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 Take me to church ⚜ (abraham)

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Morsmordre
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Profession :  Rentier ; explorateur à la retraite forcée ; membre et mécène de l'association pour la sauvegarde du patrimoine magique et historique sorcier (Kelpie)
Ancienne école :  Poudlard ; Serdaigle.

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MessageSujet: Take me to church ⚜ (abraham)   Jeu 15 Sep - 15:40

Take me to church
Abraham & Abelam
I was born sick, but I love it. Command me to be well. Take me to church, I'll worship like a dog at the shrine of your lies, I'll tell you my sins and you can sharpen your knife. Offer me that deathless death. Good God, let me give you my life.

Le regard vitreux, abasourdi par un choc glacé, ses longs doigts fins se détendirent et la feuille de papier luxueux tomba sur le tapis persan dans un chuintement discret. Le jeune homme, accoudé sur son bureau, son fauteuil tourné vers la cheminée où ronflait un grand feu, pris son front dans sa main, visiblement accablé. Sur le meuble en merisier massif et tout autour de lui sur le parquet sombre se trouvaient des dizaines de lettres ouvertes ou encore cachetées – son courrier des trois derniers jours. Mondain, il recevait toujours beaucoup de courrier – réponses à telle ou telle invitation, correspondance amicale, courrier associatif,... Il pouvait se vanter d'être populaire. Mais bon nombre de ces lettres étaient mises de côté d'une main impatiente lorsqu'il se sentait, comme aujourd'hui, d'humeur morose, avant qu'il ne daigne les lire y répondre quelques jours plus tard. Seules les missives les plus importantes passaient le filtre de sa mauvaise humeur ; comme celles de ses plus proches amis. Ici, Thiberius Harteveld, jadis compagnon de voyage et aujourd'hui compagnon d'infortune. Ensemble, avec le concours du dernier membre du trio – Lord Edmond Marsh –, ils avaient ouvert le tombeau qui avait commencé à creuser le leur. « Cher Abel », commençait la lettre, « Ma détresse ne cesse de grandir, je n'ose plus sortir de chez moi. Pourtant, il arrive des moments où je reviens à moi, trempé de pluie, maculé de boue, un goût de pourriture dans la bouche et une excitation coupable dans le cœur. J'ai peur d'être en train de devenir fou. J'ai peur de comprendre ce à quoi je m'adonne bestialement lorsque ma conscience s'efface... »

Abelam ne pouvait que trop bien imaginer même si cela lui serrait le cœur. S'il éprouvait compassion et effarement à l'encontre de son ami, l'héritier Lestrange était mortifié à l'idée que lui aussi – dans un état second – puisse s'adonner à quelques folies nocturnes. Des folies dont il n'auraient pas eu consciemment l'initiative, des bévues irréparables. Étrangement, les trois explorateurs avaient été frappés par trois malédictions différentes. Trois malédictions qui rendaient leurs vies impossibles et progressivement invivables, trois raisons de mettre fin à leurs jours pour avoir profané un lieu sacré.
Edmond, en plus d'avoir perdu son bras dans un piège qui l'avait atrocement mutilé, souffrait régulièrement d'une fièvre sans remède et pouvait de moins en moins bien marcher. La plupart du temps, il se reposait dans une chaise roulante, l'air maladif, les yeux humides et les vaisseaux dilatés. Thiberius, alias Toby, semblait se transformer progressivement en une sorte de goule blafarde avec un goût prononcé pour la chair crue et une aversion de la lumière et des autres êtres vivants. Quant à lui-même, Abelam Lestrange, son corps était infesté de petits parasites – des larves et des insectes minuscules, invincibles – qui faisaient se putréfier ses organes, lentement mais sûrement, le dévorant de l'intérieur. Le processus était endigué par des soins très réguliers à Sainte Mangouste mais son mal demeurerait incurable jusqu'à ce qu'il finisse par en mourir. Abel s'était tourné vers l'opium pour calmer les douleurs insupportables qui tordaient ses entrailles, il s'était tourné vers les excès et les vices pour tâcher d'oublier sa pitoyable condition, il s'était tourné vers la voyance pour prédire l'heure de sa fin... et il s'était tourné vers la religion pour sauver son âme puisque son corps était condamné à plus ou moins courte échéance.

Le jeune homme redressa la tête et s'empressa de prendre sa plus belle plume et une feuille de papier vélin pour rédiger une courte note ; son écriture élégante était quelques peu rendue tremblante par l'agitation.


Très cher Abraham,

J'ai besoin de votre appui et de votre conseil. Pouvez-vous vous rendre chez moi aussi vite que possible ? Je vous attendrai. En retour, vous pourrez exiger de moi ce que vous voudrez.

Sincèrement vôtre,

Abelam Lestrange.


Le jeune héritier pivota sur son fauteuil et tendit la note dans une petite enveloppe cacheté par ses armoiries personnelles dans la cire prune – le scorpion – au grand Kenyan qui venait d'arriver, comme une ombre, derrière lui, pour repartir en silence vers la volière. Abelam resta un moment sans bouger puis se leva afin de descendre au rez-de-chaussée, une main sur son ventre qui commençait à se tordre douloureusement à l'intérieur. Il s'empressa de prendre son mouchoir dans sa poche et le plaqua juste à temps sur sa bouche pour recueillir la projection de bile noire mêlée de sang qu'il toussa laborieusement. Pâle, le Lestrange roula le mouchoir en tissu en boule et le balança dans un coin avant d'emprunter les escaliers.

Il promena ses doigts décoré de bagues sur le clavier d'ivoire du piano du grand salon avant de s'y asseoir. La pièce était l'une des plus richement décorées du manoir, véritable temple de ses voyages. Devant la cheminée monumentale, une grande peau de tigre, au mur des dizaines de trophées d'animaux sauvages et exotiques, des tentures d'Inde, d'Afrique, d'Amérique du Sud, des statues finement sculptées dans les pierres et les métaux les plus délicats, des reliques égyptiennes, le lustre immense en cristal du Brésil,... et des photos, beaucoup. Prises aux quatre coins du mondes. Des paysages, sa montagne au Kenya – le Mont Abelam –, ses exploits, son sourire sincère et triomphant figé sur papier glacé. Le piano, lui, avait été commandé sur mesure, tout en marqueterie fine de bois exotiques, pierres semi-précieuses et nacre.

Abelam ne savait pas depuis combien de temps exactement il arrachait à l'instrument ses notes claires et limpides, mélancoliques, quand il entendit frapper discrètement à la porte. Le jeune homme redressa la tête, dans l'expectative, presque anxieux d'impatience. « Oui, entrez. » La grande double porte en bois sculpté ramenée d'un palais Thaïlandais s'ouvrit sur Sembene, son majordome Kenyan, qui précédait l'invité qu'il attendait. Le grand Africain s'effaça en refermant les portes sur les deux hommes.
Le jeune homme s'approcha de son aîné, son mentor pouvait-il se risquer à l'appeler, et, les deux mains posées sur ses épaules, déposa un baiser délicat sur ses deux joues, avec une sorte de révérence respectueuse. « Abraham. Merci d'être venu si vite. » D'un geste ample, Abelam désigna les fauteuils exotiques devant la cheminée, chacun recouvert de soieries différentes – des motifs indiens brodés à la main – installés sur la peau de tigre. Au-dessus de la cheminée se trouvait un tableau magique du maître des lieux, posant dans sa tenue coloniale d'explorateur, visiblement plongé dans une carte du monde. « Sembene va nous servir. Voulez-vous boire ou manger quelque chose ? », demanda Abelam en dévorant presque son vis-à-vis du regard.
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« Boy with a broken soul, heart with a gaping hole. Dark twisted fantasy turned to reality. Kissing death and losing my breath. Midnight hours cobble street passages. Forgotten savages, forgotten savages ».

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Âge :  L'âme fatiguée par cinquante-et-unes années de bataille.
Sang :  Pur, envers et contre les moqueries - sang royal d'une pureté préservée aux effluves de folie.
Allégeance :  Après des années à se targuer d'une neutralité à toute épreuve, Abraham s'est enfin décidé à prendre parti pour Abel Shafiq. Porté par l'appel de la Malédiction, persuadé de voir là l'appel de Dieu.
Profession :  Historien magique dans un premier temps, unique domaine de la vie sorcière dans lequel le Quirrell a gagné ses lettres de noblesses, éminent chercheur à la tête bien faite. Taxidermiste aussi, hobby au goût d'éternel. Gourou, parfois. Beau parleur rassemblant derrière lui les égarés, les effrayés. C'est qu'il élargit petit à petit son réseau, le maître de cérémonie.
Ancienne école :  Poudlard - loup parmi les aigles.

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MessageSujet: Re: Take me to church ⚜ (abraham)   Sam 17 Sep - 14:40

I was born sick, but I love it. Command me to be well. Take me to church, I'll worship like a dog at the shrine of your lies, I'll tell you my sins and you can sharpen your knife. Offer me that deathless death. Good God, let me give you my life.
Assis derrière son large bureau, le Quirrell avait le nez entre les parchemins et s’affairait à griffonner quelques notes au bas d’un parchemin usé. Plongé dans un essai sur l’Egypte magique et ses mystères, le sorcier avait le nez plissé de dédain. Ce qu’il lisait était tout bonnement ridicule, rempli d’erreurs et de mensonges. Aussi loin qu’il ne puisse s’en souvenir, Abraham avait toujours été passionné d’histoire - qu’elle soit magique ou moldue - et l’Egypte ancienne s’était rapidement imposée comme sa période favorite. Malgré leurs dieux tant différent du sien - seul et unique à trouver Grâce à ses yeux, l’historien était forcé de reconnaitre la force symbolique de leur vision de la magie. La force des mots par dessus tout avait pour Abraham une saveur toute particulière. La parole avait à ses yeux une puissance inédite dans le domaine magique. Il barra avec hargne quelques phrases particulièrement mauvaises du parchemin avant de soupirer doucement, trempant le bout de sa plume dans une encre aussi sombre que son âme. Prononcer le nom d’un défunt permet de l’animer dans l’autre monde - le verbe est à la base de leur conception du monde. Il fait craquer phalanges et il se penche un peu plus sur son ouvrage, insensible aux minutes s’égrenant lentement. Il avait bon nombre de défauts, Abraham - mais il avait reçu le cadeau de la ferveur. Qu’elle soit religieuse ou culturelle, il aimait avec passion et était d’une curiosité sans failles. C’était avec engouement qu’il s’était glissé au sommet de la communauté des historiens magiques. Car si partout ailleurs le nom des Quirrell était moqué et trainé dans la boue, il avait gardé ses lettres de noblesse auprès des érudits. C’était là le dernier domaine de la vie sorcière où Abraham Quirrell inspirait le respect. Partout ailleurs, les sifflements incessants des hypocrites habillaient ses pas et ses mots, faisant bonne figure en société auprès de ceux destinés à brûler éternellement en Enfer. Les effluves d’opium ayant annihilé toute raison il y a de ça bien longtemps. Le bureau du sorcier était d’ailleurs à son image - austère, fait de bois sombre et décoré sobrement. La croix du Christ lui faisant face comme un rappel constant de son engagement auprès du tout-puissant. Les murs étaient ornés de peintures dépeignant des scènes de l’Apocalypse - libre biblique qu’il affectionnait encore plus que les autres. Les sept anges aux sept coupes remplies des sept derniers fléaux représentés dans toute leur gloire.

Il est sorti de sa concentration par le bruit sec d’un elfe de maison tapant à la porte du bureau. C’était le dernier elfe encore présent au sein du manoir, il était vieux - très vieux. Dernière relique d’un temps où les Quirrell inspiraient encore la crainte. Dernière relique de Salomon et sa soif de grandeur. « Une missive pour vous, monsieur Quirrell. » sa voix est hachée et fatiguée et, loin de s’en émouvoir plus que de raison, Abraham lui intima du bout du doigt de lui apporter la lettre. On lui écrit rarement, au Quirrell. Sangs-purs aliénés, oubliés même de beaucoup de sorciers depuis bien longtemps déjà.

Très cher Abraham,

J'ai besoin de votre appui et de votre conseil. Pouvez-vous vous rendre chez moi aussi vite que possible ? Je vous attendrai. En retour, vous pourrez exiger de moi ce que vous voudrez.

Sincèrement vôtre,

Abelam Lestrange.

Un sourire carnassier se dessine sur ses lippes alors qu’il replie délicatement la missive, étirant ses jambes sous le bureau d’acajou. Les lippes retroussées alors qu’il referme doucement ses crocs autour du cou de sa victime - ravi des mots tout juste lus. La perspective de la mort était une chose fascinante et Abraham semblait se nourrir plus que quiconque des peurs de ses fidèles. Promettant aux âmes en détresse la rédemption. Leur promettant une place aux côtés du Seigneur, leur promettant le repos éternel. La vie terrestre et corporelle n’est que déchéance, la mort libérera votre âme du fardeau de votre corps, susurrait-il, pernicieux. Stoppant immédiatement ses sommaires occupations, le sorcier lissa la veste de son costume trois pièces d’une main appliquée et se mit en route avec diligence. L’occasion était trop bonne pour ne pas la saisir. Il l’avait approché il y a quelque temps déjà, le Lestrange. Attiré par la mort comme un requin par le sang, ayant eu vent de la terrible malédiction lui rongeant les entrailles. Persuadé de détenir la clé des Abîmes, Abraham s’était depuis rapproché du jeune homme. Distillant sa foi dans ses veines comme l’ultime remède à ses maux. Inséminant au creux de son esprit la perspective de l’expiation. Il transplana rapidement jusqu’au manoir du jeune homme, hésitant quelques instants avant d’en pousser la lourde porte. Il avait du respect pour Abelam - bien plus qu’il n’en avait pour beaucoup. Il appréciait sa compagnie et partager son savoir. Car pour un sorcier aussi jeune, Abelam avait vu du pays. Découvrant les civilisations si bien connues de l’historien - en ramenant artefacts et souvenirs qu’Abraham aimait contempler.

Il est accueilli par le son clair d’un piano et un sourire se dessine sur ses lippes bourrues. Il est sensibles aux belles choses, Abraham. Il voit la grâce de Dieu au coeur des notes et derrière les coups de pinceau - soucieux d’en apprécier toute la beauté. C’est un esthète au sens premier du terme, amoureux des Arts. Il suit Sembene d’un pas lourd alors qu’il se dirige trop lentement à son goût vers la source enchanteresse. Il est impatient, Abraham - impatient de retrouver son fidèle lu qui est si souvent ignoré. Si seulement ils savaient, tous, à quel point les mains prétendument chastes sont tachées du sang des impies. Il détaille le majordome avec un intérêt factice lorsqu’ils attendent derrière la lourde double porte de bois sculpté. « Oui, entrez. »

son coeur bat contre sa poitrine quelques minutes alors que son visage reste de marbre, le mentor presqu’hâtif de se nourrir de la détresse de son élève. Retrouvant parfois en Abelam ce qu’il aurait aimé voir en Isaac - retrouvant au fond des billes du Lestrange l’éclat qui manquait au fond des pupilles du fils. Il perdait du terrain, Abraham, son emprise et son autorité constamment défiée par l’héritier qu’il peinait à maitriser. Il s’approche d’un pas raide et presque révérencieux, laissant son regard se perdre au détour des objets ornant richement la pièce. Il y a avait là bon nombre de merveilles et un sourire satisfait naquit imperceptiblement à la commissure de ses lèvres alors qu’Abelam posait les mains sur ses épaules. « Abraham. Merci d'être venu si vite. » il incline la tête avec abnégation, répondant rapidement de sa voix rauque. « Ce n’est rien. Avec plaisir. » le gourou esquisse un sourire alors qu’il s’installe dans un des fauteuils désignés par Abelam. Les broderies en sont luxueuses et exquises, le sorcier laissant ses doigts se perdre quelques minutes sur les motifs brodés. Leur conversation est dominée par un large portrait du maître des lieux en tenue coloniale. « Sembene va nous servir. Voulez-vous boire ou manger quelque chose ? » voilà qui suffit à lui faire détourner les yeux du portrait, les dirigeant à la place sur son hôte aux traits fins. Il le dévore du regard alors qu’Abraham hésite quelques instants. « Ma foi, il n’est jamais trop tôt pour un verre de whisky pur feu. » il pose les mains sur ses genoux dans un geste à la politesse toute calculée, offrant à Abelam un sourire énigmatique. Il sait se montrer charmant, Abraham. C’est là toute la finesse de l’homme - pourtant agité par plus grand que lui. Il pose les mais sur ses genoux dans un geste à la modestie toute aussi feinte alors qu’il s’appuie un peu plus dans le lourd fauteuil. « Cette pièce est vraiment magnifique. » l’intérêt de l’historien au fond des yeux alors qu’il la parcoure une énième fois des yeux - ses billes noires s’arrêtant ci et là sur l’un ou l’autre artefact attisant sa curiosité. Mais il se force bien vite à s’en détourner - son attention toute entière maintenant offerte à l’homme lui faisant face. Les politesses ont déjà assez duré. « J’ai cru comprendre que vous aviez besoin de mes conseils - », siffle le serpent qui ondule, « - vous avez toute mon attention, Abelam. »




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MessageSujet: Re: Take me to church ⚜ (abraham)   Sam 17 Sep - 20:58

Take me to church
Abraham & Abelam
I was born sick, but I love it. Command me to be well. Take me to church, I'll worship like a dog at the shrine of your lies, I'll tell you my sins and you can sharpen your knife. Offer me that deathless death. Good God, let me give you my life.

Le jeune homme suivit le regard de son invité jusqu'à dévisager son propre portrait qui les ignorait au-dessus de l'âtre, offrant son profil racé, ciselé, à Abraham. Il avait tout juste vingt-quatre ans lorsqu'il avait posé pour cette peinture, il revenait de son premier voyage en Amérique Centrale où il avait écumé tous les pays du Sud vers le Nord, du Panama au Mexique. Pour l'occasion, il avait revêtu une tenue qu'il affectionnait particulièrement, écrue, élégante, évoquant la grande époque coloniale de la fin du dix-neuvième siècle ; le pantalon d'équitation légèrement bouffant sur les cuisses et fuselé sur les tibia, gainés dans des bottes de cuir brun et soigneusement ciré, la chemise bien amidonnée, le gilet au tissu légèrement gaufré, la cravate de satin élégamment épinglée par une perle blanche, la veste boutonnée, sans oublier le chapeau traditionnel de l'explorateur et la canne au pommeau d'argent gravée d'un scorpion, en appui sur des caisses en bois dont on voyait dépasser quelques statuettes maya et aztèques dans leur écrin d'herbe séchée et de sciure. Devant des tentures en lourd brocard vert émeraude brodé de perles et de fils d'or – qui se trouvaient dans une des pièce de la maison –, le pied posé sur une malle de cuir tanné frappée de ses initiales en dorures – APL – l'Abelam peint consultait une carte qu'il tenait des deux mains, une boussole posée sur le papier tendu, la posant sur un pupitre pour y faire des annotations. L'Abelam du tableau était calme, serein, entièrement dédié à sa tâche, la passion luisant dans le fond de son regard vert et pétillant, ses lèvres délicates étirées en un discret sourire en coin, son cœur de peinture palpitant à l'idée des nouvelles destinations à découvrir. Lorsqu'il se voyait comme ça, beau, jeune, idéaliste, Abel songeait que ce qui lui était arrivé était terriblement injuste. Il avait été fauché en pleine course, Abel, frappé en plein visage par le karma.

« Ma foi, il n’est jamais trop tôt pour un verre de whisky pur feu. » Le Lestrange tourna aussitôt la tête vers le gourou et lui offrit un de ses sourires naturellement lumineux et mondains. « Je suis bien d'accord. », approuva-t-il d'une voix douce et enjouée avant de claquer des doigts. Dans un frottement de tissu discret, le grand Kenyan apparut à son côté, un peu dans son dos, silencieux. Il y avait bien des elfes de maison, mais ils étaient cachés ; l'héritier ne voulait pas les voir, foncièrement dégoûté par leur apparence disgracieuse. Sembene faisait la liaison entre le maître et les petits esclaves invisibles. Abelam tourna la tête et la renversa légèrement en arrière, tendant son cou gracile, avant de commander à son majordome en Swahili. A part le mots whisky conservé dans sa langue originale, Abraham ne devait sûrement pas comprendre un seul mot, mais il pu voir le jeune homme lever son index et son majeur pour en demander deux. Sembene hocha la tête et se retira comme une ombre. « Cette pièce est vraiment magnifique. », observa le Quirrell en balayant le salon du regard, en réel amateur. Le jeune homme l'imita avec un sourire tendre sur les lèvres, presque comme un père contemplerait ses enfants. « N'est-ce pas ? J'y entrepose certaines de mes plus belles trouvailles. J'affectionne tout particulièrement cette peau de tigre du Bengale », fit-il en frottant doucement la fourrure rayée de la pointe de son soulier. « C'est le plus grand fauve que j'ai jamais abattu.  Et aussi ce masque mortuaire égyptien, vous apprécierez sans nul doute la finesse avec laquelle l'or a été façonné ainsi que la qualité des pierres précieuses. J'ai également des tentures maya dans ma chambre que j'apprécie tout particulièrement. Je ne crois pas vous avoir déjà fait visiter ma demeure ? Je le ferai à l'occasion, si vous êtes intéressé. », proposa Abelam avec un sourire presque mystérieux, voire effronté. Il avait cette tendance, Abel, à affecté l'insolence sans que l'on comprenne exactement pourquoi, comme s'il avait un secret, comme s'il connaissait quelque chose connu de lui seul et qu'il s'en amusait en son for intérieur pendant qu'il parlait.

Pourtant, son cœur se serrait. Si ces huit dernières années il avait pris plaisir à remplir peu à peu son manoir de trésors et de souvenirs lointains, cette époque était désormais révolue. Jamais ses yeux ne se poseraient sur de nouvelles reliques, de nouveaux morceaux de sa mémoire d'explorateur arrachés à leur jungle, leur désert natal. Jamais plus il ne remonterait sur un dromadaire pour aller à la découverte de la Vallée des Rois, jamais plus il ne sentirait le souffle ardent du Sahara sur son visage, dans ses cheveux, jamais plus il n'entendrait les cris des oiseaux colorés de la forêt amazonienne, jamais plus il ne descendra le Mékong dans un frêle esquif à la merci des courants, jamais plus il ne dégustera un bol de pad thaï dans une rue de Bangkok, jamais plus il ne verrait la danse des sept voiles une maison de passe du Caire, jamais plus il n'observera les lionnes fondre toutes griffes dehors sur un troupeau de gnous hystériques, jamais plus il ne contemplera les ondulations de la savane infinie sous le soleil brûlant avec ses baobabs solitaires, jamais plus il ne découvrira de pyramides perdues dans leur écrin de forêt vierge,... Il avait déjà creusé la tombe de sa vie d'explorateur chevronné. « J’ai cru comprendre que vous aviez besoin de mes conseils. Vous avez toute mon attention, Abelam. » Sa gorge se serra et le jeune homme porta une main ornées d'anneaux d'argent et d'or blanc ciselé contre son cou d'agneau, la peau diaphane parcourue de légers frissons d'émotion, sa pomme d'Adam montant et descendant sous l'effet d'une déglutition nerveuse. Il ravala les larmes qui faillirent perler au coin de ses yeux verts et souffla péniblement : « Oui. Enfin... En vérité, j'ai besoin de parler, de me confier à quelqu'un. Et je crois que vous êtes le seul avec qui je puisse le faire... » Il était presque alarmant de voir à quelle vitesse il était passé de l'hôte charmant et souriant à un jeune homme en détresse émotionnel profonde.

« Je me sens affreusement seul. Je me sens comme un étranger ici, à Londres, au sein même de ma propre famille. Il s'est passé tant de choses en huit ans... Ils ont évolué de leur côté, moi du mien. J'ai le sentiment que je ne peux pas me confier à eux sans qu'ils me jugent... Et je pense qu'il ne me font pas confiance non plus car qui suis-je sinon le fils prodigue qui a déserté avant de revenir comme une fleur aux pétales abîmés ? » En parlant, Abelam contemplait fixement le feu qui crépitait dans la cheminée en jade blanc. « Je n'ai que vous, Abraham. Je suis perdu. Je sais d'où je viens mais il n'y a pas de retour en arrière possible ; et je n'ai pas la moindre idée d'où je vais. Je me sens mort. Je suis déjà mort. Je m'adonne à toutes sortes de plaisirs et de vices mais c'est inutile... C'est comme essayer de combler un abysse. Quand je me regarde dans le miroir, je ne vois rien sinon le néant, alors que j'avais tout. J'avais tout et maintenant je n'ai plus rien. Je suis mort dans cette pyramide au Guatemala et c'est mon corps vide qui est revenu en Angleterre. Mon âme, mon cœur, ils se trouvent toujours par delà l'océan. Je donnerais tout pour, ne serait-ce qu'une fois encore, sentir le soleil d'Afrique sur ma peau ou bien les pluies tropicales d'Amérique du Sud. Et personne ne comprend ça. Personne. »

Abelam releva les yeux vers Abraham. Cette fois, ses émotions l'avait dépassé et ses orbes brillaient de larmes qui ne coulaient pas encore, retenues par ses longs cils et par sa fierté. Sa main délicate était presque crispée sur sa gorge, disparaissant dans le col ouvert de sa chemise blanche qui laissait voir la naissance de ses clavicules saillantes. « C'est tellement injuste. J'aurais préféré mourir face à ma montagne au Kenya, face au fleuve Amazone, face à la mer de Chine ! Tout plutôt que de crever ici comme un chien... ! Je suis encore jeune, beau et mon sang est pur et pourtant, je suis plus misérable que le premier sang-de-bourbe qu'on pourra trouver dans la rue en sortant d'ici ! Regardez ! » Abel désigna la pièce d'un geste ample avec sa main libre. « Regardez. Vous ne trouvez pas que ma maison ressemble à l'intérieur d'une pyramide ? Avec tous ces trésors – mes trésors – entassés là, à attendre que je meurs emmuré. Je suis dans ma chambre mortuaire ici. Mais tout ce qui compte pour ma famille, c'est que je reste dans ce foutu mouroir avec eux ! » Le jeune homme avait élevé la voix et, dans un coup de sang soudain, il se leva brutalement et donna un coup du revers de la main dans la lampe en porcelaine de Chine qui se trouvait sur le guéridon à côté de lui. La porcelaine bleue et blanche tomba sur le parquet massif où elle explosa avec fracas, se brisant en plusieurs dizaines de fragments où perlaient quelques gouttes de sang vermeille. Dans son accès de colère, Abelam s'était écorché les jointure de la main qu'il serra contre lui en jurant : « Merde ! »

Le sang imbibait doucement le tissu coûteux et délicat de la chemise du jeune homme, fleur écarlate sur la neige. Debout dos au Quirrell, Abelam ne bougeait plus, comme mortifié par ce brusque retour à la réalité. Sans un bruit, le majordome africain fit son retour dans la pièce et déposa un plateau d'argent sur la table basse en cèdre du Liban : les deux verres de whisky, doubles, sans glace. Puis il s'esquiva sans mot dire, laissant les deux hommes à nouveau seuls. Lentement, de sa main valide, Abel essuya l'unique larme qui avait eu l'outrecuidance de rouler sur sa joue pâle.
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Dernière édition par Abelam Lestrange le Sam 24 Sep - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Take me to church ⚜ (abraham)   Jeu 22 Sep - 19:02

C’était un homme à l’élégance austère, Abraham. Bien loin de l’opulence sophistication des lieux ou de son propriétaire. Il était sobrement vêtu d’un costume noire et d’une chemise à l’épais tissu gris foncé, une croix en or pendant autour de son - plaquée contre son torse sous le coton. Le manoir Quirrell était à l’image de ses habitants: sombre, peu éclairé, lugubre même glissaient certains avec effarement. La décoration y était plus que sommaire bien que de bonne facture. Des meubles au bois d’acajou foncé et de nombreuses dorures, signe d’une gloire passée - fanée depuis des générations déjà. Au dessus de toutes les portes régnait le Christ condamné au martyr. Alors qu’il s’appuie doucement contre le dossier du fauteuil - ses yeux inévitablement attiré par le portrait d’Abelam, il n’esquisse même plus de grimace de douleur. Et pourtant, les années passées sous le fouet ont eu raison de ses chairs, la peau de son dos constamment lacérée en plusieurs endroits en attestant avec fierté. Les marques encore vives se chevauchent et mélangent avec des plus anciennes - les cicatrices blanchâtres se mêlant aux rouges dans un ensemble sanguinolent. Le soir venu, c’est avec exaltation qu’il laisse Séphora en effleurer les contours avec satisfaction, caressant du bout du doigt une vie de pêché expiés. Un jour, un jour, le Paradis leur ouvrira ses portes. C’est cela qu’il voit lorsqu’il détaille portrait de son hôte Abraham: une âme à sauver. Un pécheur à secourir, des vices à récolter. Il a déjà essayé, le cinquantenaire, de se trouver des fidèles. Mais jamais aucun ne s’est montré aussi réceptif qu’Abelam, le mentor se prêtant au jeu de la dépendance avec un plaisir malsain. Il y prenait goût, le sorcier. Ce respect, cette diligence presque religieuse au fond des gestes du Lestrange. C’était plus que ce qu’il n’avait jamais reçu, lointaines sont les moqueries en sa demeure. « Ma foi, il n’est jamais trop tôt pour un verre de whisky pur feu. » le sourire est lumineux et Abraham ne peut empêcher ses lèvres bourrues de s’étirer, presqu’imperceptiblement cependant. « Je suis bien d'accord. » le grand Kenyan apparait au simple claquement de doigts de son maître, Abraham inclinant légèrement la tête sur le côté alors qu’il les observe d’un oeil curieux. « Cette pièce est vraiment magnifique. » et c’est peut-être là sa seule intervention honnête, un intérêt réel et bien palpable au fond des billes alors qu’il scrute la pièce du regard. Si la décoration chargée de l’endroit lui donne le tournis, il y a ici des pièces qui lui coupent le souffle. Car malgré tout ses défauts, l’homme est un érudit. Il y a ici tant de souvenirs, tant de traces et mémoires d’un passé qu’il n’a que trop étudié. Il y a ici tant d’histoires au sens le plus noble du terme qu’il ne peut s’empêcher d’en être impressionné. « N'est-ce pas ? J'y entrepose certaines de mes plus belles trouvailles. J'affectionne tout particulièrement cette peau de tigre du Bengale » il dirige son regard sur les chaussures d’Abelam, détaillant la fourrure rayée d’un oeil distrait. Il n’a que peu d’intérêt pour la chasse, l’historien. Ce qui le fascine entre ces murs sont les reliques, encore empreinte d’une magie millénaire et derniers vestiges de civilisations sur le déclin.  « C'est le plus grand fauve que j'ai jamais abattu.  Et aussi ce masque mortuaire égyptien, vous apprécierez sans nul doute la finesse avec laquelle l'or a été façonné ainsi que la qualité des pierres précieuses. J'ai également des tentures maya dans ma chambre que j'apprécie tout particulièrement. Je ne crois pas vous avoir déjà fait visiter ma demeure ? Je le ferai à l'occasion, si vous êtes intéressé. » il relève ses billes sombres sur son interlocuteur, un sourire enthousiaste se dessinant finement sur ses traits impassibles. « J’en serais honoré. » répond-t-il posément, les mains à plat sur les genoux et la tête légèrement inclinée vers la gauche. Il aime à penser qu’il est suivi par la Grâce dans son sillage, Abraham. Alors il s’applique à poser chacun de ses gestes, la colère ne s’emparant qu’extrêmement rarement de son palpitant. Lointain, comme un fantôme qu’on observe sans jamais pouvoir toucher.

Il épie le visage d’Abelam alors qu’il se penche de quelques centimètres en avant, rapprochant son buste du sien alors qu’il s’avance sur le rebord du fauteuil - toute son attention rivée sur son interlocuteur. « J’ai cru comprendre que vous aviez besoin de mes conseils. Vous avez toute mon attention, Abelam. » il ne sait pas ce que ça fait, Abraham. ll ne connait pas l’horrible sensation que de se voir arraché sa raison de vivre. Il n’a jamais vécu que pour le Tout Puissant, l’homme. Il a dédié sa vie au Seigneur et ce depuis toujours. Il n’a jamais cherché autre chose, il n’a jamais gouté à d’autres plaisirs. Borné et rigide, il ne s’est jamais donné la peine de questionner la foi, soupirant aux pieds du divin. Par contre, il connait l’isolement. Seul au monde, il l’avait été pendant longtemps. Jamais vraiment seul cependant, Dieu au fond du coeur et au creux de l’âme. Il y avait cependant eu des nuits solitaires où l’enfant avait souhaité un ami, où l’adolescent avait désiré une amante. Et puis il y avait eu Séphora. Soudain, la Terre s’était remise à tourner normalement et ses ténèbres s’étaient quelque peu illuminés, sa silhouette fine suffisant à faire chavirer son palpitant pourtant réputé de pierre. Il n’avait jamais aimé personne d’autre que Séphora et sa mère, Abraham. Ses deux Madones dorées aux gestes doux et à la pureté gracieuse. Même ses enfants n’avaient jamais eu ses faveurs, voyant en eux des pions sur l’échiquier divin plutôt que des personnes à part entière. Élevés dans la demeure du Seigneur avec aigreur. « Oui. Enfin... En vérité, j'ai besoin de parler, de me confier à quelqu'un. Et je crois que vous êtes le seul avec qui je puisse le faire... » il se penche un peu plus en avant alors qu’Abelam porte une main ornementée à son cou diaphane. Il tremble légèrement sous l’émotion et Abraham reste immobile alors que son souffle pénible résonne avec douleur dans le silence.

« Je me sens affreusement seul. Je me sens comme un étranger ici, à Londres, au sein même de ma propre famille. Il s'est passé tant de choses en huit ans... Ils ont évolué de leur côté, moi du mien. J'ai le sentiment que je ne peux pas me confier à eux sans qu'ils me jugent... Et je pense qu'il ne me font pas confiance non plus car qui suis-je sinon le fils prodigue qui a déserté avant de revenir comme une fleur aux pétales abîmés ? » son hôte contemple l’âtre crépitante et le mentor reste de marbre, les traits impassibles et les mains assurées. Il sait que le reste du discours va venir et il se repait dans la douleur de ses syllabes. On a enfin besoin de moi, exulte le coeur du saveur mal intentionné. « Je n'ai que vous, Abraham. Je suis perdu. Je sais d'où je viens mais il n'y a pas de retour en arrière possible ; et je n'ai pas la moindre idée d'où je vais. Je me sens mort. Je suis déjà mort. Je m'adonne à toutes sortes de plaisirs et de vices mais c'est inutile... C'est comme essayer de combler un abysse. Quand je me regarde dans le miroir, je ne vois rien sinon le néant, alors que j'avais tout. J'avais tout et maintenant je n'ai plus rien. Je suis mort dans cette pyramide au Guatemala et c'est mon corps vide qui est revenu en Angleterre. Mon âme, mon cœur, ils se trouvent toujours par delà l'océan. Je donnerais tout pour, ne serait-ce qu'une fois encore, sentir le soleil d'Afrique sur ma peau ou bien les pluies tropicales d'Amérique du Sud. Et personne ne comprend ça. Personne. » les orbes du sorcier brillent de larmes à peine retenues. Les billes salées semblent accrochées à ses longs cils et ses traits crispés trahissent sa détresse. Il bouge imperceptiblement, Abraham. L’encourageant à continuer d’un hochement de tête compréhensif. « C'est tellement injuste. J'aurais préféré mourir face à ma montagne au Kenya, face au fleuve Amazone, face à la mer de Chine ! Tout plutôt que de crever ici comme un chien... ! Je suis encore jeune, beau et mon sang est pur et pourtant, je suis plus misérable que le premier sang-de-bourbe qu'on pourra trouver dans la rue en sortant d'ici ! Regardez ! » il regarde, Abraham. Il regarde l’opulence et les ornements, les artefacts et les tableaux. « Regardez. Vous ne trouvez pas que ma maison ressemble à l'intérieur d'une pyramide ? Avec tous ces trésors – mes trésors – entassés là, à attendre que je meurs emmuré. Je suis dans ma chambre mortuaire ici. Mais tout ce qui compte pour ma famille, c'est que je reste dans ce foutu mouroir avec eux ! » le parallèle est saisissant et il écarquille légèrement les yeux. La suite des évènements se passe très vite, le coup de sang d’Abelam emportant avec lui une lampe de porcelaine. Les éclats bleus semblent tomber au ralenti devant les yeux du sorcier attentif. Le sang perle doucement sur sa main alors qu’il se retourne, la chemise tachée ci et là par l’hémoglobine. « Merde ! »

Il se tient debout, dos tourné à lui - lorsqu’Abraham se décide enfin à réagir. Il se lève avec le dogme au fond des gestes, s’approchant lentement d’Abelam. Il se rapproche, posant une main tranquille sur l’épaule du sorcier lui tournant toujours le dos. « Je comprends… » souffle t’il comme une évidence, les doigts serrés autour de son épaule. Il finit par rompre le contact, faisant quelques pas pour aller se saisir des deux verres d’alcool déposés quelques secondes auparavant par le majordome. Ils sont généreusement remplis et il tend le sien à Abelam d’un geste au fond duquel se cache quelque chose comme de l’affection. Il fait semblant de ne pas avoir vu la larme astucieuse perler sur sa joue, il fait semblant de ne pas avoir vu la marque humide laissée par la tristesse sur sa peau de porcelaine. « Je suis content que vous ayez choisi de vous confier à moi. » énonce t’il à voix basse, le fixant de ses pupilles perçantes. « Je comprends votre solitude, Abelam. » une pause alors qu’il fait tourner le liquide au fond du verre avec appréciation. « C’est malheureusement souvent le lot des grands hommes… » se flatte t’il d’un ton égal alors qu’il s’approche de nouveau, posant sa main encore libre sur le bras de son hôte et susurrant du bout des lèvres. « Il vous faut croire, Abelam. Il vous faut croire que tout ceci n’est qu’une passade, un mauvais moment à passer. Les justes seront toujours récompensés et je ne doute pas une seule seconde que de nouvelles aventures s’offrent à vous une fois les portes du Purgatoire passées… » il le scrute alors qu’il lâche le bras du jeune homme. « Il est naturel de douter. » quelques secondes de silence. « Mais je vous le promets, votre malheur ne sera pas éternel. » il retourne s’asseoir, son verre toujours entre les doigts alors qu’il reprend la parole, passant un doigt sur sa tempe. « Je ne peux malheureusement rien faire pour votre vie terrestre… Si ce n’est être là pour vous. Votre confident. Votre ami. » promet t’il avec sérieux. Sourire amical aux lèvres alors qu’il lève son verre de quelques centimètres à peine, les billes accrochées à celles de son interlocuteur. « C’est d’ailleurs à cela que je propose de lever notre verre. A notre amitié. Et à des jours moins sombres pour votre âme. » ils trinquent et il en boit une gorgée avec un plaisir non dissimulé. « Je ne souhaite que votre bonheur… »


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MessageSujet: Re: Take me to church ⚜ (abraham)   Sam 24 Sep - 16:19

Take me to church
Abraham & Abelam
I was born sick, but I love it. Command me to be well. Take me to church, I'll worship like a dog at the shrine of your lies, I'll tell you my sins and you can sharpen your knife. Offer me that deathless death. Good God, let me give you my life.

La fleur écarlate s'épanouit sur fond de neige, imbibant progressivement de sa sève ferreuse et chaude l'étoffe délicate qui devient poisseuse. C'est la souillure – d'un sang pourtant pur – qui l'emporte sur la pureté. Il coule, Abel, il s'enfonce trop loin dans les profondeur d'un gouffre qu'il aura toutes les peines du monde à remonter. Il s'en rend compte et c'est ça qui le rend fou, qui l'affecte comme une douleur lancinante et inévitable, écho de sa malédiction, écho de ses perspectives de voyage qui s'évaporent devant ces yeux, comme des mirages de plus en plus vacillants. Le jeune homme avait recommencé à faire des projets à l'étranger pourtant ; des projets qui ne l'incluaient pas. La veille, un peu avant midi, Abelam s'était rendu au port de Londres pour superviser le départ d'une expédition qu'il avait réuni afin de repartir en Amérique Centrale, à ses frais et ceux de Lord Marsh et Sir Harteveld. Ils rapporteraient des trésors et autres artefacts que les trois comparses revendraient en majorité. Ils en garderaient peut-être quelques uns, mais ce ne serait pas pareil que les avoir ramené soi-même, à la sueur de son front, la fièvre de l'exploration chevillée au cœur. Ils avaient encore un coffre commun à Gringotts qui était plein de trouvailles merveilleuses destinées à être vendues, mais on en avait jamais assez... Nonobstant, ça lui avait fait un mal de chien de voir le paquebot s'éloigner sans lui dans le brouillard sur la Tamise, faisant résonner sa corne de brume comme pour dire au revoir à la grisâtre capitale. Ça avait été un poinçon dans son cœur, un coup de griffe dans les chairs meurtries de son palpitant ratatiné. Il aurait dû se trouver sur ce bateau.

Un main compatissante se posa sur son épaule anguleuse, le tirant de ses pensées. « Je comprends... » Abel se contente de hocher doucement la tête. Il est sûr qu'Abraham comprend. Abraham comprend tout sans qu'il ait besoin de trop de mots ou de se justifier. Abraham est là pour lui. Le Quirrell desserra sa poigne de son épaules et s'éloigna avant de revenir vers lui, tendant quelque chose dans le coin de son champ de vision. Le jeune héritier soupira tout bas et pivota sur ses pieds pour se retourner vers son invité qui lui proposait son verre de whisky. « Merci... », souffla-t-il en prenant délicatement le verre dans sa main blessée. Ses yeux verts vont de ceux de son interlocuteur au liquide ambré – hypnotique – qui tourne paresseusement dans son verre. « Je suis content que vous ayez choisi de vous confier à moi. Je comprends votre solitude, Abelam. C’est malheureusement souvent le lot des grands hommes… » Le Lestrange aurait cru au contraire que la grandeur attirait les autres à soi comme autant de papillons de nuit attirés par un phare dans le noir, même comme autant de charognards attirés par le fumet faisandé de la viande morte. Ou alors... – et cette idée le mortifiait – il n'avait rien de grand, il était juste retombé au stade de raté lorsqu'il avait cessé d'être l'explorateur connu qu'il était devenu. Mais non, Abraham ne se trompait pas, impossible. S'il était seul, c'était parce qu'il était détaché de la masse grouillantes des gens normaux, des gens moyens, médiocres. La main puissante du gourou se pose sur son bras avec quelque chose de paternaliste. « Il vous faut croire, Abelam. Il vous faut croire que tout ceci n’est qu’une passade, un mauvais moment à passer. Les justes seront toujours récompensés et je ne doute pas une seule seconde que de nouvelles aventures s’offrent à vous une fois les portes du Purgatoire passées… »

Abelam ne répond rien, il boit ses paroles, hypnotisé comme un lapin devant les phrases d'une voiture. Il a les lèvres légèrement entrouverte, comme le poisson prêt à mordre au hameçon. Pourtant, les doigts de la peur s'enroulent vicieusement autour de sa gorge tandis que le Quirrell le lâche. « Il est naturel de douter. Mais je vous le promets, votre malheur ne sera pas éternel. » Le doute se confirma et Abel crut un instant que le monde allait se dérober sous ses pieds, soudain prit d'un vertige qui lui laissa la sensation d'avoir les nerfs à vif, comme un fourmillement désagréable dans tout le corps. La nausée. Il s'éclaircit difficilement la gorge et balbutia : « Mais alors... Il n'y a pas de solution pour maintenant... ? » Son aîné retourne s'asseoir sur le fauteuil de soie et répond avec le plus grand des calmes, berger qui apaise son troupeau : « Je ne peux malheureusement rien faire pour votre vie terrestre… Si ce n’est être là pour vous. Votre confident. Votre ami. C’est d’ailleurs à cela que je propose de lever notre verre. A notre amitié. Et à des jours moins sombres pour votre âme. » L'alcool ambré tremble légèrement dans son contenant, parce que sa main délicate tremble elle aussi. Parce que même s'il regagnera sa dignité dans la mort, il craint de rester misérable pendant le temps qui lui reste à vivre, le temps qui s'égraine cruellement. Mortifié, Abelam s'approche mécaniquement sans vraiment avoir conscience qu'il avance, étourdi par la nouvelle. Même si au fond, il s'en doutait. Mais en avoir la confirmation l'horrifie.
Machinalement, Abel leva son verre et trinqua avec Abraham. Leurs regards se croisent, s'accrochent, pendant une seconde électrique, et le jeune homme porte son verre à ses lèvres. L'alcool réchauffe ses lippes avant de le brûler tendrement de l'intérieur, le sortant doucement de sa torpeur givrée. « Je ne souhaite que votre bonheur… » Le Lestrange s'humecta doucement les lèvres, comme s'il prenait le temps d'assimiler tout ce que le gourou avait pu lui dire. Le sang rouge, pur, macule son verre ; les sillons cramoisis marbrent sa main de porcelaine – les gouttes tachent la fourrure du tigre – jusque sur son poignet, disparaissant dans sa manche. L'hémoglobine forme une large tache au niveau du cœur, comme s'il avait été poignardé.

Puis, soudainement, Abelam posa le verre sur le plateau et s'agenouilla devant le Quirrell, appuyant son front contre le genou de son vis-à-vis. Son souffle est précipité, presque erratique et sa main valide se crispe sur l'accoudoir du fauteuil. « Je... Je ne peux rien faire pour moins souffrir de mon vivant ? Pour soulager ma peine ? » Abel marqua un temps et avoua : « J'ai peur de connaître une mort atroce... D'avoir mal. J'ai peur de me décomposer sur place et de mourir très lentement, totalement estropié et mutilé par... par ma maladie. Je ne veux même pas mourir ici. » Le Lestrange déglutit avant de confier avec une once d'hésitation : « Même si ça me terrorise, j'ai un peu réfléchit à comment je préférerais mourir si jamais je ne peux jamais être guéri... Je pense que le mieux c'est, qu'avant que je ne sois trop diminué, je ne me suicide ou ne demande à quelqu'un de confiance de m'euthanasier. Pas ici, cependant. Avant, je ferais en sorte de pouvoir rejoindre le Kenya, quitte à emmener une armée de médicomages avec moi pour me maintenir en vie. Je veux mourir sur ma montagne. Et je veux être enterré dessus. Quitte à avoir une plaque funéraire sur le caveau familial à Londres. Mais mon corps doit reposer en Afrique. C'est ce que je veux. Ou alors... » Abelam s'imaginait les différents scénarii, les visualisait comme on regarde dans un kaléidoscope un peu fané. « Ou alors je veux mourir assassiné, la gorge tranchée, après une partie de débauche... Éventuellement à cause d'une overdose de morphine – j'en ai pour la douleur –, afin de partir paisiblement, même si c'est un peu pitoyable comme fin... » Si Caerwyn était là, il dirait peut-être que ça lui siérait. Non. Quand même pas. Il ne dirait pas cela... si ?

Abelam redressa la tête afin de lever son visage pâle vers son mentor, guettant les expressions sur ses traits, anxieux de savoir comment il réagirait à ces confessions. Presque timidement, comme un petit garçon prit en faute, le Lestrange hasarda : « Dois-je me confesser ? Vous aviez dit que c'est salutaire. »
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MessageSujet: Re: Take me to church ⚜ (abraham)   Mar 27 Sep - 22:28

« Merci... » il y a toujours une certaine élégance au creux des gestes d’Abelam. Les échos d’une éducation précieuse, les bonnes manières des aristocrates. Il se reconnaît parfois dans le Lestrange, Abraham. Lorsque ses traits tressaillent et que ses démons se lisent au fond des ses yeux. Il n’a pas toujours été sûr, Abraham - il n’a pas toujours été fort. Il a douté plus que de raisons, il a remit les siens en questions, les a dépassés, les a oubliés aussi. Ses relations avec sa famille n’ont jamais été simples. Que ce soit avec Salomon ou Alan. Il n’y a que Séphora qui ne l’a jamais compris, il n’y a que Séphora dont le coeur est assez pur pour l’homme pieux qu’il se targue d’être. « Je suis content que vous ayez choisi de vous confier à moi. Je comprends votre solitude, Abelam. C’est malheureusement souvent le lot des grands hommes… » il est au courant, le sorcier, de l’étrangeté de ses mots. Mais il est, au fond, persuadé d’avoir raison. La grandeur n’attire qu’un temps les papillons. La grandeur finit souvent par faire peur, rendant les puissants plus isolés que quiconque. Le pouvoir est une affaire de solitude. La main d’Abraham se pose une nouvelle fois sur le bras des son vis à vis dans un geste paternaliste, reprenant son discours d’un ton égal. Il n’a pas besoin de réfléchir aux termes employés, le gourou. Ils lui viennent naturellement et roulent sur le bout de sa langue avec délectation - savourant ses tours astucieux. Il a toujours eu cette capacité inédite à croire, le Quirrell. En Dieu plus qu’en quoi que ce soit d’autre mais également en lui-même. Croire en ses démons et en ses forces, exploitant les uns aussi bien que les autres pour étendre son empire. Il n’a que faire du pouvoir, Abraham - pas dans cette vie ci du moins. Il n’a que faire des querelles divisant le monde magique, l’usurpateur bulgare lui passe par dessus la tête et il regarde les tentatives de rébellion avec dédain. Non, ce qu’il désire plus que tout le fidèle - c’est accumuler les âmes. Accumuler les rédemptions pour pouvoir un jour se tenir à la droite du Seigneur, fier serviteur dans la vie comme dans la mort.

« Mais alors... Il n'y a pas de solution pour maintenant... ? » balbutie la brebis jusqu’à ce qu’Abraham ne se décide à répondre, le mot assuré et levant son verre de whisky à la hauteur de ses yeux. « Je ne peux malheureusement rien faire pour votre vie terrestre… Si ce n’est être là pour vous. Votre confident. Votre ami. C’est d’ailleurs à cela que je propose de lever notre verre. A notre amitié. Et à des jours moins sombres pour votre âme. » l’alcool tourne au fond de son verre et il consacre quelques secondes à le détailler, liquide miroitant au fond du cristal. Il sent ses peurs comme un requin se repère au sang, les titille pour mieux les apaiser ensuite. Il porte le verre à ses lèvres en même temps qu’Abelam - ses yeux toujours irrémédiablement attirés par ceux du pêcheur. « Je ne souhaite que votre bonheur… » susurre le berger du bout des lèvres.

Le reste des évènements se passe très vite et le Quirrell a à peine le temps d’hausser un sourcil interloqué lorsque le Lestrange s’agenouille devant lui, posant ses mains sur les accoudoirs du fauteuil, le verre calé entre les doigts. Il exulte sous son visage impassible, sentant Abelam plus près que jamais du point de rupture. « Je... Je ne peux rien faire pour moins souffrir de mon vivant ? Pour soulager ma peine ? » Abraham pose sa paume libre sur le haut de son crâne comme pour l’encourager, buvant une gorgée de whisky de l’autre main. « J'ai peur de connaître une mort atroce... D'avoir mal. J'ai peur de me décomposer sur place et de mourir très lentement, totalement estropié et mutilé par... par ma maladie. Je ne veux même pas mourir ici. Même si ça me terrorise, j'ai un peu réfléchit à comment je préférerais mourir si jamais je ne peux jamais être guéri... Je pense que le mieux c'est, qu'avant que je ne sois trop diminué, je ne me suicide ou ne demande à quelqu'un de confiance de m'euthanasier. Pas ici, cependant. Avant, je ferais en sorte de pouvoir rejoindre le Kenya, quitte à emmener une armée de médicomages avec moi pour me maintenir en vie. Je veux mourir sur ma montagne. Et je veux être enterré dessus. Quitte à avoir une plaque funéraire sur le caveau familial à Londres. Mais mon corps doit reposer en Afrique. C'est ce que je veux. Ou alors... » il réfléchit, Abraham, au fur et à mesure que les mots s’écoulent de l’homme à genoux. « Ou alors je veux mourir assassiné, la gorge tranchée, après une partie de débauche... Éventuellement à cause d'une overdose de morphine – j'en ai pour la douleur –, afin de partir paisiblement, même si c'est un peu pitoyable comme fin... » Abelam redresse la tête et lève vers lui son visage anxieux - « Dois-je me confesser ? Vous aviez dit que c'est salutaire. »

Alors, l’homme pose son verre de whisky sur un guéridon tout proche avec délicatesse, apposant les paumes sur les joues de l’homme qui le détaille. Ses mains sont rugueuses, abimées par les années et les mensonges - trop de fois trempées dans le sang ferreux des impies -, mais leur toucher se fait douceur, glissant sur sa peau d’opaline alors qu’il se penche vers lui de quelques centimètres. Le Père a la considération au fond des yeux, aussi feinte soit-elle. Il l’aime bien, au fond, Abelam. Il s’est prit d’affection pour ses démons et ses cauchemars, les caressant du bout du doigt pour mieux les soigner. Les apaiser sans pour autant les faire disparaître, Abraham soucieux de garder ses marionnettes au bout des ficelles.  « Abelam… » il se penche un peu plus vers lui, les mains toujours rivées à ses joues dans un geste à l’intimité paternaliste. « Il y a quelque chose d’immensément noble à reconnaître ses peurs. » son ton se transforme en un murmure caressant, onguent juste assez puissant pour endormir les blessures. Ses mots se font sirupeux alors qu’il resserre son emprise autour du visage de son hôte, ses mers noires rivées aux siennes avec force. « Vous savez que vous pouvez compter sur moi. En tant venu, je serai me montrer digne de votre amitié, Abelam. » c’est une promesse qu’il prononce à demi-mots, ce sont des mots qu’il brandit comme des étendards, ce sont des engagements qu’il prend sans légèreté. « Vos peurs sont légitimes mais je suis sûr qu’il vous reste tant de choses à accomplir d’ici cette fin funeste. » il marque une pause. « Je suis persuadé qu’il vous reste tant de choses à faire, Abelam. Tant de routes à croiser. » il pense à Ruth et à ses desseins, esquisse un sourire alors qu’il lâche le visage du Lestrange, se relevant pour refaire quelques pas sur la cheminée, le verre de whisky de nouveau au creux de la main. « Comme je vous disais, je ne peux rien de plus pour vous pour le moment que d’être là. A chaque étape, à chaque doute. Vous savez que vous pouvez me joindre à n’importe quelle heure, n’est-ce pas ? » il lui sourit doucement alors qu’il porte le verre à ses lippes, se retournant vers Abelam. Il marche jusqu’à lui et s’agenouille à ses côtés, le tissu de son costume tâtant le sang répandu sur la fourrure, se répétant avec courage. « Quand vous pensez être seul, quand vous trouvez les jours trop sombres et les nuits trop longues - n’oubliez jamais que je suis là pour vous. Que le Seigneur est là pour vous. » ajoute t’il perfide en posant sa main sur la sienne, tremblante. Il relève son menton d’un pouce leste alors qu’il plante de nouveau ses pupilles dans les siennes. Il ondule, le serpent, resserrant ses serres autour de la gorge de sa victime, se lovant au creux de son cou pour mieux entendre les pulsations de son coeur. « Confessez vous, mon fils. C’est en effet salutaire pour l’âme… » presqu’autant qu’un coup de fouet bien exécuté, pense t’il avec Grâce.

Il exulte alors qu’il laisse sa main retomber, le mentor. Il manipule les mots pour mieux amadouer les égarés, se relevant pour aller se rasseoir dans le luxueux fauteuil tel le tout puissant accueillant les âmes perdues au détour du Purgatoire. Il n’y a pas de sensation plus douce que de se savoir si nécessaire, il n’y a pas d’ivresse plus douce que celle du besoin. Pas de tentation plus grande que celle d’abuser de ceux mis aux bans de la société. Ses doigts se resserrent autour du verre qu’il tient entre ses doigts, hâtif d’entendre les confessions du Lestrange. Une fois l’âme mise à nu, il ne restait plus que l’essence des êtres humains. Une fois l’âme débarrassée de ses artifices, il ne restait plus que des ruines sur lesquelles marcher.


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