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 take a breath and count to three ∞ (hermès)

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MessageSujet: take a breath and count to three ∞ (hermès)   Lun 29 Aoû - 12:13

take a breath and count to three
hermès & edna

Edna jette un dernier regard à son reflet dans le miroir, peu convaincue par l'enfant lasse et fatiguée qu'elle y voit. Si le maquillage a réussi à cacher les poches qui se creusaient sous ses yeux, elle n'est pas certaine de réussir à duper la foule qu'elle doit affronter ce soir. Comment le pourrait-elle? Comment pourrait-elle prétendre que tout va bien? Le père de famille mort, assassiné ; son corps retrouvé dans un état plus que pitoyable. Et l'univers de sa plus jeune fille qui s'effondre. La petite fillette qui voyait son père invincible forcée de redescendre sur terre. Elle lisse les plis de sa robe, Edna, comme pour effacer les souvenirs douloureux qui s'insinuent dans son crâne. Ca fera l'affaire. Elle n'a plus le temps de se changer de toute manière ; sa petite robe noire - symbole du deuil qu'elle porte toujours - sera parfaite. Ses muscles se contractent et un sourire apparaît aux lèvres de son reflet. Elle n'a jamais été particulièrement bonne à feindre les sourires mais aucun n'était aussi mauvais que celui-là. Nouveau soupire alors que ton regard croise cette fois celui de l'Aîné, qui trône dans un coin de la pièce, confortablement installé dans un fauteuil. Des heures qu'il est là, à la surveiller. Comme pour s'assurer qu'elle ne fuira pas. « Reprends-toi. C'est juste l'affaire de quelques heures. » Edna hausse les épaules alors qu'elle détourne le regard. Elle aurait préféré repousser cette réception et il le savait. Mais depuis la mort du patriarche, il endosse le rôle de chef de famille et il ne lui a pas laissé le choix. Les Prewett avant tout. Et s'ils tiennent à venger la mort d'Hyperion, l'aîné refuse que le clan ne paraisse affaibli. Des sourires, c'est tout ce qu'il veut d'elle pour ce soir. Tout ce qu'elle ne sait pas faire. Père lui aurait pourtant prodigué les mêmes conseils, les mêmes remarques. Un regard en direction de l'horloge accrochée au mur ; il est l'heure d'y aller. Une jeune fille digne de ce nom ne fait pas attendre les autres.

(...)

Elle déambule à travers la salle de réception, Edna, adressant ci et là de petits sourires aux invités, s'arrêtant parfois pour écouter les babillages inintéressant qu'on lui sert - ponctués de toutes mes condoléances et de félicitations pour vos fiançailles. Le temps semble s'être arrêté et la sorcière s'ennuie à mourir. Solitaire et discrète, elle n'a jamais aimé être au centre de l'attention d'autrui, préférant de loin évoluer dans sa bulle plutôt que sous le feu des projecteurs. Enfant en l'honneur duquel on avait organisé une fête dans laquelle elle ne se sentait pas à sa place. Fichue ironie. Elle ne connait pas même la moitié des gens qui se présentent à elle - on ne lui a pas laissé jeter un oeil à la liste d'invité avant ce soir, prétextant que ce n'était pas à elle de s'en occuper. Un instant, son esprit se permet de vagabonder, osant se demander si les Quirrell font partie de la liste des personnes présentes et sa gorge se sert. Elle espère bien que non : Edna n'a envie de croiser ni père, ni fils - surtout pas après la façon dont s'est passée leur dernière rencontre.

Ses prunelles, détaillant avec soin les convives, finissent enfin par repérer quelqu'un de connu. Hermès, l'heureux fiancé. L'autre bête de foire de la soirée, obligé de supporter les bavardages incessants d'inconnus. La jeune Prewett esquisse quelques pas dans sa direction, se saisissant au passage de deux verres lorsqu'un serveur se présenta à sa hauteur, avant d'accoster le groupe. Nouveau sourire en direction des convives - un peu plus naturel avec un peu de chance - alors qu'elle tend l'un des verres au Travers. « Excusez-moi, puis-je vous l'emprunter un instant? » Et comme ils n'y voient aucune objection, elle le saisit doucement par le bras pour le traîner un peu plus loin, attendant d'être à distance raisonnable du groupe qu'ils quittent pour reprendre la parole : « J'espère que tu t'amuses plus que moi. » Ce qui, en soit, n'est pas très compliqué. Elle prend une gorgée de son verre - s'imaginant déjà le regard noir que l'aîné porterait sur elle s'il la voyait une boisson à la main. « À la vitesse où vont les choses, ils pourraient bien vouloir nous marier avant la fin de la semaine. » De l'amertume dans sa voix. Pourtant, Edna l'a voulu ce mariage, préférant proposer elle-même un nom au paternel plutôt que d'attendre qu'on ne l'offre à quelqu'un dont elle ne savait rien. Un arrangement entre les deux partis concernés de façon à éviter le pire. Vingt-quatre ans, c'est un âge raisonnable pour se marier. Pourtant, elle a l'impression que la situation lui échappe ; comme si elle était incapable de la contrôler depuis sa proposition à Hyperion. Comme si elle ne menait plus la danse.
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MessageSujet: Re: take a breath and count to three ∞ (hermès)   Dim 4 Sep - 20:21

Il y avait une odeur de cendres dans l'air ce matin-là. Ce n'était pas l'odeur habituelle de la cheminée, pas l'odeur des cendres froides de Jupiter dans le cendrier, pas l'odeur des papiers qu'il avait écrit et brûlé, l'odeur des photos évaporés. Ce n'était pas l'odeur des souvenirs ou l'odeur de l'hiver, ce n'était même pas une odeur, dans le fond, peut-être, c'était l'âpreté au fond de sa gorge et sa langue qui reposait mollement dans sa bouche, c'était l'odeur du devoir et l'odeur du mur contre lequel il butait, face la première et main dans le dos, une bague fantôme autour du doigt. Il n'avait pas dormi chez lui, ce soir-là. C'était peut-être pour cela qu'il se sentait aussi peu stable, en déséquilibre au-dessus d'un gouffre, les deux pieds sur un fil prêt à se rompre. C'était peut-être parce qu'il fuyait le regard d'Agrippine ou peut-être parce qu'il savait déjà comment tout cela allait se dérouler, peut-être parce qu'il ne savait que trop bien à quel point la journée allait être longue et épuisante. Les fiançailles chez les Sangs-Purs étaient toutes les mêmes, la réunion de deux fortunes et deux lignées magiques, une histoire de puissance et de volonté plus que de choix. Les siennes n'y échappaient pas. Il avait choisi Edna, évidemment, et c'était peut-être la plus grosse rébellion à laquelle avait dû faire face Néron. Il avait choisi Edna, avait claqué les cartes sur la table, avait dit elle et pas une autre, parce qu'Edna était sa complice, parce qu'Edna était griffes et crocs, parce qu'Edna était puissante et au pied du mur, les mêmes cendres dans la bouche et la même soif de liberté. Il avait choisi Edna, et c'était déjà quelque chose, mais il n'avait pas eu le choix de ne pas choisir, le choix de ne pas se livrer à ces parades ridicules, le choix d'échapper aux conventions et aux bagues et aux serments. Il avait eu l'obligation de faire un choix et c'était peut-être déjà quelque chose mais ça n'atténuait pas le poids du charbon dans sa gorge. Face au miroir, il avait inspiré, expiré, projetant une buée dense sur le verre, brouillant les traits de son visage, une seconde, à peine, juste le temps pour lui de se demander pourquoi il n'était pas un autre, pourquoi il n'était pas William, pourquoi il occupait une place qu'il souhaitait céder, pourquoi il combattait des batailles qui ne concernait pas. Il avait battu des cils, avait effacé d'un geste de la manche le trouble de son visage. Il n'avait pas le temps pour ça.

Personne n'avait le temps de douter lorsqu'on donnait une fête pour ses fiançailles. Aucun Sang-Pur n'était assez mal élevé pour avoir des états d'âme le jour de l'annonce de ses fiançailles. Aucun Travers, en tout cas, et il avait noué sa cravate d'un geste mécanique, les yeux rivés dans ceux de son reflet. Tout ça n'avait aucune importance. Rien n'en avait. Soyan, Stitch ou Jupiter n'avaient rien à faire dans ces affaires-là.

Il ne pouvait pas y penser. D'un geste de la main assuré, il avait transplané.
Lorsqu'il avait poussé la porte, la foule des invités l'avait avalé.

Il avait arrêté de compter les félicitations, un verre de whisky-pur-feu à la main et l'air dans son milieu. Il avait arrêté de compter les sourires de connivences ou les commentaires sur les merveilleux yeux d'Edna, il avait arrêté de compter tous ces gens qui pensaient savoir quelque chose mais qui ne savait rien de l'arrangement qui les liaient. Il avait arrêté de les compter, parce qu'ils n'avaient aucune importance, parce qu'ils étaient plein de conventions et de bonnes manières, qu'il n'y avait pas une once de sincérité dans la joie toute fabriquée qu'ils arboraient. Poli, il avait souri à son patron, depuis l'autre bout de la pièce, avant de détourner les yeux pour chercher Edna, parce qu'elle était la seule personne avec qui il pouvait dialoguer librement, parce que dans la foule des visages familiers il ne voyait personne à qui il avait envie de parler. Peut-être était-ce pareil pour elle parce qu'il avait à peine eu le temps de penser qu'elle était à ses côtés et qu'il se laissait emprunter, un sourire un peu moins tendu sur les lèvres, un relâchement infime dans les épaules alors qu'il pressait une main sur son épaule, parce que c'était un contact autorisé, parce que toutes les paires d'yeux qui les fixaient à présent ne pourraient le lui reprocher.

« Tu sais bien que non. » avait-il répondu, gentiment, avant de faire tourner le whisky dans son verre. « Tout cela est d'une vanité impressionnante. » Vanité, vacuité, vide, vide, vide, le monde dans lequel ils tournoyaient. « Ne t'inquiète pas de notre mariage, Edna, je n'ai pas encore joué tout mon jeu. Je surveille tes arrières. »

Il savait sur quels boutons appuyer pour faire reculer son père, même temporairement, savait comment repousser l'échéance, encore un peu, avait été trop longtemps au pied du mur pour ne pas savoir comment s'échapper. Il était un pion sur un jeu d'échec qu'il connaissait par cœur. Gentiment, il avait pressé son épaule alors que l'orchestre que son père avait dû payer une fortune commençait à jouer. Il avait senti, une seconde, le poids des regards au creux de sa nuque, avait levé une seconde les yeux au ciel avant de tendre une main vers elle :

« M'accorderais-tu cette danse, très chère ? » Il s'était fendu d'un maigre sourire alors qu'il posait son verre sur une table adjacente. « Si ça peut constituer une consolation, je suis bon cavalier. »

Il avait suivi des cours, après tout.
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