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 Soldiers boys and Jesus Freaks | Abraham

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MessageSujet: Soldiers boys and Jesus Freaks | Abraham   Lun 10 Avr - 15:15

Un chat passa auprès de lui en courant. Tirant une bouffée de tabac de sa pipe, Yaxley se demanda s'il s'agissait d'un animal de compagnie de la maisonnée Quirrell, ou de la prochaine réalisation de Abraham en tant que taxidermiste. Cette passion pour les animaux morts lui filait les jetons depuis toujours. Dieu, ça allait. Il ne pigeait pas plus que pour la taxidermie, mais il ne trouvait pas ça monstrueux – ou disons qu'il s'appliquait à ignorer le monstre derrière le prêcheur.

Ça faisait des années, maintenant, qu'il connaissait Abraham Quirrell. Vieux amis de Poudlard, qu'ils étaient. Enfin, au moins pour ce qui était de Viktor et du padre, comme il aimait à le surnommer avec Caleb. Aucun des deux cousins Yaxley ne croyait vraiment en Dieu, Caleb étant le plus sceptique, et si sa mémoire était bonne, l'inventeur de ce surnom donné affectueusement à Abe. D'ailleurs, ils devaient bien être les seuls à s'être autorisés à le surnommer ainsi, le fou de Dieu.

D'aussi loin qu'il se souvenait, c'était leur passion de l'histoire, qu'ils avaient en commun, qui les avaient rapprochés tous les trois. Viktor et Caleb se connaissaient déjà un peu, entre cousins d'une même branche Yaxley, et partageant tous deux des origines slaves. Un peu moqué parce qu'il était le bulgare du coin, un peu solitaire, c'est lui, Vitya, qui avait sympathisé le premier avec Quirell. Ils en avaient monté, des projets, ensemble, tiens. Des épopées fantastiques, où ils étaient explorateurs, ou archéologues, partant en quête du Graal. Pour Abraham, c'était un symbole, pour Viktor, juste un objet historique d'importance majeure, et pour Caleb, le futur antiquaire, rien de plus qu'une relique qu'il pourrait écouler un bon prix si jamais ils finissaient par le trouver. Il se souvenait d'avoir traité Caleb d'hérétique avec Abraham, mais sans doute pas avec le même sérieux que ce dernier.

« De bons souvenirs, tout ça... » Il avait parlé à voix haute, et heureusement, personne ne l'écoutait. Il ne faisait pas bon divaguer lorsqu'on se cachait sous l'identité d'une autre personne. Il continua à tirer sur sa pipe. Le chat était parti, observa Yaxley d'un air silencieux. Sans doute en chasse des souris, ces ennemis de Dieu bien connus...Cette pensée lui arracha un sourire. Il était plaisant de constater que certaines personnes avaient de la constance. Abraham était de celles ci. Constance dans la folie, peut-être, mais ce type ne changeait pas. Il était le même fou de Dieu qu'à Poudlard.

En y réfléchissant bien, c'était peut-être l'un des seuls, voire le dernier, ami qu'il avait. Et éventuellement, quelqu'un dont il pourrait se servir pour sa vengeance. Ils se voyaient de loin en loin : Caleb avait toujours eu un peu moins d'affinités avec le padre que Viktor, la faute sans doute à un tempérament légèrement vénal, il fallait bien l'avouer. Cependant, ils s'entendaient – il soupçonnait également que leur fréquentation soit en partie basée sur des souvenirs communs. Dont sa propre mort, il en convenait. Mais bon, on faisait avec ce qu'on avait.

Surtout lorsqu'il s'agissait de vengeance. Et là, Abraham pouvait contribuer à jouer un rôle intéressant là-dedans. Il fallait qu'il le sonde, qu'il voit ce qu'il pensait de ses frères. Car après tout, Quirell n'était-il pas le beau-père de Nikolai ? Il y avait quelque chose à creuser là-dedans, car connaissant la mentalité familiale des deux clans, il doutait qu'il y eut une affection démente entre son vieil ami et son beau-fils. Donc, il fallait sonder Abe. Voir ce qu'il pouvait en tirer. L'inciter à entrer dans d'éventuels plans, éventuellement. Qui savait ? Les possibilités étaient multiples. Au moins, il pourrait bénéficier de quelques informations sur son frère. Et s'en servir pour frapper.

Une porte claqua et il daigna se reconnecter au monde réel pour se relever, tirant sur sa pipe, et se leva pour serrer la main du maitre des lieux, un grand sourire aux lèvres :

« Hello, padre ! Ca faisait un bail, comment vas-tu ? »
Etait-il le seul qui tutoyait Abraham Quirrell ? En le regardant, il se dit une fois de plus que ce n'était pas le genre de personne avec qui on était familier. Les gens devaient avoir peur de l'apparence austère du vieux prêcheur. Avec raison. C'était un type malsain, mais comme lui-même n'était pas très clair, ça lui allait. Il avait connu la peur, la vraie – les flammes de l'enfer n'étaient pas réellement une menace qui pouvait marcher sur sa personne. « J'ai tout un lot d'antiquités qui viennent de Jérusalem, des israeliens ont déterré ça sans trop savoir ce que c'était, ça vient d'une crypte secrète. Je suis sûr que ça pourrait t'intéresser, il faudra que tu passes au manoir pour voir tout ça. » Il fit mine d'être soudainement peiné. « Oh, mais j'y pense, il me semble avoir compris que ton beau-fils a été blessé dans l'attaque de Pré-au-lard ? Comment va-t-il ? Pas trop de dégâts, j'espère ? »

L'hypocrisie à son état le plus pur. Mais c'était une bonne approche. Elle permettait d'amorcer la conversation. De voir ce qu'il en était. Et puis, il fallait qu'il demande des choses à Abraham. Parce qu'il restait sa fille, dans tout ça, et qu'un jour ou l'autre, il faudrait bien qu'il pense à ce qui se passerait si il n'était plus là. Et même si ce n'était pas forcément idéal – il partait en effet du principe que trop de religion était pire que pas assez – il avait réfléchi à une solution qui incluait Quirrell dans l'équation. Mais on verrait plus tard. On avait le temps. Pour l'instant, en tout cas.
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Âge :  L'âme fatiguée par cinquante-et-unes années de bataille.
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Allégeance :  Après des années à se targuer d'une neutralité à toute épreuve, Abraham s'est enfin décidé à prendre parti pour Abel Shafiq. Porté par l'appel de la Malédiction, persuadé de voir là l'appel de Dieu.
Profession :  Historien magique dans un premier temps, unique domaine de la vie sorcière dans lequel le Quirrell a gagné ses lettres de noblesses, éminent chercheur à la tête bien faite. Taxidermiste aussi, hobby au goût d'éternel. Gourou, parfois. Beau parleur rassemblant derrière lui les égarés, les effrayés. C'est qu'il élargit petit à petit son réseau, le maître de cérémonie.
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MessageSujet: Re: Soldiers boys and Jesus Freaks | Abraham   Sam 15 Avr - 22:11



soldier boys and jesus freaks


ABRAHAM & CALEB

AVRIL 1952

Assis dans son atelier, les doigts du patriarche s’appliquaient à ouvrir les chairs d’un corbeau. L’animal mort manipulé avec une précaution presque divine, toucher délicat d’un homme qui se prend pour Dieu alors qu’il insuffle l’impression de la vie au creux même de la mort. Il y a peu de choses pour lesquelles Abraham éprouvait de l’affection. Les animaux morts accrochés dans son atelier faisaient partie de ces rares choses auxquelles le Quirrell tenait encore. Le manoir familial déserté par péché d’orgueil - l’innocence de ses filles offertes à des moutons noirs. Sa famille démantelée au bon vouloir du Seigneur, son engeance sacrifiée sur l’autel de sa foi. Ezéchiel gardé auprès de lui, prophète offert par le Lord à ses plus fidèles serviteurs.

Un coup sec est frappé à la porte et le bigot tend l’oreille, se rappelant soudain la mort prématurée de leur liée. Helena, les flammes de l’enfer au fond du coeur et un exorcisme malheureux. Certaines âmes ne pouvaient tout simplement pas être sauvées. Dans un soupir imperceptible, le patriarche se relève et se dirige vers le hall d’entrée - souvenir poussiéreux des belles années fanées - scalpel à la main et tablier autour de son costume sombre. L’acier est poisseux du sang de l’animal et l’hémoglobine séchée se mêle à la terre sur le pardessus blanc. Interrompu pendant l’une de ses activités favorites, le Quirrell comptait bien expédier quiconque se trouvait sur le perron. Mais c’est un bout du passé qui l’attend derrière la porte, pipe au coin de la bouche. Caleb Yaxley était peut être l’un de ses derniers amis, lui qui n’en avait jamais eu beaucoup. Relique d’un temps déjà emporté au loin. Dans ses souvenirs, Abraham avait toujours été plus proche de Viktor que de Caleb, le tempérament de ce dernier le renvoyant un peu trop souvent à ses propres pêchés. Viktor et Caleb avaient cependant été pendant de longues années des partenaires de choix, le bigot ayant rêvé milles projets avec ses compagnons d’aventure. De la recherche du Graal à des antiquités égyptiennes, les trois amis avaient en commun plusieurs épopées. Et puis les années avaient emporté les jeunes années au loin, ne laissant au patriarche que des souvenirs édulcorés. Viktor était mort et, d’une certaine façon, Caleb et Abraham avaient continué à se voir sporadiquement. Peut être, au fond, pour ne pas oublier Vitya.

« Hello, padre ! Ca faisait un bail, comment vas-tu ? » - un sourire rieur perdu au coin de ses lèvres fines, le scalpel toujours posé entre son index et son majeur alors qu’il lui fait signe d’entrer. « J'ai tout un lot d'antiquités qui viennent de Jérusalem, des israeliens ont déterré ça sans trop savoir ce que c'était, ça vient d'une crypte secrète. Je suis sûr que ça pourrait t'intéresser, il faudra que tu passes au manoir pour voir tout ça. », oeillade intéressée cette fois ci alors que le berger pose son instrument sur un petit guéridon, faisant disparaître le tablier souillé d’un geste leste de sa baguette, retrouvant ainsi ses apparats orgueilleux. « Ravi de te voir Caleb. » souffle le cinquantenaire, suivant son hôte improvisé du regard. « De Jérusalem ? », la Triple Sainte chère à son coeur, « Il faudra que je passe voir ça, en effet. » une lueur presque juvénile au fond des yeux alors que son fanatisme gronde au fond de ses orbes - artéfacts à la mémoire de Salem la chérie. Alors qu’il mène le Yaxley jusqu’au salon de la demeure, ironisant doucement (« toutes mes excuses pour la tenue du manoir pour le moment, notre dernière liée nous a malencontreusement quittés. », ricanement étouffé d’un mouvement d’épaules), ce dernier reprend la parole faisant naître un sourire au creux des lèvres du Quirrell lui tournant fort heureusement le dos. « Oh, mais j'y pense, il me semble avoir compris que ton beau-fils a été blessé dans l'attaque de Pré-au-lard ? Comment va-t-il ? Pas trop de dégâts, j'espère ? » la langue du patriarche claque contre son palais alors qu’il pousse la lourde porte de bois menant au salon. Petite pièce aux riches canapés, quelques antiquités trônant encore ci et là. Et alors que le bigot leur sert distraitement deux verres de vodka, il se décide enfin à lui répondre, une pointe narquoise dissimulée entre ses mots. « Oui… Un sort particulièrement vicieux. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller le voir mais selon Micah, le pauvre est en mauvais état. » sourire camouflé derrière une gorgée d’alcool, s’il le pouvait Abraham aurait été serrer la main de la Black en personne. Ils avaient beau faire partie de la même famille, le patriarche Quirrell n’avait aucune affection particulière pour le bourreau choisi pour sa benjamine. Un mal pour un bien, un énième sacrifice au nom de ce Dieu en qui il croyait tellement. « Je n'ai pas eu plus de détails que ça mais elle semblait inquiète. » l'habile menteuse.


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MessageSujet: Re: Soldiers boys and Jesus Freaks | Abraham   Mar 18 Avr - 16:21


Il n'aimait définitivement pas cet atelier – un point commun entre ses deux identités. Lorgnant d'un œil songeur un ours au regard vitreux qui dormait dans un coin de la pièce, l'ancien archéologue se dit qu'il était tout de même idéal d'avoir emmprunté l'identité d'un de ses amis : ils se ressemblaient, le travail d'acteur n'était pas trop important, et il était ainsi devenu un véritable passe-partout – ce qui faisait un excellent surnom, ce qui sans doute, le définissait le mieux. La perte totale de son identité, de toute sa vie, au profit d'une seule chose, la vengeance. Nulle trace de l'ancien amour qu'il avait pu porter à sa famille ne subsistait chez le benjamin de la fratrie Karkaroff. La bonté fraternelle, ce n'était pas la came de la famille, tout ce qui comptait chez eux, c'était le bucher et les cendres de leurs regrets. Il ne lui restait qu'une seule et unique cause, une seule et unique obsession, sa revanche. Mon frère, ma bataille. Il en riait parfois seul, d'un rire qui provenait toujours du plus profond de lui même et qui se brisait comme un sanglot ou un comme une allumette qui s'enflammait. Ca avait toujours été ça entre eux, et ça le serait toujours : le premier qui éliminerait les autres pourrait enfin vivre en paix.

Ca parasitait tout, cette vengeance. Elle l'avait conduit à éliminer son meilleur ami et il comptait se servir de l'autre pour l'aider à prendre sa revanche. Mais c'était comme ça. Il y sacrifiait. Parce que tout était de la faute, de cette stupide famille, et il fallait bien qu'il les détruise, pour repartir enfin sur des bases saines, pour vivre enfin. Alors, il l'espérait, resterait Abraham, resterait la petite Aurore, resterait deux ou trois personnes qu'il appréciait encore et qui ne lui tournerait peut-être pas le dos. Il suivit le patriarche Quirrell dans son salon, se demandant si ce dernier comprendrait encore si soudainement, l'ancien lui réapparaissait. Cette histoire avait quelque chose de Biblique, quelque chose à la Cain et Abel, mais qui était Cain, et qui était Abel, cela restait à trancher, et s'il s'avérait qu'il était dans le mauvais camp, il ne doutait pas que son vieil ami se ferait inquisiteur et bourreau, et qu'il serait le premier à l'envoyer sur la croix, ou vers un supplice du même tonneau.

Mais cependant, il y avait là quelque chose à tenter, quelque chose à faire, à dire. Il fallait qu'il essaie de voir ce que pensait Abe de tout ce qui se passait avec Nikolai. Gravement blessé ? Il retint à peine à sourire en s'asseyant, buvant une gorgée de vodka – forte, véritable, offert par quelqu'un qui s'y connaissait, son frangin lui-même, sans doute. Il tira sur sa pipe et commença à parler, lentement, posément :

« Ce serait un mensonge de dire que sa blessure me peine réellement. »
Les Karkaroff et les Yaxley ne s'appréciaient guère, et sa nouvelle identité ne faisait pas exception, pas vraiment, à la règle, le vieux souvenir d'Ariane Yaxley trainait dans le coin. « Me reviens leur disputes, tu sais, entre frères. Me reviens le souvenir de l'incendie. » Il haussa les épaules : « Crois moi, il n'y a pas de bonne ou mauvaise situation, jamais, juste un juste retour des choses, parce qu'il le méritait, sans doute. On ne trouvera jamais de preuves – même si ce n'est pas faute d'en avoir cherché. Toutes ces années... » C'était cohérent avec ce vieil antiquaire bourru. Il le lui avait avoué, cette nuit là. Il avait passé des années à essayer de retrouver des preuves que ce n'était pas un accident, mais un assassinat, et lui, il osait être vivant, vivant, vivant...mais à quel prix ? Pas de réponse à cette éternelle question. « Mais il n'y a rien. C'est aussi une des raisons de mon retour, même si ça n'a abouti à rien. » Il fit mine de réfléchir : « Tu dois trouver que c'est du délire, excuse moi, c'est simplement qu'il y a cette vieille histoire avec Vitya. Et que c'était notre ami.  Le parrain de ta fille. » Les regrets qu'il y avait dans ses yeux étaient sincères. Ils l'avaient conduit à tuer son meilleur ami. Foutue vengeance. Et la petite Ruth, tiens, abandonnée...« Oublie ça, si tu veux. M'en chargerai seul, si sa blessure ne le tue pas avant. »

Il avait toujours été trop sentimental. Mais c'était necessaire, sinon il ne vivait pas. Il fallait qu'il se débarasse de cette vengeance, qui le rongeait, le bouffait, le détruisait. Il reprit une gorgée de vodka, se resaisit.

« Ce sont des idées dangereuses, c'est évident. Mais, si jamais il m'arrive malheur...bon, il y a la fille de mon associé. Me dit qu'elle mérite un parrain, une meilleure éducation que celle d'un orphelinat, si le vieux fou qu'est son tuteur y passe parce qu'il voulait venger un ami. Me suis dit que ça pourrait être toi, padre. Elle a été sauvée des flammes quand son père est mort – un accident stupide, vraiment. C'est peut-être la réincarnation de Vitya, les histoire se ressemblent. Aucune idée. Mais ce serait bien, pour elle. Pour lui. »

Il devait passer un peu pour fou – c'était joué, calculé. Ou pas. Qui savait, avec le padre ? Il faisait une tentative.
Il lançait un appat. Qu'esperait-il ? Que Abe lui dise de renoncer. Il avait aussi des plans pour mener une vie normale. Simplement, il ne savait pas s'il y avait droit.Simplement, il ne savait pas comment renoncer à sa vengeance. Peut-être qu'il cherchait un compromis. Tout simplement.
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Profession :  Historien magique dans un premier temps, unique domaine de la vie sorcière dans lequel le Quirrell a gagné ses lettres de noblesses, éminent chercheur à la tête bien faite. Taxidermiste aussi, hobby au goût d'éternel. Gourou, parfois. Beau parleur rassemblant derrière lui les égarés, les effrayés. C'est qu'il élargit petit à petit son réseau, le maître de cérémonie.
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MessageSujet: Re: Soldiers boys and Jesus Freaks | Abraham   Jeu 27 Avr - 23:44



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ABRAHAM & CALEB

AVRIL 1952

Abraham s’assied face à l’un de ses plus vieux amis, faisant tourner la vodka au fond du verre de cristal. Derniers lambeaux d’une grandeur fanée, derniers souvenirs d’une gloire éteinte depuis longtemps. Il ne reste plus des belles années des Quirrell que quelques dorures rouillées. Des belles années que le patriarche n’a lui même pas connu, n’ayant jamais connu le manoir que comme un lieu austère et parfumé du lourd parfum de l’encens. Un sourire au coin des lèvres, quelque chose sonne faux délibérément faux. La moue est un peu trop entendue alors que ses yeux se perdent au coeur de son verre. Oh, c’est voulu. Petit jeu délibéré de celui qui ne s’est jamais vraiment cacher de ne pas apprécier les Karkaroff. Il ne désire que leur pêchés, berger portant les maux du monde entre ses paumes. Micah envoyée comme on sacrifiait hier encore les martyrs, émissaire virginale à la peau encore laiteuse. Innocence morte pour les ambitions impies du Père. « Ce serait un mensonge de dire que sa blessure me peine réellement. » - nous sommes donc deux se retient t'il tout juste d'ajouter - peignant à la place une surprise hypocrite sur ses traits alors qu’il porte lui aussi le verre à sa bouche, la morsure de l’alcool glissant le long de sa gorge comme un vieux démon. « Me reviens leur disputes, tu sais, entre frères. Me reviens le souvenir de l'incendie. »  - l’incendie. Terrible tragédie qui l’avait privé d’un très cher ami. Les sourcils froncés - son attention bien réelle cette fois-ci, le Quirrell se penche légèrement vers l’usurpateur en attendant d’en savoir plus.

« Crois moi, il n'y a pas de bonne ou mauvaise situation, jamais, juste un juste retour des choses, parce qu'il le méritait, sans doute. On ne trouvera jamais de preuves – même si ce n'est pas faute d'en avoir cherché. Toutes ces années... » le patriarche hoche la tête, compréhension intéressée. Il se demande où le vieil antiquaire veut en venir, le laisse diriger la conversation en silence. Analysant, décortiquant, le moindre de ses mots. Le Quirrell ne s’était jamais permis de juger les décisions du Seigneur - appelant et rappelant fils et filles comme bon lui semblait. Un jour, son tour viendrait à lui aussi. Et s’il ne savait pas ce qu’il était advenu de Vitya une fois l’heure du trépas venue - il espérait un jour trouver, lui, sa place à la droite de son maître. « Mais il n'y a rien. C'est aussi une des raisons de mon retour, même si ça n'a abouti à rien. » - nouveau hochement de tête diligent alors qu’il porte une nouvelle fois le verre à ses lèvres. Sa compassion probablement aussi feinte que la réflexion de l’ami. Comédiens habiles engagés dans une danse du paraître.

« Tu dois trouver que c'est du délire, excuse moi, c'est simplement qu'il y a cette vieille histoire avec Vitya. Et que c'était notre ami.  Le parrain de ta fille. » était-ce vraiment ridicule seulement. Le patriarche déglutit difficilement. S’il y a quelque chose dans cette conversation qui sonne joué depuis le début, les regrets qu’il pense distinguer au fond des yeux du Yaxley semblent eux bien réels. Ruth. Le Karkaroff qu’il avait fait entrer dans la vie de sa fille, premier cadeau offert à une enfant bien trop vite oubliée. Son parrain arraché par la vie, plus rien pour compenser l’absence et le désintérêt du père. « Ruth oui… » - presque comme s’il avait oublié jusqu’à son prénom. « Oublie ça, si tu veux. M'en chargerai seul, si sa blessure ne le tue pas avant. » le bigot boit une nouvelle gorgée, toujours silencieux. L’analyse continue. Décortiquant le moindre des mots de son vieil ami aussi méticuleusement qu’il tranche la chair de ses bestioles crevées. Il doit y avoir quelque chose au fond des yeux du sorcier qui encourage l’antiquaire à continuer, une lueur intéressée, quelque chose de blessé peut être. Une fêlure du passé, un ami parti trop tôt. Il y a un attrait presque biblique à se prendre pour Dieu lui aussi, une magie presque divine à exercer sa vengeance. N’avait-il après tout pas, lui, tué son père par vengeance. N’avait-il pas rendu coup pour coup alors qu’il vengeait la Madone. La vengeance était l’un de ses nombreux pêchés, le patricide ayant presque laissé un goût sucré à l’arrière de sa langue. Il y avait une ivresse à représenter le divin.

Son invité reprend une gorgée de vodka avant de se remettre à parler, Abraham reposant son verre sur un guéridon usé. Ses vieux démons ne demandant qu’à revenir, eux qu’il s’est juré de ne plus jamais écouter. Eux, les vices - ses pêchés - ceux qui ont laissé leur marque sur la peau de son dos, coups de fouet pour seul purgatoire. « Ce sont des idées dangereuses, c'est évident. Mais, si jamais il m'arrive malheur...bon, il y a la fille de mon associé. Me dit qu'elle mérite un parrain, une meilleure éducation que celle d'un orphelinat, si le vieux fou qu'est son tuteur y passe parce qu'il voulait venger un ami. Me suis dit que ça pourrait être toi, padre. Elle a été sauvée des flammes quand son père est mort – un accident stupide, vraiment. C'est peut-être la réincarnation de Vitya, les histoire se ressemblent. Aucune idée. Mais ce serait bien, pour elle. Pour lui. » c’est un étonnement sincère qui prend place sur son visage, le padre esquissant un sourire. Les propres démons de Caleb suintent entre ses mots, tour de passe passe un peu fou. Sauvée des flammes. Tout ce qui avait un jour manqué à Vitya, prisonnier d’un linceul infernal. « C’est évident - » acquiesce t’il, le sermon sur le bout de la langue - « Il n’est pas bon de se battre avec des fantômes, Caleb. » Une pause, un doute, un silence alors qu’il pèse ses mots. Prudent. Il y a cependant quelque chose de plus caché au fond de ses mots. Une invitation qu’il ne perçoit peut être même pas. Le pari un peu fou de sauver sa fille des mains viciées du Karkaroff, un dernier acte d’amour ou même de pitié. « Ca ne ramènera pas Vitya, tu sais - » ajoute t’il, pensif alors qu’il fixe le visage de son ancien compagnon d’aventures. Et à ce moment précis, peut être n’aurait t’il pas pu plus se tromper. Peut être, au fond, était-ce là la seule façon de ramener Viktor à la vie - « pour ce qui est de la fille de ton associé je serais ravi de lui venir en aide devrait-il t’arriver malheur. » Nouveau silence, comme une chape au dessus de la pièce. « Entre nous, Caleb. La vie, la mort et leurs mystères se trouvent entre les mains du Lord. Il est rarement bon d’interférer dans le divin. »


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