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 You can't lose what you ain't never had — FB

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Âge :  Demi siècle franchi.
Sang :  Ichor fruit du mariage des rois. On se courbe, se prosterne devant la Pureté toute puissante.
Allégeance :  Spaseni zélé, autrefois siégeant à la droite de Grindelwald mais depuis tombé en déchéance. Il se fait plus tyran que le Tyran, fait cendres de toute opposition.
Profession :  L'encre. Du bout de sa baguette il influe sur les masses, dirige l’opinion des plus crédules. Magnat de la presse bulgare et Directeur du Bureau de la Propagande Magique.
Ancienne école :  Koldovstoretz puis Durmstrang.

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MessageSujet: You can't lose what you ain't never had — FB   Jeu 16 Mar - 15:16

You can't lose what you ain't never had
Les Frères Karkaroff


A
ngle mort. Tout était une question d'angle mort. En cela, être borgne offrait peu d'avantages. En premier lieu, du moins.
Une fois en combat - et pour peut que celui en face de vous ne soit pas au nombre des pires demeurés -  à coup sûr, l'adversaire cherchera à tirer parti de cette faiblesse. Systématiquement. Tant et si bien qu'il était presque plus aisé pour Grigor de prévoir ces attaques, plutôt que de répondre à celles qu'il voyait clairement.
Telle capacité ne s'acquiert pas sans prendre quelques coups, mais la douleur est bonne maîtresse. Rien de tel que sa compagnie pour apprendre une leçon. Restait à savoir combien de coups, combien de trahisons il allait encore endurer avant d'apprendre, avant d'imprimer une fois pour toute que l'on est jamais mieux trahit que par les siens.
Question délicate, à laquelle seul le temps saura répondre. Pour le moment, Grigor était préoccupé avec des considérations autrement plus terre à terre. Du genre, ne pas crever la gueule ouverte au cœur de la nuit bulgare, au cœur de la nuit glacée. « Je suis son frère. » Le ton est sec, sans appel, mais rien y fait. Visiblement plus qu'éméché, débraillé au possible, sa chemise, les poings et l'arcade sourcilière en sang, Grigor n'avait pas tout à fait le profil du client type du cabaret de Nikolaï. Mais ça, il s'en foutait. « Bien sûr. Et moi, j'suis sa mère. Dégage j'te dis. » L'affirmation le prit au dépourvu. Il considéra un instant le videur avant d'éclater de rire, penchant dangereusement en arrière. Il en avait presque les larmes aux yeux. « C'est plutôt drôle ... Vu ce qui lui est arrivé ...
Un mot de plus. » Les mains levées en simulacre de reddition, Grigor recula de quelques pas. « Du calme, du calme. C'est bon. » Il avait eu son comptant de coups pour la journée, et il n'avait aucune envie d'en venir aux mains avec un des chiens de son frère, aussi saoul soit il. Mais cela ne l'empêcha pas de cracher aux pieds du clebs en costume, ultime provocation avant qu'il ne se détourne pour de bon de l'établissement.
Sa présence ce soir ne s’expliquait en rien par une volonté de se plier à l'exercice libidineux. Seulement ... Une fois qu'il avait apprit que son fils avait suivit la même voie que sa femme, il s'était laissé allé à quelques faiblesses. Et malgré les coups reçu, malgré les verres ingurgités, il lui restait juste assez de présence d'esprit pour estimer qu'il ne pouvait pas rentrer dans cet état. Risquer que sa fille le voit ainsi ... Il ne le permettait pas. Restait donc son frère.
Chancelant, il parvint à faire quelques pas avant de se laisser tomber à l'angle de la bâtisse, s’effondrant dans la neige. Sa bouteille de vodka pour seule compagnie.




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Nikolai Karkaroff
Contra Bonos Mores
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Sang :  Pur qui pourrait en douter?
Allégeance :  Il n'a d'allégeance qu'envers lui même et sa famille. Citoyen neutre pendant la guerre civile, il compte bien profiter de la situation pour s'enrichier un peu plus. Son coeur balance entre l'allegeance de sa fille et de son frere et celle de son neveu mais il est officiellement plus ouvert aux Spasenis.
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MessageSujet: Re: You can't lose what you ain't never had — FB   Ven 7 Avr - 16:29

You can't lose what you ain't never had
Les Frères Karkaroff


I
l marche fièrement, tête haute, posture arrogante. Roi des rois dans son domaine. Ses yeux naviguent au rythme de ses pas, observant les décors opulents, le rouge vibrant des murs, les mouvements pressés de ses petites abeilles travailleuses. Il croise quelques-uns de ses employés un sourire carnassier affiché sur ses lèvres, il hoche la tête pour les saluer laissant parfois échapper une remarque aguicheuse et acceptant de bonne grâce les contacts physiques divers de corps nus ou presque. C’est probablement ici qu’il est le plus dans son élément, au milieu de ses gens, admiré et respecté de tous, vibrant sous l’atmosphère pesante de son bordel. Il n’y a ici que des choses pouvant lui plaire : femmes subordonnées, alcool, richesse, respect. Nikolaï se penserait presque dictateur, nourrissant sa réputation, exerçant presque un culte de la personnalité en ses lieux. Il passe la plupart de son temps sous ce toit, il vit entre ses murs, isolé dans sa propre aile du manoir et pourtant il ne s’en lasse jamais.

La nuit est relativement calme, il a dû serrer quelques mains importantes (et moites), faire l’aimable hôte des lieux. Il ne s’occupe pas des histoires triviales de jalousies ou compétitions entre ses « employés » c’est le travail de Nina, matriarche et maquerelle. Figure d’autorité effrayant toutes les âmes qui s’aventurent sur sa route, toutes sauf celle de l’ainé des Karkaroff pour qui sa voix et son langage corporelle se font doux comme un agneau. Elle déleste Nikolaï d’un certain poids, de certaines responsabilités, l’homme ayant passé sa vie à fuir ce genre de choses il ne saurait se passer de Nina même si elle a depuis longtemps passé sa date de péremption. Il a muri, il a grandi quoi qu’on puisse en dire et l’homme qui a passé des années à courir dans le sens opposé des responsabilités se permet dans son établissement de s’occuper de la majorité d’entre elles. Tout comme il peut parfois le faire avec sa famille proche, devenu trop sentimental pour eux, trop occupé malgré lui à s’inquiéter pour eux.

Un employé mâle s’approche de lui, un tas de muscle laissant à penser à Nikolaï qu’il lui sert probablement de videur ou de garde du corps. Le Karkaroff ne connait pas son prénom, il ne prend jamais la peine de les apprendre à moins qu’ils soient accompagnés par des yeux de biches et une silhouette pulpeuse. Il parait anxieux et cela agace le plus vieux des hommes, il n’a pas de temps à perdre avec ce genre de chose et s’apprête à cordialement lui dire d’aller voir ailleurs s’il s’y trouve avant que celui-ci n’ouvre enfin la bouche faisant rouler les yeux de Nikolaï jusqu’au fin fond de ses paupières avant de lâcher un « je vais m’en occuper » irrité.

D’un pas plus vif, moins enjôleur, il se rend vers l’extérieur de son établissement cherchant des yeux l’objet de sa quête. Et quel « merveilleux » trésor que son frère, avachi dans la neige une bouteille de Vodka à la main dans une très belle imitation de sans-abri. Comment un homme avec un nom de famille aussi prestigieux et tant d’argent avait pu tomber aussi bas échappait à l’ainé. Il tapote assez durement la jambe de son frère avec son pied afin d’avoir son attention.

« Tu sais, quand le videur, quel que soit son nom, m’a fait la description d’un homme pathétique en état d’ébriété aux limites de la violence, j’ai tout de suite su que c’était toi, mon frère. »
lui annonça-t'il dans leur langue maternelle, laissant rouler les mots sur sa langue. « Tu es tombé si bas que même un videur te refuse l’entrée, où sont passées tes années folles et heureuses où d’un regard tu pouvais imposer le respect à qui que ce soit petit frère ? »

Il lance une moue déçue à l’autre homme, l’évolution de Grigor l’inquiétait profondément. Il avait toujours été dans l’excès mais ces derniers temps l’alcool devait représenter 80% de ce qui coulait dans ses veines. L’ainé savait que la mort de sa femme avait été dure ou plutôt sa trahison et que la route choisie par son fils lui avait enfoncé un autre couteau dans le dos. Il aurait sans doute du être habitué aux coups bas les ayant vécus toute sa vie, toutefois il semblait toujours prêt à pardonner Nikolaï là où il n’offrait pas la même magnanimité aux autres. Il se demandait souvent jusqu’où la loyauté de son frère allait, si un jour il le briserait avec ses habitudes cruelles. Il n’en avait pas envie, ce n’était qu’un jeu, une habitude, une façon de communiquer, le but n’avait jamais été de transformer son frère en épave. Il avait même fait l’effort de calmer ses impulsions malsaines depuis que son frère s’était rendu compte qu’il l’avait fait cocu. Il n’avait apprécié de voir la souffrance et le regard de trahison de son frère à cet instant, avait presque regretté ses actions, avait soigné sa joue meurtrie de la violence de son frère et n’avait plus jamais touché à son épouse. Il l’avait mérité ce jour-là, il avait été trop loin avec son benjamin. Il n’avait fait ça que par jeu, il avait espéré qu’elle le repousse mais elle n’en avait rien fait et Nikolaï était faible face aux courbes féminines. Il était faible face à beaucoup de choses s’il était tout à fait honnête avec lui-même et la vue de son frère contre ce mur était l’une d’entre elle. Soufflant bruyamment, il tendit la main à l’autre homme pour l’aider à se relever.

« Viens Grishka, je suis sûr que tu apprécieras le confort d’un bon fauteuil pour t’aider à désaouler. Il faut aussi que tu me dises ce que tu fais ici, j’ai bien sur perdu tout espoir que ma seule présence puisse t’inciter à te déplacer. Il y a autre chose, je me trompe ? »




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Profession :  L'encre. Du bout de sa baguette il influe sur les masses, dirige l’opinion des plus crédules. Magnat de la presse bulgare et Directeur du Bureau de la Propagande Magique.
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MessageSujet: Re: You can't lose what you ain't never had — FB   Sam 15 Avr - 12:14

You can't lose what you ain't never had
Les Frères Karkaroff


F
roid polaire. C'est pas autrement que les journaux a sa bottes qualifieront les conditions de la soirée.
Peut être feront ils mention du Chef de la Propagande retrouvé mort dans le caniveau, a moins que ce dernier n'y reste assez longtemps, laissant le champ libre aux rats et aux autres vermines rampantes sous les pavés de la belle Sofia d'allègrement farfouiller dans le corps de l'épave, rongeant chairs et muscles, éparpillant ça et là les os de sa vieille carcasse, il serait alors impossible de le retrouver ...  
L'alcool le faisait délirer.
En cette soirée, loin de noyer son chagrin et son amertume, l'alcool, ce traitre, les faisaient remonter à la surface. Pourris, corrompus par les années, ces derniers l'étouffaient, le hantaient. Aux figures enflammées se succédaient celles de sa femme, de son fils ; fantômes passés et futurs n'ayant de cesse de le tourmenter.
Calvaire léthargique, aviné, dont il ne s'extirpa qu'en recevant quelques coups aux pieds. Émergeant avec difficulté, il confondit un instant ses visions ensommeillées avec la cruelle réalité qui se jouait devant lui. « Vi... tya ... ? » Un souffle, un murmure. Mais il revint vite à lui, revint vite a son frère, son ainé. Qui, pour changer, parlait trop. « ... où sont passées tes années folles et heureuses où d’un regard tu pouvais imposer le respect à qui que ce soit petit frère ? » Vaste question. « J'ai cherché ... et cherché et cherché ... » Cherché à comprendre sa femme, cherché à comprendre son fils. En vain.
Las, pâteux, Grigor considéra son frère puis la bouteille a ses cotés. Il l'empoigna et vida le reste de cette dernière au fond de la cuve a décanter qui lui servait d'estomac. « Et la seule chose dont je suis sûr ... » Il l'agitât ensuite à l'envers, de manière a en faire s'écouler les dernière gouttes rescapées dans la neige immaculée. « ...  c'est qu'elles ne sont pas au fond de cette bouteille. » Puis la lâcha, la laissant s'échouer et disparaître sous la poudreuse. Sa carcasse s'anima quelques instant sous l'effet d'un rire désespéré, rire bien vite écourté par des grognements, des nausées menaçant de lui faire régurgiter les excès de la soirée. Miracle de la tuyauterie humaine. « Viens Grishka, je suis sûr que tu apprécieras le confort d’un bon fauteuil pour t’aider à désaouler. » Il hocha la tête, yeux mi clos. « Il faut aussi que tu me dises ce que tu fais ici, j’ai bien sur perdu tout espoir que ma seule présence puisse t’inciter à te déplacer. Il y a autre chose, je me trompe ?
Oui ... non. » Saisissant la main tendue, il se hissa jusqu'à son frère et manqua de le faire chavirer sous son poids mort. « Je voulais te parler.
Et de quoi ?
... Qu'importe. » Ne laissant pas a Nikolaï le temps de l’interroger plus en profondeur, Grisha, chancelant, apostropha un passant. « Avez vous vu mon fils ? ... Il fait ... Cette taille - il accompagna le geste à la parole - ou plutôt cette taille - réajusta son estimation - cheveux noirs, a de belles dents ... Mon fils a de belles dents. Et j'compte bien les lui faire avaler une par une, ces foutues dents à ce fils de chienne-
Ca va, ça va, on a compris. » Nikolaï l'écarta de l'inconnu, accélérant le pas. « Plouc ... »

Une fois a l’intérieur, Grigor reconnu immédiatement le videur qui de son coté le dévisageait allégrement. Toujours accroché a l'épaule du maître des lieux comme à sa vie, défiant comme jamais bien qu'a deux doigts du coma éthylique, il dressa son majeur gauche en direction de celui qui lui avait refusé l'entrée un peu plus tôt.
Le périple s'acheva dans un salon privé, où Nikolaï déposa lourdement son frère sur le fauteuil promis. Il se détourna quelques instants de son cadet, échangeant quelques mots rapides avec Nina dans l'embrasure de la porte, laissant à Grigor la joie de ses introspections imbibés. « Je n'ai jamais souhaité ça ... » Penché en avant, la tête entre les mains, les doigts plongés dans sa chevelure trempée par la neige fondue et la sueur, Grigor, le patriarche - comme ce titre le faisait bien rire a présent - reprit plus haut. « Toi et moi ... J'ai jamais souhaité que ça tourne comme ça ... Nik, je ... » Je suis désolé. Mais les mots restaient bloqués en travers de sa gorge, incapables de franchir ses lèvres. Ses doigts se crispèrent sur son crâne, comme pour étrangler ces pensées qui le tourmentait. « Quelques fois ... Je ne peux m'empêcher de me demander ... Si nous avons fait le bon choix, ce soir là. » Des années, des décades s'étaient écoulées depuis cette sombre nuit de 1932, mais ils n'avaient pas évoqué le sujet une seule fois depuis lors. A quoi bon parler des cendres. « Les choses auraient été si différentes ... Irina et Aleksandr seraient toujours là ... Je ne t'aurais pas poussé comme je l'ai fait ... » Regrets, regrets, regrets.



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Nikolai Karkaroff
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MessageSujet: Re: You can't lose what you ain't never had — FB   Sam 6 Mai - 2:38

You can't lose what you ain't never had
Les Frères Karkaroff


S
on frère lui faisait un peu de peine. Un peu. Ce n’était pas tant son langage décousu et ses propos que la malheureuse comparaison entre ce qu’il avait été et ce qu’il était devenu qui provoquait cette émotion. Il avait eu un avenir clair et brillant, il aurait pu être tellement plus. Ce potentiel gâché, cette vie qui était partie en contresens, c’était ça qui était le plus dur pour lui quand il croisait les yeux de son frère. Il avait envie de le secouer, de l’obliger à reprendre sa vie en main mais il ne savait pas quoi lui dire, quoi faire pour l’aider à remonter la pente, Nikolai n’avait jamais été doué avec les émotions et surtout avec comment les exprimer correctement. Un trait familial sans doute. Lada, Grigor, Aleksandr, ils étaient tous pareil sur ce point même s’ils l’exprimaient de manières différentes. Lada dans son art, Grigor dans la violence, Aleksandr dans les reproches, Nikolai dans les insultes.

Portant le corps lourdement aviné de son frère sur sa carcasse frêle, il passe les portes de son bordel. Il jette un regard amusé à Grigor quand ils croisent le videur de tout à l’heure, laissant échapper un rire face aux singeries de son frère. Il devrait probablement se débarrasser de lui, il n’avait fait que son travail mais il fallait bien un fautif à cette situation et Nikolai était toujours prêt à défendre son frère. Même quand il était murgé comme un goret au point de l’avoir confondu avec Viktor. L’ainé avait serré les dents à deux doigts de faire demi-tour puis s’était ravisé. Il ne voulait pas entendre ce nom, il n’avait jamais voulu l’entendre. Viktor et Ariane n’avaient été qu’une erreur de leur père dont les deux ainés avaient dû se débarrasser. Nikolai avait très bien vécu ces vingt dernières années sans entendre ce nom, il avait très bien vécu dans l’idée qu’ils n’avaient jamais existé et Grigor venait tout gâcher.

Il peinait à comprendre ce que son frère voulait dire, ses mots trop saccadés, sa bouche bien trop pâteuse. Son état trop alcoolisé. Laissant tomber sa charge dans un fauteuil confortable, il appelle la matriarche des lieux pour se laisser quelques instants de réflexion sur la démarche à suivre. « Que personne ne me dérange ce soir, si quelque chose se passe tu es responsable de tout. » Il assène d’un ton irrité normalement pas réservé à la femme face à lui. Elle acquiesce, elle pose une main sur son bras puis part. Il l’avait toujours apprécié pour sa concision. Il passe sa main sur son visage, inhale une bouffée d’air pour masquer les balbutiements de son frère quelques instants puis se retourne vers lui.

« En temps normal, je t’aurais proposé un verre mais tu es aussi plein qu’une prostituée aux heures de pointe alors ça sera de l’eau pour toi. » Et de l’alcool pour moi. Il laisse en suspens la dernière phrase, ne voulant tenter le démon façon à lui. « Ton fils… Je ne sais honnêtement pas où il se trouve actuellement. Me crois-tu vraiment assez bête pour le cacher à la vue de tous. » Il l’aurait fait pourtant, pour Aleksandr, s’il était venu frapper à sa porte cherchant l’asile mais il n’était pas venu. Il avait préféré partir avec des anglais, insultes parmi les insultes. Le Karkaroff savait juste qu’il se portait bien mais n’avait aucune indication autre qu’un criant « Angleterre » pour le localiser. C’était sans doute mieux, Nikolai aurait peut-être le temps de calmer la fureur vengeresse de son cadet.

Nikolai se déplace enfin loin de la porte, il pousse d’un coup de baguette un fauteuil face à Grigor et s’y installe sans hésitation avant de faire avancer vers eux les verres promis, liquide transparent pour un, ambré pour l’autre. Sa main vide se pose sur le genou de son frère, il se penche vers lui. « Que ça tourne comment Grishka ? il n’y a aucune haine, aucun sentiment négatif à ton égard de mon côté. Tu es mon petit frère après tout, je pourrais probablement tout te pardonner. »

Ce jeu de piques et de coups bas se poursuivaient depuis si longtemps, Nikolai n’avait aucune idée de quand exactement tout avait commencé, quand les plaisanteries enfantines s’étaient transformées en des jeux d’adulte plus blessants encore. Cela avait été une évolution normale pour lui, peut être pas pour Grigor. Il avait parfois ressenti de la culpabilité face à ses actions, seulement celles envers sa famille, il s’était senti coupable. Toutefois ce sentiment avait toujours été atténué par la vengeance de son frère. Il avait fini par attendre patiemment que son frère contrattaque, heureux de se débarrasser du poids de ses propres méfaits. Et toutes les actions de son frère n’avaient pas eu des conséquences aussi désastreuses que Nikolai l’avait pensé. Micah était une erreur et une épine dans son pied qu’il s’efforçait d’extirper mais Lada n’en était pas une et les actions de son frère lui avait permis de connaitre sa fille.

Les mots de son frère pèsent lourdement dans les oreilles de Nikolai. « ce soir là », il sait exactement de quel soir il s’agit. Il le sait car Grigor a utilisé le surnom de Viktor en le voyant plus tôt, le « Vitya » que Nikolai méprisait et méprise toujours, preuve d’une affection profonde et passée entre le parasite et son frère. L’indice d’une culpabilité dont son frère n’arrivait pas à se débarrasser. Agacé une fois de plus par l’évocation d’une vie que Nikolai veut oublier, sa main se resserre sur le genou du plus jeune. Il ne regrette lui-même rien, s’il devait tout refaire, il le ferait. Sans doute plus douloureusement encore, sans doute seul pour épargner l’homme face à lui mais le résultat serait le même.

« Grigor » L’ainé redemande l’attention d’un ton irrité. « Je sais que c’est l’alcool qui parle mais tu ne peux pas décemment croire que cette nuit a provoqué cette suite d’évènements. On ne joue pas avec le passé, on le laisse à sa place, tu me comprends ? Si nous n’avions rien fait, où en serions-nous ? A la botte d’un homme qui nous détestait, prisonniers de ses actions ? Si nous n’avions rien fait tu n’aurais peut-être pas rencontré ta femme, tu n’aurais peut-être pas eu tes enfants. Tu spécules sur des choses inutiles. Concentre-toi sur l’avenir petit frère, remets toi sur pied, libère toi de cette culpabilité qui n’a aucun sens. Tu dois t’occuper de ta fille, tu dois retrouver ton fils, tu n’as pas le temps de te laisser aller à des idées noires et de rester l’épave que tu es devenu. »





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