Soutenez le forum
Votez pour M&M sur les top-sites et faîtes passer le mot!
Bazzart - PRD.
Ecoulement du temps
Nous sommes actuellement en septembre 1952
Sixième version du forum
On vous donne rendez-vous ici pour vous tenir au courant des dernières nouveautés!

 | 
 

 Money, it's a crime (malkarchie)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Money, it's a crime (malkarchie)   Sam 20 Aoû - 1:06

Money, it's a crime
Malka & Archibald



Ça a commencé par un gargouillis prolongé de la part de son estomac. Rappelle-toi que j’existe, semble lui intimer son ventre. Il a l’habitude, certes, il n’a pas non plus besoin de manger beaucoup. Peu, c’est suffisant, peu, c’est bien, peu, c’est ce qu’il a toujours eu. Chez lui ou à la rue, ça revient au même, il n’y a toujours pas grand-chose dans l’assiette le soir venu, et il vole toujours ce qui lui fait envie sur le marché, sauf qu’à présent son père ne le force plus à rapporter le fruit de son larcin en s’excusant auprès du vendeur. Mais il n’a pas envie de chaparder ce soir, il est trop tard pour le marché de toute façon et le fouillage des poubelles, c’est pas franchement sa tasse de thé – il laisse ça à Malka. Malka. « MALKA » hurle-t-il en se redressant, petit diable sur ressort qui rassemble sa chevelure tout feu tout flamme en une queue de cheval, lissant savamment le haut du crâne – les héritiers n’ont pas un cheveu de travers, c’est bien connu. Sa voix résonne dans le vide qui l’entoure, murs nus, tapisseries arrachées, trous dans le plancher et clous qui dépassent pour écorcher les pieds nus. Il peut presque entendre les rats qui gambadent allègrement, dans ce silence. Tout tombe en ruines dans cette bâtisse, mais au moins, elle est abandonnée, au moins, personne ne sait où il vit, au moins, c’est un toit sur sa tête et un lieu sûr pour ses petits trésors. Parce que personne ne viendra jamais regarder là-dedans. Et parce qu’il s’y sent bien, bizarrement, loin de la maison parentale qui n’était pas franchement mieux qu’ici, il se sent bien dans cet amas de matériaux décrépis et de fenêtres sans carreaux qui laissent filer les courants d’air. Y’a la cheminée. La cheminée fait tout. Il dort toujours à côté du feu, roulé en boule sous deux couvertures qui grattent mais qui tiennent chaud. « MALKA », deuxième édition et il se défait de ses loques pour se parer d’un costume bien trop chic pour sortir de cette baraque. C’est le seul qu’il ait acheté avec ses gallions volés. Celui qu’il porte uniquement pour aller voir sa tante. Il ouvre la malle dans laquelle il empile toutes les robes achetées à Malka, en sort la plus belle, en soie bordeaux, qui lui avait coûté un bras. Mais ça en valait la peine. A s’en décrocher la mâchoire. Il descend d’un étage, tombe nez à nez avec Malka qui, de toute évidence, l’ignorait royalement. « Mets ça, on va au restaurant. »

Par restaurant, il n’entend pas le boui-boui du coin ou le pub d’en face, et il suffit de voir leur tenues pour s’en rendre compte. Il vise bien plus haut. Il vise le grand luxe. Les lustres au plafond et nappes bordées de dentelle, la vaisselle en porcelaine cerclée d’or et la viande hors de prix servie sur des plateaux d’argent. Il salive rien que d’y penser. Il a faim, en fait. « Bonsoir. Une table pour deux, je vous prie » fait-il en rentrant dans le restaurant, déterminé et roulant légèrement les r. Le maître d’hôtel hausse un sourcil, les toise des pieds à la tête, mais le rejeton Weasley reste froid comme le marbre. « Vous avez réservé ? » Le rouquin se penche doucement en avant, prédateur prêt à fondre sur sa proie, regard de glace et mâchoires serrées. « Nous sommes des Romanov. Vous ne voulez pas nous poser cette question. Maître Grindelwald en personne nous a conseillé votre établissement, vous devriez être reconnaissant que nous ayons mis les pieds dans cet endroit. » Il ne se départit pas de cet accent slave ridicule qu’il imite piètrement, mais un rien fait illusion. Sans ajouter un mot, il tire cinq gallions – tout ce qu’il a sur lui, en somme – de sa poche et les colle dans la main du maître d’hôtel, pour lui faire savoir l’étendue de leur fortune toute factice. Il voit l’homme flancher, dodeliner de la tête avant d’acquiescer et de les conduire à une table bien trop au centre du restaurant. « Apportez-nous votre meilleur champagne » lâche-t-il dans un mouvement de main théâtral qui renvoie métaphoriquement l’imbécile au placard, tout en s’asseyant nonchalamment à sa place, drapé de toute sa froideur prétendument bulgare. Le rôle lui va à merveille, il sait définitivement jouer au riche héritier. Ses yeux se posent sur Malka, il fronce les sourcils, tend la main pour lui relever le menton d’un petit geste brusque. « Essaye au moins d’avoir l’air hautain, ça se voit trop que t’as jamais mangé avec des couverts en argent. » Son regard dévie rapidement sur les couverts en question, et il voit très bien venir le moment où il se barre avec une fourchette dans une poche et un couteau dans l’autre. Il mange avec les doigts dans son taudis, toujours, il s’en fiche un peu, mais ne résiste pas à de l’argenterie. Il s’empare du menu, l’ouvrant avidement pour décider quel mets délicieux va ravir ses papilles pour cette fois. N’importe quoi ferait l’affaire, au fond, à force de manger du pain et des pommes, tout le reste paraît exquis en bouche. Il jette un coup d’œil à sa compagne par-dessus la carte, tente de jauger son état émotionnel puis soupire : « Choisis ce qui te fait plaisir, Malka. Mais rien qui puisse tacher ta robe. Je ne connais pas les sorts de nettoyage. » Condition absurde mais vraie. Il déteste les sorts de ménagère, ça lui rappelle sa mère.

CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS


Dernière édition par Archibald Weasley le Lun 22 Aoû - 13:30, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Lun 22 Aoû - 11:20

La vie selon Malka repose sur deux choses simples : un toit sur la tête et de la nourriture, pas plus, pas moins, juste deux choses qui devraient couler de soi mais qui lui ont manqué beaucoup trop régulièrement pendant bien trop longtemps pour qu'elle puisse se permettre de ne jamais l'oublier. La vie selon Malka, donc, repose sur de la bouffe et une baraque et c'est tout ce que peu lui offrir Archibald de toute façon. En pratique, ce n'est pas tout à fait le cas, en pratique, en réalité, il y a d'autres choses dont elle ne pourrait pas se passer, le sourire d'Azalea et la voix de Jupiter, le calme qui l'envahit lorsqu'elle voit des gens qu'elle aime et les yeux levés au ciel d'Archibald, en réalité, Malka a besoin de bien plus que de deux choses pour exister et peut-être ne veut-elle pas l'admettre, et peut-être ne peut-elle pas l'admettre, parce que c'est trop compliqué de se dire que les gens qu'elle aime sont intégré tellement fort à ce qu'elle est qu'elle ne peut plus tolérer de les perdre. Ce n'est pas important, de toute façon, pas maintenant, parce qu'elle n'est en train de perdre personne, parce que rien de néfaste n'arrive, parce que le mauvais œil ne frappe pas. D'un geste absent, elle effleure la chaîne orné d'un œil bleu qui pend à son poignet, marque un temps, inspire profondément. Tout va bien, se répète Malka alors que son ventre gronde. Tout va bien, se répète-t-elle encore une fois lorsqu'elle entend Archibald beugler son prénom. Tout ira bien.

Tout ira bien parce qu'elle s'amuse à l'ignorer parce qu'Archibald agacé est hilarant à regarder. Tout ira bien parce qu'il l'appelle une nouvelle fois, qu'elle se laisse tomber en tailleurs à côté de l'escalier, son plus bel air innocent sur le visage et écoute Archie dévaler l'escalier avec la grâce d'un éléphant qui aurait oublié qu'il savait marcher. Il est élégant comme ça, Archie, comme un pouilleux qui aurait appris les bonnes manières à la volée, comme un type à qui on aurait menti sur le fait d'être riche mais qui n'avait jamais eu en sa possession que deux élastiques et un pipeau. Le fait est qu'il est réellement élégant ce soir et que cela veut dire qu'il a un plan et que cela veut dire que Malka a un plan, c'est un fait. Résultat des courses, elle l'écoute. Résultat des courses, elle n'est franchement pas déçu puisque quelques minutes plus tard, elle est dans sa plus belle robe et se sent belle, puisque quelques minutes plus tard encore, elle est devant un restaurant et que cela sent beaucoup trop bon. Il y a quelque chose d'étrange à arriver devant un restaurant qu'on aurait jamais eu les moyens de se payer même avec la fortune de quatre vies consécutives mais c'est le genre d'étrangetés qui compose sa vie depuis qu'elle est liée à Archie, le genre d'étrangeté qu'elle connaît par cœur. Elle joue le jeu, sans se forcer, avec une sorte de dignité froide et, lorsqu'elle prononce un « Vous pouvez disposer » au serveur qui lui tire sa chaise, elle force à peine son accent, sans prendre la peine de le modifier, pour qu'il y ait juste marqué « exotique » sur son front et que personne ne creuse, et que personne ne cherche plus loin. Le plus fou, c'est que ça marche, et ça ne devrait plus l'étonner, plus vraiment, mais il y a une certaine joie là-dedans. Ils sont entrés, ils sont assis, et elle va se faire une joie immense de commander le plat le plus cher du restaurant, tâches ou pas, parce qu'Archibald vit dans une illusion s'il pense qu'elle va se priver pour lui.

« Les seuls qui ont besoin d'avoir l'air hautain sont ceux qui doutent de leur pouvoir. » lâche-t-elle, à l'attention d'Archie. « Ceux qui ont grandi dedans n'ont pas conscience d'être privilégié, il n'y a que ceux qui ont manqué qui se donnent la peine de l'afficher. »

Elle en a fréquenté, Malka, des riches, pour en tirer cette conclusion, elle en a fréquenté des tas, de la petite bourgeoisie française à des nobles trop attachés à de vieilles particules, des nouveaux riches et des anciennes familles, des riches et des pauvres, tous balancés dans la même école. Elle les connaît, les riches et leurs airs de ne pas comprendre à quel point ils ont plus que le reste du monde, elle les connaît, les nouveaux riches et leur besoin d'écraser, elle ne sait pas lesquels elle déteste le plus mais elle sait qu'ils sont différents, qu'Archibald a une vision distordue de la vie, qu'il ne se rend pas compte. Ca n'a pas d'importance, pour lui, peut-être, mais il rêve à des choses qui n'ont aucun sens et elle ne lui dira sans doute jamais parce qu'il est amusant à regarder.

« Je vais prendre la caille aux truffes. » lance-t-elle d'un ton savamment distant au serveur, lorsqu'il revient s'enquérir de leur choix. « Et le homard. » Elle marque un temps, alors qu'un sourire ourle sa bouche, un sourire un rien moqueur, un rien féroce, monstrueusement vivant et décomplexé : « Et vous, mon frère ? »

Et c'est un jeu, c'est un jeu qui n'en finit pas, parce qu'elle aime piquer Archibald mais qu'elle aime aussi le voir manger à sa fin, parce qu'elle est heureuse d'être ici avec lui mais qu'elle aurait aimé y être avec d'autres, aussi, et elle pense à sa jolie robe et à combien elle aimerait la montrer à Azalea, et elle pense à la coiffure travaillée qu'elle a fait avec ses cheveux et se demande si Jupiter la regarderait avec une pointe d'affection. Peut-être que oui, ou peut-être pas. En attendant, elle boit une gorgée de champagne.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Mar 23 Aoû - 23:44

Money, it's a crime
Malka & Archibald



C’est étrange comme il apprécie Malka, même s’il ne l’avouera jamais, même s’il attribue tout ça à l’affection que tout être humain à pour ses possessions. Malka, c’est aussi bien qu’un gallion, aussi bien qu’un costume, ou qu’un chat de race, mais pas une amie, pas une connaissance, même pas une personne. Malka est à lui, mais ce n’est pas de la possessivité, pas de la jalousie quand elle parle et rit avec quelqu’un d’autre, c’est son droit, le plus légitime, de veiller sur ses possessions. C’est étrange comme il déteste ses sarcasmes et sa répartie, et sa façon de l’ignorer. C’est étrange aussi à quel point il aime tout ça, son sale caractère qui fait qu’elle seule peut le remettre à sa place, même s’il y retourne en râlant. Malka, c’est pas la fille soumise qu’il s’attendait à choper quand il s’est mis à chercher une liée pour faire des coups en duo. Malka, c’est pas la potiche qu’il voulait, la cruche à grosse poitrine à planter au milieu de la foule pour drainer l’attention vacillante des gens, pour que ses mains détroussent en toute tranquillité. C’est mieux qu’une potiche, mieux qu’une cruche, mieux que n’importe quelle fille qu’il ait rencontré. Elle est intelligente, Malka, elle est furieusement intelligente et habile, et il n’aurait jamais pensé apprendre à voler une montre simplement en bousculant sa cible à sa liée, mais il lui a appris, et elle y arrive. Avec Malka, les cambriolages de plus grande envergure deviennent envisageables, et rien que pour ça, il a du respect pour elle. Il a du respect pour elle, parce qu’elle connait la misère, qu’elle a vécu pire que lui, même si elle ne lui en parlera jamais parce qu’il n’est pas quelqu’un à qui l’on se confie, il a du respect pour elle parce qu’elle partage son quotidien, qu’elle ne se plaint pas quand il n’y a qu’une pomme pour dîner, qu’elle est rayonnante dans les robes qu’il achète parfois juste pour la voir sourire, et il la respecte plus qu’il ne respecte certains sangs-purs et certains riches, quoiqu’il en dise. Et parfois, quand il la regarde, il ne voit pas un objet, un outil pour dérober plus facilement son prochain, il ne voit pas un animal de compagnie là parce qu’il n’aime pas dormir dans une maison vide, il ne voit pas une sang-de-bourbe, un être inférieur sur lequel cracher, il voit juste Malka. Et parfois, en la regardant, il se demande en quoi il est mieux qu’elle et la réponse n’est pas aussi évidente qu’elle devrait l’être, pas aussi évidente qu’il voudrait qu’elle soit. Toujours est-il qu’elle l’agace profondément. « Dis-toi que nous sommes de nouveaux riches. Après tout, nous étions pauvres y'a même pas une heure. » Il n’est pas question de lui laisser le dernier mot, et aussi loin que ça le concerne, il n’a jamais connu que des riches hautains, ses cousins comme les petits bourges qui déambulaient dans les couloirs, exhibant leur sang-pur et leur supériorité. Il ne les a jamais estimés, Archie, ne s’est jamais senti comme un des leurs, au fond, et c’est peut-être ça le problème, peut-être pour ça qu’il ne s’est jamais senti à sa place nulle part, peut-être pour ça qu’il va dans des restaurants hors de prix alors qu’il n’a pas un rond, juste pour leur dire que tout ce qui peut sembler hors d’atteinte pour le pouilleux qu’il est ne l’est pas du tout. Question de perspectives.

Il fait mine de réfléchir trente secondes avant de rendre la carte au serveur d’un geste assez brusque, parce qu’il savait déjà ce qu’il allait prendre avant même d’entrer dans le restaurant, avant même d’enfiler le costume, avant même d’avoir l’idée de se pointer là en arborant un dédain aristocratique. Parce qu’il rêve de viande, d’un bon pavé saignant comme il n’en mange que lorsqu’il parvient à se faire inviter à la table de sa tante ou qu’Adham se sent l’âme généreuse envers son petit protégé. Archie n’aime pas spécialement inspirer la pitié. Mais si la pitié peut lui apporter une assiette de bouffe, il ne dit jamais non. « Je vais prendre les noix de Saint-Jacques et le bœuf de Kobe. » Les fruits de mer sont seulement là pour faire illusion. Il laisse au garçon le temps de récupérer leurs menus et de se diriger vers les cuisines avant de lancer très distinctement, un peu à la cantonnée : « Oh et nous prendrons du caviar aussi. » Juste au cas où ils ont encore un petit creux. Un rictus satisfait orne ses lèvres tandis qu’il se retourne vers Malka, se penchant en avant pour saisir son poignet, le serrant entre ses doigts fins de manière peu amicale. « Ton frère, t’es sérieuse ? Si j’étais ton frère, j'te laisserais pas sortir avec une robe qui déconcentrerait n’importe quel imbécile et je t’emmènerais jamais au restaurant. » Il ramène vivement sa main sous la table en croisant un regard curieux d’un autre coupe, maugréant au passage : « J’ai jamais emmené ma sœur au restaurant. » Il n’avait jamais vraiment eu les moyens de l’emmener dans un restaurant, et il ne l’aimait pas beaucoup, du coup, ce n’était pas très pertinent, mais quand même. Il lève les yeux au ciel, se cale dans son siège et continue à voix basse : « Maintenant on va nous prendre pour ce genre de frère et sœur. Les Bulgares sont des putain de détraqués, t'sais. » Et comme pour appuyer ses paroles, il réprime une grimace de dégoût. Il ne fait aucun effort pour sonner distingué, trop habitué à la plèbe pour que chercher des mots pompeux ne soit pas épuisant. Il est paresseux, Archibald, il veut tout, tout de suite, sans avoir rien fait pour. « Tes cheveux sont sympas » lance-t-il à la volée, sans vraiment réfléchir, les yeux ailleurs et un soupir au bord de la bouche. L’endroit a beau être luxueux, il le trouve terriblement ennuyeux. La bouffe et la déco, il n’y a que ça qui vaille la peine. Et encore, la déco n’est pas si attrayante. Il pourrait demander à Malka de jongler avec les couverts pour le divertir mais il n’est pas sûr que ça soit bien perçu. « Quand je s’rai riche, je f’rai de ce resto un truc beaucoup plus amusant. »

CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Lun 5 Sep - 22:32

Elle a un sourire de requin, Malka, un sourire rare, de prédateur, une série de petites dents blanches et pointues, le sourire qui se faufile lorsqu'elle se sent en pouvoir, le sourire qui se déchire lorsqu'elle comprend qu'elle a la main, le sourire qu'elle adresse à Archibald, là, tout de suite, le menton planté entre les mains et son sourire le plus charmant aux lèvres, un pétillement malicieux dans les yeux. Elle ne tique pas, lorsqu'il saisit son poignet, ne retient pas son souffle, ne bouge pas, en réalité, le regard planté dans le sien comme un défi silencieux, fais-moi mal si tu peux, fais-moi mal si t'es cap, fais-moi mal si tu es l'homme que tu prétends être. Les doigts d'Archibald ne s'attardent pas, en définitive, et elle ne fait pas mine de frotter la zone qu'il a saisi, par fierté et par dédain, parce qu'il est plus aboiement que morsure, parce qu'il est tout en image mais que rien ne colle, mais que rien ne s'ajuste, qu'il est un vilain petit canard égoïste et colérique, quelqu'un qui devrait lui cracher dessus pour son sang, pour son comportement, pour le regard qu'elle pose à l'instant sur lui mais qui ne le fait pas, ou alors une seconde, avant de la traiter en être humain, avant de se comporter comme un enfant pourri gâté, mais un enfant avant tout, qui lui achète des robes qui tournent et qui la complimente sur ses cheveux, qui boude et fronce les sourcils mais la regarde droit dans les yeux. Il est bizarre, Archibald, comme un miroir déformant, comme une montre qui tournerait à l'envers, il est étrange, Archibald, étrange et vaniteux et mesquin et cruel, et rien ne prédisposait Malka à l'aimer quand elle ils se sont rencontrés. Elle l'aime, pourtant. Elle ne l'aime pas tout le temps, pas inconditionnellement, pas envers et contre tout mais elle l'aime, quand même, en dépit de ses bassesses et de son caractère pourri, parce qu'il est une maison, au même titre que Jupiter, parce qu'il est une habitude, un refrain entêtant, parce qu'il lui a offert le premier toit stable depuis des années, parce qu'il lui apprend des choses, parce qu'il ne pose pas de questions. Il n'est pas intéressé, Archibald, ou pas curieux, elle n'en sait rien et s'en satisfait très bien. Il n'appuie pas sur les zones douloureuses de son passé. Elle apprécie cela.

Les autres ne comprennent pas. C'est évident, dans le fond, parce que Malka elle-même ne comprend pas. Elle ne comprend pas pourquoi elle lui pardonne d'être un sale con, pourquoi elle l'aime en dépit de ça, pourquoi elle trouve du réconfort à l'entendre pester dans un coin ou pourquoi elle ricane lorsqu'il l'invective dans un coin. Elle ne sait pas. Elle ne se pose pas réellement la question, non plus, parce que ce serait ouvrir un coffre depuis trop longtemps enterré sous le sable, que ce serait penser à Zohar dont elle n'a presque plus de nouvelles, à ce lien de gémellité fragile et cassé qu'elle sent parfois se tendre à se rompre, parce que ce serait penser à sa famille et que c'est un fantôme plus effrayant encore à invoquer. Elle ne peut pas faire cela. Pas maintenant, pas attablée dans la salle à manger d'un restaurant beaucoup trop cher pour eux, pas avec Archibald en face qui démolit et reconstruit à l'intérieur de son crâne la décoration du restaurant. Lorsqu'elle roule des yeux, il y a de l'affection dans son regard.

« Je ne sais pas, non, tu es beaucoup plus versé en détraqués que moi. » répond-t-elle, une pointe de provocations dans la voix alors qu'elle bat des cils, innocente et superbe et paisible. L'accusation en elle-même est vide de sens : elle-même fréquente quotidiennement Archibald qui est un détraqué notoire, elle a bien glané quelques connaissances sur le sujet. « Quant au reste, tant mieux s'ils nous prennent pour ce genre de frères et sœurs, plus nous aurons l'air étrange moins ils réagiront lorsque nous partiront en courant. »

Elle ne sait pas si Archie a un plan plus élaboré que celui-là, s'il a même un plan tout court, si le fait qu'on allait leur demander de la thune lui avait même effleuré l'esprit. Sans doute pas, pour être honnête, mais ça ne l'inquiète pas plus que cela : s'ils se font arrêter, tout lui retombera dessus, parce qu'elle est liée, parce qu'il est responsable de ses actes, parce qu'il s'est mis dans le pétrin tout seul et qu'elle ne peut pas l'en empêcher, si ? Elle rit derrière sa main, lorsque le serveur leur apporte du champagne tout en les fixant d'un regard un peu trop appuyé, parce qu'elle sait que les rumeurs courent déjà, qu'Archibald avait probablement raison à propos des satanés bulgares et qu'elle ne peut s'empêcher de trouver la situation désopilante malgré le danger, malgré tout, parce que l'odeur des plats qui les entoure est beaucoup trop appétissante et que, le temps d'une soirée, elle n'a plus envie de s'inquiéter.

« Je ne sais pas ce que tu ferais de la décoration. » lance-t-elle en trempant ses lèvres dans la coupe, plissant le nez lorsque les bulles piquent sa langue. « Mais tu seras peut-être assez riche pour acheter un musicien convenable, ça manque de musique, c'est certain. »

Et d'Azalea, en vérité, mais elle se mord la langue pour étouffer cette pensée et avale une gorgée de champagne pour la faire glisser et disparaître, s'évaporer. Azalea ne peut pas être là. Azalea ne trompe pas, Azalea ne triche, Azalea est honnête, Azalea ne comprendrait pas, le rush d'adrénaline dans ses veines et le mensonge qui vient plus facilement que la vérité, une éternité à dire des choses fausses et la vérité si dure à extraire. Elle secoue la tête, lorsque leurs assiettes volent jusqu'à eux – le sort a le mérite d'être bien lancé, précises, elles se posent entre les couverts, sans valser, sans se renverser. Elle se pourlèche les lèvres.

« J'te dis pas bon appétit, du coup ? » pique-t-elle, taquine, en imitant la façon qu'il a de coller les mots là où elle les découpe précisément. « Faudrait pas qu'on soit trop familier, t'sais. »

Et de battre les cils, innocente, alors qu'elle attrape ses couverts à poisson pour entamer son homard.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Ven 16 Sep - 22:11

Money, it's a crime
Malka & Archibald



Il lève les yeux au ciel, pince les lèvres, lance des regards noirs et marmonne des injures inaudibles, suite de réactions trop habituelles chez Archie, surtout avec Malka, parce que Malka répond, Malka répond toujours, et ça l’agace, et ça l’énerve, son sourire trop grand et son air de savoir plus, de savoir mieux. Il bouillonne beaucoup, Archie, le tempérament de feu qu’on prête aux roux, sans doute, mais le cadre ne colle pas et il ne peut pas taper des pieds et faire une scène comme s’il avait cinq ans. Mais c’est sûrement cinq ans qu’il a aux yeux de Malka, elle le voit comme un gamin, elle a raison, parce qu’il réagit comme tel, toujours. Il est tout sauf mature, Archie, il se comporte en enfant gâté alors qu’il ne l’a jamais été, en gamin blessé qui blesse en retour d’un c’est celui qui l’a dit qui l’est. Archie pourrait être un fils de riches, de ceux qu’on a laissés trop souvent seul, lui jetant des cadeaux pour compenser l’absence, à qui on ne peut plus rien refuser parce qu’il reprochera toujours à ses parents leur abandon. Pourtant, Archie est née dans une famille à l’opposé parfait de tout ça, une famille aimante, présente, juste et loyale, et il se comporte comme si ça avait été la pire famille qui soit, alors que des milliers de gosses l’envieraient probablement d’avoir eu cette chance. Etre pauvre, ça n’aurait dû être qu’un détail vite oublié, un détail surmontable, clairement, parce qu’il était un des meilleurs, à Poudlard, même s’il brillait aussi par son manque de discipline, son impatience et son insolence. Tout pour s’en sortir. Mais il s’obstine à ne pas vouloir, ou à trop vouloir à la fois. Il a les yeux plus gros que le ventre, Archie, et c’est ce qui le perdra, à la fin.

Le champagne arrive et il boit trop vite, assoiffé, l’envie de consommer pour consommer au fond du corps, parce que Malka le rend dingue et qu’il n’a pas de plan à part courir puis transplaner, ce qui reste toujours la solution à tout, avec lui. Il sait que Malka s’en fout, Malka ne demande jamais quel est le plan, parce que c’est toujours le même. Il est inconscient, Archie, du danger, des répercussions, de sa bêtise quand il dit à Malka de retirer sa rune rouge, comme si ce n’était pas défier les lois de Grindelwald. Il ne réfléchit pas à ces choses-là, il réfléchit au jour le jour, trop jeune pour planifier sa vie plus longtemps qu’une heure à l’avance. Pourtant, sa tête est bourrée de plans, tous plus élaborés que les autres, il pense à tout, au moindre risque, à toujours s’assurer une deuxième porte de sortie au cas où. Simplement, ce ne sont pas des plans de vie, mais des plans de vol, et pas le vol d’un portefeuille dans un sac ou d’un collier à un cou, ni d’un repas dans un grand restaurant, vols pour lesquels il ne s’encombre jamais l’esprit, mais de choses bien plus précieuses, secrètes et puissantes. Des vols impossibles sans associés. Et c’est là tout le problème de son existence. Comment enrôler des gens avec sa gueule d’adolescent pré-pubère. Parce que si à seize ans, on lui riait au nez, on lui rit encore au nez, et il se demande à quand le jour où son visage prêtera moins à rire. Visiblement pas aujourd’hui parce que Malka se moque encore de lui lorsque les assiettes de crustacés et de caviar voltigent jusqu’à leur table, imitant sa façon de parler aussi châtiée que celle d’un marin saoul. « Compte pas sur moi pour te sauver si tu t’étouffes » et il pique du nez sur ses noix de Saint-Jacques.

Il est trop soigneux, Archibald, quand il dévore. Méthodique. Fourchette et couteau dansent dans un alignement parfait, résultat d’une éducation où chaque miette de pain compte dans l’assiette. Il sait très bien qu’un plat trop bien terminé ne fait pas très haute société, qu’il ne faut pas lécher l’assiette après, ni bouffer tout le pain dans le panier. C’est pour ça qu’il prend des coquillages, alors qu’il déteste ça. Il mange l’accompagnement consciencieusement, découpe les fruits de mer avec précision, se sert du caviar (ça, il aime), respire, mâchonne une noix de Saint-Jacques avec répugnance, recrache dans l’assiette, fait signe au serveur d’un claquement de doigt. « C’est dégueulasse. Faites-le savoir au cuistot et envoyez la suite dès que ma sœur a fini son homard. Elle a de la chance, ses papilles gustatives ne sont pas très développées. » Il offre un rictus mauvais au malheureux, plein de mépris et de dégoût, et c’est ce qu’il feint le mieux, puisque c’est une de ses expressions habituelles. Il attend que le serveur s’en retourne en cuisine avec son assiette pour se resservir du caviar, pleinement satisfait. Archie est lâche, et il aime être exécrable là où on ne peut rien lui dire. « T’étais riche, en Italie ? Enfin. En Espagne ? Ou… en Russie ? T’es quoi, encore ? » Il grimace, comme s’il essayait de se souvenir, parce qu’après tout, il avait posé la question sur son accent le jour où il l’avait rencontrée, même s’il n’essaye pas vraiment, trop égocentrique pour se soucier de la vie de Malka. Il l’observe manger avec attention, prêt à lui faire une remarque au moindre geste manquant de classe, et en se félicitant mentalement d’avoir choisi cette robe.

CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Mer 28 Sep - 19:34

Il y a de la méthode, quelque part dans leur façon de manger, une méthode comme un stigmate, un signal lumineux, la trace la plus palpable de la pauvreté. Il y a de la méthode, quelque part dans la façon dont rien ne se gâche, quelque chose de violent et d'affamé dans la façon dont ils dévorent, même armé de couverts d'argent, dans la façon dont ils se repaissent, dans la façon dont ils étanchent un appétit réel et inassouvi habituellement. Elle méprise les gens autour d'eux, Malka, elle les méprise parce qu'ils sont riches, elle les méprise parce que la femme à sa droite joue avec les ravioli qu'elle a commandé alors que la simple portion qu'elle a dans son assiette l'aurait nourrie elle et Archibald pour deux repas, elle les méprise parce que l'homme derrière elle ne cesse de se plaindre à propos de la qualité de la nourriture, elle les méprise parce qu'ils sont riches et qu'ils n'ont jamais connu la faim, celle qui serpente et qui tourmente qui rampe le long de l'estomac, elle les méprise parce qu'ils ne savent pas ce que c'est que d'avoir tellement faim qu'on ne ressent plus rien, cette sensation terrible d'avoir l'impression que tout son corps se replie sur lui-même pour se dévorer. Ils ne savent pas et elle les hait. Ils ne savent pas et elle les déteste. Archibald sait, lui. Archibald est stupide et puéril mais Archibald sait. Il la connaît la Faim. Peut-être moins qu'elle et peut-être différemment mais il la connaît, il a vécu avec, quelque part pendant ces dernières années, avec ce trou au creux du ventre que rien ne semble combler, avec ce désespoir de trouver quelque chose à manger, quelque chose qui réchauffera, quelque chose qui tiendra. Il la connaît la Faim et ça se lit dans ses gestes et dans ses yeux et si elle a le cœur de le moquer pour beaucoup de chose elle ne peut pas le faire pour cela parce qu'elle est là, elle aussi, piteuse et affamée, à dévorer pour remplir le gouffre qui la guette et qui rend chaque matin plus difficile, chaque geste moins facile. Elle ne peut pas se permettre de faillir, Malka, parce qu'Archibald la garde parce qu'elle est utile, parce qu'il suffit d'une erreur pour qu'il finisse condamner, une seule petite erreur pour que le fragile univers qu'elle s'est créé chavire. Elle ne peut pas se permettre une erreur ou une approximation, un geste déplacé et pas assez assuré, elle ne peut pas, simplement pas, et elle mange pour se rassurer, pour chasser le tremblement de ses doigts et l'engourdissement de ses membres le matin, pour chasser la finesse de ses poignets et ses côtes qui saillent bien trop parfois.

« Je n'y compte pas. » répond-t-elle simplement à Archie quand le serveur repart avec l'assiette de ce dernier. Elle découpe avec une précaution de chirurgien son homard pour en tirer le maximum. « Tu profiterais de la panique qu'un étouffement de ma part provoquerait pour détrousser les bonnes femmes. »

En vérité, elle ne sait pas. Malgré tous ses froncements de sourcils et toutes ses grondements, Archibald aboie plus qu'il ne mord et elle en est venue à penser qu'il tient peut-être à elle, à sa façon, de cette façon d'enfant capricieux qui penserait qu'elle lui appartient sans en être tout à fait certain. En vérité, elle est même sûr qu'il tient à elle, et pas seulement comme un investissement, pas seulement comme un appat, parce qu'il n'avait aucune raison de l'emmener ce soir-là, par exemple, parce que même s'il est égoïste et insupportable, même s'il lui fait rouler des yeux et même si elle vieillit sans doute bien trop vite à cause de ses simagrée, il reste attentif, à sa manière, sans l'écouter et sans s'intéresser à sa vie, et tant mieux pour ce que ça vaut, mais en prenant soin d'elle de la façon la plus tordue qui soit mais d'une certaine façon tout de même.

« Grèce. » complète-t-elle en terminant son homard. Elle esquisse un signe de la main en direction du serveur, l'air ennuyée et dédaigneuse. « Non. » Elle ne sait pas s'il attend un réponse plus complète que cela mais la mention de la Grèce lui fait serrer les dents et elle le foudroie du regard d'avoir osé invoquer des fantômes déplaisant. Pour se venger, elle continue, parce qu'il sait qu'il n'y a rien qui l'agace plus que d'avoir à subir des monologues qui ne l'intéressent pas : « Pas vraiment. Nous l'étions plus que la moyenne, j'ai été à l'école française, ça coûte cher, je suppose, et mes parents ont pu déménager en France lorsque j'ai été à Beauxbâtons. J'ai une grande famille, ça a aidé. » Elle agite la main, l'air absente, en direction des gens autour. « Pas aussi riche que cela, dans tous les cas. Et maintenant, il ne reste plus rien. »

Si elle s'adressait à Jupiter, peut-être sa voix aurait-elle tremblé. Jupiter comprend la perte, Jupiter comprend ce qu'elle a traversé, la certitude de ne jamais pouvoir retrouver ce qu'on a perdu. Jupiter sait, c'est partout dans ses yeux. Mais c'est Archibald, en face d'elle, et elle ne lui livre rien, qu'un masque impassible et négligent, comme si l'histoire qu'elle lui a raconté ne signifie rien, comme si ça n'a aucune importance. Elle ne lui dit pas qu'elle cauchemarde la nuit, elle ne lui parle pas de la Menorah qui décorait la cheminée et qui a dû disparaître quand ses parents ont disparu, du collier qui pendait à son cou et avec lequel Zohar était parti. Elle ne lui parle pas de Zohar, non plus, de son double, de son jumeau, dont elle n'a plus de nouvelles, qui a déserté de sa vie. Elle ne lui parle pas. Il ne comprendrait pas.

« Et toi alors, ta famille ? »

Parce que la vérité, c'est qu'elle n'en sait rien.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   Mar 15 Nov - 15:56

Money, it's a crime
Malka & Archibald



Archie ne sait pas pourquoi il pose des questions à Malka. Il ne sait pas si ça l’intéresse vraiment, s’il veut savoir, au fond. Il ne sait pas s’il a voulu être gentil (on y croit) ou si ça l’agaçait seulement d’avoir oublié ce détail infime, parfaitement impersonnel sur Malka, comme quand on oublie ce qu’il faut pour les courses devant l’étal du marché. Il ne sait pas, et il aime encore moins l’idée qu’elle lui pose la question en retour. Il s’en fiche, au fond, qu’elle soit Grecque, Espagnole, Russe ou Française, ça n’a aucune importance, aucun intérêt, il ne le retiendra pas, il l’aura oublié avant la fin du repas. Il voulait sans doute seulement qu’elle arrête de le regarder avec son air moqueur, l’air d’en savoir plus sur la vie qu’il n’en savait. Archie sait que Malka n’aime pas parler de son passé, il en a repris pleinement conscience quand elle lui a jeté un regard noir, mâchoires tendues. Il n’a jamais posé beaucoup de questions, parce qu’il n’aime pas non plus qu’on lui en pose, et parce que le passé de Malka ne le concerne pas, l’intéresse encore moins. Là, il aimerait juste qu’elle s’étouffe pour de vrai pour récupérer quelques portefeuilles au passage. Il plisse le nez, se masse le visage de deux doigts sceptiques, fait une moue boudeuse, puis désabusée. Archie a tout d’un enfant, un enfant mal éduqué, un enfant à qui on n’a pas appris à retenir ses émotions, à cacher son mépris, son dégoût, ou même sa joie, plus rare quand on parle de lui. Archie fait des tas de grimaces, à longueur de temps, son faciès en dit long sur à peu près tout ce qu’il pense, il ne sait pas rester impassible, inexpressif. Il y a toujours ce tempérament tout feu tout flamme des Weasley qui s’exprime, de la pire des façons chez Archie. Il s’interroge sur ce qu’il pourrait répondre, évidemment, sur ce qu’il a envie de répondre. Pas grand-chose, au fond. La déception de son père. Les pleurs de sa mère. La colère de sa sœur. La disparition de son frère. L’apparition d’un pavé de bœuf de Kobe juste sous son nez. Ça suffit pour tout effacer. La futilité est rassurante, Archie s’y vautre volontiers, pour éviter de réfléchir à son égoïsme, éviter de se sentir un tant soit peu coupable.

Il tape beaucoup des pieds, Archie, il râle et hurle et prend ses grands airs, en veut au monde entier de ne pas lui avoir donné ce qu’il voulait. Il n’a pas vraiment de morale, pas vraiment honte, pas vraiment de code d’honneur, même si ça lui arrive d’en inventer un pour faire l’intéressant. Il y a ses sourcils qui se froncent et son museau qui se retrousse, ses mains qui tirent sur ses cheveux trop longs et ses lèvres qui se pincent beaucoup trop, une petite chose aux allures pas si douces, pas si agréables. Il y a aussi son sourire carnassier devant la viande qui vient d’arriver, un regard qui a déjà tout dévoré d’avance, la faim qui devient presque gourmandise au creux de l’estomac. Il découpe soigneusement, mais mange presque trop vite, ne relevant plus le nez de son assiette, mâchonnant lentement histoire de se souvenir du goût pour les jours à venir. Il a le goût du luxe, c’est terrible et terrifiant, car il n’aime que les mets les plus fins, les étoffes les plus soyeuses, les parfums les plus exquis, les objets les plus raffinés, tout ce qui est hors de prix est bon à prendre, tout ce qu’il n’a jamais eu est bon à prendre. Archie n’a pas grandi dans l’univers auquel il aspire, tout entier, l’univers auquel il croit appartenir, l’univers qui lui est dû, depuis toujours. Archie a grandi bouffé par l’envie en regardant les gamins plus riches que lui. Et beaucoup trop de gamins avaient une famille plus riche que la sienne, si pas l’entièreté du monde, en fait.

Il met un long moment à répondre, il a déjà fini son plat, en vérité, Malka pense sans doute même qu’il a simplement ignoré sa question. Malka a l’esprit aiguisé et ça l’énerve, parce qu’elle comprend peut-être son fonctionnement mieux que quiconque, parce que c’est la seule constante dans sa vie depuis qu’il s’est retrouvé dehors, la seule personne avec qui il partage des choses sans y être forcé, sans se sentir contraint, même si le partage est clairement inéquitable. Partager, c’est déjà pas mal, pour Archie. « Je pense pas avoir déjà eu une famille. J’veux dire, ma mère m’a mis au monde et j’ai des liens de sang avec eux, on peut pas trop en douter vu ma gueule. Mais je me suis jamais senti proche d’eux. Ils ont toujours eu beaucoup trop d’idéaux. » Des idéaux qu’il n’a jamais compris, qu’il n’a jamais considérés comme importants ou comme valant la peine d’être défendus. Archie, c’est l’opportunisme, et seulement l’opportunisme, il donnerait corps et âme au plus offrant. Rien qui se rapproche de l’idée de famille dans sa mentalité, des gens qu’on aime sans raison, juste parce qu’ils sont là et qu’ils lui ont offert toute leur affection depuis qu’il est né. Archie est ingrat, clairement, il a toujours pris soin d’effacer tous les points positifs de sa famille pour se concentrer sur leur pauvreté et leur incapacité à le comprendre, pour leur reprocher à peu près tout et n’importe quoi, tous ses malheurs, parce qu’il n’est pas né dans la bonne famille, selon lui. « Mais parlons pas de ça, c’est pas drôle et on est là pour s’amuser. J’voulais pas vraiment te demander à la base. » Il secoue la main en terminant les accompagnements qui gisent encore dans son assiette, jouant avec sa fourchette, dessinant des motifs dans la sauce. « Tu veux un dessert ou tu es prête pour la course ? »

CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS
Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Money, it's a crime (malkarchie)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Money, it's a crime (malkarchie)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Jamaica struggles to fight crime
» L'assassin revient toujours sur les lieux du crime. Diantre, qu'on l'arrête!
» 2.07 : Dirty Money
» crime contre l' humanité
» A qui profite le crime ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: