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 I put a spell on you - Melwyn

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Melpomène Lestrange
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Crédits :  Tearsflight (avatar), LAZARE (codage signature), MØRK (gif profil + signa)
 
Âge :  25 ans à se battre pour le pouvoir.
Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: I put a spell on you - Melwyn   Dim 25 Sep - 22:03



i put a spell on you


MELPOMENE & CAERWYN

MID OCTOBER 1951

Elle n’a pas oublié, Melpomène. Loin de là. Elle a encore le rejet sur le bout des doigts et l’amertume sur le palet. La colère au creux du coeur, aussi. La rancune tenace mais également le palpitant gonflé d’amour. Elle ne peut jamais rester fâchée bien longtemps, la Black, lorsque Caerwyn se trouve être l’objet de son courroux. Elle se braque vite, orgueil blessé et fierté trop vive - mais elle pardonne tout aussi vite, bien trop sensible aux battement affolés de son coeur lorsqu’elle s’autorisait à penser au Lestrange. L’ambiance au noir était pesante et, étendue sur son lit en cette fin d’après-midi, la benjamine ne pouvait s’empêcher de laisser son esprit divaguer. A imaginer Caerwyn à ses côtés et ses soupirs au creux de son oreille. Elle soupire doucement alors qu’elle tourne la page de son livre, roulant sur le ventre avec nonchalance. Elle tapote la couverture de l’ouvrage d’un ongle impatient, ses billes concentrées en parcourant les lignes avec attention. Mais bien vite, son esprit dévie entre les imprimés, se noyant entre les mots et les syllabes pour des limbes obscures. Helios était pour le moment plus suspicieux que jamais et sa présence se faisait parfois ombre inquisitrice. Elle avait systématiquement un sourire tendre sur les lèvres lorsqu’elle pensait à son aîné, la cadette. Elle avait le sourire aux lèvres même alors qu’il avait déjà, sans le savoir, déjoué plusieurs de ses plans pour aller retrouver le Lestrange dans ses appartements. Il avait ces derniers temps l’habitude de venir se poser à ses côtés pour lire ou pour discuter pile au moment où elle s’apprêtait à partir - mensonges déjà prêts sur le bout des lippes et luxure entre les paumes. Mais elle était incapable de mentir à son frère, Melpomène. Pas aussi directement en tout cas. Alors elle s’installait contre son flan, posant sa main sur la sienne et remettait ses plans à plus tard. Mais alors que sa langue claque contre son palais avec exaspération et que le livre se referme dans un bruit sec, Melpomène n’a plus envie d’attendre. Elle veut sa confrontation, et elle la veut maintenant.

Elle se prépare rapidement et l’esprit ailleurs - rehaussant ses lèvres de rouge et laissant ses cheveux flatter ses clavicules. Se précipitant dans le grand escalier ostentatoire d’un air assuré. Tenant contre elle un léger sac et se dirigeant d’un pas rapide vers la penderie afin de s’emparer de sa cape favorite. « Où vas-tu ? » la voix de Janus la fait sursauter alors qu’elle se retourne, un sourire innocent aux lippes et les yeux pétillants. « Chez les Lestrange. J’ai des plans à transmettre à Caerwyn. » ajoute t’elle sur le ton de la confidence, le moindre de ses mots transpirant de sérieux. C’est une bonne menteuse, Melpomène, forte d’années d’expérience. Il acquiesce doucement et il la laisse sortir du manoir, soucieux de ne pas se mettre en travers des desseins du Lord. C’était risqué, comme mensonge.

Elle transplane dans un bruit sourd jusque devant le grillage des Lestrange, le manoir se découpant sur l’horizon - quelques mètres plus loin. Elle ne se démonte pas alors qu’elle remonte l’allée d’un pas pressé, le coeur pourtant au fond des talons. Elle se prend à presque regretter d’être venue sans réfléchir, la peur chevillée au corps que l’objet de ses attentions soit absent. Elle chasse bien vite cette pensée - se persuadant avec une force un peu naïve qu’il serait là. Après tout, où d’autre pouvait-il bien être un dimanche soir. Elle plisse le nez et son visage retrouve son masque d’arrogance et de sérieux, s’annonçant à l’elfe de maison d’un ton aussi froid que l’air du dehors. Abelin se profile au détour d’un couloir et Melpomène s’avance alors vers lui, sourire charmant sur le visage et la paume hypocrite. Elle a du respect pour l’homme, la Black. Beaucoup. Mais ce n’est pas lui qu’elle est venue voir, aujourd’hui. Elle penche la tête avec politesse alors qu’ils se font la bise, la belle se décidant enfin à susurrer les mêmes fables que celles racontées à Janus. « Je suis là pour transmettre quelques plans à Caerwyn. » une pause alors qu’elle se renseigne avec innocence. « Est-il au manoir ? » on lui confirme avec bienveillance qu’il se trouve dans ses appartements et la belle se remet en marche, usant d’un contrôle inédit pour ne pas laisser ses pas s’emballer dans les couloirs vides de la demeure. Elle passe devant les portraits et les tapisseries sans même les regarder, ne s’arrêtant qu’une fois devant cette porte qui, soudainement, la terrifie. Alors qu’elle se tient raide derrière le bois, elle prend conscience qu’elle est toujours en colère, Melpomène. Qu’elle a besoin d’être rassurée pour lui pardonner une faute pourtant inexistante. Elle sait, au fond - tout au fond, qu’il a eu raison. Qu’il a eu raison d’arrêter leurs étreintes, que tout cela est une mauvaise idée. Peut-être est-il toujours temps de faire demi tour… mais déjà sa main est posée sur la poignée et elle se sait damnée.

Caerwyn est assis derrière son bureau et semble occupé mais elle rentre quand même d’un pas discret, laissant la porte se refermer derrière elle avec hargne avant de s’y appuyer avec une nonchalance toute feinte. Elle le détaille avec un mélange de tendresse et de colère, ses mains toujours serrées aux ourlets de ses manches, les bras croisés sur sa poitrine alors qu’elle reste silencieuse. Les lippes hermétiquement comme scellées alors que les mots se bloquent au creux de sa gorge. C’est rare qu’elle n’ait plus rien à dire, la Black. Elle qui tire sa force des mots qu’elle manipule comme des poignards, elle qui tire sa réputation de la langue acerbe dont elle peut faire preuve entre deux froncements de sourcils. Elle a en principe toujours le mot pour blesser, le mot pour diminuer. Là est probablement tout son problème, même au milieu de la frustration qui lui enserre l’estomac en même temps qu’elle n’enflamme ses reins, Melpomène ne veut pas le blesser. C’est même là l’une des choses qu’elle redoute le plus. D’aller trop loin, qu’il ne se lasse de ses caprices et de ses manières, qu’il ne l’oublie au détour des cuisses d’une future promise, qu’il ne se lasse des maigres caresses qu’ils n’ont eu l’occasion d’échanger. Elle s’avance d’un pas dans la pièce - « J’espère que je ne te dérange pas. » finit-elle par souffler, mauvaise, entre ses lèvres serrées. Les mots claquent dans l’air lourd de non-dits. Il est encore plus beau que dans ses souvenirs, si c’est possible. Alors elle détourne les yeux, s’avançant vers la fenêtre, se mouvant dans la pièce comme si elle y était chez elle. Tout ici lui est familier, du sofa sur lequel elle a tant pleuré cette première nuit où Caerwyn l’avait débarrassée de son collier. Le bout du lit témoin de quelques baisers enflammés, le bureau théâtre de quelques caresses volées. Elle s’installe sur le rebord de la fenêtre avec un sourire moqueur, lâchant finalement avec aplomb. « Vu que tu n’es toujours pas venu pour t’excuser, j’ai décidé de venir jusqu’à toi. » t’excuser d’avoir fait la seule chose ayant un minimum de raison mais aussi et surtout, t’excuser de m’avoir fait du mal. Elle est injuste, Melpomène. Trop bornée et trop fière que pour toujours se rendre compte des sentiments des autres, princesse trop sûre d’elle pourtant si fragile lorsqu’il s’agissait des baisers enflammant son coeur. Si fragile pourtant, lorsque ses sentiments entraient en ligne de compte. C’était là, debout devant elle, que se tenait sa plus grande faiblesse. Elle fronce le nez alors qu’elle n’en démord pas, les bras toujours croisés et les yeux remplis de défi. Le coeur battant à tout rompre dans ses tempes alors que son visage tressaille une seconde avant de reprendre ses allures de reine des glaces.


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MessageSujet: Re: I put a spell on you - Melwyn   Dim 20 Nov - 9:27


I put a spell on you
Melpomène Black & Caerwyn Lestrange


Le soleil commençait à se coucher en ce dimanche d'automne, et dans ses appartements, Caerwyn faisait la seule chose qu'on lui avait toujours appris à faire : il travaillait. Il était assis à son bureau, les parchemins ordonnés devant ses yeux alors qu'il lisait divers rapports et tentait d'organiser le tout. Contrairement aux Aurors, il n'avait jamais de longues enquêtes ou des filatures à mener - sa brigade s'occupait de faire régner l'ordre et de régler les délits et crimes immédiatement. Ce n'était pas un travail sur la durée, aucune investigation. Pour autant, la charge administrative n'en était pas plus allégée, bien au contraire. La plupart de ses hommes détestaient remplir les rapports, Caerwyn le savait. Mais il savait l'importance de ces bouts de parchemins et était intransigeant sur ce point-là. En tant que chef, il était également de son devoir de se tenir au courant de tout ce qui pouvait se dérouler à Londres. Lire chaque rapport n'était pas exigé, mais Caerwyn aimait le travail bien fait, et il savait surtout qu'un homme averti en valait deux. La plupart du temps, il ne lisait que diverses infractions mineures qui n'avaient aucun intérêt, mais parfois, une enquête pouvait lui donner des informations ou un avantage sur certaines personnes. C'était un travail long et fastidieux, mais le Lestrange était tout disposé à le faire.

Alors qu'il reposait un parchemin relatant une infraction d'usage de la magie devant un moldu, leur elfe de maison apparut devant son bureau. Caerwyn releva la tête tandis que la créature s'inclinait, son nez et ses larges oreilles balayant le sol. Aucun elfe de maison n'avait le droit de regarder les membres de la famille ou les invités dans les yeux. Ils gardaient le plus souvent cette position de soumission pour ne pas enfreindre les règles.

Mademoiselle Black est là pour vous voir, Monsieur. Elle se dirige vers vos appartements.

Melpomène. Bien évidemment. Caerwyn claqua des doigts pour signifier à l'elfe de s'en aller, avant de se passer une main sur le visage. Il avait évité Melpomène toute la semaine et sa visite impromptue n'était pas une surprise : la jeune femme était incapable de patience. Penser à elle suffisait à le faire bouillir de colère, et c'était bien la raison pour laquelle il avait évité de la voir ces derniers jours : Caerwyn haïssait se disputer avec sa cousine. Il n'avait pas encore eu suffisamment de temps pour se calmer. Il faudrait qu'il prenne sur lui pour que cette visite se déroule bien - et pourtant, il savait au fond que c'était peine perdue.

Il retourna à ses parchemins, incapable de comprendre le moindre mot inscrit sous ses yeux, et deux minutes plus tard, il entendit la porte s'ouvrir doucement avant de claquer violemment. Caerwyn releva les yeux, sentant sa respiration se bloquer comme à chaque fois qu'il posait son regard sur Melpomène. Elle feignait la nonchalance, mais il voyait clairement à travers son masque et devinait la colère sous-jacente dans ses traits. Tout cela n'annonçait rien de bon.

Melpomène, finit-il par la saluer d'un ton calme.

Ses lèvres étaient serrées, et pourtant il ne pensait qu'à les embrasser. Cette obsession qu'il avait de sa cousine ne semblait pas vouloir se calmer, bien au contraire : il la désirait toujours plus à chaque instant qui passait. S'il avait réussi à les arrêter la dernière fois, il n'était pas sûr de pouvoir réitérer cet exploit encore bien longtemps. Le désir coulait dans ses veines, incendiant chacune de ses cellules. Son corps criait, hurlait le nom de Melpomène, et son coeur devenait plus faible chaque jour face à ses yeux de jade. Il ne savait pas pourquoi il s'accrochait à ce contrôle alors qu'il y avait des années qu'il avait abandonné toute idée de lutte dans cette relation.

La Black s'avança vers lui, les bras croisés et le visage fermé. Caerwyn savait très bien ce qui l'attendait, et il pensa que ses ancêtres avaient été ingénieux d'enchanter chaque pierre du manoir d'un sortilège de silence. Melpomène pouvait être assez bruyante lorsqu'elle perdait son calme.

J’espère que je ne te dérange pas.

Caerwyn montra son bureau d'un geste de la main.

Rien qui ne puisse attendre.

Mais elle ne l'écoutait pas vraiment, il le savait. Quand bien même il aurait eu quelque chose d'important à faire, Melpomène se serait tout de même permis de l'interrompre. Elle était comme ça, sa Melpomène. Elle avait toujours la priorité dans sa vie et elle en était totalement consciente. Alors il la regarda se mouvoir dans sa chambre, tentant de supprimer les souvenirs de leurs rencontres charnelles en ces lieux, jusqu'à ce qu'elle se pose sur la banquette placée sous la fenêtre qu'elle affectionnait tant.

Vu que tu n’es toujours pas venu pour t’excuser, j’ai décidé de venir jusqu’à toi.

Ces quelques mots suffirent à effacer le reste, et la colère que Caerwyn avait essayé de réprimer revint avec force. Ses sourcils se froncèrent, ses lèvres se plissèrent, et ses doigts se mirent à serrer le rebord de son bureau avec force. Comment osait-elle ? Il savait très bien pourquoi elle lui en voulait, ce qu'elle lui reprochait. C'était tellement... gamin. Comment pouvait-elle croire qu'elle avait le droit d'être en colère contre lui après ce que elle avait fait ? Elle s'était volontairement mis au devant du danger, alors même que Caerwyn lui avait demandé de fuir lorsque le Feudeymon avait commencé à ravager la place. Son entêtement et sa fierté aurait pu lui coûter la vie, et elle pensait être celle en droit de lui en vouloir ?

Je ne pense pas être celui qui doit des excuses dans cette pièce, siffla-t-il, glacial.

Melpomène ne voyait pas ses torts. Elle était incapable de se remettre en question. Elle assumait chacun de ses choix sans se démonter, et c'était pour ça que Caerwyn l'aimait autant. Mais il la détestait également pour ça, pour le mettre dans des situations inconfortables. Il ne se passait pas une seconde sans que le Lestrange ne s'inquiète pour sa cousine : elle était si impulsive qu'elle pouvait se fourrer dans le pétrin avec facilité. Il n'imaginait même pas ce qu'il deviendrait s'il devait la perdre un jour. Cette pensée ne faisait qu'attiser sa colère.

D'un bond, il se leva et la rejoignit. Il saisit son menton, peut-être un peu trop brutalement, et la força à le regarder dans les yeux.

La prochaine fois que je te dis quelque chose, tu m'obéiras Melpomène, que ça te plaise ou non.

© ACIDBRAIN





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Melpomène Lestrange
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Sang :  Le sang des Black est pur, ode irrévérencieuse à la noirceur de leurs âmes, liquide vermillon qu'ils ne sauraient gaspiller. Sang royal où se mélange magie noire, ambition incontrôlée et soif de pouvoir.
Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: I put a spell on you - Melwyn   Dim 20 Nov - 20:25



i put a spell on you


MELPOMENE & CAERWYN

MID OCTOBER 1951

« Melpomène » son coeur tressaille, comme à son habitude, lorsqu’elle l’entend prononcer son nom. Elle évite soigneusement de croiser trop longtemps son regard, bien consciente de la boule de désir qui, même au milieu de sa colère, continue de tarauder son estomac. Elle ne pouvait plus s’empêcher d’y penser, la benjamine des Black après toutes ces années. Pas maintenant qu’elle avait goûté à la douceur de ses baisers - plus maintenant, pas alors que le souvenir de ses mains sur ses hanches était encore aussi vif. Poser les yeux sur lui suffisait à raviver les flammes de ce désir qui semblait lui brûler les veines, incendiaire. Et même pour la comédienne née qu’elle était, le cacher devenait un peu plus difficile chaque jour. Les soupçons semblaient se multiplier autour d’eux et la Black sentait leur secret plus fragile que jamais, le coeur serré d’angoisse qu’on ne les sépare un jour. Elle sentait la confrontation avec Helios de plus en plus proche et elle était animée de la conviction déchirante qu’il savait. Il avait probablement dépassé le stade des soupçons, l'aîné, ses doutes balayés par leur attitude lors des évènements de la place Claremont. Et si les battements affolés de son coeur suffisaient à effacer toute trace de honte, elle savait pertinemment que son frère ne serait pas de cet avis. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert et elle pouvait déjà deviner une colère froide au fond de ses yeux sombres. Elle se glisse entre les meubles, parlant sans vraiment en écouter la réponse, concentrée sur son myocarde furieux et cerclé de passion. Elle s’appuie au rebord de la fenêtre, lippes serrées et pupille noircie, ses ongles tapotant le bois - agacée déjà par une dispute qui n'a pourtant pas encore eu lieu.

« Vu que tu n’es toujours pas venu pour t’excuser, j’ai décidé de venir jusqu’à toi. » elle déteste se disputer avec Caerwyn, pourtant, Melpomène. Mais ses défauts se mêlent bien trop souvent à ses qualités et si sa ténacité est un atout incontestable dans bien des situations, elle est également incapable de remise en question. Elle se tenait droite et fière à côté de ses décisions, les yeux fermement clos lorsqu’on osait l’accuser d’avoir tort. Tout le dédain de son éducation collé à la peau. Car si elle n’avait cesse de se battre pour sa place au sommet, Melpomène avait tout d’une Black. Le sang vicié d’années de magie noire et de trop d’ambition, lignée d’étoiles filantes aux brefs destins. Car les Black tombaient souvent à cause d’eux-mêmes, incapables de reculer par excès de fierté, et ce même lorsque la situation était visiblement perdue. Malgré tout ses vices, Melpomène essayait pourtant souvent de bien faire. De se montrer digne des légendes évoquées par son nom, de se montrer digne du tatouage décorant sa peau laiteuse. Digne de la confiance du Lord, digne de l’amour de Caerwyn. Digne. Mais la noblesse relative de ses intentions était bien souvent remise en cause par l’impulsivité de son caractère, trait qui s’intensifiait bien souvent au contact d’Aleksandr et Cain, marque brûlante et fanatisme au creux des yeux. « Je ne pense pas être celui qui doit des excuses dans cette pièce. » elle arque un sourcil alors qu’elle relève un orbe noirci de colère sur le Lestrange, peinant à étirer ses lèvres pincées en un sourire caustique, les bras croisés. Lorsqu’il s’agissait de Caerwyn, la belle avait bien du mal à séparer colère et désir et si sa tête bouillonnait de hargne, son coeur - lui - ratait bien trop souvent un battement sous le coup du désir.

Melpomène était une princesse. Pourrie gâtée du haut de son trône de gallions, elle avait été habituée à voir le moindre de ses caprices rencontrés. Et si elle se montrait la plupart du temps forte et froide - la pupille dédaigneuse alors qu’elle toisait le monde avec suffisance - elle pouvait également se montrer d’une susceptibilité frôlant le ridicule une fois le masque fissuré. Et Caerwyn avait toujours eu le don de briser ses barrières, de voir au delà des apparences. Que ce soit l’adolescente sarcastique d’hier ou la femme acerbe d’aujourd’hui - son cousin était l’un des seuls dont la simple présence suffisait à faner les apparences. Sa langue claque contre son palet avec arrogance alors qu’elle replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille, dégageant ses traits tendus, les yeux toujours rivés sur son cousin. C’est par un sifflement tout aussi glacial que le sien qu’elle lui répond, les lippes à peine desserrées alors que ses mots résonnent pourtant parfaitement entre les murs de pierre. « Permets moi d’en douter. » ironise t’elle le nez froncé alors qu’elle le défie du regard. Car Melpomène ne demande aucune permission - jamais. Le coeur amoureux certes mais également ivre de liberté et de pouvoir. Son besoin maladif de contrôler son entourage piquant sur le bout de la langue. Son contrôle si fragile à ce moment précis, la Black ayant une pensée rapide pour les murs ensorcelés du manoir des Lestrange. Havre d’intimité et de silence, car ici plus encore qu’ailleurs - les murs n’avaient pas d’oreilles. Fort heureusement d’ailleurs car Melpomène pouvait sentir les mots s’amonceler au fond de sa gorge nouée et elle faisait usage de tout son self-contrôle pour ne pas exploser. Tâche rendue ardue par la magie noire palpitante au creux de son coup, le collier de Janus se faisant toujours sentir avec force lorsque la louve tentait de garder la mainmise sur ses émotions. Il se nourrissait de sa colère, le pendentif, exacerbant ses émotions les plus sombres. Bien maigre prix à payer pour sa vie, bien maigre prix à payer pour un secret de plus à préserver.

Tout va très vite, et en quelques secondes la silhouette de Caerwyn est à ses côtés, ses doigts serrés autour de son menton alors qu’il plante ses yeux dans les siens. C’est un regard suintant de colère qui lui répond malgré son estomac contracté de désir, la belle faisant un pas de plus vers lui comme pour le pousser toujours plus dans ses retranchements. Elle ne sait pas calmer le jeu, Melpomène. La colère de Caerwyn ne fait que raviver la sienne et c’est avec les poings serrés qu’elle l’écoute parler. « La prochaine fois que je te dis quelque chose, tu m'obéiras Melpomène, que ça te plaise ou non. » c’est l’éducation d’Abelin qui hurle et qui refait surface avec force, les sourcils de Melpomène se fronçant de colère alors qu’elle se dégage de son emprise avec fougue, inclinant la tête bien bas avec une diligence toute sarcastique, raillant d’une voix traînante. « Bien, monsieur Lestrange. » elle se moque pour mieux se protéger, ne voulant surtout pas montrer à Caerwyn à quel point ses propos l’avaient blessée. Melpomène s’accommodait très bien du sexisme de son époque, tant qu’il ne s’appliquait pas à elle. Elle n’avait que de rares amies, évoluant au jour le jour parmi les hommes. Atours velours et poigne de fer. Car si elle jouait le jeu en public, gardant la plupart du temps ses opinions pour elle et se mêlant à l’insignifiance des jeunes filles de bonne famille - serpent parmi les brebis - c’était pour mieux effleurer le pouvoir en privé. Comédienne jusqu’au bout des doigts, équilibriste de talent changeant du tout au tout dans l’intimité. Dans son entourage, les hommes avaient cessés de lui faire l’affront de tenter de la museler, et jusque là, Caerwyn n’avait jamais douté d’elle. L’entendre la traiter comme n’importe quelle autre femme était trop pour son caractère enflammé et au milieu de l'indignation dévorante qui semblait lui ronger l’esprit, c’était presque comme sentir une partie de son coeur se briser. Elle se vexait si vite, Melpomène. Son égo bien trop grand et trop susceptible, surtout lorsque son cousin était impliqué. Elle tirait de son amour pour lui autant de force que de faiblesse et en quelques pas, elle fut de retour à sa hauteur, le regard braqué alors que sa main droite venait se serrer autour de son avant-bras, ses doigts enserrant sa peau avec trop de hargne, les lèvres étirées en un sourire carnassier. Le ton aussi froid qu’une nuit d’hiver et haussant légèrement la voix, les syllabes tremblantes sous le coup de la colère. « Tu parles comme ça à qui tu veux Caerwyn, mais pas à moi. » ses doigts qui se serrent un peu plus, instinctivement, alors qu’elle le fusille du regard. Le feu et la glace, les flammes et la neige. La louve et la femme. L’amoureuse et l’insoumise.

Sans un mot, elle le lâche aussi soudainement qu’elle ne l'a attrapé quelques secondes à peine auparavant, reculant de quelques pas sans le lâcher du regard. Jouant le tout pour le tout dans un énième coup de poker, se saisissant de sa cape dans un geste dramatisé mêlant fureur et tristesse. « Si tu comptes continuer à me parler comme à toutes les autres, dis le tout de suite que je m’en aille. » parce que Melpomène se targue d’être différente à ses yeux, parce qu’ils sont différents. Et si ses yeux brillent toujours de colère, il y a quelque chose au fond de son ton trop sec qui lui crie de ne pas la laisser partir. Pas comme ça et pas maintenant.


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Dernière édition par Melpomène Black le Mar 7 Fév - 10:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I put a spell on you - Melwyn   Mar 7 Fév - 9:22


I put a spell on you
Melpomène Black & Caerwyn Lestrange


Il était allé trop loin. Il avait dépassé les limites et il le savait très bien. S'il y avait bien une personne sur laquelle il n'avait jamais levé la main, c'était Melpomène. Ce n'était qu'une question de minutes avant que le regret ne vienne s'insinuer en lui et ne le rende malade de culpabilité. Mais pour le moment, c'était Abelin qui criait à travers lui. L'éducation de son père avait toujours été puissante, dictant tous ses faits et gestes. Il avait été endoctriné dès son plus jeune âge et n'avait jamais remis en cause les valeurs des Lestrange ou de leur époque. Les hommes dirigeaient les familles et les femmes apportaient leur soutien et des héritiers. C'était ainsi. Cela ne l'empêchait pas d'être respectueux envers sa mère ou tout autre sorcière de sang-pur, bien au contraire. Il était toujours des plus courtois à leur égard. Il avait même de l'affection pour celle qui lui avait donné la vie, ainsi que pour sa petite soeur. Mais leurs échanges restaient rares et superflus. Ils n'étaient pas sur un même pied d'égalité.

Melpomène, tout comme sa mère Morgana, faisait preuve d'un traitement de faveur. Elles avaient toutes deux la force de caractère qui leur permettait de s'élever au rang des hommes de la famille, et lorsqu'elles n'étaient pas conviées aux discussions, elles se faisaient un plaisir de s'y imposer tout de même. Caerwyn avait toujours admiré sa marraine, et la respectait d'autant plus. Elle avait bien éduqué Melpomène pour que sa fille marche dans ses pas. C'était cette assurance et ce pouvoir ensorcelant qui avaient touché son coeur il y a de cela des années. Mais coeur ou pas, l'affection de Caerwyn était bien enfouie ce soir.

La rage le consumait totalement. Melpomène était si injuste, si égoïste. Il avait tout fait pour elle, répondu au moindre de ses désirs pour la satisfaire, pour voir ses yeux sourire et son visage s'illuminer. Mais elle, qu'avait-elle eu à offrir en retour ? Melpomène ne donnait que ce qu'elle voulait, elle ne pensait qu'à ses propres envies sans considérer les siennes. Ce soir encore, elle venait l'accuser comme s'il était le pire de tous, alors qu'il n'avait rien fait de mal. N'avait-il donc pas le droit de se refuser à elle, de faire attention ? Caerwyn ne voulait pas perdre ce qu'il avait. Sa famille, son statut d'héritier, tout ça comptait bien trop pour lui, mais Melpomène ne semblait pas le comprendre. Non, tout ce qui l'importait, c'était qu'elle le désirait et qu'il avait osé lui dire non. Elle ne pensait qu'à elle et ses envies. Et lorsque Caerwyn, pour la toute première fois, lui avait demandé quelque chose, elle ne l'avait pas écouté, têtue comme elle était. Comment pouvait-elle prétendre l'aimer alors que tout n'allait que dans un sens ? Il répondait à la moindre de ses sollicitations, à chacun de ses caprices, il l'avait acceptée telle qu'elle était, il avait même tué pour elle. Melpomène s'était contentée de lui offrir des baisers, tout simplement parce qu'elle le voulait aussi.

Elle se dégagea de son emprise, les yeux brillants de colère, et une lueur blessée bien cachée. Mais le Lestrange la connaissait trop pour que cela lui échappe. Pourtant, il n'en avait cure. La colère l'aveuglait. Elle méritait d'être blessée. Il la regarda faire, le regard dur, lorsqu'elle lui saisit l'avant-bras avec force.

Tu parles comme ça à qui tu veux Caerwyn, mais pas à moi.

Elle le lâcha aussi vite qu'elle s'était saisi de lui, lui tournant le dos pour récupérer sa cape.

Si tu comptes continuer à me parler comme à toutes les autres, dis le tout de suite que je m’en aille.

Sa pique ne fit qu'attiser un peu plus la rage du Lestrange. Comme à son habitude, Melpomène lui collait un ultimatum, ne lui laissait aucun choix. Qu'était-il à ses yeux ? Un vulgaire chien à dresser pour obéir au moindre de ses désirs. Non. C'était hors de question.

D'un geste de la main, Caerwyn lui désigna la porte.

Va-t-en alors. Je ne vois pas pourquoi je continuerais à te traiter différemment alors que tu n'es pas prête à faire cet effort.

Elle ne bougeait pas. Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait, et il le savait. Caerwyn s'avança vers elle et saisit son coude pour la pousser vers la porte avec force.

Va-t-en, Melpomène. Je ne te retiens pas. Pourquoi est-ce que tu resterais de toute façon ? Tu n'as rien à y gagner non ? Parce que c'est toujours comme ça avec toi. Ce que Melpomène veut, ce que Melpomène y gagne. Tu te fiches très bien de ce que je peux penser, ne fais pas semblant du contraire. Et ça, ça ne m'intéresse pas.

D'un geste violent, il ouvrit la porte.

Trouve-toi un autre jouet.

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Allégeance :  Marque des Ténèbres assumée, Melpomène fait partie des Mangemorts. Loyale servante depuis les premières heures de Voldemort.
Profession :  Melpomène travaillait autrefois à la morgue, embaumant derrière elle les secrets des siens. Aujourd'hui fugitive.
Ancienne école :  Poudlard dans une maison bordée d'émeraude - berceau de rencontres qui ont changé le cours de sa famille et qui ont façonné un destin aussi sombre que son patronyme.

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MessageSujet: Re: I put a spell on you - Melwyn   Mar 7 Fév - 13:07



i put a spell on you


MELPOMENE & CAERWYN

MID OCTOBER 1951

Si Caerwyn avait été façonné par l’éducation d’Abelin, Melpomène, elle, avait grandi sous les consignes de Morgana. Garde la tête haute, toujours. Ne t’avoue pas vaincue, jamais. Garde tes émotions pour toi. Prend ce qui t’intéresse et laisse le reste. Morgana avait forgé sa fille à son image, reine des glaces ayant gagné sa place parmi les hommes. La petite fille d’hier avait grandi en ressemblant de plus en plus à sa mère. Son visage avait perdu ses accents d’enfant, ses sourires s’étaient faits poignards et sa volonté fer. Et puis il y avait Caerwyn. Caerwyn dont la simple présence suffisait à fissurer le masque que Morgana avait mis des années à construire. Caerwyn dont les sourires suffisaient à ranimer un coeur qu'elle se targuait parfois de ne pas avoir. Melpomène n'était pas de ces femmes que l'on oublie, de ces femmes filantes sous les doigts - insipides aux côtés d'un homme. Tout comme sa mère, elle faisait partie des serpents. Le visage fermé et l'assurance des diables entourée autour du corps. Jamais Melpomène ne s'était-elle remise en question. Elle assumait chacun de ses choix avec l'assurance des fous, tête baissée et orbes closes. Elle ne se démontait pas, elle ne se reculait pas. Profondément égoïste, la princesse. Bien trop fière, bien trop têtue. Forces et faiblesses emmêlées pour ne plus former qu'un. Elle était maladroite, Melpomène. Et si ses intentions étaient souvent bonnes lorsque cela touchait à Caerwyn, ses efforts se perdaient bien souvent dans les affres de ses défauts.

La discussion ne se passe pas comme prévu et avec chaque seconde qui passe, son coeur semble s'enflammer un peu plus de rage. Les veines brûlantes. Tout autour d'elle est familier et pourtant tout semble flou, effacé derrière une colère qui éclaire le fond de ses yeux. L'éclat blessé est mort au moment où la rage est née. Une émotion en chassant une autre dans un ballet macabre, le coeur déchiré entre l'amour et la haine. Elle joue avec le feu, Melpomène. Du haut de ses caprices, la benjamine ne se rend pas compte qu'elle est sur le point de se brûler. Les flammes roulent entre ses doigts et elle s'en amuse encore, le narguant toujours un peu plus. Elle se braque et ses mains se referment autour de sa cape, persuadée au fond que cela sera suffisant. Elle ne sait aimer que comme ça, Melpomène. Elle n'a jamais eu à se battre pour l'attention de personne et encore moins pour celle de Caerwyn, la belle.

« Va-t-en alors. Je ne vois pas pourquoi je continuerais à te traiter différemment alors que tu n'es pas prête à faire cet effort. » il lui désigne la porte et elle ne bouge pas, figée de surprise. Le monde ralentit pour s'arrêter. Sa cape toujours entre les mains, celle qu'on se plaît à comparer à une statue de glace est aussi immobile que ses cousines de marbre. Il va changer d'avis, s'excuser - quelque chose. Son coeur refuse encore d'y croire alors qu'elle fixe la porte close. Ce sont ses cauchemars qui s'écrivent sous ses mots et qui prennent vie alors que Caerwyn se saisit de son coude - la poussant vers la porte. Elle manque de perdre l'équilibre, la louve. Ses talons claquant au sol alors que la cape de laine tombe, elle, au sol. « Va-t-en, Melpomène. Je ne te retiens pas. Pourquoi est-ce que tu resterais de toute façon ? Tu n'as rien à y gagner non ? Parce que c'est toujours comme ça avec toi. Ce que Melpomène veut, ce que Melpomène y gagne. Tu te fiches très bien de ce que je peux penser, ne fais pas semblant du contraire. Et ça, ça ne m'intéresse pas. » la porte s'ouvre violemment et la Black n'a toujours pas bougé. Le masque a recomposé ses traits et la coquille s'est refermée. Ce sont ces traits qu'elle expose jour après jour au monde, expression lointaine et orbes indifférentes. C'est derrière cette illusion qu'elle se protège, visage fermé et regard dur. Oubliée la colère, évaporée la rage. Mis de côté, l'amour. Car, plus que tout, Melpomène a peur de son coeur. Alors ses traits se font de nouveau toile vierge, le palpitant au fond des talons et les poings serrés le long de ses flans. Elle ne veut pas le laisser voir. Elle ne veut pas le laisser voir qu'il a gagné une bataille qu'ils n'auraient pas dû mener. Alors, la louve fixe le couloir étendu devant elle. Incapable de ramasser sa cape et de s'en aller, incapable de se retourner vers le Lestrange pour autant. « Trouve-toi un autre jouet. »

Et de toute sa tirade, ce sont ces cinq mots qui firent se briser son coeur. Parce que Melpomène ne joue pas. Parce qu'il est le seul duquel elle ne se soit jamais jouée. Parce qu'il est le seul à toujours avoir eu accès à son coeur. Car plus encore qu'avec Helios, c'est au détour de ses bras que Melpomène avait découvert le mot bonheur. Car il est celui qu'elle a passé sa vie à attendre. Les secondes s'égrènent en silence et, dans l'électricité de la pièce, elles semblent durer toujours. Pour la première fois depuis longtemps, Melpomène ne sait plus quoi dire. Les mots sont bloqués au fond de sa gorge nouée et si quelques secondes auparavant tout son être semblait vibrer de rage, la Black n'est plus vraiment sûre de ce que lui dicte son coeur à présent. Elle ne se rend compte des larmes luisant sur ses joues que lorsque l'une d'entre elles roule sur ses clavicules. Pas de sanglots sonores ni de cris. Juste le silence et des dizaines de perles salées flouant son regard. Mécaniquement, la louve porte une paume mal assurée à son visage, essuyant les mers honteuses du revers de sa manche. Elle ne pleure jamais, Melpomène. Les larmes sont taboues chez les Black où la faiblesse n'est autorisée qu'en solitaire.

Alors, elle se force à relever le menton. Performance tremblante de celle qui cherche à sauver les apparences, essuyant une dernière fois ses orbes humides du bout des doigts. Elle se baisse et elle ramasse sa cape, la serrant entre ses mains comme pour ne pas sombrer. Ses muscles sont raides lorsqu'elle se retourne lentement, pivotant sur elle-même pour enfin lui faire face. Plongeant ses yeux encore rougis par des larmes qu'elle n'assumera jamais au fond des siens, ses ongles s'enfonçant dans le tissu sombre. « C'est vraiment ce que tu penses ? » sa voix rendue lointaine par le contrôle qu'elle s'impose. Elle fait un pas en arrière, Melpomène. Ce n'est pas un ultimatum. Ca ne l'est plus Elle ne crie plus, Melpomène. Les mots sont prononcés les uns après les autres sans grande conviction. Ses ongles trouvent le creux de ses paumes au milieu du tissu et s'y enfoncent légèrement alors que les syllabes menacent de lui échapper de nouveau. Garder le contrôle. Un nouveau pas en arrière. « Parce que si c'est vraiment tout ce que tu penses de moi, dis le - Caer. » parce que derrière le marbre, Melpomène est fragile et que poser les yeux sur lui fait trembler les murs qu'elle a mis si longtemps a construire autour de son coeur. « Dis le et je - » les mots se perdent et ses yeux se raccrochent de nouveau aux siens « Dis le et tu n'auras plus à te soucier de moi. » une larme orpheline s'échappe de derrière ses paupières alors qu'elle soutient son regard.


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MessageSujet: Re: I put a spell on you - Melwyn   Ven 17 Fév - 10:33


I put a spell on you
Melpomène Black & Caerwyn Lestrange


Qui croyait-il tromper ici ? Qui pourrait bien tomber dans le panneau ? Caerwyn avait beau faire le fier et dire à Melpomène de partir, il savait très bien qu'il n'était pas capable de réellement la mettre à la porte. Elle avait ce pouvoir sur lui, cette prise dont il était impossible de se défaire - quand bien même il l'aurait voulu. Sa vie gravitait autour de celle de Melpomène dès lors qu'il avait posé ses yeux sur elle pour la toute première fois. Les yeux de la Black avaient de quoi vous ensorceler. Dès le départ, il avait su qu'il serait prêt à tout pour cette petite cousine, bien plus qu'il ne l'était pour sa propre soeur ou pour ses cousins. Melpomène était spéciale. Il lui avait fallu plusieurs années avant de se rendre compte à quel point.

Il lui avait laissé son coeur. Le Lestrange à qui l'on avait appris à ne pas aimer, à ne pas être vulnérable, il avait transgressé tous ces interdits pour elle, pour sa Melpomène. Il l'aimait plus qu'il n'en était convenable, bien plus qu'il n'osait le dire. Elle était là, partout, à chaque instant. Il avait essayé pourtant, de s'abandonner dans les bras d'autres femmes. Il avait tenté d'aimer son épouse dans les courts mois de leur union. Mais chaque regard, chaque caresse, chaque soupir le ramenait dans les bras de la Black. C'était son visage qu'il voyait alors qu'il possédait le corps d'une autre dont il ignorait jusqu'au nom. C'était ses lèvres qu'il baisait avidement dans la pénombre d'une chambre. C'était sa peau qu'il caressait de ses mains. Il parvenait à maintenir l'illusion de l'avoir contre lui, mais jamais plus d'une nuit. Il était incapable de rester près de ces femmes insignifiantes et de se réveiller à leurs côtés. Elles n'étaient pas Melpomène Black.

La surprise d'abord, se peint sur le visage de sa douce. Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. Elle pensait fermement qu'il allait céder, se plier à ses exigences et s'aplatir à ses pieds, comme ils le font tous. Elle était convaincue de gagner, une fois de plus. Avait-elle déjà perdu, Melpomène ? Le goût de la défaite allait lui sembler amer, aussi amer qu'il l'était dans la bouche de Caerwyn. Car quoi qu'elle puisse en penser, il était aussi perdant qu'elle. Mais il ne céderait pas, pas ce soir.

Son visage se ferma alors qu'il la traînait jusqu'à la porte. Il se retrouvait, pour la première fois, devant ce masque qu'elle offrait au commun des mortels. Ce masque qu'elle n'avait jamais mis en sa présence. Et plus que tout, il détestait cette vue. Il savait ce que ça signifiait, il savait qu'il la blessait, et elle le blessait en retour. Ils se détruisaient mutuellement. C'était à celui qui assénerait le coup fatal.

Trouve-toi un autre jouet, siffla-t-il.

Les larmes le prirent au dépourvu. Il était rare que Melpomène se laisse aller ainsi, à être faible devant qui que ce soit. Mais surtout, c'était bien la première fois qu'il était la cause d'une telle peine chez la jeune femme. Lui qui s'était toujours promis de ne pas la faire pleurer, de ne pas être comme cet imbécile de Karkaroff qui avait osé brisé le coeur qui ne lui appartenait pas. Son propre coeur se brisa à cette vue. Il la voyait, tentant de rester fière malgré tout, de se tenir droite alors que son corps hurlait l'envie de se laisser tomber au sol. Mais il restait immobile, incapable de faire un pas vers elle.

C'est vraiment ce que tu penses ?

Non, bien sûr que non. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, l'embrasser jusqu'à plus soif et lui répéter à l'infini à quel point il l'aimait et comme il était désolé. Mais il était trop fier, Caerwyn. Bien trop fier.

Parce que si c'est vraiment tout ce que tu penses de moi, dis le - Caer. Dis le et je - Dis le et tu n'auras plus à te soucier de moi.

Lentement, il se baissa pour ramasser le manteau de laine qui gisait au sol. Il le posa sur ses épaules, avec tendresse, avant de placer sa main dans le bas de son dos. Et de la pousser doucement vers le couloir.

Bonne nuit, Melpomène.

Puis il referma la porte.

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