pour lui. Assurément, nombre d'hommes au cœur même de sa famille se seraient damnés pour obtenir sa place sur l’échelle hiérarchique et, sans la moindre hésitation, il se serait permis de la leur offrir. Bien sûr sa condition était indissociable de sa nature, et sa nature était ce qui lui offrait ce rang tant abhorré, en somme rien ne pourrait l'en sauver. Il était le malheureux prisonnier d'une famille qui le gardait enfermé et qui, ingrate, se permettait de juger les actes qu'il n'avait pas encore commis pour la simple raison qu'il avait préféré vivre sa vie plutôt que de s'y faire enfermé. La raison avait néanmoins fini par l'emporter sur ses passions premières et ses envies libertaires, le faisant ainsi revenir à ce qui allait être son enfer.

Pour dire vrai, il s’était dit, armé de quelques vains espoirs, que la tradition aurait disparu en son absence et qu'une personne bien plus qualifié que lui obtiendrait cette place qu'il ne convoitait pas. Il fut déçu d'apprendre qu'il n'en était rien, et plus encore désappointé d'apprendre que la prise de poste s'accompagnait de quelques modalités d’engagement de l'ordre du mariage. Nulle présentation, à peine plus d'informations, on se contentait de lui dire qu'il en serait ainsi pour le bien de tous. De tous, certes, à l'exception du sien. Le fait d'apprendre par la suite que sa future épousée n’était encore qu’à l'aube de son existence fut encore moins pour lui plaire. Il n'avait pas la moindre envie de se marier et l'envie était se faisait encore moindre quand il pensait au fait qu'elle n’était rien de plus qu'une gamine anglaise qui devait être aussi pourrie que les enfants de l'Ouest.

En tous cela, il ne trouvait rien de bien rassurant et rien du tout d'attrayant. Cependant, bien obligé par sa toute nouvelle condition de chef de famille, il se trouvait obligé d’obéir aux convenances et de se montrer courtois durant les mondanités auxquelles il se devait d'assister.  Bien plus encore quand celles-ci consistaient à lui faire rencontrer cette si charmante demoiselle qu'il se devait d’épouser. Sagement, et clairement en retrait, tout engoncé dans son costume trois pièces fraîchement taillé à ses mesures il se montrait poli envers ces invités qui n’étaient pas les siens mais qu’il se devait de traiter en tant que tel. Souriant et prévenant, il tentait de se souvenir des noms de touts ses cousins, tantes, oncles sans toujours y arriver et mourrait déjà d'envie de s'enfuir à toute jambe.

Ainsi fuyait-il sans vraiment le pouvoir vers le buffet beaucoup trop garni de nourritures et d’autant de boissons dont personne n'aurait l'usage. Sans demander son reste il se permettait de s’offrir le réconfort d'un verre de vin rouge relevé de quelques épices. Il n'en apprécia que moyennement les premières intonations sur le bout de la langue puis, à la seconde gorgée, s'en accommoda. Ce n’était pas un plaisir pour lui que de boire de l'alcool, mais il avait quelque peu besoin de se sentir grisé pour pouvoir continuer à jouer au cœur de cette mascarade. Entendant les quelques hourras et autres encouragements portés à l’État de toast, il se retournait vivement pour en saisir la provenance. Il manquait de renverser son verre de vin sur une jeune femme qui lui était en tout point inconnue. Elle levait son verre pour saluer l’événement tout en le regardant d'un air tout aussi mutin que malicieux. Fort délicieuse créature qui, sans nul doute, devait briser des cœurs et autant s’enchaîner les passions. Sans nul doute était elle une de ces créatures de légendes qui attiraient les hommes pour mieux s'en nourrir. Succube. Succulente succube à laquelle il aurait vendu corps et âmes pour le bonheur d'une étreinte et tout autant de disparition.

Il s'extirpait néanmoins de ses pensées déviante pour lui offrir l'esquisse d'un sourire, levant à son tour son verre. « Puisse l'avenir être meilleur que le fut notre passé et meilleur que notre présent. », puis il trempait ses lèvres dans l’écarlate de son vin, savourant le goût épicés de celui-ci sans la lâcher des yeux. Il se laissait porter par ces instincts les plus bestiaux. Ceux qui voulaient qu'il l'imagine nue, et soupirant sous la caresse de sa langue gourmande. Et tandis qu'il avalaient la gorgée la plus bouillante qui lui eut été jamais donné d'avaler, il rajoutait dans un anglais impeccable, montre du savoir qui accompagnait tous ses voyages et mettait ainsi en avant son érudition . « je ne crois pas qu'il me fut déjà donné l'occasion de vous rencontrer. », il tâchait de se montrer chaleureux sans être autrement plus entreprenant qu'il aurait pu l’être, achevant à nouveau ses envies de liberté pour quelques fiançailles auxquelles il se retrouvaient mêler sans pour autant connaître l'autre parti. Indéniablement, il se disait que si sa promise pouvait être semblable à cette diablesse, il aurait bien moins de mal à s'en accommoder. « et j'ai espoir que vous passiez une meilleure soirée que moi. », un nouveau sourire se dépeignait sur son visage tandis qu'il s'arrachait à sa contemplation pour mieux capter le regard de celui qui bientôt serait son beau-frère. Il le regardait d'un air féroce, et attisait ainsi la défiance d'Alistair qui se rapprochait de l'inconnue pour mieux lui proposer son bras. Offre d'une promenade sans nulle doute innocent mais qui lui offrait la possibilité de s’échapper autant que de savourer sa proximité.
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MessageSujet: Re: ✘ And they lived happily ever after ✦ de Navars   Mar 30 Aoû - 1:30

And they lived happily ever after


L’ennuie s’est enroulé insidieusement autour de la jeune héritière. Son regard glisse sur la foule. S’entrechoque avec ces visages trop nombreux. Evite les prunelles de son frère avec assiduité. Jusqu’à ce qu’elle rencontre cet homme. Rencontre percutante alors qu’ils se font face, s’arrêtant juste à temps pour éviter une chute teintée de vin rouge. Il semble presque à l’étroit dans ce costume pourtant taillé sur mesure. Crispé dans ce tissu qui tente de dompter son air sauvabe. Chassant de ses pensées celui qui partagera un jour sa couche dans cette demeure, elle préfère s’attarder sur celui qui lui tient à présent compagnie. Lève son verre afin de le saluer. « Puisse l'avenir être meilleur que le fut notre passé et meilleur que notre présent. » Il s’exprime en un anglais parfait. Aucune accroche sur les mots. Aucune hésitation. Alcyone ne peut s’empêcher de l’observer quelques secondes de trop. Comme pour se souvenir. Se souvenir de visage. Bulgare. Il l’est forcément. Depuis le temps qu’elle sillonne les réunions de famille, elle l’aurait forcément déjà rencontré… Si tous les Bulgares devaient être comme lui, c’est un regret de ne pas les avoir croisé plus tôt. Sauf que la réalité n’est bercée que d’illusions. Et le bedonnant dégarni aperçu un peu plus tôt en est une preuve. « je ne crois pas qu'il me fut déjà donné l'occasion de vous rencontrer. » Alcyone hocha doucement son visage. Si je t’avais déjà rencontré, je m’en souviendrais fut la pensée qui traversa son esprit à cet instant. « Je ne me suis jamais rendue en Bulgarie. Peut-être est-ce pour cette raison qu’on ne s’est jamais croisés. » Ses assassines portent à nouveau sa coupe à ses lippes. Alcyone ne peut s’empêcher de voir son frère un peu plus loin. Son air fermé accroché à son visage. « Et j'ai espoir que vous passiez une meilleure soirée que moi. » Ses iris s’accrochent alors à celles de l’inconnu. La de Navars a tenté d’ignorer sa façon de l’observer mais il faudrait être aveugle pour ne pas réagir. La jeune fleur bleue est presque effarouchée quand sa soeur Irritée d’être là, s’éveille sous ses regards brulants. S’embrase à l’idée de rejoindre sa consœur la Rebelle. Un léger sourire sensuel aux lèvres, Alcyone se saisit avec douceur du bras d’Alistair. Le suivant vers les extérieurs de la demeure, pensant ainsi agacer son ainé.

L’air frais vient alors doucement mordre sa chair, alors qu’un frisson s’empare de son échine. Elle a gardé sa coupe de champagne entre ses doigts. L’alcool semblant lui tenir raison. L’alcool semblant rendre tout cela plus aisé. « Ma soirée sera peut-être meilleure à présent. Et j’espère qu’il en sera de même pour vous. » Un rire s’échappe du creux de sa gorge, tandis que ses yeux pétillent un instant de malice. Elle se détourne, se détachant de son bras. Son regard court sur le jardin. Une beauté sans pareille. Les gens y semblent plus détendus. S’amusent sur une musique légère. Danses traditionnelles que tout de Navars se doit de connaitre. Elle pose un instant son verre sur une rambarde. « Vous vous ennuyez autant que moi, pas vrai ? » Alors qu’elle est bien trop occupée à l’observer, elle ne sent pas venir un jeune homme, qu’elle ne connait pas qui lui attrape la main pour l’entrainer dans une danse. Sans prendre la peine de lui demander son avis. Réticente, elle cherche à se dérober mais déjà elle se retrouve au milieu de toute cette branche bulgare qu’elle ne connait pas. Il ne manquerait plus qu’elle ne fasse scandale en les ignorant… Tout cela pour mieux retrouver cet être ténébreux qu’elle a du abandonner.

Tout le temps de cette danse improvisée, Alcyone le cherche du regard. Lui sourit. Elle ancra ses prunelles à de nombreuses reprises dans les siennes. Parce que ce n’est pas avec ce blond qu’elle a envie de danser. Mais avec Lui. Blond qui ne lui adresse pas un seul mot en Anglais et qui la raccompagne auprès d’Alistair lui cédant sa main dans la Sienne. Il glisse quelques propos à celui dont elle ignore l’identité. Quelques mots vulgaires qu’elle fait mine de ne pas comprendre. Elle profite pourtant. Ne lâche pas sa paume de la Sienne, glisse son assassine sur son épaule l’entrainant à son tour sur les rythmes de la musique qui bercent les lieux. « A nous ? » souffle-t-elle en s’approchant doucement finissant de l’emmener sur cette piste de danse improvisée. Après quelques secondes, Alcyone s’amuse, un peu moqueuse. « Vous n’aimez pas danser, n’est-ce pas ? » Parait que c’est l’homme qui doit mener. Partout. Tout le temps. Pourtant, Alcyone rapproche légèrement son bassin du sien. Une de ses jambes glisse entre celles d’Alistair. Une méthode donné par son maitre de danse. Pour mieux suivre les mouvements de l’autre. Imprégner le balancement de ses hanches. Eviter de s’écraser les pieds. Certes… une bonne méthode. Méthode qui oublie les distances que la bienséance impose. Qui rapproche deux carcasses de façon ostentatoire. Le palpitant d’Alcyone s’embrase légèrement alors qu’elle souffle doucement pour reprendre constance. « Je suis curieuse… Que vous a-t-il dit tout à l’heure ?  » Un sourire. Un air innocent se dessine sur les traits de son visage. Visage qu’elle relève pour mieux l’observer. S’imprégnant quelques minutes de la chaleur de son corps. De son odeur capiteuse.
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MessageSujet: Re: ✘ And they lived happily ever after ✦ de Navars   Mer 31 Aoû - 23:54

And they lived happily ever after
Empreintes du mâle encrées dans un orgueil infondé. Fierté maladive dont il exhale les tourments les plus outranciers. Il est de ces hommes que la bonne et belle compagnie rend heureux, de ceux qui aiment se pavaner au bras d'une compagne de choix, l'arborant ainsi comme une partie luxueuse dont ils ne voudraient se défaire. Elle, créature scandaleusement envoûtantes est de ces femmes que l'on aime montrer, et avec qui l'on aime se montrer. Lui, il ne se serait jamais cru capable de se sentir aussi ridiculement heureux de se voir accompagner. L'être d'ordinaire solitaire se grise d'autant de beauté, se saoule de son espièglerie et se gausse des regards qu'on lui jette. Elles pourraient bien être au nombre d'un millier, ces œillades rendues fades d'outrage qu'il ne s'en soucierait qu'à peine plus tant son attention se retrouve absorbée par sa divine compagne. Il s'amuse de cette situation étrangement ambiguë, ne s'interroge qu'à peine de ces convenances qu'il bafoue tandis qu'elle lui arrache toute sa gaîté et l'expose à la bonhomie. Il se dit alors que les choses sont étrangement mal faites, qu'il s'en faudrait de peu pour que son existence soit plaisante, qu'il s'en faudrait d'à peine un peu plus pour que sa subsistance se teigne de plénitude. Il trouve la chose presque dommage, mais ravale son regret naissant pour se laisser bercer par la douceur de sa voix. « C'est que je ne m'ennuie plus tant depuis que vous m'accompagnez. », argue-t-il alors dans un sourire éclatant, un de ces sourires que trop peu de personnes avaient eu l'occasion d'admirer.

Il pourrait sourire ainsi indéfiniment mais déjà on lui vole sa partenaire, l'arrache à ses bons soins contre quelques pas de danses. Le sourire se teint d'amertume tandis que se dévoilent un peu plus les crocs de l'autre. La bête grogne de fureur autant que l'homme gémit de la froideur que cause le manque. Il n'en reste pas moins maître de lui-même, range la barbarie, défait la sauvagerie, pour mieux se contraindre aux civilités d'usages, aux us et coutumes des siens. Face à la foule, il ne porte pas d'attention à ces autres qui le jugent autant qu'ils le méjugent, ne s'attachent qu'à peine aux regards lourds de sens et aux murmures qui se font entendre sous l'ombre de sa silhouette. Seul, juste là, sur le perron qui mène à ce jardin dont il a façonné les contours, il admire la jeune femme qui danse. Sous la lueur des bougies et des flambeaux, elle virevolte au grès des notes détonantes des violons, danse saccadée aux accents bulgares à laquelle elle se fait sans anicroches. A n'en pas douter, elle dénote bien moins que lui dans le paysage qui s'étend à ses pieds.

Point final mis à la partition, voilà qu'elle revient vers lui, exhale de cet air exalté, expose à ses yeux les monts et les merveilles de sa féminité que la danse n'aura que trop su dévoiler. Le voleur la lui remet sans autres détours, dépose sa main entre ses pattes féroces, et se laisse aller à une remarque ostentatoire autant qu'elle peut se montrer dérisoire, cependant il préfère de loin l'accueillir avec un sourire plutôt que de se rebeller contre son propre clan. Il est des fois, trop nombreuses, où il faut savoir se mouvoir dans l'ombre, faire profil bas. Qu'importe, le temps lui manque déjà, et sous les tic-tacs d'un bal avancé, déjà elle le tire sur ses pas pour mieux le faire danser. Ce n'est pas là un de ses talents, pas là une des pratiques qu'il aura mis à l'usage, il la laisse faire, place à peine ses mains calleuses sur le corps de sa compagne. Chaste caresse sur le bas de ses reins, accord parfait de ses doigts entremêlés aux siens, c'est un corps à corps lent pour lequel il se sait déjà perdant. Inutile de feindre, tout ne serait que davantage ruiné par la maladresse dont il ferait preuve en tentant de se montrer maître à l’œuvre. « J'ai beaucoup de qualités, mais aucune d'entre elles ne fait de moi un bon danseur. Il vous faudra guidé mademoiselle. », argue-t-il un peu penaud mais bon joueur.

Il ne faut alors pas plus que ces quelques mots pour qu'elle se glisse entre ses bras pour mieux devenir maîtresse de sa chaleur. Lascivité exacerbé qui font que leurs corps se mêlent et s'échauffent sans même que leurs peaux se touchent. L'alcool autant que sa beauté le rendent fou, faisant disparaître quelques temps le sentiment de gêne qui pourrait l'égarer. Pourtant, perdu, il l'est déjà. Perdu pour les yeux d'une demoiselle qu'il aurait assurément aimé coucher dans son lit, garder dans sa vie, mais elle n'est pas cette infante qu'il se doit d'épouser, il ne peut céder face aux obligations qui lui incombe. Alors, tout simplement, il profite de l'instant, se laisse porter par les pas lents qu'elle mesure pour lui, ceux dans lesquels elle l'entraîne. Puis, tout se brise tandis que sa voix retentit en un souffle dans son oreille, il en perd la cadence qu'elle impose, et lève les yeux au ciel pour ne pas avoir à soutenir son regard. Le mensonge n'aura jamais été sa spécialité non plus, pourtant il ne le sait que trop bien, il vaut mieux enjoliver le propos plutôt que d'avouer à l'intéressée que son précédent cavalier lui aura trouvé un fort joli petit cul qu'il aimerait bien combler . De ces propos qu'il vaut mieux rendre plus chaste, bien plus jolis à entendre autant qu'à accepter. « Il vous a trouvé très joli et aurait préféré passer plus de temps avec vous. », il s'humecte les lèvres comme pour en chasser le goût aigre du mensonge, « Je suppose que c'est à contre cœur qu'il vous aura rendu à moi. ».

Sans aucune mesure il pourrait lui demander si elle souhaite aller le retrouver, si elle a une préférence pour lui, mais il n'en fait rien, se contente d'outrepasser ses droits en appliquant une pression un peu plus forte sur ses reins. Corps contre corps, il s'agace presque d'être un aussi piètre danseur, pense même à rattraper ce temps qu'il aura perdu dans sa jeunesse, se temps qu'il n'aura pas pris pour rattraper ces curieuses lacunes. Il incline la tête vers elle qui plante son regard azuré dans son regard maure, il inspire son parfum, expire de ses désirs les plus menus, et souffle enfin. « Je ne peux que lui donner raison, vous êtes ici la créature la plus agréable qui soit. », il n'est là aucun mensonge, aucune vérité fallacieuse, rien de plus qu'une révérence qu'il lui offre tandis qu'elle peut se vêtir du manteau de la perfection qu'elle revêt à ses yeux. Lui qui ne se laisse pourtant que trop rarement emporté par les histoires de cœur se sent le sien tremblant à l'idée de s'en séparer. Idylle éclatante et furtive, il se sait déjà contraint de la quitter bien avant que tout ne puisse commencer.

Puis, les violons se taisent brutalement pour laisser place à une cacophonie grandiloquente. Éclats de voix qui transpercent la foule qui déjà se masse pour admirer ceux qui en sont les auteurs. C'est à regret qu'il se détache de se partenaire, ressentant à l'instant même la morsure du froid sur ses chairs délaissées. « Excusez moi. » souffle-t-il tandis que sa main s'attarde encore un peu contre sa paume en guise de promesse. Celle de revenir. Un dernier regard en arrière comme pour pouvoir s'offrir une réponse qu'il ne connaît pas en creux de ses yeux. Déjà, il est loin, il traverse l'amoncellement de gens de diverses origines qui cherchent à admirer le fruit de cet éclat, et d'un coup d'épaule finit par en trouver la cause. Deux hommes se battent au milieu d'une assemblée qui les regarde sans oser un mouvement. En d'autres circonstances, il aurait laissé faire sans se donner le moindre rôle, sans s'offrir une quelconque voix au chapitre dans ce rapport de force. Seulement sa place à changer, et il ne serait que trop mal vu de ne pas intervenir dans un tel étalage de non-sens.

Il souffle, grogne presque, tandis qu'il fend les quelques mètres qui les sépare encore des deux assaillants. Ses mains empoignent le col de l'un, celui qu'il sait être de son sang, et le tire en arrière de toute ses forces. Dans l'empoignade, et sous l'effet de surprise, il ne peut éviter le coup qui le touche à l'arcade. La douleur se fait brûlante autant que fulgurante, elle trouble sa vue tandis qu'il chancelle sur ses pieds sans lâcher cet autre qu'il finit par jeter à terre. L'effort est fugace, pas assez pour l’essoufflé, pourtant c'est bien le souffle court qu'il se redresse. La bestialité fait ronfler son souffle au travers de sa gorge tandis qu'il s’attelle à récupérer de ce coup perdu. La foule autour de lui se tu comme un seul homme, fixant encore les deux sauvageons autant que celui qui les a séparer. « Circulez ! », lâche-t-il sans grand impact sur la foule qui ne bouge pas, « Dégagez ! » fini-t-il par rager tandis que ses paroles trouvent enfin un échos au travers de cette masse qui se disperse pour s'en retourner à ses occupations.

Face au jeune homme qu'il a extirpé de se combat, il reste un instant pantelant avant de lui tendre une main secourable. L'autre le regarde l'air amer tout en essuyant le sang qui coule le long de sa lèvre tuméfiée. Il finit par saisir cette main qui lui est tendu et à se redresser sur ses jambes. Aucun mot n'est échangé, pas même un avertissement, ce ne sont là que des mésententes depuis trop longtemps enfouies, trop longtemps restées interdites.  Il se retourne alors vers la place qu'il occupait naguère, cherche des yeux la belle qu'il aura abandonné. Il la cherche sans la trouver, ne s'étonne pas tant, à tort ou à raison, de sa disparition.
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