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 If I ain't got you (Desayl - flashback)

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Âge :  Vingt six ans (1er juillet), vingt six chandelles qui ont déjà marqué son coeur et son corps de trop de cicatrices.
Sang :  Sang de bourbe, né moldu,.. ce ne sont pas les qualificatifs qui manquent pour décrire cette tare qui le réduit en esclavage. Il ne pourra jamais prétendre à plus, il ne pourra plus jamais prétendre à rien de par ce sang qui souille ses veines depuis la naissance.
Allégeance :  Desislav ne croit en rien et en aucun leader. Mais il croit encore en l'amour, Desislav. En l'amour de Mihayl. Alors il a décidé de le suivre, où le Krum ira - le lié suivra.
Profession :  Fidèle serviteur des Krum, il endosse tour à tour les rôles de majordome, assistant et domestique. C'est là tout ce qu'il se verra jamais offrir.
Ancienne école :  Aucune. Magie faible.

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MessageSujet: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Jeu 10 Nov - 23:30

If I ain't got you
mihayl krum & desislav stonyanov


Après les évènements de la place Claremont, la vie avait repris sa course habituelle. La rune était restée fidèlement accrochée au col de sa veste, le régime de Grindelwald était resté inébranlable et bientôt - l’exécution ne fut plus qu’un cauchemar parmi d’autres. Le seul souvenir tangible de cette après-midi funeste présenté sous la forme d’une énième cicatrice barrant à présent tout le haut de son épaule droite. Le sortilège avait laissé derrière lui une trace d’abord rougeâtre mais maintenant blanchâtre, un stigmate de plus sur son corps déjà marqué par tant d’horreurs. La trace indélébile d’une guerre de plus, un conflit - encore un, pour venir meurtrir son âme. La rébellion avait gagné de l’aplomb ces derniers temps, les rebelles plus confiants que jamais. Les murmures se faisaient pressants et certains parlaient déjà d’une nouvelle aube. Desislav était loin d’être aussi confiant et, à vrai dire, il avait cessé de penser à l’avenir il y a de ça déjà bien longtemps. Ses perspectives résumées à la nuit prochaine, ses perspectives limitées au lever du soleil. Les seules fois où il se prenait à s’abandonner à des rêveries utopistes, c’est la silhouette de Mihayl qui se dessinait à ses côtés. Elle se détachait sur un lever de soleil glorieux, elle se détachait sur une journée qui commençait sans aucun au-revoir. Un sourire - ce sourire si rare et si beau - habitait les lèvres de l’amant alors que sa paume était logée au creux de la sienne, paillettes au fond des yeux et un amour assumé sur le bout des lèvres. Oh, c’était impossible bien sûr. Et Desislav faisait tout pour ne pas trop y penser, son coeur se fissurant un peu plus à chaque fois qu’il se laissait aller. Il s’était montré fort, comme toujours, Desislav - à leur retour au manoir. Il avait serré les dents et avait assuré qu’il allait bien. Il avait évité le regard de Mihayl pour ne pas que ce dernier puisse y lire la douleur et le désespoir, il avait baissé les yeux lorsque le sang pur était venu se glisser entre ses draps, il avait oublié aussi quelques instants lorsque leurs soupirs s’étaient faits plus pressants. Il avait oublié et puis il s’était souvenu, les souvenirs moroses et l’âme émue devant la grandeur du crépuscule. Les temps étaient bien sombres, ils l’avaient toujours été mais faire l’autruche devenait de plus en plus douloureux. Il aurait voulu s’effacer, le né moldu. S’effacer de ce monde qui attendait de lui qu’il réagisse, s’effacer de cette société qui attendait de lui qu’il ne se révolte devant les injustices dont il était victime. S’échapper, juste pour quelques heures, d’un carcan qui le laissait sans mots et avec trop de larmes. Car si beaucoup voyait son manque de réaction face au régime bulgare comme de l’acceptation, les choses n’auraient pu être différente. Chaque jour passé avec cette rune épinglée sur la poitrine était un jour de plus passé avec un lame au fond du coeur, chaque minute passée sous le signe de la servitude était un coup de poing supplémentaire. Mais le bulgare n’avait plus la force ni l’envie de hurler. Il était bien plus facile d’encaisser, enfermé dans un silence résigné et avec l’abnégation des martyrs au fond des yeux, que d’avoir le courage de tout risquer. Alors il gardait les paupières closes, le palpitant pansé à l’occasion par les baisers de son amant.

Le jour était levé depuis quelques heures déjà, et les heures tiraient dangereusement vers midi. La nuit avait comme à son habitude été douce, placée sous le signe du secret et du plaisir. La lune s’était imposée une fois de plus comme la garante de leurs secrets, l’aube venant mettre terme aux rêves et aux espoirs. Car si, la beauté des ténèbres permettait aux amants de s’amants de s’aimer - leurs coeurs, eux, ne cessaient jamais de battre le même rythme. C’était une longue agonie adoucie par des sourires polis et des oeillades volées. C’était une longue agonie teintée de délice par la commissure d’une lèvre tressaillante ou par des paupières frissonnantes encore du souvenir de la nuit écoulée. Cette après-midi, le né moldu était censé se rendre en ville pour effectuer quelques courses pour les Krum et c’est donc avec un empressement las qu’il s’était mis en quête de sa rune. Il était pourtant persuadé l’avoir laissé sur le rebord de la commode la veille lorsqu’il s’était changé, calée entre deux bouquins - soucieux de ne pas mettre Mihayl mal à l’aise. Il était persuadé de l’y avoir déposée et pourtant, elle était bel et bien introuvable. Et si au début, ses gestes étaient lents et désintéressés, il avait maintenant - environ dix minutes après les débuts des recherches - le coeur au bord des lèvres et les mains tremblantes. Cette rune, aussi lourde soit-elle de sens et de tristesse, était son passeport vers l’extérieur. Assis sur le rebord du lit, le front entre les paumes, le bulgare tentait tant bien que mal de calmer son myocarde tambourinant. La tête lui tournait légèrement sous l’effet d’une panique amère, et c’est à l’aide de longues respiration qu’il tentait vainement de retrouver des souvenirs qui s’évertuaient à lui échapper. Peut être l’avait-il changé de place hier soir, avant l’arrivée du sang-pur ? Peut être l’avait-il pour une fois, posé ailleurs dans la chambre ? Non. Il en avait la certitude chevillée autour de l’âme: c’était bien sur la commode qu’il l’avait cachée.

Replaçant une mèche de cheveux roux derrière ses oreilles, il se remit à la recherche de la rune perdue, la tête dans le coton et le fond des billes inquiet. Après presqu’une demi-heure, il lui fallut se rendre à l’évidence: elle n'était pas dans la petite chambre. Ni dans les tiroirs, ni dans les taies d’oreiller, ni sous le lit ni même derrière les rideaux. Nul part. Volatilisée. Evanouie la liberté factice, évanouie la honte. Il avait souvent pensé avec amertume à l’abandonner, Desislav. Feindre l’avoir égarée, feindre l’avoir oubliée - juste pour pouvoir un jour, goûter de nouveau à la vie sans regards de biais. Pour se souvenir, juste pour quelques secondes, du goût de l’innocence. Dans un soupir résigné, il lissa le revers d’un pull de laine et se baissa pour terminer de lasser ses chaussures - bien désigné à trouver Mihayl. Non pas pour lui voler un baiser ou lui exposer ses peines mais pour l’avertir, en tant que lié. Le coeur serré de démérite et d’appréhension.  

C’est dans le salon que Desislav trouva le bulgare aux yeux gris, occupé entre deux papiers. C’est un sourire qui éclaira rapidement les lèvres du rouquin en le découvrant comme ça: le front plissé entre deux parchemins, des lunettes posées sur le nez et une main accrochée aux quelques mèches blondes ornant sa nuque. De profil, il ne semblait pas avoir remarqué le lié attendant dans l’entrebâillement de la porte. Et bien vite, le ravissement disparut des traits de Desislav, se rappelant brutalement aussi bien la raison de sa présence dans le grand salon des Krum. La journée, Mihayl n’était plus l’amant. La journée, Mihayl n’avait plus le droit d’être celui dont la moindre des caresses affolait à l’extrême son palpitant énamouré. Non, la journée, l’aîné des Krum était exactement ça. Un héritier. Homme aux épaules courbées par le poids des responsabilités. Et si Desislav aurait rêvé de pouvoir effacer la ride contrariée barrant son front du bout de ses doigts ou de la chaleur de ses lèvres, il savait pertinemment que cela ne serait jamais possible. Un jour - lointain, très lointain se força douloureusement à penser Desislav - peut être trouverait il une femme à ses côtés. Un enfant sur ses genoux et plus un regard pour l’homme de l’ombre. Effacé dans les affres du temps, amour de jeunesse relégué au second plan - loin, loin derrière l’honneur. Les mains tordues de gêne, c’est d’un raclement de gorge délicat qu’il signala sa présence le plus doucement possible. Comme pour ne pas le déranger, comme - presque - pour que peut être il ne l’entende pas. Pour que ce cauchemar ne commence pas, pour que le soleil ne soit pas perturbé par la nuit, pas encore. Mais le bulgare releva la tête, visiblement perturbé par la présence de son amant ici et maintenant. Esquissant un sourire mal à l’aise, ses mers noisettes fuyantes sous le gris d’acier - « Je… » il perd ses mots alors qu’il cherche la meilleure façon d’exposer son problème. Sans se plaindre. Jamais. « J’allais sortir faire quelques courses - mais je ne peux pas trouver ma rune... » la fin de la phrase s’est transformée en murmure. Les mots étouffés au fond de sa gorge alors que juste les prononcer lui fait mal.  

Il passe une main malaisée dans ses cheveux alors qu’il s’évertue à ne pas regarder son garant. Il sait qu’il n’aime pas ça, Mihayl, être responsable de lui. Il sait que la mort d’Aleksandar a tout changé et que se retrouvé son lié a été difficile à supporter pour l’amant. Alors ils en parlent le moins possible. A vrai dire, ils n’en parlent jamais. Et lorsque le sujet est abordé, c’est toujours à demi mots. C’est toujours les yeux baissés et le coeur en bandoulière - lorsque le sujet est abordé c’est à coup de murmures et de soupirs, jamais directement. Jamais dans la lumière crue de la fin de matinée, jamais comme ça. Mais il n’a pas le choix, Desislav. Plus maintenant. Il a besoin de mettre la main sur sa rune, et vite. Alors il hausse les épaules avec tristesse, ses lippes se détirant momentanément pour souffler un « Je suis désolé… » étouffant d’affliction. Car c’est probablement sa faute, car il devrait faire plus attention à ses affaires. « Je ne voulais pas te déranger mais j’en ai besoin. » - en bulgare cette fois-ci car l’anglais lui venait encore difficilement en cas de crise. Car au milieu de l’affront, il avait comme ce besoin de se raccrocher à quelque chose de connu.


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Mihayl Krum
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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Lun 14 Nov - 19:54

je suis un gros boulet bis @@


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Dernière édition par Mihayl Krum le Mer 11 Jan - 23:31, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Ven 25 Nov - 17:23

If I ain't got you
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Pendant de longues minutes, il l’observe. Il l’observe comme il a rarement le loisir de le voir, concentré, lunettes remontées sur le nez et cheveux flous. Le front plissé de concentration avec le bruissement des parchemins sur lesquels on gratte comme unique mélodie. Il l’observe d'un regard débarrassé de gêne, profitant de ces quelques instants privilégiés de contemplation. C’est si rare. L’amant se dérobe habituellement sous ses regards baignés d’amour. Plus encore, c’était l’ivresse de voir son corps baigné de lumière qui lui serrait le coeur. Il était rare qu’il ne voit Mihayl la journée. Il savait très bien qu’il l'évitait, Desislav. Alors il se faisait fantôme durant le jour, donnant autant d’espace que possible au sang-pur. De l’espace pour lui se faire à l’idée de leur relation, de l’espace pour se construire. De l’espace pour se reconstruire. De l’espace malgré les semaines, les mois et les années. S’il y avait bien une chose que Desislav savait comment faire: c’était se rendre invisible. Attendre, tapi dans un éclair de ténèbres. Mais les minutes se fanent et la raison de sa présence le rattrape, le tremblement de ses paumes faisant écho à son raclement de gorge peu assuré. Ses poignets se tordent alors qu'il s’appuie dans l’entrebâillement de la porte -  « Je… J’allais sortir faire quelques courses - mais je ne peux pas trouver ma rune... » les mots lui écorchent la gorge et se bloquent derrière sa glotte. Ils heurtent sa langue avec une violence qui lui fait baisser les yeux, au lié. Parce que parler de sa rune est toujours un rappel - cuisant et imprimé au fer rouge sur sa peau opaline - de sa condition. De ce que Mihayl est durant le jour. De ce qu’ils sont durant le jour. Rien et tout à la fois, le plaisir et la honte. Mais il ne lui semble pas avoir le choix, Desislav, et ce même si les mots lui coûtent. Et à peine à t’il asséné le mot rune de sa voix hésitante que déjà il peut voir une lueur s’éteindre au fond des yeux du bulgare. L’exacte lueur qu’il aurait voulu garder en vie quelques minutes de plus, l’exacte lueur qu’il aurait voulu savoir comment protéger même sous la lumière du jour.

Il bredouille des excuses, se perdant entre l’utile et la gêne, « Ne t'excuse pas Desislav. » Il hausse un sourcil interdit alors que ses doigts se referment doucement autour de la laine de son pull. Ses yeux sont toujours fixés sur le sol et c’est un sourire rêveur qui prend place à la commissure de ses lippes. Il a des paniers d’excuses sur le bout des lèvres, Desislav. Il passe ses nuits à s’excuser d’une caresse ou d’un baiser. Il passe ses soirées à s’excuser vainement d’être différent, de le faire souffrir d’une façon ou d’une autre. Il passe sa vie à s’excuser au creux de son cou, s’excuser de ne pas pouvoir rendre tout cela plus facile. « C'est moi qui l'ai... » et la lueur amusée de ses yeux disparaît alors qu’il relève sur le sang pur des orbes perdues. Les mots résonnent et pourtant, il n’en saisit pas immédiatement le sens. C’est moi qui l’ai. Tout est dit mais le sens se perd entre les battements de son coeur qui s’agite. Il le fixe, les sourcils légèrement froncés alors que l’amant s’empresse de sortir la rune d’un tiroir. Il ne la touche pas, Desislav, lorsque Mihayl la pose devant lui. Il n’y jette même pas le moindre coup d’oeil, fasciné soudain par le visage du sang pur. Il ôte ses lunettes d’un geste gêné et le né moldu le suit du regard, billes perplexes et lèvres légèrement entrouvertes. Mais l’amant plonge ses yeux dans les siens et bientôt tout retrouve du sens. Tout ce qu’il ne peut pas dire à haute voix est là, écrit sur le fond de ses yeux. Tout ce qu’il ne peut pas dire - par peur ou par honte, Desislav n’est jamais vraiment sûr - est là, à portée de regard. C’est clair et ça lui serre le coeur. Ca lui serre le coeur parce qu’il aimerait pouvoir lui dire que tout sera un jour différent, qu’il y a des solutions à leur amour. Ca lui serre le coeur et les mots se bloquent au fond de sa gorge parce qu’il sait, au fond, que les prononcer serait mentir. Alors à la place ses lèvres s’étirent en un sourire sincère, bien conscient que c’est là bien peu lui offrir. Le Krum fait mine de se rasseoir à son bureau, plume déjà entre les doigts. La main de Desislav se pose sur sa rune, instinctivement, le coeur dans les talons que la conversation se finisse aussi rapidement. Il y a trop de questions sur le bout de ses lèvres - pourquoi - et trop de peur au fond de son âme - ne me quitte jamais.

Mais Mihayl se ravise et après un moment d’hésitation, il se remet à parler - sa voix résonnant encore et toujours comme la plus belle des chansons. « Tu n'as plus besoin de la porter ici. » il ne peut masquer la lueur étonnée de ses pupilles - « Je ne veux plus que tu la portes ici. » il baisse de nouveau les yeux, Desislav. Il voudrait parfois avoir plus de répondant pout pouvoir, enfin, lui exprimer tout les mots que crient - non, hurlent - son coeur. Il voudrait savoir comment lui dire ses peines et ses forces, il voudrait savoir comment lui dire merci tout simplement. « … Tu n'es pas obligé de la porter dehors aussi si tu n'en a pas envie. Si tu as des problèmes… je m'en occuperai. » la respiration du né moldu se bloque au fond de sa poitrine et la tête lui tourne soudainement alors que ses doigts relâchent une nouvelle fois la rune rouge. Il ne veut pas lui causer d’ennui et il sait déjà qu’il ne le fera. La rune cessera d’orner le col de ses vêtements dans le sanctuaire du manoir mais, jamais, il n’aura le courage de braver le régime en dehors de la chaleur rassurante de ses regards dérobés. Il ne veut pas qu’il ait à s’occuper de ses ennuis. Il ne veut pas lui causer plus de soucis qu’il n’en a déjà, l’inquiétude si souvent marquée sur le visage du Krum suffisant déjà à ses peines. Il sait qu’il ne le fera pas mais rien que de l’entendre prononcer ces quelques mots est un cadeau qui lui semble bien suffisante. « Excuse moi je ne voulais pas t'angoisser. »

La suite est rapide et par dessus tout instinctive. Il sait qu’ils sont seuls, Desislav. Il vient de parcourir la demeure à la recherche de son fardeau, il est passé par chaque pièce et par chaque recoin. Il sait qu’à part quelques elfes de maison dans les cuisines, tout le monde est sorti. Alors il s’avance rapidement, laissant la rune derrière lui comme on se débarrasse d'un cauchemar au réveil, et il rejoint l’amant - ses doigts s’entourant autour de ses poignets et ses lèvres se pressant contre les siennes. Le baiser ne dure pas longtemps et déjà Desislav s’éloigne de quelques pas. A vrai dire il ne sait pas vraiment pourquoi il vient d’agir de la sorte. C’était essentiel. C’était comme leur tout premier baiser, dans les cuisines du manoir - il y a de ça déjà si longtemps. Quelques secondes brèves mais se suffisant à elle-mêmes dans la passion qu’elles suffisaient à faire naître au fond de leurs yeux. Il sait que c’est risqué, le né moldu. Et c’est pour ça qu’il s’éloigne promptement, parce que ce n’est ni le moment ni l’instant de se laisser aller à une caresse de trop. Il ne sait pas exactement pourquoi il l’a embrassé, Desislav. Il sait juste qu’il en avait besoin. Et avant que sa main ne finisse par lâcher la peau de Mihayl, c’est un « Merci… » faible et hésitant qui s’échappe de ses lippes rosies. Il pense un instant à s'excuser mais il ravale les désolé qui se pressent au fond de sa gorge avec application, les billes rivées sur le bois du sol.

Merci, encore et toujours. Merci, parce que ça suffisait à résumer les battement affolés de son palpitant. Merci, comme une évidence. Merci parce qu'il a l'impression que tout s'apprête à changer. Merci parce qu'il ne sait toujours pas quelle sera sa place demain, dans une semaine ou dans un an. Merci, tout simplement.


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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Mer 11 Jan - 23:31

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Il y avait une question latente dans l'esprit de Mihayl qui ne le quittait jamais. Une question dont il craignait plus que tout la réponse. Une question qui le gardait éveillé tard dans la nuit. Quand est ce que Desislav allait se lasser de lui ? Parce que ça allait arriver, ce n'était qu'une question de temps. Quand déciderait-il qu'il en avait marre d'attendre quelqu'un d'ingrat comme Mihayl ? De donner sans cesse mais de ne jamais recevoir ? D'être le seul à ne pas voir quelque chose de honteux à cacher dans leur union ? Dans l'obscurité de la nuit, le sang pur avait souvent l'impression de s'étouffer quand il y pensait, l'idée lui tordant le ventre et venant s'immiscer jusque dans ses rêves.  Desislav n'était que bonté et gentillesse. Il ne se plaignait jamais. Il ne lui reprochait jamais rien. Et Mihayl, même s'il remerciait Merlin que quelqu'un d'aussi pur et aux antipodes de sa personnalité veuille de lui, ça le rendait malade. Il était tellement furieux contre lui-même parfois qu'il voudrait que Desislav se mette en colère. Il voudrait qu'il ne se laisse pas traiter de la sorte.

Il était bien commun pour les garants des rangs de Grindelwald d'user de leurs liées. Les histoires – ou plutôt rumeurs vu que c'était officiellement interdit – qui traînaient traitaient en effet bien souvent de jeunes femmes nées moldues abusées par leurs garants pour assouvir leurs pulsions. C'était terrible, et horriblement répréhensible, mais c'était une pratique tolérée – entendu par là que jamais une plainte officiellement remplie par une liée avait abouti. Tout était toujours étouffé. Tout le système était corrompu, bien sûr. Évidemment que le viol et la négligence étaient des crimes reconnus et condamnables mais la hiérarchie du sang primait apparemment sur une quelconque humanité… Mettre un sang pur en prison à cause d'une personne qui lui était inférieure, par Merlin, quelle idée. Mihayl, ça le révoltait, malgré son allégeance. Il était de toute façon de plus en plus paradoxale avec ses idées plus les mois passaient. Mais il avait beau se dire qu'au moins il n'était pas un de ces pourris et que jamais il ne se comporterait de la sorte, finalement… ne tirait-il pas avantage de la situation ? Ne profitait-il pas de Desislav à ses dépends ? Bien sûr que c'est ce qu'il faisait. Il ne valait pas mieux qu'un autre ...


    Desislav se penche et dépose ses lèvres sur les siennes. Au grand jour. Ses paupières se ferment, c'est instinctif. Et pourtant, son sang ne fait qu'un tour alors que tous ses muscles se tendent brusquement. Desislav l'embrasse hors du sanctuaire, et c'est aussi doux que douloureux. Aussi voulu que rejeté. Mais à ce bureau, il est patriarche et leader des Krum. Fervent défenseur de Grindelwald. Soucieux des traditions et des bonnes mœurs. Fier de son sang et de sa supériorité. Aussi vite, Desislav s'éloigne au moment où il s'apprête à le repousser. Il se lève brusquement. « ne refais jamais ça.  » demande ordonne-t-il brusquement dans un sifflement, froid et impérieux, un frisson glacial dégringolant le long de sa colonne vertébrale. La mâchoire contractée, il cherche à calmer son rythme cardiaque qui s'est emballé sous la panique.


… Sauf que lui… Il l'aimait. Il l'aimait plus qu'il n'avait jamais aimé personne. Et d'ailleurs, ce n'était pas qu'une expression, mais la vérité. Mihayl n'avait jamais aimé personne avant Desislav, même s'il n'utilisait jamais ce verbe dans ses pensées consciemment. Il n'avait rien demandé, ça lui était tombé dessus et oui souvent il aurait préféré que cela n'arrive jamais… mais il l'aimait. Il l'aimait avec une passion qui lui tordait les entrailles. Il l'aimait et il aimait penser que leur relation, bien qu'impie, était pure. Mihayl n'utilisait pas Desislav pour assouvir ses pulsions. Mihayl ne forçait pas Desislav. Mihayl espérait que son amant ne se sente jamais obligé de faire quoique ce soit lorsqu'il était avec lui. Par Merlin, Mihayl accepterait de tirer un trait sur une quelconque relation charnelle avec lui pour prouver qu'il n'était pas un monstre. Qu'il n'abusait pas de sa position. Parfois, dans les ténèbres de ses incertitudes, le sang pur était hanté par une seule idée : Arrivait-il à Desislav d'avoir peur de lui ?

La surprise passée, c'est la culpabilité qui habite son regard après la colère devant son amant désemparé. Pardonne-moi, semble-t-il hurler. Encore. Un peu désespérément, il franchit l'espace qui les sépare, et agrippe les poignets de Desislav. Pendant une seconde, il plonge son regard dans le sien sans rien faire. Pourquoi tu n'es pas encore parti, Desislav ? Pourquoi est ce que tu t'obstines à vouloir me rendre meilleur ? Je suis une mauvaise personne. Je serai toujours une mauvaise personne. Ne t'obstines pas à vouloir faire d'un corbeau sinistre une douce colombe.

Presqu'aussitôt, ils transplanent.

Il ne décroche pas un mot, Mihayl, alors qu'il pose son front contre celui de son amant, les yeux fermés – il n'ose plus le regarder – avant de presque aussitôt enfouir son visage dans le creux du cou gracile, les bras serrant le corps fragile contre lui. « Je suis désolé. » Sa plainte est presque étouffée par le vent qui siffle avec humeur ; et ils sont complètement seuls, mais la forêt est un sanctuaire qui le rassure. Les arbres centenaires témoins de leur union. Il peut presque s'imaginer en Bulgarie. Il voudrait rompre l'étreinte et s'expliquer davantage, Mihayl, mais déjà il n'arrive pas à s'y résoudre et ensuite il n'a pas d'excuses. Alors il se contente de le serrer plus fort encore. « Je n'aurais jamais dû te parler comme ça. Tu n'as rien fait de mal. Tu vaux bien plus qu'une rune rouge. Tu n'es pas inférieur à quiconque. Je t'- » il se rattrape de justesse au moment où il s'apprête à lui dire je t'aime, et la réalisation le cloue d'effroi. Il se met à trembler brusquement et s'agrippe davantage à l'homme dans ses bras avec le désespoir des condamnés. Il n'est pas prêt pour réaliser ça. Il l'est encore moins pour l'assumer pleinement. Et le dire… il ne peut pas. Pas alors qu'il s'apprête à se fiancer à une jeune femme de bonne famille. Il s'affaisse davantage. « Je ne suis pas une bonne personne Desi. »


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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Ven 13 Jan - 15:41

If I ain't got you
mihayl krum & desislav stonyanov


Il n’avait jamais considéré avoir eu le choix, Desislav. Et ce n’était pas Mihayl qui lui forçait la main, mais son coeur qui s’était emballé à la seconde où il avait aperçu le sang pur. Depuis ce jour là, Desislav n’avait jamais cessé de se sentir obligé. Obligé de l’aimer un peu plus chaque jour. Obligé de le désirer un peu plus à chaque seconde. Obligé d’apaiser ses peurs aussi délicatement que possible. Esclave d’un palpitant qui avait, lui, choisi d’aimer toujours plus fort. Esclave d’une histoire qui décorait ses nuits et illuminait ses yeux. Prisonnier d’un palpitant qui battait enfin de nouveau. Les sourires du bulgare étaient les plus belles des récompenses, ses caresses étaient, elles, les plus délicieuses des offrandes. Le Krum était loin d’être parfait, évidemment. Ils étaient si différents, Mihayl et Desislav - que ce dernier se demandait parfois quel drôle de coup du sort avait fait se croiser leurs destinées. Un coup du sort qui le laissait parfois interdit mais jamais déçu. Jamais. Parce que si Mihayl avait parfois bercé ses nuits de larmes silencieuses, l’éclat gris de ses yeux suffisait à tout effacer. La gomme de ses caresses passées sur les trop nombreuses ratures de son coeur. Il avait donné son âme au Krum, Desislav. Sans rien en attendre en retour, sans rien espérer en rétribution. Il avait sacrifié son coeur pour la douceur sucrée de sa peau. Et il n’avait jamais regardé en arrière une seule fois. Pas même quand l’absence de Mihayl se faisait sentir sur ses épaules, pas même lorsque les larmes se pressaient derrière ses paupières. Surtout pas alors que son myocarde battait à tout rompre derrière ses tempes. Il n’avait jamais pensé que cela serait facile, Desisval, non. Loin de là. Il y avait toujours eu trop de douleur au fond des yeux de Mihayl, trop de non-dits autour de son âme. Dès les premiers moments de leur relation, le né moldu avait su. Que le chemin serait tortueux. Que des montagnes restaient encore à gravir. Que de nombreux obstacles se tenaient encore devant eux, que de nombreux obstacles se tiendraient toujours devant eux. Il avait renoncé à la facilité au moment même où ses lèvres avaient trouvées les siennes pour la première fois. C’était sa première histoire d’amour, sa seule histoire d’amour. Son adolescence gâchée sur un champ de bataille. Il n’avait jamais connu que Mihayl, Desislav. Les contours de son visage imprimés sur le fond de ses rétines, l’odeur du creux de son cou à jamais sous sa peau.

Il ne sait pas pourquoi il l’embrasse, Desislav. Il ne sait pas pourquoi il prend le risque de l’embrasser ici et maintenant. A vrai dire il n’a pas réfléchi avant de poser ses lèvres sur le siennes. C’est instinctif. Ses paupières se ferment comme par réflexe et son coeur chute au niveau de ses talons. Il a peur, Desislav. Pas de Mihayl - jamais de Mihayl - mais de la lumière du jour. De tout ce qu’elle représente et de tout ce qu’elle interdit. Il a peur, Desislav - parce qu’il a conscience d’avoir franchi une ligne invisible. Il n’en ont jamais vraiment parlé mais tout dans la réaction de Mihayl le crie: leurs étreintes doivent rester filles de la nuit. Il s’éloigne comme s’il avait senti la tension dans les muscles de l’amant, reculant de quelques pas - une vague d’excuses se pressant à la lisière de ses lèvres rougies. « ne refais jamais ça. » - un pas de plus en arrière alors que ses yeux se fracturent un peu. Un frisson court le long de la colonne du né moldu, ses doigts se serrant impulsivement autour de la manche de son pull. Il ne sait pas ce qu’il attendait, Desislav. Il ne sait plus. Le temps s’est perdu au détour de ses lippes et le rouquin ne parvient qu’à baisser les yeux. Les traits tendus alors que son coeur a presque cessé de battre. Il a apprit à vivre avec la sensation glaciale du doute, le né moldu. Mais rien ne l’avait cependant préparé au sifflement impérieux de Mihayl et - sûrement - ses yeux sont-ils trop expressifs. Très probablement l’amant peut-il y voir son coeur qui se fissure se dessiner. Il ne sait pas quoi faire de ses mains alors il les enfonce au fond de ses poches, se mordant légèrement la lèvre inférieure. Gêné. Il voudrait partir, Desislav, à vrai dire. Fuir la colère et la culpabilité de Mihayl, prendre le temps de ravaler les larmes qui tapissent sa gorge et serrent son coeur. Mais il reste. Planté, droit comme un I alors qu’il s’efforce de soutenir le regard gris du Krum. Il ne veut pas fuir, Desislav. L’amour de Mihayl est une bataille permanente mais c’est aux yeux du né moldu la plus belle des causes. Car il était arrivé chez les Krum brisé, l’âme déchirée en lambeaux pour la guerre - le coeur désolé de la disparition de ce qui avait toujours été sa vie. Car il était arrivé chez les Krum par faute de mieux, car il était arrivé chez les Krum parce que le monde des moldus n’avait plus rien à lui offrir. Et qu’au plein milieu d’un couloir désert, il avait trouvé une nouvelle raison de vivre. Parce qu’au détour d’un sourire, la vie avait peu à peu retrouvé ses couleurs - toutes nuancées du gris acier de ses yeux. Sans le savoir, Mihayl avait sauvé Desislav de bien des manières. Malgré ses trop nombreux doutes, malgré ses maladresses, malgré ses défauts. Il lui avait donné quelque chose en quoi croire. L’espoir de jours meilleurs, aussi utopiques soient-ils. Eux. Il lui avait confié quelque chose à protéger. Et depuis ce premier moment lorsque ses doigts avaient effleurés les siens à leur arrivée en Angleterre, Desislav n’avait cessé de relever le menton. S’affirmant souvent sous les soupirs de son amant, apaisant ses peurs et balayant momentanément ses doutes.

Mihayl s’approche, les orbes ornées d’un sentiment que Desislav ne lit que trop souvent sur son visage: la culpabilité. Il pourrait dessiner le froncement de ses sourcils les yeux fermés, l’épris. Il cherche son pardon, Mihayl - sans même se rendre compte qu’il n’y a pas de place au fond du coeur de Desislav pour lui en vouloir. Son amour prend trop de place, étouffant et probablement malsain. Il est tout bonnement incapable de lui tenir rigueur de quoi que ce soit, Desislav. Et même lorsque son myocarde se retrouvait exsangue de ne plus vraiment savoir comment battre - son âme toute entière se consumait encore et toujours de passion. Ses mains attrapent ses poignets et son coeur semble se déplacer pour venir battre sous ses doigts. Le silence est étouffant et lourd, bien loin des silences sucrés accompagnant leurs respirations saccadées. Le silence est insidieux et coupant. Bien loin des silences ornés de rires étouffés. Les doigts de Desislav se referment autour des avant-bras de Desislav alors qu’ils transplanent, le né moldu masquant une grimace alors que ses pieds retrouvent de nouveau la sensation de la terre ferme. Il déteste transplaner, le bulgare. Ca lui retourne l’estomac et ça lui donne le mal de mer, le monde autour de lui mettant quelques secondes à se stabiliser de nouveau.

Ses lèvres sont serrées alors que sa respiration reprend peu à peu un rythme normal, ses doigts toujours serrés autour des avant-bras de Mihayl. Le front de l’amant vient se poser contre le sien alors que le silence est maintenant entrecoupé du bruit du vent dans les cimes des arbres. Il ne prend pas encore le temps de détaille son environnement, le né moldu et il n’a aucune idée de s’ils se trouvent en Angleterre ou en Bulgarie. Le vert de la forêt est enivrant et le chant des oiseaux est complimenté par le bruit lointain d’une rivière. Le visage du sang pur glisse le long de sa joue pour venir s’enfouir au creux de son cou, une des mains du rouquin glissant instinctivement le long de son bras pour venir se glisser dans son cou - le bout de ses doigts s’enroulant autour d’une mèche de cheveux blonds. « Je suis désolé. » - c’est aussi agréable que douloureux et le souffle de Desislav se perd l’espace d’une seconde. Il le sait. Mihayl n’a jamais besoin de le dire. Il ne réclame rien, Desislav. Jamais. A vrai dire, le silence ne le dérange plus et il aimerait que Mihayl ne dise rien d’autre. Il resserre un peu plus sa prise autour de ses avant-bras alors que la brise d’hiver fait voler autour de leurs visages quelques mèches de cheveux. La peau de son pouce caresses la naissance de son cou avec tendresse. Il aimerait lui dire tant de choses, Desislav. Il aimerait lui jurer que tout cela n’a pas d’importance, il aimerait lui promettre que tout ira mieux demain. Mais il ne sait pas mentir et il est bien forcé de se rendre à l’évidence: il n’a aucune idée de ce dont sera fait demain. Le futur est flou et s’efface sous ses doigts. Il aimerait trouver les mots pour pouvoir le rassurer de façon permanente. Mais les silences de Desislav sont souvent tout aussi éloquents que ses mots, ses yeux teintant l’absence de syllabes d’émotions. Son nez touche le sien alors qu’il se rapproche encore un peu, l’anonymat de la forêt seul témoin de leur intimité teintée de douleur. « Je n'aurais jamais dû te parler comme ça. Tu n'as rien fait de mal. Tu vaux bien plus qu'une rune rouge. Tu n'es pas inférieur à quiconque. Je t’- » l’espace d’un instant, le coeur de Desislav s’arrête de battre. Car même si Mihayl a étouffé ses derniers mots, leur souvenir n’en est pas moins imprimé tout autour d’eux.

Mihayl tremble entre ses bras et le né moldu resserre un peu plus encore son emprise autour de ses épaules. Les mots se pressent sur son palet mais l’amant ne sait pas lesquels choisir. Tous lui paraissent trop pâles. Aucun ne lui apparaît assez fort que pour exprimer pleinement la cascade qui emplit sa poitrine. Il est prêt à tout perdre Desislav - du moment qu’il lui reste la douceur des gestes de Mihayl. Il a déjà tout perdu, Desislav - au fond. Silhouette flottante se réinventant sous l’amour de l’amant indécis. Il ferme les yeux, Desislav. Il ferme les yeux pour masquer les larmes qui illuminent ses cristallins. Le marron de ses orbes rehaussé de la brillance d’une joie triste. Il sait qu’il n’est pas encore prêt, Mihayl. Alors il le relève systématiquement avec patience, le coeur griffé de toutes parts. Car il n’est pas sûr qu’il soit un jour prêt, Desislav. Et c’est le pire des doutes, monstre déchirant parfois les parois de son coeur dans le silence de la nuit. Il a peur, souvent, Desislav. Peur que Mihayl ne l’accepte jamais vraiment tout à fait. Peur que leur amour soit pour lui source de plus de contrariété que de joie. Source de plus de honte que de plaisir. Il ne veut pas être un poids, Desislav et cette simple pensée lui remplit le coeur d’un vide glacial. « Je ne suis pas une bonne personne Desi. »

La langue de Desislav claque contre son palais alors qu’il s’éloigne de quelques centimètres - à peine à vrai dire. Il s’éloigne juste assez que pour pouvoir plonger son regard dans le sien, une main toujours nichée au creux de ses cheveux. Il voudrait tellement trouver les mots justes pour apaiser son coeur. « Arrête. » le mot est doux, bien trop doux probablement. Il n’y aucun ressentiment, aucune colère au fond de son ton. « Tu n’es pas une mauvaise personne, Mihayl. Jamais. » il secoue légèrement la tête alors qu’il sait déjà que l’amant ne le croira de toute façon pas. « Jamais. » parce que ça le tue qu’il puisse croire une chose pareille. Parce que ça le tue que Mihayl ne voie pas tout ce qu’il voit, lui. Parce qu’il aimerait pouvoir lui montrer, parce qu’il aimerait pouvoir lui faire voir le monde au travers de ses yeux. Juste pour quelques minutes. « Tu n’es pas parfait - » avoue t’il dans un haussement d’épaule « mais personne ne l’est. » moi non plus, je ne le suis pas se retient-il d’ajouter. Il a parfois l’impression que Mihayl l’idéalise, Desislav. Qu’il n’a à sa disposition qu’une partie de l’histoire. Il aimerait parfois lui dire, Desislav - que la guerre n’a pas qu’orné son corps de cicatrices. Il aimerait lui crier toute la douleur des fantômes hantant sa conscience. Il aimerait lui conter les histoires d’horreur derrière les marques blanchâtres barrant ses épaules et son dos. Mais il a peur, Desislav. Peur du recul de l’amant, peur du rejet - peur qu’il ne prenne conscience qu’il ne valait au fond pas beaucoup mieux que les hommes qu’il côtoyait au jour le jour chez les Spanesis. La guerre était peut être autre mais les soldats ne sont-ils pas interchangeables… Il passe un doigt tremblant sur sa joue alors qu’il prend une profonde inspiration - le coeur soudainement stoppé, comme en pause. Le son du chant des oiseaux est tout d’un coup bien plus lointain, le vent sifflant dans la cime des arbres semblant lui parvenir depuis un autre monde. Ses mots presque sous la forme d’un murmure, presque marmonnés tant ils quittent ses lèvres avec appréhension. « Moi je t’aime. Ca n’a pas d’importance pour moi, que tu sois une bonne ou une mauvaise personne, Mihayl. » car il pourrait encore être le pire des monstres que son coeur ne verrait pas la différence.


are you home ?
it feels like everyday stays the same, it's dragging me down, and I can't pull away. so here I go again chasing you down again. why do I do this? over and over, over and over I fall for you.

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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Ven 10 Fév - 19:45

If I ain't got you
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C'est une marée de larmes qui se presse derrière ses paupières farouchement closes, mais Mihayl les ravale. Toujours. On ne pleure pas lorsqu'on est un homme. Encore moins lorsqu'on est un Krum. Pleurer c'est pour les femmes. Pleurer c'est pour les enfants. Pleurer c'est pour les faibles. Mihayl n'est pas faible. Il se lève chaque jour et prétend être quelqu'un qu'il n'est pas. Il rencontre des partenaires commerciaux qu'il n'a pas envie de voir. Il s'assure de briller dans une société qui le voit comme un étranger, pour sa famille et pour faire honneur à son père alors même qu'il aimerait retrouver sa patrie, son manoir dans la campagne bulgare et les rues de son enfance. Surtout, il quitte les bras de l'amant tous les matins pour assumer un rôle dont il n'a pas envie. Mais on ne lui a jamais demandé ce dont il avait envie, à Mihayl. Pire, il ne s'est jamais seulement posé la question. Ce dont il avait envie, c'est ce que Aleksandar voulait. Toute sa vie, elle fut organisée dans la perspective de son leadership de la famille Krum. Tous ses choix, c'est Aleksandar qui les fit. Il n'y avait aucune question à se poser. C'était dans l'ordre des choses. C'était sa destinée. Alors si Mihayl a déjà eu des souhaits, il n'a jamais compris qu'il en avait. Il n'avait pas à en avoir. Il n'éprouvait pas le besoin d'en avoir. Il devait être satisfait de cette vie privilégiée qu'il avait la chance d'avoir. Mais on finit toujours pas ne plus être satisfait de ce que l'on possède. Et Mihayl n'était plus satisfait de sa vie.

Il tremble et s'abandonne dans les bras de son amant. Il tremble parce que s'il parvient à ravaler ses larmes, il n'arrive pas à chasser cette anxiété qui l'étouffe. Il tremble parce que le souvenir de ses derniers mots imprègne l'atmosphère tout autour d'eux. Alors même qu'ils n'ont pas été prononcés, ils résonnent dans l'air comme une sentence. Il aimerait dire quelque chose Mihayl, mais il ne fait pas confiance à sa propre voix. Il aimerait que Desislav dise quelque chose pour chasser le malaise, mais  l'être aimé reste silencieux et se contente de resserrer leur étreinte davantage encore. Perdu dans la tourmente de sa révélation avortée, Mihayl a le ventre qui se noue et le cœur qui martèle sa cage thoracique douloureusement. Contre lui, il peut sentir le rythme cardiaque précipité du rouquin et le mouvement apaisant de sa poitrine qui inspire et expire de l'oxygène. Son souffle saccadé courant sur la nuque de Desislav se calme alors qu'il s'efforce de calquer sa respiration sur la sienne. « Je ne suis pas une bonne personne Desi. » déclare-t-il finalement, ses propos résignés. Parce qu'il faut qu'il le comprenne.

Le claquement de langue de désapprobation de Desislav détonne dans l'atmosphère alors qu'il amorce un mouvement pour s'éloigner. Mihayl se met à paniquer, sentant un sentiment de vide l'envahir aussitôt. Il s'accroche un peu plus à lui, rassuré quand l'amant ne rompt pas leur étreinte, rassuré quand la main logée dans ses cheveux reste à sa place. Ses yeux accrochent les siens et Mihayl se sent mal à l'aise. « Arrête. » Il dévie le regard, incapable de soutenir celui de Desislav longtemps. La voix de son amant est douce, teintée de sa chaleur habituelle lorsque c'est à lui qu'elle s'adresse. Il n'a pas besoin d'entendre la suite Mihayl. Il sait déjà ce qu'il va lui dire et il ne veut pas l'entendre. Il ne veut pas l'entendre parce que c'est faux, parce que Desislav est trop naïf et aveuglé par ce qu'il ressent pour lui, parce que Desislav n'a sans doute jamais été aimé correctement et qu'il ne peut pas savoir que l'amour que lui donne Mihayl n'est pas acceptable. « Tu n’es pas une mauvaise personne, Mihayl. Jamais. » Il secoue imperceptiblement la tête sans rien dire, Mihayl, parce que ça ne sert à rien de discuter. « Jamais. » insiste Desislav. Un sourire sans joie se dessine sur ses lèvres. Le rouquin a la bonté des anges et il est peut être miséricordieux au point de laisser passer tous ses défauts et toutes ses frasques ; au point de faire abstraction de ses fautes ; mais cela ne changera pas ce qu'il est. « Tu n’es pas parfait mais personne ne l’est. » Le sourire s'élargit et se transforme en un petit rire nerveux. Il n'y a pas de haine ou de ressentiment dans ce rire, ni aucune mesquinerie. C'est de lui-même qu'il rit Mihayl, c'est son désespoir qu'il transforme en rire, Mihayl, parce que c'est beaucoup plus facile à assumer ainsi. C'est un mécanisme de défense inutile parce que Desislav ne le connaît que trop bien. Desislav ne comprend pas qu'il n'a aucun défaut si ce n'est une gentillesse poussée à l'extrême. Desislav ne comprend pas que si la perfection avait un nom, elle porterait le sien.

Mais le doigt de l'amant glisse sur sa joue et le rire de Mihayl s'évanouit aussi vite qu'il est apparu, et relève le regard vers lui. Le silence s'étire pendant quelques secondes. Il voit ce qu'il se passe dans les yeux de son amant et l'intensité du moment l'étouffe subitement, immobile, craignant de faire quelque chose qu'il ne faut pas.

« Moi je t’aime. Ça n’a pas d’importance pour moi, que tu sois une bonne ou une mauvaise personne, Mihayl. » Il ne réalise pas que ses doigts l'agrippent un peu plus fort. Il ne réalise pas qu'il a retenu sa respiration jusqu'ici et exhale faiblement alors que dans sa poitrine, son cœur se souvient de battre à nouveau. Les mots résonnent à ses oreilles comme la plus belle des chansons mais aussi un peu comme une condamnation. Il déglutit. Pendant quelques secondes, il détaille les traits du visage de son amant, s'en abreuvant comme si c'était la dernière fois qu'il le voyait.

Il y a beaucoup trop d'amour dans le regard de Mihayl alors qu'il lâche Desislav pour mieux glisser ses doigts dans son cou et dans sa nuque, effleurant de son pouce l'arrête de sa mâchoire et sa joue avec une précaution inégalée. Son autre pouce vient glisser sur les lèvres du né-moldu avec révérence. Un sourire doux éclaire son visage pendant quelques instants avant qu'il ne se penche pour remplacer son pouce de ses lèvres. Il y a tant de détermination dans les propos de Desislav, malgré toutes ses inquiétudes, et Mihayl ça le bouleverse. Il l'embrasse et cette fois c'est toute la nature qui est témoin de leur amour. Il l'embrasse avec une tendresse qu'il ne se connaissait pas. Il rompt le baiser mais reste contre lui, son regard dans le sien, un sourire au coin des lèvres. Il a les mots qui se pressent derrière la barrière de ses lèvres Mihayl, et qui menacent de s'échapper. Mais il ne peut pas les prononcer. Il ne pourra sans doute jamais les prononcer. Alors il l'embrasse encore. Il l'embrasse comme si c'était la dernière fois. Parce que c'est peut être la dernière fois. Les regrets l'assaillent, et il glisse ses bras dans le dos de son amant pour l'attirer contre lui, déposant un baiser sur sa tempe. Il sent les sanglots s'accumuler dans sa gorge. « Je n'aurais jamais dû attendre six ans avant de t'embrasser. » Il a la voix serrée, Mihayl, alors qu'il blâme ces six années qu'il lui a fallu pour faire quelque chose concernant cette attirance latente pour l'homme dans ses bras. Il a bien envie de se défiler, mais son sens du devoir est trop important. « ça devrait Desislav. » Il s'éloigne quelque peu, déposant un dernier baiser sur les lèvres de son amant, remettant en place l'une de ses mèches rebelles, le cœur lourd, tâchant d'imprimer le visage de son amant dans son esprit tant qu'il ne lui veut pas encore.

Parce qu'il y a aussi beaucoup trop de douleur sourde dans le regard de Mihayl alors qu'après un soupir tremblant, il prend une inspiration mal assurée. « ça devrait avoir de l'importance. » Il serre les dents. Un Krum ne pleure pas. Pleurer c'est pour les femmes. Pleurer c'est pour les enfants. Pleurer c'est pour les faibles. Il serre les dents et s'évertue à paraître quelqu'un qu'il n'est pas. À paraître dur et impitoyable, parce que c'est plus simple ainsi. Pour lui et pour Desislav qui pourra le détester plus facilement. « ça devrait parce que je te fais du mal tous les jours. Ça devrait parce que je t'en ferai encore. » Sa voix se brise légèrement et il doit s'arrêter quelques secondes tant l'émotion lui bloque la gorge. Un sourire agacé se dessine sur ses lèvres et il lève un regard exaspéré au ciel, joignant ses mains derrière son dos pour se retenir de ne pas agripper Desislav et le supplier de lui pardonner. Incapable de rester neutre quand il en a vraiment besoin. Il est faible, Mihayl, même s'il essaie de se persuader du contraire. « Je vais me marier Desislav. » Ses yeux le brûlent alors qu'il les pose de nouveau sur son amant, comme un homme.  « Je ne suis pas une bonne personne et il est temps que tu t'en rendes compte.» réitère-t-il, regrettant chacun de ses derniers mots alors qu'il les prononce. Incapable d'ajouter quoique ce soit sans se trahir, il se mure dans le silence.


i'm afraid i might die for you
Well you know me with that ancient gaze stripping down with yesterday's eyes. You know me as I was you see me as I will be. And I still had a lot of growing when you took me and you shaped me with those hands. You know me better than myself, make me better than I am


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Profession :  Fidèle serviteur des Krum, il endosse tour à tour les rôles de majordome, assistant et domestique. C'est là tout ce qu'il se verra jamais offrir.
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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Mar 7 Mar - 0:03

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« Moi je t’aime. Ça n’a pas d’importance pour moi, que tu sois une bonne ou une mauvaise personne, Mihayl. » et son coeur semble avoir oublié comment battre.

Les mots glissent sur le palais du bulgare sans qu’il n’y réfléchisse plus que ça, un je t’aime aussi vrai que douloureux se faufilant entre ses lèvres rougies. A peine l’aveu meurt-il dans le silence que déjà Desislav voudrait l’effacer. Pas parce qu’il ne le pense pas, pas parce qu’il vient de mentir - non, ces trois mots cognent au coeur de sa poitrine depuis bien des années déjà. Mais parce qu’il ne sait pas si Mihayl est prêt à les entendre. Si l’amant est prêt à les accepter pour ce qu’ils sont. Les doigts du sang pur s’agrippent un peu plus à son bras comme s’il avait peur de sombrer et les larmes se pressent au fond des orbes de Desislav, faisant miroiter son regard d’une lueur triste. Je t’aime, crie encore l’air tout autour d’eux. Je t’aime, semblent encore chanter les oiseaux. Je t’aime, semble murmurer la forêt. L’épris a la tête qui tourne et c’est comme de justesse qu’il se souvient de respirer. Prononcer ces trois mots pourtant si simples a quelque chose d’irréel pour Desislav. Il les a si souvent pensés dans la pénombre d’une chambre minuscule. Il les a si souvent prononcés, hurlés, écrits en rêve que les voir prendre forme tient presque de la chimère. Il les connaît par coeur sans jamais les avoir scandés pour autant. Légendes qu’il n’a que trop caressées du bout des doigts. Ce je t’aime n’a rien de banal. C’est un je t’aime interdit, c’est un aveu qui résonne comme un naufrage et qui semble tout effacer sur son passage. 

Desislav se raccroche aux yeux de Mihayl alors celui ci s’éloigne de quelques centimètres. Les paupières du rouquin se ferment alors que les doigts de l’amant courent au creux de son cou. Si son coeur cherchait encore comment battre quelques secondes plus tôt, il tambourine maintenant contre ses tempes. Le pouce du bulgare effleure la coupe de ses lèvres et le né moldu sent sa respiration se couper une fois de plus sous la tendresse de ses caresses. Il a beau avoir les yeux fermés, il devine le sourire éclairant les traits de Mihayl alors que celui-ci remplace son pouce de ses lèvres. Mécaniquement, les doigts de Desislav viennent de nouveau s’accrocher à la naissance de ses cheveux. Autour d’eux, le monde a cessé d’exister. Londres n’a jamais paru aussi lointaine à l’étranger et c’est la Terre toute entière que Mihayl vient de faire taire d’un baiser. L’amant rompt le baiser et la main de Desislav coule le long de la mâchoire de Mihayl, venant à son tour glisser délicatement le long de ses lèvres. L’ange aux yeux gris l’embrasse de nouveau et le monde disparaît de nouveau, le coeur du rouquin se tordant cependant d’un sentiment doux amer. Le baiser a un arrière goût d’éternel, comme s’il était mort avant même d’exister. Comme si c’était le dernier.

« Je n'aurais jamais dû attendre six ans avant de t'embrasser. » - la voix de Mihayl est serrée et ses mots sont teintés de sanglots. Desislav baisse légèrement la tête, fuyant ses orbes grises. Il a peur, le né moldu, de ce qu’il pourrait alors y lire. Le dégoût. Les regrets. La souffrance. L’amour. « ça devrait Desislav. » - c’est un soupir tremblant qui lui sert de ponctuation alors qu’il s’éloigne de lui - « ça devrait avoir de l'importance. » Desislav voudrait lui dire de se taire. De surtout ne rien dire de plus. Il voudrait lui intimer de ne pas aller plus loin, le rassurer d’un baiser, faire en sorte que le monde disparaisse une nouvelle fois. Il a raison, Mihayl. Tout cela devrait avoir de l’importance. Devrait. Car dans les faits, cela n’en a aucune. Dans les faits, le rouquin ne voit même plus les défauts de Mihayl - encaissant entaille après entaille sans pour autant broncher. Il n’y pense même pas, Desislav. La respiration mal assurée du Krum n’annonce rien de bon et, plus que jamais, le né moldu voudrait disparaître. Mal à l’aise, ses poignets se tordent et ses doigts s’emmêlent les uns aux autres d’appréhension.

« Ca devrait parce que je te fais du mal tous les jours. Ça devrait parce que je t'en ferai encore. » Desislav secoue le menton. Il ne veut pas entendre la suite. Parce qu’il devine déjà le reste de la conversation et qu’il refuse d’en entendre plus. Les muscles du né moldu sont raides, figés, alors que la voix de Mihayl se brise une nouvelle fois. Le rouquin peut lire sur le visage de son amant à quel point chaque mot lui coûte et il voudrait effacer la souffrance de ses traits à force de baisers. Le sang pur croise cependant les bras derrière son dos, gratifiant le ciel d’un regard exaspéré. « Je vais me marier Desislav. Je ne suis pas une bonne personne et il est temps que tu t'en rendes compte. » - de toutes les cicatrices barrant son corps, ce sont celles de son coeur qui lui font le plus de mal.  

Sans même s’en rendre compte, Desislav fait quelques pas en arrière, s’asseyant sur un tronc mort - ses doigts s’agrippant aux nervures du bois mécaniquement. La silhouette de Mihayl est lointaine, opaque derrière son coeur qui saigne. Il sait, Desislav, que Mihayl n’a pas le choix. Il l’a toujours su et il n’a jamais eu la prétention d’espérer autre chose. Et pourtant, mis face à l’évidence, il ne peut pas empêcher les larmes de venir se presser derrière ses paupières. C’est à cette certitude que le rouquin se raccroche de toutes ses forces: Mihayl n’a pas le choix. Des fiançailles, un mariage. Des enfants, à terme. Tout ce que Desislav ne pourra jamais lui offrir. Tout ce qui restera toujours hors de leur portée. Une vie normale, une vie sous le soleil et non la lune. Il voudrait dire quelque chose, Desislav. Il voudrait lui dire de ne pas avoir peur, il voudrait lui dire que tout ira bien. Que cela ne change rien, que cela ne changera rien. Mais toutes les certitudes du né moldu tremblent sous le coup de la nouvelle, le rouquin ne pouvant retenir plus longtemps une larme solitaire. L’orpheline ne tarde pas à avoir de la compagnie, les joues pâles du rouquin luisant bientôt de perles silencieuses. Il ne sanglote pas, Desislav. Il aimerait dire quelque chose et pourtant les mots restent bloqués au fond de sa gorge nouée. Il ne sait pas par où commencer, alors c’est un « félicitations. » étouffé qui s’échappe de ses lippes serrées.  

Il voudrait pouvoir trouver les mots pour l’apaiser.

Les pires cauchemars de Desislav semblent à présent vivants, les démons du soldat revenant lui assaillir le coeur avec plus de violence que jamais. C’est une paume tremblante que le né moldu porte à son visage, essuyant toute trace de sa faiblesse du bout de ses doigts. Un peu de sel se perd cependant à la coupe de ses lèvres, reste honteux d’une tristesse avouée. Il ne sait pas comment en vouloir à Mihayl, Desislav. Il ne sait pas comment faire et, à vrai dire, il n’est pas sûr de vraiment vouloir apprendre. Il n’y arrive tout bonnement pas. Il sait, Desislav, que Mihayl préfèrerait probablement qu’il ne se fâche. Que sa colère serait considérée par le sang pur comme un juste châtiment. Qu’il pense probablement la mériter. Mais le je t’aime avorté du Krum résonne encore au fond des yeux de Desislav et c’est, après avoir rassemblé son courage brisé en morceaux, que le rouquin se décida enfin à relever les yeux sur son amant. Un soupir triste s’échappant de ses lèvres entrouvertes alors qu’il murmure - « Ce n’est pas grave. » pitié, dis moi que ce n’est pas grave. Secouant vivement le menton alors qu’il détourne de nouveau les yeux « Ce n’est pas grave, ça ne change rien. Ca ne change rien. » - il n’est plus très sûr, Desislav, de qui il cherche réellement à convaincre. Il ne sait plus si c’est la souffrance de Mihayl ou la sienne qu’il cherche à oublier. Si c’est sa tristesse ou la sienne qu’il voudrait effacer.  

N’étaient-ils après tout pas condamnés depuis le début.

Condamnés au secret, à la nuit, aux larmes. Condamnés à vivre une vie qui ne leur appartiendra jamais vraiment. Je t’aime, voudrait encore répéter Desislav. Mais les syllabes meurent sous les larmes qu’il refoule et le silence retombe de nouveau, plus lourd et plus difficile à supporter que jamais. Un silence qui hurle leurs coeurs exsangues. Je t’aime, voudrait encore répéter Desislav. Il voudrait le répéter jusqu’à plus soif, jusqu’à ce que ces trois mots parviennent à effacer toutes les blessures. « Dis moi que ça ne change rien, Mihayl. » - parce que c'est là tout ce qu'il a besoin de savoir pour empêcher son coeur de se briser tout à fait « s'il te plaît. ».


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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Ven 17 Mar - 16:22

Mihayl aurait préféré ne jamais avoir à lui annoncer une telle nouvelle. Il aurait préféré n'avoir jamais à le faire. Mais plus que tout, il refusait de mettre Desislav devant le fait accompli. Parce que Desislav méritait qu'il assume ses fautes. Desislav méritait qu'il le lui dise haut et fort. Desislav méritait qu'il ne se comporte pas comme un lâche. Desislav méritait tellement plus que tout cela, mais c'était tout ce que Mihayl pouvait lui offrir. Pourtant, il avait repoussé l'échéance Mihayl ; le plus tard possible. Plusieurs fois, il s'était ravisé. Parce que les bras de Desislav étaient trop tendres, parce que ses baisers étaient trop doux, parce que son sourire était trop pur ; et trouver le courage de briser l'instant était impossible. Mais il ne pouvait désormais plus attendre. Bientôt, les préparatifs du mariage seraient le principal sujet de conversation dans la demeure Krum ; et Desislav l'aurait appris un jour ou l'autre. Mihayl refusait que ce soit d'une autre bouche que la sienne ; auquel cas il serait incapable de se regarder dans une glace de nouveau. Il ne le faisait déjà plus. Comment regarder dans un miroir lorsqu'il reflète tant de honte et tant de douleur ?

Il finit son aveu de la façon la plus assurée dont il est capable, Mihayl, mais il sait déjà qu'il a échoué. Il sait déjà que le léger tremblement de sa voix dans ses derniers mots a été entendu. Il sait déjà que son regard fuyant est une preuve parmi tant d'autres de son incapacité à rester froid. Il finit ses aveux et il lui est impossible de rajouter quoi que ce soit, quand bien même il le souhaiterait. Les mots restent coincés dans sa gorge, voisins des sanglots qui semblent l'étouffer, bloqués eux aussi. Desislav fait quelques pas en arrière. Desislav s'éloigne, et c'est le cœur de Mihayl qui semble se briser avec fracas. Il sent ses yeux brûler, Mihayl, alors qu'il réprime son besoin fou de contact en restant où il est. Il sent ses yeux brûler Mihayl, alors que, silencieux et le souffle coupé, il observe son amant s'asseoir sur un tronc mort. Il sent que ça le brûle mais il refuse de cligner des yeux ou de quitter Desislav du regard. Il a bien trop peur qu'il s'éloigne davantage encore. Il a bien trop peur qu'il disparaisse. Il a bien trop peur qu'il comprenne la véritable nature de son amant et le quitte pour de bon.

Mais Desislav se met à pleurer, et c'est beaucoup plus que ce que le sang pur est capable d'endurer. «félicitations. » Faisant volte face subitement pour que Desislav ne puisse pas le voir, Mihayl plaque une main sur sa bouche, réprimant un sanglot. Ses paupières se ferment brutalement, il serre les dents férocement et ses doigts s'enfoncent douloureusement dans son bras alors qu'il ravale toute sa peine. Les larmes s'agglutinent à l'intérieur de ses yeux clos jusqu'à ce qu'il soit incapable de toutes les retenir, et quelques unes d'entre elles, déloyales, s'échappent et glissent sur ses joues. Quelques spasmes le parcourent alors que l'air lui manque. Un besoin impérieux de hurler sa détresse le traverse et il se mord l'intérieur de la joue avec violence pour se maîtriser, jusqu'à ce que le goût acre et métallique du sang l'assaille.

« Ce n’est pas grave. »

Subitement, Mihayl éclate de rire. Il n'avait jamais ri aussi nerveusement, Mihayl, il n'avait jamais ri aussi nerveusement et de façon aussi sinistre, Mihayl. Il éclate de rire et il doit inspirer un grand coup pour éviter que son éclat de rire se transforme en crise de larmes. Il doit inspirer un grand coup pour chasser sa faiblesse, il doit inspirer un grand coup et essuyer rapidement ses larmes pour pouvoir lui faire face de nouveau, Mihayl. C'est un nouveau haut le cœur qui le traverse lorsqu'il pose de nouveau son regard sur le rouquin, les yeux rougis et la lèvre tremblante. Ça lui donne envie de vomir, Mihayl, de faire face à une telle acceptation de l'abomination de sa personne. « Ce n’est pas grave, ça ne change rien. Ça ne change rien. » Il ne répond rien, Mihayl. Il voit bien que Desislav essaie davantage de se convaincre lui-même qu'autre chose. Et il ne se fait pas encore confiance pour réagir intelligemment, Mihayl. Il ne répond rien Mihayl, et c'est le silence qui s'installe de nouveau, dérangé seulement par le bruit du vent dans les feuilles des arbres et le piaillement occasionnel des oiseaux. Mihayl aimerait tous les tuer, ces saletés de piafs.

« Dis moi que ça ne change rien, Mihayl. » Il sait ce que Desislav attend, Mihayl. Il sait ce qu'il veut entendre. Mais il ne peut pas s'y résoudre parce que ce serait lui mentir. Et il ne veut plus lui mentir Mihayl, jamais. Aussi longtemps qu'il vivra, il ne veut plus lui adresser un seul mensonge. Il ne veut plus être responsable d'une seule de ses larmes. Il ne veut plus lui renfoncer grossièrement dans sa poitrine son cœur qu'il a rafistolé sommairement après l'avoir brisé. Il ne veut plus être cette personne. Il ne peut plus être cette personne. « s'il te plait. »

« ARRETE. » Il ne réalise pas qu'il a hurlé, Mihayl, mais soudain c'est comme si toute la Nature s'était tu. On dirait que c'est la colère qui l'aveugle, le Krum, mais c'est en réalité une angoissante détresse. Il ne se contrôle plus, Mihayl, alors qu'il franchit les quelques mètres les séparant brusquement avant d'agripper Desislav par les épaules et de le secouer avec excès. « ARRETE DE TE COMPORTER COMME CA! » Il ne voit plus son amant, Desislav, il ne voit plus que leur tragique destin danser devant lui. Ses larmes s'accumulent dans ses pupilles alors que ses doigts s'enfoncent violemment dans les épaules du rouquin. « Bien sûr que ça va changer ! Bien sûr que ça va changer bordel ! Je vais me MARIER Desislav ! Il y aura une autre femme dans notre maison tous les jours. Il y aura une femme dans mon lit toutes les nuits. Pour toujours ! » Il le secoue encore comme s'il espérait pouvoir lui faire entendre raison. L'envie intolérable de cogner le prend alors, et il est obligé de relâcher brutalement Desislav pour ne pas lui faire plus de mal encore. « arrête de te comporter comme si j'avais le droit de t'utiliser comme ça ! Tu ne comprends pas ?! Tu n'auras jamais plus que du sexe honteux au beau milieu de la nuit ! On ne se donnera jamais la main en public. Je ne danserai jamais avec toi lors d'une cérémonie officielle. Je ne te présenterai jamais comme mon époux. Ce n'est pas avec toi que j'aurai des enfants ! Tu ne seras jamais plus que mon né moldu de lié avec qui je couche pour assouvir mes pulsions! »

Sa voix se brise et il s'arrête brusquement Mihayl, incapable de continuer. Il reprend sa respiration et relève son regard sur Desislav, et son cœur se brise un peu plus encore. Je t'aime, voudrait-il hurler. Je t'aime tellement que j'aimerais ne jamais t'avoir rencontré tant c'est douloureux. Il fuit subitement son regard. Je t'aime mais tu ne peux plus tolérer que je te traite ainsi. Il regrette déjà tous ses mots.


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Allégeance :  Desislav ne croit en rien et en aucun leader. Mais il croit encore en l'amour, Desislav. En l'amour de Mihayl. Alors il a décidé de le suivre, où le Krum ira - le lié suivra.
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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Sam 1 Avr - 15:05

Les félicitations qui se glissent entre ses lèvres sont creuses et vides de sens. Elles sont mécaniques et répétées avec un manque d’entrain évident, Desislav tentant de ravaler les larmes se pressant derrière ses paupières. Cependant, et ce malgré ses efforts, ses joues brillent bientôt de dizaines de perles salées. Traitresse tristesse qui s’affiche sur sa peau pâle, écrivant sa peine sillon après sillon. L’amant se retourne et le rouquin fixe le vide, portant une main mal assurée à son visage - essuyant les indésirables du revers de sa main. Mais à peine les premières épongées qu’un second sanglot vient souiller ses joues et la main du rouquin retombe lourdement sur ses cuisses, capitulant sous le poids de ses émotions. Les mots se pressent et se perdent au fond de sa gorge soudainement asséchée - oh qu’ils semblent lointains les baisers fiévreux d’hier. Tout ce que Desislav trouve à dire est un « Ce n’est pas grave. » désespéré. Ce n’est pas grave tant qu’on y pense pas, ce n’est pas grave tant qu’on garde les yeux fermés. Ce n’est pas grave, mots amers qu’il n’a déjà que trop dit - au fond d’une tranchée, au creux des draps du sang pur. Mihayl éclate de rire et le coeur du rouquin frissonne encore un peu plus, ses orbes brunes trouvant le sol comme pour cacher une tristesse dont le Krum n’a pourtant que trop bien conscience. Une tristesse qu’il voudrait pourtant pourtant masquer derrière une hilarité de façade, une tristesse qu’il voudrait pouvoir enterrer avec honneur. Mais à la place, ce sont des larmes qui viennent rouler sur ses joues diaphanes, rappelant systématiquement à son amant les fissures de son âme. Il voudrait plus, Desislav. Et pourtant, et pourtant - « Ce n’est pas grave, ça ne change rien. Ça ne change rien. »

Ce n’est pas grave. Encore et encore. Ca ne change rien. Parce que Desislav ne sait pas vivre autrement qu’au fond de ses yeux, parce que le rouquin a besoin de ses yeux gris pour continuer à voir le monde. « Dis moi que ça ne change rien, Mihayl. » car le silence est oppressant et qu’une sensation de vide lu déchire la poitrine. Sa voix se brise alors qu’il ajoute, peu convaincu. « s'il te plait. »

« ARRETE. » c’est un hurlement qui déchire la forêt et le né moldu sursaute légèrement, les yeux toujours rivés sur les branchages déchirant le sol. Il ne veut pas le voir, Desislav. Pas comme ça. Pendant quelques secondes, il ne sait plus, le rouquin. Il ne sait plus si c’est la colère ou la détresse de Mihayl qui hurle et une petite voix mesquine lui glisse un c’est de ta faute imaginaire à l’oreille. Desislav ferme les yeux comme si cela pouvait suffire. Comme si le monde pouvait s’arrêter de tourner derrière ses paupières closes. Mais les mains de Mihayl s'emparent de ses épaules et la secousse est brusque - loin des caresses sucrées échangées à la lueur de la lune. Il ne fait aucun effort pour se défaire de son emprise, Desislav. Il se contente de se laisser aller, les yeux baissés alors qu’il utilise toute la concentration dont il est encore capable pour étrangler les sanglots qui se pressent au fond de sa gorge. Pour la première fois depuis le début de sa relation avec le Krum, Desislav voudrait être autre part. Loin d’ici. « ARRETE DE TE COMPORTER COMME CA ! » toujours sonné de la tournure prise par la conversation, cela ne suffit pas à faire relever les yeux à Desislav qui s’obstine à ne pas croiser les orbes de Mihayl. Le coeur serré de ce qu’il pourrait lire au fond de ses mers grises, l’estomac au bord des lèvres de ce que l’amant pourrait voir dessiné au fond des siennes. Les doigts de Mihayl s’enfoncent un peu plus dans ses épaules et une grimace de douleur tord l’espace d’un instant les lèvres blanchies du rouquin. « Bien sûr que ça va changer ! Bien sûr que ça va changer bordel ! Je vais me MARIER Desislav ! Il y aura une autre femme dans notre maison tous les jours. Il y aura une femme dans mon lit toutes les nuits. Pour toujours ! » le sang pur le secoue une nouvelle fois et de nouvelles larmes viennent souiller les joues du bulgare. Il sait. Au fond, Desislav sait que tout va changer. Mais ne l’a t’il pas toujours su… Quelque part au fond de son coeur fissuré, Desislav a toujours su que leur secret ne serait pas toujours beau. Et qu’en plus des doutes de Mihayl, viendrait un jour où il devrait faire face au mariage du Krum. C’était inévitable. Un mur vers lequel ils avaient foncé les yeux fermés, accélérant sur les derniers mètres.

Mihayl le relâche brutalement et le né moldu fait l’erreur de penser que la tempête est passée. Que tout ira bien. Mais alors qu’il étire discrètement une épaule, les muscles encore noués de s’être raidis sous les doigts du Krum, Mihayl reprend de plus belle, Desislav se figeant un peu plus au fur et à mesure de son discours. « arrête de te comporter comme si j'avais le droit de t'utiliser comme ça ! Tu ne comprends pas ?! Tu n'auras jamais plus que du sexe honteux au beau milieu de la nuit ! On ne se donnera jamais la main en public. Je ne danserai jamais avec toi lors d'une cérémonie officielle. Je ne te présenterai jamais comme mon époux. Ce n'est pas avec toi que j'aurai des enfants ! Tu ne seras jamais plus que mon né moldu de lié avec qui je couche pour assouvir mes pulsions ! » Desislav tremble, les poings serrés derrière son dos alors que ses yeux rencontrent ceux de Mihayl. Toute la détresse qu’il y lit ne suffit pas à effacer le poids qui semble s’être abattu sur son coeur. Honteux. Le rouge lui monte aux joues alors qu’il a soudain, plus que jamais, conscience du sang coulant dans ses veines. Après avoir soutenu son regard quelques secondes, le rouquin baisse de nouveau les yeux, ses bras retombant le long de son corps. Il ravale de nouvelles larmes et essuie celles déjà en suspension sur ses joues du revers de la manche. Le menton tremblant alors que les seuls mots qui franchissent ses lèvres sont - « Je voudrais rentrer. » un murmure à peine audible dans le silence de la forêt, les syllabes brisées sortant difficilement de sa gorge serrée.

Il ne sait plus quoi lui dire, Desislav. Parce qu’en ce moment précis, il ne sait pas encore comment réparer ce qu’ils viennent de casser. Parce qu’il ne sait pas si quelque chose est bel et bien cassé. Parce qu’il sait pas. Tout simplement. « Je suis désolé… » Désolé de le mettre dans cette situation, désolé de ne pas être quelqu’un d’autre. Désolé de ne pas pouvoir lui offrir plus que quelques baisers volés. Desislav s’éloigne de quelques pas, les billes éclatées de ce qu’il ne pourra jamais dire. Il lui tourne le dos alors que la vue de la forêt panse légèrement ses plaies. Il aime la nature, le né moldu. Le bruit des oiseaux le ramène à son enfance en Bulgarie, la sensation du vent séchant ses larmes lui rappelle son père. Tranquille. Immobile. Calme. Tout ce qu’il n’est jamais. « Désolé de ne pas pouvoir être plus. » Une main mal assuré passant dans ses boucles rousses, le dos toujours tourné à l’amant. Il pense chacun de ses mots, Desislav. Et si ses excuses sont inutiles, elles n’en sont pas pour le moins sincères.

Inspirant une bonne fois pour toute, Desislav se retourne dans un geste brusque, franchissant la distance le séparant du Krum en quelques enjambées empressées. « Je n’ai pas besoin de tout ça, Mihayl. » - c’est un mensonge bien sûr mais c’est là tout qu’il peut lui offrir - « Je n’ai pas besoin de danser avec toi en public, je n’ai pas besoin que tu me présentes comme ton époux à qui que ce soit. » il secoue légèrement la tête, s’entêtant dans ses chimères. Il y croit, Desislav. Peu importe que son coeur saigne et que son âme ne pleure.


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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Ven 5 Mai - 18:53

Il a le souffle court, Mihayl, alors qu'il s'arrête soudainement de parler, la voix brisée par le poids de ses échecs, de son comportement, de ses mensonges : ceux qu'il profèrent au monde, ceux qu'il profère à l'être aimé et surtout ceux qu'il se profère à lui même. Il a le souffle court mais aussi les mains qui tremblent, le Krum, et si elles tremblent c'est à cause du poids de son égoïsme, de sa loyauté, de sa violence.  Il a les mains qui tremblent, les larmes dans le regard et les sanglots dans la gorge Mihayl, étouffé par le poids de leur secret, de leur amour, de ses mots dénigrant tout le sacré de ce qu'ils ressentent depuis des mois.

« Je voudrais rentrer. »

La honte est un sentiment qu'il craint depuis tant d'années le bulgare. Ne pas faire honte au paternel, ne pas faire honte à ses frères, ne pas faire honte aux Krum. C'est aussi un sentiment qu'il connaît bien. La honte face aux remontrances du patriarche, la honte face aux insultes de ses camarades de Dursmtrang, la honte de ses faiblesses face à ses frères. Plus récemment, c'est la honte de sa relation charnelle avec Desislav, puis de sa passion pour Desislav, puis de son comportement face à Desislav, ses mots face à Desislav, son statut de garant pour Desislav. Et puis la honte de ne rien assumer, la honte de se cacher, la honte de faire comme si cela ne le touchait pas. Mais rien ne pourrait égaler un jour la honte qui l'asphyxie à cet instant devant son amant. Devant ses larmes, ses mots vacillants, sa résignation, mais surtout, surtout, devant son regard accablant.

Il ne répond rien Mihayl, parce qu'il ne veut pas rentrer. Il ne peut pas rentrer. Pas encore. Il n'est pas prêt. Il ne pourra pas prétendre, pas après leur discussion. Pas après l'acceptation déconcertante de ses attaques par Desislav. Pas après ce qu'il vient de briser. D'ailleurs, a-t-il réellement brisé quelque chose ? Est ce que ça l'est pour toujours ? A-t-il seulement la moindre chance de récupérer tous les morceaux et de réparer l'irréparable ?

« Je suis désolé… »

Il baisse le regard et secoue la tête pour toute réponse. Il n'a plus la force de se mettre en colère Mihayl. Il n'a plus la force de protester. Cela semble être vain. Peut-être est-ce plus simple pour Desislav de s'excuser que de se mettre en colère. Peut être est-ce plus simple pour lui de prétendre qu'il n'est pas celui dont le bien-être et les sentiments sont piétinés sans aucun égard. Peut-être est-ce plus facile à supporter pour lui de faire comme s'il n'était pas persécuté par son amant. Peut-être est-ce plus simple de croire que l'être aimé n'a rien à se reprocher et mérite nos excuses. Mihayl ne sait pas. Mais il est certain qu'il est bien plus difficile de recevoir des mea culpa lorsque l'on sait que l'on est fautif, il est bien plus intolérable de savoir qu'on nous trouve toutes les excuses du monde alors que l'on aimerait que l'on nous pardonne rien. Il exhale un soupir las Mihayl, comme s'il venait de rendre les armes.

Il s'éloigne et lui tourne le dos Desislav, et c'est la panique qui lui enserre le cœur, parce que, non, le rouquin ne peut pas le laisser tomber. Il sait qu'il le mérite bien sûr mais il n'y survivrait pas. Il sait que c'est ce qu'il lui demande… mais il sait pertinemment qu'il n'y survivrait pas. Il reste paralysé Mihayl, dans l'attente suffocante des mots qui finiront de broyer ce qui lui reste de cœur si tant est qu'il en ait encore un. Et il n'a plus la force de se contrôler Mihayl, alors qu'une marée de sel monte à ses pupilles. Il n'en a pas envie. C'est Desislav qui le connaît mieux que quiconque, mieux que lui-même, et Mihayl n'a pas envie de se cacher. Plus maintenant, pas cette fois.

« Désolé de ne pas pouvoir être plus. »

La Nature autour d'eux reste imperturbable, mère protectrice qui les enveloppe en son sein préservant leur secret. Le vent souffle un peu plus fort mais les oiseaux continuent de piailler, insensibles à leur chagrin. Le regard flou de Mihayl, lui, contemple l'amant comme si c'était la dernière fois qu'il avait ce privilège. Ses yeux caressent le charme de sa silhouette, la grâce de sa nuque, l'auburn de ses cheveux.

« Je n’ai pas besoin de tout ça, Mihayl. Je n’ai pas besoin de danser avec toi en public, je n’ai pas besoin que tu me présentes comme ton époux à qui que ce soit. » Desislav est assez proche désormais pour que le Krum puisse cartographier l'intensité de son regard, la finesse de ses lèvres. Son regard se voile et il cligne des yeux Mihayl, laissant les larmes s'échapper de leur prison sans y opposer de résistance, sans chercher à se débarrasser de la preuve de leur existence sur ses joues. Il prend la main de Desislav dans la sienne, et le silence s'installe pendant plusieurs secondes. Il baisse la tête, prenant bien trop vite conscience de l'image qu'il renvoie, oscillant entre la honte et l'acceptation. Il prend une soudaine profonde inspiration tremblante, de celles qu'on entend chez quelqu'un qui a trop pleuré pendant trop longtemps, et relève le regard vers l'amant, la main toujours dans la sienne.

« J'en ai autant besoin que toi. » finit-il par avouer pour toute réponse, balayant ainsi les mensonges de Desislav pour rétablir la vérité. Elle semble à l'abri ici. Si la voix est serrée, c'est sous l'émotion et aucunement sous l'hésitation. Il essuie rapidement les traces de ses larmes de sa main libre et dévie le regard, subitement mal à l'aise, avant de prendre le visage de l'amant entre ses mains. Il vient déposer son front contre le sien et ferme les yeux ... « Pardonne moi. » ...parce qu'ainsi il est plus proche encore et il se sent mieux et parce qu'ainsi il est plus simple d'être sincère. « Desi…  ne doute jamais de nous, car si tu renonces, je m'écroule… Si tu laisses tomber, je m'effondre. Il ne peut pas y avoir plus d'une place pour l'incertitude, et je l'occupe déjà. Tu ne peux pas vaciller, trembler… chuter. » Il s'arrête une seconde Mihayl, et déglutit péniblement, ses mains se crispant dans la chevelure de feu de l'amant. Le cœur battant. « Tu dois nous épargner… Tu dois me retenir. »

Il sait qu'il demande beaucoup Mihayl. Trop, même. Mais c'est établi depuis longtemps que le meilleur d'entre eux ce n'est pas lui.


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Âge :  Vingt six ans (1er juillet), vingt six chandelles qui ont déjà marqué son coeur et son corps de trop de cicatrices.
Sang :  Sang de bourbe, né moldu,.. ce ne sont pas les qualificatifs qui manquent pour décrire cette tare qui le réduit en esclavage. Il ne pourra jamais prétendre à plus, il ne pourra plus jamais prétendre à rien de par ce sang qui souille ses veines depuis la naissance.
Allégeance :  Desislav ne croit en rien et en aucun leader. Mais il croit encore en l'amour, Desislav. En l'amour de Mihayl. Alors il a décidé de le suivre, où le Krum ira - le lié suivra.
Profession :  Fidèle serviteur des Krum, il endosse tour à tour les rôles de majordome, assistant et domestique. C'est là tout ce qu'il se verra jamais offrir.
Ancienne école :  Aucune. Magie faible.

Priori Incantatem
am i free?: yes
Inventaire:
code couleur: #009999
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MessageSujet: Re: If I ain't got you (Desayl - flashback)   Lun 29 Mai - 0:01

Les excuses de Desislav ont un goût amer, telles du sel déposé à même son coeur à vif. Il serait pourtant bien incapable d’expliquer pourquoi il s’obstine à s’excuser encore et encore. Malgré les larmes et les cicatrices, malgré les remords de l’amant et malgré ses doutes. Il serait bien incapable d’expliquer pourquoi, et pourtant c’est ce que tout son être lui hurle de faire, toujours. S’excuser. Le rassurer. L’aimer. L’aimer malgré les difficultés, l’aimer malgré tout. Des perles salées roulent toujours sur ses joues sans même qu’il ne s’en rende compte alors qu’il se rapproche de Mihayl - mers ambrées floues derrière le miroir de ses peines. Un soupir fragile s’échappe d’entre ses lèvres rougies par le chagrin, - « Je n’ai pas besoin de tout ça, Mihayl. Je n’ai pas besoin de danser avec toi en public, je n’ai pas besoin que tu me présentes comme ton époux à qui que ce soit. » C’est un mensonge, bien évidemment. C’est un mensonge car c’est là la chimère qui habite le moindre de ses rêves, le rouquin s’échappant alors dans un monde sans conventions ni apparences. Seulement alors serait ils enfin libre de s’aimer comme ils le voudraient. Rêves prenant des atours de cauchemars au réveil tant ils renvoyaient alors le né moldu à la réalité. Ils ne danseraient jamais ensemble lors d’une réception et Mihayl ne le présenterait jamais autrement que comme le lié de la famille. Le jeune homme était bien conscient de tout ça, et ce depuis le tout début de leur relation. Jamais n’avait-il eu la prétention de demander plus que ces quelques nuits volées aux bonnes moeurs. Condamné à passer sa vie dans l’ombre d’autres, condamné à le regarder gravir les échelons en silence. Il était fier de Mihayl, Desislav. Fier de la façon dont le Krum gérait les affaires de son père depuis la mort de ce dernier, fier de le voir briller en société. Et pour rien au monde il ne voulait mettre tout cela en danger, même pas pour sauver son coeur. Si souffrir était le prix à payer pour que le bonheur de Mihayl - alors Desislav était prêt à se sacrifier les yeux fermés. Sa vie pour son amour. Son coeur blessé sans cesse pour préserver celui de son amant.

Les larmes de Mihayl le prennent de court, les doigts du rouquin se refermant autour de ceux du sang pur. Le silence retombe, vacillant et fragile. Ses orbes grises rivées au sol, Mihayl inspire d’un souffle qui brise le coeur de l’homme lui tenant les mains. Parce qu’au fond de ce soupir se trouve toutes ses larmes, parce qu’au fond de ce soupir se cache toutes ses vérités. Celles qu’il cache trop souvent, celles qu’il n’avoue que rarement. Parce qu’au fond de ce soupir se trouve un coeur lui aussi brisé. Et la peine de celui qu’il aime est bien plus dure à supporter pour Desislav que ses propres tourments. « J’en ai autant besoin que toi. » - un sourire triste s’invitant à la commissure de ses lèvres. Ses mensonges démasqués. Les mains du rouquin tremblent légèrement, les mots se perdant au fond de sa gorge serrée. Il voudrait dire trop de choses, il voudrait lui murmurer trop de vérités. Alors les syllabes explosent et meurent sans jamais naitre, les cendres de ses aveux collées au palais. Desislav ne dit rien, bien incapable de trouver par quoi commencer. Mihayl essuie les larmes brillant sur ses joues pâles avant de prendre son visage en coupe, appuyant son front contre le sien. Le né moldu ferme instinctivement les yeux, profitant de sentir son souffle le long de sa peau, s’enivrant de son odeur et de ses mains. « Pardonne moi. » le visage de Desislav se crispant légèrement, les paupières toujours closes sur la réalité. Interdit et muet, le rouquin tourne et retourne ses pensées - cherchant la meilleure façon de lui faire comprendre les affres de son coeur. Il ne saura jamais lui pardonner. Il ne saura jamais lui pardonner pour la simple raison qu’il est incapable de lui en vouloir, trouvant toutes les excuses au monde à l’homme à qui il avait offert sa vie.  

« Desi…  ne doute jamais de nous, car si tu renonces, je m'écroule… Si tu laisses tomber, je m'effondre. Il ne peut pas y avoir plus d'une place pour l'incertitude, et je l'occupe déjà. Tu ne peux pas vaciller, trembler… chuter. » - l’amant déglutissant difficilement alors que ses doigts se pressent un peu plus autour du feu de ses cheveux - « Tu dois nous épargner… Tu dois me retenir. » Desislav rouvre les yeux sur le visage décomposé de Mihayl, ses doigts quittant les siens pour venir effleurer la courbe de son menton, ses orbes marron plongées dans le gris de ses mers vacillantes. L’anglais se courbe et tremble alors qu’il cherche une nouvelle fois ses mots. « Toujours. » souffle t’il avec un demi sourire. Toujours. Car le retenir est l’oeuvre de sa vie, car l’épargner est l’oeuvre de son coeur. Parce qu’il s’agit déjà de ce qu’il s’applique à faire au quotidien, préservant les doutes et apaisant les remords de l’amant sans jamais broncher. « Je le pensais, Mihayl. Ce n’est pas grave. On trouvera une solution. » promesse murmurée à même la porcelaine de sa peau, promesse gravée sur les murs exsangues de son palpitant. S’il y a bien une chose que Desislav sait comment faire, c’est aimer le sang pur. L’aimer toujours trop, souvent inconditionnellement. Il n’y avait pas d’affront trop grand ou de détresse trop dure. Il s’effacera un peu plus, l’amant. Il perdra encore un peu de ses couleurs au profit d’une femme qui ne sera jamais heureuse. Il lui laissera le soleil pour garder la lune. Il lui laissera le jour pour ne jamais perdre la nuit. Ses lèvres viennent se poser sur les siennes comme pour appuyer ses propos, pacte scellé d’un baiser désespéré. Il ne compte pas disparaître, Desislav. Son monde résumé au creux de ses bras. Son monde résumé à un secret trop lourd et trop beau.

Le baiser finit par mourir lui aussi, laissant un goût sucré sur les lippes du rouquin. Il se force à sourire. Ils trouveront une solution. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce qu’il le faut. C’est l’âme investie d’une nouvelle mission et le coeur lourd de nouvelles blessures qu’il soutient son regard, le fantôme de leurs secrets imprimés sur les lèvres. « On trouvera une solution, Mihayl. » énième tentative de faire disparaitre la douleur des yeux de l’amant, énième tentative de voir ses doutes disparaitre sous ses doigts. Une solution pour continuer à s’aimer en secret, une solution pour qu’ils continuent de vivre.


are you home ?
it feels like everyday stays the same, it's dragging me down, and I can't pull away. so here I go again chasing you down again. why do I do this? over and over, over and over I fall for you.

cutie en chef:
 
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If I ain't got you (Desayl - flashback)
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