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 Scars to your beautiful (Zeldayl)

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Profession :  Danseuse, l'écran de fumée ondule et se réinvente pour qui désire la voir. Prostituée, la luxure au creux des cuisses.
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MessageSujet: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Mer 28 Sep - 17:16

scars to your beautiful
zelda gnýrsdóttir & mihayl krum


Le numéro se termine sur son corps dénudé comme à l’accoutumée . Elle a prit l’habitude, la belle - d’ignorer les regards et les sifflements. Elle ferme les yeux pour mieux les occulter, lève les mains vers le ciel pour mieux se dévoiler, tourne sur elle même avec malice. Elle se saisit d’une des plumes ornant ses cheveux de jais pour la faire tourner entre ses longs doigts, son visage opalin masqués par ses épais rideaux. Les coulisses sont rejointes avec empressement, soupirant à peine l’obscurité l’enveloppant de nouveau. Débarrassés des lumières de la scène et des musiques de jazz agissant sur ses formes comme un sortilège, elle fait pâle figure - la poupée. Elle a les os trop saillants parfois, les poignets trop fins et les mouvements trop lents - le fond des yeux endormis par trop d’opium. Elle s’empresse de se rhabiller, masquant sa peau opaline d’un peignoir richement orné. Ils sont riches, les Weasley - et les filles n’ont jamais l’apparence de souillons. Soignées jusqu’au bout des ongles, les lèvres rehaussées de rouge vif et le corps paré de bijoux. Des centaines d’artifices, les gallions s’empilant au creux de leurs paumes pour masquer la détresse lovée au creux de leurs gestes. Elle se drape donc de velours et de broderies, Zelda, remettant une mèche aussi sombre que la nuit derrière une de ses oreilles. Elle n’aime pas ce job, l’islandaise - mais c’est mieux que la rue, c’est mieux que le froid d’une nuit d’hiver roulée en boule sur le pavé, c’est mieux que rien. Car c’est là tout ce dont elle a apprit à se contenter: mieux que rien. Mieux que ce rien qui veut tout dire et rien dire à la fois, mieux que ce rien qui a trop longtemps été l’orbite autour duquel tournait sa vie. Elle se complait dans l’idée d’avoir retrouvé une stabilité aussi factice que ses sourires et son ton mielleux, elle se complait dans la perspective d’une famille qui n’a rien de sain - elle s’enfonce jour après jour dans un malheur monté de toutes pièces, les gestes basés et le coeur lourd. Elle se laisse lourdement tomber sur un des bancs agrémentant la petite pièce située directement derrière la scène, berceau des préparations de dernière minute et des larmes de honte d’après représentation, havre des rires et des coups bas - aussi. Elle a arrêté d’écouter les moqueries de certaines il y a de ça bien longtemps, l’étrangère. De toute façon, son anglais approximatif l’empêche encore de toujours en comprendre toute la portée, insensible à leurs railleries sur son consonnes hachées et ses mots découpés. L’islandais roule sur sa langue avec grâce et l’anglais se heurte à son palais - c’est comme ça.  

« On te demande dans la chambre 4… » la voix grogne derrière elle. Elle souffle doucement alors qu’elle se relève de mauvaise grâce, les paupières trop lourdes et le coeur trop gros. La nuit est loin d’être finie et ce n’est pas parce que les projecteurs ne sont plus braqués sur elle que le cabaret l’oublie. Il y a des clients à satisfaire, des danses plus privées pour des clients plus prestigieux, des sang-purs arrogants à divertir sur coin d’un canapé ou au détour d’une chambre viciée. Elle soupire alors qu’elle traine les pieds, se mouvant entre les âmes égarées du lieu, fantôme entre tant d’autres - le teint blafard et les yeux bien trop maquillés. Perchée sur ses talons, vacillantes à certains moments - la poupée. Ses grands yeux bleus fixés sur l’horizon alors qu’elle se glisse comme si elle se dirigeait vers l’échafaud. Elle n’a pas honte de ses activités, la vendeuse de bon temps, mais elle n’en est pas fière non plus. Le palpitant toujours serré d’un sentiment de honte cependant plus proche du souvenir que de la sensation. Elle hésite quelques secondes avant de rentrer, prenant son temps pour édifier un à un ses traits - sourire en coin et regard pétillant malgré ses paupières ne demandant qu’à se clore. C’est tout ce qu’elle a trouvé, Zelda. C’est tout ce qu’elle a trouvé pour oublier Ragnví et le désir des hommes. Les opiacés pour seule et unique solution. Elle pose la tête contre le bois de la porte un court instant avant de se décider à rentrer, les hanches lascives et les gestes emplis de luxure. Elle se stoppe net cependant en découvrant l’homme qui se tient devant elle, un sourire sincère passant en vitesse sur ses lèvres bien trop rouges. Il n’y a plus rien de naturel au fond de ses yeux, ses joues creusées seul stigmate laissé par le temps sur son visage enfantin. « Qu’est ce que tu fais là ? » le nargue t’elle du bout des lippes. Il se tient contre le mur d’en face, toujours engoncé dans sa cape sombre. Elle baisse les yeux et elle s’avance vers lui, amusée de ses courbées exposées aux yeux du sang-pur. Car le peignoir n’a rien de couvrant et la dentelle se mêle au velours et aux broderies, ne laissant pas grand chose à l’imagination sous le tissu.  

Elle se débarrasse de ses talons d’un coup de pied habitué, se dirigeant à pas de loups vers le Krum. Ce n’est pas la première fois qu’elle le voit au cabaret, la plupart du temps accompagné de Stoyan. Oh, elle le connait bien Stoyan. C’est lui, qui d’habitude, requiert sa présence en privé. C’est lui, qui d’habitude, paye pour ses faveurs.  Ils sont tellement différents pense la sylphide avec amertume - tellement différents et tellement semblables. Elle s’approche, délibérément provocante. Il ne semble jamais la désirer, Mihayl. Ses pupilles restent toujours de marbre lorsqu’elle humecte ses lèvres - qu’elles soient prunes ou grenats, ses mains restent toujours ferment enfoncée dans ses poches même lorsqu’elle expose le creux d’une hanche. Elle ne comprend pas, Zelda. Elle ne comprend pas alors elle en joue, gamine aux gestes vitriolés qui s’amuse qu’on ne la veuille pas. Elle titille et elle le cherche - le coeur gonflé d’espoir qu’il ne la désire jamais. C’est ça qui le rend unique, cet homme auquel elle se colle avec adresse - posant les mains sur le col de sa cape alors qu’elle fait la moue - feignant d’être vexée, feignant de prendre façon de ses yeux qui ne la dévorent pas. « Comment va Stoyan ? » hasarde t’elle d’un ton lancinant alors qu’elle s’éloigne de quelques centimètres, laissant le peignoir couler le long de ses formes graciles comme un test ultime.

Elle est fatiguée, Zelda. Lasse de voir sa beauté profanée jour après jour. Elle n’a jamais eu honte de son corps, l’islandaise mais chaque main effleurant sa peau est une insulte. La légende dit que les jolies filles ne pleurent jamais mais ses joues sont pourtant trempées de chagrin tout les soirs, lorsque l’intimité de la nuit l’autorise enfin à se laisser aller. Pendant les quelques minutes précédant le sommeil lourd induit par l’opium, son coeur se déserre pour quelques secondes et elle s’autorise à faire le deuil. Le deuil d’une vie à la douceur innocente, le deuil d’un palpitant qui coule, le deuil d’une dignité qui s’efface un peu plus jour après jour, le deuil d’une innocence bientôt venue en pâture au plus offrant. Le deuil. Cinq lettres qui semblent la poursuivre, où qu’elle aille. Cinq lettres qui ont déjà gâché pour elle le ciel magique d’Islande. Elle s’assied sur le rebord du lit, les jambes croisées et les épaules cagneuses alors qu’une épaisse mèche bouclée retombe sur sa clavicule. Il y a quelque chose de presque ridicule à toute cette mise en scène mais il y a quelque chose au fond des gestes de la poupée qui rend le tout éminemment douloureux. Une souffrance au fond des billes - un soupçon d’espoir encore présent sur la peau, trop d’amour au fond du palpitant. Elle brille, à sa façon, Zelda. Elle tient sa gloire entre ses doigts, bien consciente qu’elle n’aura jamais plus que ces quelques heures de reconnaissance sous des regards anonymes. « Ton frère est plus drôle. » plus drôle, plus violent aussi souvent susurre t’elle du bout des lèvres, son accent chantant derrière le moindre des mots. Elle rigole alors qu’elle penche légèrement la tête sur le côté, ne le lâchant pas de ses pupilles couleur azur.

Tout est un jeu pour elle. Voilà son secret pour survivre. 


broken doll.
Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head, I wanna drown my sorrow, No tomorrow, no tomorrow.


Dernière édition par Zelda Gnýrsdóttir le Lun 24 Avr - 10:33, édité 1 fois
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Mihayl Krum
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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Dim 23 Oct - 17:24

scars to your beautiful
zelda gnýrsdóttir & mihayl krum


Il observe Zelda danser du fond de la salle, ses mouvements gracieux et aériens contrastant avec les remarques grasses et sales des hommes spectateurs. Magnifiée, la Zelda, nymphe délicieuse et inaccessible. Du moins c'est ainsi que les Weasley la vendent. Lui ne voit qu'une gamine perdue. Perdue dans sa vie, perdue dans son intérieur aussi à force de trop jouer à être quelqu'un d'autre. Il ne connaît que trop ça, Mihayl. C'est peut être pour cela qu'elle le touche. C'est peut être pour cela qu'il trouve insupportable les regards pervers qu'on pose sur son corps fragile dénudé. Les hommes sont-ils tous si turpides ? Il ne se sent pas à sa place. Il ne sait que trop pourquoi il est là, Mihayl. Pour les apparences, sans doute. L'expérience ne lui apporte rien, mais confère à sa personnalité de la normalité et c'est ce qu'il recherche. Se fondre dans la masse, ne pas se faire remarquer, tout en élevant le nom des Krum. Mais pourquoi aujourd'hui, pourquoi ce soir-là en particulier ? Il est seul. Son frère ne l'accompagne pas comme de coutume. Une lassitude peut-être. Son dégoût de lui-même qui s'est accru, sûrement. L'envie de se prouver qu'il n'est pas plus mauvais que le commun des mortels. Il est fatigué, Mihayl. Il doit annoncer à Desislav qu'il va se fiancer, et il ne fait que retarder l'échéance, refusant de faire face à la douleur qui, il le sait déjà, habitera les yeux de son amant. Ça lui donne déjà envie de vomir.

Dans la chambre qu'on lui a désigné, il attend Zelda. Il ne veut pas qu'elle se vende encore. Pas parce qu'il est jaloux, loin de là. Pas parce qu'il ne la veut uniquement pour lui : il n'a jamais ressenti une seule once de désir pour une femme, quand bien même il s'est forcé plusieurs fois. C'est un fait. Les courbes féminines ne lui font ni chaud ni froid. Celles de Desislav, en revanche… Elles dansent, exquises, sous ses yeux clos ; un long frisson lui dégringolant l'échine. L'envie de son amant est toujours là, pressante. Mais la porte s'ouvre, ses paupières se soulèvent et les images disparaissent. « Qu’est ce que tu fais là ? » La question fuse et résonne dans la pièce, et Mihayl peut noter la surprise évidente dans la voix de la jeune femme. Elle ne s'attendait pas à le voir là. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il requiert sa présence. Sans doute se demande-t-elle s'il la trouve peut-être intéressante pour une fois, à son goût ? Il hausse les épaules pour toute réponse. Il n'est pas prêt à lui expliquer ses états d'âme. J'aime un homme à en crever et je voudrais que ça soit normal, pense-t-il douloureusement en observant l'islandaise s'avancer avec assurance vers lui. Elle est pure et raffinée, le matériau délicat de sa tenue épousant ses formes dans la plus belle des harmonies. Il est engoncé dans sa cape sombre, sombre et déshonoré, la brutalité Krum habitant ses traits. Il aurait presque peur de la salir, s'il la touchait. Parce que s'il ne la désire pas, il l'admire. Et sa grâce le touche. Il l'a déjà dessiné de nombreuses fois Mihayl, durant ses nuits d'insomnie, de ses coups de crayons nerveux. Les portraits de Desislav sont eux aussi nombreux. Mais ils sont plus risqués ; et Mihayl les brûle à peine sont-ils finis. Il connaît de toute façon ses traits par cœur et le dessine sans répit dans son esprit.

C'est toujours elle qui provoque le contact entre eux. Mihayl a toujours ses mains sagement rangés dans les poches de sa cape où le long de son corps. Elle le provoque, humectant ses lèvres, lui lançant des œillades, chorégraphie qu'elle exécute par automatisme sans la vivre. Il ne réagit pas. Il ne réagit jamais. «Comment va Stoyan ? » demande-t-elle en s'éloignant. Un rictus se dessine brusquement sur les lèvres du bulgare qui ne quitte pas la jeune femme des yeux. « ça t'intéresse vraiment ? » Elle dit sans doute cela pour faire la conversation, et c'est tout à son honneur puisqu'après tout Mihayl n'est pas là pour l'observer danser. Mais il déteste les faux semblants et il déteste échanger des banalités : il le fait assez comme ça pendant toute la journée pour en rajouter à cet instant. «Ton frère est plus drôle. » Elle s'est assise sur le rebord du lui, croisant les jambes. Une mèche de cheveux sombres tombe sur sa clavicule. Elle paraît si fragile ainsi. Mihayl a un sourire sarcastique alors qu'il se débarrasse de sa cape, s'asseyant à une distance des plus respectables de l'islandaise. « Mon frère n'a aucun respect pour toi et tu le trouves drôle ? » Il ne comprendra jamais les femmes, Mihayl. Non seulement il ne les désire pas, mais la plupart du temps il les trouve tellement peu intéressantes. Le féminisme, le bulgare ne connaît pas. Son conservatisme est encore très fort et il méprise la gente féminine en général. Pour autant, il ne cautionne pas le comportement des hommes dans cet établissement. Il ne cautionne pas le comportement brutal de son frère cadet avec les filles de joie de cet endroit malgré toute l'affection qu'il lui porte. Les bonnes manières se perdent. Son père ne les avait pas. Son père était odieux avec les femmes. Sans doute l'est-il aussi, Mihayl, à vrai dire il s'en fiche un peu. Tant qu'on ne les violente pas. Elles sont plus faibles qu'eux, c'est tellement bas de s'en prendre à elles. Surtout pour assouvir un besoin aussi primaire que le désir sexuel. C'est ignoble.

Mihayl ne s'est jamais attaché à un femme. Ou presque. Seules trois femmes ont eu de l'importance dans sa vie. Sa mère d'abord, être tant chéri dont il préserve avec religion le souvenir dans son cœur. Ensuite, c'était Denitsa. Sa Denitsa, comme il l'a toujours considéré. Il l'aimait, assurément. Pas comme il aime Desislav, mais d'un amour pur et platonique. Il l'aimait farouchement et complètement et il s'est toujours demandé pour quelles raisons. Qu'es-tu devenu, Denitsa ? De tous les regrets qu'il traîne comme un boulet accroché à sa cheville, n'avoir pas réussi à faire sortir la jeune bulgare de sa prison est l'un de ceux qui pèsent le plus lourd. Et puis il y a Zelda. Zelda qui l'intrigue et qui le fascine. Zelda qui peut-être, sans doute, lui rappelle Denitsa. Zelda qu'il faut protéger de son frère et des autres hommes. Zelda qui ne semble être encore qu'une enfant. Zelda qui surtout lui rappelle sa propre personne. « Tu n'as pas froid ? » Mihayl rompt le silence qui s'est installé. « Tu devrais enfiler quelque chose. » ajoute-t-il, mal à l'aise de l'observer ainsi. Il y a quelque chose d'incorrect dans cette situation. Il soupire, pose ses coudes sur ses genoux et passent ses mains sur son visage, le ventre noué aux jours qui s'annoncent. Il se relève et observe la rue grouillante en contrebas par la petite fenêtre de la chambre. « Tu peux dormir si tu veux... » il hésite un instant avant d'ajouter. « J'ai laissé l'argent dans le tiroir de la table de chevet. » Elle a besoin de dormir, et il a besoin d'être couvert, en sécurité dans ce sanctuaire où personne ne peut lui demander des comptes.  


i'm afraid i might die for you
Well you know me with that ancient gaze stripping down with yesterday's eyes. You know me as I was you see me as I will be. And I still had a lot of growing when you took me and you shaped me with those hands. You know me better than myself, make me better than I am


by Wiise


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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Ven 28 Oct - 19:34

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Elle n’ondule plus, Zelda. Si ses gestes restent espiègles - elle a perdu de sa superbe. Débarrassée de ses artifices, elle n’est qu’une gamine de plus qui a grandi trop vite, débarrassée de ses apparats - elle n’est qu’une poupée chiffonnée supplémentaire dans ce temple d’âmes abimées. Elle joue et elle sourit mais le coeur semble ailleurs - autre part - loin sûrement. Le myocarde resté accroché à une aurore boréale, abandonné il y a bien longtemps sur une plaine islandaise. Elle joue et elle sourit parce que c’est là seule façon qu’elle a trouvé pour qu’on cesse de lui poser des questions. Être une coquille vide, courbes graciles et rire délié, corps dévoilé et fantôme muet. Drapée de satin et de dentelles, elle le nargue sans vraiment y croire encore - plus fascinée qu’autre chose devant son désintérêt. Elle n’a que trop l’habitude des mains épousant sans vergogne les contours de son corps - remarque salace sur le bout de la langue et pique enfoncé au fond du coeur. Elle n’y fait même plus attention, Zelda. Hochement de tête devant la violence et larmes ravalées, l’âme anesthésiée d’avoir déjà trop souffert hier. Mais c’est différent avec Mihayl. Jamais ses paumes ne se sont posées sur ses hanches, jamais son souffle n’a ravi sa peau d’un peu de dignité - jamais le désir ne s’est invité au fond de ses yeux gris. Engoncé dans sa cape sombre, il est beau - Mihayl. Elle ne le désire pas, Zelda - pas comme ça. Elle ne désire de toute façon plus personne, poupée dont on a trop usé et abusé que pour qu’elle soit encore capable de vouloir vraiment. Elle ne désire de toute façon plus que lui. Ses cheveux roux et ses traits durs, son rire un peu fou et sa peau laiteuse. Mais il était beau - et l’islandaise était persuadée qu’il avait les traits doux derrière la moue renfrognée qu’il arborait presqu’en permanence lorsqu’il se déplaçait dans le cabaret - la plupart du temps dans l’ombre de Stoyan. La chorégraphie continue de se dérouler sans qu’il n’intervienne, Zelda terminant son numéro par automatisme plus que par conviction.

« Comment va Stoyan ? » une langue ingénue passe sur ses lèvres par réflexe. Elle est plus à l’aise avec le cadet, la danseuse. Elle a depuis le temps appris ses faiblesses, en jouant ostensiblement avec délectation. Il n’est pas gentil - Stoyan. Il est même tout le contraire: le mot désagréable et le point leste - il est probablement celui qui colle le plus aux bruits courant sur les Krum dans leur ensemble, leur prêtant tempérament enflammé et âme rustre. « ça t'intéresse vraiment ? » elle s’éloigne de quelques pas sous le coup de son regard transparent, laissant le peignoir glisser le long de ses formes avec assurance. Non, ça ne l’intéresse pas vraiment. Non, rien ne l’intéresse plus - alors Stoyan ou un autre. Elle se contente d’hausser les épaules d’un air las, un sourire mutin toujours imprimé aux lèvres - relique d’un spectacle trop répété. « Ton frère est plus drôle » assise sur le rebord du lit, jambes croisées et cheveux décoiffés - elle a l’air plus perdue que jamais Zelda. Yeux grands ouverts sur un monde qui tournait sans elle, yeux grands ouverts sur une réalité après laquelle elle avait cessé de courir. Il se débarrasse enfin de sa cape, le bulgare - s’asseyant à l’autre bout du lit. Sa diligence sarcastique fait naître un sourire absent au coin des lèvres de l’étrangères - la douceur amère de ce genre de moment lui tordant toujours le coeur.  « Mon frère n'a aucun respect pour toi et tu le trouves drôle ? » elle hausse les épaules une nouvelle fois, sa peau nue brillant sous les quelques lumières tamisées de l’endroit. Le respect ne faisait pas partie de ses journées, plus maintenant - plus depuis longtemps. Les années étaient passées et avec le temps, l’islandaise s’efforçait de trouver du comique au coeur même du tragique. « Un de plus, un de mois. » souffle t’elle d’un ton si bas qu’il en est presqu’inaudible. Il n’y a pas de tristesse au fond de sa voix cependant, juste un réalisme brutal. Elle a cessé de s’apitoyer sur son sort il y a bien longtemps, la survivante. Elle prétend oublier les blessures de nuit une fois le jour levé - mascarade qui ne trompait pourtant plus personne.

Le silence retombe, étouffant plus que salvateur. Elle est comme figée cette fois, Zelda. Poupée de cire au teint laiteux, poupée brisée - poupée fatiguée. Automate rouillé, nue sur un couvre-lit orné, frissonnante sans main pour venir la couvrir. Vingt-deux hivers fanés sur l’autel d’une pureté qu’elle a perdu il y a bien longtemps. Ils pensent tous qu’en achetant sa virginité, ils s’offrent une Sainte. Madone aux orbes bleus et aux épais cheveux bruns. Femme enfant aux genoux cagneux et aux omoplates saillantes. Sylphide interdite avec ses joues creuses et ses membres déliés. S’ils savaient, au fond - à quel point elle est déjà souillée, Ragnví. Car Joan n’a pas attendu la date fatidique pour monnayer les charmes de sa Zelda - ses sourires énigmatiques bien trop désirables que pour être réellement ignorés. « Tu n'as pas froid ? » les mots se perdent au fond de sa gorge et les syllabes se cognent contre la barrière de la langue. Comment lui dire, qu’elle a tout le temps froid parce que son âme est morte. Elle hoche la tête par la négative par réflexe - elle aime avoir froid, Zelda. Les frissons qui parcourent sa peau lui rappellent les hivers islandais avec nostalgie et elle s’en délecte comme d’un souvenir sucré. « Tu devrais enfiler quelque chose. » il a l’air mal à l’aise, Mihayl. Et si son but était de le provoquer quelques minutes auparavant, elle tremble maintenant devant ses yeux gênés. Il se relève alors qu’elle se recouvre du peignoir - elle ne peut pas faire mieux Zelda que de cacher tant bien que mal ses formes mortes nées derrière un peu de dentelle noire. La rue en contrebas est grouillante de monde - le monde tourne, tourne et tourne sans s’arrêter. Il y a toujours trop de monde dans les rues de Londres. « Il y a toujours trop de monde ici. » lui dit-elle d’un ton plat, conversation futile entre deux oreillers de plume. Ici et ailleurs, ici et partout. Ses phrases sont simples, à l’islandaise - son accent roulant fortement sur son palais alors que même après tant d’années, l’anglais lui parait toujours étranger. C’est probablement pareil, pour le bulgare - pense t’elle fugacement. Peut-être les sonorités de sa langue naturelle lui manquent-elles à lui aussi, peut être le chant du bulgare vient-il égayer les rêves qu’elle imagine triste. « Tu peux dormir si tu veux… J'ai laissé l'argent dans le tiroir de la table de chevet. » elle se rassied sans même y penser, automate vitriolé.

Elle s’étale de tout son long sur le lit encore fumant du souvenir des pêchés, son corps d’enfant plus vulnérable que jamais. Elle n’a pas sommeil, Zelda. Ou plutôt si - mais elle se refuse à s’abandonner au sommeil sans le confort d’une solitude sommaire. Car elle pleure souvent, Ragnví - lorsque le sommeil l’attrape. Faiblesse autorisée mais pas assumée. « Tu comptes rester ? » ce n’est pas du désir qu’il y a entre ses mots mais un espoir enfantin - presqu’innocent. Celui de ne plus être seul pour une minute ou une heure, celui d’oublier pour une seconde ou une semaine le vide déchirant sa poitrine. Elle ne sait pas pourquoi, Zelda. Elle ne sait pas pourquoi sa compagnie lui semble si naturelle. Peut-être parce qu’il a l’air de faire tout aussi semblant qu’elle, peut-être parce qu’il a l’air de souffrir lui aussi. Peut-être parce que les êtres brisés recherchent naturellement la compagnie d’autres jouets fêlés.


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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Ven 11 Nov - 18:20

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Il ne veut pas qu'elle se vende encore, Zelda. Pas parce qu'il est jaloux, pas parce qu'il la veut absolument pour lui. Mais parce que ce n'est encore qu'une enfant, sacrifiée sur l'hôtel du profit. Il y a trop de fragilité dans son regard et surtout trop de pureté dans son âme. Il ne connaît pas son âge. Il ne lui a jamais demandé. Il n'a jamais voulu savoir. Il a toujours craint la réponse, quelque part. Il ne veut pas qu'elle se vende, parce qu'il a peur pour elle. Il a peur de l'homme qui aura ce privilège. Il sait que c'est inévitable, sans doute bientôt. Il aimerait pouvoir empêcher une telle chose d'arriver, tout en sachant qu'il n'en a pas le pouvoir. Il espère seulement que ce sera doux. Mais il connaît les hommes, et il en doute. Il y a trop d'orages dans le regard de l'islandaise. Il y a trop de démons qui semblent l'étouffer. La jeune femme ne mérite que d'être heureuse, au bras d'un homme droit qui la traiterait comme une princesse. Quelqu'un qu'elle aimerait, pour qui son cœur froid se remettrait à battre peu à peu. Mais Mihayl sait. Il sait bien, lui, qu'on est jamais libre d'aimer qui on veut.

Les réponses de Zelda sont dépourvues de vie et de toute authenticité. Ce n'est qu'un discours bien rôdé, des réparties là pour la protéger, pour provoquer. Il observe son visage fragile, Mihayl, et il se demande quand a-t-elle était sincère avec un homme pour la dernière fois. Il pense à la vraie sincérité, Mihayl. Celle qui vient du cœur, celle avec laquelle on a pas besoin de réfléchir pour pouvoir formuler sa réponse. Celle que lui aussi ne connaît que trop peu. Celle avec laquelle il aimerait s'exprimer davantage. Celle qu'il enterre bien trop souvent. Parce que s'il est bien souvent franc et qu'il dit ce qu'il pense, Mihayl, ce n'est jamais lorsque ça le concerne. Quand c'est le cas, il se cache derrière ses faux semblants.

« Un de plus, un de moins. » Les mots de la jeune femme sont presque inaudibles, mais il les entend comme si elle les avait hurlé à son oreille. Assommant. Il exhale silencieusement un soupir douloureux et accroche son regard sur le visage de la jeune femme. Plus que les mots – qui sont déjà lourd de sens – c'est le ton avec lequel ils ont été prononcés qui bouleverse Mihayl. Qui le terrifie. Il semble n'y avoir aucune tristesse, aucune révolte, aucun regret dans ces paroles. Mihayl n'entend que de l'acceptation et de la résignation. De la lassitude, aussi. Comme si elle n'avait que faire de sa situation. Plus aucune envie de lutter. Ça lui tord le ventre. Il la regarde et ça lui serre le cœur. Une innocence piétiné devant ses yeux. Il ne sait pas quoi répondre, Mihayl. Ça l'attriste autant que ça le met en colère. Contre elle, contre lui-même, contre tous les autres aussi. « Ce n'est pas correct Zelda…. Ce n'est pas correct. » lâche-t-il faiblement et avec maladresse dans le silence ambiant, sans trop savoir à qui s'adresse véritablement ces mots.

Elle finit par enfiler un peignoir. Ça soulage Mihayl. Un peu. Il se relève, attiré par la fenêtre et la population en contrebas. Les petites rues grouillent de monde. Ça le rend parfois nerveux, Mihayl. Il n'a jamais trop apprécié ça. Comme un écho de ses propres pensées, la voix de Zelda résonne dans la petite chambre de l'établissement. « Il y a toujours trop de monde ici. » Il hoche la tête silencieusement pendant quelques secondes, le regard s'arrachant à la rue pour venir se poser de nouveau sur la jeune femme. Il a le cœur gros, Mihayl, de penser à la Bulgarie. Les années ont beau passer, il a toujours l'impression d'être un peu un étranger dans ce pays. Parfois, il n'arrive plus à trouver un mot en bulgare, et ça l'effraie. C'est son essence, ça fait parti de lui. Et l'oublier au profit d'une langue qu'il n'apprécie pas vraiment, c'est douloureux. « C'est parfois étouffant...» ajoute-t-il simplement en guise de confirmation.

Elle le touche, Zelda, et il lui conseille de dormir un peu. Il a payé le prix fort et il sait qu'on ne viendra pas les embêter pendant un moment. Et s'il fait ça pour l'islandaise, il fait aussi ça pour lui, très égoïstement. Il a besoin de calme. Il a besoin de se retrouver. « Tu comptes rester ? » Il relève le regard sur elle, un peu surpris. Il ne sait pas vraiment s'il serait resté jusqu'au bout, de crainte sans doute que rester inoccupé ne l'étouffe au bout d'un moment. Car quand il ne fait rien, Mihayl, il se torture l'esprit, les pensées noires abimant son âme.

Il finit par se débarrasser de son manteau, Mihayl, comme résigné ; puis de le poser sur la chaise qui trône dans un coin de la pièce. Sans réfléchir, ses pas le mènent jusqu'au lit sur lequel il s'allonge de tout son long.  Le regard rivé au plafond, il ne dit rien pendant un moment, cherchant un rythme de respiration lent et calme pour se tranquilliser. Il pense à Desislav, et un voile tombe sur ses yeux. Il ferme aussitôt les paupières. Il se languit de ses baisers et de ses mains. Il se languit de ses sourires et de son souffle contre sa peau. Il aimerait le rejoindre, cette nuit-là. Mais il est fatigué, Mihayl, et il a peur de ne pas être à la hauteur. Il a peur de se mettre à paniquer, il a peur de lui avouer de but en blanc ses fiançailles. Il ne veut jamais les lui annoncer. Il exhale un soupir légèrement tremblant qu'il ne se rappelle pas avoir retenu. Il a le cœur lourd des coupables. Il tourne la tête vers Zelda, rouvre les yeux et la détaille du regard pendant quelques secondes. « Je peux rester. Si tu le souhaites. »

Il ne sait pas ce qui le pousse à vouloir se confier à elle, Mihayl. Ce n'est qu'une fille de joie. Ce n'est qu'une femme pauvre et perdue qu'il ne connaît pas. Il y en a des centaines comme elle. Mais c'est elle qui lui donne envie d'être lui-même. C'est elle avec laquelle il n'a pas tant peur que ça de parler. C'est son histoire qu'il voudrait connaître. C'est elle qu'il veut aider. Mais il ne veut pas la faire fuir ou la mettre en colère, comme Denitsa. « Tu as mangé ? Je peux aller demander quelques chose. » finit-il par demander après quelques secondes. Elle a le corps fragile. Il laisse le temps passer, Mihayl. Il laisse les secondes s’égrener une à une, sans rien dire. Il ne les voit pas passer. Il a trop d'anxiété dans la poitrine, le Krum.

« Qu'est ce que tu fais Zelda ? » Il marque une pause et reformule. « Quand c'est trop étouffant? » La question est aussi peu sûre que son propriétaire dont la langue se délie sans qu'il ne l'ait invitée et dont les yeux se lèvent de nouveau vers le plafond vide de la pièce. Mais à cet instant la chambre à des allures de sanctuaire.  


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Sang :  Mêlé. Presque pure mais déjà trop souillée.
Allégeance :  La poupée s'aligne sur qui l'étouffe - Zelda se laisse aller au milieu du contexte actuel, penchant vers les Mangemorts par commodité.
Profession :  Danseuse, l'écran de fumée ondule et se réinvente pour qui désire la voir. Prostituée, la luxure au creux des cuisses.
Ancienne école :  "La vie" aurait-elle pu répondre.

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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Dim 13 Nov - 22:56

scars to your beautiful
zelda gnýrsdóttir & mihayl krum


Elle connait les hommes par coeur, Zelda. Elle n’a jamais gémi entre les draps d’un homme mais déjà, elle les connait par coeur. Elle connait leurs regards emplis de désir, elle connait leurs mains avis et les soubresauts de leurs estomacs. Elle n’en a jamais vraiment connu et déjà elle est blasée - lasse des plaisirs de la chair avant même d’y avoir goûté. Parce qu’elle sait déjà comment les choses se dérouleront, la poupée qu’on s’apprête à souiller encore un peu plus. Parce qu’elle sait déjà que ça sera sûrement brutal et dénué de sens, parce qu’elle sait déjà que c’est le désir qui animera leurs gestes et non l’amour. Elle a souvent le coeur qui se serre, Ragnví lorsqu’elle s’autorise à penser à l’amour. Oh, elle a déjà été amoureuse, l’islandaise. Une seule fois. Une seule fois et ça lui a suffit, le goût amer du rejet encore imprimé sur le bout de la langue. L’amour transformé en rancoeur, l’amour transformé en haine au fil des mois et des numéros. La silhouette d’Ingvar, noire et cruelle, s’invitant parfois au creux de ses cauchemars. Ca lui avait fait du bien au début, à Zelda, de plaire. Elle avait des rêves plein les paumes et la fierté plein les yeux. Mais les jours étaient passés, les mois s’étaient fanés et petit à petit le désir des hommes était devenu indésirable. Et puis il y avait eu Daniel. Daniel et ses cheveux roux, Daniel et ses yeux durs, Daniel et son rire glacial - Daniel. Elle n’avait pas encore conscience de l’aimer, pas vraiment, mais déjà elle savait. Qu’au bout du chemin n’attendait pas une vie bien rangée mais des larmes et que déjà dans un coin les nornes ricanaient en choeur. « Ce n'est pas correct Zelda…. Ce n'est pas correct. » - elle hausse les épaules alors qu’elle relève les yeux vers lui. « Mais c’est comme ça. » asséné avec résignation, son corps frêle frissonnant doucement sous les bougies. Elle enfile un peignoir sur ses formes graciles à la va vite parce qu’elle n’a plus envie de jouer. Ce n’est plus drôle et à cet instant précis, la danseuse voudrait juste disparaître. A cet instant précis, elle ne veut plus qu’on la regarde. Mais il ne la regarde jamais vraiment, Mihayl. Elle le sait, elle le sent. Elle en est certaine, qu’il ne la désirera jamais. Elle ne sait pas pourquoi et elle s’en fiche, se contentant d’admirer la clarté de ses yeux gris et la contrariété des commissures de ses lèvres - se contenant de profiter des heures offertes loin des yeux et des mains des hommes. En cela, il lui donne déjà plus que les autres, Mihayl.

La silhouette du bulgare se glisse jusqu’à la fenêtre et si, au début, Zelda le suit des yeux - ses orbes se perdent quelque part entre les draperies opulentes et le vide. Il lui répond mais elle l’entend à peine, paupières fermées et l'âme à des kilomètres - loin, très loin sous un ciel sans étoiles. « Tu comptes rester ? » les mots lui échappent et elle en est elle-même surprise. Il paraît surpris également, le Krum. Elle s’étend de tout son long sur les draps, les cheveux étalés autour de sa silhouette malicieuse, genoux et coudes cagneux oubliés, cachés pour une minute ou une heure sous les dentelles foncées. Elle a le coeur éteint, Zelda. Elle a le coeur éteint mais elle a pourtant les larmes au bord des yeux. D’être trop seule, trop perdue, trop jeune, trop tout et assez de rien en même temps. Elle attend sa réponse, perdue entre la lassitude d’un rejet de plus et l’espoir secret qu’il ne vienne s’allonger à ses côtés. Elle serait bien incapable d’expliquer pourquoi. Elle serait bien incapable d’expliquer pourquoi elle voudrait tant qu’il reste, pourquoi elle a presque besoin qu’il ne reste. Ou plutôt si, elle voudrait juste un ami, Zelda. Quelqu’un à qui parler sans arrières pensées, quelqu’un avec qui sourire sans peur, quelqu’un pour partager une nuit innocente et avec qui voyager un moment. Quelqu’un avec autant de fissures qu’elle, quelqu’un dont les yeux sont aussi transparents que les siens - quelqu’un dont l’âme est brisée elle aussi. Et alors qu’il se débarrasse de son long manteau noir, c’est un maigre sourire qui éclaire l’espace d’une seconde les lippes de l’islandaise. Elle ne sera pas seule ce soir. C’est une bien maigre consolation mais cela suffit à réchauffer un instant son coeur gelé. Il s’allonge à ses côtés et le silence retombe. Elle ferme les yeux, Zelda et ses jambes sont lourdes. Fatiguées d’avoir trop dansé, poupée tournant sur elle-même sur un air de jazz, ses bras frais encore de ne jamais être assez couverts. Et si elle paraît inaccessible sous le feu des projecteurs, les lumières tamisées et la musique sublimant son corps de sylphide - elle est transformée, là, allongée sur ce lit. Il n’y a plus rien de la femme dans ses traits et elle ressemble juste à une enfant grimée. A une gosse qui veut imiter les grands, à une gamine qu’on a déjà trop utilisée. Minuscule entre les draps de soie.  

Elle se demande à quoi il peut bien penser. Elle se demande ce qui peut bien danser derrière ses paupières closes. Elle se demande qui peut bien faire battre son coeur. Probablement est-ce un amour impossible. Il a les billes fatiguées de ceux qui souffrent de ne pas pouvoir aimer vraiment. Il a les gestes las de ceux qui sont exténués de trop faire semblant. Le silence cotonneux est rompu par un soupir légèrement tremblant. Elle rouvre difficilement les paupières, lourdes - si lourdes - pour celle qui compte ses dernières forces. « Je peux rester. Si tu le souhaites. » ses lèvres tressaillent un instant et ses yeux brillent de satisfaction. Elle ne sera pas seule, pas tout de suite. Car au coeur de la solitude l’attendent ses démons, crocs dehors et parures dorées. Flocons de neige souillés d’hémoglobine et sa vie éparpillée. Il y a trop d’horreurs au creux de ses silences et trop de tristesses dans ses ténèbres. L’Opium comme seule solution la plupart des soirs pour les garder à l’écart, bien maigre barrage contre les pires fléaux. « Tu as mangé ? Je peux aller demander quelques chose. » elle roule avec un sourire enfantin aux lèvres, les jambes remontées contre sa poitrine menue, le menton appuyé contre sa paume. Elle a abandonné ses artifices, Zelda. Et c’est Ragnví qui fixe le bulgare. C’est Ragnví qui hoche doucement la tête par la négative. Elle n’a plus jamais faim, la danseuse. Son appétit mort avec la joie, l’estomac noué au coeur. Elle se force tout de même à sourire, doucement. Parce qu’elle ne sourit jamais vraiment, Zelda, lorsqu’elle ne joue pas. Lorsque la fille de joie s’évanouit et que la poupée brisée apparaît - elle ne sourit plus, Zelda. Parce que ses mimiques ne sont qu’illusion, écran de fumée derrière lequel elle s’échappe, filante et trop souvent oubliée. « Non merci… » souffle t’elle entre ses lippes serrées - « (…) c’est gentil. » et elle le pense vraiment. Elle n’a pas la fierté impétueuse de Denitsa, Zelda. Elle n’a pas la fierté flamboyante de celles qui croient encore en elles. Elle n’a pas la rage bruyante de celles qui n’ont pas encore perdu espoir. Elle n’a que l’abnégation des laissées pour compte.

« Qu'est ce que tu fais Zelda ? » elle hausse un sourcil, pas sûre vraiment de comprendre où il voudrait en venir. « Quand c'est trop étouffant? » son corps retombe sur le matelas, ses paumes s’emparant d’un coussin comme pour s’occuper les mains. « Je… » elle cherche ses mots alors qu’elle se met elle aussi à fixer le plafond. Elle s’efface, voilà ce qu’elle aimerait lui dire. Elle s’oublie. Elle disparaît dans le regard des autres, elle revêt le masque d’une autre. Elle aimerait lui dire que Zelda est son sanctuaire et sa malédiction à la fois. Elle aimerait lui dire qu’elle ne s’enfuit pourtant jamais vraiment et que la douleur est toujours là - quelque part. Inaccessible et pourtant si vive. Effacée parfois derrière les opiacés mais toujours latente. Elle aimerait lui dire qu'on échappe jamais vraiment à ses démons, peut importe le temps et la distance. Elle aimerait lui dire qu’elle regrette, parfois, les terres d’Islande et ce malgré le sang les ayant teintées de misères. Elle aimerait lui dire tout ça mais les mots se bousculent et les syllabes s’étouffent au creux de la fatigue. Alors elle se tourne lentement sur le côté, posant la tête sur sa paume alors qu’elle le regarde vraiment pour la première fois. Car elle l’observe souvent à la dérobée, les traits de son visage souvent cachés dans l'ombre de Stoyan. Stoyan et ses mains brutes, Stoyan et sa peau douce et ses mots forts. Stoyan qui parle peu mais fort. Stoyan qui ressemble tant à son frère et qui en est pourtant si éloigné. Elle l’impression de regarder deux faces d’une même pièce, la privilégiée. Ses lèvres se tordent alors qu'elle cherche en vain une réponse qu'elle n'a pas. Les mots se transformant en murmure lorsqu’ils franchissent enfin la barrière rougie de ses lippes - « Je deviens quelqu'un d’autre. » elle n’a jamais été aussi franche avec quiconque, Zelda. Il y a une brèche au fond de ses yeux gris qui la pousse à se livrer, peut être pas totalement mais au moins un petit peu. Il y a trop de larmes refoulées derrière son cristallin que pour qu’elle ne puisse cacher vraiment sa propre tristesse. Parce que si elle a peur de ses failles, Mihayl semble terrorisé par les siennes. « Je deviens Zelda. » ça veut tout dire et rien à la fois. C’est déchirant de vérité et ça tord le coeur, parce qu'elle est tout le temps Zelda, Ragnví. Parce qu’elle n'a plus le loisir d'être innocente, parce qu'elle ne le veut plus. Il y a trop de monstres au fond de l'âme de Ragnví. Celle de Zelda est vide. L'espace et le néant. Être et ne pas être.

Elle ne sait pas pourquoi elle pose sa tête sur son épaule. Il n’y a aucune luxure au fond de ses gestes alors que ses longs cheveux bruns viennent chatouiller son menton. « Pourquoi ? » se risque t’elle à murmurer dans le silence de la chambre pourtant habituellement si animée. « Comment tu fais, toi ? » parce qu'il ne fait aucun doute qu’il étouffe lui aussi, Mihayl. C’est imprimé partout sur son visage, ça se lit entre ses gestes, c’est crié - hurlé - au fond du moindre de ses mots. Elle a de la peine pour lui, Zelda, en ce moment précis. Parce qu’elle ne souhaite le malheur à personne, la poupée. Parce qu’il semble trop bon, au fond, que pour mériter les peines qu’il n’endure. Elle ferme de nouveau les yeux alors que le rythme lent de son coeur résonne comme la plus pure des berceuses. Zelda et ses yeux immenses, Zelda et la provocation chevillée au coeur - Ragnví et ses pleurs et ses peurs. Zelda qui vit la nuit et Ragnví qui a pourtant peur du noir (le vrai, celui qui enveloppe et frisonne dans le silence).


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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Dim 12 Fév - 17:30

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La chambre a des allures de sanctuaire malgré le souvenir de tous les péchés des hommes l'ayant visité avant lui flottant dans l'air. Elle a des allures de sanctuaire car Zelda, elle, est pure. Zelda n'a pas de méchanceté au fond de son âme, mais Mihayl se demande s'il reste seulement quelque chose. Parce qu'elle semble usée, Zelda. Usée par une vie qu'elle n'avait assurément pas choisi, usée par les hommes et leurs envies obscènes. Elle semble déjà brisée Zelda, alors même qu'elle est encore vierge, et Mihayl craint que le fil ténu la tenant à la vie ne se casse une fois qu'elle serait vendue au plus offrant. Ça le met hors de lui Mihayl, mais il ne peut pas y faire grand-chose. Quelque part, l'est-elle réellement encore, vierge ? Elle est déjà souillée, même sans l'acte. Souillée par les gestes irrespectueux, souillée par les insultes vulgaires, souillé par l'haleine fétide des rustres. On l'a déjà violé Zelda, plus d'une fois. Cela fait des années qu'on viole son innocence, à Zelda. Des années qu'elle subit sans rien dire Zelda, victime de son sang, victime d'être une femme sans statut. « Je peux rester. Si tu le souhaites. » Les mots franchissent la barrière de ses lèvres sans qu'il n'y réfléchisse réellement. Parce qu'elle lui fait de la peine Zelda, et qu'il veut la protéger un peu plus longtemps encore. Zelda semble déjà brisée et pourtant Mihayl ne rate pas la lueur qui s'allume dans son regard à sa réponse. Et ça lui réchauffe un peu le cœur, Mihayl. Ça lui donne l'impression de faire quelque chose de bien, pour une fois. Ça lui réchauffe le cœur aussi parce que c'est la première fois qu'il voit une telle lueur dans les yeux de Zelda. C'est la première fois qu'il aperçoit quelque chose de si sincère chez elle. Parce qu'elle joue toujours un rôle, Zelda, et Mihayl l'a bien compris. Il l'a bien compris parce qu'il fait la même chose. Tous les deux prétendent pour survivre, et sa situation à lui est plus désirable que la sienne bien sûr, il en est conscient Mihayl, et il tâche de garder conscience de sa place privilégiée dans la société tous les jours, mais les faits sont là : Zelda et Mihayl sont chacun aux yeux du monde un protagoniste qu'ils perfectionnent chaque jour pour se préserver.

C'est sans doute cette lueur dans le regard autrement éteint de Zelda qui pousse Mihayl à lui demander si elle souhaite qu'il lui ramène à manger. Il ne se serait pas permis de poser la question dans d'autres circonstances, de crainte qu'elle ne réagisse comme sa chère Denitsa, révoltée oubliée en Bulgarie qu'il a abandonnée. Ça lui serre le cœur Mihayl, d'y repenser, et il commence à se renfermer de nouveau, mais il y a un sourire qui éclaire faiblement le visage de la jeune femme à ses côtés, et le bulgare chasse Denitsa de ses pensées. Le sourire de Zelda semble illuminer la pièce. Pourtant, c'est un sourire forcé. Mais Mihayl devine. Mihayl sait que ce n'est plus réellement la Zelda de la main au chaudron qui lui fait face. Mihayl sait que ce sourire, bien qu'il soit une épreuve pour sa propriétaire, appartient à la réelle personne derrière l’aguicheuse. Elle secoue la tête et refuse, Zelda, et la vulnérabilité que perçoit Mihayl dans sa voix, dans ses mots – qui lui font comprendre qu'on ne lui offre jamais rien – et dans sa position le bouleverse. Il reste silencieux pendant un moment et relève le regard vers le plafond, la gorge soudainement serrée. A cet instant, elle lui fait penser à Desislav. Desislav et sa douceur inégalée, Desislav qui se sent obligé de toujours le remercier, Desislav lui aussi brisé par la vie qui subit ce que cette dernière lui impose. Desislav qui le subit, lui. Desislav qui devrait être libre mais qui se retrouve esclave. Il ferme les paupières, la douleur dans le cœur de vivre cette situation qui lui donne le vertige. Plus d'une fois, il a pensé à se séparer de Desislav, Mihayl. De rompre leur contrat de lié et de garant. Mais il ne l'a jamais fait et il ne le fera jamais. Parce que Desislav pourrait se retrouver dans une famille bien plus cruelle. Parce que Desislav ne lui pardonnerait jamais. Et surtout, parce que Mihayl ne supporterait pas son absence. Jamais. Pour toute la honte et la souffrance que lui apporte la relation, elle est paradoxalement ce à quoi il se raccroche quand tout autour de lui tout semble s'effondrer.

« Qu'est ce que tu fais Zelda ?… Quand c'est trop étouffant? » parvient-il à articuler avant que l'angoisse ne l'étouffe trop, avant qu'il ne se mette à paniquer. Il ne la regarde pas Mihayl, son regard résolument fixé sur les aspérités du plafond, conscient de la fragilité de sa voix. Conscient de son âme à nu qu'il vient de déposer aux pieds de la jeune femme. Il ne sait pas pourquoi il se livre ainsi Mihayl. Zelda commence à se répondre, mais se tait presque aussitôt, et le silence qui suit son amorce d'explication s'allonge et s'abat lourdement sur les épaules de Mihayl, semblant lui faire comprendre qu'il n'y en aucune, de réponse acceptable. Qu'il n'y en a aucune, de solution viable. Qu'il n'y en aucune, de rédemption. Il sent son regard sur elle, et soudain l'oxygène semble se raréfier. Il sent son rythme cardiaque s'accélérer sous la peur et manque d'ouvrir la bouche pour faire en sorte d'effacer ses dernières paroles ; mais c'est la voix de Zelda qui rompt le silence et le calme.  « Je deviens quelqu'un d’autre. »

Ce n'est pas vraiment la réponse qu'il attendait, Mihayl. Mais comment tu fais lorsque devenir quelqu'un d'autre est trop étouffant ? Voudrait-il demander sans que la question ne soit prononcée. Parce qu'il le sait, déjà, qu'elle ne saura rien lui répondre. « Je deviens Zelda. » Zelda, muse des hommes qui leur renvoie ce qu'ils veulent voir. Zelda qui cache la vérité. Il s'interroge, Mihayl. Il s'interroge à propos de cette âme qui se cache derrière Zelda. Il se doute que ce n'est pas son vrai prénom Mihayl, et ses propos semblent le confirmer, mais pour autant il ne demande rien, respectueux des protections érigées par Zelda autour de son double, autour de son actrice. Un prénom est trop précieux et il ne pense pas être assez méritant pour le connaître. Il aimerait avoir un autre nom Mihayl, parce qu'il est trop difficile d'être Mihayl aux yeux du monde et Mihayl aussi aux yeux de Desislav. La frontière est trop ténue et il craint qu'elle ne se brise. Elle pose sa tête sur son épaule avec innocence, et il exhale un soupir, ébranlé, son rythme cardiaque s'accélérant. Ce n'est pas qu'il est attiré par elle. Ce n'est pas qu'il a des sentiments pour elle. Ce n'est pas qu'il a peur. Il ferme les yeux de nouveau et régule sa respiration. C'est que Mihayl n'a jamais connu un geste aussi tendre et innocent d'une femme depuis les bras de sa mère. Il relève les yeux au plafond, lueur vacillante dans ses yeux gris. C'est loin d'être sa mère Zelda, mais il y a la même pureté dans le geste. Ou peut-être simplement Mihayl y voit-il ce qu'il a besoin de ressentir. Une absence de jugement. Un abandon.  «Pourquoi ? Comment tu fais, toi ? » La question est murmurée dans la pièce et Mihayl sent bien qu'elle ose tout juste la poser. Ce n'est qu'équité.

Il ne sait pas comment lui répondre et hausse simplement les épaules dans un premier temps. Il ne sait pas trop comment il fait, lui, justement, c'est pour ça qu'il lui posait la question. Il n'a pas trop envie de lui répondre, Mihayl, mais il sait déjà qu'il va le faire, simplement parce qu'il en a besoin. Il pousse un soupire et sans trop y réfléchir, dépose une main avec précaution sur la chevelure de la jeune femme. C'est hésitant mais bienveillant. Les cheveux de Zelda sont doux sous ses doigts, et Mihayl s'interroge un instant sur l'âge de l'enfant dans ses bras.

« Je fuis. » Il ne sait pas combien de temps il est resté silencieux Mihayl et entendre sa propre voix lui paraît soudainement étrange, surtout à entendre la vérité honteuse dans la chambre. « Je fais comme si je n'avais rien à me reprocher.» Il déglutit et ferme les yeux. « Je deviens le fils de mon père. » avoue-il à demi-mots. Il aimerait lui parler de Desislav à Zelda, Mihayl, mais le danger est trop sérieux, et il se tait. Il se tourne légèrement pour l'avoir davantage contre lui, resserrant doucement l'étreinte sans en faire une prison mais plutôt un refuge. D'un sortilège informulé, il remonte une couverture sur le corps frêle de la jeune femme et plonge son regard dans le sien. Merci, semble-t-il dire.


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Profession :  Danseuse, l'écran de fumée ondule et se réinvente pour qui désire la voir. Prostituée, la luxure au creux des cuisses.
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MessageSujet: Re: Scars to your beautiful (Zeldayl)   Ven 17 Fév - 12:56

La poupée serait bien incapable d’expliquer ce qui la pousse à rechercher la présence du bulgare. Ce n’est pas du désir, non. La danseuse connaît par coeur les désirs des hommes et il n’y a rien de cela au fond des yeux gris de Mihayl. La comédie se fane pour quelques instants, le masque se fissure et - là, au coin de ses yeux - c’est le visage de Ragnví qui sourit. Marionnette de chiffon, les orbes de l’Islandaise sont fatiguées. Et si ses lèvres esquissent un rare sourire sincère, son coeur pleure sans s’arrêter. Parce que le palpitant de la femme enfant ne sait plus comment battre autrement que dans la douleur, parce que derrière ses gestes lents suinte encore trop d’opium. Parce que derrière le léger tremblement de ses doigts se cache l’attente des vapeurs opiacées. Elle a parfois l’impression de vivre sous l’eau, Zelda. Le monde est lointain, distant. Le monde n’existe pas vraiment. Le monde est flou. L’aguicheuse n’a pas pour habitude de se voir offrir quoi que ce soit. Tout a toujours un prix, entre les murs viciés du cabaret. Alors, l’éthérée secoue le menton et refuse la proposition du Krum de quelques mots soufflés d’entre ses lippes rougies. Son corps tombe sur le matelas avec la légèreté des plumes, le sommeil soudain pressant derrière ses paupières. « Qu'est ce que tu fais Zelda ?… Quand c'est trop étouffant? » Elle fixe le plafond, comme si les réponses à ses questions allaient y apparaître, écrites à l’encre de son sang et des larmes. Ils ne se regardent pas, les étrangers. Allongés sur le dos, la respiration bloquée au fond de la gorge - les deux comédiens cherchent leurs mots. Les deux comédiens cherchent la clé de leur coeur, eux qui sont pourtant tant habitués à en ignorer les hurlements affolés. Elle soupire, la danseuse. Elle soupire parce que les syllabes s’échappent et que c’est l’Islande qui se presse contre son palais. Elle commence à répondre, s’interrompt et le silence retombe. La poupée ne sait pas quoi dire ni quels mots utiliser pour traduire les fissures déchirant son âme. Tous semblent trop faibles, tous semblent trop beaux que pour parler des ténèbres. « Je deviens quelqu'un d’autre. Je deviens Zelda. », Zelda l’écran de fumée - Zelda, l’échappatoire. Zelda, la malédiction.


Si les premières années, ces cinq lettres avaient des allures de comédie, Ragnví s’est peu à peu perdue. Etouffée derrière la honte dans un premier temps, accablée de lassitude par la suite. La vie tourne, la vie se hâte et Zelda en oublie de vivre. Le coeur en cage et le corps profané. Les lambeaux d’une innocence piétinée encore rouges sous ses ongles. La vie au cabaret est confortable par bien des aspects, loin de la misère froide des pavés de Reykjavik. Mais bien souvent, la sorcière se demande si le prix en vaut vraiment la peine. La beauté de son pays natal lui manque et son coeur se tord de nostalgie alors qu’une larme solitaire s’échappe de ses mers azur - emportant avec elle un peu du noir encerclant ses orbes. Elle finit par poser sa tête sur son épaule, mécaniquement - sans même y penser. Parce que cette étreinte innocente a quelque chose de naturel, de doux. Parce qu’elle aimerait pouvoir, même un peu, apaiser les orages faisant rage au fond du regard du Krum. Elle se blottit contre lui, ses yeux fermés contre la peau de son cou. Derrière ses paupières closes, c’est sa vie qui défile - c’est sa vie qui brûle encore et encore.  « Pourquoi ? Comment tu fais, toi ? » - requête murmurée depuis les abysses.

Les épaules du sang-pur se haussent légèrement et, pendant un instant, la marionnette pense que c’est là tout ce à quoi elle aura droit. La main de Mihayl se pose dans ses cheveux et Zelda frissonne sous ses doigts. Pas qu’elle le désire - elle ne désire plus personne, au fond - mais parce qu’elle n’a pas souvenir d’avoir un jour été touchée avec autant de bienveillance. Trop jeune lors de l’accident que pour se souvenir des tendresses parentales, l’orpheline n’avait pour souvenir de ses parents que les images de leur sang souillant la neige. Le prénom du père en patronyme comme pour ne jamais oublier. « Je fuis. » - ses yeux s’ouvrent de nouveau au son de sa voix, les orbes ensorcelées alors qu’elle se rapproche un peu plus encore. « Je fais comme si je n'avais rien à me reprocher. Je deviens le fils de mon père. », pendant un bref instant - Zelda se demande ce que ça fait. D'être la fille de quelqu'un. Il passe un bras autour de son corps fin et les couvertures remontent. Elle voudrait encore parler, Zelda. Car même si chaque mot est un véritable coup de poignard au creux de son palpitant déjà exsangue, chaque mot est également du baume sur les plaies de Ragnví. Car à force de se taire, la danseuse a parfois peur que sa moitié ne meurt pour de bon. Car à force de détourner le regard, la danseuse a trop souvent peur de ne plus avoir que Zelda.

Les couvertures remontées jusqu'au menton, Zelda voudrait encore parler. Et pourtant, les mots se dérobent sous le sommeil qui se fait pressant sous ses yeux. Ses doigts se serrent à ceux de Mihayl alors qu'elle se laisse tout doucement glisser dans la nuit, ses mains d'enfant blotties au creux de celles de l'homme à ses côtés. C'est dans dans un murmure qu'elle se sent partir rejoindre les nornes,  « Ce n'est pas si grave que ça, tu sais. » une pause de quelques secondes alors qu'elle marmonne -  « Ce n'être pas si grave d'avoir des choses à se reprocher. » car Zelda porte ses erreurs imprimées sur sa peau. Car Zelda s'est trompée bien trop de fois. Car les errances de l'Islandaise lui ont couté Ragnví. Car c'est là tout ce qu'elle veut lui dire, au final. Elle ne le connaît pas vraiment, Mihayl mais la douceur de ses gestes ne trompe pas celle qui connaît déjà trop bien les hommes.

Même s'il pense avoir le coeur flétri, il y a trop d'amour au fond de ses yeux. Pas pour elle. Un amour impossible, un amour qui fait mal.


broken doll.
Their tears are filling up their glasses. No expression, no expression. Hide my head, I wanna drown my sorrow, No tomorrow, no tomorrow.
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Scars to your beautiful (Zeldayl)
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