Soutenez le forum
Votez pour M&M sur les top-sites et faîtes passer le mot!
Bazzart - PRD.
Ecoulement du temps
Nous sommes actuellement en septembre 1952
Sixième version du forum
On vous donne rendez-vous ici pour vous tenir au courant des dernières nouveautés!

 | 
 

 Too long, too late (ft. Jupiter)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Too long, too late (ft. Jupiter)   Lun 29 Aoû - 21:18

Who was I to make you wait
Claire & Jupiter


« Respire, respire un grand coup », se dit-elle. Claire n'avait pas pour habitude de se parler à elle-même mais cette fois, elle en avait grand besoin. Elle pouvait sentir son cœur tambouriner contre sa poitrine, à lui faire mal, si mal. Et ses mains tremblaient. Elle ne se reconnaissait pas. Hier encore, elle n'était que Claire Barrow, ancienne Serdaigle, propriétaire d'une boutique de vieilleries sur le Chemin de Traverse. Hier encore, elle était la compagne de James Huggins. Et puis soudain, tout avait basculé. Elle avait tout perdu et n'était plus rien. Elle avait aimé la vie, elle la détestait tant désormais. Quelques semaines plus tôt, Jupiter lui avait sauvé la vie, l'avertissant qu'elle était recherchée et que si elle ne fuyait pas, elle risquait la mort. Pas ces morts douces non, la torture et le supplice. Alors diable, que faisait-elle ici ? Une question à laquelle elle ne pouvait pas répondre. Pas cette fois. Le cœur a ses raisons.

Elle n'avait pas pour habitude d'écouter, Claire, non. Elle était même d'un tempérament têtu. Elle avait obéi à son ami pourtant, rejoignant Édimbourg au plus vite et résidant dans une petite auberge. Oh, elle aurait pu y rester. Mais elle n'était pas comme ça. Elle avait besoin de savoir. Elle voulait comprendre. Alors, après une nuit agitée, elle avait pris sa décision, elle transplanerait. Rapidement. Elle avait peur de regretter mais elle le devait. N'est-ce pas ? Elle voulait entendre la triste vérité de la bouche de Peter. La pensait-il naïve à ce point ? Elle avait remué la question mille fois. Si il savait ... Non, elle ne pouvait pas se résoudre à le dire. Elle ne pouvait pas le croire. Pas après tout ça. Pas après tout ce qu'ils avaient enduré. Pas après eux.

Elle avait fait vite, Claire. Après le déjeuner, elle s'était rendue dans des boutiques au centre ville. Elle avait acheté une perruque blonde, bien plus courte que sa coupe actuelle ainsi qu'une longue cape. Et puis, juste avant de transplaner, elle avait placé la perruque sur ses cheveux bruns et enfilé la cape. Un déguisement qui lui permettrait de passer inaperçue quelques minutes, peut-être. Tant pis, elle devait courir le risque. Même si cela signifiait y laisser la vie.

Le quartier dans lequel vivait Jupiter était sombre. Pire que tout, il était morbide. Un frisson parcouru son échine et elle avança d'un pas décidé. Elle savait où il vivait. Elle était passée devant ce petit immeuble des dizaines et des dizaines de fois, sans ne jamais trouver le courage de venir frapper à la porte. Après tout, il avait tiré un trait sur elle. Elle inspira et puis ... Boum. Boum. Boum. Elle attendit. Quelques secondes. Elle entendit du mouvement et puis, il ouvrit la porte. Sa réaction fut bien celle qu'elle attendait. Il écarquilla les yeux et saisit son bras, la pressant de rentrer dans l'appartement. Il ferma la porte presque violemment et se tourna vers elle. Claire déglutit. Elle enleva sa capuche et plongea ses yeux dans les siens. Il était en colère. Oui. Elle le sentait. Elle le savait. « Attends », demanda-t-elle alors qu'il lui faisait déjà la morale. Oui elle avait pris des risques. Tous les risques. Non, elle n'aurait jamais dû revenir. Mais. Tant pis. « Peter, tais-toi », dit-elle un peu plus fort. Il s'exécuta. Elle sentit ses joues s'enflammer et elle tourna la tête, le temps de reprendre ses esprits. « Il fallait que je sache, Peter. Quatre ans, quatre ans de ton absence et te voilà qui débarque. Comment as-tu su, hein ? ». Il lui devait bien ça. Il devait lui dire la vérité. Pour une fois. « Pourquoi m'aider ? », osa-t-elle. Oui elle avait compris. Elle avait compris Claire, que son ami avait choisi le mauvais camp. Mais aussi, elle ne savait pas pourquoi, après quatre longues années à ne pas se parler, à s'ignorer, pourquoi il avait décidé de la sauver. Elle déglutit et fit quelques pas. Elle pouvait déjà sentir les larmes au coin de ses yeux mais elle voulait être forte. Rien que quelques minutes.

« Pourquoi m'aider alors que tu m'as ... Laissée tomber ? ». Le coup de grâce. Ils n'avaient pas eu le temps d'en parler la dernière fois. Elle avait craché son venin. Et elle avait le droit. Mais elle n'avait pas posé les bonnes questions. Elle voulait savoir. Tout simplement. Elle voulait savoir pourquoi, aveuglément, après si longtemps, elle lui avait fait confiance. Comme toujours.


Dernière édition par Claire Barrow le Lun 19 Sep - 13:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Sam 3 Sep - 21:12

Just one chance, just one breath
Jupiclaire


La lavande. Elle est dans l’air, elle l’entoure, l’enrobe presque tout entier, la lavande, entêtante et aérienne odeur qui flotte, vaporeuse réminiscence d’un passé plus doux, d’une époque moins pénible, quand le seul fait de vivre n’était pas encore insupportable. La lavande, ultime souvenir de soirées sous le porche de la maison de vacances des Huggins, dans le Sussex, à jouer aux cartes et boire de la bière, cinq amis inconscients des difficultés de la vie, cinq âmes liées entre elles par un fil ténu mais indestructible. La lavande. Certains jours, le souvenir olfactif est plus fort que d’autres, tellement que Jupiter doit sortir faire un tour, respirer l’air pollué de Londres pour ne pas devenir fou, pour ne pas croire que James, Esther et Lony sont encore là, près de lui, prêts à lui ouvrir leurs bras pour le rassurer, lui avouer qu’ils ne sont pas vraiment partis, que ce n’était qu’une mise en scène morbide, une blague de mauvais goût. Bien trop fréquemment, son esprit s’égare aussi du côté de Claire, parce qu’elle lui manque, parce qu’il se demande où elle est et ce qu’elle fait et ce qu’elle vit, et mange-t-elle toujours des abricots l’été et rit-elle toujours à gorge déployée, des questions stupides, des divagations insensées parce que ça fait quatre ans qu’il n’a pas entendu Claire Barrow rire et qu’il ignore si ça lui arrive encore, parfois, quand elle ne pense pas trop à James et aux si et au futur qu’ils n’auront jamais. Il la connait, la géhenne dans laquelle ils se sont trouvé précipités lorsque leurs alter egos sont morts, il la sait, la douleur qui étreint le cœur et qui tient éveillé la nuit, et s’il était honnête avec lui-même, Jupiter, il trouverait la réponse à toutes ses questions. La vérité, c’est que Claire ne rit plus, tout comme il ne rit plus, lui, tout défait, décomposé, lui qui a tout perdu, lui qui voit sa propre image lorsqu’il regarde son amie et lorsqu’il comprend qu’aucune aide, qu’aucune béquille ne pourra les remettre debout, les redresser totalement. Mais c’est plus facile de prétendre ignorer, plus facile de croire que Claire est mieux ailleurs, loin, très loin de lui et d’eux et de tout ce qu’ils étaient, amis et parfois plus, parce que les yeux peinent parfois à taire ce que ressent le cœur. C’est plus facile de se convaincre que l’on a fait le bon choix, le seul choix, celui de l’envoyer le plus loin possible en ignorant le fait que Claire n’est pas quelqu’un dont on se débarrasse comme ça, non, Claire est un boomerang et la claque est vive, brûlante, lorsque Jupiter ouvre la porte et la voit.
Elle n’est pas la même, Claire. Elle a troqué ses longs cheveux bruns contre des mèches blondes qui sortent sous la capuche, coupe au carré qui lui va à ravir même si les cernes ternissent son visage, dégueulent sa tristesse sur chacune de ses expressions. Elle n’a rien à faire là, Claire, et un instant, il panique, persuadé qu’elle a pu être suivie, effrayé à l’idée qu’elle puisse être traquée et qu’il soit obligé de tout recommencer du début, la planque et le départ, le brouillage des pistes et la partie de cache-cache la plus malsaine qui soit. Il ne lui faut qu’un dixième de seconde pour réagir et l’attirer à l’intérieur de l’appartement, là où elle sera en sécurité pour quelques minutes et cela même si c’est sûrement le pire endroit au monde pour cacher quelqu’un, parce que ça reste avant tout la planque d’un tueur, d’un homme recherché, traqué, acculé, ça reste là où ils viendront le chercher en premier s’ils veulent mettre la main sur Claire Barrow, mais faute de mieux, on fait avec. « Que fais-tu ici ? », il demande alors qu’il vient à peine de refermer à porte, le ton faussement baissé comme s’il craignait que quelqu’un les entende, les yeux vrillant des pieds à la tête de son amie parce qu’il n’y croit pas vraiment, elle ici, de nouveau, elle vivante, elle sauvée, parce que c’était exactement ce qu’il voulait mais que d’habitude, ses plans ne fonctionnent pas, et qu’elle aurait très bien pu mourir avant d’atteindre Edimbourg. « C’est quoi, le but ? Te faire tuer ? T’as envie que j’organise de nouvelles funérailles parce que c’était beaucoup trop marrant la première fois, c’est ça ? » Il a conscience que ses mots sont durs, conscience qu’il ne devrait pas dire cela ou du moins pas de cette façon, pas aussi brutalement et mesquinement, mais la peur prend le dessus, se mêle à la colère, le dévore tout entier, l’aveugle totalement. Pourtant, il n’a pas le temps d’en dire davantage, parce qu’elle lui coupe la parole, Claire, sublime et fière Claire bardée de son éloquence et de sa fougue, elle parle, lui rappelle son absence, lui assène des mots qu’il aurait aimé ne jamais entendre, pas de sa bouche, pas de cette façon. Le mal est déjà fait, quoiqu’il en soit, parce qu’elle a la voix qui tremble, les mains aussi, lance des pourquoi ridicules dans les airs, des pourquoi auxquels il ne veut pas répondre parce qu’il pensait que si elle ignorait tout de lui, elle connaissait au moins sa fidélité et son entêtement, particulièrement lorsque cela concerne ses amis. Pourtant, évidemment qu’elle ne comprend pas, évidemment qu’elle veut des explications. En l’envoyant à Edimbourg sans donner de raison valable à son départ hormis « ils veulent te tuer », Jupiter savait qu’il prenait ce risque, celui de la voir toquer à sa porte un jour pour réclamer des excuses, pour comprendre ce comportement et ce foutu besoin de protéger ceux qui lui sont chers. Il joue trop au mec qui se fiche de tout, Jupiter. Il se fait trop passer pour celui qui n’a pas de sentiments, pour celui qui est distant et froid, pour celui qui a vécu la mort de ses amis comme un simple bout d’histoire, sans pleurs, sans heurts, parce qu’il ne laisse les larmes couler que lorsqu’il est seul et que personne ne peut jamais le voir faible, vulnérable.

Là réside l’avantage de Claire Barrow sur lui. Elle le connait. Elle le connait tellement qu’elle sait qu’il y a plus, qu’il y a davantage de choses qu’il lui cache et qu’il aimerait taire à jamais, si seulement elle lui en laissait l’occasion. Il a pourtant fallu qu’elle pointe le bout de son nez ici, maintenant, qu’elle entre chez lui et le bouscule, mette ses gros sabots dans sa vie et y laisse des empreintes indélébiles, à la boue, à l’encre, il a fallu qu’elle frappe à sa porte et qu’il lui ouvre, il a fallu qu’elle soit là, belle, indomptable, irraisonnable, et le cœur de Jupiter a un loupé lorsqu’il avoue dans un murmure : « tu sais très bien pourquoi. »
Jupiter n’est pas l’homme de plusieurs personnes, et certainement pas un romantique. Il peut dire sans rougir qu’il n’a jamais aimé qu’une personne, Esther, tout comme il a volontairement nié pouvoir aimer Hermès, toutes ces années, Hermès pour qui son cœur bat aujourd’hui bien trop fort et bien trop mal. Jupiter n’est pas l’homme de plusieurs personnes, Jupiter n’appartient qu’à lui-même, et pourtant, l’odeur de lavande vient lui frapper le nez, et pourtant, il ferme un instant les yeux et hume l’air, s’en imprègne, s’en inspire, comme s’il n’avait pas senti ce parfum depuis bien trop longtemps et qu’il revoyait le Sussex, les soirées à jouer aux cartes et à boire de la bière, comme s’il revoyait Claire à l’autre bout de la table, à l’heure où ils étaient tous deux à quelqu’un d’autre mais que leur alchimie crevait les yeux, tellement qu’Esther appuyait une pression beaucoup trop forte sur son bras et que James embrassait Claire dans le cou pour les empêcher de s’observer, de se contempler, de s’aimer silencieusement et religieusement, comme là, comme maintenant, le silence tout autour d’eux alors qu’il déglutit, yeux rivés dans les siens. « Tu es mon amie. » Les mots sont simples, trop, les mots sont faux, absolument faux, parce que s’il y avait un moment pour dire qu’il l’aimait, c’était précisément celui-là.


Dernière édition par Jupiter Parthalon le Mar 6 Sep - 23:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Dim 4 Sep - 19:49

Who was I to make you wait
Claire & Jupiter


Des reproches. Toujours des reproches. Etait-ce tout ce qu'il avait à lui dire ? Elle se souvenait pourtant de cette époque où un seul sourire suffisait, un seul regard voulait tout dire, parce qu'ils n'avaient besoin de rien de plus. Ils se comprenaient. Ils étaient amis, les meilleurs que le monde ait porté, et ils se comprenaient sans même se parler. Ce temps là était définitivement derrière eux. Désormais, ils n'arrivaient plus à communiquer. Oh, peut-être qu'en essayant de faire quelques efforts, cette complicité reviendrait. Un jour. Oui mais voilà, ils n'avaient pas le temps. Ils n'avaient pas ce temps. Ils avaient besoin de voir les choses de la même façon, pour une fois, ils fallait qu'ils soient dans le même camp. Or, Claire avait compris que c'était impossible. Jupiter aussi avait changé. Il n'était plus son Peter. Il n'était plus ce jeune homme gai et hilarant qu'elle avait connu. La guerre, la perte de proches et puis, aussi, l'abandon. Il était plus simple de prétendre qu'il était responsable. Mais soyons honnête, avait-elle simplement essayé de le revoir ? Non. Pas du tout. Rien que son visage lui rappelait tous les souvenirs d'autrefois et son cœur, qui n'avait jamais vraiment cicatrisé, s'ouvrait à nouveau en une plaie béante. Son cœur saignait. Bordel, oui, il saignait. Elle ne dit rien pourtant, quand il se mit à la réprimander. Elle ne dit rien, quand il fit allusion aux enterrements, aux funérailles, à cet éternel recommencement. Cette fin tragique qu'ils ne connaissaient que trop bien. Non, elle fit mine de s'en ficher. Elle avait le droit d'être ici. Elle avait le droit de connaître la vérité.
Et plus que tout au monde, Claire avait envie de pardonner. Elle ne pouvait plus supporter cette violence, elle détestait cette distance, entre eux. Elle aurait volontiers traverser ces quelques mètres pour le prendre dans ses bras. Quelques secondes. Respirer le doux parfum de ses cheveux, serrer son corps frêle, embrasser ses joues. Mais elle ne pouvait pas. Pas après avoir fait une entrée fracassante. Pas après l'avoir trahi en revenant ici. Alors, elle écouta. Elle écouta jusqu'à n'en plus pouvoir. Et quand il vit à quel point elle était mal, quand il vit (ou du moins comprit, il la connaissait bien après tout) qu'elle pleurait, il redevint ce Jupiter qu'elle aimait tant. Elle n'était pas tendre, en revanche. Elle lui crachait une fois encore son venin au visage, elle prenait soin d'appuyer là où ça faisait mal. Si mal. Et elle s'en voulait. Elle aurait très bien pu lui dire qu'elle savait. Oui, elle savait qu'il avait rejoint le camp adverse. Et elle comprenait. Après tout, il avait tout perdu lui aussi. Tout. Si bien que l'espoir l'avait abandonné. Mais il n'était pas comme ça, Peter. Il était un homme bon. Du moins, dans ses souvenirs.

Et puis, la voix plus calme, résigné, il ouvre la bouche. « tu sais très bien pourquoi ». Elle soupire. Oui. Non. Peut-être. Elle fait quelques pas, histoire de réfléchir à ce qu'elle pourrait bien lui dire. Mais Claire ne sait pas. Claire ne sait plus. Elle aimerait lui dire qu'ils peuvent passer à autre chose et que tout cela n'a aucune importance. Parce qu'il l'a sauvé une fois de plus. Et que c'est bien ce qui les réunit aujourd'hui. Elle pourrait s'en tenir à un merci. Mais Claire n'est pas comme ça. Un électron libre. Elle se tourne lentement vers lui. Il finit par ajouter un « tu es mon amie », comme si tous leurs soucis pouvaient s'envoler maintenant, comme si cette vérité effaçait ces années de silence. Elle déglutit et d'un geste de la main, elle fait mine de balayer cette phrase. Ce n'est que du vent. Elle hausse les épaules. « Vraiment ... Jupiter ? ». Elle ne l'appelle que rarement par son prénom. Mais quand elle le fait, il faut s'attendre à tout. Elle secoue la tête négativement. « Ce n'est pas juste. Tu ... Tu n'as pas le droit de te servir de ce que nous partagions de cette façon ». Elle prend grand soin d'utiliser le passé. Après tout il est inutile de mentir plus longtemps.

Mais elle se souvient pourtant. Oui, elle se souvient de tout Claire. Elle qui vit à travers cet autrefois. Elle qui vit dans une époque qui est morte avec elle. Avec eux. Elle se souvient et ça fait mal. « Je ne sais pas si nous pouvons dire que nous sommes encore amis, Peter. Je devrais te remercier pour ce que tu as fait pour me sauver mais je voudrais simplement comprendre comment, après quatre ans de silence, tu as pu savoir que moi, Claire Barrow, était en danger. J'aimerai l'entendre de ta bouche. Allez. Dis-le ». Elle sait ce qui va se passer. Elle sait qu'elle risque de mettre un terme à ce qu'ils partageaient. Mais au fond, c'est plus simple, n'est-ce pas ? Plus simple d'admettre qu'il est encore responsable alors qu'il a tenté de refaire surface dans sa vie. Parce qu'il tient véritablement à elle.


Dernière édition par Claire Barrow le Lun 19 Sep - 13:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Mar 6 Sep - 23:14

Just one chance, just one breath
Jupiclaire


Penser que Claire n’irait pas chercher plus loin était assez naïf, venant de Jupiter. En réalité, ça ne lui ressemble pas, parce que d’habitude, il arrive parfaitement à prédire les réactions des autres, parce qu’en temps normal, il aurait su que quelques mots soufflés dans le vide ne seraient pas suffisants et qu’elle réclamerait plus, encore, toujours. Elle voudrait plus, parce qu’elle avait suspecté quelque chose quatre ans auparavant, parce que la coïncidence qui avait fait qu’ils étaient tous deux occupés au moment du drame paraissait bien trop étrange, parce que Jupiter n’avait pas cherché à la revoir depuis et qu’elle n’avait pas souhaité le retrouver non plus, rongée par des sentiments qu’il aurait aimé ne jamais éveiller en elle, le doute, la culpabilité, la peur aussi, peut-être. Elle voudrait plus, parce qu’elle sait qu’il soutient Voldemort, parce qu’elle reste persuadée qu’il est mauvais, qu’être de son côté est une erreur et que même si elle lui a dit cent fois, il n’a pas changé son fusil d’épaule. Elle est violente lorsqu’elle s’adresse de nouveau à lui, après lui avoir tourné le dos, elle est sifflante lorsqu’elle lui demande comment il a pu savoir qu’elle était en danger, comme s’il suffisait de lui dire pour que ça arrange tout, comme si ça n’allait pas creuser davantage le gouffre cosmique qui s’est glissé entre eux au fil des années. Il ne veut pas lui dire, Jupiter, parce qu’il sait parfaitement l’effet dévastateur d’une telle révélation, il sait le cataclysme que ça va provoquer, la douleur que ça va réveiller dans la poitrine de Claire, il sait qu’il va lire une nouvelle fois la déception dans ses yeux et que ce sera probablement la fois de trop, il le sait, pertinemment, parfaitement, il en est certain, mais elle insiste, s’accroche, griffe la peinture écaillée de leur relation passée, vomit des mots qui le décontenancent, l’acculent, allez elle lâche, dis-le elle ordonne, jusqu’à ce qu’il craque enfin. « J’ai tué le commanditaire, quelques jours plus tôt. L’ordre était déjà parti, j’ai vu la copie sur son bureau. »
Il y a plein de choses qu’il ne sait pas, Jupiter, comme est-ce que le paradis existe ou est-ce que Claire pourra me pardonner un jour, et puis d’autres plus insidieuses, d’autres qui supposent une foule de questions à la suite, est-ce que Claire sait que je tue des gens, parce qu’ils n’en ont jamais vraiment parlé, parce qu’il l’a peut-être sous-entendu mais que dans leur long silence, dans leur triste exil, ils ont aussi appris à ne plus se connaître, à ne plus rien savoir l’un de l’autre. C’est peut-être la raison pour laquelle il ne lâche pas les yeux de Claire. S’assurer qu’elle ne lui en veut pas. Être certain qu’elle peut lui pardonner. Le problème, c’est que rien n’est sûr, rien n’est écrit, le problème c’est que Claire est pâle et frémissante et muette devant de tels mots, comme si elle avait du mal à y croire, et il ne sait pas quoi ajouter, Jupiter, souvent dépourvu de la moindre éloquence lorsqu’il s’agit d’expliquer les choses, souvent coi lorsqu’il doute, hésite et tremble, alors il fait la seule chose qu’il sache faire : il recule, d’un pas, puis d’un second, jusqu’à son bureau derrière lequel il s’assied. Difficile de savoir comment agir alors qu’il vient d’avouer avoir tué quelqu’un de sang-froid, difficile de faire la part des choses entre ce qui relève encore des confessions amicales et ce qui est simplement inconvenant, déplacé. Il est trop habitué à Hermès, Hermès qui sait tout de lui, Hermès qui l’aime inconditionnellement sans jamais remettre sa parole en doute, Hermès qui se fout bien de ce qu’il fait pour gagner sa vie, il est trop habitué à cette nonchalance et cette désinvolture, trop accoutumé à cette facilité avec laquelle ils évoquent leurs professions, le gommage de preuves absolument impeccable et les soirées à se regarder sans même parler, parce qu’ils se comprennent en un seul regard et n’en disent jamais trop, ni pas assez, juste suffisamment pour tout admettre l’un de l’autre et, Claire... Claire n’est pas comme ça, Claire n’est pas ça, ne l’a plus été depuis beaucoup trop d’années. Claire est une inconnue qui lui fait peur, un grand méchant loup rentré sans préambule dans sa bergerie et qui le met devant le fait accompli, sans possibilité de rebrousser chemin, sans moyen de fuir. Claire l’épouvante autant qu’elle le séduit, parce que Claire est déterminée et fière et absolument brave, absolument courageuse, parce qu’elle n’aurait jamais dû revenir et qu’elle l’avait pourtant fait, Claire, parce qu’elle est têtue et arrogante, aussi, et qu’elle ne l’aurait pas écouté même s’il lui avait donné l’ordre de ne plus mettre un seul pied à Londres. « Bon sang, Claire » murmure Jupiter, un souffle, bon sang pourquoi t’es là et bon sang tu m’as manquée, des phrases qui tournent dans son esprit sans jamais diverger, sans prendre la direction opposée, des phrases qu’il aimerait lui dire mais qui ne parviennent pas à franchir la barrière de ses lèvres, parce que c’est trop. Trop dur et trop facile, trop de lui et trop d’eux, trop de soirées à essayer de se souvenir du parfum de l’air et pas de celui, entêtant, qui couvrait la peau de Claire, trop de regards échangés à se demander comment et pourquoi et où et quand, à s’attendre sans vraiment le faire, à se désirer sans jamais le dire, trop d’égarements, d’instants hors du temps, la main de Jupiter autour de la sienne beaucoup trop longtemps avant qu’ils ne s’aperçoivent que ce n’était pas bien, trop de loupés et de jamais. Il aurait pu lui en parler, oser les mots qui lui avaient brûlé trop souvent les lèvres, Claire je t’aime, parce que ça semblait évident et simple et naturel, mais il ne sait plus, parce qu’il y a Hermès dans le tableau maintenant et que c’est fou et stupide mais que c’est là, palpitant, c’est là dans son cœur, et il ne peut pas l’ignorer, pas faire comme si ces sentiments n’existaient pas, comme s’ils ne lui bouffaient pas les entrailles. « J’aimerais que tu repartes, s’il te plait. » L’ordre n’est que murmuré, alors qu’il baisse les yeux sur son bureau, fait semblant de remettre en ordre quelques papiers. Tout n’est que prétexte à ne pas l’observer, à ne pas voir ses réactions, à ne pas percevoir la colère brûler dans ses yeux, encore, à ne pas sentir la haine qui la dévore lorsqu’elle pose son regard sur lui. « Je t’ai aidée parce que tu es tout ce qu’il me reste d’autrefois, parce que je refuse de te laisse mourir, parce que » et il ne finit pas sa phrase, perd ses mots dans le creux de sa gorge alors que ses mains s’écrasent sur le bois du bureau, lourdement. Un soupir effleure ses lèvres, s’échappe dans les airs. La suite, il ne peut pas la prononcer, pas maintenant et pas comme ça, pas alors qu’il est perdu, seul, désemparé, par alors qu’ils ne savent plus rien l’un de l’autre et qu’ils ne peuvent certainement plus s’aimer. Comme avec Hermès, il avait laissé passer sa chance, et c’est désormais trop tard pour faire machine arrière. « J’étais sérieux, Claire. Ne m’oblige pas à enterrer quelqu’un que j’aime, une nouvelle fois. Retourne à Edimbourg. Je t’en prie. » Et les mots sont soufflés, comme un souhait lancé à une étoile, alors qu’il sait pertinemment qu’elle ne l’écoutera pas, alors qu’il est certain qu’elle restera plantée au milieu de son salon, la tête trop pleine d’idée et la bouche trop pleine de mots.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Jeu 8 Sep - 11:07

Who was I to make you wait
Claire & Jupiter


Elle voulait la vérité, elle voulait savoir, elle allait être servie, Claire. Elle n’écoutait rien ni personne mais parfois, oui, parfois, elle aurait dû. Tout simplement. Parce que se dire que la situation ne pouvait être pire était un mensonge. Oh, non. La situation pouvait empirer. Bien plus qu’elle ne le pensait. Elle pouvait encore perdre les deux seules personnes qui comptaient un tant soit peu pour elle, les deux hommes auxquels elle faisait confiance, Jupiter et Pryam. Oui, elle le pouvait. Et à force de chercher les ennuis, à trop en vouloir, elle sentait que petit à petit, tout lui échappait. Elle allait se retrouver seule, Claire, et ce serait bien fait pour elle. Bien fait, parce qu’elle aurait pu choisir un type de vie bien différent si elle avait vraiment voulu. Après la mort de ses proches, elle aurait pu disparaître, avec ses regrets et ses problèmes, disparaître pour de bon et tout refaire, ailleurs. Là où la vie était plus douce. Mais elle n’était pas ainsi, Claire. Non. Elle n’avait jamais été ainsi. Et avec le temps, elle avait sombré, devenant une femme si différence de celle qu’elle était encore il y a quatre ans, loin de ces sourires qui réchauffaient les cœurs, loin de ces caresses qui apaisaient l’âme. Claire devenait acide, dure, froide, et elle cherchait à toujours souffrir davantage. Oui. Encore un peu. Là où la plaie saignait. Encore un peu. Mais Jupiter ne rentrait pas dans son jeu. Il avait compris qu’elle ne cherchait qu’à se faire du mal, à mourir à petit feu. Alors il lâche enfin la vérité. Sans explication aucune. « J’ai tué le commanditaire, quelques jours plus tôt. L’ordre était déjà parti, j’ai vu la copie sur son bureau ». Elle a cherché, elle a trouvé, Claire. Elle déglutit, cherchant quelque chose, n’importe quoi, à rétorquer. Elle savait. Oui elle savait que quelque chose ne tournait pas rond. Elle avait deviné pour Jupiter, elle avait tout deviné sans pourtant savoir comment réagir maintenant que les choses étaient dites. A demi-mots. « Tu as tué … Tu as tué un homme ? », dit-elle. Comme si cela était étonnant. Pourquoi avait-il si mal tourné ? Elle secoue la tête.

Mais il y a tellement de choses qu’elle ignore, Claire. Quatre ans, quatre longues années, bon sang. Ils étaient devenus des étrangers sans se rendre compte que la souffrance les avait éloignés. Pour de bon. Aujourd’hui encore, ils étaient attachés à l’image qu’ils avaient l’un de l’autre, de ces jeunes gens libres et heureux du passé. Ils avaient pratiquement grandi ensemble. Ils étaient devenus des adultes, ensemble. Mais cette épreuve là, cette douleur, ils n’avaient pas su la surmonter. Et elle était triste, Claire. Ils auraient pu compter l’un sur l’autre, ils auraient pu aller de l’avant ensemble, construire une vie meilleure. Peut-être même, auraient-ils pu ne faire qu’un avec le temps. Après tout, il y avait eu tant de mystères à Poudlard, des non-dits, des regards échangés et des mots doux, sans en prendre conscience. Oui, peut-être auraient-ils pu croire en l’amour à nouveau, ensemble. Mais avec des si, avec des peut-être, il semblait si simple de refaire le monde. La vérité était toute autre. Ils avaient échoué. Claire se trouvait un Jupiter qu’elle ne connaissait pas, plus. Alors, elle ne peut en ajouter davantage. Elle reste muette, à regarder cet homme qu’elle admirait tant autrefois, frissonne. Elle a peur. Elle n’a pas peur pour sa vie, non, étrangement. Elle a peur pour la sienne. Elle a peur de ce qu’il pourrait faire. Elle a peur, parce qu’elle ne peut plus l’aider. Il est allé trop loin. Et elle ignore s’il pourra faire marche arrière. « Bon sang, Claire », dit-il enfin. Un bon sang, qui résonne comme une complainte. Un bon sang, qui résonne comme un pourquoi. Pourquoi a-t-elle risqué sa vie, Claire ? Pourquoi est-elle venue ? Et surtout pourquoi, pourquoi n’ont-ils pas su faire autrement. Elle soupire. Elle comprend. Elle comprend mais elle ne peut pas l’expliquer. Elle baisse les yeux. « Je sais », dit-elle. Elle sait Claire. Elle sait tout. Elle sait que malgré leurs différends, malgré cette barrière dressée entre eux, elle a besoin de lui. Elle aimerait oublier, quelques minutes, que les années ont passé, que le temps a changé et qu’ils se sont assombris. Elle aimerait oublier qu’elle détruit tout sur son passage, qu’elle ne recherche que les ennuis, de la même façon que Jupiter exécute des ordres sordides, et se met en danger. Ils agissent de la même manière, sans pouvoir le comprendre, sans pouvoir se comprendre.

« J’aimerais que tu partes, s’il te plait ». Elle ne bouge pas, Claire, et elle ne bougera pas. Au lieu de cela, elle regarde son ami faire semblant de ranger son bureau, faire semblait d’être détaché. Il la fuit. Il a peur de ses réactions, elle le sait. Mais elle ne fera rien. Elle n’a pas tant changé, finalement. Elle reste cette jeune femme têtue et indomptable. Et elle lui en veut. Elle lui en veut de la mettre hors jeu, encore une fois. Peu importe, si Jupiter a tué un homme. Ce n’est pas ce qu’elle cherche à comprendre dans cette histoire. Et quand leurs regards se croisent, elle le dévisage. « Je t’ai aidée parce que tu es tout ce qu’il me reste d’autrefois, parce que je refuse de te laisser mourir, parce que » … Il ne termine pas sa phrase. Au lieu de cela, il pose les mains sur sa table de travail, dans un bruit sec. Claire sursaute. Elle fait un pas dans sa direction. Elle déglutit. Ses mains tremblent de rage. « Alors bats-toi pour cet autrefois, merde ». Il veut lui sauver la vie, mais il veut aussi la faire sortir du tableau, définitivement. Ainsi, tout sera plus simple. N’est-ce pas ? Jupiter pourra retourner à sa vie bien mouvementée, accumuler les erreurs, encore, sans que Claire ne puisse y faire quoi que ce soit, sans qu’elle ne soit même au courant. Elle part, pour ne jamais revenir. Dans quelle réalité avait-il vu que Claire Barrow serait prête à lui obéir, à abandonner ? « J’étais sérieux, Claire. Ne m’oblige pas à enterrer quelqu’un que j’aime, une nouvelle fois. Retourne à Edimbourg. Je t’en prie ». Il a peur, bien sûr qu’il a peur. En deux pas, la voici de l’autre côté du bureau, à lui faire face. Elle retire sa perruque, secoue la tête afin de laisser ses cheveux bruns se replacer sur ses épaules, et le fixe. « Tu m’aimes, Peter ? Est-ce que tu m’aimes vraiment ? », demande-t-elle. La question semble le décontenancer. Il fronce les sourcils. « Prouve-le. Prouve-le sans m’envoyer là où tu penses que je ferai gentiment ce que tu m’as demandé ». Le futur, c’est maintenant. Ensemble.


Dernière édition par Claire Barrow le Lun 19 Sep - 13:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Sam 10 Sep - 21:41

Just one chance, just one breath
Jupiclaire


Claire n’avait jamais été vraiment dupe quand il s’agissait des ennuis dans lesquels Jupiter pouvait bien se fourrer. Il peut dire sans rougir qu’au temps de Poudlard, ils étaient les meilleurs amis du monde, deux êtres à part au milieu de la foule, deux électrons libres qui s’étaient trouvés et s’attiraient invariablement, dans le bonheur comme dans la peine, pas amoureux mais presque, Claire, Claire, Claire, un prénom sur ses lèvres et autant de variantes, Cai’, sweetie, K-bird, des baisers sur la tempe et des étreintes, les regards de leurs amis lorsqu’ils étaient trop proches et qu’ils suspectaient quelque chose de plus fort, l’amour, le vrai, le seul, l’unique amour. Mais tous les sweetie et K-bird du monde ne changent pas la triste vérité : Claire et Jupiter ne se connaissent plus. Ça ne date pas d’hier, non, ça a pris quatre ans, quatre longues années pour qu’ils deviennent de véritables inconnus, quarante-huit mois pour qu’ils ne sachent plus rien l’un de l’autre, ni les instants glorieux (sûrement peu nombreux, des deux côtés), ni les moments de doute et de faiblesse. Le constat n’est pas simple à établir, parce que Jupiter est responsable de cette distance, parce qu’il aurait pu rester aussi proche d’elle qu’avant l’accident mais qu’il avait décidé de couper les ponts pour se protéger, pour la protéger. Mais la vérité est là : Claire lui manque. La distance qu’il leur impose n’est là que pour masquer leur mélancolie, cacher leurs sentiments, camoufler l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre, encore, toujours, je t’aime Claire alors qu’elle le regarde, le cœur au bord des lèvres, parce qu’elle n’arrive pas à y croire, parce qu’il est un assassin et que ce n’est pas le Jupiter qu’elle a connu, je t’aime Claire alors qu’elle s’approche et le dévisage, même s’il ne la voit pas parce qu’il prend soin de ne pas relever les yeux, je t’aime Claire conjugué à tous les temps parce que c’est un sentiment qui connait un début mais pas de fin. Terriblement, elle lui manque, douloureusement il l’attend, la cherche près de lui, trouve dans sa voix un réconfort qu’il pensait ne jamais retrouver, à part avec Hermès. Et il la sent bouger, relève la tête par réflexe et la voit faire tomber sa perruque blonde, se révélant enfin, la véritable Claire, celle qu’il aimait, qu’il aime, qu’il aimera toujours, celle qui refuse de l’écouter parce qu’elle est elle, parce qu’elle n’a jamais rien écouté, ni les gens qui murmuraient sur leur passage ni leurs amants respectifs dont la jalousie maladive aurait dû leur mettre la puce à l’oreille, elle n’a jamais rien exécuté sans réfléchir avant, Claire, indépendante et indomptable, Claire, sublime et parfaite. La question claque dans l’air, résonne dans la pièce, et il ne sait pas s’il doit lui répondre, parce que pour lui, ça coule de source, évidemment je t’aime il voudrait lui dire, nous étions les seuls à ne pas le voir, Claire voudrait-il ajouter, mais il ne le peut pas parce que. Parce qu’il y a Hermès. Parce qu’il n’aurait jamais dû y avoir Hermès. Parce qu’ils auraient dû être une paire, Claire et lui, parce que c’était évident et flagrant, parce qu’ils ne pouvaient vraiment se reconstruire qu’ensemble, même s’ils ne s’en étaient jamais rendu compte. Mais. Il y a Hermès. Et donc, Jupiter se lève, observe Claire, soupire. « Ne me demande pas ce que je ressens pour toi, Claire. Tu le sais. Tu l’as toujours su. »

Il y a quelque chose d’étrange dans le silence qui suit ces mots, quelque chose de calme et de réconfortant et de bizarre, tout ça à la fois, quelque chose qui laisse place au doute, à davantage de questions, je sais mais tu ressens quoi, exactement, mais y répondre reviendrait à briser le mystère qui les entoure soudain, un mystère intrigant et dérangeant, séduisant, anesthésiant, un mystère qui les sort de leur quotidien trop noir et morbide, un rayon de gaité dans l’ordinaire de leurs vies. C’est un sentiment grisant qui, en même temps, effraie Jupiter jusqu’au plus profond de sa chair, qui lui fout une boule au ventre et un creux dans le cœur, parce que c’est comme avec Hermès, un raté, un immense raté, et que maintenant il y a lui, qu’il l’aime beaucoup trop et qu’il aime Claire d’une autre manière, plus subtile, d’une manière différente, parce que ses sentiments se sont construits en vingt ans et pas en une seule soirée, parce que c’était l’ordre des choses jusqu’à ce qu’Hermès chamboule tout et parce qu’il reste convaincu qu’elle est son âme sœur, quelque part, sa meilleure amie, toujours, et qu’il n’aurait jamais cru être tiraillé entre les deux personnes qu’il préfère au monde. Alors, c’est lentement qu’il contourne son bureau, lentement aussi qu’il pose sa main sur l’épaule de Claire, presque maladroit, délicatement qu’il embrasse sa joue, avant de reculer de nouveau et se diriger vers le canapé. « Tu peux dormir ici, le temps qu’on trouve une solution. Et si tu ne le veux pas, on devra chercher autre chose. Quoi que tu choisisses, tu ne peux surtout pas retourner chez toi. » C’est dit doucement, presque calmement, bien loin de sa fureur d’il y a quelques minutes en la voyant débarquer chez lui, bien loin du feu qui avait allumé ses joues lorsqu’elle avait enlevé sa capuche, dévoilant des mèches blondes inconnues au bataillon, bien loin de l’excitation qu’il avait ressentie lorsqu’il avait enfin pensé : elle est vivante. C’est dit comme un secret, comme s’il ne savait pas vraiment s’y prendre, pas après quatre ans d’indifférence, pas après trop de silence et trop de non-dits, et il sait que Claire ne comprendra pas, qu’elle voudra en savoir davantage, encore, toujours, qu’elle cherchera des réponses autant qu’elle le pourra, qu’elle grattera les couches de vernis de Jupiter jusqu’à atteindre son palpitant et les sentiments qu’il renferme vraiment, alors il prend les devants, l’observe, déglutit, puis murmure : « Je sais que je ne peux pas effacer mes erreurs, je sais que je ne peux pas me rattraper, mais j’ai besoin que tu me fasses confiance, Claire. Comme avant. » Et il sent son cœur battre un peu plus fort, louper un battement puis un autre, les frissons secouer sa colonne vertébrale alors qu’il avance de nouveau vers elle, la rejoint en trois secondes à peine et l’attire contre lui, mains croisées dans son dos, doigts qui se glissent soudain dans ses cheveux et bouche contre son front, il l’attire et la serre contre lui comme s’il avait retrouvé quelque chose qui lui avait été enlevé pendant trop de temps, quelque chose qu’il n’était pas certain de retrouver jusqu’à aujourd’hui. Quelque chose qu’il a désormais et qu’il n’est pas près de lâcher.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Lun 19 Sep - 13:51

Who was I to make you wait
Claire & Jupiter


Ça parait simple, n'est-ce pas ? Ça paraît simple l'espace d'une fraction de seconde, que tout pourrait reprendre ici-même, comme si rien n'avait été brisé. Comme si Claire et Jupiter n'avaient pas passé quatre années à se fuir, à devenir de parfaits inconnus, à se détruire tout simplement. Oui, ça paraît simple. Et en même temps, il faut être honnête, ça l'est. Pour une fois, pour une fois dans leurs vies, les deux amis pourraient choisir le bonheur, ce bonheur d'être deux, de pouvoir compter l'un sur l'autre. Oh, bien sûr qu'ils ne pourraient. Mais Claire et Jupiter n'ont jamais aimé la facilité. Déjà à l'époque de Poudlard, ils aimaient franchir les limites. En couple, amoureux, ils ne cessaient pourtant pas de se courtiser, de manière très discrète ... Oh, de manière discrète pour eux mais si peu pour les autres. Comme si, quelque part, ils avaient été les seuls à ne pas voir qu'il ne suffisait que d'un pas, un seul, pour que tout bascule. Parce que, quelque part, ils étaient faits pour être ensemble. Eux et personne d'autre. Tous les James ou toutes les Esther n'y pouvaient rien. Ils étaient attirés l'un vers l'autre. Toujours. Et puis, quand ils avaient perdu ces êtres chers, ils avaient merdé. Inutile de chercher un autre terme, ils avaient royalement merdé. Ils auraient pu tout faire pour se reconstruire, ce qui aurait empêché les peines de cœur, l'impossibilité de se sentir bien avec qui que ce soit, l'envie de tout foutre en l'air à chaque fois. Deux âmes damnées. Alors, quand il élève la voix, Claire soupire. « Ne me demande pas ce que je ressens pour toi, Claire. Tu le sais. Tu l’as toujours su ». Elle hausse les épaules. Peut-être. Oui, peut-être qu'au fond, elle avait tout compris depuis le début. Il n'y avait pas que de la simple amitié entre eux. Il y avait tellement plus. Elle se souvenait de tout. Du moindre baiser, de la plus petite accélération de son rythme cardiaque quand il la faisait rire aux pleurs qu'elle versait seule, dans sa chambre, quand elle avait l'impression de le perdre un petit peu, tant il importait pour elle. Tout. Claire n'avait jamais rien oublié. Et surtout pas son visage. Même si, en donnant quelques coups contre sa porte, elle avait eu un moment de doute. Et si ... Et si il avait changé ? Et si elle ne le reconnaissait pas ? Et puis, il avait ouvert, balayant tout sur son passage. La couleur de ses yeux, ses cheveux bruns, son petit air, le doux parfum de sa peau ... Non. Il restait le même en apparence même si dans son cœur, tout était différent. Alors elle leva les yeux vers lui. « Peut-être, mais j'aimerais l'entendre, Peter ». Ça ne faisait jamais de mal, de dire aux êtres chers que l'on tient à eux. Elle n'attendait pas un je t'aime franc, mais une preuve, un petit quelque chose, qui lui rappellerait ce qu'ils étaient autrefois l'un pour l'autre. Un tout.

Elle sait, Claire. Elle sait que le dire reviendrait à briser tout ce qu'ils avaient connu. Cela marquerait le début d'une éternelle question, ce pourquoi qui reviendrait sans cesse entre eux. Pourquoi avaient-ils chacun gardé le silence ? Pourquoi n'étaient-ils jamais allés plus loin ? Pourquoi avaient-ils fait semblant ? Pourquoi eux ? Pourquoi maintenant ? Autrement dit, une sacré prise de tête. Ils n'avaient pas le temps pour cela. Ils n'avaient à vrai dire, le temps pour rien. Bientôt, ils devraient trouver une solution. Être vus ensemble revenait à le condamner. Retrouver son appartement signait son arrêt de mort. Claire était coincée. Coincée dans une vie qu'elle n'aimait pas. Et elle avait peur. Et puis, Jupiter contourne le bureau, en silence et pose sa main sur l'épaule de son amie. Il dépose ensuite un baiser sur sa joue, un baiser timide qui pourtant, la fait rougir. «  Tu peux dormir ici, le temps qu’on trouve une solution. Et si tu ne le veux pas, on devra chercher autre chose. Quoi que tu choisisses, tu ne peux surtout pas retourner chez toi ». Elle réfléchit. Et puis, elle hoche la tête. « D'accord. Je vais rester ici. Je ... Je n'ai pas envie d'être seule ». Elle ne l'est pas. Claire pourrait tout aussi bien retrouver Pryam. Mais elle n'a pas envie de le mettre en danger. Il ne mérite pas ça. Puis, la jeune femme reporte son attention sur Jupiter, qui lui propose le canapé pour la nuit. Ça ira très bien. Elle est heureuse de voir qu'ils ne crient plus, que la colère est retombée, pour laisser place à un sentiment nouveau : la nostalgie.

Il comprend. Il comprend aussitôt, Jupiter. «  Je sais que je ne peux pas effacer mes erreurs, je sais que je ne peux pas me rattraper, mais j’ai besoin que tu me fasses confiance, Claire. Comme avant ». Elle déglutit. Elle ne demande que ça. Lui faire confiance. Elle aimerait que tout soit aussi simple. Elle voudrait parler mais son cœur s'emballe lorsqu'elle le voit franchir la limite et la serrer contre lui. Elle se laisse aller, Claire, mains contre son torse, cœur contre cœur. Elle se sent bien. Elle se sent, pour la première fois depuis longtemps, vivante. « Merci », souffle-t-elle. Merci pour tout. Parce que le retrouver, c'est peu à peu, retrouver l'espoir.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Lun 26 Sep - 19:49

Just one chance, just one breath
Jupiclaire


Il y avait eu quelque chose de pas totalement prévu dans la manière qu’avait eu Jupiter d’inviter Claire à dormir chez lui, quelque chose d’étrange et incongru qui n’aurait pas eu ce parfum s’ils avaient eu quinze ans, qu’ils avaient été à Poudlard et qu’ils avaient simplement songé passer un peu de temps ensemble, il y avait eu quelque chose d’étonnant parce qu’une partie de lui semble soudain revivre et qu’il ne peut pas mettre ça sur le compte d’autre chose que la présence de Claire chez lui. Elle ne réagit pas, Claire, ne cille pas lorsqu’il la prend contre lui, lorsqu’ils se prennent dix ans dans les dents et se revoient presque, jeunes adultes, assis dans un bar à refaire le monde, leurs yeux s’engloutissant mutuellement, ils se revoient presque, échafaudant des théories sur l’avenir et la vie et les années quarante (seraient-elles aussi belles que celles qui venaient de passer), ils se revoient presque, aussi, les yeux humides et le cœur lourd, à un enterrement auquel ils auraient aimé ne jamais assister. Oui mais voilà, ils ne sont pas là, ne pourraient plus l’être même s’ils le souhaitaient. Jupiter ne peut pas rattraper les années de silence et d’oubli, les trop longs mois éloigné d’elle parce qu’elle lui rappelait trop de choses, le Sussex et la bière et le bras de James autour d’elle, la culpabilité de regarder une autre fille qu’Esther et le soir où il avait toqué à la porte de sa chambre pour venir lui rendre le foulard qu’elle avait oublié en bas. Ils s’étaient regardés, ce soir-là, s’étaient rapprochés un peu, parce qu’il avait refermé la porte derrière lui et qu’Esther et James faisaient la vaisselle, parce qu’il avait envie d’être seul avec elle et pensait avouer ce qu’il ressentait, tout gamin qu’il était encore, vingt ans et des poussières, la fleur aux dents, « je t’aime » avait-il voulu dire, mais quelqu’un l’avait appelé et il avait quitté la pièce, n’en retenant qu’une odeur de lavande. Ce n’était pas le moment, et ça ne l’est pas non plus maintenant, pour des raisons bien différentes, parce qu’ils se sont loupés et qu’ils ne se trouveront peut-être jamais, aussi parce qu’il avait eu accès à des renseignements sur Claire et au jeune Rosier qui l’accompagnait bien trop souvent, et qu’il savait pertinemment qu’il n’était pas un simple ami. Ils en avaient raté, des occasions, des moments suspendus dans l’air et chargés de tension, des secondes insouciantes à s’observer en se demandant qui réagirait le premier, qui avouerait, qui dégainerait et les tuerait sûrement parce qu’ils feraient plusieurs malheureux et que ce n’était évidemment pas le but. Claire a une fois de plus gonflé l’air, aujourd’hui, en lui disant qu’elle aimerait entendre ces mots, ceux qu’il ne peut évidemment pas lui révéler mais qui viennent souligner chacun de ses gestes, chacune de ses attentions.

Elle est comme ça, Claire. Elle a trop d’orgueil et trop d’égo, le cœur trop boursouflé par les mots d’amour que d’autres lui ont dit, des plus braves, des plus beaux, des plus forts, d’autres qui ont un courage que Jupiter n’aura sûrement jamais et qui le force à rester coi, incapable d’être vraiment honnête. Elle est comme ça, Claire, à exiger des choses qu’elle ne peut vraisemblablement pas avoir, sans le comprendre vraiment, à espérer l’entendre dire des mots qui ont trop attendu et ont moisi, qui sentent la charogne et ne seraient comestibles pour personne. Jupiter la serre contre lui, parce que c’est tout ce qu’il sait faire, parce que c’est la seule chose pour laquelle il soit doué, et soupire contre son front, avant de glisser ses mains de part et d’autre de son visage, les pouces légèrement appuyés contre ses joues, empreinte douce et tendre qui ne lui est sûrement pas familière, pas venant de lui, en tout cas. Leurs yeux se croisent, s’observent un moment, les billes noires de Jupiter navigant des lèvres roses de son amie à ses iris sombres, clair-obscur déchirant de tentation qui, comme toujours, le laisse dans la perplexité la plus primaire. « Tu dis que tu aimerais l’entendre, mais c’est faux, Claire. Ce n’est pas ce que tu veux », il murmure, les doigts se mouvant lentement dans sa nuque dans une caresse qui n’a désormais plus rien d’amical. La voix de Jupiter est douce, très douce, trop douce, comme si les mots étaient volontairement enrobés dans un joli écrin pour être moins douloureux. Et pourtant, le discours n’est pas édulcoré, pas réfléchi non plus, parce que Jupiter ne pense jamais beaucoup avant de s’exprimer à voix haute. « Je pourrais te dire que je t’aime, te pousser contre un mur, t’embrasser, te déshabiller et te faire l’amour, mais ce n’est pas ce que tu veux. » C’est clair et sans appel, brut, lâché salement, crûment, sans pour autant que la voix ne soit amère ou cruelle, parce que ce sont de simples faits, comme 1 plus 1 font 2, un simple aveu qui tombe au moment où il doit tomber, des années trop tard ou des années en avance. « J’aime quelqu’un d’autre », il souffle, peut-être pour la faire souffrir, sûrement pour s’empêcher de faire quelque chose qu’il pourrait regretter. Le premier sentiment prédomine pourtant. L’espace d’un instant, il cherche dans les yeux de Claire une lueur nouvelle, un sentiment qui serait apparu avec cette révélation, oubliant au passage que son amie cache toujours ce qu’elle ressent, et qu’elle manie cet art à la perfection. Elle le connait de toute façon, Claire. Elle sait parfaitement pourquoi il lui dit ça, pourquoi il reste silencieux juste après, pourquoi son regard semble la fusiller et pourquoi ses mains n’ont pas lâché leur douce emprise sur sa nuque. Il aimerait que ce soit aussi simple, en réalité. Qu’il aime Hermès, point final, que ça éclipse tout le reste et que ça soit suffisant. Et ça l’est. Ça l’est et ça le sera toujours, ça l’est un peu plus à chaque heure qui passe, parce qu’il est complètement, irrémédiablement amoureux de son meilleur ami, mais. Mais il y a Claire. Toujours Claire. « T’es terrible, Serdaigle », il chuchote, alors qu’il descend les mains le long de ses épaules, la frôle avec délicatesse, tous ses sens en éveil alors qu’il ne la lâche pas du regard. « T’es terrible », il répète tout bas, la main droite se posant sur sa hanche, l’autre sur son poignet, t’es terrible alors qu’il détourne le regard, soupire lourdement, comme s’il essayait d’évacuer les pensées qui lui encombrent la gorge sans vraiment y parvenir, t’es terrible il dit sans jamais la lâcher, dingue et fou et passionné et éternellement conquis.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Mer 28 Sep - 13:38

Who was I to make you wait
Claire & Jupiter


Ces retrouvailles avaient goût à beaucoup de choses. En premier lieu, il y avait eu la rancune. Celle d'avoir perdu un ami, une moitié, un tout alors que tout aurait être différent. Ce n'était jamais évident de se remettre en question et en toquant à la porte, Claire avait encore la certitude que tout était de la faute de Jupiter. Il l'avait volontairement mise de côté, il l'avait laissé tomber et elle avait eu beaucoup de mal à le supporter. Et puis, il y avait eu la tristesse. Celle de comprendre qu'en réalité, la vie avait fait que. Ils n'étaient pas vraiment responsables, ils avaient perdu des êtres chers et n'avaient pas su comment faire face. Ils avaient tout abandonné, pour être seuls, chacun de son côté, chacun gérant son chagrin à sa façon. Doucement, il y avait alors eu le pardon. Lorsque soudain, tout était redevenu calme. Ils avaient compris comment se parler à nouveau. Il était inutile et vain d'en vouloir à l'autre, il était tellement plus simple d'avancer. Le temps, destructeur, meurtrier, avait fait son oeuvre. Mais il fallait passer à autre chose. James, Esther et même Lony étaient partis pour toujours mais n'auraient jamais voulu ça. Ils auraient voulu que le combat continue, que la vie reprenne son cours plus ou moins normal. Ils auraient été furieux d'apprendre que Claire et Jupiter ne s'étaient pas parlés en l'espace de quatre ans, parce qu'ils n'avaient pas su comment aborder les choses, les affronter ensemble et que ça ne leur ressemblait pas. N'est-ce pas ? Ils avaient tant connu, les uns à côté des autres, les uns supportant les autres, avec amour et passion. Alors pourquoi ? Enfin, était venu, tout récemment, le pardon. Il fallait avancer pour de bon. Main dans la main. Et si Claire en avait tant douté, elle savait désormais qu'ils pourraient se comprendre, qu'ils pourraient se parler à coeur ouvert, sans trop de mots, parce qu'ils n'avaient pas besoin de cela. Non. Il y aurait certainement quelques erreurs, parce qu'ils devaient apprendre à s'apprivoiser à nouveau mais ils l'avaient déjà fait. Claire connaissait tout du Jupiter d'il y a quatre ans. Jupiter connaissait tout de la Claire d'il y a quatre ans. Ils devaient apprendre à se faire confiance, comme autrefois, sans forcément savoir ce qui s'était passé pendant tout ce temps, parce que ce n'était pas vraiment important au final. Tout ce qui important, là, maintenant, c'était eux. Eux seuls. Alors, dans un soupir, le jeune homme murmura quelques mots. « Tu dis que tu aimerais l’entendre, mais c’est faux, Claire. Ce n’est pas ce que tu veux ». Il a raison. Ce n'est pas ce qu'elle veut. Elle le sait, Claire. Elle le sait. Et ça suffit amplement. Elle sait tout l'amour qu'il a pour elle et même après tout ce temps. Elle sait qu'il sera là pour elle. Toujours. Et c'est tout ce qui compte. C'est tout ce qui compte.

Il la serre un peu plus. Parce que les gestes sont plus forts que les mots. Jupiter saisit le visage de Claire avec douceur et son coeur bat un peu plus vite. Les yeux dans les yeux, ils en oublient tout. Ils en oublient le danger, ils en oublient la haine, ils en oublient la guerre. Doucement, ses doigts glissent le long de son cou, provoquant quelques frissons. Il n'y a plus rien d'amical entre eux. Il y a plus. Tellement plus. Si Claire est incapable de décrire ce lien qui les unie, elle ne sait pas non plus si c'est une bonne idée. Aller plus loin ? Pourraient-ils le supporter ? Mais elle n'a pas envie d'y penser, non. Elle se laisse porter par les sentiments, Claire. Comme à son habitude. « Je pourrais te dire que je t’aime, te pousser contre un mur, t’embrasser, te déshabiller et te faire l’amour, mais ce n’est pas ce que tu veux ». Elle hausse les épaules. « Je ne sais plus vraiment ce que je veux », dit-elle. Et lui, sait-il ce qu'il veut ? Ils ont raté le bon moment trop de fois. Si bien ... Si bien que c'est peut-être une erreur de tenter quelque chose maintenant. Maintenant que leurs sentiments sont confus. Et puis. « J’aime quelqu’un d’autre ». BOUM. Elle le regarde sans rien dire, Claire. Pas parce qu'elle est choquée mais elle ne sait pas quoi ajouter. Elle aimerait savoir qui est cet autre, cette personne chanceuse, mais en réalité, ça ne la regarde pas. Elle n'a plus le droit d'exiger quoi que ce soit. Alors, elle soupire. De tristesse ? De soulagement ? Elle ne saurait même pas le dire. Elle relève les yeux vers lui et puis sourit. Elle caresse sa joue, comme elle l'a fait tant de fois auparavant. « Je suis heureuse pour toi ». Tout ce qui importe, c'est qu'il soit heureux. Jupiter le mérite. Pourtant, il y a quelque chose d'étrange dans cette confession. Elle comprend aussi qu'il a peur, son Peter. Il a peur de ce qui pourrait arriver entre eux. Et si ... Et si aimer quelqu'un d'autre n'était pas aussi fort que l'aimer elle ? Et si cela n'effaçait rien ? Les années à se tourner autour, les années à se cacher la vérité, les années à s'attendre. Peut-être qu'il n'y a jamais de bon moment. Il n'y a que les opportunités. Celles qu'il faut saisir. Ils sont toujours aussi proches et elle pourrait presque entendre son coeur battre. « T’es terrible, Serdaigle », chuchote-t-il. Elle esquisse à nouveau un sourire. « Toujours », affirme-t-elle. Puis, elle frissonne lorsque ses mains glissent le long de ses épaules. Ils ne se lâchent pas des yeux. « T’es terrible », répète-t-il alors que sa première main se pose sur sa hanche et que la seconde saisit son poignet. Elle ne bouge pas, Claire. Elle l'observe détourner le regard et soupirer lourdement et elle se demande ce qui va suivre. Elle déglutit. Puis, elle se hisse sur la pointe des pieds et vient murmurer quelques mots à l'oreille de son ami. « Pas plus que toi, Peter ». Elle dépose un baiser sur sa joue afin de sceller ces sentiments. Des sentiments oubliés, des sentiments nouveaux, des sentiments heureux. Comme un parfum de lavande. Un parfum qu'ils connaissent si bien tous les deux.
Revenir en haut Aller en bas


Invité
Invité
avatar
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   Sam 8 Oct - 22:35

Just one chance, just one breath
Jupiclaire


Nombreuses étaient les choses que Jupiter aurait voulu confier à Claire, bien plus tôt, dans d’autres circonstances, sans le poids de la mort et de la culpabilité sur les épaules. Il s’était parfois imaginé lui confier ses sentiments, lui dire concrètement, je t’aime, la serrer dans ses bras et le murmurer plus bas, un chuchotement parmi les coups de canon, je t’aime, avait espéré une réponse absolument parfaite, parce que les rêves sont faits pour ça, parce qu’elle lui aurait évidemment répondu qu’elle l’aimait aussi, et ils auraient pu vivre heureux, ensemble, oublier tout de la folie des hommes et de l’horreur qui les entourait. Il avait parfois songé à la rejoindre à Edimbourg, ces longs mois qui les avaient séparés, parce que c’aurait été si facile, parce qu’il lui aurait suffi de toquer à sa porte et d’attraper ses lèvres entre les siennes, de se glisser dans sa tête et dans son cœur pour ne plus jamais en sortir. Jupiter sait, depuis toujours, au plus profond de lui, que Claire l’aime, qu’elle l’aime plus qu’elle n’aimera n’importe qui, il sait que leurs sentiments sont partagés, que leurs yeux ont toujours été beaucoup trop bavards et que leurs gestes ne trompent pas, n’ont jamais trompé personne. Il sait que Claire est tout, son passé, son présent, son futur, un ensemble, un absolu, un infini, il sait que Claire le déteste pour plein de raisons qu’elle n’osera sûrement jamais lui avouer mais qu’en même temps, elle l’adore comme on adore un ami, un amant, un dieu, qu’elle l’adore comme elle n’a jamais adoré James et qu’eux deux, ensemble, ça a du sens, vraiment du sens. Mais il sait aussi qu’il y a Hermès et qu’il ne se passe pas une seule seconde sans qu’il ne pense à lui, sans qu’il n’ait envie de le voir et de se blottir dans ses bras, Jupiter le redoutable changé en véritable poupée de tissu lorsqu’il est près de son ami, lorsqu’ils s’embrassent, lorsqu’ils font l’amour. Et Claire ne comprendrait pas. Elle ne comprendrait pas l’absolu foutoir qu’est sa vie en ce moment, le bourbier indescriptible dans lequel s’est pris son cœur malgré lui, de l’entrelacs désespérant de ses sentiments qui ne cessent de se faire et de se défaire au fil des jours. Il sait qu’elle ne saurait pas quoi dire, à part peut-être je vois, à part sûrement je ne savais pas que tu aimais les hommes, des banalités qu’il refuse d’entendre de sa bouche, parce qu’il aime Hermès et qu’il l’aime elle, et que le sexe n’a pas d’importance, parce que seules comptent les palpitations qui agitent son cœur.
Elle n’est pas plus terrible que lui, non. Pas plus terrible lorsqu’elle embrasse sa joue, pas plus terrible lorsqu’elle l’observe longuement, lui avoue ne plus savoir ce qu’elle veut. Pas plus terrible lorsqu’elle prononce ces mots, lorsque sa voix glisse dans l’air et frappe doucement ses tympans, mélodie bien trop familière devenue souvenir au fil des jours sans elle. Sans elle. Jamais il n’aurait dû l’envoyer là-bas, jamais il n’aurait dû la laisser se débrouiller seule. Il aurait dû venir avec elle, évidemment, coucher sur son lit ou sur son canapé ou sur son sol, n’importe quoi pour qu’elle ne soit pas seule, n’importe quoi pour qu’il soit avec elle. Et pourtant, il ne l’avait pas fait. Et pourtant, à juste titre, elle le lui reproche désormais, prenant pour de la désinvolture un simple réflexe d’auto-préservation. Il ne sait pas s’il devrait lui avouer, Jupiter, que les mois loin d’elle lui avaient semblé interminables, que la course du temps n’était que trébuchements et boitillements, parce que les heures semblaient des jours et les jours des semaines, parce qu’ils se manquaient mais qu’ils n’y pouvaient rien, parce qu’il était le seul et unique responsable de son malheur. Sa main saisit doucement celle de son amie, incapable de plus, incapable de moins, tétanisée par la seule idée qu’elle puisse partir maintenant qu’elle est enfin là. « J’aimerais que les choses soient différentes », il murmure, cherchant d’autres mots, ne les trouvant pas, parce qu’ils ont toujours su se comprendre en en disant le moins possible, sous les yeux des autres, malgré tout ce qu’ils pouvaient penser. Il aimerait que les choses soient différentes parce que ce serait plus simple. Il aimerait n’avoir qu’une boule de désir à la place du cœur, il aimerait ne pas être exclusif et possessif et jaloux, il aimerait qu’Hermès ne soit pas la seule personne à laquelle il pense matin, midi, et soir, il aimerait n’avoir aucun scrupule et faire ce qu’il a toujours rêvé de faire, accompagner Claire ailleurs, loin d’ici et dans les nuages, mais ce n’est pas possible, parce que son estomac se tord à la seule idée de tromper son amant, parce que ses mains tremblent un peu, comme si elles avaient peur de mal faire, de trop faire. Bientôt, il la lâche, comme si Claire n’était qu’un brasier géant, un feu qui lui brûlerait les paumes et lui piquerait la gorge. « Fais comme chez toi », il souffle en reculant avant de se pencher pour attraper sa baguette restée sur la table basse. Un Accio informulé plus tard, du linge de lit atterrit sur le canapé avec douceur, soulevant une odeur soulignant leur approche : lavande. « Je dois y aller. » Les mots sont lâchés brutalement, sans un regard pour elle, comme s’il voulait s’en débarrasser, comme s’il les redoutait. Laisser Claire seule n’est pas la meilleure des idées, loin de là, mais c’est bien la seule qu’il ait. Et même si ça lui sert d’excuse, il ne peut pas rester, vraiment pas, parce que son client l’a généreusement payé pour dézinguer un fanatique de Grindelwald et parce que l’occasion est bien trop belle pour la laisser filer. « Reste là jusqu’à mon retour, s’il te plait. Je reviens vite. Je... Merde », il murmure, alors qu’il attrape son manteau et l’enfile. Il n’avait pas remarqué qu’il était si tard, pas remarqué qu’il risquait de louper sa mission, pas remarqué toutes ces choses parce que Claire avait débarqué et que comme toujours, elle avait tout bousculé, tout foutu en l’air, tout bombardé, laissant simplement un chaos apocalyptique sur son passage. « Fais juste attention, Serdaigle. Je t’en prie. » Les derniers mots sont murmurés alors qu’il ouvre la porte et s’engouffre dehors, gorge nouée, yeux rivés vers le bas pour ne pas dévisager tous ces gens qui lui sont étrangers, tous ces gens qui continuent de vivre comme si de rien n’était, comme si le retour de Claire Barrow n’affectait en rien leurs petites vies. Tous ces gens auxquels il ne ressemblera jamais.
Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Too long, too late (ft. Jupiter)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Too long, too late (ft. Jupiter)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Help seems to always come late when it comes at all. We are in deep trouble
» Croisé pékinois poil long 5/6 ans orphelin Béthune (62)
» Sujet a long terme: ork sauvage.
» L'Oeil de Jupiter [PV Siegfried]
» Un combat long....très long !!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: