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 Toby ϟ Save me from this desolate wasteland

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MessageSujet: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 3:36

Tobias "Toby" Giles Fowler
Most of my sweet memories were buried in the sand


A little taste of magic on your lips
▲ Nom : Fowler, murmure anglais dans les décombres d’un être amoché. Les multiples injures et souillures ont voilé le patronyme de naissance. Bassesses et humiliations, lot du quotidien à maudire au fur et à mesure que le temps passe. Près des Fowler, il aurait dû rester. Une famille à aimer, à protéger, plutôt qu’une existence de servitude dont il ne voit pas du tout le bout.
▲ Prénom :  Tobias & Giles, illustres prénoms pour ce qui aurait dû être un grand homme. Son père le voyait déjà perpétuer la tradition d’avoir l’enfant aîné comme médecin. Il est le Toby de sa maman chérie, avec ses louanges sempiternelles pour le fils tant adoré. Il est le bambin regretté et offert à contrecœur au monde des sorciers. Si les géniteurs savaient à quel irrespect il a affaire tous les jours… Heureusement qu’il n’est pas le seul descendant, et qu’il est l’unique Fowler à avoir découvert les travers de la magie.
▲ Date et lieu de naissance : Le braillard avait arraché la première peur à sa maternelle le 26 mars de l’année 1923. Pour un bébé très bruyant, il avait été extrêmement silencieux au début, provoquant l’inquiétude de tous les présents dans la pièce. Bien heureusement, il avait fini par ouvrir sa bouche et pousser un hurlement à réveiller les morts dans les alentours de la demeure familiale à Manchester.
▲Nature du sang : Abjection une nouvelle fois refusée dans le milieu, cette naissance parmi les dépourvus de pouvoirs. Engeance farfelue dotée de talents qu’elle ne mérite pas. Sang-de-bourbe, une appellation que son garant se plaît à utiliser pour le rabaisser encore et encore. La vérité d’être un né-moldu, d’avoir eu une destinée dont il n’est pas digne.
▲Profession : Ancien médicomage à Sainte-Mangouste, il a dû néanmoins se résigner il y a quelques années à abandonner son poste. La montée de Grindelwald au pouvoir l’a mené à être privé de sa vocation, et c’est là l’une des choses les plus impardonnables à ses yeux. Depuis, il est au service d’un Rowle fortement désagréable.
▲Statut matrimonial : Jamais il n’a cherché à quitter un célibat enlacé volontairement. Pour lui l'amour n'existe pas du tout, il n’est qu’invention farfelue par les hommes qui cherchent à se justifier. Leurs égos nourris par cette attirance à laquelle ils tentent tant bien que mal d’attribuer un nom aussi beau que «l’amour». Il n’appartient à personne, se suffisant et recherchant un remède à sa solitude entre des draps à tâcher. Il aime être une ombre fugace, une aubaine exceptionnelle. Apparaître puis disparaître, comme une étoile filante dans les cieux creux de leurs vies.
▲Ancienne maison (ou école pour les bulgares) : L’aigle majestueux de Rowena Serdaigle a comprimé son cœur entre ses serres. Brillant et intelligent, travailleur et avide de savoir, il n’y avait pas maison plus appropriée.
▲Patronus : Le chat sibérien qui a peuplé son enfance, il l’associe à ces souvenirs heureux à le chasser dans la maison.
▲Baguette Magique : Vingt-deux centimètres de prunelier, incrustés d’un poil de sphinx. Une baguette équilibrée qu’il manie avec dextérité, et qui ne lui a jamais fait faux bond.
▲Particularité : Le néant. Rien pour le différencier du commun de ses semblables.
▲Amortentia : Les effluves de la cuisine de Maman, les odeurs familières d’un hôpital moldu et l’exquis parfum de fleurs d’oranger.
▲Epouvantard : Une famille décomposée et assassinée devant ses yeux, ultime châtiment pour ses multiples offenses envers son garant.

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Silencio
pour servir ma cause

"Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ?"
Tobias est un paradoxe vivant. Les astres en ont décidé ainsi. Son port altier suggère des relents de royauté lointaine. Comme si le monde lui appartient dans son entièreté. Chaque geste, chaque mouvement est empreint d’une grâce sans pareille. Il déambule dans le labyrinthe de la vie avec une assurance qui laisse ses observateurs pantois. Dans le désarroi d’assister à une telle démonstration de prestance. Les envieux la qualifieront d’arrogance. Pourtant, malgré cet air hautain et ce rictus où se lit le dédain, c’est un être doux. Doté d’une tendresse que l’on ne retrouve pas souvent. L’on ne peut pas parler de façade lorsqu’une guerre est menée dans les confins de son âme. Entre l’égocentrisme et l’altruisme. Ce sens de la justice qu’il traîne dans son sillage et qui se dresse en obstacle pour son plaisir. Cette intégrité et cette fierté, il ne pourra jamais s’en débarrasser. Lui qui croit fermement qu’il faut penser à soi avant toute chose n’applique pas ses propres préceptes. Le charisme découle de lui, entaché parfois par son agressivité qui ressurgit quand il s’y attend le moins. Une tendance à vouloir trop parler, trop exposer son point de vue. N’abandonnant jamais, s’entêtant à vouloir convaincre le camp opposé par des discours pompeux. Mais jamais ennuyeux, lorsque la passion est maîtresse des syllabes que déblatère sa belle bouche. Il traîne dans tous les milieux, en dépit de cette attitude snob qu’il affiche dans la moindre esquisse de geste. Se faisant partout des amis, mais également des ennemis. Toby, soit on l’aime, soit on ne l’aime pas. Soit on a droit à son ton agréable, soit sa langue de vipère vous assène un coup tellement violent qu’il engendre la haine. Son existence est une table d’échecs dont il essaie de bouger les pions comme il peut. Tout est calculé, consciencieusement. Mais pas toujours efficacement. Les imprévus n’ont de cesse de venir tout gâcher, le plongeant dans une rage infâme. Il déteste avoir tort. Il déteste être pris de court. Mais son tempérament accoutumé au défi et aux difficultés lui fait garder son sang-froid. Il a vécu la dépression totale, il a vécu l’impuissance et rien ne sera jamais pire. Même s’il ne faut jamais dire «jamais». Sa curiosité maladive fait de lui quelqu’un qui recherche à tout prix l’Information. Se renseignant sur tout et n’importe quoi dans l’espoir de garder une tête d’avance. Il sait néanmoins avouer lorsqu’il se trompe. Courageux autant dans la prise d’initiative que dans la reconnaissance de ses torts. Toutes ces contradictions subsistent en son for intérieur, et il s’adapte. Il n’a pas trop le choix. Il sait qu’il ne peut pas changer, il est tout à fait conscient qu’il sera toujours dans le juste milieu. Artiste torturé, éberlué par la beauté du monde qui l’entoure, il touche à tout. Les notes de musique se meuvent sous ses doigts, les mots ricochent sur le papier à partir de son imaginaire. Les toiles se remplissent tandis que les pinceaux se plient à son emprise. Il est admirateur des étoiles, Tobias. Il ne se lasse jamais de les contempler dans un mutisme cérémonieux. Il est le gendre parfait en apparence, mais une coquille vide à l’intérieur selon son propre point de vue. Être incapable d’aimer de cette façon que décrivent les livres, lui-même prime, et sa famille passe juste après. Les âmes sœurs, l’amour, tout cela n’est qu’un amas de balivernes pour son esprit cartésien.

"Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ?"
Cela l’a conduit à un bouleversement total de son existence. Tout a changé, tout est devenu différent. Rien n’est plus comment avant, depuis cet asservissement de ses congénères. Ça lui a presque fait considérer de tout laisser derrière. De retourner vivre parmi ceux chez qui il est né, dans un monde dénué de magie dans le quotidien. Se faisant discret, baguette gardée précieusement dissimulée aux regards. Il haït cette philosophie, cette pseudo-supériorité qui lui hérisse les poils. Tout ce qu’il a accompli, tous les efforts qu’il a fournis réduits à néant par le simple caprice d’un horrible personnage. Revenu sous la peau d’un nouvel homme, d’un serviteur qui espère regagner ses ailes atrophiées un jour.

"Vous voyez un passant dans la rue se faire malmener par deux spaseni, serviteurs de grindelwald, que faites-vous ?"
Rien du tout. Tous ses instincts lui crieront de l’aider. Toutes ces pulsions sauvages teinteront ses veines d’une rage animale. Mais ce sont là des initiatives réprouvées par la société actuelle. Il n’a aucun droit d’intervenir. Ce serait même extrêmement stupide de sa part que d’essayer de s’opposer à ces êtres sans foi ni loi. Il ne ferait qu’aggraver la situation pour le dit individu, et se mettre en danger inutilement sans le pouvoir de changer quoi que ce soit. Sa bravoure ne serait saluée que silencieusement avant qu’il ne soit mené à un bûcher dont personne ne pourrait le sauver.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
L’espoir d’un avenir meilleur. Une égalité entre sorciers qui aurait dû exister depuis le début. Un acquis qui n’aurait jamais dû être le vœu muet de plusieurs martyrisés. Un bonheur total, un quotidien parfait où il profite d’une liberté fondamentalement méritée. Non pas des instants d’oisiveté, mais bel et bien le fruit acharné du travail. Partagé entre l’apaisement des maux de ceux qui ont besoin d’être tranquillisés, et l’art qui lui colle à la peau. Une âme vagabonde, partagée entre deux mondes complètement dissemblables, tentant tant bien que mal d’atteindre le meilleur d’elle-même.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
Une grande hésitation le submergerait aussitôt. Son esprit filerait à cent à l’heure, analysant la situation avec un intérêt circonspect. Ce n’est pas tous les jours qu’on pourrait se trouver face à une puissance pareille. S’il y en a une qu’il pourrait éliminer d’office, malgré une légère appréhension, ce serait la pierre de résurrection. La mort l’a épargné jusqu’ici, aucun décès majeur pour chambouler sa vie du tout au tout ne s’en est encore venu. Peut-être pourrait-il la garder pour cette simple éventualité, mais rabâcher le passé n’a jamais été sa tasse de thé. La baguette de sureau, offrant une souveraineté incontestée, l’attirerait au premier abord. Sa fierté le rattraperait bien assez tôt, ses exploits aussitôt fragilisés lorsqu’ils seraient aboutis par le biais d’un outil pareil. Non, peut-être prendrait-il un temps fou à se décider, mais il n’y a pas de doute. Il quitterait les lieux avec la cape d’invisibilité sur le dos, le privilège d’échapper aux regards n’est que trop tentant.

▲ pseudo ou prénom :  pipelette (Mohamed).
▲ âge :  21 ans.
▲pays :  France.
▲ Connexion  :  Régulière.
▲ scénario ou inventé :  Scénario qui n’a pas eu le temps d’être écrit.
▲ avatar :  Matthew Daddario.
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  Wendy baby.
▲ quelque chose à rajouter :  Il a l’air super intéressant.
▲ crédits :  Avatar par @Alles; gif trouvés sur Tumblr.
CORRUPTION WILL HAUNT YOU ↓ MUDBLOODS AND MURMURS


Dernière édition par Toby Fowler le Lun 19 Sep - 14:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 3:36

Mudbloods and murmurs
The fire and the pain will now be coming to an end




Demeure des Fowler, Manchester. 1931.
La tornade brune est en danger. Il peut presque le sentir, Toby. Sa petite sœur, guettée par une menace invisible qui le fait déglutir nerveusement. Il peut pourtant entendre ses cris de joie emplir l’espace. Elle est de trois ans la cadette, et elle a ces grands yeux dorés pour vous faire fondre sur place. Il l’aime d’un amour inconditionnel. Si la jalousie de l’aîné était le sentiment prédominant au début, il a appris à adorer cet être que l’on ne peut détester. Même en fournissant tous les efforts du monde, il est ardu d’en vouloir à cette jeune hyperactive. Elle vous attendrit par ses multiples questions, et ses mots affectueux qu’elle vous adresse sans hésitation. Une boule de tendresse qui vous serre dans ses bras dès qu’elle vous voit, dès qu’elle vous rencontre pour la première fois. Elle aime son frère autant qu’il l’aime, même si lui ne le montre pas. Grandi trop vite, le plus âgé des enfants d’Alastar Fowler, il a déjà des rides sur le front tellement il réfléchit. Constamment, sans répit. Feuilletant un livre beaucoup trop compliqué sur son âge, dépourvu de sa concentration, il décide d’en avoir le cœur net. Sa démarche gracieuse, presque adulte, le conduit vers les escaliers qui le guideront vers la chambre. Il arrive juste à temps pour voir en haut des marches un grand sourire illuminer les environs. Une risette qu’il ne peut s’empêcher de rendre. Elle court, la tornade brune. Sans une once de prudence, devant les prunelles alarmées du fraternel. Il ouvre déjà la bouche pour l’intimer à la retenue, mais il est trop tard. Elle court pour venir le prendre dans ses bras. Elle court pour lui montrer son amour. Et la chute va lui être fatale, il voit déjà l’horreur déformer ses sublimes traits. La folie l’attend au tournant, le temps adopte une cadence beaucoup trop lente. Incapable de bouger, il la foudroie du regard, et il prie. Il prie silencieusement pour que rien n’arrive à cet être tant chéri. Il prie pour qu’elle reste indemne. Et la magie lui répond. La magie se déploie, signale son existence, fonce amortir la dégringolade. Les échelons deviennent un toboggan sur lequel la jeune fille glisse, les yeux ronds. Miracle. Son rire est toujours là. Elle est toujours là. Contrairement à la logique qui semble avoir déserté les lieux. Holly a à peine le temps de crier "encore !" que la rampe reprend son apparence originelle. Laissant derrière elle des mensonges véritables pour les parents qui s’extasient devant l’imagination fertile de leur progéniture.

Demeure des Fowler, Manchester. 1934.
Il a beau lire et relire, tout ça n’a pas de sens. Les mots s’alignent dans une suite qui se veut cohérente, mais rien dans le caractère de la lettre ne suggère la moindre raison. Un tissu de balivernes, voilà ce que ça devrait être. Mais pourtant au fond, Tobias sait très bien que c’est loin d’être le cas. Il toise le messager qui lui adresse un sourire qui se veut réconfortant. Mais il est de loin de se sentir tranquille. Son corps tremble sans qu’il ne puisse le contrôler. Holly, à côté de lui, adopte cet air soucieux qu’on ne lui connaît pas. Puis il y a les jumeaux, William et Cyrus, trop jeunes pour comprendre quoique ce soit du haut de leurs trois ans. La gravité du moment les empêche d’être aussi turbulents qu’à l’accoutumée. Des questions fusent, mais Toby les ignore toutes. Il entend ses parents argumenter, chercher à déceler le vrai du faux sans être sûrs où ils s’embarquent. Tout prend sens, et en même temps, tout en est dénué. Le paradoxe le transporte dans un vortex d’incompréhension, et pour la première fois depuis l’avènement, il lève la voix. "Est-ce que j’ai le choix ?" C’est une interrogation qui lui paraît évidente, qui lui glace le sang. Dans un certain sens, il aimerait que ce ne soit pas le cas. Que les gens comme lui soient tellement rares qu’on lui impose d’aller à Poudlard. Il a toujours été trop cartésien, le jeune Fowler. Pour lui, la magie, c’est un rêve qu’il a fait. C’est sa partie artistique qui se dévoile, dissimulée sous les remous de la science. Sa curiosité incisive qui ronge son esprit ouvert aux possibilités multiples d’un monde imparfait. Une réponse positive. Une décision à prendre. Il se mure à nouveau dans son mutisme. Il n’ose pas affronter les coups d’œil pourtant insistants de ses géniteurs. Il aimerait qu’on lui dise que quoi qu’il fasse, il sera soutenu. Une main vient se poser sur la sienne, et en se retournant, le sourire de Holly revient à l’assaut. Presque contagieux. Des plis se forment au coin de ses lèvres. Il sait quoi faire, bien sûr, c’est évident. Et comme pour le conforter dans ce qu’il  pense, la voix de sa sœur résonne, claire et joueuse. "Imagine tous ceux que tu pourras transformer en crapauds après, dès qu’ils se moqueront de toi parce que tu lis beaucoup."

Bibliothèque, Poudlard. 1936.
Ses pensées dérivent, un torrent irrépressible de futilités. Il aimerait pouvoir se délester de tous ces parasites qui s’opposent à une réflexion qu’il voudrait posée et tranquille. Ses notes de cours prenant toute la superficie de la table, comme un refus que l’on s’invite à partager son espace personnel. Il s’isole volontairement. Il dresse des barrages gigantesques pour tenir à l’écart ceux qui lui feraient perdre du temps. Se faire des amis, ce n’est pas son fort. Les rares qu’il a réussi à se faire en trois ans à l’école savent pertinemment qu’il ne peut pas être dérangé pendant qu’il étudie. Pourtant, ce ne sont pas des présences nuisibles qui perturbent le cours de ses idées. Il rêvasse, tout bonnement et simplement. Si d’habitude il a l’ascendant sur ses billevesées, elles s’avèrent difficiles à contenir ces derniers temps. L’expression artistique s’impose et s’expose, réclamant de l’attention en des temps d’examen. Il a beau essayer de les reporter à un meilleur moment, elles semblent déterminer à lui empoisonner ses instants de révision. Hors de lui, il referme brusquement le livre avec un son guttural de frustration. L’attention se reporte sur lui, et c’est un regard noir qu’il adresse à tous les présents. Un par un, jusqu’à ce qu’ils baissent leurs iris. Foncièrement désagréable, Tobias poursuit son manège jusqu’à tous les intimider. Sauf un seul, qui soutient ses mirettes pendant un long moment, un sourire narquois étirant ses lèvres. Perdant à un jeu qu’il a lui-même initié, sa langue claque lorsqu’il passe près du Rowle. Rangeant un livre à sa juste place, juste à côté du faciès de l’effronté. "Je te conseille cet ouvrage. Peut-être qu’il t’aidera à surpasser ta médiocrité." Sans attendre de réponse, il se précipite vers la sortie. C’est comme ça avec le Serpentard. Tout le temps. Ils se jettent l’un sur l’autre, la gueule grande ouverte, les griffes prêtes à écorcher. Ils aiment se faire mal, s’insulter, se mépriser. Car il n’a rien de banal, Wendell. Il a juste ce don de l’horripiler suffisamment pour que le Fowler sorte les crocs.

Salle commune des Serdaigle, Poudlard. 1938.
Par le moindre pore de sa peau, il transpire la panique et la nervosité. Ce sont des sentiments négatifs qui semblent le pourchasser dans les méandres de son esprit. Il a pourtant bien révisé, travaillé comme il se le doit. Il n’a jamais lésiné sur les efforts à fournir, se privant de nuits de sommeil et d’éventuelles distractions. Il a bridé son inspiration, l’art qui voulait se transmettre du bout de ses doigts. Il a délaissé les étoiles, toujours cachottières silencieuses qui essaient pourtant de lui communiquer la beauté d’un univers grandiose. Il n’y a, aux yeux des autres, rien de plus qu’il aurait pu accomplir pour se préparer aux BUSE. Ils ont vu le monstre qui les dépasse tous, cette créature d’acharnement qui ne s’est jamais laissée abattre par le travail à faire. Sans relâche, comme si toute son existence en dépendait. Et c’est le cas. Selon son point de vue, c’est autre chose. Il a la décourageante impression qu’il n’est pas prêt et qu’il ne le sera jamais. Des nausées matinales le prennent par les tripes en ces derniers jours. Maintenant, c’est la veille. C’est maintenant que tout se décide. C’est maintenant qu’il saura enfin s’il a fait le bon choix. S’il n’a pas abandonné une meilleure vie, derrière lui, près des Fowler qui lui avaient tracé une voie drastiquement différente. Depuis sa naissance, il était prédestiné à devenir médecin. À onze ans, il a tourné le dos à un futur glorieux, entraînant une amertume chez les géniteurs qui ne manquent jamais de le lui rappeler. Il avait raison. Il le faut. Il sent que toutes les informations recueillies au fil de ces cinq années s’envolent. Elles deviennent bouts de papier volatiles, éparpillés aux quatre vents qu’il ne peut rattraper. Ce sont là des symptômes apparemment normaux chez tous ceux qui ont un examen à passer, mais c’est tellement inhabituel pour lui que ça ne fait qu’ajouter au stress déjà présent. C’est trop tard maintenant, se fatiguer cette nuit est la pire idée qui soit. Quelques heures le séparent de la première épreuve. Assis près de la cheminée, l’estomac retourné, il enlace cette solitude et laisse les idées sombres le submerger d’une vague mortelle. Un condamné qui marchera bientôt vers la potence, le myocarde lourd. La terreur le dépouille de tout ce qu’il y a de meilleur en lui. Et puis elle s’en vient. La présence de trop. Il fronce le nez de désapprobation, dérangé dans son apitoiement sur soi. Déjà prêt à rejoindre les dortoirs pour poursuivre ses instants d’angoisse futiles dans son lit. En se retournant, il tombe nez à nez avec elle. Une expression divine anime sa belle bouche, et les cheveux sublimes de Phoebe encadrent son visage à la perfection. On ne la dirait pas tirée d’un sommeil profond, mais bel et bien éveillée malgré l’heure tardive. En pleine possession de ses moyens, pas une cerne de fatigue sous ses yeux. "Bonsoir." Sa voix trahit une nervosité inhabituelle. Elle a toujours eu le don de le mettre dans tous ses états. Cette créature pleine de mystères, qui semble connaître tous les siens avec son sourire mutin. "Bonsoir." Banalités d’usage balancées, il se demande à quoi il ressemble avec cette crainte qui lui noue le ventre. Il doit sûrement paraître pathétique à côté de ce monstre de confiance en soi. Elle a toujours été la concurrente à abattre. Celle qui obtient les meilleurs résultats à ses côtés. Une rivalité presque naturelle s’est établie entre eux alors qu’ils n’ont échangé que quelques rares mots de temps à autre. Pourtant, Tobias, au fil du temps, avait développé une sorte d’admiration qu’il exècre au plus haut point. En sa présence, il y a un trouble qui s’instaure et dont il ne sait pas se débarrasser. "Bon courage pour demain." Il doit absolument s’en aller, quitter les alentours pour ne plus être soumis à cette attraction qu’il est loin d’assumer. Elle n’est qu’une énième distraction de son but ultime. Pourtant, elle fait un pas en sa direction, dépose un baiser parfumé sur sa joue et murmure près de ses tympans des mots à la sensualité déstabilisante. "Pas besoin de courage ou de chance. On a déjà cette année dans la poche." Et il la croit. Il lui fait confiance aveuglément, avec cet air béat sur la figure. Ses billes vrillent ceux de sa camarade, et elle en profite pour mettre du désordre dans ses cheveux avant de disparaître sans aucune autre forme de discours.

Parc, Poudlard. 1939.
Elle hante le décor. Son rire résonne, cristallin, pur. Les sens comblés, Tobias l’observe avec cet ébahissement habituel. Interactions limitées, pourtant elle peuple des fantasmes inavoués. D’autres filles ne sauraient lui faire tourner la tête comme elle. Des sentiments ? Non, c’est absurde. Il s’est longtemps résigné au fait que ce n’est pas là un concept avec lequel il veut frayer. Ce n’est que de l’émerveillement pour une créature aussi sublime. Il y a un mur qui se dresse entre eux, l’empêchant de l’aborder. Et ça l’irrite de se sentir aussi impuissant. Des relents de conversation retiennent son attention, et il se retourne pour observer cet imbécile de MacFarlane en train de reluquer ouvertement la perle de sa convoitise. Comme un vulgaire objet qu’il veut s’approprier, avec cet air dégueulasse et ces mots crus. "Puisque je vous dis qu’elle me tombera dans les bras, un jour. Je vais pas la rater cette fois, les gars." La reine de l’hiver et un vulgaire bouffon ? Pincez-le, il rêve, le Fowler. Il devrait être amusé, se moquer silencieusement de cet acte de stupidité. Pourtant, il est contrarié, atteint. Touché. Comme s’il y avait la moindre chance qu’elle cède à un charme inexistant. La colère ravage ses veines, cet effronté l’agresse de ses regards dégueulasses, cette princesse du froid. Il voudrait lui donner une leçon, pour ne serait-ce que la mater. La contaminant de sa testostérone empoisonnée. Personne ne l’apprivoise, Phoebe, personne ne l’approche. Ils ont toute cette mine déconfite quand ils osent enfin balbutier des mots incertains devant elle. Elle dégage cette aura de puissance qu’il est difficile de dépasser. La preuve est que lui aussi en est affecté. "Tu peux rêver, MacFarlane." Sa langue claque, désagréable. Il n’y tient plus, et ses syllabes se font agressives. Répugné par un comportement pareil envers l’étoile inaccessible. "Ah ouais ? Et pourquoi ça, Fowler ?" Il se fait soudainement menaçant. Comme s’il se croyait en mesure d’intimider celui que l’on ne peut terrasser. De cet être qui cache une rage derrière les traits d’une arrogance moqueuse et ravageuse. "Il faut un minimum d’intellect et de conversation pour s’approcher d’elle." Phrase décochée en toute simplicité, égo vexé et blessé et un sourire étire ses lèvres cruelles pour reprendre leur assaut. "Or, on sait très bien que la nature ne t’a bien doté de ce côté-là. Ce n’est pas de ta faute, c’est comme ça que les choses ont été faites." Puis il l’ignore, il le laisse à sa fureur débile. Son méfait accompli, il commet l’erreur de lui tourner le dos, de reporter son attention sur le livre qu’il feuilletait bien avant tout ça en espérant se la sortir des pensées. L’insulte résonne, familière, crachée dans une haine féroce et atroce. "Comment oses-tu, espèce de sang-de-bourbe." Ce qu’il n’avait escompté, c’est la main serrée autour de la baguette qui représente le danger. Pas assez rapide pour décocher  la sienne, ou même pour lui refaire face, il est à la merci d’un imbécile impulsif. Il l’aura mérité, pour avoir quitté le confort des pages pour l’inflexibilité du monde réel. "Expelliarmus." Elle est là, impératrice des rêves et des cauchemars. Parée d’une cape de froideur implacable, ses iris brillent d’un dégoût certain. "Attaquer quelqu’un incapable de se défendre est un acte tellement méprisable." S’interposant entre les deux garçons qui la désirent tellement qu’ils en viennent à commettre actes de folie. Elle fait trembler les cœurs par sa prestance et son élégance. Elle est si proche, si accessible. Les doigts de Toby le brûlent, ils veulent caresser sa nuque, prendre sa main et la placer derrière lui pour que rien ne lui arrive. "Tu devrais avoir honte de toi, qui que tu sois." Elle ne connaît même pas son nom. Ou alors feint-elle de l’ignorer pour l’enfoncer encore plus. Ne pas reconnaître son existence-même est la pire insulte qui soit, lui qui souhaitait la «courtiser». Cela a l’effet escompté, l’homme se rembrunit, ramasse sa baguette et s’en va, humilié par les deux Serdaigle. Il ose, le fauteur de troubles. Il s’approche d’elle, et glisse dans ses tympans un mensonge audacieux. "Je n’avais pas besoin de ton aide." Jeux d’enfants, jeux loin d’être innocents. "Mais merci quand même, Rosier, de garde ainsi mes arrières." Amusé, il n’ose pousser le vice, se retrancher dans une pudicité qui lui est étrangère. Toujours secoué par la proximité, il recule, tourne les talons, et n’ose pas la regarder de peur d’aggraver l’envoûtement.

Ste-Mangouste, Londres. 1943.
"19h, Tobias. Tu avais dit 19h." Les sourcils de la belle se froncent, marque de désapprobation ultime sur ses traits qu’on dirait sculptés dans de la glace. Elle qui arbore toujours cette expression neutre montre sa soudaine contrariété. Elle n’aime pas qu’on se moque d’elle. Les manquements aux engagements sont pour elle un défaut dont son amant occasionnel devrait se débarrasser au plus vite. La malice est le masque idéal, conjuguée à une surprise prétendue. "J’avais complètement oublié qu’on était supposés se voir aujourd’hui." Fadaises qu’il profère, poison délétère, et la colère l’entoure déjà de son étau invisible. Avant qu’elle ne puisse répliquer, il coupe son souffle pour le dérober entre ses lèvres qui s’emparent des siennes. Ses doigts s’affairent à écarter les mèches de ses cheveux pour atteindre sa nuque qu’il caresse envieusement. "Désolé, princesse, j’étais occupé. Je te revaudrai ça." Cela fait 3 ans et des poussières qu’ils se cherchent, qu’ils se trouvent. Que leurs jeux s’éternisent dans une hantise parfaite et complète. Ils ne se lassent jamais l’un de l’autre. Planètes qui gravitent ensemble autour du même soleil. Ils se crameront sûrement les ailes, tous deux Icare de leur temps. L’amour est une notion en laquelle il ne croit pas du tout. Pourtant, cette reine du froid a redonné vie à un cœur atrophié, elle l’a fait pulser dans une danse d’affection. Elle l’a rapproché du précipice, et elle détient le pouvoir de l’y pousser. "Tout de suite, si tu veux. Tu sais, on n’est pas loin de chez moi, je peux te faire à manger et me rattraper." Sa bouche dégringole sur sa nuque, essaie d’attiser son désir. Peu importe pour lui qu’ils soient en public. Et elle n’a jamais eu l’air d’objecter, malgré sa famille. C’est comme si l’opinion des autres n’arrivait même pas à la frôler, se contentait de survoler le halo d’assurance qu’elle dégage avant de le contourner maladroitement. Elle a toujours été irréprochable, pourtant. Ce n’est qu’en la côtoyant qu’il a compris qu’elle ne faisait pas d’efforts dans ce sens. Qu’elle est libre comme l’air, détachée du regard d’autrui. "Si tu crois que je vais te pardonner aussi facilement, Fowler… Tu te rattraperas une autre fois, je vais plutôt rentrer chez moi un bain reposant. Seule." Il émet un grognement d’insatisfaction. Abandonné sur les rivages d’une concupiscence certaine, il n’ose pas la retenir. De peur de trop s’exposer. De peur de trop en dire. Il se contente de la regarder avec la même admiration intacte, tandis qu’elle lui donne du dos et s’éloigne petit à petit. À chaque pas, un coup de poignard asséné en plein cœur. Elle est l’eau qui coule entre ses doigts, l’oiseau libre qui ne se laissera jamais mettre en cage.

Jardin public, Londres. 1946.
Il a déjà le palpitant en mille morceaux. Les affres de la souffrance semblent être la compagnie idéale en ces temps sombres. L’imprévu était venu les gifler en pleine visage, tous autant qu’ils sont. Et si pour certains c’était là l’accomplissement de leurs espoirs les plus fous, pour d’autres, il n’est question que d’un abattement sans pareil. Tobias fait partie de cette maudite seconde catégorie. Le sang qui pulse dans ses veines est jugé trop souillé pour une appartenance totale à cette société. Dépouillé de sa profession, il n’est plus jugé en tant que sorcier, mais bel et bien en tant que simple rebut. Une anomalie, un parasite qu’il s’agit d’éliminer. Sa baguette tourne et retourne entre ses doigts. Un bout de bois qui paraît banal au premier abord, mais qui l’a choisi. Un soupir s’échappe d’entre ses lèvres, fataliste. Le pire reste à venir. La voilà qui s’approche, cette tempête qui a emporté avec elle les pans de sa raison. Avec ce regard désapprobateur, dégoûtée de devoir en venir à fréquenter des lieux pareils peut-être. Il ne sait pas. Il n’a jamais vraiment su, ce qui se tramait sous cette beauté meurtrière. Elle a toujours été précautionneuse de garder ses pensées pour elle-même. Sûrement parce qu’entre eux, ce n’est rien d’autre qu’une passion physique, une alchimie qui dépasse l’entendement. Sûrement parce qu’elle savait, au fond d’elle, que ça finirait un jour. Et lui aussi dans un sens, mais à retarder l’inévitable, il s’est permis de se bâtir des couches d’espoir. Maintenant, le myocarde est mis à nu, dépouillé de ses protections. Elle a gagné, elle a achevé. Elle se tient debout en face de lui, l’air perplexe. "Tu peux m’expliquer pourquoi tu m’as donné rendez-vous dans un jardin moldu ?" Comment lui dire, comment lui expliquer ? Je n’y retourne pas, Phoebe. Je reste ici, et je vais te regarder partir avec le cœur qui saigne des larmes. Tout paraît si dérisoire vis-à-vis de ses vrais sentiments, qu’il s’empresse de dissimuler. Il se rassure en se disant que même s’il ne la reverra plus jamais, son tableau restera accroché dans sa chambre. Sa magnificence restera immortelle dans ses souvenirs indélébiles. "Pour te dire au revoir, princesse." Ce sourire goguenard étire ses lèvres, comme s’il n’était pas le moins du monde blessé par cette séparation obligatoire. Rongé par la colère, agacé par la situation. "Il est temps qu’on arrête nos parties de plaisir. Ça devient… contraignant." La gifle résonne, lui fait perdre le souffle. Il la mérite. Il mérite toutes les crasses qu’il aura. Comme cadeau d’adieu, il anéantit son égo. Il insinue que ça n’a jamais rien voulu dire de son côté non plus. Peut-être est-elle une de ces femmes vénales qui aiment que leurs conquêtes deviennent des esclaves de ce qu’elles ressentent pour elle. Il n’est qu’une déception exceptionnelle, elle ne sait pas comment gérer. Pas une seule seconde n’est passée à penser qu’elle l’aime. Qu’elle aussi partage cette douce folie, qu’elle baigne dans le même univers d’adoration. "Tu es une Rosier. Je suis un sang-de-bourbe. Nous sommes en temps de guerre, Phoebe D'autant plus que ta famille est déjà dans la mouise jusqu'au cou comme ça." Une autre. Encore plus violente. Les témoins de la scène doivent se demander ce qu’il a fait. Il a trahi. Il a menti. Il est un lâche parmi les lâches, un homme qui a presque tout perdu et qui est prêt à laisser tomber la dernière attache à un monde auquel il n’appartient déjà plus. "Que crois-tu qu'ils vont penser en nous voyant ? Une énième trahison, voilà tout. Nous ne sommes pas du même monde. Tu le sais. Je le sais. Pourquoi s’accrocher pour du sexe ? Peu importe à quel point il est …" Elle tend le bras à nouveau, mais cette fois il s’en saisit au vol. Il fulmine, la rage le rend cruel. Qui pourrait la quitter, en réalité ? Impératrice des convoitises, brune incendiaire qui réveille un volcan à l’intérieur de son être. "Tu as raison. Tu n’es qu’un foutu sang-de-bourbe. Puisque tu acceptes cette appellation de si bon gré, ce n'est pas moi qui vais m'y opposer." Les syllabes s’étranglent dans sa gorge, et il se tait. Qu’a-t-il à rajouter après tout ? Elle le laisse partir. Qu’a-t-il cru, qu’elle allait le retenir ? "Au revoir, Phoebe" murmure-t-il en observant sa silhouette qui avance d’un pas empressé.

Demeure des Fowler, Manchester. 1949.
Avachi dans son lit, la journée n’a même pas commencé pour lui. Elle ne commence jamais à vrai dire. Plongé dans une léthargie incongrue, la routine s’est installée pour lui. Inévitablement désastreuse, le sort funeste qui l’attendait a fini par le rattraper. S’il pouvait se voir dans cet état, il s’en affolerait. Mais il est trop inconscient pour ne serait-ce que s’en rendre compte. Tout le monde le traite avec des gants. Le fils prodige est revenu. Et peu importe s’il ne veut rien faire de ses journées. Elles lui appartiennent. Ils font les aveugles, les sourds. Pourtant, ils le voient dépérir. Pourtant, ils l’entendent gémir la nuit, des mots qu’ils ne comprennent pas. Il n’a plus rien de magique, Tobias Fowler. Il est devenu bien ordinaire, bien banal, bien stupide. Secrètement, ils espèrent qu’il se ressaisira. Qu’un jour, il reprendra ses livres, que le goût du savoir lui reviendra. Qu’il trouvera un métier pour assurer son avenir, de retour chez lui, là où il appartient vraiment. Ils ont patienté une année, deux. Au bout de la troisième, ils se sont accoutumés à sa catalepsie. Les psychologues disent qu’il est dans un état dépressif. D’autres disent qu’il n’a juste plus de volonté de vivre. Qu’il a perdu quelque chose de vraiment important. D’autres veulent juste le faire interner. Sa mère ne les aurait jamais laissés. Son père aurait volontiers accepté s’il n’avait pas peur d’un refus de Tobias, et d’un carnage «magique». Sa sœur, seule, demeure silencieuse. Elle attend son heure, en pleine détresse. Aujourd’hui, elle n’y tiendra plus. Aujourd’hui, elle redouble de coups sur la porte de la chambre de son frère muet. Et même s’il ne lui répond pas, même si elle n’a pour seule réponse qu’un vent, elle crie. "Je te préviens, Toby, je vais compter jusqu’à cinq. Je m’en fous si tu n’es pas habillé, je vais rentrer." Le cinquième chiffre résonne, et elle fait irruption dans la chambre. Fille aux prunelles de feu, ouragan fougueux qui veut se faire entendre cette fois. Elle a bien grandi, Holly. Elle est devenue la jeune belle fille qu’il a toujours su qu’elle serait. Elle s’est mariée à un bon parti, un anglais de pure souche. Ce même concept de pureté qui existe au sein de la société sorcière à l’heure actuelle, et qui l’a fait fuir. Apparemment, il y a un enfant en route. La situation aisée de son époux lui permet de mener une existence de luxe, pourtant il y a un vide au creux de sa poitrine. L’état de son frère, si distant, si inaccessible lui retourne l’estomac de fond en comble. Elle retire ses couvertures, fronce du nez et le toise avec un jugement fort désapprobateur. "Tu ne peux pas imaginer à quel point tu pues, mon frère. Ça fait combien de temps que tu n’as pas pris un bain chaud ?" Leur mère aussi essayait de le traîner hors de la couche par des stratagèmes pareils. C’est fou à quel point elles se ressemblent, les deux femmes de sa vie. À part leurs mirettes. Car si dans le regard de la génitrice il voit de la tristesse et de l’abdication, dans celui de Holly, il y a une volonté. Une volonté de tout changer, une sorte de lassitude comme si elle aurait dû agir de la sorte il y a longtemps. "Tu devrais y retourner, tu sais." Jusque-là apathique, il se retourne pour la fixer, le visage impassible. Pourtant, son cœur bat la chamade. Comme s’il n’avait jamais réfléchi à cette éventualité auparavant. Une idée de génie, voilà ce que c’est, à son cerveau fatigué par l’amollissement. "Tu n’es jamais revenu, en réalité. Et puis peu importe ce qu’il se passe là-bas, ça ne peut pas être pire que ça." Elle se mord la lèvre. On peut voir l’incarnation-même du dilemme. N’y tenant plus, elle sort d’on-ne-sait-où la baguette dissimulée dans un recoin de la maison. Ce bâton qu’elle tient précautionneusement, de crainte de le casser ou de foutre la maison en feu, probablement. "Il faudra recycler tes cachettes dans cette maison, si tu comptes rester. Mais je crois sincèrement que tu devrais y aller. Je n’en ai que faire si tu seras en danger. Je te préfère menacé de mort, plutôt que de te suicider à petit feu de la sorte." Elle a l’air complètement déterminé. Elle dépose l’artefact à côté de son propriétaire, soufflant nerveusement avant de laisser échapper le petit rire qu’elle a gardé depuis son enfance. "Je ne comprends pas comment un homme aussi intelligent que toi peut être aussi stupide, parfois."

Ministère de la Magie, Londres. 1949.
Calme de morts, preuves qu’il a tort tout autour de lui. Il sent déjà sa liberté s’éparpiller aux quatre vents. Mais ça n’a aucune importance. Cela fait des années qu’il est l’esclave de ce macrocosme. Cela fait tellement longtemps qu’il a abandonné tous les plans pour se réfugier dans la magie qui coule dans ses vaisseaux. Si le prix à payer est de se soumettre à un sorcier, soit. Ce ne sera qu’une humiliation de plus à subir. Pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout. Une guerre est menée dans les ombres, des bannières derrière lesquelles il est possible de se rallier. Il a juste besoin du timing idéal. Il a juste besoin d’un signe, d’une quelconque lumière dans cette obscurité aberrante. "Tobias Gilles Fowler." Le regard de dégoût qui lui est décoché ne souffre aucune mésinterprétation. Il doit s’y accoutumer de toute façon, à ce genre d’œillades dédaigneuses. À être traité comme un moins que rien, pire que les bâtards dans la société anglaise moldue. "Suis-moi." Chaque pas le rapproche de sa nouvelle prison. Une cage dorée, chez un sang-pur lambda, pour servir le moindre de ses désirs. Il a entendu les rumeurs. Les pires perversions, les assouvissements de pulsions sombres sur ces impurs. Il ne craint pas la torture, Tobias. Les mots de sa sœur tintent encore dans sa caboche. Tout, sauf cette inertie dont il a fait preuve avant de revenir. Il se laissera malmener, dégrader, écraser, insulter, mortifier, opprimer. Dans l’espoir d’un jour meilleur. En faisant irruption dans la pièce, il voit son futur maître, adossé à son siège, invisible pour le moment. Sera-t-il chanceux aujourd’hui, ou tombera-t-il sur le pire des connards ? À en juger par la personne qui l’accompagne, son air serein et l’absence de sévices apparents, il se permet d’être optimiste. Tôt ou tard, il s’approche du bureau, et la curiosité prend le dessus. Ses rétines se déposent sur son futur «employeur», et il laisse échapper un bruit de surprise. Cette arrogance, cette beauté agaçante, ces billes froides de reptile impitoyable. Il transpire la fierté d’être qui il est. Le dédain sur sa physionomie semble être adressé à tout ce qui l’entoure. Puis une lueur amusée s’allume dans ses pupilles, et tout s’écroule. Même avoir Phoebe comme garante aurait été préférable. Même le pire des bourreaux possibles aurait été enlacé avec joie. Pas lui. Surtout pas lui. S’aplatir devant Wendell Rowle est la pire des bassesses possibles. Pourtant, il ne peut pas faire marche arrière. Il est loin d’être en position de force. Qui le défendrait après tout, si tous les présents venaient à l’accuser d’avoir fait perdre du temps au Ministère de la Magie ? Finir à Azkaban paraît une meilleure perspective que de tenir compagnie à ce serpent méprisable. Mais l’exécution paraît tellement définitive, tellement futile. Sans piper mot, il s’empare de la plume, ignore le sourire obscène du Serpentard et appose sa signature sur le papier.

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Dernière édition par Toby Fowler le Lun 19 Sep - 14:04, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 3:53

HEY YOU T'es sexy mais tu le sais déjà et je vois tes chevilles qui enflent d'ici
BIENVENUE SUR M&M Je suis contente que tu aies craqué (Quoi ? c'est pas ma faute ! )
Bon courage pour ta fiche ! (je sais que t'en as besoin xD)
J'ai hâte de pouvoir te malmener
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 8:03

Eh bah c'est pas trop tôt j'ai hâte de pouvoir te céder le fameux rp promis, ton début de fiche envoie du louuurd.
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 8:58

Bienvenue !

Il a l'air sympa ce jeune homme, moi je trouve ça pas juste ce qu'il lui est arrivé ! >: J'aurais le seum aussi, à sa place.
En tout cas, hâte d'en lire plus ! Bon courage pour la suite !



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Love like yours will surely come my way


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Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 9:33

Bienvenue :yaya:
j'aime déjà beaucoup le début de ta fiche et j'ai hâte de lire la suite, du coup
Si jamais tu avais d'autres questions n'hésite pas à venir me voir, j'essaierai de t'aider au mieux


uprising
You will hear thunder and remember me, And think: she wanted storms. The rim Of the sky will be the colour of hard crimson, And your heart, as it was then, will be on fire.
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 9:44

Te voilà enfin.
Bienvenue sur MM, je suis impatiente de voir Toby en action. Et il nous faudra grave un lien !
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 11:10

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii t'es làààà. Bienvenuuue et bon courage pour ta fiche. Ton début est parfait. Et je veux des liens aussi.
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 12:01

@Wendell, je sais que je suis sexy, je n'ai pas besoin de toi pour me le dire. J'étais prédisposé à craquer, de toute façon. Et oui j'en ai grave besoin, mais ça va aller, j'y crois. Tu me malmènes, je te le rendrai bien.
@Malka, j'ai hâte aussi, jolie créature. On l'aura enfin notre RP.
@Aleksandr, ouais l'injustice, tout ça. Il voulait juste un avenir radieux le pauvre. Merci en tous cas.
@Melpomène, oooh Je n'hésiterai pas, merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira aussi.
@Agrippine, je ne me suis pas tant fait attendre que ça, en vrai. Merci beaucoup, bien sûr qu'il nous en faudra.
@Stitch, je suis fan du prénom que tu lui as choisi, au Lovegood. Voilà enfin une occasion de te le dire. Bien sûr que t'auras des liens aussi, vilaine chose.
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Mer 14 Sep - 19:12

HOLA (tu me connais pas vraiment mais moi je te connais, ça fait flipper, hein 8D Sinon je suis tout à fait normale, faut pas s'en faire)

Déjà, super choix d'avatar, et ensuite, ton perso a l'air de tellement envoyer du lourd omg j'ai hâte de lire la suite. Je tiens à préciser que ton message sous invité était hilarant J'ai jamais eu l'occasion de RP avec toi, mais je suis fan de ton style alors je vais venir te harceler via MP (histoire que tu saches qui je suis mdr). Leïlou ne tarit pas d'éloges à ton sujet en tout cas 8D (n'est-ce pas la #TeamWhatsApp What a Face )

Brefouille, je te dis donc bienvenue, et puis bonne chance pour la fin de ta fiche!
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Jeu 15 Sep - 13:26

Bienvenue parmi nous et bon courage pour cette fiche
J'aime déjà beaucoup le peu que j'ai pu lire
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Jeu 15 Sep - 17:03

Bienfenuue (oui avec un f) sur M&M
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Jeu 15 Sep - 23:30

LES SANG DE BOURBE AU POUVOIIIIIIR

Bienvenuuuuuuuuue monsieur, début fort intéressant (enfin, il ne manque pas grand-chose), il nous faudra un lien, mon jeune ami

Fais comme à la maison, frappe Ednénuphar au passage et tout ira bien
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Lun 19 Sep - 4:23

@Azalea, je. J'ai tout dit, je t'envoie pleien de love, et je suis ému rien qu'à la relecture de ton message.
@Edna, oh merci beaucoup, elle est bientôt terminée, j'espère qu'elle te plaira.
@Claire, je veux bien un bienfenue avec un f, mais faut qu'on m'explique pourquoi exactement.
@Lucy, on est la plèbe pour le moment,mais oui on va leur montrer à ces coincés du postérieur. Merci beaucoup et bien sûr qu'il nous en faudra un, c'est même obligé maintenant, tu ne peux plus y échapper.
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Lun 19 Sep - 9:54

Lucy M. Douglas a écrit:
Fais comme à la maison, frappe Ednénuphar au passage et tout ira bien

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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Lun 19 Sep - 18:15

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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Jeu 22 Sep - 17:40

Félicitations !
bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs

tes premiers pas parmi nous
Ca c'est un personnage comme je les aime Une belle plume et une histoire qui envoie du pâté, que demande le peuple?
Je m'excuse encore une fois du retard dans ta validation, bienvenue officiellement parmi nous !



Tout d'abord félicitations et bienvenu(e) sur Mudbloods & Murmurs!

Maintenant que ta fiche est validée, il te reste juste quelques petites étapes avant de pouvoir commencer à RP parmi nous! Tout d'abord, n'oublie pas de vérifier dans le bottin des avatars que ton avatar t'a bien été réservé, ainsi que dans les différents listings, afin de vérifier que tu es correctement recensé. Il est également obligatoire de passer remplir les quelques informations dont nous avons besoin dans ce sujet de recensement. Tu n'auras ensuite plus qu'à créer ta fiche de liens afin de pouvoir commencer à trouver toutes sortes de liens plus farfelus les uns que les autres avec les autres joueurs  

Mais par dessus tout n'oublie pas de t'amuser et de prendre du plaisir à RP. On a hâte de lire toutes vos histoires et on cale d'ors et déjà un bisou sur vos fesses. N'oubliez pas qu'en cas de question/demande ou quoi que ce soit d'autre, tout le staff est à votre disponibilité par MP, chouette, beuglante ou crieur
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MessageSujet: Re: Toby ϟ Save me from this desolate wasteland   Jeu 22 Sep - 18:30

Il n'y a pas de souci Merci énormément pour tout.
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