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 L'amie du vent. (Aoife)

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MessageSujet: L'amie du vent. (Aoife)   Mar 24 Jan - 1:31

Elle aimait le vent, Alice. Elle aimait son odeur, sa liberté, sa fougue. Elle aimait sa façon de prendre possession d'elle, d'en faire ce qu'il voulait. Et puis, avec lui, elle pouvait respirer. Et c'était bien un des rares avec lesquel elle le pouvait. Le vent. Elle inspira profondemment, se laissant mollement tomber dans l'herbe humide. Elle avait un peu froid, mais cela l'importait peu. Peut être qu'elle tomberait malade, mais ça aussi, elle s'en fichait. Elle se fichait un de tout Alice, ces derniers temps. Elle était de nature distraite, déjà, mais c'était de pire en pire, et même son travail à la boutique en patissait. Elle profita de la fraicheur que provoquait l'humidité infiltrant ses vêtements. Elle aimait ressentir les matières, Alice. Elle aimait sentir les différentes sensations sur son corps. Elle s'évadait. Le soleil se couchait lentement, mais tôt, néanmoins. L'hiver s'était bien installé, et l'obscurité tombait rapidement. Elle était vêtue de son eternel manteau noir, long, lui tombant jusqu'au genoux. Elle l'avait ouvert, entièrement étalée entre les herbes mouillées, les cheveux flottant autour de son visage. Ses yeux, tel deux billes grandes ouvertes, était perdus dans l'inconnu. Dans ses pensées.

Elle était ici depuis déjà de longues heures, mais elle ne parvenait pas à se résoudre de s'en aller. Quelque chose, elle ignorait quoi, semblait lui transpercer le cœur. Comme une lame froide, glaciale et brulante à la fois. Elle en avait les larmes aux yeux. Régulièrement, les larmes grimpaient et elle peinait à les refouler. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. C'était comme si son inconscient comprenait quelque chose, encore trop inaccessible pour elle. Elle souffla. Elle se sentait si mal dernièrement, le pire étant qu'elle était incapable d'en connaître les raisons. Et pourtant elle le savait. C'était là, face à elle, elle n'avait qu'a tendre le bras pour l'attraper. Mais elle n'y arrivait pas. Elle progressait dans une brume épaisse et sombre, aveugle, sans aucune indication. Depuis Halloween, son quotidien se résumait à cela. Sa mère, son patron, ses amis. Aucun ne la reconnaissait, car ses sourires avaient perdu de leur vivant. Ils étaient terne, malgré toute la volonté qu'elle mettait à les rendre sincères. Elle avait peur, Alice. Elle était terrifiée. Elle savait qu'il s'en était fallu de peu. Elle savait qu'elle aurait pu finir comme les mangemort. Obligée de se cacher, d'être fugitive. Elle avait pris un risque, elle n'en avait fait qu'a sa tête. Mais l'adrénaline qu'elle avait ressenti a cet instant était du pur bonheur. Jamais elle n'avait ressenti quelque chose d'aussi intense. Elle s'était véritablement sentie vivre. Comme avant. Comme lorsqu'elle était enfant. Comme lorsque les allemands apparaissaient dans sa rue, ou cognaient à la porte voisine. Cette sensation que votre poitrine va exploser, et vous tuer. L'adrénaline. La peur et l'excitation rassemblées. D'un coté, elle était terrifiée à l'idée de continuer, de continuer dans la resistance, de continuer de se battre. Mais de l'autre, elle savait ce pourquoi elle était ici. Elle savait ce qu'elle voulait ce qu'elle désirait, et ce pourquoi elle était prête à tout donner. Elle savait qu'elle ne voulait pas vivre dans ce monde.

Le soleil avait presque completement disparu. L'air froid commençait à penetrer ses pieds, et elle referma doucement son manteau, se redressant en position assise, les bras enlacés autour de ses genoux. Elle se mordit la lèvre. Parfois elle aurait aimé pouvoir disparaître, quelque temps, quelques heures, le temps de retrouver ses esprits. Le temps de profiter d'un peu de solitude. Elle était une fille sociale, normalement, du moins elle en donnait toujours l'impression. Mais ces derniers mois, la compagnie lui pesait, hormis celle de Ludwig. Ludwig avait cette capacité formidable d'être là sans l'être trop. Rassurant, même sans dire le moindre mot. La soirée passée avait été magique, et Alice avait senti quelque chose de nouveau. Puis, lorsque David était enfin couché, qu'ils s'étaient retrouvés seulement tout le deux dans son appartement, les secondes s'écoulaient différemment. Ils ne parlaient plus, se contentaient de se regarder. Nul besoin de dire le moindre mot. Puis elle s'était endormie, sur son épaule. Elle devait reconnaître qu'elle aimait un peu trop cet homme. Pourtant, cette chose continuait de lui enserrer le cœur qu'elle puisse mettre le mot dessus. Elle ne savait si elle devait lacher prise ou rester sur ses gardes. Bien que la seconde option était la plus appréciable vu son statut de plus en plus.... bancale.

Mettre de la distance avec les siens était le meilleur moyen qu'elle avait trouvé, pour le moment. Juste au cas où. Les attentats allaient s'intensifier, les plans continuer de plus belle, et sa présence était de plus en plus requise. Elle se mettait en danger et ne voulait en aucun y mettre aussi les siens, bien que sa mère en fasse aussi partie. Bien qu'Aoife en fasse aussi partie. Elle s'en voulait de mettre tant de distance entre elles, elle ne le désiraient pas vraiment. Puis, elle appréciait véritablement Aoife, malgré son caractère spécial. Beaucoup n'y voyait que des défauts, une compagnie désagréable, un égo difficile. Alice y voyait un talent indéniable et une amie particulière . Lorsqu'elle avait vu Alice danser pour la première fois, elle y avait vu tant de grâce, tant de légèreté. Une amitié singulière s'était forgée entre elle. Certes, Aoife n'était pas la personne la plus facile qui soit, mais il fallait simplement apprendre à l'apprécier. Elle savait qu'elle l'avait attendu la nuit dernière, à son ballet. Que son fauteuil était resté vide, toute la soirée. Elle éprouvait la deception qu'elle avait du ressentir, Alice savait a quel point Aoife était jalouse et suceptible. Il était hors de question de parler de Ludwig. Elle dirait qu'elle était désolée, qu'elle s'était endormie. Elle finirait bien par y croire, malheureusement... Elle avait la facheuse tendance à ne pas voir les soucis d'Alice, préférant s'axer sur les siens. Elle ne remarquerait pas le changement de mine de son amies, ni son air fatigué. Lui mentir serait un jeu d'enfant. Et ce, même si elle devait s'en voulait longuement ensuite.
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Aoife O'Connor
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Âge :  27 ans (02.08.1925)
Sang :  Souillé, faussement mêlé sans magie au sein d'un monde qui ne vie que pour elle.
Allégeance :  Lux, la mémoire de Dumbledore la pousse à se battre, la mémoire de son père la pousse à rester en vie.
Profession :  Danseuse étoile moldue, elle vit de son rêve. Secrétaire du chef du département de contrôle et de régulation des créatures magiques, elle se nourrit d'informations qui peuvent sauver la vie d'autres, qui peuvent aider le combat.
Ancienne école :  Aucune, une différente magie traversant ses veines, elle n'a jamais connu une quelconque école.

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MessageSujet: Re: L'amie du vent. (Aoife)   Jeu 13 Avr - 17:07



L'AMIE DU VENT


ALICE & AOIFE

JANUARY 1952

Elle est parfaite, Aoife. Chacun de ses muscles se déplace plus précisément que le précédent. Rapide tout d’abord. Lente ensuite. Magnifique sans cesse. La musique l’enivre. La musique contrôle son corps. La musique contrôle sa vie. Elle est la reine de la scène, Aoife. Elle est la reine de son monde. Personne ne peut rivaliser avec sa beauté. Personne ne peut rivaliser avec son talent. Tous l’observent. Tous l’envient. Sous les projecteurs, il n’y a qu’elle. Elle qui attire le regard, elle qui fascine les sens. Son corps hurle l’amour. Cet amour qu’elle ne connait qu’envers elle-même. Son corps hurle l’amour. Cet amour qu’il partage avec l’homme qui la rejoint. Son corps hurle l’amour. Cet amour qui remplit la salle, cet amour qui se heurte au cœur de tous. L’amour grandis. L’amour se heurte à la réalité de la scène. L’amour se brise. L’amour se transforme en désespoir. Ses muscles se figent. Ses mouvements se brisent. Ses mouvements semblent douloureux. Son visage se crispe dans une expression que l’on ne voit que très peu. Son visage pleure. Sa danse pleure. Aoife pleure. Elle pleure de ce pleur sans larmes qui régit sa vie. Ce désespoir qui habite son être. Ce désespoir qui habite son âme. Ce désespoir qu’elle connait comme personne. Ce désespoir que personne ne découvre. Ce désespoir qu’elle ne laisse personne découvrir. Personne sauf la foule qui l’acclame. Personne sauf les critiques qui s’apprêtent à chanter ses exploits. La musique s’éteint. Les lumières se taisent. Le désespoir disparait. La foule l’acclame. Elle parcourt la salle du regard. Elle trouve les visages de ceux qui le méritent. Elle trouve un siège vide. Son faux sourire se fane. Il se fane à la vue de ce siège. Lui, le seul siège non habité. Lui, le siège qui se doit de l’être. Comment ne l’est-il pas ? Comment a-t-elle osé ?

Ses doigts tapotent la table furieusement. Son visage est vide de tout maquillage. Son visage est vide de toute émotion. Ses yeux trouvent les bouquets qui parsèment la salle. Elle reste ainsi un moment. Statue de marbre à la respiration profonde. Puis la statue se brise. La statue se lève. La statue n’est que colère. Les vases s’écrasent au sol. Les vases se brisent. Les vases s’éparpillent. La colère se tait. Elle se tait d’un silence qui arrache des larmes à la statue de marbre. Ces larmes que la mort aime déposer dans le coin de son regard chocolat. C’est le défunt qui l’observe désormais. Sa peur se lit sur les traits de son visage. Elle le sait sorcier, Aoife. Elle qui n’en voulait jamais. Elle qui n’a désormais plus le choix. Les familles que son père a laissées derrière lui sont devenues les siennes. Elle est fatiguée, Aoife. Fatiguée de la guerre. Cette guerre qui engendre la mort. Cette mort qui réveille en elle ce désespoir qu’elle ne peut contrôler. Là, debout au milieu du chaos, elle abandonne sa force. Le verre brisé craque sous ses pas gracieux. Sa main caresse la silhouette brumeuse. La rune qui habite son corps faibli un court instant. La danseuse laisse place au monstre. Le sorcier prend peur. Le vol d’oiseau qui caractérise sa disparition résonne. Il ne reste plus que le verre brisé. Là, dans cette pièce silencieuse, écho de la colère du monstre.

Les heures passent. Longues. Tristes. Le monstre revient. Le monstre vacille. La mort est passée. La mort est tombée. Le monstre continue de pleurer. Le monstre pleure la mort. Le monstre pleure la guerre. Le monde est fatigué. Le monstre est blessé. Blessé par la tristesse qui l’habite. Blessé par le verre brisé qui habite le sol. Son sang coule lentement. Délicatement vermeille, il semble si normal, mais le monstre le sait si différent. Elle reste ainsi un moment, Aoife. Assise au sol de cette pièce dans laquelle elle se transforme en reine. Assise au sol de cette pièce dans laquelle la mort la trouve sans cesse. Puis, enfin, elle se relève. Sans réellement y penser elle nettoie son entourage. Le théâtre est vide. Le spectacle a pris fin il y a bien longtemps. Le monstre traverse les couloirs telle une ombre. Une fois dehors, le vent se heurte à son corps fatigué. La queue de cheval qui habite le haut de son crane danse avec chacun de ses pas, vole avec chaque brise. Les rues de Londres grouillent. Elle est assurée, Aoife. Se déplaçant au travers de la foule, attirant quelques regards, elle sait parfaitement quels chemins prendre. Ses talons claquent sur les pavés. Sa robe rebondit avec légèreté, tandis que son manteau claque au vent. Elle finit par tourner le coin d’une rue, son regard parcourant le parc qui lui fait face. Là, assise sur la pelouse, elle la trouve. Elle. Alice. Elle s’approche, Aoife. Ses talons s’enfoncent dans la terre, encore boueuse en raison des jours précédents. Immobile, debout devant la Lux, elle l’observe. Elle ne dit rien. Pas avant qu’Alice ne lève les yeux vers elle. « Où étais-tu ? » Ses mains sont posées sur ses hanches. « Alice ? T’as intérêt à avoir une bonne excuse. » Son regard attend une réponse. Impatient.



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